Archives mensuelles : mars 2014

Pays des BRICS : l’avenir est à nous !

Pays des BRICS : l’avenir est à nous !

A l’heure où les pays occidentaux menacent (encore) la Russie de sanctions (bien que de moins en moins ardemment), le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a ouvertement donné le ton lors du sommet sur la sécurité nucléaire à La Haye.

Ce forum a été une occasion supplémentaire de discuter avec le secrétaire d’Etat étasunien John Kerry, ainsi que d’une rencontre avec le ministre ukrainien par intérim des Affaires étrangères Andreï Dechtchitsa (la rencontre a eu lieu à la demande de la partie ukrainienne). Mais nous n’allons pas nous focaliser sur ces deux rencontres, mais bien sur celle qui s’est déroulée en tout premier lieu à La Haye : celle des ministres des Affaires étrangères des pays des BRICS.

D’ailleurs le fait même que la première rencontre de Lavrov à La Haye ait été consacrée aux BRICS est tout un symbole. A l’heure où les leaders occidentaux ne savent plus à quoi s’en tenir, notamment en affirmant que la Russie « ne ferait plus partie du G8 », le ministre russe des Affaires étrangères a une nouvelle fois montré la priorité de la Russie. Sergueï Lavrov a dit une chose importante durant son passage à La Haye, qui concerne justement le G8 : « Le G8 est un club informel, il ne distribue pas de cartes de membre et personne ne peut en exclure qui que ce soit. Si nos partenaires occidentaux estiment que ce format est dépassé, la Russie ne s’y accrochera pas ».

Quant aux pays des BRICS, et c’est effectivement une grande nouvelle, les quatre pays autres que la Russie (à savoir le Brésil, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud) ont condamné dans une déclaration commune les sanctions occidentales contre la Russie en tant qu’instrument de règlement de la situation en Ukraine, rapporte le quotidien canadien The Globe and Mail. Sergueï Lavrov a quant à lui exprimé la reconnaissance de la Russie envers les autres pays membres des BRICS pour leur « compréhension de la position russe au sujet de la Crimée ».

« En ce qui concerne la rencontre des ministres des Affaires étrangères des pays des BRICS ici à La Haye, nous avons entendu la compréhension de la situation, ainsi que la compréhension des aspects historiques de toute cette situation, et nous sommes reconnaissants à cet effet à nos partenaires », a déclaré Sergueï Lavrov durant la conférence de presse qui a suivi ses rencontres à La Haye.

Pour revenir aux BRICS, faut-il rappeler ce qu’ils représentent ? 25% du Produit Intérieur Brut (PIB) mondial, 42% de la population mondiale et plus de 25% du territoire terrestre mondial. Faut-il également rappeler que d’ici 2015, les pays des BRICS devraient assurer 61% de la croissance mondiale (selon le FMI) ? Les BRICS constituent déjà un véritable contrepoids au G7. Ils partagent une vision commune sur la plupart des aspects d’ordre économique, notamment en vue de réformer le système économique du monde. La création décidée par les pays des BRICS d’une nouvelle banque de développement dont le capital devra atteindre 100 milliards de dollars en est une preuve supplémentaire. Un projet il faut le dire grandiose et qui représentera une véritable alternative à la Banque mondiale et au Fonds monétaire international.

Mis à part l’aspect économique, faut-il rappeler que les BRICS sont de plus en plus unis sur les questions de politique internationale ? L’aspect sur lequel au départ de ce grand projet ambitieux un certain nombre de spécialistes occidentaux doutaient (concernant l’unité politique) aujourd’hui prend véritablement forme et l’on voit un point de vue commun sur la plupart des questions politiques internationales. Politique d’indépendance vis-à-vis des USA et globalement de l’Occident, respect de l’ONU et critique commune du diktat étasunien, non-reconnaissance du Kosovo en tant qu’Etat indépendant, opposition aux interventions armées en Côte d’Ivoire, Libye et Syrie pour ne citer que cela. Et maintenant un soutien pratiquement déclaré à la position russe en Crimée et face à la crise en Ukraine. D’ailleurs les précédents ivoirien et libyen ont permis aux BRICS d’avoir désormais une approche beaucoup plus efficace face aux « partenaires » occidentaux.

Pour finir sur notre projet commun des BRICS, il serait bon de reprendre une citation de Sudhir Vyas, secrétaire aux Affaires économiques du ministère des Affaires étrangères de l’Inde : « Au-delà de leur rôle de moteur de la croissance mondiale, nos cinq pays sont unis dans leur volonté de chercher des solutions durables face aux défis mondiaux. Nous en avons les moyens ».Autre aspect qui pourrait surprendre certains et pourtant, celui de la lutte et résistance face à l’impérialisme occidental tout au long de leurs histoires respectives. En marge donc des réflexions sur les BRICS, il serait également plus qu’intéressant de reprendre un commentaire d’un camarade chinois : « Je suis très heureux du fait que nos pays s’unissent ensemble pour un monde meilleur. D’une manière ou d’une autre tous nos pays ont été la cible de l’impérialisme occidental. Le Brésil a dû se libérer du colonialisme portugais. L’Inde du colonialisme britannique. Qui peut oublier les sacrifices de la Russie, de son peuple et de tous les peuples frères pour abattre la peste brune nazie d’Hitler ? Qui peut oublier la lutte du peuple de l’Afrique du Sud contre le régime raciste antihumain d’apartheid soutenu par les gouvernements occidentaux ? Et enfin en ce qui concerne mon pays, la Chine, nous avons très longtemps dû résister aux interférences néfastes occidentales, que ce soit celles des Britanniques, des Etasuniens ou d’autres pays occidentaux et ayant également perdu des dizaines de millions de vies humaines ! ». Un résumé pratiquement parfait.

L’avenir est à nous, l’avenir est aux BRICS !

http://french.ruvr.ru/2014_03_26/Pays-des-BRICS-l-avenir-est-a-nous-8201/

Mikhail Gamandiy-Egorov

 

 

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Crimée : bienvenue à la maison !

Crimée : bienvenue à la maison !

C’est désormais officiel : la Crimée est de retour au sein de la mère patrie. Une joie réciproque aussi bien pour les habitants de la Crimée que de toute la Russie. Une justice historique que beaucoup attendaient depuis le marasme et le chaos qui ont suivi la fin de l’URSS.

Nous avons traité précédemment les principales raisons de la crise ukrainienne qui est due en très grande partie aux déstabilisations extérieures. Un chaos créé par les USA et satellites et qui ne présage pour la pauvre Ukraine rien de bon. Mais mis à part l’Ukraine en tant que telle, c’est bien évidemment la Russie qui était visée à travers un jeu géopolitique bien déterminé.

Seul petit problème : la Russie a réagi et de la meilleure façon qui soit. Elle a en effet répondu aux appels des habitants de la Crimée qui étaient ouvertement menacés par les extrémistes néo-nazis qui font désormais la loi aussi bien à Kiev que dans la plupart des villes de l’Ouest ukrainien.

Puis le 16 mars dernier, la Crimée, a organisé un référendum qui devait déterminer son avenir : rester au sein de l’Ukraine ou opter pour un retour au sein de la Russie. Retour car c’est bien de cela qu’il s’agissait puisque la Crimée est bien russe et la grande majorité des Criméens se sont toujours revendiqués être Russes. Le résultat des urnes est sans appel : 97% des habitants votent pour la seconde option en faveur de la Russie avec un taux de participation de 86% ! La joie est énorme aussi bien en Crimée que dans toute la Russie sans exception : de Moscou à Vladivostok, du Caucase aux régions du Nord, du Tatarstan à la Bouriatie.

Le 18 mars, Vladimir Poutine signe à Moscou avec les leaders de la Crimée, Sergueï Aksionov (Premier ministre de la presqu’île), Vladimir Konstantinov (président du Parlement de Crimée) et Alexeï Tchaly (maire de la ville de Sébastopol) l’accord sur la réunification de la Crimée et de la Russie. Selon l’accord, la Fédération de Russie comptera désormais deux nouveaux sujets : la République autonome de Crimée et la ville de Sébastopol qui aura le statut de ville de niveau fédéral (à l’instar de Moscou et Saint-Pétersbourg).

Dans son discours, le président russe met bien les points sur les « i ». D’abord en réaffirmant que le ralliement de la Crimée à la Russie s’est fait dans le respect des normes de l’ONU. Il a également mis l’Occident politique devant toutes ses contradictions et hypocrisies. Notamment en rappelant à très juste titre le cas du Kosovo et le cynisme qui règne au sein des élites politiques occidentales.

Il n’a pas non plus manqué de remercier tous les pays qui ont « compris » et soutenu la position russe sur la Crimée, dont bien évidemment la Chine et l’Inde. En parlant des soutiens internationaux à la Russie et mis à part ses deux partenaires stratégiques mentionnés ci-dessus et membres des BRICS, le soutien international n’a effectivement pas été des moindres. Que ce soit au niveau des alliés voisins, en premier lieu du Kazakhstan (seconde principale économie au sein des pays de l’ex-URSS après la Russie).

Ou l’Amérique latine qui n’a pas manqué non plus de hausser le ton en faveur de la position russe, notamment via la présidente de l’Argentine Cristina Fernandez de Kirchner qui a ouvertement condamné la position occidentale sur la Crimée et a rappelé que « la Charte de l’ONU fixe le droit des peuples à l’autodétermination, et que cela doit concerner tous les pays sans exception »…La fière et digne République de Cuba a elle aussi affiché son soutien à la Russie, notamment via son ministre des Affaires étrangères Bruno Rodriguez qui a déclaré que « la volonté de l’OTAN d’étendre ses frontières jusqu’à la Russie en profitant de la crise en Ukraine constitue une grave menace pour la paix internationale ».Le chef de la diplomatie cubaine a également dénoncé le nouveau gouvernement désigné en Ukraine après les incidents qui, a-t-il estimé, ont été « instigués par les Etats-Unis et ses alliés de l’OTAN, sous des justifications hypocrites ».

Et bien évidemment le Venezuela, autre allié et partenaire stratégique de la Russie dans la région, qui via son président Nicolas Maduro, successeur du grand ami de la Russie Hugo Chavez qui nous a tragiquement quitté il y a un peu plus d’un an, n’a pas lui non plus manqué de soutenir la Russie et d’accuser les USA et l’UE d’utiliser un double standard. Un double standard qui est tout simplement évident : « L’Occident a soutenu la sécession du Kosovo de la Serbie il y a dix ans, et maintenant s’oppose à la volonté du peuple et au référendum en Crimée, dans lequel les citoyens ont décidé de se séparer de l’Ukraine pour rejoindre la Russie », a-t-il déclaré.Dans le monde arabe, la Syrie a affirmé son soutien et sa solidarité avec la Russie par la voix de son président Bachar al-Assad. En Afrique, on ne peut pas ne pas citer la déclaration du vice-ministre sud-africain des Affaires étrangères Ebrahim Ismail Ebrahim qui a déclaré que « l’époque de la domination occidentale s’achève ». Il ne pouvait pas mieux dire…

Cela sans parler du soutien et des très nombreuses sympathies actuelles au sein de l’opinion publique mondiale aux quatre coins du monde vis-à-vis de la Russie et de ses prises de positions : en Afrique, en Europe, en Asie, en Amérique latine et même au sein de l’opinion publique américaine et plus globalement occidentale. En tout cas, les déclarations des élites politiques occidentales « d’isoler » la Russie de la « communauté internationale » ont véritablement sonné comme ridicules.

Pendant ce temps, les nouvelles pseudo-autorités de Kiev se montrent elles aussi de plus en plus ridicules et maladroites. Hier, Andreï Paroubi, le soi-disant secrétaire général du Conseil national ukrainien de sécurité par intérim, avait déclaré que « l’Ukraine allait mettre en place un régime de visa avec la Russie ». Le ministère russe des Affaires étrangères avait réagi en disant que dès que cette décision serait officielle, la Russie établirait à son tour un régime de visa pour l’Ukraine. Aujourd’hui et comme on dit la nuit porte conseil, le pseudo Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk a finalement déclaré « qu’il ne fallait pas se presser quant à ces mesures »…

Evidemment. Compte tenu du fait que des millions de citoyens ukrainiens vivent et travaillent en Russie (dont nombreux d’ailleurs en provenance d’Ukraine de l’Ouest). Et pour la seule année dernière, le montant des virements des travailleurs ukrainiens travaillant en Russie à destination de leur pays d’origine était de quatre milliards de dollars US. Quatre fois plus que ce que les « amis » étasuniens peinent à trouver pour leurs marionnettes à Kiev. Mais ça c’est une spécialité étasunienne et occidentale : déstabiliser un pays et y apporter le chaos, ils en sont les champions, mais lorsque il faut mettre la main à la poche, là… c’est plus compliqué.

Pour revenir à la Crimée, il faut saluer les décisions responsables dans un moment critique des autorités criméennes et russes. Sans cela, le bain de sang n’aurait tout simplement pas pu être évité (ce que les Occidentaux font bien semblant d’oublier et tentent de cacher, tout comme le soutien de ces derniers aux extrémistes ultra-nationalistes et néo-nazis ukrainiens). On n’oubliera pas bien évidemment de souligner le courage et la détermination des habitants de Crimée, sans qui rien n’aurait été possible.

Il a déjà été annoncé que la Crimée aura trois langues officielles : le russe, l’ukrainien et le tatar. Il en va de même en ce qui concerne les postes clés : tous les représentants ethniques et confessionnels seront présents au sein du gouvernement. La Crimée a donc d’ores et déjà fait ce que les pseudo-autorités fascistes à Kiev ne feront jamais, à savoir bâtir un gouvernement d’unité nationale et assurer la paix. La Crimée à l’image de son pays, la Russie, revendique haut et fort son appartenance multiethnique et multiconfessionnelle.

Pour finir, disons deux choses. La vérité et la justice finissent toujours par triompher. Et en ce qui concerne la Crimée, la vérité et la justice ont bel et bien triomphé. Justice historique faite. Bienvenue à la maison !

http://french.ruvr.ru/2014_03_21/Crimee-bienvenue-a-la-maison-8037/

Mikhail Gamandiy-Egorov

 

 

La trêve olympique, moment « idéal » pour déstabiliser un pays ?

La trêve olympique, moment « idéal » pour déstabiliser un pays ?

La déstabilisation de pays en y créant le chaos, via le sponsoring « d’opposants » aux gouvernements, formation de ces derniers dans des centres spécialisés, création de rébellions armées pour provoquer des putschs et destituer des chefs d’Etat et gouvernements légitimes,… Tout cela ne date pas d’hier. Bien que certaines de ces tactiques évoluent, si l’on peut dire ainsi, d’autres éléments se retrouvent eux dans la constante.

Août 2008. Ouverture des Jeux Olympiques d’été de Pékin. Le monde entier a les yeux rivés sur le principal événement sportif planétaire, organisé pour la première fois par l’empire du Milieu. Un événement durant lequel traditionnellement, tous les conflits au niveau global doivent être mis de côté, c’est ce qu’on appelle la trêve olympique.

Pourtant et en cette période de paix, de joie et de respect mutuel, la paix sera justement rompue. Dans la nuit du 7 au 8 août 2008 (le 8 ayant été le jour d’ouverture des JO de Pékin), les forces armées géorgiennes attaquent la République d’Ossétie du Sud et par la même occasion les forces de maintien de la paix russes et de la CEI chargées d’assurer la paix et de faire éviter les affrontements. Une attaque préparée d’avance et dans laquelle les USA joueront le premier rôle. Sans oublier les autres pays ayant participé à l’armement massif du régime criminel de Saakachvili, dont la Grande-Bretagne et Israël.

En effet, les Etats-Unis ont non seulement armé et formé l’armée géorgienne, mais des formateurs-soldats étasuniens participeront même à l’assaut de Tskhinval, la capitale d’Ossétie du Sud. Cette brève attaque fera tout de même 1600 victimes au sein de la population civile ossète (1600 sur un total d’environ 30 000 habitants que compte la ville). Brève car la Russie interviendra et sauvera le peuple ossète d’un véritable génocide massif. C’était donc en 2008.

Février 2014. Jeux olympiques d’hiver de Sotchi. Un événement organisé avec brio et que l’on a déjà traité précédemment. Une victoire de la Russie sur tous les plans, aussi bien organisationnel que sportif. Sauf que pendant ce temps, des forces malsaines pousseront définitivement l’Ukraine voisine dans le chaos. Une « révolution » selon les Occidentaux. Un coup d’Etat armé de tout ce qu’il y a de plus pur en réalité. Un putsch qui voit l’avènement de forces extrémistes dans cette « nouvelle Ukraine ». Tout ce qu’il y a de plus « démocratique » selon les élites politiques occidentales. Le problème, c’est que ces « élites » jouent avec le feu, dans le vrai sens du terme.

Pas tellement vis-à-vis d’eux-mêmes, mais surtout à l’égard des peuples qu’ils prétendent représenter. L’alliance avec les extrémistes wahhabites et salafistes en Syrie, dont bon nombre sont citoyens des pays de l’UE, qui rentreront demain (c’est déjà fait en grande partie pour ceux restés en vie) dans les pays de leurs citoyennetés respectives, représente une véritable bombe à retardement pour les populations des pays en question. Et à l’instar de la Syrie, en Ukraine, ceux que le Département d’Etat étasunien a massivement soutenus, en l’occurrence les groupes néo-nazis qui aujourd’hui contrôlent les rues d’une partie importante de l’Ukraine, représenteront demain eux aussi un vrai danger pour l’Europe. Cette Europe oublie trop souvent que le nazisme à une époque était justement venu par la violence des rues. Et les néo-nazis ukrainiens sont aujourd’hui tout aussi déterminés à prendre contrôle du pouvoir en Ukraine que l’étaient les nazis allemands avant que cela ne devienne le cas. D’ailleurs, le leader du tristement célèbre Praviy Sektor, Dmitri Iaroch, a désormais affirmé ouvertement son intention de se porter candidat à « l’élection » présidentielle en Ukraine. Le noyau dur fasciste de la « révolution pro-occidentale » aujourd’hui montre-t-il clairement ses visées pour demain ? Fort malheureusement pour l’Ukraine, oui.

Certains diront que les extrémistes existent partout. C’est vrai. Mais lorsqu’on arrive à la situation où ils font la loi, où ils affirment dorénavant représenter les « forces de sécurité » de tout un pays et où ils déclarent ouvertement leur désir de prendre officiellement le pouvoir, il y a de quoi à avoir peur. En Russie, où fort heureusement les organisations extrémistes ultra-nationalistes sont depuis déjà un certain temps dans l’illégalité, il serait impossible de voir un leader néo-nazi de skinheads racistes et xénophobes faire partie d’une « coalition » de pouvoir. Simplement impossible. Si tel était le cas, tout Russe censé passerait soit dans la résistance, soit quitterait le pays.

Maintenant, pour revenir à la relation Russie – Occident politique, les USA jouent leurs cartes géopolitiques, et l’Europe en paie les frais. Et la Russie dans tout cela ? Elle ne compte nullement se laisser marcher sur les pieds. C’est aussi simple que cela. Et ceux qui pensaient que la victoire diplomatique en Syrie n’était qu’un mirage d’un monde nouveau, qui pensaient aussi que l’Amérique latine redeviendrait leur arrière-cour, que le retour de la Russie n’était qu’un mythe, se sont terriblement trompés une fois encore.

Comme on le disait au tout début, certaines tactiques des USA & satellites changent et évoluent. D’autres restent les mêmes. Sauf qu’à notre niveau, on observe, on analyse et on prend note. Et déstabiliser des pays et nations en période de paix et de trêve olympique en dit long sur l’aspect moral des instigateurs. Quoiqu’il en soit, à toute tentative malsaine et néfaste se trouvera toujours une réponse digne et efficace. Que les faiseurs de troubles en prennent désormais bien note…

http://french.ruvr.ru/2014_03_12/La-treve-olympique-moment-ideal-pour-destabiliser-un-pays-0105/

Mikhail Gamandiy-Egorov

La paix en Crimée

Photos : les « occupants » russes avec les habitants de Crimée. 
Question : est-ce aux « élites » politiques hypocrites occidentales ou aux habitants de la Crimée de décider qui sont les « occupants » et qui sont les protecteurs ?

P.S. : aucun affrontement à ce jour, aucune victime. Tellement « semblable » aux tristes interventions armées, dites « démocratiques et protectrices des droits de l’homme » de la part des pays donneurs de leçons…

Yougoslavie, Irak, Libye, Syrie, Venezuela, Ukraine… : trop, c’est trop !

Yougoslavie, Irak, Libye, Syrie, Venezuela, Ukraine… : trop, c’est trop !

Ces derniers jours, le monde entier vit un véritable bouleversement. Les événements en Ukraine que suit attentivement la planète toute entière confirment le changement tant annoncé depuis le temps : adieu l’ère du diktat, bonjour l’ère multipolaire !

L’élite politique occidentale tremble. Elle ne s’attendait certainement pas à cela. Pourtant, la Russie avait prévenu maintes fois les Occidentaux que s’allier avec des extrémistes est un jeu bien dangereux. Que ce soient des intégristes salafistes ou des révisionnistes néo-nazis. Pourtant, l’occident politique a confirmé une nouvelle fois que tant que cela sert ses intérêts géopolitiques et que cela peut déstabiliser les Etats qui mènent une politique indépendante, il est prêt à s’allier y compris avec le diable. Mais il y a une ligne rouge à ne plus dépasser désormais.

Aujourd’hui, nous y voilà. Revenons à l’Ukraine puisque c’est l’actualité phare en ce moment. Où en est-on ? Pour résumer la situation brièvement (bien que cela soit difficile) : un putsch a eu lieu dans la capitale ukrainienne Kiev, à la suite duquel est destitué le président légitime du pays, reconnu par la communauté internationale (dont fait partie également la communauté occidentale), Viktor Ianoukovitch. Le tout, dans la violation totale des accords conclus entre Ianoukovitch et « l’opposition ». Cet accord de sortie de crise signé le 21 février à Kiev en présence des « médiateurs » français, allemands et polonais, prévoyait notamment une élection anticipée du chef de l’Etat, la formation d’un gouvernement d’unité nationale, ainsi qu’une réforme constitutionnelle qui diminuerait les pouvoirs du président au profit du Premier ministre.

Evidemment et dès le départ, c’était une erreur stratégique de la part de Ianoukovitch, qui d’ailleurs n’en est de loin pas à sa première erreur dans l’histoire plus ou moins récente de l’Ukraine. Cela sans parler de la mauvaise gestion. Manque de caractère, faiblesse personnelle ? Que ce soit l’un ou l’autre, voire autre chose, la question n’est pas là. Des accords ont été conclus sous supervision et garanties de représentants de pays de l’Union européenne et devaient être appliqués. Et que se passe-t-il après ? Des menaces sont proférées à l’encontre de Ianoukovitch, ainsi que des membres de sa famille. Plus encore, une tentative d’assassinat aurait été organisée alors qu’il se rendait dans la nuit du 21 février à Kharkov pour participer au forum du Parti des régions (dont il est membre) : des extrémistes armés ont tiré sur son cortège. Au matin du 22 février, son service de sécurité lui annonce la présence de groupes extrémistes radicaux dans la ville. Parallèlement à Kiev et sous pression des groupes radicaux armés, les députés votent un décret transférant les pouvoirs du chef de l’Etat au président de la Rada suprême, Alexandre Tourtchinov, en violation donc des accords signés précédemment. Ianoukovitch fuit en Russie.

Les élites politiques occidentales pensaient alors « avoir gagné » et avoir accompli leur « mission », à savoir (au moins) destituer un chef d’Etat qui avait « osé » se retourner contre leurs intérêts en refusant au dernier moment de signer un accord d’association avec l’UE (sa principale faute vis-à-vis des occidentaux). Mais que se passe-t-il par la suite ? Toute la Crimée et l’Ukraine du Sud-Est se révoltent massivement : Sébastopol, Simferopol (capitale de la Crimée), Donetsk, Kharkov, Odessa, Lougansk, Marioupol, Dnepropetrovsk, Kherson, Nikolaïev,…. Le Sud et l’Est du pays montrent clairement qu’ils ne comptent nullement reconnaitre les autorités-putschistes de Kiev. Les extrémistes des organisations ultra-nationalistes et néo-nazies de l’ouest ukrainien (PraviySektor, Svoboda, UNA-UNSO…) qui font désormais la loi dans les rues, aussi bien dans la partie occidentale du pays que dans la capitale également, menacent alors directement les régions pro-russes de « descentes armées » massives afin de « mâter toute résistance Moskal » (Moskal : terme péjoratif signifiant « Russe »).

La Crimée organise des groupes d’auto-défense, l’Est du pays suit le pas. La République autonome de Crimée demande la protection de la Russie. Le président russe Vladimir Poutine soumet la demande au Conseil de la Fédération (Chambre haute du Parlement russe). Les sénateurs donnent une réponse positive pour l’autorisation de l’utilisation des forces armées de la Fédération de Russie en Ukraine jusqu’à la normalisation de la situation politique dans le pays. Ils demandent par ailleurs au président russe de rappeler l’ambassadeur de Russie aux USA, suite aux menaces étasuniennes. La Crimée est sécurisée mais la Russie n’a pas encore fait usage de la possibilité d’envoi de troupes russes supplémentaires. A ce propos, une défection massive se poursuit dans les rangs des forces armées ukrainiennes, et ce à différents niveaux. Fait majeur : le commandant de la marine ukrainienne, l’amiral Denis Berezovski, a prêté tout dernièrement serment à la Crimée.

Sans oublier la frégate Hetman Sahaidachniy, le navire amiral de la flotte ukrainienne qui revenait d’une patrouille dans le golfe d’Aden. Ayant refusé de reconnaitre et de suivre les ordres du nouveau pseudo-gouvernement ukrainien, le navire a hissé le drapeau de la flotte militaire maritime de Russie. Un coup très dur pour les autorités improvisées de Kiev. D’autre part et à l’heure actuelle, plus de 3000 militaires des forces armées ukrainiennes ont déjà prêté allégeance au peuple de Crimée. Apparemment, ce n’est que le début. Peut-on d’ailleurs parler de défection ? Certainement pas. Plutôt d’un engagement moral lorsque le pays (ou du moins une partie dont la capitale) est aux mains de forces et de marionnettes néo-fascistes. La Crimée elle, est devenue le pôle de résistance par excellence, à l’image de sa glorieuse histoire : que ce soit lors de la résistance face à la coalition du Royaume-Uni, la France et l’Empire ottoman au XIXème siècle ou la résistance farouche aux occupants nazis durant la Seconde Guerre mondiale.

L’Ukraine est donc divisée plus que jamais. A qui la faute ? La Russie et ses canaux diplomatiques ont prévenu tellement de fois les « partenaires » occidentaux de ne pas attiser la haine et la division dans un pays déjà tellement divisé. Une division qui ne date pas d’hier car l’Ukraine dans sa forme actuelle est un Etat (faut bien le dire) artificiel avec des composantes qui trop souvent ont une interprétation de l’histoire, du passé, du présent et du futur totalement opposée. Si les Occidentaux avaient écouté, l’Ukraine aurait peut-être pu garder ne serait-ce qu’un semblant d’unité. Ont-ils écouté ? Non, ils ont préféré poursuivre leurs plans maléfiques et néfastes dans la déstabilisation du pays, en espérant par la même occasion prendre une revanche sur la Russie pour tous leurs échecs plus ou moins récents.

Aujourd’hui et on le voit bien, cela est tout simplement impossible. Le pays est partagé entre des populations voyant leur avenir d’une manière entièrement différente. La Russie continue pourtant de demander à ce qu’il y ait un véritable dialogue en Ukraine. Le problème, c’est que tant qu’il y a un gouvernement illégitime à Kiev, qu’une partie du pays est contrôlée par des éléments racistes et xénophobes et qu’il y a une menace ouverte vis-à-vis des populations russophones et russophiles d’Ukraine, vraisemblablement le dialogue est très peu probable.

Maintenant, revenons aux « menaces occidentales », en premier lieu des USA (on s’abstiendra de parler des satellites). Obama a menacé la Russie en déclarant « qu’elle paiera cher son intervention (éventuelle) en Ukraine». La seule chose à dire ici est qu’avant de parler de paiement, les USA devraient commencer par rembourser leur colossale dette extérieure, le pays le plus endetté du monde se nourrissant des ressources et du sang des autres Etats. Quant aux déclarations du secrétaire d’Etat étasunien John Kerry qui a affirmé que « la Russie serait isolée au sein de la communauté internationale », cela avait bien l’air d’une très mauvaise blague, surtout suite aux échanges en ce 3 mars entre le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et son homologue chinois Wang Yi, desquels il ressort que la Chine soutient la position de la Russie. « Les ministres ont procédé à un échange de vues sur les événements en Ukraine et constaté la similitude des positions russe et chinoise face à la situation qui règne dans ce pays et autour de lui »,indique le communiqué publié sur le site ministériel russe… Une position qui est et qui sera certainement soutenue par les autres alliés, et ce au niveau global. En protégeant la vie de tous ceux qui ont demandé son aide et assistance, de même que ses intérêts, la Russie évite justement qu’il y ait un bain de sang aujourd’hui en Ukraine. Une mission qu’elle remplit en ce moment avec succès. Et ses alliés et partenaires honnêtes le savent parfaitement. Donc parler « d’isolation » est véritablement une bien grande farce.

Pour revenir aux USA et mis à part l’alliance de ce pays avec des extrémistes, que ce soit les salafistes en Libye et en Syrie, et maintenant avec les néo-nazis en Ukraine, ce pays a vraiment du culot d’oser parler de justice alors que son rôle dans l’histoire de l’humanité a justement été non pas d’éviter les bains de sang mais au contraire de les accroître. Un pays responsable des pires crimes contre l’humanité : seules utilisations d’armes nucléaires contre la population à ce jour, guerre du Vietnam, putschs criminels en Amérique latine, soutien actif des régimes racistes d’apartheid en Afrique du Sud et Israël, bombardement de la Yougoslavie et de la Libye. Financement, soutiens armés et logistiques de rébellions responsables de crimes contre l’humanité, comme en Côte d’Ivoire et plus récemment en Syrie, maintes tentatives de déstabiliser aujourd’hui les alliés de la Russie en Amérique latine, comme en ce moment au Venezuela, des victimes aux quatre coins du monde parmi lesquelles beaucoup de femmes, d’enfants et d’hommes de tous les âges. La liste est loin d’être exhaustive. Maintenant, on dit stop !

Quant aux « menaces » de faire sortir la Russie du G8, il est à croire que cela ne pourrait être que positif. Ce groupe ne représente aucunement les intérêts de la Russie à l’heure actuelle. Le temps du G7 + 1 (où la présence russe était comme une sorte de « bienfaisance » de la part des Occidentaux) est aujourd’hui complètement révolu. La priorité de la Fédération de Russie est aujourd’hui le développement de l’alliance au sein des pays du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), ainsi qu’au sein de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) qui compte en son sein la Russie, la Chine et les pays d’Asie centrale (Kazakhstan, Ouzbékistan, Kirghizistan, Tadjikistan), de même que plusieurs Etats observateurs, dont l’Iran. Sans oublier bien évidemment l’intégration au niveau eurasiatique avec l’Union douanière et le projet d’Union eurasiatique. C’est cela la priorité. Pour finir, rappelons-nous que l’occident politique n’est aucunement représentatif de toute la communauté internationale, très loin de là, et surtout pas de toute l’humanité. Plus vite ses élites politiques et financières le comprendront, mieux ce sera pour elles-mêmes.

http://french.ruvr.ru/2014_03_04/Yougoslavie-Irak-Libye-Syrie-Venezuela-Ukraine-trop-c-est-trop-5577/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Sans détour ce dimanche. Que se passe-t-il en Ukraine ?

Vladimir Poutine

Je serai sur les ondes de la Radio Cameroonvoice ce soir à 19h (heure de Paris), 22h (heure de Moscou). Thème : les événements en Ukraine

En Ukraine les événements se dont accélérés depuis les débuts du ‘Maidan 2013’, une nouvelle « révolution de couleur » en Ukraine. Du putch de l’Opposition pro-occidentale à Kiev il y a deux semaines au soulèvement de l’Est et de la Crimée pro-russes et à l’intervention russe de ces derniers jours …
Premier round :  le 16 février, profitant d’un accord entre le gouvernement et l’opposition (garanti par Paris, Berlin et Varsovie) et des JO de Sotchi (obligeant la Rusie à la réserve), l’opposition a pris le pouvoir par un putch armé, parrainé par Washington et Bruxelles, et dont le fer de lance sont les néofascistes de Svoboda (ex partenaire du FN français) et les néonazis de la milice Praviy Sektor (secteur droit). Le Parlement, sous la menace, a déchu le président élu Ianoukovitch, qui a du prendre la fuite. La constitution est grossièrement violée, avec l’accord des USA, de l’UE et de l’OTAN. Un changement de régime, qui rappelle les méthodes du parti nazi en 1933, a eu lieu : nouveau président, nouveau gouvernement et premier ministre, entrée de Svoboda et Praviy Sektor dans les ministères de force (intérieur, armée).

Second round : Immédiatement des mesures anti-russes sont prises, notamment l’abrogation du Russe comme langue officielle (dans une Ukraine où le Russe est la langue maternelle ou sociétale de 60% de la population). Le rapprochement avec Moscou (clé de l’aide économique russe) dénoncé. Des mesures répressives et un climat de terreur politique s’installe, la police (dont les ‘Berkouts’ unités d’élite) et l’armée sont épurées. 140.000 russophones demandent l’asile politique en Russie.

Troisième round : Vendredi passé le 21 février, alors que les JO de Sotchi se terminent, l’Est ukrainien se mobilise. Un ‘Congrès des régions de l’Est’ (l’Ukraine est un état semi-fédéral) se tient à Kharkov qui prend partie pour « l’auto-administration ». Répression immédiate, le gouverneur (parti des régions) de la région doit fuir en Russie, des commandos arrivent à Kharkov mercredi 26 février et s’emparent de la Mairie. Samedi 22 février, la Crimée commence à se soulever depuis Sébastopol. Des ‘milices d’auto-défense’ sont créées. Les ‘Berkouts’ les rejoignent et refuisent leur dissolution par Kiev. La foule ou les parlements régionaux commencent à élire de nouveaux maires et gouverneurs pro-russes. Ce Vendredi 28 février elles apparaissent en uniformes dans plusieurs villes. Ianoukovitch parle depuis la frontière russe et la Russie le reconnaît toujours comme président. Dans la nuit de ce vendredi les forces de Kiev tentent un coup de force à Sébastopol.

Quatrième round : ce samedi 1er mars tout l’Est, et pas seulement la Crimée, se soulève. Des drapeaux russes sont hissés sur toutes les grandes villes. A Moscou au matin, la Douma appelle Poutine à intervenir. A 14h, le Sénat se réunit et vote à l’unanimité l’intervention, « sur tout le territoire ukrainien ». Les milices néofascistes arrivées à l’Est sont neutralisées par des foules en colère, sur laquelle elles tirent à Kharkov. L’Armée russe, depuis ses bases de Cimée (où elle est installée légalement jusqu’en 2047), neutralise l’armée ukrainienne en Crimée et se déploie à l’Est. Obama et l’OTAN protestent, la Russie rappelle son ambassadeur à Waqshington …

Les invités

1. Mikhail Gamandiy-Egorov

Mikhail Gamandiy-Egorov, 26 ans, Moscovite, enfance au Maroc, études supérieures en France. Diplômé de la Sorbonne (Paris).

Partisan du partenariat Afrique-Russie et de la souveraineté des Etats. Depuis tout récemment cadre de SKOLKOVO, la « Silicon Valley russe ».

Chroniqueur pour le Service francophone de Radio d’Etat russe « La Voix de la Russie », éditeur du Blog‘L’Axe Russie-Afrique’, éditorialiste pour ‘Trans-Europa Médias’ (Brussels-South)  : http://french.ruvr.ru/by_author/89470235/

Blog : https://afriquerussie.wordpress.com/

2. Fabrice Beaur

Fabrice Béaur, Secrétaire-Général du PCN-NCP, organisation transnationale extra-parlementaire (mais qui a eu des députés en Belgique dans les Années 90), aujourd’hui active dans les deux Europes. Centrale à Bruxelles, secrétariats à Paris, Kichinev (Moldavie), Moscou, Sotchi (Caucase) et Istanbul (le n°3 du PCN est turc).

Spécialiste des médias et des réseaux sociaux. Habite en Russie près de Sotchi. Travaille (consultant) entre Moscou et le Kouban, la région sud de la Russie, au bord de la Mer Noire et au pied du Caucase.

Marié avec une russe qui fut une cadre de NASHI, le mouvement antifasciste de la jeunesse, organisation de jeune pro-poutine très actif et importante dans les années des deux premiers mandats de Poutine en tant que président de la Fédération de Russie.

3. Luc Michel

Luc Michel, 56 ans et plus de 40 ans d’une vie politique engagée au service d’une idée force : ‘la Grande-Europe de Vladivostok à Reykjavik’. Considéré comme un ‘intellectuel slavophile’ et un adversaire radical de l’OTAN. Editeur, il dirige les Editions MACHIAVEL depuis 1982.

Entre 1983 et 1991 anime avec Jean Thiriart « l’Ecole géopolitique euro-soviétique » qui envisageait la fusion entre URSS et UE. L’Eurasisme russe, de droite (Douguine) comme de gauche (Zouganov), en est issu après 1992. Cette action intellectuelle débouche aussi sur une action politique, une praxis : le PCN-NCP, Il anime aussi un Think Tank, EODE, ‘Eurasian Observatory for Democracy and Elections’, qui défend la même idée.

Depuis les Années 80, Luc Michel a voyagé dans toute l’Europe de l’Est (en plus d’une action permanente en Afrique et Pays arabes depuis le milieu des Années 90) : Pays baltes, Europe centrale, Russie, Sibérie, Belarus, Yougoslavie, Caucase, Balkans … Nombreuses missions pour EODE qui organise du monitoring électoral. Nombreuses actions politiques, meetings ou conférences pour le PCN.

Il connaît particulièrement l’Ukraine, la Moldavie et la Transdniestrie (PMR). Il a notamment écrit pour EODE un Rapport de 250 pages sur la PMR et la Moldavie, très diffusé (3 éditions depuis 2006) :

Enfin il a orienté aussi à l’Est sa vie privée, compagne ukrainienne, puis marié à une Russe de Riga (Lettonie). Sa compagne actuelle est native de Transylvanie. http://www.lucmichel.net/,https://www.facebook.com/luc.michel.505

Sans détour, ce dimanche 02 Mars 2014, 13h à Montréal, 19h à Bruxelles sur la radio cameroonvoice

http://www.cameroonvoice.com/news/article-news-14349.html

Ukraine/aide économique russe : que faire des 12 milliards restants ?

Ukraine/aide économique russe : que faire des 12 milliards restants ?

Certains se demandent si la Russie doit continuer à soutenir économiquement l’Ukraine. Question véritablement d’actualité vu l’état actuel des choses : l’Ukraine en a bien besoin. Le pays est tout simplement au bord de la faillite…

La Russie avait accordé récemment à l’Ukraine (lorsqu’il y avait encore un gouvernement légitimement élu) un prêt de 15 milliards de dollars US (à titre de comparaison, l’UE n’ayant proposé qu’à peine un peu plus que 600 millions d’euros). Même avec le cours de change, on arrive à 15 milliards de dollars côté russe contre un peu plus que 800 millions de dollars côté UE… Cela sans parler de la baisse de 30% sur le prix du gaz russe fourni à l’Ukraine. Mais passons. La Russie a déjà versé à l’Ukraine une première tranche de trois milliards. Que faire du reste ? En l’occurrence des 12 milliards restant ?

Les envoyer aux représentants pseudo-démocratiques du Maïdan ? Peut-être à Lvov aussi aux représentants extrêmistes russophobes ? A ceux qui affirment que la Russie est l’ennemi N°1 ? Non ! Ce qu’il faudrait véritablement et d’une manière ou d’une autre, c’est diviser ladite somme en deux tranches plus ou moins égales (à décider) entre la Crimée et l’Ukraine de l’Est. En effet, si la première est très majoritairement russophone, la seconde est surtout russophile et du moins ne voit pas en la Russie son ennemi mais bien un pays-frère, et avec lequel elle partage des sentiments communs de douleurs, de même que les joies et les réussites, y compris lors de la résistance face aux occupants, et ce tout au long de l’histoire.

A ce propos, le Ministère russe du Développement économique vient également de lancer un appel aux hommes d’affaires russes afin d’investir un montant de cinq milliards de dollars en Crimée, dans des projets de différents domaines (routes, infrastructures hôtelières, etc…). Les opportunités ne manquent pas, surtout que la Crimée possède un grand potentiel touristique, bien que sous-exploité. La Crimée reste d’ailleurs une des destinations privilégiées des touristes russes.

Et l’Ukraine de l’Ouest dans tout cela, ainsi que l’UE ? La Russie ne peut se permettre de soutenir économiquement un régime qui lui soit hostile. Cela est tout simplement irréaliste et inadéquat. Evidemment, certains « bien-pensants » crieront immédiatement au scandale… Comme quoi la Russie ferait soi-disant de la « manipulation » grâce à ses leviers économiques et financiers. Quelle blague ! La Grande-Bretagne impose des sanctions économiques au Zimbabwe, pour la simple raison que les autorités de ce pays ont défié le néocolonialisme et ses intérêts. Les USA imposent de la pire manière qui soit un embargo économique, commercial et financier, et ce depuis plus de 52 ans (!), à la très courageuse République de Cuba ayant « osé » défier le maître étasunien de l’époque. Et la Russie devrait donc soutenir financièrement un régime illégitime, imposé par la violence d’extrémistes trop souvent néo-nazis et bien armés ? Un régime de plus qui attise la haine inter-ukrainienne en annulant le statut de langue régionale à la langue maternelle d’au moins un tiers de la population ukrainienne ? Qui autorise et soutient la glorification de criminels nazis comme le sinistre Stepan Bandera, responsables de massacres odieux durant la Seconde Guerre Mondiale de populations russes, juives, polonaises et ukrainiennes anti-nazies ? On peut bien rire parfois. Le problème c’est que là ce n’est pas drôle du tout… Les nostalgiques du nazisme et de toute forme de racisme et de xénophobie devront comprendre une bonne fois pour toute : la peste brune ne passera pas de nouveau.

Que l’UE « soutienne » donc ses « amis » avec leur 600 millions d’euros qu’il faudra encore trouver, et surtout ouvre aux Ukrainiens de l’Ouest le marché du travail européen…. N’est-ce pas le désir principal des « révolutionnaires » du Maidan et d’Ukraine de l’Ouest en général, que d’occuper via une main d’oeuvre à très bas prix le marché du travail de l’UE ? Que les technocrates de Bruxelles leur « ouvrent » donc les portes du « rêve européen » version UE… Seul pétit bémol : ils ne le feront jamais… Bonne « continuation » à eux !

http://french.ruvr.ru/2014_02_27/Ukraine-aide-economique-russe-que-faire-des-12-milliards-restant-5100/

Mikhail Gamandiy-Egorov