Archives mensuelles : avril 2014

La liberté d’expression chez les donneurs de leçons et dans la « nouvelle » Ukraine

La liberté d’expression chez les donneurs de leçons et dans la « nouvelle » Ukraine

La liberté d’expression. Un droit censé être inébranlable et pourtant de plus en plus remis en cause par justement ceux qui s’autoproclament à chaque bonne et moins bonne occasion être les défenseurs absolus de cette même liberté, partout et toujours.

Par ceux qui ont toujours crié qu’il s’agit d’un droit « sacré » auquel il est tout simplement interdit de toucher. Et la réalité ?

La réalité est malheureusement (pour eux) toute autre. On ne parlera pas aujourd’hui du problème de pensée unique qui règne chez nos « partenaires » occidentaux, ainsi que des pressions exercées sur les journalistes pour qu’ils suivent à la lettre la politique rédactionnelle du mainstream. Après tout, libre à chacun d’accepter cette donne ou de ne pas l’accepter, s’agissant dans le cas présent d’un choix avant tout moral, plus qu’autre chose.

Aujourd’hui nous traiterons cette dite « liberté d’expression » version occidentale, mais également et à travers un certain nombre d’exemples la situation qui prévaut dans ce domaine à l’heure actuelle dans la « nouvelle » Ukraine, puisqu’il s’agit de l’actualité phare du moment. Un pays pourtant et si l’on croit le mainstream, être censé avoir retrouvé les « valeurs démocratiques », à l’instar des « amis » (ou plutôt des instigateurs) outre-Atlantique et bruxellois. On verra ce qu’il en est vraiment.

Commençons par les instigateurs. Il est vrai qu’à l’heure des nouvelles technologies, y compris en matière de communication, il existe d’énormes moyens d’obtenir différentes sources d’information. Cela évidemment ne ravit en rien l’élite médiatique occidentale, qui à l’instar de son élite politique ayant déjà perdu le monopole de la politique internationale et le statut de gendarme mondial, s’apprête elle aussi à être détrônée. Plusieurs raisons à cela. La principale probablement étant qu’à force de mentir sur des sujets critiques et lorsqu’un grand nombre de vies humaines sont « en jeu », l’opinion publique aux quatre coins du monde, y compris leur propre opinion publique, commence à se détourner massivement de ces médias-mensonges.

Et aujourd’hui face aux médias du mainstream, il y a une chaine TV d’information continue qui pose un grand problème. Il s’agit de RT, précédemment appelée Russia Today, chaîne russe diffusant à l’heure actuelle en langue anglaise, arabe, espagnole et russe. Un média d’information alternative (il faut bien le dire) ayant atteint une popularité énorme sur tous les continents sans exception. A ce titre, en été dernier, elle a dépassé le chiffre d’un milliard de visionnages sur Youtube (faisant d’elle la chaîne d’information la plus regardée sur le principal site mondial d’hébergement de vidéos), et où elle compte aujourd’hui près de 1,3 million d’abonnés. RT a par ailleurs une portée mondiale de plus de 630 millions de personnes, soit plus de 25% de tous les abonnés du câble à travers le monde.

Eh bien cette chaine pose beaucoup de problèmes, aussi bien à l’élite médiatique que politique occidentales, qui désormais ne cachent plus le fait qu’elle devient extrêmement gênante pour leurs intérêts. Principale raison à cela ? Une approche différente dans l’apport de l’information, en faisant la lumière sur des faits et réalités que CNNBBCFrance 24 et compagnie préfèrent elles cacher… Désormais on entend pratiquement ouvertement et de la part des officiels occidentaux les plus gradés, ainsi que de la part des représentants de lobbies concernés, le désir de limiter (ou de préférence carrément stopper) la diffusion de RT, partout où cela serait possible. Le secrétaire d’Etat étasunien John Kerry a pour sa part « nommé » la chaine russe internationale comme étant « le porte-voix de la propagande de la Russie ». La direction de RT a immédiatement réclamé des excuses et surtout de présenter des preuves et faits réels qui confirmeraient ces accusations sans fondement. La rédactrice en chef de RT, Margarita Simonian, a par ailleurs écrit sur son compte Twitter « qu’il est surprenant que le secrétaire d’Etat Kerry, dans un temps difficile et humiliant pour sa patrie, ne trouve rien de mieux que de s’inquiéter pour notre chaine TV ».Elle a par ailleurs noté que cela en dit long sur la liberté d’expression dans les USA contemporains. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a pour sa part accusé la propagande des USA de vouloir dénigrer la Russie et a jugé le ton de son homologue étasunien inacceptable.

En parlant d’ailleurs de propagande et à ce titre, Kerry aurait-il oublié l’exemple flagrant d’août 2008 ? Lorsqu’un présentateur de la chaine TV étasunienne Fox News avait tout fait pour faire taire deux témoins ossètes, une jeune fille et sa tante, venues témoigner de l’attaque de la capitale sud-ossète Tskhinval par le régime criminel de Saakachvili, après qu’il s’était rendu compte qu’elles remettaient ouvertement en cause la version officielle des USA. Ou de la manière comment les médias étasuniens couvraient (et couvrent encore) les interventions criminelles de leur pays en Yougoslavie, Irak, Libye ou la crise syrienne. En tout cas et ce qui est sûr, c’est que de plus en plus de « voix » venant des élites politiques et médiatiques occidentales (USA et Grande-Bretagne en premier lieu) « s’élèvent » dans leur combat contreRT et les médias russes diffusant à l’étranger. Dire la vérité en étant professionnels, efficaces et appréciés, constitue donc désormais un grave « danger » pour les élites occidentales. Un « danger » dont il faut tout faire pour se débarrasser. D’accord, on a compris mais le monde n’est pas aveugle.

Passons à l’Ukraine. Certains journalistes et hommes politiques occidentaux continuent ardemment d’affirmer que l’Ukraine « se porte de mieux en mieux » depuis que les « nouvelles autorités » (putschistes) ont « accédé au pouvoir » (par les armes), à Kiev. On n’abordera pas les énormes soucis économiques et financiers actuels de l’Ukraine qui la mènent droit vers la catastrophe, pure et simple. Concentrons-nous sur l’aspect de la liberté d’expression, notamment pour les journalistes.

Eh bien, voici la réalité avec plusieurs exemples assez révélateurs à l’appui :

– Dernièrement, les pseudo-autorités de Kiev ont demandé à tous les journalistes ukrainiens de « suivre à la ligne » la politique informationnelle « voulue » par le nouveau pouvoir. Cela en dit long.

– Lors des nombreux débats en Russie au sujet de la crise ukrainienne, bon nombre de journalistes ukrainiens y sont invités et y prennent part en avançant librement leur « version » des faits. Y compris le représentant en Russie de l’Agence d’information ukrainienne UNIAN, détenue par l’oligarque israélo-ukrainien Igor Kolomoïsky, soutenant ouvertement et ardemment les putschistes de Kiev. Les journalistes russes, eux, sont tout simplement désormais interdits d’entrée sur le territoire ukrainien. Ceux qui s’y trouvaient ou s’y trouvent font, eux, face à des menaces et des attaques incessantes. Comme l’atteste d’ailleurs la photo du lien suivant :http://www.rg.ru/2014/04/26/journalist-site-anons.html, où l’on voit un journaliste russe (correspondant du média LifeNews), Sergueï Golyandine, être mis à genoux par des militaires ukrainiens qui pointent leurs armes sur lui, au checkpoint entre les régions de Kharkov et Donetsk (sachant parfaitement qu’il est journaliste…).

– Et autre exemple significatif pour montrer l’état de la liberté d’expression dans la « nouvelle » Ukraine pro-occidentale et la manière d’appliquer cette « liberté » : les autorités putschistes de Kiev ont interdit la diffusion des chaines TV russes sur tous les territoires étant sous leur occupation. Parallèlement, toutes les villes des régions de Donetsk et Lougansk, qui sont aujourd’hui contrôlées par les résistants antifascistes, ont vu le rétablissement de la diffusion des chaines russes, mais aucune interdiction n’a été pratiquée à l’encontre des chaines TV ukrainiennes… Devenant par la même occasion les seuls endroits d’un pays jadis uni (bien que très artificiellement) où existe encore la pluralité des opinions. Et c’est ce qui constitue probablement la meilleure réponse possible.

Questions logiques qui ressortent de tout cela : qui représente mieux la pluralité des opinions ? Qui défend mieux la liberté d’expression ? Et autre question que je pense légitime, lorsque X ou Y affirme défendre et représenter la « liberté, la vérité et la démocratie », pourquoi doit-il avoir peur d’une opinion divergente ? Ou les donneurs de leçons avec leurs marionnettes ont-ils désormais officiellement adopté le totalitarisme fasciste comme modèle de développement ?

http://french.ruvr.ru/2014_04_29/La-liberte-d-expression-chez-les-donneurs-de-lecons-et-dans-la-nouvelle-Ukraine-7742/

Mikhail Gamandiy-Egorov

 

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Ukraine/Accord de Genève : mensonges et hypocrisie occidentale

Ukraine/Accord de Genève : mensonges et hypocrisie occidentale

L’histoire se répète une fois de plus. Laquelle ? Celle qui confirme qu’on ne peut aucunement faire confiance aux élites politiques occidentales, surtout lorsque cela concerne l’élite étasunienne.

On a beaucoup parlé de l’Accord de Genève qui faisait la une depuis la semaine dernière et ces derniers jours. Cet accord prévoyait entre autres le désarmement de tous les groupes paramilitaires illégaux et l’évacuation des bâtiments occupés par ces groupes, et ce dans toutes les villes ukrainiennes.

Dès la signature dudit accord, l’Occident politique et leurs acolytes putschistes à Kiev ont immédiatement réclamé le désarmement des unités d’autodéfense des régions du Sud-Est, en oubliant par la même occasion la nécessité (d’abord) de désarmer leurs groupes extrémistes (à Kiev et dans l’Ouest du pays), par qui tous les problèmes sont arrivés.

En effet et mis à part le fait d’être une création pure et simple des élites étasuniennes, le chaos qui prédomine aujourd’hui sur le territoire ukrainien est dû à la présence de ces groupes extrémistes armés, ouvertement néo-nazis et ultra-nationalistes, formés et contrôlés par la CIA & Co. Aussi bien à Kiev que dans l’Ouest du pays. A la demande légitime de les désarmer, en conformité totale avec l’Accord signé à Genève, les pseudo-autorités kiéviennes ont répliqué que le désarmement ne les concernait pas et que le Maïdan continuerait à être contrôlé par ces groupes.

Très originale comme approche, comme toute la politique occidentale d’ailleurs. Ces groupes armés qui menacent ouvertement (comme ils l’ont fait pour la Crimée) les régions du Sud-Est, qui constituent le noyau dur « sécuritaire » du pouvoir putschiste en place et qui ne cachent guère leur haine pour leurs « compatriotes » à l’Est et au Sud du pays, garderont donc les armes. Et les unités d’autodéfense des régions insoumises ouvertement menacées doivent-elles les déposer ? Au moment où les menaces envers les civils de ces régions affluent quotidiennement ?

On sait que la politique étasunienne et plus généralement occidentale est souvent sans logique véritable (surtout lorsque leurs plans malsains ne se sont pas déroulés comme prévu). On connait également leur « professionnalisme » consistant à semer le chaos partout où ils peuvent, y compris en s’alliant avec des extrémistes et des terroristes. Mais n’ont-ils pas compris encore que la Russie ne se laissera pas faire ? Si tel est le cas, leur chute ne fera que s’accélérer.

Pour revenir à ces groupes extrémistes, on peut comprendre aussi pourquoi leur désarmement pose autant problème, aussi bien à Kiev qu’en Occident. Constituant le noyau dur du putsch de Maïdan et occupant les postes clés dans le domaine sécuritaire actuel, à l’heure où de plus en plus de représentants ukrainiens des forces armées et services spéciaux refusent d’appliquer les ordres criminels du nouveau pouvoir, voire passent ouvertement du côté des manifestants du Sud-Est, les groupes néo-nazis ukrainiens assurent, eux, la mainmise sur le pouvoir, ne serait-ce que pour le moment…

Pour revenir aux USA, les politiciens étasuniens ne savent vraiment plus comment stopper leur maladresse évidente, notamment en reprenant le refrain menaçant. « La Russie paiera le prix fort si elle poursuit sa politique actuelle à l’égard de l’Ukraine »,a déclaré jeudi soir à Washington le secrétaire d’Etat John Kerry. Ne serait-il pas plus juste de dire que les USA paieront eux le prix fort s’ils poursuivent leur sale politique à l’égard de l’Ukraine, de la Syrie, du Venezuela et du monde entier ?

La porte-parole du Département d’Etat étasunien, Jen Psaki, tourne elle une fois de plus complètement au ridicule. A la question d’un journaliste américain si elle et surtout ses chefs disposaient de preuves et d’éléments concrets qui confirmeraient qu’il y a bel et bien l’intervention de la Russie dans les événements en Ukraine ou si tout n’était basé que sur ce que disent leurs « amis » à Kiev, elle a répondu : « Nous sommes entièrement sûrs de notre version des faits »…C’est vrai qu’en connaissant « l’exceptionnalisme » étasunien et de leur droit à « disposer de la vie des autres peuples » en leur apportant « la démocratie version US » (ou en d’autres termes le chaos, la destruction et la mort), ce genre de déclaration n’est nullement surprenante.

Le ministre russe des Affaire étrangères, Sergueï Lavrov, a de son côté déclaré que la Russie fait tout son possible pour obtenir une désescalade du conflit en Ukraine, tout en réitérant la nécessité urgente de respecter en intégralité l’accord qui a été signé la semaine dernière à Genève. Il a également rappelé la responsabilité des pays occidentaux à faire respecter les clauses de l’accord et non pas, comme c’est le cas actuellement, à attiser la tension en donnant le feu vert aux putschistes de Kiev d’utiliser la force armée contre leur propre peuple. Il a rappelé une fois encore que l’accord signé en Suisse prévoit le désarmement de tous les groupuscules clandestins sans exception, y compris ceux de l’extrême-droite ukrainienne.

Aujourd’hui et on le voit bien, tout n’était qu’une ruse supplémentaire de la part de nos pseudo-« partenaires » occidentaux. Pensant qu’ils sont les plus intelligents, ils espéraient voir le désarmement des unités d’autodéfense des régions du Sud-Est, pour permettre à leurs marionnettes extrémistes de massacrer les civils désarmés qui refusent de reconnaitre la junte putschiste de Kiev. Réalisant une fois de plus que leur « plan » n’a pas marché, ils reprennent la rhétorique des menaces à laquelle nous sommes déjà habitués.

Pendant ce temps, la résistance antifasciste des régions du Sud-Est ne faiblit aucunement mais au contraire ne fait que se renforcer. Et cela est très visible lorsqu’on voit le soutien populaire des habitants de ces régions, qui ont montré ouvertement de quel côté ils se trouvaient. Même certains principaux médias occidentaux finissent par l’avouer. Comme l’a bien dit Lavrov aujourd’hui durant la conférence de presse qui a suivi le Forum des jeunes diplomates de la CEI, « Il est grand temps pour l’Occident de comprendre qu’il n’a pas le monopole de la vérité. A l’heure d’aujourd’hui, il n’est plus possible de cacher la vérité ».

Au vu des dernières déclarations, les putschistes de Kiev via leurs soutiens externes, eux, comptent reprendre leurs actions pour le contrôle des régions insoumises par la force armée et la violence. La Russie, elle, observe pour l’instant tout en espérant que les fous de la guerre se garderont de dépasser la ligne rouge une fois de plus. A notre niveau, il est aujourd’hui plus clair que jamais qu’il est tout simplement impossible d’avoir ne serait-ce qu’un minimum de confiance envers l’élite politique occidentale. Toutes les mesures nécessaires seront prises en conséquence. Enough is enough !

http://french.ruvr.ru/news/2014_04_27/Ukraine-Accord-de-Geneve-mensonges-et-hypocrisie-occidentale-0029/

Mikhail Gamandiy-Egorov

 

L’Ivoirien Blé Goudé à la CPI : nouvelle bavure de la prétendue « justice internationale »

Charles Blé Goudé

Après l’arrestation le 11 avril 2011 du président légitime de la République de Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo, et son transfert, en novembre de la même année, à la Cour pénale internationale (CPI), à La Haye, c’est désormais au tour du ministre ivoirien de la Jeunesse, Charles Blé Goudé, d’y être déporté.

Chef du mouvement les Jeunes Patriotes, Blé Goudé a joué un rôle majeur dans la résistance au néocolonialisme occidental, aux côtés du président Laurent Gbagbo et de tous les autres résistants panafricains. Après la chute et l’arrestation de Laurent Gbagbo, déchu par l’intervention directe de l’armée coloniale française, Charles Blé Goudé s’était exilé au Ghana.

Enlevé dans la capitale ghanéenne le 17 janvier 2013 par les services secrets d’Alassane Ouattara, il sera transféré en Côte d’Ivoire et restera en détention dans différents lieux illégaux tenus secrets par le régime. Visé par un mandat d’arrêt de la CPI, il y sera finalement transféré le 22 mars dernier. Comparaissant pour la première fois le 27 mars, confiant et souriant, il lancera : « Si je suis jugé pour ce que j’ai fait et non pour ce que je suis, que je sois déclaré innocent ! Je sais que je repartirai chez moi ».

Une intervention qui a redonné beaucoup d’optimisme à tous ses soutiens et, plus généralement, à tous les patriotes ivoiriens, dont nombreux sont allés spécialement à La Haye pour exprimer leur soutien à Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé. Le jeune patriote a également ouvertement affiché sa volonté afin que la lumière soit entièrement faite sur la crise ivoirienne, en dépit de la propagande occidentale. Et d’ajouter : « Contrairement à une certaine opinion qui pense qu’un voyage à la CPI est un voyage sans retour, je pense qu’un citoyen peut faire l’objet d’un procès et rentrer chez lui. » Charles Blé Goudé n’a pas manqué de réitérer son adhésion aux idéaux de Laurent Gbagbo et à leurs valeurs communes : « C’est avec Gbagbo que j’ai appris la réconciliation. Je suis pro-Gbagbo et fier de l’être ».

La grande question que pose cette situation nous ramène à celle dont ont débattu les parlementaires et diplomates russes le 11 novembre dernier à la Douma d’Etat (Chambre basse du Parlement russe), à savoir la crédibilité de la justice internationale et des institutions qui l’ont établie. Les parlementaires russes, ainsi que les autres participants à l’événement, avaient ouvertement mis en avant toutes les contradictions de ces institutions, censées défendre le droit et la justice internationale pour tous, sans exception. Pourtant les procès et pré-procès en cours montrent une approche politisée presque non voilée. Et c’est cette politisation des institutions juridiques « internationales » qui avait été dénoncée à la Douma.

En effet, il est complètement incompréhensible et révoltant que des personnes légitimement élues, ainsi que les membres d’un gouvernement légitime, qui défendaient leur pays contre une rébellion armée, soutenue et financée de l’extérieur – notamment par la France -, et s’opposaient ouvertement au néocolonialisme dans leur pays et sur leur continent, soient privés aujourd’hui de leur liberté. Pendant ce temps, les criminels responsables de massacres massifs aussi bien de civils (on se souvient tous du très tristement célèbre Duékoué en mars 2011) que de représentants de l’Etat, occupent des hautes fonctions dans l’appareil de l’Etat ivoirien actuel et se baladent tranquillement à différents endroits de la planète. Certains sont même reçus à l’Elysée. C’est cela la justice internationale ?

Il y a quelques jours, le 11 avril, les Ivoiriens commémoraient le triste anniversaire de l’arrestation de leur président légitime par les forces armées françaises. C’était le 11 avril 2011. Bombardement de la résidence présidentielle, arrestation du président Gbagbo, de son épouse Simone et tous les proches qui étaient à leurs côtés. Ce jour-là, la démocratie, l’indépendance et la souveraineté de la Côte d’Ivoire ont été tout simplement bafouées et piétinées. Et les décisions plus que contradictoires des juridictions telles que la CPI ne renforcent en rien la confiance, même relative, en ces institutions.

Mais depuis, la résistance ivoirienne n’a aucunement baissé d’intensité, bien au contraire. Et compte tenu de l’actualité internationale et de l’avènement d’une nouvelle ère dans la politique planétaire, leur conviction que la liberté viendra et que justice sera faite ne fait que se renforcer.

http://french.ruvr.ru/2014_04_15/L-Ivoirien-Ble-Goude-a-la-CPI-nouvelle-bavure-de-la-pretendue-justice-internationale-3395/

Mikhail Gamandiy-Egorov

 

Bientôt une légion étrangère russe ?

Bientôt une légion étrangère russe ?

Une proposition forte intéressante est venue au gouvernement russe de la part de la Fédération des migrants de Russie : celle de permettre aux migrants de différentes nationalités, vivant et travaillant en Russie, de pouvoir servir dans les rangs des forces armées russes. Cette initiative lancée par l’une des principales ONG russe qui assiste les migrants en Russie et qui regroupe des représentants de diasporas de plus de 40 pays, permet d’entrevoir effectivement des perspectives très intéressantes.

Selon le communiqué officiel transmis via son président, Muhammad Amin Madjoumder (originaire du Bangladesh), « Les migrants vivant et travaillant en Russie, dont les ressortissants des ex-républiques soviétiques, ne désirent pas rester les bras croisés au moment où les pays occidentaux font injustement pression sur la Russie et toute la communauté internationale. A cet effet, la Fédération des migrants de Russie demande officiellement aux autorités russes de permettre aux migrants de différentes nationalités se trouvant sur le territoire de la Russie, de servir dans les forces armées de la Fédération de Russie, ainsi que de pouvoir défendre les intérêts russes. Notre unité avec les citoyens de la Russie se renforce chaque jour qui passe. La Russie a toujours été un pays multiethnique et multiconfessionnel. Les personnes ayant servi dans l’armée russe tout au long de son histoire étaient eux aussi d’origines très variées ».

Les migrants se disent également inquiets des tentatives de l’Occident visant à poursuivre ses actions de domination du monde. La proposition n’est pas vraiment nouvelle. Il y avait eu précédemment des propositions en ce sens, notamment la possibilité de créer une légion étrangère slave. Cette dernière initiative, elle, élargit beaucoup plus la composition éventuelle d’une telle légion.

Il est à rappeler que la Russie est classée deuxième pays au monde (derrière les USA) pour le nombre de migrants étrangers (11 millions de personnes au total), la principale ville d’accueil étant Moscou. La majorité de ces migrants sont originaires des pays issus de l’ex-Union soviétique, notamment des pays d’Asie centrale (Tadjikistan, Kirghizistan, Ouzbékistan), d’Europe orientale (Ukraine et Moldavie principalement) et de Transcaucasie (Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie). Depuis 2000, d’autres diasporas ont vu leur nombre considérablement augmenter, notamment de ce qui est appelé en Russie « l’étranger lointain ». Plusieurs raisons à cela, dont principalement et bien évidemment la croissance économique et les opportunités sur le marché du travail russe.

Parmi ces diasporas, on retrouve aussi bien les représentants du continent asiatique (Chinois et Vietnamiens principalement), et de plus en plus de ressortissants d’Afrique, d’Europe occidentale, d’Amérique latine et nordique. L’idée donc d’avoir une légion étrangère russe, composée de personnes souhaitant professionnellement servir dans les forces armées de la Russie est tout à fait légitime et d’actualité. Pas seulement au vu des derniers événements de l’actualité internationale, ni en raison du fait de compter un nombre si important de citoyens étrangers sur le sol russe, mais également pour la simple et bonne raison que si cela rejoint la volonté de représentants des différentes communautés étrangères vivant en Russie, il serait probablement erroné de ne pas y réagir positivement.

Nous suivrons cette initiative. D’autant plus qu’elle provient d’une organisation importante, dirigée par une personnalité engagée sur bon nombre de questions d’ordre social importantes. En effet, Muhammad Amin Madjoumder est une personnalité reconnue dans le domaine de la lutte contre toute forme de racisme et de xénophobie. Il a également lutté avec succès contre les différents groupes extrémistes ayant opéré en Russie. Il est par ailleurs souvent l’invité de différentes discussions et débats télévisés russes où il s’exprime sur différentes questions nationales. Enfin, c’est quelqu’un qui aime sincèrement et véritablement la Russie, son pays d’accueil et où il a parfaitement réussi. Tout cela fait que cette proposition est à considérer avec la plus grande attention.

http://french.ruvr.ru/2014_04_14/Bientot-une-legion-etrangere-russe-0747/

Mikhail Gamandiy-Egorov

 

La fin de l’Etat ukrainien ?

La fin de l’Etat ukrainien ?

Au moment où les leaders occidentaux continuent avec la mauvaise foi qui leur est propre de soutenir les extrémistes putschistes à Kiev, que la Crimée est redevenue partie intégrante de la Russie après le référendum du 16 mars dernier qui a validé le retour de la péninsule au sein de la mère patrie, désormais c’est au tour des régions du Sud-Est de faire la une de l’actualité.

Lorsque des autorités n’ayant aucune légitimité proclament des lois ouvertement discriminatoires envers une très grande partie de la population d’un pays, le tout avec l’aval de forces extérieures, il ne faut pas s’étonner des conséquences. Aujourd’hui, quelqu’un est-il encore surpris par la tournure des événements en Ukraine ? Probablement pas tant que cela.

L’Ukraine, véritablement, n’existe plus. Même si sur le papier, il y a encore un Etat qui porte ce nom, dans la vie réelle, il n’en est pratiquement rien. Et ce n’est pas lié à l’actualité récente autour de la Crimée, dont l’écrasante majorité de la population ne s’est jamais considérée comme faisant partie d’un Etat ukrainien. Aucunement. Par contre, tout est lié au chaos organisé par l’élite politique étasunienne avec « l’assistance » de leurs acolytes de l’Union européenne et leurs amis extrémistes néo-nazis sur place. Qui faut-il donc remercier ? Eh bien c’est simple : « merci » aux USA, à l’UE et aux révisionnistes ukrainiens (que peu de gens voudraient voir en France ou dans tout autre pays européen)…

La réaction actuelle des régions du Sud-Est « ukrainien » est tout à fait légitime. Lorsqu’on vous menace pour votre appartenance ethnique, pour votre langue, pour vos pensées politiques et votre vision de l’histoire (dans laquelle Hitler n’est pas un « héros » mais bien la peste historique), il faut bien s’attendre à une réaction digne de ce nom. Lorsqu’on menace de se « débarrasser » de vous, de votre famille et de vos proches, voire « être fusillés avec des armes nucléaires » comme l’a proposé la chouchou et la favorite des élites et médias occidentaux Ioulia Timochenko (candidate aux élections présidentielles qu’elle espère vivement remporter), attendez-vous à une réponse adéquate.

Aujourd’hui, c’est chose faite. Les régions industrielles de l’Est et du Sud ont bien fait entendre leur voix. La République populaire de Donetsk est déclarée. L’Occident lui, parle de « dangereux séparatistes pro-russes ». Quelle mauvaise foi et hypocrisie, une fois de plus ! Les extrémistes ultra-nationalistes, néo-nazis et xénophobes ukrainiens haïssant aussi bien les Russes que les Juifs, Polonais, Africains et Arabes, ayant réalisé un putsch organisé et financé de l’extérieur, cela s’appelle selon le mainstream et les instigateurs de ce putsch « des révolutionnaires démocratiques ». Mais une réponse à ces racistes et xénophobes, et à la très grande différence du putsch à Kiev sans massacres et tueries, cela s’appelle de « l’extrémisme attisé par Moscou ». Le monde à l’envers tout simplement.

Comme quoi et selon les Occidentaux, il y a ceux qui ont droit à la parole, y compris s’ils sont des néo-nazis de la pire espèce, et d’autres qui doivent se soumettre car étant opposés au néonazisme et mettant ainsi en danger les plans franchement malsains de la mafia néocoloniale. Assez, c’est assez ! Et ceux qui ne l’ont pas encore « compris », il faudrait qu’ils se mettent à l’heure de la nouvelle donne : un monde multipolaire où l’Occident politique ne fait aucunement plus figure de « référence » et encore moins de « pôle principal ». Et ce aussi bien en Russie, dans les pays voisins, au sein des pays des BRICS, ou dans la grande majorité des pays d’Amérique latine. Pas plus en Syrie, en Iran ou ailleurs. Quant à l’Afrique, continent représentant l’avenir, bien qu’étant encore partiellement occupée et dominée, elle ne tardera pas à hausser la voix dans un avenir proche pour mettre fin aux injustices une bonne fois pour toute.

En ce qui concerne l’Ukraine, il est à rappeler une fois de plus que le chaos qu’elle subit et la fin de cet Etat n’est aucunement le résultat de la politique russe. La Russie, au contraire, a prévenu tellement de fois que « jouer » aux alliances avec des extrémistes racistes, cela finit toujours mal. Mais l’Occident avec son sourire hypocrite continuait à semer le chaos en espérant donner une grande gifle à la Russie et arriver à ses fins maléfiques. Au final ? C’est l’Occident politique qui est giflé une fois de plus. L’Ukraine, elle, n’existe plus.

http://french.ruvr.ru/2014_04_08/La-fin-de-l-Etat-ukrainien-1009/

Mikhail Gamandiy-Egorov