Archives mensuelles : octobre 2013

Rafael Correa en Russie : une visite symbolique

Rafael Correa en Russie : une visite symbolique

La très récente visite officielle du président équatorien Rafael Correa en Russie a été non seulement très productive, mais a confirmé une nouvelle fois les relations stratégiques qu’entretiennent désormais la Russie et la grande majorité des Etats d’Amérique latine.

A la mort du leader vénézuélien et chef de file de la révolution bolivarienne Hugo Chavez, certains analystes se sont pressés d’annoncer que le Venezuela et toute l’Amérique latine allaient subir de grands bouleversements, notamment ce qui concerne la politique extérieure. Hugo Chavez était effectivement un grand ami de la Russie et c’est sous sa présidence que la Russie et le Venezuela sont devenus des alliés indéniables. Ce partenariat stratégique s’est rapidement répandu à toute l’Amérique latine pour laquelle la Russie est devenue un partenaire clé.

Le successeur d’Hugo Chavez à la présidence vénézuélienne Nicolas Maduro a rapidement déchanté tous ceux qui promettaient des « changements radicaux »à la région et s’est au contraire fortement engagé sur la même ligne politique que son illustre prédécesseur, y compris en ce qui concerne la politique étrangère. Le partenariat stratégique entre la Russie et la République bolivarienne n’a donc pas bougé d’un poil.

Mis à part le Venezuela, la Russie est vue comme un pays ami par bon nombre des pays de la région : que ce soit la Bolivie d’Evo Morales, l’Equateur de Rafael Correa, l’Argentine de Cristina Fernandez de Kirchner, le Brésil de Dilma Rousseff ou encore le Nicaragua de Daniel Ortega, sans oublier bien évidemment Cuba de Raul Castro, un allié de longue date.

La visite de Rafael Correa, président de l’Equateur, n’avait donc rien d’anodin mais était bien le signe supplémentaire des relations très privilégiées entre désormais la Russie et les pays latino-américains. D’ailleurs, en parlant du leader équatorien, il s’agit d’une personnalité très intéressante. Economiste de formation, il a suivi une partie de son cursus en Occident, à l’Université catholique de Louvain (Belgique) puis à l’Université de l’Illinois (Etats-Unis). Patriote engagé, fervent partisan de la souveraineté de son pays et de toute l’Amérique latine, il se qualifie lui-même comme étant un homme politique de gauche, un humaniste et un chrétien catholique.

Au cours de sa visite en Russie, Rafael Correa s’est bien évidemment entretenu avec le président russe Vladimir Poutine. Au programme figurait également la signature d’accords sur le partenariat bilatéral des deux pays sur le plan économique, commercial, culturel et humanitaire. La lutte commune contre le terrorisme et son financement était elle aussi au menu.

Avant de se rendre dans la capitale russe, le président de l’Equateur a visité Saint-Pétersbourg où il a notamment rencontré le gouverneur de la ville Gueorgui Poltavtchenko. A l’issue de son passage par la capitale des tsars, Rafael Correa a formulé un grand désir d’échanges entre les deux pays dans le domaine de l’enseignement et de la recherche. Quant à Moscou, le président Correa y a visité le centre de recherche et de développement Skolkovo, considéré comme la « Silicon Valley russe », ainsi que l’Université russe de l’Amitié des Peuples où le titre honorifique de docteur honoris causa lui a été attribué.

 Pour revenir à la partie diplomatique, les deux pays partagent des points de vus communs sur bon nombre de questions liées aux relations internationales, à la défense de la souveraineté et au respect du droit international. Les deux parties, aussi bien russe qu’équatorienne, ont jugé cette visite comme étant très fructueuse. « Nous avons eu une importante réunion à Moscou avec le président russe. Le président de la Russie est un homme politique très efficace,a déclaré Rafael Correa. Avant d’ajouter que les rencontres furent très productives et qu’elles se sont déroulées dans une atmosphère très positive ».

De notre côté, nous ne pouvons que souhaiter que cette alliance stratégique entre la Russie et l’Equateur, ainsi que l’Amérique latine en général puisse résister à toutes les tentatives des forces ennemies qui veulent y mettre fin, ou du moins tenter de la déstabiliser. Du moment que les Etats Sud-américains seront dirigés par des chefs d’Etats dignes et responsables comme Rafael Correa, nous avons toutes les raisons d’être optimistes. Souhaitons également que ce partenariat puisse devenir un exemple et une importante source d’inspiration pour d’autres, notamment pour les relations entre l’Afrique et la Russie.

http://french.ruvr.ru/2013_10_31/Rafael-Correa-en-Russie-une-visite-symbolique-9149/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Publicités

Toussaint Alain : « L’Afrique s’impatiente de voir Gbagbo libre ! » (Partie 2)

Suite de la première partie.

La Voix de la Russie : Les charges contre le président Laurent Gbagbo n’ont pas été confirmées par la CPI. Malgré cela, M. Gbagbo est toujours emprisonné, le temps que le procureur puisse trouver « des éléments de preuves additionnels », comme l’ont demandé les juges de la Cour. Comment jugez-vous cette situation ?

Toussaint Alain : Croyez-vous sincèrement qu’il pouvait en être autrement ? Nous sommes devant une situation inédite : un tribunal reconnaît qu’il n’a pas de d’éléments suffisants mais il s’obstine tout de même à maintenir en détention un inculpé. C’est époustouflant comme procédé ! On l’aura compris : la mission de la CPI n’est pas de dire le droit mais de condamner coûte que coûte. Or, Laurent Gbagbo est présumé innocent. Avec tous les moyens dont disposent le procureur et ses enquêteurs, la CPI n’a pas été en mesure de fournir la moindre preuve inattaquable. Que cette comédie inhumaine cesse ! Le président Gbagbo doit être remis en liberté.

LVdlR : On évoque une possible mise en liberté provisoire de Laurent Gbagbo. La demande a été introduite à plusieurs reprises par la défense. Qu’en est-il ?

Toussaint Alain : Oui, j’ai entendu beaucoup de déclarations à ce sujet. Je ne vais en rajouter à la spéculation. Sachez que la Côte d’Ivoire et l’Afrique s’impatientent de voir Laurent Gbagbo libre. Pas seulement en liberté provisoire mais en liberté pleine et définitive tout simplement. La CPI dessert la cause de la justice mondiale en maintenant un innocent en détention alors que les charges s’effondrent les unes après les autres comme un château de cartes. L’incarcération de Laurent Gbagbo est un non-sens. On ne peut pas emprisonner quelqu’un par convenance ou par pur calcul politique. Gbagbo est innocent. Sa libération revêt un enjeu de paix et de stabilité pour la Côte d’Ivoire, où le naufrage du processus de réconciliation saute aux yeux. Les Ivoiriens ont envie d’être de nouveau ensemble, de cohabiter pacifiquement. Après la politique, il y a la vie de tous les jours. Libre, Gbagbo peut être un puissant accélérateur de la cohésion sociale et un facilitateur de la confiance retrouvée entre ses compatriotes. Ni la CPI ni le Conseil de sécurité de l’ONU ne peuvent ignorer cette dimension de l’affaire.

LVdlR : Quelles sont les dernières avancées notoires dans la situation politique en Côte d’Ivoire ?

Toussaint Alain : M. Ouattara a récemment fait quelques gestes en remettant en liberté plusieurs personnalités proches du président Gbagbo. Il reste encore au moins 800 prisonniers politiques, toujours détenus sans jugement. Parmi eux, Simone Gbagbo et Charles Blé Goudé, lequel reste privé de l’assistance de ses avocats. La détention au secret ou la torture physique ou psychologique n’ont jamais fait avancer la cause de la vérité. Sur le plan politique, on a pu observer aussi que le Front populaire ivoirien (FPI, parti du président Gbagbo – Ndlr) a repris du poil de la bête avec le retour aux affaires de Pascal Affi N’Guessan, son président. Les lignes bougent puisque l’opposition peut de nouveau tenir des réunions publiques. Mais tout cela reste précaire et conditionné à l’humeur des autorités actuelles. Or, il y a nécessité d’instaurer un climat de confiance durable entre le pouvoir et l’opposition afin d’éviter de nouvelles crises. Cela passe également par la levée des mandats d’arrêt internationaux contre des anciens dignitaires et le dégel des comptes bancaires de plusieurs centaines de personnalités proches du président Gbagbo ou ayant servi l’Etat sous sa gouvernance.

LVdlR : Le régime d’Alassane Ouattara devient-il plus conciliant avec l’opposition à l’approche de l’élection présidentielle de 2015 ?

Toussaint Alain : Le gouvernement ne perd rien à ouvrir un vrai dialogue politique avec l’opposition. Bien au contraire. Effectivement, tout le monde songe déjà à la présidentielle de 2015. Mais il y a des sujets cruciaux qu’il faut absolument régler afin de mieux aborder cette échéance. L’objectif étant de garantir la paix et la sécurité.

D’abord, l’épineuse question du désarmement des ex-combattants de M. Ouattara : au moins 65 000 soldats en armes. Ils constituent une vraie source d’inquiétude et d’insécurité tant pour le pouvoir que pour les populations. Ensuite, il y a l’indispensable recomposition de la Commission électorale indépendante (CEI) dont la mission a officiellement pris fin, selon les accords de paix inter-ivoiriens, depuis les dernières élections locales d’avril 2013. Enfin, la révision de la liste électorale et l’inscription de plusieurs millions de nouveaux majeurs sur les listings. L’élection de 2015 reste ouverte. A mi-mandat, la grogne sociale est forte car M. Ouattara n’a tenu aucune de ses promesses électorales : un million d’emplois, les soins gratuits, cinq nouvelles universités, des milliers de nouvelles écoles, des points d’adduction d’eau potable dans tous les villages du pays, etc. Le chômage a atteint un niveau endémique. L’économie tourne au ralenti. Une note interne d’une célèbre institution de Bretton Woods a récemment tiré la sonnette d’alarme sur la gestion de M. Ouattara. La Côte d’Ivoire, qui a un programme avec le Fonds monétaire international (FMI), continue de s’endetter clandestinement auprès de régimes amis pour sauver les apparences. Les créanciers du pays sont eux aussi irrités par les pratiques peu orthodoxes de ce pouvoir incompétent. Et le mois de décembre s’annonce difficile sur le plan budgétaire. Or, les caisses de l’Etat sont désespérément vides. Face à ce triste tableau, le régime n’aura pas d’autre alternative que la fraude industrielle pour tenter de se maintenir au pouvoir. Je ne doute pas que les Ivoiriens veilleront à ce que M. Ouattara ne leur vole pas la victoire une nouvelle fois.

 LVdlR : M. Toussaint Alain, je vous remercie. Très bonne continuation à vous !

Toussaint Alain : Merci à La Voix de la Russie de m’avoir donné la parole. Je voudrais exprimer ma sincère gratitude aux autorités politiques de votre pays pour leur position courageuse sur la CPI et pour tout ce qu’elles entreprennent pour la recherche de la vérité. Merci et à très bientôt à Moscou.

http://french.ruvr.ru/2013_10_29/Toussaint-Alain-L-Afrique-s-impatiente-de-voir-Gbagbo-libre-Partie-2-0022/

Mikhail Gamandiy-Egorov

 

 

Côte d’Ivoire et CPI : entretien avec Toussaint Alain (Partie 1)

Côte d'Ivoire et CPI : entretien avec Toussaint Alain (Partie 1)

Nous avons le privilège aujourd’hui de nous entretenir de nouveau avec M. Toussaint Alain, ancien conseiller, ex-porte-parole et représentant dans l’Union européenne (UE) du président Laurent Gbagbo – président de la République de Côte d’Ivoire de 2000 à 2011.

 M. Alain préside aujourd’hui le groupe de pression Côte d’Ivoire Coalition Inc., représenté dans plusieurs pays. Fin janvier, Toussaint Alain s’était déjà confié à La Voix de la Russie à l’issue d’une autre visite de travail à Moscou, où il avait été reçu en audience par des dirigeants politiques et des députés du Parlement russe, la Douma.

 La Voix de la Russie : Monsieur Alain, bonjour ! Nous avons appris la demande d’extradition vers la Cour pénale internationale (CPI) de Simone Gbagbo, l’épouse de M. Laurent Gbagbo. Une extradition qui a été refusée par le régime d’Alassane Ouattara…

 Toussaint Alain : C’est une décision sage. Mme Simone Gbagbo est innocente. C’est une femme politique importante, une intellectuelle de premier rang qui a fortement contribué à l’éveil démocratique en Côte d’Ivoire. La CPI ignore probablement qui elle est en réalité. M. Alassane Ouattara a aussi certainement voulu épargner son camp. Les chefs de guerre, qui forment aujourd’hui sa garde prétorienne, avec leur donneur d’ordre Guillaume Soro, sont impliqués dans de graves violations des droits de l’Homme depuis septembre 2002. Tout cela est connu. Toutefois, j’estime que M. Ouattara a eu raison de ne pas céder aux rêveries de la CPI qui croit devoir juger les Africains en lieu et place des tribunaux africains. La justice est un pilier essentiel de l’État de droit. Notre institution judiciaire compte en son sein des femmes et des hommes aguerris qui ne demandent qu’à travailler en toute indépendance, loin des pressions politiques. Simone Gbagbo a droit à un procès équitable en Côte d’Ivoire devant un tribunal indépendant et impartial. Elle pourra alors répondre à toutes les graves accusations portées contre sa personne. C’est le minimum qu’un pays indépendant depuis 1960 puisse garantir à une citoyenne. La CPI n’a aucun rôle à jouer dans cette affaire et dans toutes les autres, y compris celles impliquant des lieutenants de M. Ouattara : ces dossiers relèvent de la compétence exclusive des instances judiciaires ivoiriennes.

 LVdlR : Depuis le 1er octobre, la CPI a rendu public un mandat d’arrêt à l’encontre de Charles Blé Goudé, l’ex-ministre de la jeunesse du dernier gouvernement de Laurent Gbagbo. Comment interprétez-vous cette nouvelle procédure visant un pro-Gbagbo ?

 Toussaint Alain : C’est un grand classique : la CPI ne poursuit qu’un seul camp. Pourquoi rendre public seulement en octobre 2013 un mandat émis depuis décembre 2011 ? Compte tenu de la gravité des crimes allégués, elle aurait dû le faire immédiatement afin d’alerter l’opinion sur la « dangerosité » de ce jeune leader progressiste. Vous savez, plus personne ne prend au sérieux cette Cour. Une fois encore, la CPI fait montre d’une cécité affligeante. Ce nouveau mandat traduit une méconnaissance flagrante de l’histoire de la Côte d’Ivoire. C’est très inquiétant. Blé Goudé n’était pas un chef de milice ni un chef de guerre. C’est un patriote qui s’est engagé, avec son verbe pour seule arme, dans le combat politique. Durant dix ans, il a mobilisé des millions de compatriotes, éveillé des consciences et même sensibilisé à la paix auprès des populations après l’accord entre l’État ivoirien et la rébellion de MM. Ouattara et Soro. Si j’ai bien compris, le fait de revendiquer la liberté, la souveraineté et l’indépendance des peuples africains constitue un « crime contre l’humanité » pour la Cour. Tout comme la résistance face au néocolonialisme des Occidentaux désormais à la reconquête de l’Afrique. C’est pourtant cette même « humanité » que l’on extermine impunément à Duékoué, Guitrozon, Nahibly… lorsque des bandes armées se rendent coupables des pires atrocités. Ce double standard prouve bien que la CPI a un agenda politique et qu’elle est au service exclusif des plus puissants.

 LVdlR : Justement, la CPI est chargée de juger les auteurs présumés de génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre…

 Toussaint Alain : La CPI s’est grandement dévaluée aux yeux des Africains et des dirigeants du continent. Comme en atteste la récente fronde à l’Union africaine (UA). Cette Cour sera crédible le jour où elle inculpera les chefs d’État occidentaux dont les armées assassinent des civils au nom de la démocratie ou de la lutte contre le terrorisme. Voyez ce qu’ont fait les présidents Bush, Obama, Chirac et Sarkozy en Afghanistan, Irak, Libye ou encore en Côte d’Ivoire. Des dizaines de milliers de personnes y ont été impunément massacrées dans le silence assourdissant des sempiternels donneurs de leçons. Qu’a fait la CPI ? Rien ! Elle préfère s’en prendre au Soudanais Omar el-Béchir, à l’Ivoirien Laurent Gbagbo ou au Congolais Jean-Pierre Bemba plutôt qu’aux chefs de l’OTAN. Sincèrement, l’épithète « internationale » dans la dénomination de cette Cour est une imposture : le mot « indigène » eût été mieux indiqué ! Que la CPI laisse nos instances judiciaires nationales gérer ces situations. La Côte d’Ivoire dispose des instruments juridiques et des ressources humaines pour juger Blé Goudé ainsi que tous les autres sur son territoire. Ces procédures doivent aussi avoir une vocation pédagogique. La vérité doit être connue afin d’édifier les générations futures. Transférer Blé Goudé à la CPI ou le juger au pays, voilà un autre dilemme pour le pouvoir. J’ai foi que M. Ouattara et son gouvernement n’extraderont pas Blé Goudé. L’Afrique en a assez de livrer ses enfants à cet Occident ingrat et égoïste.

Suite dans la seconde partie de l’entretien

http://french.ruvr.ru/2013_10_25/Cote-dIvoire-et-CPI-entretien-avec-Toussaint-Alain-Partie-1-5007/

Mikhail Gamandiy-Egorov

La Russie, véritable prix Nobel de la paix 2013 ?

La Russie, véritable prix Nobel de la paix 2013 ?

On a appris récemment que le prix Nobel de la paix de l’année 2013 a été décerné à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC). D’un côté cela nous rassure. Au moins cette fois-ci, ce ne sera pas les « faiseurs de paix » Barack Obama ou l’Union européenne, respectivement nominés en 2009 et 2012, mais bien un organisme qui on espère aura un rôle positif dans la mission que s’est fixée la Russie, ainsi que d’autres pays dont la Chine, afin d’empêcher une escalade du conflit syrien. Néanmoins, on peut se demander pourquoi la Russie n’a pas été nominée à ce prestigieux prix…

 En effet la question de la nomination du prix Nobel de la paix de cette année a été vivement discutée durant les dernières semaines. Beaucoup plus en tout cas que pour les autres catégories de nominés. Peut-être pour la simple raison que le monde était très récemment au bord d’une nouvelle et grande guerre. Tout présageait même à un certain moment l’inévitabilité d’un tel scénario. Pourtant, le scénario catastrophe a été évité de justesse. Et heureusement pour nous – pour toute l’humanité.

 Les vives discussions concernaient donc les acteurs principaux en faveur de la paix cette année. Beaucoup ont parlé du président russe Vladimir Poutine. Il est indéniable que le président de la Fédération de Russie a joué un rôle clé dans la solution pacifique face à « l’inévitabilité » de la guerre qui se profilait. D’autres avaient mentionné Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères. Une candidature tout à fait pertinente compte tenu du travail de très longue haleine qu’il a du faire pour essayer ne serait-ce que pour un peu raisonner les « partenaires » occidentaux. Un travail réalisé avec brio, non sans mentionner Vitali Tchourkine, l’ambassadeur permanent de la Russie auprès de l’ONU, ainsi que tous les autres diplomates qui ont contribué à ce que la guerre soit évitée.

 Néanmoins, aucune personnalité mentionnée ci-dessus n’aura été nominée. Trop difficile ? On doit imaginer que oui. Vraisemblablement beaucoup plus difficile en tout cas que de nominer Barack Obama, président d’un pays responsable des pires crimes contre l’humanité et qui a préféré oublier toutes ses promesses de « paix » faites au monde. Si le comité du Prix Nobel avait tellement de difficulté à nominer un haut responsable russe, pourquoi ne pas avoir nominé tout simplement un pays ? En l’occurrence la Russie. Trop compliqué aussi ? Probablement que oui. Toujours préférable de nominer une organisation comme l’Union européenne qui doit être certainement fière de sa participation dans la tragédie libyenne qui se faufile de « mieux en mieux » chaque jour qui passe, depuis la chute du colonel Kadhafi. Et qui doit certainement se « réjouir » pour le drame humain qui se déroule aux larges de ses frontières du Sud, surtout autour de la petite île italienne de Lampedusa… Tous de vrais « pacifiques » quand tu nous tiens.

 Le plus intéressant, c’est que le choix de nominer Poutine en tant que leader politique ou la Russie en tant que pays a été largement soutenu par une bonne partie de l’opinion publique occidentale. Une campagne a même été menée dans plusieurs capitales et grandes villes européennes et ailleurs, où l’on pouvait voir des graffitis à l’effigie du président russe et en gage de remerciement pour sa contribution à l’arrêt du chaos total tant espéré par certains va-t-en-guerre. En ce qui concerne l’opinion publique russe, on pouvait lire l’effet de surprise pour le manque de reconnaissance du rôle de la Russie, pour que justement, une organisation comme l’OIAC puisse mener à bien sa mission en Syrie. Un rôle décisif, il faut tout de même l’avouer.

 Le ministère russe des Affaires étrangères a tout de même salué l’attribution du Prix Nobel à l’OIAC à travers un communiqué publié sur son site. On peut effectivement se réjouir de ne pas voir de nouveau Obama, voire encore Fabius, Hollande et compagnie être nominés pour leurs rôles de grands « pacifistes ». Néanmoins, il y a tout de même de quoi être triste. Lorsqu’on sait qu’Obama porte le même prix qu’une aussi grande personnalité que Nelson Mandela…

http://french.ruvr.ru/2013_10_17/La-Russie-veritable-prix-Nobel-de-la-paix-2013-9076/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Incident diplomatique aux Pays-Bas, simple hasard ?

Бородин нападение нидерланды

Les derniers jours ont été de nouveau assez agités pour la diplomatie russe. Après l’agression de Dmitri Borodine, conseiller de l’Ambassade de Russie aux Pays-Bas, le ministère russe des Affaires étrangères a clairement indiqué que la Russie attendait des excuses officielles de la part de l’Etat néerlandais, ainsi que des sanctions à l’encontre des responsables de cette violation flagrante de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques.

 Parmi les points principaux de ladite convention : l’immunité du personnel diplomatique et l’inviolabilité des ambassades. Et qu’apprend-t-on ? Sous un prétexte vraisemblablement créé de toute pièce, des policiers en camouflage ont pénétré le domicile du diplomate russe, l’ont tabassé et menotté devant ses enfants, puis emmené au poste de police. Dmitri Borodine sera relâché le matin du jour suivant sans aucune explication, ni excuse…

 L’ambassadeur des Pays-Bas en Russie sera immédiatement convoqué au ministère russe des Affaires étrangères où il recevra une note de protestation. La Russie y a exigé des excuses officielles de la part de l’Etat batave, de même que des sanctions contre les fonctionnaires néerlandais responsables de l’attaque contre le diplomate de l’ambassade de Russie. Le président russe Vladimir Poutine s’exprimant à ce sujet depuis l’île indonésienne de Bali où il participait au sommet de l’APEC (Coopération économique pour l’Asie-Pacifique), a clairement fait comprendre que la Russie ne tolérerait pas ce genre d’attaques à l’encontre des officiels et citoyens russes où qu’ils soient, et que d’autre part la Russie allait attentivement suivre cette affaire. Les principaux partis politiques russes ont appelé quant à eux à une mobilisation, notamment à travers des manifestations devant l’ambassade des Pays-Bas à Moscou.

 Finalement, les Pays-Bas ont présenté officiellement mercredi dernier leurs excuses à la Russie pour cet incident diplomatique sans pour autant et pour l’instant punir les responsables. Le ministère russe des Affaire étrangères a réagi en affirmant que « la Russie a clairement déclaré qu’elle attendait toujours de nouvelles avancées concernant, entre autres, la mise en accusation des fonctionnaires hollandais coupables d’une violation du droit international, qui est reconnue par les Pays-Bas », lit-on dans le communiqué du ministère. Si ces responsables ne sont pas sanctionnés, il est à penser que les relations bilatérales seront réexaminées par la Russie.

 L’autre question que se sont posées plusieurs analystes russes concerne le fait de savoir si cet incident était purement lié au hasard et à l’incompétence de certains fonctionnaires hollandais, ou bien si c’était une provocation planifiée. Il est vrai que cette dernière version est tout à fait possible et peut avoir plusieurs raisons. Selon Valeri Vlassov, ex-ambassadeur de l’URSS et de la Fédération de Russie en Libye (1990-1995), cette action peut-être une sorte de vengeance suite à l’arrestation récente du bateau de Greenpeace battant pavillon néerlandais. Pour rappel, cette arrestation s’est déroulée après l’attaque d’une plateforme pétrolière russe par l’équipage dudit navire.

 Selon d’autres opinions, cela peut être également dû au fait que les Pays-Bas en veulent toujours à la Russie d’avoir adopté la loi interdisant la propagande de l’homosexualité auprès des mineurs. Compte tenu du fait que les Pays-Bas ont été le premier pays à avoir autorisé le mariage des homosexuels et comptant un puissant lobby LGBT très actif, cette version ne serait donc pas si surprenante. Plus globalement, il est vrai que les récents succès de la Russie au niveau international, notamment après avoir empêché une intervention armée contre la Syrie, déplait à un certain nombre de pays. Non seulement pour avoir mis à mal leurs plans malsains, mais aussi pour avoir définitivement remis en cause l’hégémonie et « l’exclusivité » occidentale.

 Quoiqu’il en soit, la Russie a prouvé une fois de plus qu’elle ne comptait nullement fermer les yeux sur des provocations et des attaques la visant elle, ses représentants et ses concitoyens.

http://french.ruvr.ru/2013_10_14/Incident-diplomatique-aux-Pays-Bas-simple-hasard-2775/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Résolution sur la Syrie à l’ONU : nouvelle victoire diplomatique de la Russie

Совет безопасности ООН Совбез ООН Сирия резолюция голосование химическое оружие

 Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté à l’unanimité une résolution sur les armes chimiques syriennes. Point important : le document exclue l’utilisation automatique de la force à l’encontre de la Syrie en cas de violations des clauses de la résolution par l’une des parties du conflit syrien.

             

 Il a fallu plusieurs semaines de pourparlers et de négociations intenses avant que le texte final de ladite résolution soit finalisé. Précédemment, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France insistaient sur la « nécessité d’inclure un article contraignant » et en conférant aux autorités syriennes « la responsabilité pour une possible utilisation d’armes chimiques »… Y compris en cas d’utilisation des dites armes par les forces « rebelles ». Une résolution jugée évidemment inacceptable par la diplomatie russe.

 La résolution 2118 adoptée vendredi dernier affirme quant à elle la possibilité pour le Conseil de sécurité de prononcer des actions si Damas ne respecte pas ses engagements. Cependant, et cela est dit clairement, il ne peut s’agir de sanctions automatiques : en cas de violation du plan de désarmement (par l’une des parties du conflit), une seconde résolution sera nécessaire « sous le chapitre VII de la charte de l’ONU », qui pourra éventuellement autoriser un recours à la force. D’autre part, la résolution impose une responsabilité égale sur le gouvernement et l’opposition. Une première compte tenu du fait que c’est la première fois que les pays occidentaux acceptent d’avoir une approche cohérente dans le conflit syrien par rapports à ses belligérants.

 Comme l’a également bien souligné le ministre russe des Affaires étrangères : « La résolution souligne l’inadmissibilité que les armes chimiques tombent aux mains d’acteurs non étatiques, représentés par les forces de l’opposition. Par ailleurs, tous les pays membres de l’ONU et en premier lieu les voisins de la Syrie, se doivent de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer que leur territoire ne soit pas utilisé pour fournir à l’opposition syrienne des armes chimiques et leurs composantes ». Un message clair à certains pays de la région dont on connait le rôle plus que néfaste dans la tragédie syrienne.

 Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a quant à lui indiqué que « L’adoption de la résolution sur la Syrie, c’est la première nouvelle depuis longtemps, qui donne de l’espoir pour la résolution de la crise. C’est une étape historique ». Bachar al-Jaafari, représentant permanent de la Syrie auprès des Nations unies, a souligné de son côté que « tous les pays jouant un rôle dans le conflit syrien doivent respecter la résolution, au même titre que la Syrie, notamment en stoppant le soutien aux groupes terroristes. Les gouvernements de la Turquie, d’Arabie saoudite, du Qatar, de la France, des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne en portent tous la responsabilité ».

 La victoire diplomatique de la Russie est indéniable. Les médias ainsi que les spécialistes politiques de par le monde s’accordent à reconnaitre le succès de la Russie. Le journal français Le Monde consacre un article consacré à la résolution adoptée à l’ONU avec pour titre : « Syrie : la résolution de l’ONU consacre le succès de Moscou ». Il faut avouer que les auteurs de l’article ne sont pas fous d’enthousiasme à avoir à reconnaitre ce succès, néanmoins, le fait de l’avouer est déjà un sacré pas. D’un ton beaucoup plus optimiste et amical, le directeur du Centre d’études sur le Moyen-Orient de Beyrouth, le général Hisham Jaber note de son côté dans un entretien à La Voix de la Russie que « nous sommes devenus témoins d’une guerre diplomatique féroce. Ce qui vient de se produire – l’accord russo-américain et ensuite l’adoption de cette résolution au Conseil de sécurité de l’ONU, c’est une victoire indéniable de Moscou. Tout cela montre des chances réelles d’un règlement pacifique du conflit syrien ». Il souligne également que la Russie a confirmé par ce biais sa présence au Moyen-Orient et a réussi à renforcer ses positions dans la région.

 Nous avons évité le pire. A savoir une intervention armée contre un pays souverain et dans la pure violation du droit international. D’autre part, la résolution 2118 a réaffirmé la souveraineté, l’indépendance et l’intégrité territoriale de la Syrie. Principes que beaucoup espéraient (et espèrent encore) voir être violés. Il n’en sera rien. Autre point important à souligner : une solidarité des pays des BRICS et d’un grand nombre d’autres pays sur l’approche russe dans le conflit syrien. Cette situation a aussi mis en avant toutes les contradictions et les actions totalement illogiques de la politique occidentale dans le dossier syrien, surtout lorsqu’on connait les précédents irakien, afghan, libyen, malien,… La Russie a donc une nouvelle fois réaffirmé la place qui est la sienne dans la politique internationale. Les victoires diplomatiques indiscutables, acquises avec brio, ne doivent pas pour autant nous faire oublier la tragédie de la Syrie en général et du peuple syrien en particulier. Elles doivent au contraire nous pousser à continuer de travailler sur la résolution rapide de ce conflit, et de rester sur nos gardes compte tenu du fait que certains va-t-en-guerre (ils se reconnaitront) ne se sont toujours pas calmés… Le temps nous montrera qui aura raison.

http://french.ruvr.ru/2013_09_30/Resolution-sur-la-Syrie-a-l-ONU-nouvelle-victoire-diplomatique-de-la-Russie-1650/

Mikhail Gamandiy-Egorov

En mémoire de Thomas Sankara, le Che Guevara africain

En mémoire de Thomas Sankara, le Che Guevara africain

Il y a bientôt 26 ans était assassiné le « père de la révolution burkinabé », Thomas Isidore Noël Sankara. Un des plus grands dirigeants d’Afrique. En plus d’être un vrai révolutionnaire, Thomas Sankara était aussi et surtout un grand visionnaire, aussi bien pour sa nation que pour toute l’Afrique.

 Né en 1949 dans la Haute-Volta (nom que portait le pays durant la colonisation) dans une famille catholique, il opte pour une carrière militaire. Il suivra une formation d’officier à l’Ecole militaire inter-armée (EMIA) de Yaoundé, au Cameroun, puis à l’Académie militaire d’Antsirabe, à Madagascar. Il devient en 1976 commandant du Centre national d’entrainement commando (CNEC).

 Il sera nommé secrétaire d’Etat à l’information en septembre 1981, dans le gouvernement du colonel Saye Zerbo. Mais moins d’un an plus tard, il démissionnera en déclarant : « Malheur à ceux qui bâillonnent le peuple ! ». Il deviendra Premier ministre en janvier 1983 dans le gouvernement du médecin militaire Jean-Baptiste Ouédraogo (arrivé au pouvoir à la suite d’un putsch). Pourtant, quelques mois plus tard, il est limogé et mis aux arrêts après une visite dans le pays de Guy Penne, franc-maçon et conseiller de François Mitterrand pour les affaires africaines. Selon plusieurs sources, le limogeage et l’arrestation de Sankara n’étaient pas liés au hasard mais bien l’œuvre d’une intervention française en raison des idées progressistes de Thomas Sankara qui déplaisaient beaucoup à l’ancienne métropole coloniale.

 Le 4 août 1983, un nouveau coup d’Etat place Thomas Sankara (déjà très populaire au sein de la population) à la tête du pays. Il forme dès lors le Conseil national de la Révolution (CNR) et définit son programme politique dans la lignée anti-impérialiste. Il change le nom du pays qui devient le Burkina-Faso, signifiant « la patrie des hommes intègres ». Il devient également l’un des principaux leaders du Mouvement des non-alignés bien qu’il sympathise ouvertement avec l’URSS (où il se rendit notamment en 1986). Il dénoncera fermement le colonialisme et le néo-colonialisme, notamment de la France, ainsi que les régimes africains servant les intérêts néocoloniaux (« les régimes clients »). Souhaitant à tout prix redonner le pouvoir au peuple, il créera durant sa présidence les Comités de défense de la révolution (CDR) qui permettront la participation de tous les citoyens aux prises de décision.

 Cette politique de démocratie participative a permis de réduire considérablement des fléaux tels que la malnutrition, le manque d’eau (grâce à la construction massive de puits et retenues d’eau). Sa politique de « vaccinations commandos » a quant à elle permit de diminuer la propagation des maladies. Sans oublier la lutte contre l’analphabétisme, dont les résultats ont plus que convaincants (diminution de près de 20%). Par ailleurs, Thomas Sankara contribuera grandement à l’émancipation de la femme burkinabé, voulant à tout prix une place égale pour elle dans la société. Il luttera avec succès contre le tribalisme féodal et la désertification, combattra très efficacement la corruption et améliora l’agriculture. Autre fait majeur : il sera le seul président africain et un des rares au monde à vendre toutes les luxueuses voitures de fonctions de l’Etat afin de les remplacer par de modestes et basiques Renault 5. Il réduira les salaires des fonctionnaires dont le sien (dont une partie importante était destiné aux projets publics et aux œuvres caritatives). Lors de ses déplacements à l’étranger, il voyagera toujours avec ses collaborateurs en classe touriste.

 Le problème est que malgré toutes ses réalisations pour son peuple et étant un vrai modèle pour les autres nations africaines, Sankara gênait considérablement les intérêts impérialistes. Il sera assassiné le 15 octobre 1987 lors d’un coup d’Etat organisé par un certain Blaise Compaoré, que Sankara considérait pourtant comme son propre frère, et qui prendra le pouvoir pour le monopoliser jusqu’à aujourd’hui, étant par la même occasion un des meilleurs agents du système mafieux de la Françafrique et un des acteurs principaux de la crise actuelle en Côte d’Ivoire.

 A l’image de Patrice Lumumba en République démocratique du Congo, Thomas Sankara est et restera un martyr africain et un combattant acharné pour la justice. Autre point qui les rassemble : ils ont été tous deux assassinés par des pantins locaux sous les ordres et avec la complicité de forces extérieurs. En effet et selon plusieurs sources, dont le journaliste d’investigation italien Silvestro Montanaro qui a réalisé un célèbre film sur l’assassinat de Thomas Sankara (« Ombres africaines ») et a interviewé plusieurs personnalités influentes de l’époque, dont les proches de l’ex-président libérien Charles Taylor, qui affirment avec assurance l’implication de la CIA et des services secrets français dans cet assassinat. Peu surprenant, à dire vrai. De grands leaders progressistes inspirant leurs nations et même leurs continents finissent souvent soit assassinés, soit dans des geôles de ceux qui affirment « défendre la démocratie et les droits de l’homme partout et toujours »…

 Une semaine avant son assassinat, Thomas Sankara avait déclaré : « On peut tuer un homme, mais on ne peut pas tuer ses idées ».C’est ce que les assassins oublient trop souvent, de même qu’une autre chose : les héros ne meurent jamais. Surtout dans les cœurs des millions d’hommes et femmes qui chérissent et continueront de chérir celui qui s’est toujours battu pour leurs droits. Quant à son combat, d’autres s’en inspireront et poursuivront certainement la lutte.

 « Ceux qui veulent exploiter l’Afrique sont les mêmes qui exploitent l’Europe ! »

 « Tuez Sankara, des milliers de Sankara naîtront ! »

 « Le système néocolonial tremble quand le peuple devenu maître de sa destinée veut rendre sa justice ! »

 Thomas Sankara

http://french.ruvr.ru/2013_09_29/En-memoire-de-Thomas-Sankara-le-Che-Guevara-africain-3200/

Mikhail Gamandiy-Egorov