Crimée de nouveau russe : deux ans déjà

Célébration de l'anniversaire du retour de la Crimée

Le temps passe vite. L’impression est comme si c’était encore hier : les drapeaux tricolores russes dans les rues des villes criméennes. Des habitants émus et heureux : jeunes, personnes âgées, enfants, une joie véritablement sincère. La Crimée est de nouveau russe.

Tout cela est devenu, ou plutôt redevenu, réalité en mars 2014 après le référendum qui devait déterminer le futur de la péninsule en réponse au putsch armé du Maïdan, à Kiev. Le référendum aura lieu le 16 mars 2014. Deux questions y seront posées aux habitants: « Etes-vous favorable à la réunification de la Crimée avec la Russie dans les droits de la Fédération de Russie? » ou « Etes-vous favorable au rétablissement de la Constitution de la République de Crimée de 1992 et pour le statut de la Crimée dans le cadre de l’Ukraine ».

Le résultat sera sans appel. L’écrasante majorité des Criméens, autour de 97% des votants (taux de participation de 83,1%) choisiront la première option, celle d’une réunification avec le pays qu’ils ont toujours considéré comme le leur, la Russie. Faut-il le rappeler que durant la période 1990 (avant l’éclatement officielle même de l’URSS), les habitants de la Crimée avaient déjà très largement exprimé d’abord leur désir de quitter l’Ukraine soviétique et de créer la République socialiste soviétique autonome de Crimée comme sujet de plein droit de l’URSS. Là-aussi, plus de 80% des habitants prendront part au vote, plus de 93% des votants soutiendront la proposition. C’était en janvier 1991. 

Cependant, le 12 février, le Conseil suprême de la RSS d’Ukraine adopte une loi sur la restauration de la République socialiste soviétique autonome de Crimée en tant que partie de la République socialiste soviétique d’Ukraine. Un peu plus tard ce sera la fin de l’URSS. Et la Crimée se retrouve de fait intégrée de force au sein de l’Ukraine indépendante (ce que les Criméens redoutaient). Pourtant la Crimée ne va pas baisser les bras. Et le 5 mai 1992, le parlement de la Crimée adopte l’acte de l’indépendance de la République de Crimée. Le 13 mai, le Conseil suprême de l’Ukraine annonce que la décision criméenne est « contraire à la constitution ukrainienne » et suspend le résultat.

Côte criméen, les tentatives de justice historique se poursuivront tout au long des années 1990. Le problème est que la Russie post-soviétique de l’époque, bien mal au point, dirigée par des libéraux pro-occidentaux ayant plongé la grande partie du peuple dans la misère, avait évidemment d’autres intérêts. Il a fallu donc aux Criméens reporter leur volonté de justice à de meilleurs jours, tout en oubliant jamais qui ils sont. 

Le putsch armé du Maïdan à Kiev, capitale d’un Etat que les Criméens n’ont jamais dans l’écrasante majorité considéré comme le leur, sera la goutte de trop. Surtout au vu des menaces proliférées de la part des mouvements néonazis et ultra-nationalistes ukrainiens à l’égard des russophones, dont bien sûr les Criméens, si ces derniers ne reconnaitraient pas leur « nouveau pouvoir ». La réponse ne se fera pas attendre. Des groupes d’auto-défense s’organisent. Les témoignages des unités anti-émeutes Berkout, pour certains originaires de Crimée et de retour chez eux, ayant tout vu de leurs propres yeux au Maïdan de Kiev, ne font que confirmer les craintes des habitants et renforcent leur désir d’en finir avec l’Etat ukrainien une bonne fois pour toute.

La suite on la connait. La volonté populaire ne peut pas mentir et toutes les pseudo-accusations visant la Russie quant à une éventuelle « annexion » ou « occupation » de la Crimée ne sont rien, surtout lorsqu’on pose aujourd’hui, en mars 2016, deux années plus tard, aux jeunes et moins jeunes Criméens, Russes, Ukrainiens, Tatars, Grecs, Arméniens, Karaïmes,… la question s’ils sont heureux d’être en Russie et s’ils ne regrettent pas le choix de mars 2014. Je vous laisse deviner la réponse donnée dans l’écrasante, je dis bien écrasante, majorité des cas. D’ailleurs c’est l’aveu même des centres de sondages d’opinion occidentaux, qui sont forcés de reconnaitre une réalité tellement évidente. Les médias du mainstream, francophones, anglophones, germanophones et autres sont eux aussi forcés de le reconnaitre. 

Quant à la Russie, qui n’est heureusement aujourd’hui pas celle des années 1990, elle n’a que fait que soutenir le choix légitime des habitants de la Crimée. L’Ukraine, elle, se préparait déjà depuis un bon bout de temps au « divorce » avec la Crimée, terme qui a été employé dans un célèbre talk-show politique ukrainien avant même le référendum criméen mais au moment des violences du Maïdan. Un divorce qui n’a fait que se confirmer. D’ailleurs dans le cas Crimée/Ukraine, y-a-t-il eu mariage au départ? Probablement non, si ce n’est un mariage forcé.

Oui, la Crimée est bien russe. Elle bien rentrée à la maison qu’elle ne compte plus jamais quitter. Et toutes les sanctions que l’Occident politique maintient vis-à-vis de la Russie, en menaçant d’en engager d’autres, n’y changeront rien. La Crimée ne reculera pas, la Russie non plus. Plus jamais.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201603211023537205-crimee-russie-anniversaire/

Mikhail Gamandiy-Egorov

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