Archives mensuelles : janvier 2014

« Afrique, abandonner les solutions occidentales et repenser le développement autrement ». Entretien avec Magaye Gaye (Partie 1)

Magaye Gaye : « Afrique, abandonner les solutions occidentales et repenser le développement autrement » (Partie 1)

Aujourd’hui, nous avons le plaisir de nous entretenir avec M. Magaye Gaye, directeur général du Cabinet de recherche de financement GMCCONSEILS, basé à Dakar, la capitale sénégalaise. Titulaire d’un DESS en économie appliquée à la Gestion de l’Université de Rennes 1 en France, il a exercé pendant une quinzaine d’années dans les organisations sous-régionales africaines de financement du développement. Le Cabinet GMCCONSEILS rédige mensuellement des articles très engagés sur le développement de l’Afrique.

La Voix de la Russie : Monsieur Gaye, bonjour ! Merci d’être avec nous aujourd’hui. Pourriez-vous vous présenter plus en détail et parler plus amplement de vos activités ?

Magaye Gaye : Bonjour. Permettez- moi tout d’abord d’exprimer à La Voix de la Russie ma profonde gratitude pour avoir bien voulu me convier à cette interview. Effectivement, la présentation que vous avez faite en préambule sur nous, résume bien notre parcours académique et professionnel. Je voudrais juste ajouter que j’ai eu l’avantage au cours de ma carrière internationale de visiter de très nombreux pays dans le monde. Cependant, hélas, je n’ai pas eu l’occasion de venir dans votre beau pays la Russie. Je suis un panafricaniste convaincu et je milite à cet effet pour un renouveau du continent africain. Dans cette perspective, fort du constat que l’Afrique a raté ses 50 premières années post indépendances, je suis entrain de finaliser un ouvrage qui va sortir au mois de mars prochain intitulé Afrique, abandonner les solutions occidentales et repenser le développement autrement. Cette publication prépare un vaste mouvement fédérateur des cadres africains et non africains que notre cabinet est entrain de lancer. L’initiative vise à rassembler les meilleures compétences aptes à proposer des alternatives crédibles à la pensée dominante qui n’a pas donné les résultats escomptés depuis plus d’une cinquantaine d’années.

Sur un autre plan, je suis titulaire de deux distinctions honorifiques : la médaille de la reconnaissance centrafricaine et la carte compétence et talents délivrée par les autorités françaises, pour me permettre entre autres d’appuyer les universités françaises. Mon parcours professionnel m’a conduit en 2010 à créer un cabinet spécialisé dans la recherche de financement et l’appui aux entreprises africaines. Comme vous le savez, notre continent est dans une bonne dynamique de croissance. Cependant, nos entreprises peinent à trouver les ressources nécessaires à leur développement. Au niveau des bailleurs de fonds et des investisseurs internationaux, une faible connaissance des opportunités existantes empêchent de prendre des risques sur le continent. Le Cabinet GMCCONSEILS entend jouer un rôle d’intermédiation et de lobbying afin d’accompagner les investisseurs internationaux qui veulent percer le marché africain et faciliter la mobilisation de financements d’envergure sur le continent. A ce jour, de grosses entreprises internationales et fonds d’investissement nous font confiance. Nous espérons que les entreprises et investisseurs russes vont à court terme saisir cette opportunité.

LVdlR : Vous faites partie de cette élite sénégalaise et plus généralement africaine, très orientée sur votre continent. Quelle est votre vision de l’Afrique actuelle ?

Magaye Gaye : Effectivement, en tant que panafricain, je milite en faveur d’une Afrique décomplexée, responsable et respectueuse des symboles. Je ne trouve toujours pas normal que des questions stratégiques de sécurité concernant notre continent se règlent à Paris et non à Addis Abeba, la capitale abritant le siège de l’Union africaine. Je ne comprendrai jamais assez aussi pourquoi près d’une cinquantaine de chefs d’Etat et de gouvernement francophones, anglophones, lusophones et arabophones de notre continent acceptent au plan symbolique un forum France-Afrique réunissant la France, un pays de 66 millions d’habitants, à un continent de plus de 700 millions d’âmes ? Je nourris l’ambition de voir mon continent prendre en charge sa propre destinée, accorder plus d’importance aux symboles. Le problème actuel de l’Afrique est la qualité insuffisante de son leadership. Figurez-vous que plus de 50 ans après les indépendances, notre continent n’arrive toujours pas à décoller. Le Japon et l’Allemagne, fortement détruits après la seconde guerre mondiale, ont réussi à se redresser moins d’une dizaine d’années plus tard, devenant même respectivement la deuxième et la troisième économie au monde. Le cas de la Corée du Sud est tout aussi édifiant. En 1960, certains pays africains avaient quasiment le même niveau de développement économique que ce pays. Cinquante ans plus tard, ces pays africains font toujours partie des pays les moins avancés alors que la Corée du Sud a assuré son décollage économique : quinzième puissance économique mondiale en 2010. 

LVdlR : L’Afrique est un continent qui offre d’énormes opportunités et le Sénégal ne fait pas exception, notamment grâce à de nombreux domaines forts intéressants. Quelles sont selon vous les perspectives pour le Sénégal et le continent africain dans les cinq-dix prochaines années ? Quelles sont les axes prioritaires ?

Magaye Gaye : L’Afrique est un continent très riche à tous les niveaux. Son potentiel économique est extraordinaire : réserves d’or, de diamant, de pétrole, d’uranium de cobalte etc… Au plan agricole, de nombreuses réserves foncières inexploitées existent. Tout ceci pour dire que les perspectives pourraient être bonnes à la faveur de la mise en œuvre de politiques publiques vertueuses. Les besoins de financement du continent africain sont immenses. Pour le seul secteur des infrastructures, la Banque Africaine de Développement les estime à 390 milliards de dollars. Compte tenu des nombreuses réalisations à opérer sur le continent, dans quasiment tous les secteurs économiques (agriculture, élevage, pêche, industrie, télécommunications, énergie, transport, éducation et formation, etc….), on peut sans risque de se tromper affirmer, en l’absence de statistiques fiables agrégeant l’ensemble des besoins du continent, que la demande de financement est très forte.

Le taux de croissance attendu au niveau continental (5,3 % en 2014 ) ressort intéressant, même s’il est en dessous du taux de 7 % estimé nécessaire pour éradiquer la pauvreté. S’agissant du cas du Sénégal, que je connais mieux, des efforts importants tendant à l’assainissement des finances publiques et à la lutte contre la corruption sont menés avec courage par le gouvernement du Président Macky Sall. Le Sénégal ambitionne d’être un pays émergent dans un avenir proche. Dans cette perspective, il vient de se doter d’un plan stratégique ambitieux dénommé « plan Sénégal émergent » qui vise à porter le taux de croissance à au moins 7 % et le maintenir à ce niveau sur une période de 10 ans. Ce plan comporte un portefeuille de 28 projets. Ses axes prioritaires sont entre autres l’agriculture, l’agroalimentaire, l’habitat, les mines, les chemins de fer et le tourisme. Le Sénégal est un pays africain stable qui n’a jamais connu de coup d’Etat depuis les indépendances. La solidité de ses institutions, sa position géographique et la qualité de ses ressources humaines constituent de gros atouts qui en font un pays respecté par la Communauté internationale.

http://french.ruvr.ru/2014_01_30/Magaye-Gaye-Afrique-abandonner-les-solutions-occidentales-et-repenser-le-developpement-autrement-Partie-1-6507/

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Syrie & Ukraine : symboles de l’échec de la politique occidentale ?

Syrie & Ukraine : symboles de l’échec de la politique occidentale ?

A Montreux, en Suisse, se déroule en ce moment la conférence de paix Genève 2. A Kiev et dans certaines autres villes ukrainiennes se poursuivent des manifestations considérées comme pro-occidentales. Les tristes événements en Syrie et en Ukraine ont au moins le mérite d’avoir montré toute la contradiction et l’hypocrisie de la politique étrangère d’un certain nombre de pays occidentaux.

A Genève, le ton était donné dès le début. Et non pas par les participants mais par des manifestants syriens, dont bon nombre de jeunes, venus soutenir la délégation gouvernementale syrienne et afficher leur soutien au président Bachar al-Assad. Par ailleurs, ils ont exprimé ouvertement leurs sentiments, à savoir que les représentants de la soi-disant opposition syrienne ne les représentent aucunement. Parmi les manifestants, certains sont résidents en Suisse, d’autres sont venus de France, de Belgique ou encore des Pays-Bas, certains possédant également la double citoyenneté. « Nous voulons montrer au monde que le peuple syrien approuve les positions de notre gouvernement », a déclaré l’un des manifestants.

Pour revenir maintenant aux participants de la conférence et avec d’un côté la vive intervention de Walid Mouallem, ministre syrien des Affaires étrangères, et de l’autre côté les peu convaincantes déclarations des représentants de l’opposition, il est devenu clair une fois de plus qui dans cet affrontement défend la dignité du peuple syrien, et qui de l’autre sert des intérêts extra-syriens… Dorénavant, même les principaux médias occidentaux avouent de plus en plus l’incapacité de ladite opposition syrienne à proposer quoique ce soit de concret et d’utile, que parmi cette opposition la majorité est composée d’islamistes, y compris les plus « modérés », que toutes leurs actions et tous leurs discours sont commandités par leurs parrains qataris et saoudiens. Et que finalement et tout simplement, cette dite opposition ne représente pratiquement en rien le peuple syrien.

A ce propos, pas de quoi s’étonner lorsqu’on sait que parmi les rebellesn une grande majorité est composée de djihadistes venus pratiquement de partout, sauf de Syrie. C’est d’ailleurs ce que n’a pas manqué de rappeler Walid Mouallem dans son discours : « Comment un terroriste tchétchène, saoudien, britannique ou colombien peut réaliser les aspirations du peuple syrien ? ». Une autre citation clé : « Il y a des Syriens ici dans cette salle qui ont contribué à tout ce que j’ai signalé précédemment. Ils exécutent, ils légifèrent, ils se disputent, et tout cela aux dépens du sang du peuple syrien dont ils prétendent représenter les aspirations. Ils ont vendu leur âme à Israël. Ils étaient ses yeux qui surveillent et sa main qui frappe et quand ils ont échoué, Israël lui-même est intervenu pour les sauver des frappes de l’armée arabe syrienne… Ils ont permis à Israël de réaliser ce qu’il a durant des décennies échoué à faire en Syrie». Avant d’ajouter : « Si vous vous sentez concernés par la situation humanitaire en Syrie, laissez-nous en paix ». Un message clairement destiné aux représentants occidentaux qui à travers leurs pseudo « soucis » sur la situation humanitaire en Syrie, n’ont fait que permettre la destruction d’un pays prospère où pratiquement tout dorénavant est à reconstruire, ainsi que d’attiser les souffrances du peuple syrien, et ils portent clairement une écrasante part de responsabilité dans la tragédie syrienne.

En parlant de l’Ukraine, le bordel continue. Oui, c’est le mot. Une situation elle aussi créée non pas par le hasard, mais par le désir d’un certain nombre de forces occidentales de prendre ne serait-ce qu’une petite revanche sur la Russie, dont la diplomatie a été brillamment victorieuse dans le dossier syrien, en tentant de lui infliger une gifle dans son berceau civilisationnel. Seul bémol : mission ratée. La gifle s’est retournée contre le gifleur (http://french.ruvr.ru/2013_12_09/Ukraine-Occident-vs-Russie-la-gifle-se-retourne-contre-le-gifleur-2685/), et une deuxième défaite consécutive de cette envergure, les responsables de tout ce chaos ne pouvaient se le permettre. Résultat : déstabilisation de l’Etat ukrainien pour punir ses responsables, lorsqu’il est devenu clair que le président Viktor Ianoukovitch a opté pour la Russie, et non pas pour l’UE bruxelloise atlantiste. Certes, l’économie n’était pas la dernière dans cette prise de décision mais ne dit-on pas que bien souvent c’est l’économie qui dicte la politique ? Cela va sans dire de l’aspect fraternel et civilisationnel qui lie l’Ukraine à la Russie.

Mais fait important, sinon majeur, derrière les soi-disant « manifestants pacifistes » à Kiev se cachent très souvent des radicaux ultra-nationalistes, racistes et xénophobes, venus pratiquement tous de la partie Ouest de l’Ukraine et qui ont montré ces derniers jours toutes leurs « œuvres » d’une violence extrême, que ce soit sur les forces de l’ordre, des journalistes ou simplement des habitants de Kiev, ces derniers étant lassés de voir des extrémistes mettre à feu leur belle ville. Après cela, les technocrates à Washington comme à Bruxelles osent donner des leçons au gouvernement ukrainien et même le menacer de sanctions ? Si en Europe ou aux USA, un manifestant avait attaqué un représentant des forces de l’ordre, disons un CRS en France, on sait déjà comment il aurait fini. On se souvient aussi comment et avec quel degré de violence les forces de l’ordre étasuniennes ont agi à l’encontre des manifestants du mouvement Occupy Wall Street, pourtant aucunement violents, totalement à l’inverse des néo-nazis ukrainiens.

Si cette vérité n’a été longtemps pas abordée par le mainstream, les dernières publications de certains médias occidentaux, anglophones comme francophones d’ailleurs, ont finalement dû aussi avouer cette réalité que les politiciens de Washington et Bruxelles auraient préféré garder sous silence. Probablement de la même manière qu’ils ont longtemps voulu cacher à l’opinion publique occidentale le fait que l’écrasante majorité des « combattants pour la liberté » en Syrie ne sont autres que des salafistes intégristes. Désir donc de la part de ces médias de retrouver de l’objectivité ? Ou simplement besoin vital de ne plus se montrer totalement ridicules en propageant bien souvent des informations mensongères, et en passant sous silence des faits tristement réels. Surtout aujourd’hui, à l’heure des technologies numériques et lorsqu’il est possible de se procurer différentes sources d’information (évidemment à condition de le souhaiter).

Dans tous les cas, les événements syriens et ukrainiens ont montré toute la limite de la politique de l’Occident, et ce à pratiquement tous les niveaux. L’hypocrisie et la pratique vicieuse de doubles standards des élites occidentales, de même qu’une politique à courte vue sans se soucier des conséquences, y compris pour leurs propres pays, ont néanmoins permis de voir leur vraie visage, y compris aux yeux de leurs propres peuples. L’alliance avec des intégristes qui tuent, violent et massacrent « au nom » de la religion (comme en Syrie) ou encore avec des extrémistes ouvertement xénophobes (comme en Ukraine) ne coïncide pas avec les beaux discours en faveur de « la liberté, la démocratie et la justice pour tous »… Enfin, il faut aussi apprendre à savoir perdre même après avoir dépensé des multi-milliards sans avoir obtenu le résultat escompté.

http://french.ruvr.ru/2014_01_27/Syrie-Ukraine-symboles-de-l-echec-de-la-politique-occidentale-9452/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Quelles perspectives pour la conférence de paix Genève 2 ?

Quelles perspectives pour la conférence de paix Genève 2 ?

La conférence de paix Genève 2 aura finalement bien lieu. Après maintes tractations, ladite opposition syrienne CNS (la Coalition nationale syrienne) a confirmé sa participation à la conférence qui devrait avoir lieu dans les prochains jours, le 22 janvier pour être exact, dans la ville de Montreux, en Suisse.

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon s’est félicité de la tenue de la conférence. En effet, il y a encore tout récemment, personne ne pouvait garantir que la conférence aurait bien lieu ou qu’elle ne serait pas reportée une fois de plus. Ladite opposition syrienne en exil réclamait inlassablement au « préalable un accord de principe pour l’abdication de Bachar al-Assad ».Une « réclamation » catégoriquement rejetée par le gouvernement de Damas qui avait déclaré que Genève 2 devait être convoquée sans aucune condition préalable. Une opinion également partagée par la Russie.

Néanmoins, le chef de l’opposition en exil Ahmad Jarba continue d’insister sur le fait que leur « seul but » dans cette conférence sera le départ du président Bachar al-Assad. Bien que (et ils le savent pertinemment) cette exigence est totalement irréaliste. L’armée arabe syrienne connait des succès sur le terrain presque chaque jour qui passe et vraisemblablement est en train de l’emporter. Quant à Bachar al-Assad, il a déclaré lors d’une réunion avec les parlementaires russes en visite à Damas, qu’il ne compte nullement abdiquer : « Si nous voulions nous rendre, alors nous l’aurions fait dès le départ. Nous sommes de garde pour notre pays. Cette question est hors de discussion. Seul le peuple syrien peut décider qui doit ou non participer aux élections ».

En effet, peu de motifs pousseraient le président syrien à partir et ce pour plusieurs raisons. Mis à part le succès de l’armée syrienne et la responsabilité de lutter contre les groupes terroristes et extrémistes présents sur le sol syrien, Bachar al-Assad dispose du soutien de la grande majorité de son peuple, dans sa diversité ethnique et confessionnelle. A ce propos, on se souvient bien encore du rapport de la CIA du milieu de l’année dernière qui avait reconnu « qu’en cas de participation du président syrien en 2014 à l’élection présidentielle de son pays, il serait accrédité de 75% des voix ».

Pourquoi donc Bachar al-Assad se plierait-il à des « exigences » d’une minorité politique (elle-même très divisée), et composée de plus majoritairement de « Frères musulmans » ouvertement islamistes ? Une « opposition » très loin de représenter un pays aussi multiethnique et multiconfessionnel comme la Syrie. Une minorité politique n’ayant aucun soutien massif de la part du peuple syrien, si ce n’est des mercenaires intégristes venus de divers coins du monde et généreusement sponsorisés par l’Arabie Saoudite et le Qatar. Ce serait donc cette « opposition » là qui devrait prendre le relais ? Tout le monde a le droit bien évidemment de rêver mais il faut aussi savoir garder (ne serait-ce qu’un minimum) les pieds sur terre.

Au lieu de réclamer hystériquement le départ d’Assad, pourquoi la dite opposition n’accepterait-elle pas de se joindre aux forces gouvernementales afin d’éliminer la gangrène terroriste du pays qu’ils disent « représenter ». Cela n’aurait fait que leur donner ne serait-ce qu’un peu de légitimité aux yeux du peuple syrien. Mais ils ne feront jamais. Pourquoi ? Pour la simple et bonne raison que cela n’est nullement dans l’intérêt des parrains de l’ISOS (l’internationale salafiste opérant en Syrie), à savoir les gouvernements saoudiens, qataris, ainsi que d’un bon nombre de pays occidentaux sans oublier l’implication de l’Etat sioniste, et qui ne le permettront jamais à leurs pions.

Les perspectives donc de la conférence Genève 2 sont vraisemblablement les suivantes : soit les représentants de ladite opposition acceptent de se joindre au processus politique proposé par le gouvernement syrien, soit ils continuent à formuler des exigences irréalisables et décidées par des agents externes mais aucunement syriens. Pour finir, personne ne pourra désormais dicter au gouvernement syrien quoique ce soit. Le principal objectif étant pour ce dernier de se débarrasser définitivement des terroristes restants sur le territoire syrien, de moins en moins nombreux grâce à l’efficacité et la persévérance de l’armée arabe syrienne avec le soutien du peuple de Syrie. La Syrie, terre de civilisations, a déjà montré qu’elle ne se mettrait jamais à genoux devant des criminels barbares, ni devant ceux qui tirent les ficelles de ces parasites terroristes, et poursuivra la résistance. Et quoiqu’il en soit, c’est cet axe de résistance qui l’emportera certainement !

http://french.ruvr.ru/2014_01_20/Quelles-perspectives-pour-la-conference-de-paix-Geneve-2-9449/

Mikhail Gamandiy-Egorov

 

 

Arraisonnement d’un chalutier russe au Sénégal : guerre économique et géopolitique déclarée ?

Arraisonnement d’un chalutier russe au Sénégal : guerre économique et géopolitique déclarée ?

Le 4 janvier dernier, le navire de pêche russe Oleg Naydenov ainsi que tout son équipage ont été arraisonnés au port de Dakar, la capitale sénégalaise, par les forces armées de ce pays. A bord du navire, 62 citoyens russes et 23 ressortissants de la Guinée-Bissau.

Selon les autorités sénégalaises, le motif de cette arrestation serait lié au fait que le navire de pêche russe aurait pêché illégalement dans les eaux du Sénégal. La partie russe dément et affirme s’être trouvée au moment des faits dans les eaux territoriales de la Guinée-Bissau, avec laquelle elle possède un accord de pêche. Mais quelles sont les véritables raisons de ce désagrément ?

La situation demeure confuse et les autorités sénégalaises n’ont toujours pas fourni de preuves qui justifieraient la mise en accusation du navire russe en ce qui concerne la pêche illégale. A Moscou, le chargé d’affaires sénégalais Mamadou Diagne (l’ambassadeur du Sénégal en Russie se trouvant lui en congé dans son pays jusqu’à fin janvier) a été convoqué par le ministère russe des Affaires étrangères. Le vice-ministre Mikhail Bogdanov a transmis au diplomate sénégalais l’exigence par la Russie de la « libération sans délai du chalutier Oleg Naydenov et de tout son équipage ». Ce message a également été transmis au ministre sénégalais des Affaires étrangères, Mankeur Ndiaye, via l’ambassadeur russe présent à Dakar.

Quant à l’Agence fédérale russe pour la pêche (Rosrybolovstvo), elle prépare plusieurs plaintes en justice contre l’action des autorités sénégalaises. D’autant plus qu’au moins quatre membres de l’équipage ont été blessés lors de l’attaque des forces sénégalaises, dont le capitaine du navire Vadim Mantorov. Jusqu’ici, aucun d’entre eux n’avait pu obtenir de soins médicaux. Aucun membre de l’équipage ne peut d’ailleurs quitter le navire.

Le tout est d’autant plus complexe que vraisemblablement, plusieurs forces externes jouent leurs jeux. En effet et mis à part les parties sénégalaise et russe, on entend beaucoup figurer le nom de l’organisation Greenpeace, qui ne serait pas étrangère à cet incident. L’organisation avait déjà tenté d’attaquer ledit navire auparavant et surtout Greenpeace ne peut vraisemblablement toujours pas pardonner à la Russie l’arrestation encore relativement récente de ses militants qui avaient alors attaqué une plate-forme pétrolière du géant gazier russe Gazprom dans l’Arctique. Bien que tous les activistes de Greenpeace aient été amnistiés le 25 décembre dernier et que toutes les poursuites ont abandonnées par la justice russe, ladite organisation a clairement gardé une dent contre la Russie, peut-être même au-delà des raisons purement « écologiques ». Dans tous les cas, Greenpeace aurait effectivement fait pression sur les autorités sénégalaises afin d’éviter une résolution rapide et diplomatique entre le Sénégal et la Russie.

Parmi les autres acteurs mentionnés du côté russe et qui pourraient être impliqués dans le désagrément, on parle de l’Union européenne, dont particulièrement la France. D’ailleurs, un navire de guerre français est actuellement présent dans le port de Dakar. Coïncidence ? Ou politique logique du tristement célèbre système de la Françafrique ? A ce propos, le chef de l’Agence fédérale russe pour la pêche, Andreï Kraïniy, n’a pas manqué de mentionner les différents acteurs mécontents du début du retour de la Russie sur le continent africain : « Il s’agit d’une guerre économique. Nous sommes des concurrents aux forces en présence. Notre présence n’est pas très appréciée, aussi bien par nos collègues de l’Union européenne que par ceux de la Chine. Pour moi, il s’agit bel et bien d’une bataille économique pour l’accès aux ressources par tous les moyens et toutes les méthodes. Nos concurrents ne sont pas ravis du fait que la Russie revienne activement en Afrique après notre disparition du continent qui a suivi l’éclatement de l’URSS ».Andreï Kraïniy est néanmoins resté optimiste quant à la résolution de cet incident et sur l’avenir en général.

A noter que le gouvernement de la Guinée-Bissau n’a pas manqué lui aussi de faire pression sur les autorités sénégalaises. Pour rappel, 23 membres du navire russe (sur les 85 au total) sont citoyens de cette république voisine du Sénégal. A la suite d’un conseil extraordinaire des ministres présidé par le premier-ministre du pays Rui Duarte de Barros, le gouvernement bissau-guinéen a pris ouvertement et officiellement fait et cause pour la Russie et a en outre accusé le Sénégal d’avoir« attenté à l’intégrité physique de ses ressortissants » travaillant avec leurs collègues russes. Dans le communiqué du conseil, on peut lire que « la Guinée-Bissau regrette profondément le passage à tabac de ses marins par les autorités sénégalaises et demande des explications immédiates à ces dernières ».Les autorités bissau-guinéennes ont également affirmé que le navire Oleg Naydenovse trouvait dans les eaux territoriales de leur pays et non pas dans celles du Sénégal et que le navire possédait une autorisation de pêche à cet effet.

Pour revenir au Sénégal, plusieurs chiffres sont avancés en qualité de réclamation au propriétaire du navire. Initialement, les différents médias avançaient le chiffre de 600 000 euros en qualité d’amende au propriétaire du chalutier, ainsi que la confiscation de sa cargaison. Désormais, on entend de plus en plus le chiffre de trois millions de dollars. L’armateur quant à lui ne se reconnait aucunement coupable et compte poursuivre l’action en justice.

Malgré le fait que les motifs de l’arraisonnement du navire russe par les militaires sénégalais restent bien obscurs et que les preuves que prétendent posséder les autorités sénégalaises ne sont toujours pas fournies, une chose néanmoins reste claire. Le retour (bien qu’encore assez timide) de la Russie en Afrique en fait trembler déjà plus d’un, à savoir tous les acteurs externes qui veulent à tout prix sauvegarder leur mainmise sur les ressources du riche continent africain. Mais plus la Russie formera une véritable stratégie effective pour l’Afrique et plus elle passera à l’action, plus ces acteurs externes auront du mal à l’arrêter, elle, ainsi que tous ceux qui sur le continent africain désirent cette étroite collaboration avec la Russie.

http://french.ruvr.ru/2014_01_13/Arraisonnement-d-un-chalutier-russe-au-Senegal-guerre-economique-et-geopolitique-declaree-6791/

Mikhail Gamandiy-Egorov

 

 

France : problème réel de liberté ou politique de double standard ?

France : problème réel de liberté ou politique de double standard ?

Dernièrement, deux événements ont déclenché une vive polémique sur la liberté dans la France actuelle. Ou plutôt sur la façon « d’appliquer » cette même « liberté ». Vraisemblablement une politique plus que contradictoire règne sous le gouvernement Hollande sur une question pourtant essentielle et tellement mise en avant par les décideurs de l’Hexagone, prêchant à chaque bonne occasion leur attachement aux valeurs démocratiques et ce aux quatre coins du monde.

D’un côté, le 20 décembre dernier, nouvelle « action » des FEMEN. Une certaine Eloïse Bouton avait alors mimé un « avortement de Jésus » dans l’Eglise de la Madeleine, à Paris. Le tout devant toutes les personnes présentes à la messe. Un « geste », si l’on peut appeler ainsi, vivement condamné aussi bien par la communauté des croyants, catholiques en premier lieu, mais également de toutes les personnes censées. Le curé de l’Eglise de la Madeleine, le père Bruno Horaist, avait alors porté plainte. Jusqu’ici, sa plainte n’avait pas eu de suites. Inna Schevchenko, la cofondatrice de la branche française des Femen, a même eu le culot d’en rigoler : « Rien ne s’est passé, Eloïse n’a pas été appelée par la police. Cela montre combien l’Eglise est devenue faible en France ».

Monseigneur Vingt-Trois, archevêque de Paris, a lui regretté le peu de réactions au plus haut niveau de l’Etat, et plus particulièrement de Manuel Valls, ministre de l’intérieur et des cultes… Il a fallu attendre ce 7 janvier pour que la responsable de cet acte soit enfin placée en garde à vue au commissariat du 8ème arrondissement de Paris. Néanmoins et connaissant l’amour des autorités françaises pour ce mouvement ouvertement extrémiste, les FEMEN n’ont vraisemblablement pas à s’inquiéter quant à leur avenir sur le sol français. On ne peut pas en dire de même de l’humoriste franco-camerounais Dieudonné, inquiété quant à lui plus que sérieusement et notamment via le même Manuel Valls, si silencieux (voire supportant) face aux activités des FEMEN mais qui dans le cas Dieudonné en a fait une affaire pratiquement personnelle, à savoir à tout prix faire interdire les spectacles du talentueux comédien.

La faute de Dieudonné ? Etre devenu et ce depuis plusieurs années l’ennemi et la bête noire du lobby sioniste sur le sol hexagonal. Et ça bien évidemment, aucun représentant du pouvoir français ne le laissera passer. Mais si l’on regarde la vérité en face, l’humoriste attire beaucoup plus de sympathie de la part de ses concitoyens que les fameuses sextrémistes, pour certaines call-girls à leurs heures perdues. Pour revenir donc à Dieudonné, à en croire Valls et compagnie, il serait un dangereux extrémiste attisant la haine dans la société. Un « extrémiste » pourtant si apprécié par nombreux représentants de la société française, que ce soit de la part des Français de souche que ceux issus de la diversité. Ainsi, plusieurs associations, notamment de jeunes issus des banlieues, ont exprimé ouvertement leur soutien à Dieudonné face à l’hypocrisie des tenants du pouvoir en France.

Effectivement, on se rend compte une fois de plus de l’application pratiquement non-voilée de doubles standards et ce sur un thème considéré comme sacré dans la République française : celui de la liberté… Une valeur qui soi-disant ne se négocie pas. Et pourtant dans la France actuelle on voit une nouvelle fois que cette « liberté » n’est pas accordée à tout le monde de la même manière, en fonction du « thème » abordé. Certains donneurs de leçon parlent aussi beaucoup d’égalité, l’autre valeur « inébranlable » de la cinquième république. Mais cette valeur a elle aussi un double sens et visiblement on n’est pas tous aussi égaux que cela. Du moment qu’un pseudo-mouvement, financé par des sources obscures attaque une église et insulte ouvertement les croyants, qu’ils soient chrétiens ou musulmans, on parle alors de la « liberté d’expression ». Mais lorsqu’une personne attaque un lobby raciste, intolérant et ultra-puissant, alors il devient le paria à éliminer à tout prix…

http://french.ruvr.ru/2014_01_08/France-probleme-reel-de-liberte-ou-politique-de-double-standard-3834/

Mikhail Gamandiy-Egorov