Archives mensuelles : février 2015

Malgré toute la pression occidentale, les citoyens russes soutiennent massivement Poutine

Des gens tiennent l'image du Président russe Vladimir Poutine lors de la marche Anti-Maidan

Coup vraisemblablement raté pour les Obama, Cameron et autres Merkel. Les sanctions occidentales n’ont pas eu l’effet escompté.

A savoir un large mécontentement populaire qui dans le meilleur des scénarios pour les élites occidentales, aurait dû apporter un changement violent de régime, à l’instar du putsch anticonstitutionnel en Ukraine.Selon les données annoncées par le Centre analytique russe Levada (organisation indépendante non-gouvernementale) suite aux sondages menés au cours du mois de février, 86% des Russes approuvent la politique de leur président. Un pourcent de plus que le mois précédent.

D’autre part, Vladimir Poutine figure de nouveau en tête des personnalités politiques et publiques russes auxquels les citoyens de Russie font le plus confiance. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, figure lui aussi parmi les leaders…

Comme quoi très peu de chances (si ce n’est dire aucune) que le scénario du Maïdan kiévien puisse se passer aujourd’hui en Russie. Cela ne signifie pourtant nullement l’absence d’une cinquième colonne à l’intérieur du pays. Tout au contraire. Cette cinquième colonne ultra-marginale, sponsorisée généreusement et en premier lieu par les USA (qui ne le cachent guère d’ailleurs), est très majoritairement composée de libéraux radicaux et d’ultra-nationalistes. Voire du mixte des deux: comme l’un des favoris de l’ambassade étasunienne à Moscou, Alexeï Navalny, un mélange de libéral pro-occidental et d’ultra-nationaliste xénophobe. De tels personnages essaient par tous les moyens de faire du bruit pour attirer d’une part l’attention du mainstream médiatique occidental en qualité « de véritable opposition au pouvoir russe » et puis créer des provocations à l’intérieur du pays. Le tout dans le pur objectif de justifier l’argent reçu et venant des « fonds occidentaux pour la démocratie » (Soros & Co.) ou encore du Département d’Etat étasunien, entre autres.

Mais rien n’y fait, cela ne marche pas… Beaucoup, si ce n’est dire trop, d’argent dépensé par l’élite occidentale dans le but de déstabiliser la Russie de l’intérieur. Et l’effet désiré non seulement ne se rapproche pas mais au contraire ne fait que s’éloigner. Le message était pourtant clair: mettre au maximum la pression sur la Russie pour pousser les Russes à se révolter contre leur gouvernement. N’est-ce pas cela l’allusion que faisait M. Obama il n’y a pas si longtemps que cela encore?Et pourtant. La pression extérieure sur la Russie n’a cessé de croitre depuis le ralliement de la Crimée à la Russie et la guerre civile dans l’ex-Etat ukrainien. Chute du prix du pétrole, perte considérable de la valeur du rouble face aux devises étrangères: les Russes en très grande majorité restent infaillibles. Pourquoi et comment cela se fait? J’ai eu d’ailleurs l’occasion de répondre récemment à cette question sur l’antenne de Cameroonvoice (radio camerounaise panafricaine basée à Montréal). Les raisons sont les suivantes: les citoyens russes ne veulent pas que leur pays arrive à la situation chaotique de leurs voisins ukrainiens. D’autre part, les Russes comprennent parfaitement que certains désagréments du moment sont la condition nécessaire pour le renforcement encore plus important de leur pays, aussi bien sur le plan intérieur qu’extérieur. Et pour finir, de plus en plus de gens se rendent compte que le monde est véritablement beaucoup plus vaste que le monde dit occidental. Et comme quoi les vrais amis de la Russie, partisans eux aussi du monde multipolaire et ayant la même vision de l’architecture des relations internationales, ne manquent pas. Sans oublier un autre fait très important. Tout au long de l’histoire, les défis extérieurs n’ont fait que renforcer et cimenter la nation russe multiethnique et multiconfessionnelle. Des cours d’histoire que certaines devraient revoir.

Tout cela et d’autres choses encore font que le gouvernement russe a le mandat de son peuple pour poursuivre dans la voie choisie et dont les principaux leitmotivs sont la défense des intérêts nationaux de la Russie, ainsi que de sa souveraineté. Une souveraineté à laquelle tellement de nations aspirent et qui au vu des derniers événements ont pris (ou prennent en ce moment même) le destin entre leurs mains. Quant à l’hystérie collective des élites occidentales (politiques comme médiatiques) et qui commencent dans certains cas à atteindre le summum, elle ne prouve qu’une seule chose: la Russie et ses alliés vont dans le bon sens et il en sera ainsi.

 

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20150226/1014916614.html#ixzz3SsQGrxak

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Le Cameroun résiste jusqu’ici parce qu’il a regardé à temps du bon côté

Thierry Mbepgue

Thierry Mbepgue est un activiste patriote et souverainiste camerounais. Il est président fondateur du Mouvement Africain pour la Libération du Continent (MALCON) et par ailleurs Secrétaire général adjoint du Réseau Mondial des Défenseurs de la Cause Africaine (RMDCA.

Notre entretien portera sur les actualités brûlantes de son pays, à l’heure où le Cameroun fait face à la menace de la secte islamiste de « Boko Haram », ainsi que sur les questions d’actualité du continent africain.

Mikhail Gamandiy-Egorov, Sputnik France: Bonjour Thierry. Nous avons eu l’occasion de nous entretenir en juin de l’année dernière. Depuis, bon nombre de choses se sont passés, aussi bien au niveau du Cameroun, de l’Afrique et plus globalement du monde. La République du Cameroun mène aujourd’hui une lutte sans relâche contre la secte islamiste de « Boko Haram ». Quelles sont les nouvelles actualisées du front?

Thierry Mbepgue: Merci de m’avoir ouvert à nouveau vos colonnes pour cet entretien dans lequel vous me donnez l’occasion de parler du Cameroun, de l’Afrique et même du monde. C’est la preuve que, tout ce que nous faisons intéresse bien plus de personnes dans le monde qu’on ne pouvait l’imaginer. Comme vous l’avez si bien annoncé dans votre introduction, beaucoup de choses se sont passées, tant au niveau national qu’international. Le fait marquant de l’actualité reste la secte islamiste Boko Haram qui, telle une pieuvre a décidé de tendre ses tentacules dans toute la sous-région en perpétrant des actes terroristes au Cameroun, au Nigeria, au Niger et au Tchad. N’étant pas un soldat ou un fonctionnaire du ministère de la Défense du Cameroun, je ne peux que vous dire que les forces armées qui sont engagées sur le front contre la vermine font avec le soutien de la Russie et de plusieurs pays africains du bon travail. 

Sputnik France: A l’heure où les forces armées du Cameroun avancent et mènent des opérations à succès contre les terroristes, nous voyons au même moment une pression sans précédent des pays occidentaux sur le gouvernement camerounais qui insistent sur la « nécessité » d’une intervention occidentale. Une « offre » à laquelle s’oppose le leadership du Cameroun. Ton avis là-dessus et quelles sont selon toi les véritables motivations des élites occidentales?

Thierry Mbepgue : Les élites occidentales dont la France rêvent de prendre le contrôle des ressources naturelles de non seulement tous les pays de l’Afrique centrale, mais également celles de tous les pays du Golf de Guinée. Pour cela il faut s’attaquer au poumon économique de l’Afrique centrale qui est le Cameroun. Bien avant le déclenchement de la crise centrafricaine, j’annonçais déjà au monde entier qu’après toutes mes analyses faites, j’étais sûr et certain que le Cameroun est la cible d’un vaste complot international qui se profilait à l’horizon. En conséquence, nous avons lancé un appel pour dire aux Camerounais de toute obédience politique, religieuse, régionale et ethnique que c’est l’action nationale fondée sur le patriotisme et l’unité de ses populations qui pouvait les sauver.Pour nous, l’armée française avait planifié son affaire: profiter de la crise en Centrafrique pour diviser le Cameroun en deux. En effet, le déploiement des forces françaises de l’opération SANGARIS, en son temps, par le port de Douala et l’installation d’une base militaire provisoire à Ngaoundéré n’était pas un fait du hasard. La France voulait ainsi mettre en marche son même schéma qu’en Côte d’Ivoire ou en Libye. Ceux que vous appelez Boko Haram, aujourd’hui allaient à cette époque profiter de la présence de la France dans cette ville stratégique du Cameroun pour lancer une manifestation au cours de laquelle les manifestants allaient provoquer les forces de l’ordre qui à leur tour devaient réagir. Ainsi les médias hexagonaux allaient être actionnés par l’élite française pour accuser l’armée camerounaise d’avoir tiré sur les populations aux mains nues. Ce schéma s’apparentait déjà à celui de la Côte d’Ivoire dans lequel la France a armé des rebelles du nord pendant dix ans et qui ont finalement eu raison du pouvoir de Laurent Gbagbo.

Comme la force Licorne en Côte d’Ivoire, les forces françaises stationnées à Ngaoundéré, devaient profiter de leur présence pour demander un mandat d’intervention à l’ONU sous le prétexte de protéger les populations civiles menacées de tueries massives perpétrées par « une armée au service du dictateur Paul Biya ».Il faut noter aussi que la même France avait demandé à installer une base militaire dans l’est du pays pour, selon les autorités de l’Elysée « combattre les rebelles de la Seleka qui faisaient des incursions du côté du Cameroun ». Pour nous c’était un autre complot car en réalité, il s’agissait d’une stratégie planifiée pour prendre le contrôle du plus grand gisement de diamant au monde qu’on venait de découvrir dans cette région. Elle voulait ainsi s’installer pour transformer avec la complicité des rebelles de la Seleka cette région en « zone de guerre ». La France aurait eu la possibilité de piller les ressources minières, en toute tranquillité, comme ce fut le cas dans le nord de la Côte d’Ivoire, comme dans le nord du Mali. Vous comprenez donc que le désir ardent d’intervenir au Cameroun fait partie d’un complot savamment conçu par l’Occident pour s’installer au Cameroun où il n’existe aucune base militaire étrangère, chose rare en Afrique francophone. Nous sommes avertis, c’est pourquoi nous ne voulons pas de leur présence sur notre territoire. Donc laissez-moi vous dire que c’est désespérément qu’ils veulent par tous les moyens intervenir au Cameroun, sous le prétexte de lutter contre Boko Haram. Le président Biya sait que le même peuple qui a fait bloc derrière lui dans cette lutte peut se retourner contre lui s’il accepte que la France, qui a des comptes à rendre au peuple camerounais pour le génocide bamiléké et bassa, intervienne sur le territoire camerounais. Certains médias français ont lancé une véritable campagne de dénigrement de notre armée faisant écho d’elle comme étant « une armée désorganisée, faible et pas équipée » malgré leurs victoires reconnues sur le front, tout ceci pour pousser certains Camerounais faibles d’esprit à mettre la pression sur leur président afin qu’il accepte une intervention française. Des Camerounais ont été recrutés pour salir l’image du pays mais c’est peine perdue car le complot a déjà été déjoué. Souvenez-vous que dans notre entretien passé, j’avais dit qu’une Afrique nouvelle pointait à l’horizon. Il s’agit d’une Afrique déterminée à se prendre en charge, il s’agit d’une Afrique qui ne désire plus être traitée comme un enfant ou élève à qui on doit donner des leçons. Le Cameroun est devenu une « Nation » depuis que la secte islamiste Boko Haram a attaqué l’intégrité de son territoire.

Sputnik France: On parle de plus en plus ces temps-ci des liens supposés entre la secte « Boko Haram » et les services secrets occidentaux. Plus encore, il n’y a pas si longtemps des combattants européens qui se battaient aux côtés des terroristes, ont été capturés par l’armée camerounaise. Sans oublier les armes de pointe et les moyens de transport de dernière génération que possèdent les extrémistes et dont on a « un peu » de mal à comprendre la provenance.

Thierry Mbepgue: Je ne suis pas le seul à accuser les Occidentaux d’être derrière ce groupe. Tout récemment le président de la République du Soudan, Omar el-Béchir, dans un entretien avec la presse l’a confirmé. Oui plusieurs terroristes de race blanche ont été capturés selon certains médias, plus d’un millier de combattants de Boko Haram capturés se trouvent dans les prisons du nord. Plusieurs blindés, des chars de combat ont été saisis par notre armée. Officiellement, ils diront que les terroristes ont acheté ou volé ces armes en Libye, peut être que c’est aussi l’une des raisons pour laquelle ils ont attaqué la Libye et tué le guide Kadhafi en son temps. Ils disent aussi que ce sont des armes récupérées dans des casernes militaires nigérianes après la fuite de leurs soldats, mais la question est la suivante: qui forment ces fous furieux au maniement de ces armes?Sputnik France: Quelles seraient les forces dont l’assistance selon toi aurait un impact positif dans la lutte contre le terrorisme, aussi bien pour le Cameroun que toute la région, voire tout le continent?

Thierry Mbepgue: Le Cameroun résiste jusqu’ici parce qu’il a regardé à temps du bon côté. Être du côté de la Russie, de la Chine aujourd’hui est un parapluie qui vous couvre de la pluie d’hypocrisie et de mauvaise foi de certains pays occidentaux. Le bilan de la jeune coopération militaire avec la Russie et la Chine est très positif comparativement avec la France et certains pays occidentaux depuis les années cinquante. Donc sachez que si la Russie et la Chine assistent la coalition militaire qui a été mise en place par les pays d’Afrique centrale et l’Union africaine, la secte Boko Haram ne sera plus qu’un triste souvenir dans un délai très bref.

Sputnik France: Comment entrevois-tu, surtout au vu des événements récents, l’avenir du Cameroun et plus globalement de l’Afrique centrale? Et en tant que panafricaniste, partages-tu l’avis d’un autre panafricaniste avec lequel on s’est entretenu récemment, en l’occurrence Luc Michel, qui considère que le néocolonialisme US se prépare à remplacer celui des anciennes métropoles coloniales, dont bien évidemment la France? Quel impact cela aurait-il pour les pays africains?

Thierry Mbepgue: Certes, le réveil du Cameroun a mis du temps mais il n’est jamais trop tard pour se ressaisir. Les Camerounais ont très vite compris que s’était à eux de décider de leur destin et non pas à l’élite occidentale. La diversification de partenariat économique a mis le Cameroun à l’abri d’une certaine hégémonie historique dont il faisait face. Luc Michel, que je salue en passant est un homme avisé et averti que je respecte beaucoup pour ses analyses approfondies de la situation politique dans le monde. Ce qu’il dit des USA est juste. Mais aussi nous devons savoir que nous ne sommes plus à l’époque où une puissance fut elle la première du monde, pourrait soumettre aussi facilement des peuples à son diktat. Dans le cas du Cameroun et à l’heure où nous avons lancé sérieusement la diversification de nos relations extérieures, j’ai la foi que les USA ne pourront pas atteindre leurs objectifs néocolonialistes aussi facilement qu’ils le souhaiteraient. Surtout au moment où le Cameroun a le soutien de plusieurs grandes puissances, dont la Chine et la Russie.

Sputnik France: Tu as lancé récemment un projet de rassemblement des mouvements panafricanistes avec pour base la mise sur pied d’un état-major destiné à lutter en coordination pour la libération du continent africain: le projet UNIRTA. Raconte-nous ses objectifs et les résultats escomptés.

Thierry Mbepgue: Le « Projet UNIRTA » est un projet de rassemblement des mouvements panafricains, des partis politiques aux idéaux panafricanistes et des activistes panafricanistes. Plusieurs objectifs sont visés, parmi lesquels la mise sur pied d’une organisation de la résistance africaine dirigée par un bureau élu pour un mandat dont la durée sera définie par les textes fondateurs qui seront rédigés. La mise sur pied d’un mécanisme d’alerte générale, rendre facile et rapide l’échange d’informations entre les différents membres de la plate forme qui sera créée, rassembler les Africains au sein d’une organisation capable d’engager de façon instantanée des mouvements de soutien ou de protestation à travers tout le continent et même le monde. Puis créer une force populaire capable d’influencer les décisions non réglementaires prises par certains dirigeants africains, combattre ensemble et en masse les dictateurs et leurs parrains et alliés en Afrique, soutenir les dirigeants panafricanistes persécutés par les impérialistes, proposer des solutions en cas de crise sur le continent africain, œuvrer pour la paix en Afrique. Nous avons commencé à mobiliser les Africains pour sa mise en œuvre. Un tel projet nécessite un potentiel énorme en ressources humaines, moyens financiers et matériels, le soutien des dirigeants africains, de l’Union africaine, des organisations sous régionales ou même de toute personne désireuse de le voir être réalisé est souhaité. Je profite donc de cet entretien pour lancer un appel à tous ces Africains qui rêvent de voir l’Afrique sortir la tête de l’eau, aux amis de l’Afrique et je suis disposé à répondre à l’invitation de tous ceux qui désireraient avoir plus d’informations sur ce projet.

Sputnik France: Que peuvent faire les dirigeants africains, l’Union africaine, ainsi que les pays des BRICS pour soutenir votre projet?

Thierry Mbepgue: Les dirigeants de l’Afrique digne doivent soutenir ce projet en facilitant les déplacements dans leurs pays respectifs, en mettant à notre disposition les informations susceptibles de nous aider à atteindre nos objectifs et en nous aidant financièrement. Etant conscient qu’un tel projet soulèvera l’indignation des ennemis de l’Afrique, il revient à nos dirigeants d’assurer la sécurité de tous ces Africains qui s’engageront dans la lutte pour la libération de leur continent. L’Union africaine doit savoir dorénavant à travers ce projet quels sont les aspirations réelles de la majorité des peuples africains. Nous attendons d’elle de mettre à notre disposition les moyens financiers, matériels et morals nécessaires pour sa réalisation. L’Union africaine doit nous ouvrir sa tribune et ses médias pour expliquer aux Africains le bien fondé d’un tel projet. La Russie et la Chine sont rentrées en Afrique par la grande porte, il faut qu’elles acceptent d’y rester en œuvrant pour son développement comme elles le font déjà si bien. Ce sont des pays amis.

http://fr.sputniknews.com/interviews/20150225/1014896578.html#ixzz3SnvcwkQf

Mikhail Gamandiy-Egorov

Inde: le contrat pour les Rafale français en danger d’annulation

Un avion Rafale

« Suspens maximal sur le contrat indien », titrait il y a tout peu le quotidien français d’information économique et financière Les Echos.

En effet, les discussions sur le contrat de livraison de chasseurs français à la République indienne se poursuivent depuis déjà trois ans pour en arriver à la situation où il y a plus de chances que l’Inde annule la transaction que la France obtienne les 20 milliards de dollars initialement prévus…

Les raisons avancées par la partie indienne sont relativement simples: coût trop important pour le rapport qualité/prix, refus de la France de se conformer aux exigences de l’Inde en matière de transferts de technologie et d’offset, et puis surtout des alternatives existantes certainement plus intéressantes. Ces alternatives ont d’ores et déjà étaient nommés: les chasseurs russes Sukhoi Su-30MKI. Dans les couloirs de la récente visite de Vladimir Poutine chez l’allié indien, les bruits couraient déjà sur cette éventualité. Une « preuve » supplémentaire d’ailleurs que « l’isolation de la Russie sur l’arène internationale » est plus « qu’évidente »…

« La Russie est prête à signer un contrat avec l’Inde sur la livraison d’un lot supplémentaire de chasseurs Sukhoi Su-30MKI qui remplaceraient les Rafale français », c’est ce qu’a déclaré le directeur général adjoint de l’Agence russe d’exportation d’armements (Rosoboronexport), Sergueï Goreslavski, à RIA Novosti. Pour rappel, la Russie est traditionnellement le plus important partenaire de la République indienne dans le domaine de la Défense et cette dernière est tout simplement le plus important acheteur d’armements russes au niveau mondial (devant la Chine).Mais ce risque d’annulation avancé par le gouvernement indien est-il uniquement lié aux raisons citées plus haut? Probablement pas. Nous avons déjà mentionné dans nos articles précédents à ce sujet que dans tout domaine et surtout dans un secteur aussi crucial que celui de la Défense, l’aspect réputationnel joue un rôle prépondérant. Et la France d’aujourd’hui, ou plutôt son élite politique, ont déjà prouvé aux yeux de tous que sa réputation est gravement remise en cause, le tout au profit des intérêts outre-Atlantique mais aucunement français, ni européens.

L’affaire avec les Mistral en est la preuve nette. Ne pas honorer un contrat pour lequel le paiement est déjà dans les mains n’est pas digne d’un partenaire, quel qu’il soit. Jusqu’ici, la Russie a fait preuve de très grande patience dans cette affaire et n’a pas encore engagé de poursuites judiciaires contre la France. Des poursuites qui non seulement rendront à la Fédération de Russie la somme engagée mais également feront payer au gouvernement « français » de bien lourdes pénalités: au total environ trois milliards d’euros. Après tout, la patience a des limites.

L’Inde est à l’instar de la Russie, ainsi que des autres pays BRICS, une nation qui a toujours placé le respect de sa souveraineté et la défense de ses intérêts nationaux au plus haut. Son élite sait aussi parfaitement observer et analyser les événements qui se déroulent dans notre nouveau monde multipolaire, dont l’Inde est elle aussi l’un des principaux architectes. Il était donc trop simpliste de croire que l’Inde allait s’engager définitivement dans une transaction à onze chiffres sans être certaine de le faire avec le bon partenaire. Il est tout à fait normal de chercher la diversification dans ses partenariats extérieurs, c’est aussi à cela que sert la concurrence, et l’Inde ne fait pas exception sur ce point, néanmoins cette diversification ne peut se faire que lorsque le client est assuré que son cahier des charges et les conditions du contrat seront en intégralité respectés par l’autre partie.

Il est certain qu’au vu de la situation, la diplomation hexagonale et les professionnels de la Défense française vont engager de gros moyens pour tenter de convaincre l’Inde de finaliser ladite transaction. Néanmoins et vu l’état de sous-traitance dans laquelle se trouve la douce France à l’heure d’aujourd’hui, elle aura bien de mal à obtenir des résultats qui satisferont ses intérêts nationaux et à rendre la fierté méritée aux citoyens français.

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20150218/1014777994.html#ixzz3S6eu2wIt

Mikhail Gamandiy-Egorov

Poutine en Egypte. L’alliance stratégique se renforce

Vladimir Poutine (à gauche) et Abdel Fattah al-Sissi

Vraisemblablement, la Russie n’en finit pas avec son « isolation »… Après la Chine, l’Amérique latine, l’Inde, la Turquie et maintenant l’Egypte, c’est sûr que la Russie doit se sentir bien « seule » sur l’arène internationale. Heureusement que le ridicule ne tue pas (suivez le regard)…

Depuis l’arrivée d’Abdel Fattah al-Sissi à la tête de l’Etat égyptien, le pays des Pharaons a montré à maintes reprises son désir de se rapprocher considérablement de la Russie et de l’espace eurasiatique. D’ailleurs la première visite officielle du maréchal al-Sissi en dehors du monde arabe s’est faite justement en Russie, plus précisément à Sotchi, en août dernier.Cette fois-ci, c’était au tour du président russe de visiter son homologue égyptien, en terre égyptienne. Dans les rues de la capitale Le Caire, on pouvait voir les portraits de Poutine et les mots de bienvenue en arabe, russe et anglais. Comme résultat de cette importante visite: la signature d’un grand nombre d’accords. Revenons-y.

1) La Russie construira une centrale nucléaire en Egypte. L’accord a été signé à ce titre entre Sergueï Kirienko, directeur de l’Agence fédérale russe de l’énergie atomique (ROSATOM) et Mohammed Shaker, ministre égyptien de l’Electrification et de l’Energie. Vladimir Poutine a par ailleurs déclaré que « la Russie va non seulement construire ladite centrale nucléaire mais également créer et développer une toute nouvelle industrie nucléaire pour l’Egypte ».

2) L’autre aspect important de la visite concerne lui la coopération des deux pays dans le domaine de l’investissement. Ainsi, Alexeï Oulioukaev, ministre russe du Développement économique et Ashraf Salman, ministre égyptien des Investissements, ont signé un mémorandum d’entente dans le domaine des investissements et de la construction en Egypte. Des projets seront mis en œuvre dans des domaines tels que les infrastructures de transport, l’ingénierie ou encore l’industrie chimique. Poutine et al-Sissi ont également insisté sur la nécessité d’élargir les possibilités dans le partenariat bilatéral pour les petites et moyennes entreprises des deux pays. A noter qu’à l’heure d’aujourd’hui, plus de 400 entreprises avec des capitaux russes opèrent en Egypte.

3) Un accord pas moins important concerne la très sérieuse éventualité d’une zone de libre-échange entre l’Egypte et la Russie, et plus globalement avec l’Union économique eurasiatique. D’autre part et cela ne va certainement pas faire plaisir à nos « amis » étasuniens: les banques centrales de Russie et d’Egypte vont étudier rapidement la possibilité de passer aux paiements en devises nationales dans le commerce et les échanges mutuels…

4) Le tourisme. Autre domaine de partenariat privilégié entre les deux pays. Depuis la chute des Frères musulmans et la stabilisation du pays, les touristes russes ont massivement retrouvé les stations balnéaires égyptiennes, notamment celles de la mer Rouge (Hurghada et Charm el-Cheikh). Comme l’a noté le président russe, l’année 2014 a été une année record avec plus de 3 millions de touristes russes ayant visité le pays des Pharaons. C’est pourquoi et comme l’a bien noté le leader égyptien, son pays compte sur le renforcement du partenariat dans ce domaine entre les deux nations. Pour rappel, l’Egypte représente la destination favorite (avec la Turquie) des touristes russes. D’autre part, les citoyens de Russie sont de loin les plus nombreux visiteurs de l’Egypte, bien devant les Allemands ou encore les Britanniques.

5) Les deux Etats continueront en outre de développer et d’accroître leur partenariat dans le domaine de la coopération militaro-technique. Clin d’œil là-aussi aux USA, qui il n’y a encore pas très longtemps régnaient pratiquement en maîtres absolus dans cette sphère en Egypte. Mais vraisemblablement, les grands changements ne font que commencer.

6) L’agriculture. Beaucoup de nouvelles opportunités sont désormais offertes à l’Egypte en ce qui concerne l’export de ses produits agricoles, notamment des fruits. La République arabe d’Egypte étant déjà un partenaire important de la Russie dans ce domaine, désormais, avec les « sanctions » occidentales et les mesures de réponse prises par la Russie à l’encontre des produits occidentaux, dont européens, l’Egypte a ainsi occupé beaucoup de nouvelles niches dans un domaine où la Russie représente l’un des plus grands marchés au niveau mondial.

7) Pour finir, la Russie et l’Egypte vont activement collaborer dans la lutte contre les menaces terroristes, notamment celle venant du pseudo Etat islamique. Les deux leaders ont par ailleurs discuté de la situation en Syrie, des moyens à aider le pays à sortir de la crise et plus globalement de la situation au Moyen-Orient. La Palestine a également été abordée, les deux présidents ont insisté sur la nécessité de la création d’un Etat palestinien indépendant.

Que dire d’autre si ce n’est que les élites occidentales peuvent poursuivre leur cirque autant qu’ils souhaitent et affirmer constamment que la Russie se retrouve de plus en plus isolée sur la scène internationale. Bizarrement, à chaque visite officielle de Vladimir Poutine en territoires étrangers, autres que les pays occidentaux, c’est un accueil chaleureux qui lui est réservé. D’ailleurs, les médias du mainstream, commentant la visite du président russe en Egypte ont en partie bien dû le reconnaitre: « Poutine accueilli en grande pompe en Egypte, titrait Le Figaro. En ajoutant « que le président russe a été reçu comme un tsar »…

Il faut se rappeler qu’en pleine guerre froide et surtout au temps du grand leader panarabe Gamal Abdel Nasser, l’Egypte était un allié de poids de l’URSS. L’Union soviétique a soutenu son allié égyptien dans son opposition au néocolonialisme britannique, français et israélien. Grand nombre de spécialistes soviétiques travaillaient durant cette période en terre égyptienne. Sans oublier la construction du haut barrage d’Assouan et le soutien soviétique à l’Egypte durant la guerre qui l’opposa à l’Etat sioniste.

D’autre part, oui, le monde ne se limite pas à l’Occident. L’humanité représente beaucoup plus. Et cette humanité montre de plus en plus aujourd’hui son ras-le-bol du diktat voulu par cet Occident politique. Un ras-le-bol qui pourra à terme donner lieu à une vraie isolation de ceux qui menacent constamment d’isoler les autres. Bien que et il est très important de le noter, il n’est nullement question d’isoler les peuples européens et plus globalement occidentaux, surtout à l’heure d’un réveil évident des consciences et de la compréhension de plus en plus visible par ces peuples des réalités que leurs élites ont tellement longtemps voulu leur cacher. C’est donc ces « élites » qui vont devoir certainement payer, à un moment ou un autre, le prix d’une isolation qui apparait déjà à l’horizon.

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20150211/1014588543.html#ixzz3RSPupD1S

Mikhail Gamandiy-Egorov

L’ex-Premier ministre ukrainien Nikolaï Azarov a présenté son livre à Moscou

Nikolaï Azarov

Nikolaï Azarov, l’ancien Premier ministre du gouvernement de Viktor Ianoukovitch, a donné une conférence de presse à Moscou en lien d’une part avec la sortie de son livre « L’Ukraine à la croisée des chemins » et d’autre part compte tenu des événements tragiques ayant vraisemblablement mis fin à l’Etat ukrainien en tant que tel.

L’ex-Premier ministre ukrainien, à la grande différence de Ianoukovitch, n’a jamais été quelqu’un qui mâche ses mots ou qui manque de courage. Son apparition hier à Moscou et ses réponses données par rapport aux événements de son pays l’ont prouvé une fois de plus. Dans son livre, il revient sur les importantes possibilités de l’Ukraine qu’il voulait à tout prix développer et qui avaient commencé à donner du résultat (notamment la croissance de l’économie ukrainienne durant la période de son mandat). Des possibilités désormais volées.

Il est revenu également sur la raison pour laquelle il a dû quitter l’Ukraine en février de l’année dernière: la voiture transportant son épouse a été mitraillée (les terroristes vraisemblablement pensaient viser Azarov). Son épouse a survécu mais le signal était très clair. Dans cette « nouvelle Ukraine », la vie, surtout de ceux opposés à la junte, possède désormais un tout autre sens.

Il a mentionné aussi lors de sa conférence de presse et des débats télévisés qui s’en ont suivi les principales erreurs du président ukrainien, Viktor Ianoukovitch. La première étant de ne pas avoir eu le courage et sous pression occidentale d’aller jusqu’au bout afin de permettre aux forces de l’ordre de chasser les extrémistes néonazis de la place du Maïdan. D’autre part, d’avoir justement fait confiance aux élites occidentales qui ont ouvertement menti et n’ont réalisé aucune de leurs obligations (notamment la troïka des ministres des Affaires étrangères allemand, français et polonais).

Il est vrai, et c’est aussi la raison pour laquelle il a toujours de la sympathie au sein d’un nombre important d’Ukrainiens (du Sud-Est principalement) est que dès le départ de la révolte Made in USA, il était prêt à en découdre, chose que Ianoukovitch n’a pas fait et dont l’Ukraine aujourd’hui en paie les frais avec comme résultat un pays définitivement divisé, une situation économique chaotique et des perspectives plus sombres les unes que les autres.

Il n’a pas non plus oublié de souligner les raisons pour laquelle l’Ukraine avait décidé d’ajourner la signature de l’accord d’association avec l’Union européenne, une des « raisons » de la révolte maïdanesque. Elles sont pourtant simples: le gouvernement ukrainien s’était rendu compte qu’elle comporte bien plus de points négatifs que positifs (pour l’économie ukrainienne puisque c’est d’elle qu’il s’agit) et que cela mettait également en danger la coopération économique avec le voisin russe, de loin le principal partenaire économique de l’Ukraine à l’époque. Aujourd’hui, la situation qui prédomine dans la New Ukraine en est la meilleure preuve.

Pour finir, Azarov a rappelé que de facto il reste légitimement Premier ministre de l’Ukraine et qu’il ne reconnait pas les autorités putschistes qui dominent la vie politique ukrainienne depuis le coup d’Etat anticonstitutionnel. Tout en soulignant que ces nouvelles « autorités » sont anti-ukrainiennes, qu’elles travaillent uniquement sur ordre de leurs mentors outre-Atlantique mais aucunement en faveur du peuple ukrainien.

Selon un certain nombre de spécialistes, Azarov pourra peut-être devenir l’alternative à la junte kiévienne. Une sorte de gouvernement ukrainien en exil. Ianoukovitch ayant déçu un très grand nombre de ses partisans, notamment pour son manque de courage évident, Azarov lui continue d’inspirer la confiance pour une partie notable de citoyens ukrainiens. Mais vu la mainmise actuelle US & OTAN sur Kiev, il est bien peu probable de penser à son éventuel retour en Ukraine dans un avenir proche.

Par contre, la réalité d’une autre Ukraine, celle de Novorossia, se renforce elle de jour en jour. Et vraisemblablement personne ne pourra forcer cette réalité à faire marche arrière, ni Washington, ni Bruxelles, ni encore moins Kiev. Car malgré tous les massacres et les atrocités quotidiennes commises par les bataillons punitifs kiéviens et galiciens, Novorossia a prouvé qu’elle sait résister et qu’elle tiendra jusqu’à la victoire totale.

http://fr.sputniknews.com/analyse/20150205/1014386726.html#ixzz3R3Z2eFhQ

Mikhail Gamandiy-Egorov