Archives mensuelles : juillet 2013

Cuba : 60ème anniversaire de la révolution qui inspira le monde

кубинский флаг куба флаг

Les Cubains célèbrent le 60e anniversaire de la révolution castriste. Un événement qui a non seulement changé l’histoire de la digne et fière île de Сuba, mais également de toute l’Amérique latine. Retour sur une révolution ayant changé le cours de l’histoire et qui continue d’être aujourd’hui un exemple et une inspiration pour de nombreux pays.

 Le point de départ est considéré être le 26 juillet 1953, date à laquelle une centaine de guérilleros ont attaqué la caserne de Moncada, à Santiago de Cuba, en lançant ainsi le soulèvement contre le régime dictatorial et pro-étasunien de Fulgencio Batista. Tout commence par un échec : un grand nombre de combattants sont tués, d’autres capturés, y compris Fidel et Raul Castro, qui deviendront les figures clés de cette révolution. Puis aura lieu leur procès durant lequel Fidel Castro déclarera : « peu importe que je sois condamné, l’Histoire m’acquittera ». Suivra alors l’emprisonnement jusqu’en 1955, mais ils seront libérés sous la pression de la société civile, de l’opposition et des religieux jésuites qui avaient d’ailleurs pris part à la formation de Fidel Castro. Après cela : l’exil au Mexique. C’est durant cette période que les frères Castro rencontreront le légendaire Ernesto « Che » Guevara, qui se joindra à la révolution cubaine.

 C’est en 1959 que la révolution s’achève par une victoire des révolutionnaires progressistes. Une révolution qui connaitra la sympathie d’une écrasante majorité de la population, lassée par la dictature et le marasme du régime mafieux de Batista. Ceux qui aujourd’hui, en Occident et ailleurs, critiquent le gouvernement cubain, oublient bien souvent ce qu’était Cuba avant la révolution : un pays sous contrôle des gangs nord-américains, la moitié des terres productives qui se trouvaient aux mains des étrangers, les sociétés étasuniennes qui contrôlaient alors 80% des services publics, 50% des chemins de fer et la totalité des ressources pétrolières. Les plantations de sucre de canne, l’une des principales ressources du pays, appartenaient également aux Nord-Américains. Cuba était alors une véritable république bananière, où les intérêts étrangers prédominaient, l’inégalité était criante, une grande partie de la population souffrait de sous-alimentation, les écoles et les hôpitaux étaient pratiquement absents en zone rurale. D’autre part, La Havane, capitale cubaine, était également à l’époque la capitale latino-américaine de la prostitution, plusieurs centaines de touristes sexuels étasuniens y affluaient chaque année, et son surnom n’était autre que « le bordel de l’Amérique ».

 Aujourd’hui, la situation est toute autre. Depuis la révolution castriste, le pays est devenu l’un des leaders au niveau mondial en matière d’éducation et dans le domaine de la médecine. Fidel Castro a nationalisé les universités, ainsi que les autres écoles, et ce dès 1961, les rendant entièrement gratuites, sans aucun frais pour les étudiants. En ce qui concerne l’alphabétisation, Cuba est classé aujourd’hui au troisième rang mondial, avec un taux d’alphabétisation de 99,8%, devant le voisin étasunien (93,3%) ! En matière de médecine, le pays est également devenu un des leaders mondiaux avec une sécurité sociale universelle, un personnel médical hyper-qualifié (un des meilleurs du monde), permettant même à Cuba « d’exporter » ses spécialistes médicaux dans les pays-amis en Amérique latine et en Afrique principalement, un taux de mortalité infantile comparable aux pays dits « développés » et des centres de recherche médicale parmi les plus sophistiqués. D’ailleurs, en 2009, le gouvernement du pays a consacré 12% de son PIB au système de santé, soit autant que la France ou l’Allemagne (source : Banque mondiale).

 Malgré l’existence de problèmes sur l’île de la liberté, les ardents critiques du gouvernement cubain oublient très souvent de rappeler que Cuba vit sous embargo économique, commercial et financier, imposé par les USA et ce depuis 1962 ! Il s’agit du plus long embargo commercial de l’époque contemporaine. Aujourd’hui, officiellement, il continue encore d’être imposé par le voisin étasunien. L’Assemblée générale des Nations unies a par ailleurs condamné en 2009 pour la 18e fois ce blocus purement impérialiste. Néanmoins et malgré toute la pression subie par les USA et ses alliés, Cuba tient toujours et beaucoup mieux que ses ennemis l’auraient espéré.

 A la chute de l’URSS, beaucoup avaient prédit le même sort à Cuba et que le gouvernement socialiste cubain était condamné. Pourtant, à l’heure actuelle, non seulement le socialisme cubain est bien vivant mais il a aussi poussé un grand nombre de pays de l’Amérique latine et surtout Sud-Américains, en premier lieu le Venezuela, devenu le chef de file du « Socialisme du XXIe siècle », à reprendre le flambeau. En revenant aux festivités à Cuba, plusieurs chefs d’Etat d’Amérique latine y ont pris part, parmi eux bien évidemment les présidents du Venezuela, de la Bolivie, du Nicaragua, de l’Equateur et de l’Uruguay. Les festivités ont été aussi l’occasion de rendre un grand hommage à Hugo Chavez, décédé tragiquement en mars dernier et qui aurait eu 59 ans en ce 28 juillet…

 Un point essentiel que l’on devrait mentionner et qui fait la force de la révolution cubaine dont s’inspire aujourd’hui pratiquement tout un continent et dans un futur proche certainement au-delà (on pense à l’Afrique) est que cette révolution, à la différence de nombreuses autres (notamment russe), n’a jamais défié ou rejeté les valeurs spirituelles du peuple, et notamment les valeurs religieuses. Au contraire, les révolutionnaires cubains ont su parfaitement s’appuyer sur les valeurs chrétiennes catholiques, tout en se basant sur les points essentiels de la justice sociale. Et il en est de même aujourd’hui au Venezuela, en Bolivie, en Uruguay, au Nicaragua, en Argentine et dans tous ces pays qui prennent exemple, d’une manière ou d’une autre, de cette révolution. C’est ce qui fait indéniablement sa force et nous donne espoir qu’elle poursuivra dignement son chemin, et permettra encore à d’autres pays et d’autres continents de se libérer pleinement de ses oppresseurs, ainsi que de la pensée unique que certains tentent de nous imposer à tous. Hasta siempre !

http://french.ruvr.ru/2013_07_29/Cuba-60eme-anniversaire-de-la-revolution-qui-inspira-le-monde-0764/

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Quelles perspectives pour l’Egypte ?

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L’avenir du pays des Pharaons est plus que jamais indécis. Avec la nouvelle flambée de violence, il est bien difficile de prédire un quelconque scénario précis. Les événements peuvent évoluer de la meilleure comme de la pire des manières.

 L’Egypte, avec une population de plus de 84 millions d’habitants, est classée troisième au niveau africain (derrière le Nigeria et l’Ethiopie). Le pays dispose de la plus importante armée du continent avec plus d’un million de soldats, ce qui fait incontestablement de l’Egypte l’une des principales forces du continent africain mais également du monde arabe.

 La chute de Hosni Moubarak en février 2011 et l’élection par la suite d’un islamiste issu des Frères musulmans à la tête du pays, en l’occurrence Mohamed Morsi, n’a fait qu’accentuer la division d’un pays en quête de sa voie. Une division qui n’a pu durer plus ou moins pacifiquement bien longtemps et à la suite d’un nouveau vaste mouvement protestataire, ce sera autour de Morsi d’être déchu. Une chute dans laquelle l’armée égyptienne jouera le rôle décisif. Plus que cela, Morsi est arrêté et serait toujours détenu. D’autre part, plusieurs accusations le concernant risquent de donner lieu à des poursuites judiciaires à son égard.

 Dès lors, ce sera au tour des partisans de Morsi et des Frères musulmans de descendre dans les rues du pays afin de réclamer la libération de « leur président » et de dénoncer ce qu’ils appellent « un coup d’Etat » et « une dictature militaire ». Les manifestations des partisans et des opposants de Morsi ont depuis donné lieu à de multiples affrontements violents. Des affrontements qui auraient déjà emporté la vie de plus d’une centaine de personnes depuis la fin du mois de juin. Beaucoup évoquent déjà un éventuel scénario syrien en Egypte. Un scénario effectivement envisageable si une solution n’est pas trouvée rapidement dans ce conflit interne. Autre dangereuse éventualité : une guerre inter-religieuse que les Egyptiens devraient à tout prix éviter. Pour rappel, environ 10 % des Egyptiens sont chrétiens (essentiellement coptes) et risquent d’être des cibles privilégiés pour les extrémistes, comme ils l’ont déjà été auparavant.

 D’où l’importance d’un consensus dans la société égyptienne afin d’éviter un massif bain de sang que certains annoncent inévitable. D’autre part, certains parlent de manipulations extérieures dans le conflit égyptien. Certes, l’Egypte avec sa position stratégique, entre l’Afrique et le Moyen-Orient, d’autant plus à la frontière avec Israël, a toujours été et reste source de convoitise de la part de nombreuses forces, notamment occidentales. Certains affirment même que la chute de Morsi aurait été organisée par des forces occidentales. Bien que cela soit peu probable. Et ce pour plusieurs raisons. La première est que beaucoup oublient les liens américains de Morsi : études et travail aux Etats-Unis durant de longues années et la citoyenneté américaine pour ses deux premiers fils, nés aux USA. C’est d’ailleurs durant sa « période américaine » que Morsi a gravi les échelons dans la hiérarchie des Frères musulmans.

 D’autre part et depuis l’arrestation de Morsi par l’armée égyptienne, la diplomatie étasunienne a maintes fois réclamé sa libération. Simple combat pour la justice ? On aurait du mal à le croire. D’autant plus lorsqu’on connait la position de Morsi sur la crise syrienne, qui rejoint tout simplement la position occidentale. On n’oubliera pas d’ailleurs que bien récemment, c’est bien Morsi qui a rompu les relations diplomatiques avec Damas, soulignant ouvertement son soutien aux rebelles « syriens » et appelant ouvertement au jihad en Syrie. Une rupture qui sera d’ailleurs réexaminée par l’actuel gouvernement intérimaire égyptien. Tout cela porte à croire que Morsi était bien plus qu’un simple partenaire des USA et des autres pays occidentaux. On pourrait donc effectivement douter de la participation occidentale à la chute de Morsi et supposer que les occidentaux ont été simplement pris de vitesse. Connaissant leur approche très originale – et c’est encore peu dire – dans le combat pour la « démocratie dans le monde » en soutenant quand cela les arrange tout sauf des démocrates, pire encore des extrémistes déclarés, il n’y a pas forcément de quoi s’étonner. Mais à l’image de la Syrie, qui malgré la perte d’un très grand nombre de vies humaines, tient toujours, les occidentaux commencent à voir que leurs calculs malsains se retournent contre eux.

 En ce qui concerne l’Egypte, il est encore très difficile de définir une ligne sur laquelle le pays des Pharaons avancera. Ni prévoir le moment de l’arrêt total des violences. Néanmoins, et si la situation devait dégénérer, ce serait très certainement à l’armée égyptienne de jouer de nouveau un rôle décisif et d’avoir le dernier mot. A notre niveau, nous ne pouvons que souhaiter à l’Egypte et au peuple égyptien de dépasser de la meilleure des manières possibles cette période difficile de son histoire et d’aller de l’avant.

http://french.ruvr.ru/2013_07_24/Quelles-perspectives-pour-l-Egypte-0445/

Mikhail Gamandiy-Egorov

L’Ethiopie, grande nation et partenaire traditionnel de la Russie en Afrique

аддис-абеба Эфиопия Африка

L’Ethiopie. Son amitié avec la Russie date de plusieurs siècles. Un pays souvent caractérisé par de tristes clichés : famine, guerre, pauvreté. Pourtant, l’Ethiopie fait partie des pays possédant l’une des plus riches histoires et cultures, et ce au niveau mondial.

 Le pays est considéré comme le berceau de l’humanité : on y a découvert Lucy en 1974 ainsi que les plus anciens spécimens d’Homo Sapiens, en 2003. Autre fierté du pays : celle d’être déjà cité au IIIe siècle : le Royaume d’Aksoum, et qui dès le IVe siècle s’appellera Ethiopie. A l’époque, le royaume était considéré comme étant l’une des quatre plus grandes puissances du monde. La légendaire reine de Saba est également originaire de ce glorieux pays.

 Par ailleurs, l’Ethiopie est la deuxième plus ancienne nation chrétienne au monde après l’Arménie, et le premier grand empire à s’être converti au christianisme. Autre fait majeur : l’Ethiopie est un des rares pays d’Afrique à n’avoir jamais été colonisé, bien que plusieurs tentatives de colonisation aient eu lieu, notamment de la part de l’Italie. Ce sera d’ailleurs l’occasion pour un pays africain de donner une gifle humiliante au colonisateur, lors de la première guerre italo-éthiopienne à l’issue de laquelle l’Ethiopie remportera une grande victoire et obligera l’Italie à renoncer à la conquérir. Cette victoire permettra d’autre part de renforcer la monarchie éthiopienne. Une fierté majeur pour les Ethiopiens jusqu’à aujourd’hui. Les liens entre la monarchie russe et éthiopienne furent par ailleurs intenses, notamment en raison de la religion qui unit les deux nations : la majorité des Ethiopiens comme des Russes étant chrétiens orthodoxes.

 Le XXe siècle sera une période de grands changements et de bouleversements. Le dernier empereur éthiopien Haïlé Sélassié Ier fera en sorte que l’Ethiopie devienne le premier pays africain à adhérer à la Société des Nations, en 1923, au grand dam des colonialistes. Par ailleurs, Hailé Sélassié est considéré pour beaucoup jusqu’à aujourd’hui comme un Messie, et bien au-delà des frontières éthiopiennes, notamment aux Antilles, en Jamaïque. Néanmoins, la plus vieille monarchie du monde sera renversée en 1974 par un comité militaire. Le nouveau gouvernement sera basé sur une idéologie socialiste d’inspiration soviétique. Dès lors commencera une intense période de coopération entre l’Ethiopie et l’URSS sur le plan militaire, économique et idéologique. L’Ethiopie sera par ailleurs l’un des plus fervents soutiens de l’URSS et de Cuba en Afrique, y compris lors de la guerre d’Angola. Le pays accordera également un grand soutien à la lutte du peuple Sud-africain contre le régime raciste d’Apartheid (aussi bien durant la monarchie que la période socialiste).

 Le début des années 1990 signifiera la fin de la période socialiste, parallèlement aux mutations que connaîtra l’URSS. Le pouvoir socialiste tombe en mai 1991 et le chef de l’Etat, Mengistu Haile Mariam, se réfugie au Zimbabwe. Par la suite, l’Ethiopie connaitra des difficultés en raison de plusieurs conflits avec ses voisins : guerre avec l’Erythrée (1998-2000), et elle sera obligée d’intervenir maintes fois en Somalie, en raison de la menace islamiste. Le pays devra aussi faire face à de terribles famines, dans un pays où l’agriculture joue encore un rôle très important et lors d’années de grandes sécheresses, le risque étant particulièrement élevé. Tout cela ancrera le cliché sur l’Ethiopie et la pauvreté.

 Néanmoins, l’Ethiopie aujourd’hui est un des leaders parmi les économies africaines qui montent en force. En effet, le pays est classé septième sur le continent africain en terme de croissance du PIB (entre 8 et 10%). Le pays exporte massivement son café (l’un des plus appréciés au monde). L’extraction de l’or est également une source importante de recettes. En ce qui concerne ses relations avec la Russie, bien qu’elles aient été très réduites durant les années 1990, la Russie reste aujourd’hui malgré tout l’un des partenaires principaux de la République fédérale démocratique d’Ethiopie. Ces relations sont toujours restées très amicales malgré toutes les épreuves, d’une part pour des raisons historiques et d’autre part en raison des opportunités qui s’ouvrent aux deux pays dans leur relation bilatérale. Un grand nombre de spécialistes russes ont travaillé (ou travaillent toujours) dans ce pays d’Afrique de l’Est et grand nombre d’Ethiopiens ont été formés dans les universités soviétiques, et continuent de l’être aujourd’hui en Russie. En gros, une vraie histoire d’amour, notamment compte tenu du nombre important de couples mixtes russo-éthiopiens.

 L’Ethiopie, un des meilleurs exemples de dignité et de résistance aux interventions extérieures, ainsi qu’au colonialisme, et ce durant des siècles, poursuit aujourd’hui fièrement son chemin et surmontera certainement les nombreux défis auxquels elle fait face.

http://french.ruvr.ru/2013_07_22/LEthiopie-grande-nation-et-partenaire-traditionnel-de-la-Russie-en-Afrique-9213/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Le désespoir du comportement occidental et l’exemple sud-américain pour l’Afrique

Президент Боливия Эво Моралес самолет Falcon 900 EX аэропорт Вена Австрия

Les dernières semaines ont été riches en événements : nouvelle révolution en Egypte, affaire d’Edward Snowden qui demande officiellement l’asile politique en Russie et comportement scandaleux de la part des pays européens à l’encontre d’un chef d’Etat, en l’occurrence d’Evo Morales, président de la République de Bolivie.

             

 Il aurait été intéressant d’aborder deux choses dans cet article. La première est que l’Europe (au sens de l’Union européenne) a prouvé une fois de plus qu’il ne s’agit nullement d’un ensemble indépendant. Crier au scandale suite aux révélations faites par Edward Snowden face à « l’allié » étasunien et juste après fermer son espace aérien à un chef d’Etat qui transporterait soi-disant le fameux jeune homme, c’est tout simplement de l’hypocrisie par excellence… Pire encore, contraindre à une escale forcée un avion présidentiel, le retenir durant près de 13 heures et fouiller l’avion du président Morales est la pire violation qui puisse être lorsqu’on connait ne serait-ce qu’un peu l’immunité diplomatique, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un chef d’Etat et lorsqu’on maitrise un peu le droit international.

 Dès son retour au pays, Evo Morales a été acclamé par ses concitoyens. Les manifestants boliviens ont également jeté des pierres sur l’ambassade de France qui avait fermé son espace aérien à l’avion de leur président. Par ailleurs, plusieurs drapeaux français, étasuniens et ceux de l’Union européenne ont été brûlés lors des manifestations en Bolivie. Il faut avouer que depuis pas mal de temps, on est habitué à voir brûler des drapeaux des USA et d’Israël au quatre coins du monde, mais depuis quelques années, ceux de la France, pays des droits de l’Homme et de la démocratie, commencent à rattraper activement le retard, surtout après les interventions néocoloniales en Côte d’Ivoire ainsi qu’en Libye, et maintenant après l’alignement, une fois de plus, sur le pays de l’Oncle Sam dans l’affaire Snowden, en insultant ouvertement un chef d’Etat. Après tout, en suivant la logique du gouvernement français, si les USA écoutent les conversations téléphoniques et lisent les messages électroniques des citoyens français, c’est pour leur bien, non ? Une surveillance « utile » devrait-on penser.

 Quoiqu’il en soit, la réaction sud-américaine ne s’est pas fait attendre. L’Union des nations sud-américaines (UNASUR) a vivement condamné le comportement des pays européens et a exigé des excuses publiques de la part des pays concernés. Dans une déclaration commune, les pays de l’UNASUR réclament des explications à la France, au Portugal, à l’Espagne et à l’Italie et dénoncent des « actes inamicaux et injustifiables ». La présidente de l’Argentine, Cristina Fernandez de Kirchner, a quant à elle déclaré que le comportement européen montre « un vestige du colonialisme » et une « humiliation pour toute l’Amérique du Sud ». Le chef d’Etat équatorien Rafael Correa a affirmé pour sa part que si c’était un chef d’Etat occidental qui avait subi la même situation, « les tambours de la guerre auraient probablement déjà sonné ». Nicolas Maduro, le président du Venezuela, a ajouté de son côté qu’un ministre d’un gouvernement européen ayant souhaité garder l’anonymat lui a affirmé que c’est la CIA qui était derrière ledit incident. Ce qui est certain, c’est que la réaction de l’UNASUR est une réponse digne à un comportement colonial, surtout lorsqu’on sait que l’Amérique du Sud est un continent qui a bien connu ce triste phénomène, y compris au XXe siècle.

 Néanmoins, le fait que l’Europe dans sa forme qu’est l’UE ait prouvé une fois de plus sa vassalité à l’Empire étasunien et d’une manière aussi ridicule, au final n’est pas si surprenant. Surtout lorsqu’on connait les liens étroits entre les « élites » occidentales. Le problème, c’est que les ces vassaux imposent à leur tour le système vassalique à d’autres pays, en premier lieu africains. L’Afrique est effectivement le continent qui au 21e siècle subit encore la loi coloniale, en premier lieu de ses ex-métropoles. Que faire face à cela ?

 Eh bien, l’Afrique doit probablement s’inspirer considérablement du continent sud-américain. Il n’y a pas si longtemps encore, l’Amérique du Sud et l’Amérique latine en général étaient considérées comme des territoires conquis par l’Empire étasunien. Pourtant aujourd’hui, grâce à des leaders responsables et patriotes, la situation est toute autre et une vraie union solidaire a été mise en place par les leaders sud-américains. Il s’agit véritablement d’une union capable de répondre aux défis qui lui sont lancés, et ce non seulement au niveau régional mais également global. C’est l’occasion donc pour l’Afrique de s’inspirer de l’UNASUR pour relever les nombreux défis du continent africain, subissant encore aujourd’hui la loi du plus fort et ne profitant nullement dans sa majorité des énormes ressources qui lui appartiennent. D’autant plus que les Etats occidentaux et leurs « élites » à court d’idées prouvent de par leur comportement, pour le moins ridicule, un aveu presque non voilé d’impuissance. Le monde change à vitesse grand V, aidons-le dans cette voie. Ceux qui traditionnellement dictent et imposent aux autres leurs volontés finiront bien par se conformer à la nouvelle réalité, dans un monde nouveau et plus juste. Hasta la vista !

http://french.ruvr.ru/2013_07_15/Desespoir-du-comportement-occidental-et-exemple-a-suivre-sud-americain-4608/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Tournée africaine d’Obama : un fiasco évident

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La tournée du président étasunien Barack Obama en Afrique s’est achevée il y a quelques jours à peine. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la première grande tournée sur le continent africain du premier président afro-américain a été tout sauf une réussite.

             

 La première étape de sa tournée a amené Obama au Sénégal. Après un accueil plutôt chaleureux et la visite symbolique de l’île de Gorée, triste plaque tournante de la traite esclavagiste d’antan, Obama a vite rappelé son rôle de donneur de leçons, notamment sur la question de la dépénalisation de l’homosexualité au Sénégal et en Afrique en général. La réponse du président sénégalais ne s’est pas faite attendre et en pleine conférence de presse commune, M. Macky Sall a clairement rappelé au président étasunien la position sénégalaise sur la question. Il a notamment déclaré que lui-même, en qualité de président de la République du Sénégal, n’est nullement homophobe, et que les homosexuels ne subissaient aucune discrimination, notamment au niveau de l’emploi. Et d’ajouter : « Tout en respectant les droits des homosexuels, nous ne sommes pas disposés à lever cette disposition de la loi. Ce qui ne veut pas dire que nous sommes homophobes mais c’est à la société sénégalaise de traiter cette question sans subir aucune pression ».

 Il a également souligné qu’il fallait respecter le choix de chaque pays sur des questions aussi complexes et contradictoires. M. Macky Sall a également rappelé que chaque pays a le droit de tenir compte de sa culture, de ses traditions et de ses valeurs, sans oublier que même dans les pays ayant autorisé le fameux « mariage pour tous », c’était bien loin de faire l’unanimité au sein de la population. Une allusion presque non voilée à la France, où l’adoption de ladite loi a vivement divisé la société française et où la voix de la majorité de la population a été tout simplement ignorée au nom d’intérêts de lobbies ultra-puissants. Une réponse claire et digne aux donneurs traditionnels de leçons qui ne se soucient guère des problèmes internes de leurs propres pays et qui font la sourde oreille aux revendications légitimes de leurs peuples.

 Après le Sénégal, Obama a fait escale en Afrique du Sud, où il aura passé la plus grande partie du temps de sa tournée. Pas surprenant compte tenu du poids politique et économique de la République Sud-africaine sur le continent et qui est par ailleurs membre depuis 2011 du club des grandes puissances émergentes, les BRICS, avec la Russie, la Chine, l’Inde et le Brésil. Pour souhaiter la « bienvenue » à M. Obama, des centaines de manifestants dans plusieurs grandes villes Sud-africaines ont manifesté contre sa venue. Sur les pancartes des manifestants, on pouvait lire plusieurs accusations en lien direct avec les violations et les crimes commis par les USA au cours de leur histoire récente : guerres en Irak, en Afghanistan et en Libye, soutien des USA à Israël dans sa violation des droits du peuple palestinien, pillage de l’Afrique … y compris à travers des accusations qui visaient personnellement l’intéressé : « Obama, l’Oncle Sam sioniste », « Représentant de l’administration satanique », « Bush, Blair, Netanyahou et Obama : criminels de guerre »pouvait-on lire entre autres.

 Pas assez pour Barack Obama, qui avait ferme intention de rendre visite à l’hôpital au père de la nation Sud-africaine et au principal héros national, Nelson Mandela. Certainement pour se faire encore plus de publicité aux yeux du monde, mais également de ses propres concitoyens américains, à l’heure où le pays de Madiba, l’Afrique et le monde entier prient pour la guérison du héros de la lutte contre le régime raciste d’Apartheid. Fort heureusement, cette visite n’aura pas lieu. Néanmoins, Obama rencontrera la famille de Nelson Mandela et visitera symboliquement l’île de Robben Island, où Mandela a été détenu durant 18 de ses 27 années d’emprisonnement, notamment « grâce » à la participation très active de la CIA…

 Après l’Afrique du Sud, Obama effectuera une brève visite en Tanzanie, évitant ainsi une visite au Kenya voisin, pays dont est originaire le père d’Obama, probablement en raison des poursuites de la Cour pénale internationale (CPI) à l’encontre de Uhuru Kenyatta et de William Ruto, respectivement président et vice-président actuels du Kenya.

 Cette tournée africaine d’Obama aura été tout sauf une visite de courtoisie mais bien le signe de la volonté étasunienne de contrer le poids et l’influence chinoise en Afrique. Une mission dont le bilan est visiblement un échec, car de moins en moins de gens ne se font d’illusions sur les « changements »promis par Obama au monde, ainsi que sur sa personnalité. La réponse du président du Sénégal aux leçons d’Obama et surtout les manifestations massives en Afrique du Sud ont clairement montré que l’Afrique préfère de loin avoir affaire à des partenaires respectant sa souveraineté et sa dignité.

http://french.ruvr.ru/2013_07_08/Tournee-africaine-d-Obama-un-fiasco-evident-4526/

Mikhail Gamandiy-Egorov