CPI : une première grande victoire pour Gbagbo

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Rappel des faits : lundi 3 juin, les juges de la Cour Pénale Internationale (CPI) ont demandé au procureur d’apporter des éléments de preuves additionnels avant de prendre une ultime décision sur un éventuel procès contre le Président ivoirien Laurent Gbagbo. Un procès qui n’a visiblement aucune raison d’être.

Le moment de vérité approche. Logiquement, ce lundi 3 juin aurait dû être le jour de la libération de Laurent Gbagbo, mais visiblement, la CPI a décidé de donner une ultime chance au procureur, tellement les pressions de la part de certains lobbies ultra puissants sont importantes. Les juges ont donc ajourné la décision de confirmer ou non les charges. Selon la formule officielle de la CPI, citée par son porte-parole Fadi el-Abdallah : « La chambre a estimé que l’ensemble des preuves du procureur, bien qu’apparemment insuffisantes, ne semble pas manquer de pertinence et de valeur probante et ne peut donc pas directement décider d’abandonner les poursuites ».

En d’autres termes, voici le message au procureur : « Certes, vous n’avez aucun élément de preuve solide, mais pour recompenser votre entêtement à vouloir condamner un chef d’Etat qui a osé défier et se révolter contre de grandes puissances impérialistes et leurs armées, il faut bien vous donner une seconde chance… ». La procureure Fatou Bensouda aura donc jusqu’au 15 novembre, le temps « d’envisager de fournir des preuves supplémentaires ou de mener des enquêtes supplémentaires », comme le mentionne également le communiqué de la CPI.

Pour maître Emmanuel Altit, avocat principal du Président Laurant Gbagbo, ainsi que pour tous les partisans du président ivoirien et pour Laurent Gbagbo lui-même, c’est la satisfaction. Répondant aux questions de la Radio internationale des Pays-Bas (Radio Netherlands Worldwide), maître Altit a affirmé que « le Président Gbagbo était particulièrement satisfait parce que c’est une grande victoire. Une première grande victoire significative dans ce long chemin qui mène vers la vérité, vers la révélation de ce qui a été la réalité historique. Les juges ont estimé que le procureur n’apportait aucun élément à son argumentation. Ils ont considéré par conséquent que ces accusations ne tenaient pas. Ils ont donc décidé logiquement de ne pas confirmer les charges et ont dit clairement à l’accusation de recommencer à zéro ». Et d’ajouter : « dans ces conditions, la mise en liberté du Président Gbagbo est une conséquence logique de cette décision ».

Pour Toussaint Alain, un ancien porte-parole de la présidence ivoirienne, la décision de la CPI marque « un grand pas vers la libération » de Laurent Gbagbo. « La CPI, qui joue sa survie et sa crédibilité, n’a pas d’autre choix que de le libérer », conclut-il dans un communiqué.

L’optimisme est donc bel et bien de retour parmi les soutiens de Laurent Gbagbo, mais également ceux qui désirent que la Côte d’Ivoire retrouve la paix et la prospérité d’antan ainsi que le chemin d’une vraie reconciliation nationale. La libération de Laurent Gbagbo en serait la condition initiale. Certains partisans, mais aussi plusieurs spécialistes du droit international, ont quant à eux exprimé un certain mécontement sur le fait que Laurent Gbagbo n’ait pas été libéré à l’annonce de cette décision en attendant que l’accusation « trouve quelque chose, ou du moins fasse semblant d’avoir trouvé».

 Pour finir, il reste à souhaiter que l’espoir de justice qui semble renaître chez des millions d’Ivoiriens, mais également d’Africains et de citoyens du monde épris de liberté, puisse devenir réalité. Et que la CPI, très critiquée pour ses contradictions évidentes, puisse retrouver un semblant de légitimité et d’équité en prenant la bonne décision dans un dossier désespérément vide depuis le début. Surtout quand on sait que les bourreaux d’hier sont devenus les « justiciers » d’aujourd’hui. Bien sûr, comme par magie, tous ceux qui avaient combattu ces bourreaux et défendu leur pays, la Côte d’Ivoire, dès le déclenchement de la crise en septembre 2002, sont désormais injustement emprisonnés sans aucune base juridique ou condamnés à l’exil par le pouvoir ivoirien.

Mikhail Gamandiy-Egorov

 

 

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