Archives mensuelles : mai 2014

Visite de Poutine en Chine : l’alliance russo-chinoise confirmée

Visite de Poutine en Chine : l’alliance russo-chinoise confirmée

Les forces hostiles à l’amitié russo-chinoise ont tout fait pour saboter les très nombreux accords prévus à la signature lors de la toute récente visite du président russe en Chine. Mais rien n’y fait, l’alliance russo-chinoise, dans un monde multipolaire, a été confirmée une fois de plus et de quelle manière !

Comme quoi dans la vie, on a toujours le choix. La rhétorique des « sanctions » ne fera rien contre la Russie version 2014 si ce ne n’est que de la renforcer encore plus et lui faire prendre définitivement des choix stratégiques envers ses partenaires, honnêtes et moins honnêtes.

Lors de cette nouvelle visite en Chine, que l’on peut appeler historique, le président russe a non seulement rencontré son homologue chinois Xi Jinping, mais s’est également entretenu avec le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, ainsi que les chefs d’Etat de l’Iran, de l’Afghanistan et de la Mongolie, avec lesquels Vladimir Poutine s’est mis d’accord sur le développement accéléré de partenariats, et ce dans plusieurs domaines.

Visite historique pour plusieurs raisons. Tout d’abord car elle a permis de confirmer les excellentes relations économiques et commerciales entre la Russie et la Chine. Mais bien plus que cela, cette visite a été une confirmation nette de l’alliance russo-chinoise sur le plan politique et militaire, dans un monde désormais multipolaire. Cette idée d’alliance ne date pas d’hier, loin de là. Mais bon nombre de « spécialistes », occidentaux et autres, ont toujours tout fait pour la remettre en question et soi-disant « douter » quant à son efficacité et à sa réalité.

Aujourd’hui, personne ne peut plus remettre en doute quoique ce soit. Car mis à part la signature d’un très large éventail d’accords dans le domaine du partenariat commercial, économique et humanitaire, ainsi que dans le domaine des nouvelles technologies (un total de près de 50 documents), y compris le développement des régions frontalières, le résultat principal étant bien évidemment la signature de l’accord gazier entre les deux pays. Ledit contrat entre le géant gazier russe Gazprom et la société d’Etat chinoise CNPC, pour un montant total de 400 milliards de dollars, est tout simplement le plus grand accord gazier dans l’histoire de la Russie et prévoit l’approvisionnement en gaz naturel en provenance de Russie vers la Chine pour une période de 30 ans…

A l’heure où certains leaders occidentaux parlaient activement de la « nécessité » de diversifier les sources d’approvisionnement énergétiques et remettaient en cause la dépendance par rapport à la Russie (sans proposer des mesures concrètes et réalisables), la Russie, elle, a préféré passer à l’acte pour concrétiser l’alliance avec l’Empire du Milieu et diminuer par la même occasion la « dépendance » vis-à-vis de l’Union européenne.

D’autre part, la visite de Vladimir Poutine en Chine, a été donc également l’occasion de confirmer l’alliance militaro-technique entre les deux nations, notamment via l’organisation d’importants exercices navals conjoints, auxquels ont assisté les deux présidents. Pour rappel, la République populaire de Chine est le second principal acheteur au niveau mondial de l’armement russe, derrière l’Inde.

En général et pour finir, il serait bon de dire que l’amitié russo-chinoise a réussi à prouver une bonne fois pour toute que ce n’est nullement un mythe, mais bien une réalité. Au même titre que la réalité désormais du monde multipolaire et dans lequel les pays des BRICS joueront un rôle majeur, si ce n’est dire : un rôle clé. Et malgré toutes les tentatives de miner cette coopération russo-chinoise, les deux pays et les deux nations ont réussi brillamment à dépasser tous les obstacles sur leur chemin.

On ne peut pas en dire autant quant aux relations entre la Russie et l’Europe (ou plutôt l’UE), peut-être pour la simple et bonne raison que tant que l’Europe version Bruxelles restera un sous-traitant de la politique étasunienne, il sera impossible d’avoir des relations honnêtes et bénéfiques pour tous. Tant que l’Europe dans sa version UE adoptera la même rhétorique de « menaces » à laquelle nous sommes parfaitement habitués, la Russie continuera à confirmer ses alliances dans les pays, régions et continents où elle est appréciée et soutenue. Et aujourd’hui, ces pays, régions et continents ne manquent aucunement. On se demande aussi qui finira « isolé »… Bienvenue dans la nouvelle réalité !

http://french.ruvr.ru/2014_05_27/Visite-de-Poutine-en-Chine-l-alliance-russo-chinoise-confirmee-0951/

Mikhail Gamandiy-Egorov

 

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Guinée équatoriale : le bon exemple pour l’Afrique ?

Guinée équatoriale : le bon exemple pour l’Afrique ?

La Guinée équatoriale, ce petit pays d’un peu plus de 28 000 km2, situé au centre-ouest du continent africain, avec une population d’environ 800 000 habitants, attise les intérêts de toute part. Aussi bien au niveau continental que largement au-delà.

Ancienne colonie espagnole (d’où l’ancien nom de Guinée espagnole), le pays s’est libéré du colonialisme le 12 octobre 1968. Depuis, le pays a poursuivi sa grande marche en avant. Aujourd’hui, la Guinée équatoriale fait partie des pays les plus prospères du continent africain, notamment avec l’un des plus importants revenus par habitant. D’ailleurs, le pays est classé tout simplement premier en Afrique au niveau du PIB nominal par habitant. Il est également l’un des plus grands receveurs d’investissements étrangers sur le continent.

Certains diront que le succès de ce petit Etat est dû au pétrole et au gaz. Il est vrai que l’aspect énergétique ne joue pas le dernier rôle dans le développement de la Guinée équatoriale (le pays est le troisième producteur de pétrole en Afrique subsaharienne, cinquième au niveau de tout le continent africain). Mais est-ce tout ? Après tout, on sait tous que la plupart des pays d’Afrique regorgent de ressources naturelles, mais très souvent cela profite peu (voire très peu) aux populations des pays concernés. D’ailleurs, cela est particulièrement visible dans les pays qui sont encore sous l’occupation néocoloniale, où très souvent les « élites » des pays en question « travaillent en étroite collaboration » avec les élites occidentales, économiques comme politiques. Le cas de la Françafrique est un exemple net et criant.

Qu’est ce qui rend donc la Guinée équatoriale si différente ? Probablement une approche panafricaine, une défense ardue de son indépendance et de sa souveraineté, à l’opposé d’un bon nombre de ses voisins. Ne serait-ce d’ailleurs pas la raison pour laquelle le chef de l’Etat, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, est ardemment et constamment critiqué par les élites occidentales, politiques comme médiatiques ? Le président du pays est en effet un panafricaniste et il ne s’en cache pas. Il était par ailleurs un ami très proche du leader libyen, le colonel Mouammar Kadhafi, assassiné en octobre 2011 par l’OTAN, et a ouvertement condamné avec quelques autres rares leaders africains (dont Jacob Zuma, le président sud-africain) cet acte barbare de l’interventionnisme impérialiste et néocolonial occidental. Il avait notamment déclaré : « Nous regrettons la disparition du colonel Mouammar Kadhafi. Prendre le relais de son combat panafricain est difficile ». En tout cas et effectivement, la Guinée équatoriale entend aujourd’hui reprendre le flambeau de la lutte panafricaine, malgré tous les défis que cela suscite.

Le succès du pays est également dû à une politique sociale adaptée, notamment via la construction d’un grand nombre de logements sociaux de qualité, destinés aux couches les moins favorisées de la population. Un grand accent est mis également sur l’éducation et l’enseignement, particulièrement chez les jeunes, censés devenir rapidement les nouvelles élites de leur pays et de leur continent. Les revenus issus du pétrole sont utilisés pour le financement de projets importants, que ce soit dans l’agriculture, l’éducation ou les nouvelles technologies.

Luc Michel, spécialiste de la géopolitique et notamment fin connaisseur de la Libye, estime que la Guinée équatoriale représente effectivement aujourd’hui un nouveau modèle de développement pour l’Afrique. En outre, il croit en les capacités du pays à reprendre le flambeau du panafricanisme, après la chute de la Jamahiriya libyenne.

Mais reste un problème majeur auquel la Guinée équatoriale fait déjà face. Celui de l’interventionnisme occidental, si bien connu en Afrique. Tout leader patriote et panafricain représente toujours une cible de choix pour les élites politiques et financières occidentales. Les exemples de la Côte d’Ivoire et de la Libye n’en sont que des preuves supplémentaires. Les leaders équato-guinéens le savent parfaitement et avouent que plusieurs tentatives de coups d’Etats, instigués de l’extérieur, ont été avortées durant les dernières années. Financement et formation de mercenaires, tentatives de déstabilisation : les pays changent, les techniques restent les mêmes. Mis à part l’aspect panafricaniste qui est très important, pourquoi encore les Occidentaux (pas les peuples mais bien les élites), veulent autant en finir avec cet Etat ?

Pour la simple et bonne raison que « certains » trouvent encore « anormal », y compris aujourd’hui au XXIème siècle, qu’un Etat africain disposant de ressources colossales puisse se « permettre » de les gérer lui-même et d’en faire profiter sa population, et non des populations étrangères extracontinentales. Reste à croire en la clairvoyance des leaders de la Guinée équatoriale, notamment via l’adoption de mesures efficaces, y compris en tissant des liens beaucoup plus solides (le processus est déjà en cours) avec les pays des BRICS et d’Amérique latine. La Guinée équatoriale pourra alors inspirer d’autres pays du formidable continent africain, encore sous le joug, afin qu’ils puissent se libérer pleinement, aller de l’avant et montrer au monde la capacité réelle de l’Afrique !

http://french.ruvr.ru/2014_05_19/Guinee-equatoriale-le-bon-exemple-pour-l-Afrique-9343/

Mikhail Gamandiy-Egorov

 

Indépendances des Républiques de Donetsk et de Lougansk : des choix légitimes

Indépendances des Républiques de Donetsk et de Lougansk : des choix légitimes

Les habitants des régions de Donetsk et de Lougansk ont fait leur choix quant à leur avenir. Celui de l’indépendance et du refus de se soumettre au diktat néofasciste imposé par des putschistes, adoubés par l’Occident politique. Les Républiques populaires de Donetsk et de Lougansk sont désormais des réalités que certains devront accepter, qu’ils le veuillent ou non.

Les référendums sur l’autodétermination des régions concernées ont bien eu lieu, comme prévu, le 11 mai. Et ce malgré les attaques massives contre les villes insoumises aux autorités putschistes pro-occidentales, notamment via les extrémistes néonazis du Praviy Sektor (Secteur droit), « fer de lance » armé du nouveau « gouvernement » ukrainien. Sans oublier les énormes pressions faites par les gouvernements occidentaux, notamment sur la Russie, afin que ces référendums ne puissent avoir lieu.

Mais rien n’y fait, la résistance antifasciste est allé jusqu’au bout et célèbre déjà sa première victoire importante. D’une part grâce à la résistance ardue des forces d’auto-défense qui ont résisté, et qui résistent encore, face aux attaques terroristes et actes de sabotage de la part des extrémistes soutenus par les élites occidentales. Et d’autre part grâce au courage des habitants de ces régions qui ont massivement répondu à l’appel de s’exprimer quant à leur avenir, et ce malgré les menaces venant de Kiev et de l’Ouest ukrainien envers les civils qui « oseraient » prendre part aux référendums et soutenir l’indépendance de leurs régions respectives.

Passons maintenant aux résultats. Dans l’ex-région ukrainienne de Donetsk où la question du référendum était la suivante : « Soutenez-vous l’Acte d’indépendance de la République populaire de Donetsk ? », plus de 90% des habitants ont opté pour l’indépendance (avec un taux de participation de près de 75%). En ce qui concerne l’ex-région ukrainienne de Lougansk, plus de 96% des habitants ont choisi la voie de l’indépendance avec un taux de participation également record avoisinant lui aussi le chiffre de 96%.

Faut-il encore s’en étonner ? Probablement que non. Les régions les plus travailleuses au sein de l’ex-Etat ukrainien et de loin les plus importantes du point de vue économique, entretenant des liens plus que privilégiés avec la Russie, ne pouvaient accepter le diktat de ceux qui ont créé le chaos dans un Etat qui autrefois s’appelait l’Ukraine. Le fameux Donbass, centre industriel et minier de premier plan, a donc choisi la seule voie légitime : celle de se séparer d’un Etat qui menace et tue sa propre population, en utilisant à cet effet des extrémistes racistes et xénophobes, et qui sert des intérêts géopolitiques étrangers.

Une bonne partie des médias du mainstream parlent eux de régions « séparatistes » ou « sécessionnistes » pro-russes. Deux questions que l’on devrait peut-être se poser là-dessus. La première est celle que l’on a déjà abordé : qui sont les séparatistes ? Ne seraient-ce pas ceux qui via un putsch armé extrêmement violent, ont pris le pouvoir à Kiev après avoir occupé les régions de l’Ouest, et qui ont tenté imposer leur « vision » ouvertement fasciste à ceux qu’ils considéraient comme des « citoyens de seconde zone », à savoir de la Crimée et des régions du Sud-Est ? Ne seraient-ce pas ceux qui ont ouvertement déclaré que ceux qui ne se soumettraient pas seraient écrasés ? Ne seraient-ce pas ceux qui affirmaient que les populations russophones et russophiles d’Ukraine sont des traitres à éliminer à tout prix, comme l’a d’ailleurs montré la tragédie d’Odessa ? Il est à penser que ce sont des questions légitimes.

Au final, un autre point qu’il serait important de noter. Puisque certains parlent de l’aspect ethnique de la crise. Eh bien, parlons-en. Si d’un côté, il y avait effectivement ceux qui s’étaient autoproclamés comme les « représentants de l’ukrainité » et comme étant des « Ukrainiens purs », principalement issus des régions de l’Ouest, en l’occurrence les amis de l’Occident politique, de l’autre il y a ceux qui bien qu’étant russophiles, ont toujours revendiqué une appartenance mixte et multiethnique. Pour autant, cela n’a jamais empêché des villes et régions à majorité ethnique ukrainienne, prendre fièrement position contre les putschistes et leurs bras droits néonazis.

Il suffit d’ailleurs de prendre l’exemple de la courageuse ville de Slaviansk, devenues l’un des principaux bastions de la résistance antifasciste, où les habitants ethniquement Ukrainiens représentent plus de 73% (les Russes étant un plus que 23%) de la population totale… A l’instar des autres villes voisines. Ou la Crimée, qui après avoir choisie le retour au sein de la Russie, a immédiatement adopté trois langues officielles : le Russe, l’Ukrainien et le Tatar de Crimée à l’image des principaux représentants ethniques de la presqu’île (ce que l’Etat ukrainien refusait toujours de faire).

Donc au final, même si l’Occident politique et médiatique refuse toujours (et refusera encore certainement) de l’avouer, ne serait-ce pas effectivement et mis à part les enjeux géopolitiques, une confrontation entre deux manières de voir son histoire et son avenir ? Entre ceux pour qui des sinistres personnages comme Bandera et Choukhevitch, collabos nazis responsables de pires crimes contre l’humanité avec leurs maîtres, seraient des « héros » et ceux pour qui les héros sont ceux qui ont sacrifié leur vie pour abattre la peste brune nazie. Et de la même manière si certains regardent à l’Ouest en espérant pouvoir occuper le marché du travail d’une Europe en pleine crise et qui ne leur ouvrira jamais ce marché, on ne peut que dire que c’est leur droit légitime. Mais de la même manière, lorsque d’autres qui comptent rester chez eux, être auto-suffisants et avoir des relations fraternelles avec la Russie, eux n’auraient pas droit au choix ? Très « démocratique » comme approche.

Les putschistes à Kiev sont dos au mur. Leurs chefs aussi. Les premiers ont détruit politiquement et économiquement « leur » pays. Les seconds, instigateurs habituels du chaos global, ont voulu occuper les régions stratégiques du pays (économiquement et géopolitiquement parlant), se retrouver aux frontières russes, et prendre une revanche sur les plus ou moins récentes victoires diplomatiques de la Russie sur la scène internationale par la même occasion. Au final ? Echec. Personne ne pourra stopper les mouvements populaires et démocratiques qui aspirent à défendre leur liberté et leur manière de penser jusqu’au bout.

Félicitations donc aux habitants des dignes Républiques de Donetsk et de Lougansk. Quant aux « élites » occidentales, apprenez à respecter vous-mêmes les « valeurs » que vous aimez tant exporter aux autres, notamment « la liberté et la démocratie ». Et surtout à ne plus s’allier avec des extrémistes de tout bord, qu’ils soient des intégristes salafistes ou des néonazis racistes. Peut-être qu’alors votre hypocrisie serait un peu moins visible.

http://french.ruvr.ru/2014_05_15/Independances-des-Republiques-de-Donetsk-et-de-Lougansk-des-choix-legitimes-6135/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Les autorités putschistes de Kiev et les instigateurs du chaos global, des criminels de guerre

Les autorités putschistes de Kiev et les instigateurs du chaos global, des criminels de guerre

Le 2 mai dernier, l’histoire d’un Etat qui jadis s’appelait l’Ukraine a connu un tournant. Un tournant qui désormais restera dans son histoire récente comme l’événement le plus tragique. Ceux qui jusqu’à encore tout récemment poursuivaient leur propagande en nous faisant croire que les menaces fascistes étaient « imaginaires » font face aujourd’hui à la terrible réalité, qu’ils ne pourront plus jamais cacher, ni nier.

On connaissait dès le départ la composante des pseudo-autorités de la « nouvelle » Ukraine. Néanmoins et cette fois-ci, la ligne rouge a été dépassée irrémédiablement. Le 2 mai, les néonazis de Praviy Sektor (« secteur droit ») ont attaqué les partisans de la fédéralisation dans la ville portuaire d’Odessa (Sud du pays). Les personnes attaquées se sont réfugiées dans le bâtiment de la Maison des syndicats. Les néonazis se trouvant à Odessa, dont la plupart étaient venus des régions de l’Ouest ukrainien, ont alors massivement jeté des cocktails Molotov sur le bâtiment qui a rapidement pris feu. Les personnes se trouvant à l’intérieur, en l’occurrence les opposants au pouvoir putschiste et partisans de la fédéralisation, ont en grande majorité péri dans cet incendie criminel.

Aux derniers chiffres : 46 personnes décédées (d’autres sources annoncent beaucoup plus, dont de nombreux disparus) et plus de 200 blessés, hommes et femmes, tous résistants antifascistes refusant la dictature néonazie adoubée par l’Occident politique. Par ailleurs, plusieurs victimes ont été asphyxiées par un gaz toxique d’origine inconnue, également jeté par les extrémistes. Tous morts dans des souffrances atroces. D’autres personnes sont mortes en sautant des étages supérieurs, tentant d’échapper aux flammes. D’autres encore, qui avaient réussi à sortir du bâtiment, ont été fusillés par les extrémistes néonazis qui les attendaient à la sortie. Les autres ont été abattus avec des machettes. Ceux qui ont réussi à survivre à ces crimes, blessés et après toutes les souffrances endurées, ont été forcés de passer par des humiliations : les ultra-nationalistes les ont trainés dans ce qu’ils ont appelé « le corridor de la honte » destiné aux « traîtres de la nation ukrainienne », le tout devant les caméras. Vraisemblablement un retour aux pires heures du nazisme, à l’instar de l’Allemagne des années 1930 et qui ont duré jusqu’au 9 mai 1945, jusqu’à la destruction et la défaite totale de la peste brune.

Réaction à Kiev suite à la tragédie d’Odessa ? Les putschistes rendent hommage aux « héros » ayant défendu Odessa et l’Ukraine des « séparatistes et terroristes pro-russes ». Réaction en Occident ? Pas mieux. Aucune condamnation officielle de ceux qui ont réalisé cet acte de barbarie. Les médias du mainstream, eux, parlent de « nombreux morts suite aux affrontements entre les partisans de l’unité de l’Ukraine et les activistes pro-russes »… Sans préciser qui sont les victimes et qui sont les bourreaux. De « l’objectivité » dont on est tant habitué. Seul Euronews, en tant que média occidental qui fait un peu plus attention à sa réputation, a confirmé que les personnes brûlées vives à Odessa étaient bien les partisans de la fédéralisation et que leurs bourreaux n’étaient autres que les membres de groupes extrémistes ultra-nationalistes et néonazis.

Encore plus choquantes étaient les réactions au sein des mouvements ultra-nationalistes et des pro-Maïdan en général. « Barbecue du mois de mai », « Traitres ayant mérité une mort lente et douloureuse. La même qui arrivera aux autres traitres », « grande victoire sur les séparatistes qui ont eu ce qu’ils méritaient »… Voici seulement quelques exemples de ces « réactions ». Et qu’en est-il de la « nouvelle » élite politique ukrainienne, notamment de certains « députés » siégeant au parlement ukrainien ? Reprenons leurs citations pour y voir plus clair…

Lesya Orobets, députée du parti Batkivchtchina (parti de la chouchoute occidentale Ioulia Timochenko) à la Rada :
« Cette journée est entrée dans l’histoire. Les Odessites, malgré la trahison de la police locale, ont défendu Odessa et montré à tous qu’Odessa, c’est l’Ukraine. La victoire a été acquise au prix de la vie des patriotes. Les attroupements de doryphores sont anéantis(surnom péjoratif que les néonazis ukrainiens utilisent pour désigner les citoyens russophones et les antifascistes, qui portent le ruban de Saint Georges, à rayures orange et noire, symbole de la Victoire sur les nazis durant la Seconde Guerre mondiale).

Iryna Farion, députée du parti Svoboda (néo-nazi) : 
« Bravo, Odessa, perle de l’Esprit ukrainien. Patrie des grands nationalistes Ivan et Iouri Lip. Que les diables brûlent en enfer. Les meilleurs insurgés, ce sont les supporters de football
(parmi les extrémistes néonazis présents à Odessa, nombreux étaient par ailleurs des « fans » ultras footballistiques). Bravo. 
Tenons bon. Nous surmonterons tout. C’est un défi de l’histoire : se libérer de tous les nids de guêpes de l’anti-ukraïnité. Nous n’avons pas su le faire par la voie de l’évolution, il faut chasser nos esclaves intérieurs par la guerre. Les Ukrainiens sont invincibles. La katsaperie
(katsap est un terme péjoratif désignant les Russes) s’étouffe dans sa propre arrogance. Bravo à nos guerriers. Écrasez-les vite ».

Je rappelle quand même que ces déclarations n’ont pas été prononcées par des skinheads xénophobes marginaux mais bien par des « députés » siégeant au Parlement de « leur » pays. Et côté Union européenne ? Voici la réaction de Piatras Aushtriavichius, vice-président du parlement lituanien, publiée sur sa page Facebook :
« Aujourd’hui, c’est le destin de l’Ukraine qui se décide. Les positions sont reprises, la propagation des doryphores est stoppée. Non sans victimes, mais c’est enfin l’éclaircie. Quel sera le matin à venir, nous verrons, il pourrait être radieux »…

Que dire de ces « commentaires » ? Si ce n’est : sans commentaires…

Autre point qu’il serait important de noter. On se souvient tous de certains « bien-pensants » occidentaux et russes aussi, qui affirmaient à haute voix que lorsque la Crimée a pris ses responsabilités pour se rallier à la Russie, que les populations locales n’étaient « aucunement » menacées par les putschistes de Kiev. Ils avaient le culot, au moment où les néonazis menaçaient ouvertement la Crimée et les régions du Sud-Est, de dire que personne n’était menacé par un génocide, ni par aucun massacre que ce soit. Aujourd’hui, on voit à quel point ils mentaient comme ils ont si bien l’habitude de faire. Un génocide a déjà commencé. Et pas uniquement contre la population russe et russophone d’Ukraine, mais bien contre tous les résistants antifascistes, contre tous ceux qui refusent de se soumettre au diktat fasciste imposé par le pouvoir putschiste et surtout les champions de la déstabilisation internationale : les Etats-Unis d’Amérique.

Pendant ce temps, la résistance ne faiblit pas. Au contraire, elle est plus forte et déterminée que jamais d’en finir avec la nouvelle peste brune ou en d’autres termes : la vermine nazie. La lutte se poursuit activement.

Dernières questions légitimes que l’on devrait se poser. Quand est-ce que les criminels de guerre et les vrais responsables des crimes contre l’humanité répondront devant la justice ? Quand est-ce que les instigateurs du chaos qui règne dans l’ex-Etat ukrainien et partout ailleurs : les Nuland, Ashton, McCain, BHL et autres que l’on voit sourire aux côtés des chefs néonazis ukrainiens, notamment Oleh Tyahnybok (chef du parti néonazi Svoboda), répondront devant la justice internationale ? A quand les mandats d’arrêts de la Cour pénale internationale (CPI) à leur encontre ?

En ce qui concerne la tragédie d’Odessa, considérée comme la nouvelle Khatyn (village biélorusse rasé entièrement par les occupants nazis durant la Seconde Guerre mondiale), nous ne pouvons que transmettre nos sincères condoléances à toutes les familles des victimes, ainsi qu’à tous leurs proches. Que les âmes de tous les martyrs, morts pour la cause juste, en combattant la haine et la vermine nazie, reposent en paix.

Les crimes ne resteront certainement pas impunis. Même les putschistes à Kiev l’avouent de plus en plus. Dernier exemple en date : Tourtchinov, « président » ukrainien (ou plutôt l’un des chefs putschistes pro-occidental), a avoué que la soi-disant « opération anti-terroriste » se déroulant dans les régions insoumises est très compliquée en raison du soutien des populations locales aux « séparatistes et terroristes pro-russes » (noms donnés aux résistants antifascistes). Effectivement et vraisemblablement la nouvelle défaite du fascisme est proche !

http://french.ruvr.ru/2014_05_06/Les-autorites-putschistes-de-Kiev-et-les-instigateurs-du-chaos-global-des-criminels-de-guerre-2609/

Mikhail Gamandiy-Egorov