Archives mensuelles : avril 2015

La Tchétchénie est la Russie !

Pour mettre les points sur les « i » sur le prétendu « conflit » entre Ramzan Kadyrov et le Kremlin, quoi de mieux qu’une citation récente :

« Les forces armées tchétchènes sont prêtes à intervenir à tout moment pour protéger la Russie. Surtout à l’heure des défis qui nous sont lancés par les USA et l’UE (…). La Tchétchénie, c’est la Russie ! Vive notre grand pays ! Vive notre leader national Vladimir Poutine ! Allah Akbar ! »

Ramzan Kadyrov, président de la République tchétchène.

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La présidente argentine à Moscou : nouvelle gifle à Washington

La présidente de la République argentine, Cristina Fernandez de Kirchner, est arrivée dans la capitale russe pour une visite officielle

La présidente de la République argentine, Cristina Fernandez de Kirchner, est arrivée dans la capitale russe pour une visite officielle de trois jours.

Une visite très symbolique, d’une grande personnalité politique. En effet, la présidente argentine fait partie de ces dignes leaders latino-américains menant une politique véritablement indépendante et souveraine, tout en soutenant activement le nouveau monde multipolaire.

Cette visite du leadership argentin en terre russe a confirmé le partenariat stratégique entre les deux pays. Et ce, après la tournée de Vladimir Poutine en Amérique latine de juillet 2014, dont la visite en Argentine. Une tournée ayant confirmé, elle, l’alliance avec la grande majorité des pays concernés. Les deux leaders ont abordé les dynamiques positives dans les relations bilatérales, ainsi que les problèmes existants. A noter que ladite visite a coïncidé avec 130 ans d’établissement des relations diplomatiques entre les deux nations.

Revenons maintenant aux accords qui ont été signés lors de cette visite de la présidente argentine en Russie. Ils sont bien nombreux:

— Mémorandum de coopération entre « Gazprom » et « Yacimientos Petroliferos Fiscales » (YPF) dans le domaine de l’exploitation pétrolière

– Programme de coopération russo-argentine dans le domaine de l’agriculture, de la pêche et de l’aquaculture pour 2015-2016. A ce titre, la déclaration du ministre argentin de l’Agriculture et de l’Elevage, Carlos Kasamikela, était très significative: « L’Argentine de par sa production peut nourrir 400 millions de personnes. Alors que notre population n’est que d’un peu plus de 40 millions. Nous souhaitons étendre nos relations commerciales en premier lieu avec la Russie ». Tant pis pour les producteurs de l’UE même lorsque leurs « élites » auront retrouvé la raison.— Protocole d’entente sur la coopération dans la construction d’une centrale nucléaire sur le territoire de la République d’Argentine par l’Agence fédérale russe de l’énergie atomique (ROSATOM)

— Programme de coopération dans le domaine de la culture et de l’art entre le ministère de la Culture de la Fédération de Russie et le ministère de la Culture de la République d’Argentine pour 2016-2018

— Mémorandum d’accord entre les ministères russe et argentin de l’Industrie et du Commerce

– Plan de coopération économico-commerciale et dans le domaine des investissements entre la Russie et l’Argentine, dans le cadre de la Commission intergouvernementale russo-argentine sur la coopération économique, commerciale, scientifique et technique pour 2015-2016— Plan d’action pour le développement du partenariat stratégique global entre la Fédération de Russie et la République argentine

— Accord sur la coopération militaire (salut à l’OTAN…) entre les ministères russe et argentin de la Défense

En effet, le partenariat russo-argentin sera global: économico-commercial, politique, militaro-technique, culturel. En parlant des liens politiques, la présidente argentine a réitéré son soutien à la position de la Russie sur la Crimée et le Donbass, tout en remerciant la diplomatie russe sur sa position par rapport aux Iles Malouines. Cristina Fernandez de Kirchner n’a pas manqué de fustiger une fois de plus l’hypocrisie des élites occidentales, notamment en ce qui concerne l’interprétation du droit international selon des doubles standards évidents.

Avec un volume des échanges économico-commerciaux augmenté de plusieurs fois depuis les dernières années, d’autant plus à l’heure d’aujourd’hui avec les nouvelles opportunités s’étant ouvertes à l’Argentine suite aux sanctions de réponse de la Russie visant les pays occidentaux, dont européens. Une compréhension et un soutien mutuels plus qu’évidents sur le plan politique et géopolitique. Ajouté à cela, le partenariat militaro-technique commun qui s’ouvre amplement bien que les deux parties ont décidé de garder le secret sur les détails (et c’est probablement mieux, les curieux et les jaloux n’ont qu’à maigrir).

Sans oublier la sympathie humaine évidente entre la présidente argentine et le président russe, que les rencontres communes ne font que confirmer à chaque nouvelle occasion. Entre temps et depuis les deux mandats de Cristina Fernandez de Kirchner à la tête de l’Etat argentin, elle n’a jamais visité les USA… Plus encore, l’Argentine fait partie des candidats plus que probables pour rejoindre l’alliance des BRICS et peut-être même devenir le sixième membre. Bienvenue une fois encore dans la nouvelle réalité.

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20150424/1015811373.html

Mikhail Gamandiy-Egorov

La « nouvelle Ukraine », Etat terroriste et criminel

Pistolet

L’Ukraine, ou plutôt sa version putschiste, avance vraisemblablement « à grands pas » dans la famille « européenne ». Un Etat, ou ce qu’il en reste, qui tourne désormais ouvertement vers la criminalité à tous les niveaux, ainsi que vers le terrorisme pur et simple.

L’Occident politique et médiatique, lui, ne fait que couvrir ces meurtres et atteintes à la liberté en ayant même le culot d’affirmer que l’Ukraine avance sérieusement sur « la voie européenne ». 

Il est quand même incroyable de voir une fois encore l’hypocrisie des élites occidentales. Une hypocrisie que l’on avait abordée tellement de fois. Mais à un moment, cela dépasse toutes les limites possibles. Après la tragédie de l’avion de la Malaysia Airlines, des accusations hystériques et sans fondements s’en ont suivi de la part des médias et gouvernements occidentaux, visant tantôt les résistants de Novorossia, tantôt directement la Russie et Poutine. Aujourd’hui ces mêmes « bien-pensants » sont devenus bien « calmes ». On est même arrivé à la situation où l’on voit à l’heure actuelle qu’il n’y a que la Russie et ses alliés qui soient véritablement intéressés à faire lumière sur cette tragédie.

Puis on a eu le meurtre à Moscou de l’activiste libéral, figure assez emblématique des années chaotiques russes 1990, Boris Nemtsov. Là-encore, l’hystérie occidentale n’a pas manqué, que ce soit au niveau des médias du mainstream ou des gouvernements. Un assassinat qui avait tout d’une provocation. Néanmoins le gouvernement russe avait promis de faire toute la lumière sur ce meurtre. Parallèlement, ces mêmes élites occidentales jouaient aux aveugles sur les disparitions, parfois quotidiennes, qui se déroulaient en Ukraine. D’autant plus que les victimes étaient presque toujours d’anciens cadres du président Ianoukovitch, bien trop souvent retrouvés « suicidés », selon la thèse officielle kiévienne.

Aujourd’hui, on y atteint véritablement le summum. Deux grands meurtres politiques en moins d’une journée. Le premier a ôté la vie à Oleg Kalachnikov, ancien président de la Rada (parlement ukrainien) et farouche opposant au putsch du Maïdan. Il a été retrouvé abattu à l’intérieur de l’immeuble où se trouvait son domicile, à Kiev. D’après les sources proches de la victime, Oleg Kalachnikov aurait dernièrement reçu plusieurs menaces émanant de groupes néonazis et ultra-nationalistes. Voici d’ailleurs ce qu’il a écrit à ses amis dans une lettre avant son assassinat: « Le génocide éhonté des dissidents, les menaces d’élimination physique et les insultes incessantes pour avoir appelé à fêter les 70 ans de la Victoire lors de la Grande guerre patriotique (que les nouvelles « autorités » kiéviennes tentent de faire oublier) sont devenues la norme dans l’Ukraine actuelle occupée par les nazis ».

 

Mais ce ne fut pas assez. On vient d’apprendre également l’assassinat d’Oles Bouzina, célèbre écrivain et journaliste ukrainien. Abattu dans la cour de son immeuble, toujours dans la capitale ukrainienne Kiev. Il était lui aussi bien connu pour être un opposant au putsch armé du Maïdan. Il restait néanmoins assez optimiste quant à l’avenir de l’Ukraine. Un avenir qu’il voyait avec la Russie. Des positions qu’il exprimait souvent lors de débats télévisés russes. Ces mêmes positions qui lui ont valu de perdre son poste de rédacteur en chef du journal « Segodnya » pour lequel il travaillait à Kiev. Ce ne fut pas assez pour les extrémistes néo-fascistes pro-occidentaux. Il leur a fallu l’atteindre lui aussi.

L’Ukraine tourne véritablement dans le terrorisme. Un terrorisme d’Etat dont on a déjà vu les résultats dans le Donbass et les massacres de la population civile. Comme dans d’autres territoires de Novorossia, notamment durant la tragédie d’Odessa avec des dizaines de personnes brûlées vives par des néonazis déclarés. On l’a vu avec le vol MH-17 de la Malaysia Airlines avec comme résultat près de 300 morts innocents, de différentes nationalités. Maintenant les putschistes kiéviens poursuivent leur « action » en assassinant tous ceux qui n’adhèrent pas à leur logique, le tout avec le soutien officiel et déclaré de Washington et de Bruxelles. On est également en droit de se demander où sont maintenant les cris des principaux médias occidentaux? Des « médias » surnommés désormais à juste titre comme des « médias-mensonges ». Mais il faut savoir que la vérité finit toujours par triompher. Et lorsque cela arrivera, les élites occidentales et leurs marionnettes fascisantes vont devoir répondre de leurs crimes. L’impunité n’est pas éternelle. 

Quant aux victimes et aux martyrs, que leurs âmes reposent en paix et que la terre leur soit légère. Condoléances aux familles et à tous les proches.

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20150416/1015692008.html

Mikhail Gamandiy-Egorov

Sommet des Amériques à Panama : claque à Obama et aux USA

Barack Obama au sommet des Amériques

Le sourire d’Obama et ses tentatives de faire semblant de maîtriser la situation ne lui ont pas permis de cacher la triste réalité pour lui et son pays : les USA se rapprochent d’un isolement évident dans le cadre des pays d’Amérique latine et des Caraïbes.

Qui aurait pu croire il y a encore 10-15 ans de cela que le pays dit « exceptionnel », se permettant encore à l’heure d’aujourd’hui de parler en porte-parole (autoproclamé) de la communauté internationale et agir en qualité de « gendarme » pouvant « isoler » qui que ce soit, arriver à la situation où c’est lui qui se retrouve clairement isolé, et ce dans ce qu’il considérait (et aimerait considérer encore) comme son arrière-cour?

En effet, c’est un bien triste constat pour la diplomatie étasunienne: les USA n’impressionnent plus. Leurs visions unipolaires du monde sont complètement hors-sujet dans le cadre du monde actuel. La très grande majorité des leaders d’Amérique latine n’ont à ce titre pas manqué d’afficher clairement leur unité face au souriant (nerveusement?) Barack Obama…

Les critiques de la politique US étaient explicites et sans langue de bois. Le président de la « nation exceptionnelle » ne pouvait en retour que continuer à sourire ou à faire semblant de ne pas entendre toutes les critiques le visant lui et plus généralement la politique de son pays, se trouvant encore psychologiquement dans une époque aujourd’hui révolue.

Mais à un moment ou un autre, il faut bien se rendre un minimum à l’évidence. Les USA faisaient bien lors de ce sommet figure d’un pays isolé. Plus encore, les quelques tentatives de manifestations pro-US de certains « dissidents cubains », ou plutôt d’agents de la CIA dans les rues panaméennes, ont rapidement dû faire face à de jeunes cubains et vénézuéliens venus soutenir leurs gouvernements avec des slogans ouvertement anti-étasuniens.

Ces images étaient d’ailleurs très symboliques: de vieux « dissidents » manipulés et contrôlés par le département d’Etat des USA, travaillant pour certains depuis des décennies contre les intérêts de « leurs pays » en face d’une jeunesse au sang neuf, fière, patriotique et déterminée d’aller jusqu’au bout, pas moins que leurs dignes dirigeants, devenus des symboles pour tout un continent et même pour le monde. On pense à Fidel Castro, Che Guevara, Hugo Chavez. L’opposition entre le vieux monde unipolaire et la jeune et fraîche multipolarité, enfin devenue réalité. Ce qui est sûr, c’est que la relève est bien assurée. Et cela ne peut que ravir.

Il ne restait donc à Obama qu’à affirmer, presque en se justifiant, que « la nouvelle politique des USA envers les Etats d’Amérique latine et des Caraïbes ne sera plus jamais la même ». Et plus que cela (c’est d’ailleurs sur cet aspect que les médias du mainstream ont accentué leur « attention »), le président US est allé à des rencontres privées avec les leaders cubain et vénézuélien, Raul Castro et Nicolas Maduro. Les pays donc les plus visés, dans le cadre des Amériques, par les agressions & tentatives de déstabilisation US récentes et moins récentes. Des pays aujourd’hui devenus des exemples de résistance au néocolonialisme Made in USA et de la défense absolue de la souveraineté pour grand nombre d’autres pays de la région, du continent et bien au-delà. Des nations qui ont beaucoup inspiré d’autres. Et malgré un certain optimisme diplomatique affiché suite à ces entretiens où vraisemblablement le franc-parler était maître (ne serait-ce qu’au niveau de Castro et de Maduro, pour Obama on peut en douter), les USA sortent véritablement perdants de ce sommet avec pour résultat une preuve supplémentaire qu’ils ne sont plus en capacité de poursuivre leur diktat. Quoi de mieux donc que de reprendre les principales citations de plusieurs chefs d’Etats lors de ce sommet:

« Je vous respecte mais je ne vous fais pas confiance, M. Obama ». Nicolas Maduro, président de la République bolivarienne du Venezuela.

« Nos peuples n’accepteront plus jamais la tutelle, l’ingérence et l’interventionnisme dans nos affaires intérieures ». Rafael Correa, président de la République de l’Equateur.

« L’époque actuelle ne peut plus permettre et tolérer des mesures unilatérales et des politiques visant à isoler ou sanctionner tel ou tel pays. C’est pourquoi nous rejetons l’adoption des sanctions US contre le Venezuela ». Dilma Rousseff, présidente de la République fédérative du Brésil.

« C’est tout simplement absurde de considérer l’un d’entre nous — pays d’Amérique latine — comme une menace ». Cristina Fernandez de Kirchner, présidente de la République argentine, faisant allusion elle aussi aux sanctions US visant Caracas.

« Les USA doivent cesser de transformer le monde en un champ de bataille. Les Etats-Unis continuent de considérer l’Amérique latine et les Caraïbes comme leur arrière-cour et les habitants de nos pays comme leurs esclaves »… Evo Morales, président de l’Etat plurinational de Bolivie.

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20150413/1015633071.html

Mikhail Gamandiy-Egorov

Russie-Vietnam : en route pour la zone de libre-échange dans le cadre de l’Union économique eurasiatique

Dmitri Medvedev au Vietnam

La toute récente visite du premier-ministre russe Dmitri Medvedev en terre vietnamienne a confirmé le haut niveau des relations avec la République socialiste du Vietnam.

Plus encore, les perspectives pour l’avenir proche sont encore plus prometteuses et cela concerne pratiquement tous les domaines sans exception: économie, politique, partenariat militaro-technique. Confirmant ainsi une fois de plus l’alliance stratégique entre les deux pays.

Plusieurs accords ont été signés dans le cadre de cette visite. 17 projets dits prioritaires ont été sélectionnés. La Russie fournira au Vietnam des avions civils, notamment le Sukhoï Superjet 100 et créera sur place des centres d’assemblage de véhicules russes. En outre, Gazprom Neft et La corporation de pétrole et de gaz du Vietnam vont collaborer dans le domaine pétrolier. Sur le plan énergétique également, de grandes chances que la Fédération de Russie construise au Vietnam la première centrale nucléaire du pays et assiste à la création du Centre pour la science et la technologie nucléaire. Par ailleurs, la Compagnie des chemins de fer russes (RZD) et les chemins de fer du Vietnam ont signé l’accord de partenariat dans le domaine de la logistique, ainsi que la réalisation de projets communs dans le domaine de l’infrastructure. Le tourisme n’a lui aussi pas été oublié. Les deux pays se sont mis d’accord sur le renforcement de la collaboration dans cette sphère, elle aussi stratégique pour le Vietnam. A noter que pour la seule année dernière, 400 000 touristes russes ont visité ce pays. Sur le plan des investissements, il est à rappeler que déjà à l’heure actuelle environ une centaine de projets à capitaux russes ont vu le jour au Vietnam.

En 2013, le volume des échanges entre les deux nations représentait environ 4 milliards de dollars. D’ici 2020, le volume devrait atteindre le chiffre de 10 milliards. C’est l’objectif qui a été fixé par les responsables russes et vietnamiens durant les pourparlers. Mais le point probablement clé de cette visite est le fait que le Vietnam compte dans les quelques prochains mois signer l’accord sur la création de la zone de libre-échange avec l’Union économique eurasiatique (les membres étant la Russie, le Kazakhstan, la Biélorussie, l’Arménie, le Kirghizistan en deviendra membre officiel d’ici fin mai, puis le Tadjikistan). Le projet qui fait tellement inquiéter l’élite étasunienne et qui représente « à leurs yeux » une nouvelle URSS.

Et compte tenu du fait que d’autres pays, non issus de l’ex-Union soviétique, ont déjà exprimé leur désir d’établir des zones de libre-échange avec l’Union économique eurasiatique, notamment la Syrie et l’Egypte, fait que l’inquiétude US passe de plus en plus au stade hystérique. Et maintenant voici le Vietnam, le dragon de l’Asie, l’un des pays montrant des taux de développement les plus intéressants sur le continent asiatique et possédant un potentiel énorme.

Le tout après le récent mini-scandale ou plutôt la « réclamation » des USA envers le Vietnam afin que ce dernier ferme la base russe de Cam Ranh (ex-base navale de l’URSS), aujourd’hui utilisée pour le ravitaillement des bombardiers russes. Les USA avaient vraisemblablement oublié les crimes terribles qu’ils avaient commis à l’encontre du peuple vietnamien. Ils ont par ailleurs visiblement oublié aussi la raclée qu’ils ont reçu du peuple du Vietnam qui avait ardemment et jusqu’au bout défendu son indépendance et sa souveraineté, le tout après s’être libéré du colonialisme français. En tout cas et faisant suite de ladite « réclamation » étasunienne, les diplomaties vietnamiennes et russes avaient alors gentiment demandé aux USA de s’occuper de… leurs affaires.

Pour finir, il est à noter que la Russie poursuivra son « isolation », tellement rêvée et chantée par l’élite US, à l’image des nombreuses alliances et partenariats stratégiques de la Russie confirmés depuis les derniers mois avec de nombreux pays et groupes de pays, dont bien évidemment le Vietnam. Et ce également à la veille de la visite du chef du gouvernement grec Alexis Tsipras en Russie, qui inquiète déjà tellement de monde au sein de Washington et Bruxelles.

Ainsi qu’après la décision du président de la République tchèque, Milos Zeman, ayant tout simplement décidé de fermer la porte du palais présidentiel à l’ambassadeur des USA, après que celui-ci ait eu le culot de critiquer sur la TV tchèque la décision du leader du pays de visiter Moscou pour le 70ème anniversaire de la victoire de l’URSS sur la peste brune nazie, le 9 mai prochain, oubliant vraisemblablement qu’il se trouve en terre non-américaine. Les USA comprendront-ils enfin que le temps de leur diktat, partout et toujours, approche irrémédiablement sa fin? Probablement pas encore mais cela viendra.

A noter d’ailleurs que la Russie assume depuis quelques jours la présidence de l’alliance des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) avec un agenda bien chargé et beaucoup de projets à réaliser. Mais cela, c’est une autre histoire.

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20150406/1015530703.html

Mikhail Gamandiy-Egorov

« Le Donbass ne refera jamais partie de l’Ukraine ». Entretien avec Konstantin Dolgov.

Konstantin Dolgov est co-président du Front populaire de Novorossia

Konstantin Dolgov est co-président du Front populaire de Novorossia.

Mikhail Gamandiy-Egorov, Sputnik France: Vous venez d’arriver de Donetsk. Comment se déroule la vie de la population depuis les accords de Minsk-2? Et globalement quelles sont les nouvelles?

Konstantin Dolgov: Le principal point positif de la trêve que l’on observe depuis les accords de Minsk 2 est que la population civile ne soit pas tuée. Néanmoins, la partie ukrainienne continue de violer l’accord de cessez-le-feu même si et il faut le dire cela se passe généralement sur la ligne de contact des forces ukrainiennes et de nos troupes. En ce qui concerne Donetsk, la ville est en train de revivre. On voit la réapparition d’embouteillages sur les routes. Et pour la première fois depuis le début de la guerre, on observe sur les points de contrôle des files d’attente de gens qui rentrent chez eux en République populaire de Donetsk depuis la Fédération de Russie.

Globalement, la situation reste très compliquée. L’un des principaux problèmes est que les retraités continuent de ne pas pouvoir toucher leurs retraites et ce depuis le mois de juillet de l’année dernière. Depuis le moment que Kiev ait tout simplement volé les retraites des gens. La position de la partie ukrainienne se résume au fait que puisque les habitants de Donetsk ont choisi la voie de l’indépendance, Kiev refuse donc de leur payer leurs retraites. C’est une approche véritablement hypocrite puisque tous ces gens durant de bien longues années avaient cotisé aussi bien au sein de la République socialiste soviétique d’Ukraine, puis au sein de l’Ukraine dite indépendante. De leurs salaires ils cotisaient au fonds de pension. L’argent du fonds de pension se trouve à Kiev. En conséquence de quoi, cet argent dû de plein droit aux habitants est tout simplement volé par Kiev et les personnes touchées ne peuvent jusqu’à présent pas toucher leurs retraites. Cette situation peut être caractérisée comme une catastrophe humanitaire. Nous avons à l’heure d’aujourd’hui environ 1,5 million de retraités qui se trouvent toujours sans retraites. Tout récemment nous avons commencé à payer les salaires aux employés de l’Etat, aux professeurs, médecins mais il y a encore un manque sérieux d’argent, en premier lieu cela concerne la masse monétaire. C’est ce qui a poussé le leadership de la république à déclarer que nous devenons une zone multi-devises où le rouble russe, l’euro ou le dollar ont tous une libre circulation au même titre que la hryvnia ukrainienne.

A Donetsk, comme dans nos autres villes, l’écho de la guerre se fait beaucoup ressentir. Beaucoup de gens ont été victimes dans ce qu’on appelle désormais l’ex-Sud-Est ukrainien. Et on le voit ne serait-ce qu’au niveau de notre fondation caritative Belaya kniga (« Livre blanc »), que je dirige. Tous les jours nous recevons des dizaines, et parfois même des centaines, de demandes d’aide. Directement de la part des personnes, ou via leurs proches, qui ont été blessés lors des attaques ukrainiennes. Certaines de ces personnes sont aujourd’hui handicapées. Ou encore de la part de personnes ayant perdu leur foyer après les bombardements ukrainiens. Notamment le village de Peski se trouvant non loin de Donetsk, qui a été tout simplement détruit et rasé. Les vétérans de la Grande guerre patriotique à l’instar des autres retraités ne touchent également pas ce qui leur revient de droit. Ce dont Kiev a l’obligation de payer mais qu’il refuse. Les orphelinats aussi se trouvent dans une situation très délicate, notamment au niveau de l’approvisionnement en produits de base, telle que la nourriture. Il y a des orphelinats aussi qui ont des problèmes de chauffage et d’approvisionnement en eau. En ce qui concerne les personnes devenues handicapées, bien souvent ils ont besoin de prothèses ou d’opérations couteuses. Des centaines de personnes juste à Donetsk.

Sputnik France: Tous ces problèmes que vous venez de mentionner, vont-ils pouvoir être réglés dans un avenir prévisible?

Konstantin Dolgov: Ils vont être réglés mais il faut bien comprendre que nous nous trouvons toujours en situation de guerre. Bien que la trêve soit globalement respectée, ce n’est un secret pour personne que l’Ukraine se prépare de nouveau à attaquer le Donbass. Vraisemblablement ils utilisent l’expérience du massacre opéré par la Croatie en République serbe de Krajina. Cette dernière était devenue un Etat à part entière mais la Croatie avec le soutien des instructeurs étasuniens et de sociétés privées appartenant également à de hauts gradés militaires américains, s’était alors préparée à la reconquête en mobilisant et en modernisant ses forces armées. Et au cours d’un « blitzkrieg » elle avait écrasé ce qu’ils appelaient « le foyer du séparatisme ». Kiev vraisemblablement prépare le même type de scénario et nous recevons bon nombre d’information confirmant cette thèse. Kiev mobilise ses citoyens. Bientôt leurs forces armées atteindront le chiffre de 500 000 personnes: l’armée ukrainienne, les soi-disant « bataillons territoriaux », la « garde nationale ». D’autre part, de sérieuses discussions sont menées sur les livraisons d’armes à l’Ukraine par les USA. Mais de fait les armes américaines s’y trouvent déjà et nous le savons. Lorsque nous avons libéré l’aéroport de Donetsk, nous y avons trouvé les armes Made in USA. D’autre part encore, l’Ukraine continue d’appliquer ce qu’ils appellent l’impôt militaire ou selon les termes officiels « l’impôt pour l’opération anti-terroriste » (1,5% de prélèvement sur les salaires et revenus ukrainiens, ndlr). De nouveaux véhicules blindés et autres armements sont envoyés à différents endroits, notamment dans les directions de Kharkov-Izium, Izium-Slaviansk et d’autres. Tout cela certainement pas pour appliquer les accords de Minsk.

Evidemment dans cette situation, il est encore difficile d’assurer une vie normale aux citoyens de la République populaire de Donetsk. Nous sommes obligés de nous préparer à la guerre qui très certainement aura lieu. C’est une question de temps. Nous allons assurer la défense des habitants de Donetsk, Lougansk et de nos autres villes. Cela nécessite évidemment beaucoup d’efforts, aussi bien au niveau du leadership de nos républiques populaires, ainsi que de tous les habitants. Et c’est ce qui rend difficile la reconstruction pacifique qui permettra de retrouver une vie normale. Notre devoir est d’assurer la sécurité de nos citoyens et le faire sans des forces armées efficaces est tout simplement impossible. Si l’Ukraine réussit à réaliser ses plans pour le Donbass et que nous ne puissions pas assurer une défense digne de ce nom, le nombre des victimes se comptera par centaines de milliers. Néanmoins et globalement la situation s’améliore déjà. Et aujourd’hui on peut même dire que dans certains domaines, la DNR et la LNR, dépassent le niveau des territoires ukrainiens, pourtant non touchés par la guerre. En premier lieu cela concerne les services publics. Les bâtiments résidentiels sont chauffés et bien mieux que dans le reste de l’Ukraine. D’autre part, nous avons gelé les prix pour les services publics alors que parallèlement en Ukraine sur certaines positions ils ont été augmentés de sept fois, notamment en ce qui concerne le gaz… Notre objectif est bien évidemment de poursuivre le travail dans cette voie afin que malgré la guerre et l’agression de l’Ukraine contre nos républiques, nous puissions assurer un niveau de vie meilleur dans nos républiques qu’en Ukraine. Il s’agit du meilleur argument possible pour tous les habitants qui se trouvent encore sur les territoires occupés par le pouvoir autoproclamé kiévien. Nous considérons que les 35 millions de citoyens de l’Ukraine qui se trouvent de fait pris en otages par un gang de criminels de guerre basé à Kiev, par les Porochenko, Iatseniouk et autres, représentent le véritable potentiel de développement de Novorossia auquel nous devons penser.

Sputnik France : Donc selon vous la reprise des combats est juste une question de temps, c’est bien cela?

Konstantin Dolgov : Oui. Et d’après les informations que nous possédons, cela peut arriver pratiquement d’un jour à l’autre. L’Ukraine possède toutes les possibilités de passer à l’offensive sur certains endroits du front déjà aujourd’hui. Bien que et il est important de le mentionner, l’application de Minsk 2 à la différence de Minsk 1 est garantie par plusieurs pays de la communauté internationale, dont deux possèdent un statut de puissances nucléaires: la Russie et la France. Mais il faut toujours se rappeler que la décision de violer l’accord Minsk 2 par Porochenko ne va pas être prise par ce même Porochenko, mais bien à Washington. Compte tenu d’une certaine stabilisation économique que l’on observe actuellement en Fédération de Russie: on voit que le rouble se renforce par rapport au dollar, que les sanctions appliquées par les USA et l’UE n’ont pas eu l’effet escompté sur la Russie, il est donc tout à fait probable qu’afin de recréer une situation de déstabilisation aux frontières russes, Washington poussera Porochenko à la reprise de la guerre chez nous dans le Donbass. La météo s’est détériorée en ce moment: un vent très fort, avertissement de tempêtes, à certains endroits fortes pluies et neige. Un moment donc qui n’est pas idéal pour lancer l’offensive. Mais les prévisions météorologiques annoncent que d’ici 10 jours, le temps deviendra ensoleillé. Au Donbass nous avons les steppes, qui sèchent rapidement. Donc toutes les conditions seront réunies du côté ukrainien pour un déplacement « confortable » de leurs véhicules blindés et donc pour attaquer nos villes. A notre niveau ce que je peux dire c’est que nous sommes prêts à contrer les attaques qui nous visent.

Sputnik France : En ce moment on observe beaucoup de discussions externes sur l’avenir de la DNR et la LNR. Certains parlent d’une « large autonomie » et qu’en tout cas les républiques populaires vont rester « au sein de l’Ukraine ». Pouvez-vous aujourd’hui répondre à cette question et mettre les points sur les « i »?

Konstantin Dolgov : Ce que je vais dire sera mon opinion personnel. Je parlerai de la tendance générale que j’observe. Cette tendance générale est simple: le Donbass dans tous les cas ne refera plus partie de l’Ukraine. Si c’était l’opposé, les millions de personnes vivant dans nos républiques ne le comprendront tout simplement pas et ne pourront l’accepter. Ils seront alors obligés de partir massivement. Où? Bien évidemment sur le territoire de la Fédération de Russie, le seul pays qui assiste véritablement Novorossia. En premier lieu grâce aux convois humanitaires que la Russie envoie dans le Donbass. Non, le Donbass ne fera pas partie de l’Ukraine. Nos habitants sont catégoriquement opposés à toute idée de retour au sein du pays qui massacrait ses concitoyens d’hier. En parlant d’indépendance, j’aimerai à ce titre faire un retour aux événements du printemps dernier, du printemps 2014 rentré dans l’histoire comme le « Printemps russe ». Nous allons regarder la vérité dans les yeux. Les gens qui sont sortis dans les rues pour manifester ne le faisaient pas pour la DNR et la LNR. Oui, il y avait ceux qui dès le départ réclamaient l’indépendance, il y avait aussi ceux qui prônaient la fédéralisation au sein de l’Ukraine. Ces derniers étaient certes bien minoritaires mais ils y étaient aussi. Le fait principal est que l’écrasante majorité des habitants des régions de l’ex-Sud-Est ukrainien voulaient suivre la même voie que la Crimée. Mais ce qui nous réunissait tous était le fait que nous réclamions la tenue d’un référendum pour déterminer le futur de notre terre dans la mesure où un coup d’Etat anticonstitutionnel venait d’avoir lieu à Kiev. Il n’y a donc plus de pouvoir légitime ukrainien au niveau de l’Etat. Le pouvoir passait au niveau des autorités locales qui devaient déterminer leur futur. Certaines d’entre elles ont préféré faire allégeance au gouvernement putschiste autoproclamé à Kiev. Mais les collectivités territoriales n’ont pas disparu et à ce titre Donetsk, Lougansk, Kharkov, Odessa et les autres régions voulaient qu’une seule chose: un référendum sur leur statut. Ce que je peux dire une fois encore c’est que dans toutes ces régions de l’ex-Sud-Est ukrainien, l’écrasante majorité des habitants souhaitaient suivre la Crimée et rejoindre la Fédération de Russie. Et même lorsqu’on a vu la formation des Républiques populaires de Donetsk et de Lougansk après le référendum du 11 mai dernier qui devait justement valider leurs indépendances, c’était vu par les habitants comme un statut provisoire. Le 8 mai je suis sorti de la prison de Kharkov et j’ai dû quitter le territoire ukrainien pour éviter une autre arrestation par les services spéciaux kiéviens qui se profilait pour me retrouver à Donetsk. Et en observant les sentiments régnants, aussi bien à Donetsk qu’à Lougansk, la création des républiques populaires était perçue comme une étape intermédiaire avant le rattachement à la Fédération de Russie. A ce titre, on se préparait à faire une demande officielle. Puis le 26 mai les premières bombes ukrainiennes sont tombées sur Donetsk. L’aviation ukrainienne a lancé ses bombardements. Et la guerre se poursuit jusqu’à aujourd’hui. Mais à titre personnel, je suis convaincu qu’à un moment ou un autre, la grande partie du territoire appelé Ukraine, à l’exception probablement des cinq oblasts de l’Ouest, va demander à rejoindre la Fédération de Russie, y compris Kiev.

Sputnik France : Donc selon vous le projet Novorossia va s’étendre bien au-delà des Républiques populaires de Donetsk et de Lougansk?

Konstantin Dolgov : Je pense qu’un jour on verra le drapeau de Novorossia en qualité d’un des sujets de la Fédération de Russie, au même titre que celui de la Crimée qui a été rajouté au sein du bâtiment du Conseil de la Fédération regroupant tous les drapeaux de tous les sujets composant la Russie. En fin de compte, on y verra aussi le drapeau de Novorossia.

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20150402/1015467226.html

Mikhail Gamandiy-Egorov