Archives mensuelles : juin 2016

L’Organisation de coopération de Shanghai : élargissement à l’horizon

Sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à Tachkent

Tachkent, la capitale de l’Ouzbékistan vient d’accueillir le Sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). Plusieurs questions étaient à l’ordre du jour : le développement de l’organisation, lutte contre le terrorisme et les défis liés à la sécurité régionale, élargissement de l’OCS.

En parlant de développement, le président du Kazakhstan Noursoultan Nazarbaïev a parlé de la possibilité de créer une zone de libre-échange dans le cadre de l’OCS. Une proposition qui a trouvé beaucoup d’échos positifs. En parlant d’élargissement et c’est en effet un sujet de grande importance, l’Inde et le Pakistan deviendront vraisemblablement membres à part entière lors du prochain sommet de 2017 qui aura lieu à Astana, la capitale kazakh.

L’Iran qui est observateur au sein de l’organisation a lui aussi de sérieuses chances de devenir membre de plein droit au sein de l’OCS. La candidature de l’Iran est d’ailleurs soutenue aussi bien par la Russie que par la plupart des autres membres, notamment les autres pays d’ex URSS. A ce titre le président kazakh, qui est en outre l’un des principaux initiateurs de l’intégration eurasiatique, a parlé des perspectives dans le cadre d’un tel élargissement: « L’entrée possible à l’avenir de l’Iran au sein de l’OCS élargira les possibilités de notre interaction commune. En tenant compte de l’entrée des nouveaux membres, l’OCS représentera plus de 60% du territoire de l’Eurasie, 45% de la population mondiale, plus de 19% du PIB mondial ».

 

Pour rappel, l’Organisation de coopération de Shanghai réunit en son sein six membres fondateurs: 5 issus de l’ex-URSS, à savoir la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan, ainsi que la Chine. L’Empire du Milieu place d’ailleurs un très grand espoir en l’OCS et n’a pas manqué d’afficher plusieurs fois son attachement à cette organisation qui représente l’une des priorités de la politique extérieure chinoise. Cela a été d’ailleurs été confirmé à maintes reprises dans les principaux médias chinois. L’Inde et le Pakistan deviendront donc eux membres à part entière sous peu. L’Iran a de grandes chances de les suivre. La Biélorussie, la Mongolie et l’Afghanistan sont pour le moment observateurs. Des pays comme la Syrie, l’Egypte ou encore le Bangladesh ont quant à eux exprimé leur volonté de devenir membres-observateurs.

Bref, le monde poursuit son avancée. Et cette avancée n’est plus dictée par l’Occident. En tout cas de moins en moins. Ce qui prouve une fois encore que la multipolarité se renforce de jour en jour. Il était assez drôle d’observer les réactions hystériques de certains politiciens et diplomates occidentaux par rapport au fameux Brexit, en allant même d’accuser ouvertement la Russie et Poutine d’être les « grands gagnants » de cette histoire. Pour répondre à cela, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avait parlé de « cas cliniques » et qu’il n’était pas habilité à faire d’autres commentaires car n’ayant pas reçu de formation médicale… Difficile de dire mieux. 

En effet, l’Occident politique s’est tellement obsédé à l’idée de son « exceptionnalisme » et de son « rôle spécial » pour l’humanité, qu’il en devient hystérique à voir qu’à d’autres endroits du monde il ne représente plus un intérêt si important. Le Brexit, le Frexit, ou quoi d’autres encore: tout cela est le choix souverain des Européens. Que nous respectons.

Mais pour autant il serait surtout bon que les Occidentaux comprennent, en premier lieu les élites occidentales, qu’un autre monde a déjà vu le jour. Et ce nouveau monde, c’est cela notre priorité. Le modèle occidental de la vision du monde a montré toutes ses limites, et surtout ses bassesses. Une large partie de l’humanité n’en veut tout simplement plus. Donc il faudra s’y faire à cette réalité. 

Et pendant que les élites washingtoniennes et bruxelloises continueront leurs « débats » sans fin sur l’avenir de l’UE, à notre niveau on poursuivra l’intégration eurasiatique, tout comme celle de l’OCS et des BRICS. A chacun ses priorités.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201606271026187776-ocs-tachkent-elargissement/

Mikhail Gamandiy-Egorov

La Russie est un pays ouvert et le restera. Tout en restant attaché aux valeurs traditionnelles qui nous sont propres. Les « valeurs » que certains essaieront de nous exporter trouveront toujours une réponse adéquate. « Les mariages pour tous » et autres conneries, que cela reste chez les exportateurs de telles « valeurs ».

Pendant ce temps, je préfère ce genre d’image : femme belle et féminine, homme responsable et fort.

« Du panafricanisme théorique au panafricanisme pratique ». Entretien avec Thierry Mbepgue

Thierry Mbepgue

Thierry Mbepgue est un activiste patriote et souverainiste camerounais.

UNIRTA

Il est en outre président fondateur du Mouvement Africain pour la Libération du Continent (MALCON), secrétaire général adjoint du Réseau Mondial des Défenseurs de la Cause Africaine (RMDCA), ainsi que le fondateur du projet UNIRTA, destiné à rassembler les différents mouvements panafricains, aussi bien en Afrique qu’au-delà, dont le lancement officiel est prévu le 27 août prochain à Douala, la capitale économique du Cameroun.

Sputnik France: Bonjour. Le lancement désormais official de votre projet panafricain UNIRTA est prévu pour le mois d’août à Douala. Il est à penser que beaucoup de choses ont évalué depuis notamment notre dernier entretien. Racontez-nous.

Thierry Mbepgue: Bonjour. Oui justement le lancement officiel du projet UNIRTA est prévu pour le 27 août 2016 à l’hôtel la Renardière de Douala. Comme vous pouvez le constater, tellement de choses ont évolué dans la mesure où nous avons jusqu’ici malgré les innombrables difficultés rencontrées réussi à installer plusieurs coordinations nationales dans plusieurs pays africains et étrangers. Les Africains s’intéressent de plus en plus au projet parce qu’ils ont compris son bien fondé, les objectifs qu’on veut atteindre à travers lui et surtout le but qu’il vise.

Sputnik France: Parmi les intervenants qui selon votre annonce prendront part au lancement officiel du mouvement, on trouve des représentants et activistes panafricains de différents pays d’Afrique mais également issus de la diaspora d’Europe, d’Amérique du Nord et des Caraïbes. Cela signifie-t-il que les idées du panafricanisme se renforcent au sein de la diaspora africaine?

 

Thierry Mbepgue: Les idées du panafricanisme ont toujours existé au sein de la diaspora africaine. Nos frères de la diaspora n’attendaient qu’une plate forme comme UNIRTA pouvant leur permettre de s’exprimer ou de véhiculer leurs idéaux dans leur zone géographique respective. Le panafricanisme prône l’union sacrée des Africains, on ne peut pas le vivre tant qu’on reste divisé, voila pourquoi plusieurs intervenants viendront de l’étranger parmi lesquels les coordonnateurs nationaux, les représentants de partis politiques aux idéaux panafricanistes, les panafricanistes, les nationalistes, les activistes panafricains de différents pays d’Afrique et de la diaspora pour montrer qu’il est temps de passer du panafricanisme théorique au panafricanisme pratique.

Sputnik France: En parlant d’Amérique du Nord. Nous avions tous suivi les nombreuses violences policières à caractère raciste envers les représentants afro-américains, avec pas mal de fois un résultat létal pour les victimes. Quelle position adoptez-vous vis-à-vis de ces violences qui touchent des représentants US aux origines africaines? Est-ce qu’un contact est déjà pris en ce sens entre les représentants panafricains et certaines organisations afro-américaines? Une coordination aura-t-elle lieu?

 

Thierry Mbepgue: Je suis triste à chaque fois qu’un noir est victime d’acte de racisme aux USA. Je me dis toujours qu’on peut bien éviter dorénavant cela en montrant par des actes fermes aux coupables de ces violences que nous ne sommes pas faibles. Et pour cela, nous devons nous mettre ensemble pour devenir forts. Si tous les Noirs du monde, surtout les Africains se mobilisent instantanément dans tous les pays où une coordination UNIRTA est installée pour crier leurs indignations face à l’assassinat de leur frères aux USA par un policier blanc, je pense que cela emmènerai les autorités étasuniennes et surtout la communauté internationale à prendre des mesures strictes pour y mettre un terme.

Je suis entrain de nouer des contacts avec des organisations afro-américaines et bientôt j’irai en personne pour mobiliser comme je l’ai fais dans plusieurs pays africains. Ainsi une coordination sera mise sur pied.

 

Sputnik France : Revenons à l’Afrique. L’un des buts annoncés de votre mouvement est de combattre le néocolonialisme et de défendre la souveraineté des Etats africains. Par quels moyens comptez-vous-y arriver?

Thierry Mbepgue: Par tous les moyens conventionnels possibles. Je ne peux pas tout dévoiler ici car une stratégie dévoilée n’en demeure plus une, nous sommes dans une guerre. Tout ce que je peux vous dire est qu’UNIRTA sera le pire cauchemar des néocolonialistes. Nous allons défendre par tous les moyens la souveraineté des Etats africains. Nous avons plusieurs réseaux dont je vais vous dévoiler quelques uns:

1-Le réseau des médias, blogueurs, activistes et cyber activistes acquis à la cause: il est ici question de réunir tous les médias panafricains acquis à la cause de telle sorte que nos informations soient diffusées facilement et rapidement à travers le monde. Nous pouvons dorénavant salir un néocolonialiste présenté comme un saint par les médias occidentaux et laver un panafricaniste ou souverainiste salit par les mêmes médias impérialistes occidentaux. C’est ainsi qu’on a réussi à rendre propre l’image de Gbagbo qui était présenté par les médias occidentaux comme étant un grand criminel.

2-Le réseau des universités: pour une injustice vécu par un étudiant dans une université d’Afrique ou en Europe, nous pouvons déclencher instantanément des manifestations de protestations pacifiques dans tous les pays où nous sommes représentés pour attirer l’attention des dirigeants et afin que l’injustice soit réparée. Je prends un exemple bien récent: pour le cas du jeune étudiant handicapé qui s’était fait renversé par un cargo de police ivoirienne avant de prendre la fuite, toutes les universités membres de ce réseau de l’UNIRTA ont compati et marqué leur indignation, et cela a eu plus d’effets et d’échos.

3-Réseau des mouvements et partis politiques: je ne dévoilerai pas pour l’instant comment fonctionne ce réseau.

4-La fraternité

En tout cas et désormais, nous pouvons contrarier nos adversaires.

Sputnik France: On entend parfois des appels demandant une « intervention armée » directe de pays comme la Russie ou la Chine pour libérer totalement l’Afrique de l’interventionnisme occidental. Mais n’est-ce pas aux Africains de se mobiliser en premier lieu s’ils souhaitent passer à autre chose? Que pensez-vous là-dessus?

Thierry Mbepgue : J’avais déjà dit ici que le moment était propice pour les Africains de prendre enfin leur indépendances, il leur suffit de regarder du bon côté. Pour moi, le bon côté est celui de ceux qui combattent la même force qui maintient l’Afrique esclave depuis des décennies, le côté de la Russie et les BRICS en général. L’Afrique a besoin de la protection russe, chinoise pour s’affirmer sans être inquiétée. Tant que les quelques rares dirigeants africains qui ont manifesté jusqu’ici le désir de s’affranchir n’obtiendront pas la garantie sécuritaire de la Russie, ils ne parviendront pas à aller jusqu’au bout de leur ambition. Que le cas de la Syrie sert de leçon aux Africains. Il ne faudrait pas non plus oublier que c’est bien l’ex URSS qui a aidé beaucoup de pays à se libérer du joug occidental, pourquoi la Russie ne ferait-elle pas la même chose aujourd’hui?

 

Sputnik France : En parlant d’Occident et notamment de ses élites, vous et vos camarades panafricanistes allez-vous suivre les prochaines élections présidentielles aux USA de cette année et de France l’année prochaine? Des préférences à transmettre ou la politique occidentale restera la même?

Thierry Mbepgue: Pour nous, ils sont tous les mêmes, bonnet blanc, blanc bonnet. Nous les Africains devrons plutôt travailler dans le sens de mettre sur pied une force pouvant contrecarrer celle d’en face. L’ennemi idéologique c’est justement la politique occidentale en Afrique.

Sputnik France: Justement les élites occidentales ont repris la déstabilisation active des pays de l’alliance BRICS (le Brésil récemment, l’Afrique du Sud est également visée de l’aveu même de plusieurs hauts cadres du parti au pouvoir l’ANC) et de leurs alliés, notamment en Amérique latine (Venezuela) ou en Afrique (Zimbabwe, Burundi,…). Quel apport les mouvements panafricains comme le vôtre peuvent-ils apporter pour contrer ces tentatives?

 

Thierry Mbepgue: Il faut conscientiser les populations, les sensibiliser sur le danger qui plane sur les pays, il faut pouvoir dénoncer le complot qui pèse sur les Etats et le chaos qui s’en suivrait si les populations suivaient les déstabilisateurs. Et lorsqu’un pays est déstabilisé, nous pouvons empêcher le factotum de diriger par des actions comme la désobéissance civile, la paralysie économique, qui sont très efficaces dans un tel cas de figure.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201606211026043694-panafricanisme-theorique-pratique/

https://fr.sputniknews.com/authors/mikhail_gamandiy_egorov/