Archives mensuelles : avril 2018

Mon intervention récente sur AFRIQUE MEDIA TV dans l’émission La Ligne Rouge, que je vous invite à regarder.

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Les exportateurs africains et l’eldorado russe

Un supermarché à Moscou

La crise entre l’Occident et la Russie ouvre des perspectives prometteuses à d’autres acteurs économiques. La place laissée libre par les producteurs occidentaux, notamment dans l’agroalimentaire, pourrait ainsi bénéficier aux pays africains.

La Russie représente encore un marché clé pour de nombreux exportateurs européens, qu’ils soient français, allemands, italiens, grecs ou autres. Pourtant, les pays de l’UE ont perdu pour très longtemps, voire pour toujours, de larges parts de marché dans le secteur agroalimentaire.

Les producteurs nationaux russes ont parfaitement su tirer leur épingle du jeu, au point qu’au-delà de l’autosuffisance dans plusieurs secteurs-clés, la Russie est devenue une puissance exportatrice de premier plan: elle s’est même hissée en 2017 à la première place mondiale des exportations de blé, devant les États-Unis, son principal concurrent à l’export.

Mais il serait également juste de rappeler que plusieurs pays non-occidentaux ont su profiter des occasions que représentent les contre-sanctions russes aux sanctions occidentales, y compris dans le secteur agroalimentaire. Parmi eux et hormis des pays voisins d’ex-URSS —hors Ukraine et pays baltes-, on retrouve la Turquie, l’Égypte, le Maroc, l’Afrique du Sud, la Chine, le Vietnam, le Brésil, l’Argentine, entre autres. L’Algérie voit aussi s’ouvrir des perspectives intéressantes et l’Afrique subsaharienne, en plus de l’Afrique du Sud, y aurait toute sa place.

De plus, commercer avec la Russie ouvre potentiellement les portes d’un marché encore plus vaste, celui de l’Union économique eurasiatique, qui comprend déjà la Russie, le Kazakhstan, la Biélorussie, l’Arménie et le Kirghizistan. Le Tadjikistan, lui, est candidat officiel à l’adhésion et la Moldavie est quant à elle membre observateur. Au total un marché de plus de 180 millions de personnes.

L’Afrique dispose d’un climat unique, propice notamment à la production de fruits exotiques —appréciés des consommateurs russes. Et à condition de créer des conditions favorables, les producteurs d’Afrique subsaharienne auraient toutes les chances de réussir. Et si jusqu’ici les exportateurs africains étaient surtout focalisés sur les pays européens ou du Moyen-Orient, il serait probablement temps aujourd’hui de penser à tisser des liens avec des partenaires russes. À cet effet, une intensification de contacts d’affaires entre les producteurs et entrepreneurs des deux parties, avec le soutien de leurs autorités respectives, serait sans aucun doute la solution.

Et à l’heure du retour de la Russie sur le continent africain, les opportunités mutuellement bénéfiques vont se multiplier, et pas uniquement dans l’agroalimentaire. Les voyages de délégations africaines en Russie, comme russes en Afrique, se sont multipliés au cours de ces derniers mois, des contacts facilités par plusieurs facteurs. Tout d’abord, l’Afrique dispose d’un nombre conséquent de cadres ayant été formés en URSS et en Russie. De plus, de tels échanges bénéficient du soutien des opinions publiques respectives de chaque pays: on sait par exemple que la Russie, notamment grâce à sa politique actuelle, est grandement appréciée dans pratiquement l’intégralité du continent africain.

Côté russe, les élites libérales de l’ère Eltsine, ayant crié et juré que l’avenir de la Russie est «uniquement avec l’Europe et l’Occident», ayant été écartées, le temps des illusions est bel et bien terminé. La Russie coopérera avec ceux qui respectent sa souveraineté, ses intérêts et ses valeurs —comme la Russie respecte et respectera les leurs.

Tout cela pour dire qu’il ne faudra pas s’étonner que la Russie et l’Afrique multiplient dans un avenir proche leurs échanges bilatéraux. De l’aveu des intéressés, il est aujourd’hui évident que la Russie peut beaucoup apporter à l’Afrique, comme l’Afrique peut beaucoup apporter à la Russie. Et cela concerne notamment les domaines sécuritaire, technologique, agroalimentaire, énergétique, minier, éducatif, culturel, du nucléaire civil. L’essentiel étant que la Russie, tout en pensant évidemment à ses intérêts, saura indéniablement aussi respecter et tenir compte ceux de ses partenaires africains. Ce fut le cas lors de la période soviétique, cela restera le cas avec la Russie contemporaine.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201804271036133999-afrique-eldorado-russie/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Le ministère russe de la Défense a présenté aujourd’hui, à Moscou, les fragments des missiles « intelligents » occidentaux abattus en Syrie.

Le Pentagone a dit refuser de reconnaitre qu’il s’agissait de missiles US.

Dommage, car le général Sergueï Roudskoï, chef du Commandement opérationnel principal de l’État-major de l’armée russe, a bien précisé au cours de son point de presse que les numéros de série, les dates et les marques de productions qu’on voit sur les engins permettaient d’identifier sans difficultés les origines de ces fragments, ajoutant que les résultats de l’analyse seraient utilisés pour perfectionner les armes russes.

Quand on parle d’humiliation, c’en est bien une 

S-300 en Syrie, bientôt une épine XXL dans le pied de l’Occident

S-300 Syrie

La volonté des États-Unis, de la France et de l’Angleterre de maintenir leur prétendu leadership mondial s’est heurtée au succès de la DCA syrienne face à leurs frappes. Une remise en cause des équilibres stratégiques au Moyen-Orient qui se verra confirmée par la livraison de systèmes russes plus modernes, les S-300, à Damas.

C’est un coup dur pour l’Occident politique. Lui qui pensait pouvoir imposer en toute impunité sa volonté de gendarme du monde autoproclamé à une nation souveraine, en a été pour ses frais: l’échec relatif des frappes du trio occidental USA-Grande-Bretagne-France sur la Syrie, n’aura fait que renforcer les partisans de la multipolarité.

Ce n’est pas en arborant ses muscles mous, y compris médiatiques, que l’Occident fera reculer les opposants à un ordre unipolaire complètement dépassé. Au contraire, face à des pays qui s’estiment toujours être au-dessus du droit international, les tenants de la multipolarité appliquent le célèbre dicton: aux grands maux, les grands remèdes.

Certes, lesdites frappes n’ont fait que ridiculiser une fois de plus leurs auteurs, sachant que plus de 2/3 des missiles «intelligents» tellement vantés par Trump ont été abattus par les systèmes de DCA soviétiques S-200 âgés de plus de 30 ans, même s’ils ont été sérieusement modernisés par les spécialistes russes présents en Syrie. D’autres missiles occidentaux, selon plusieurs sources, ont pu être déviés de leurs cibles par des spécialistes de la guerre électronique.

Face à cette agressivité des élites occidentales, il est évidemment question de renforcer les capacités défensives de la République arabe: désormais, Moscou envisage de livrer les systèmes S-300 aux Forces armées syriennes. Si jusqu’ici, cette option n’était mentionnée comme une simple éventualité, selon plusieurs sources militaro-diplomatiques la Russie semble maintenant être prête à passer à l’acte. Ces armements défensifs devraient être transférés à Damas dans le cadre de l’assistance militaire et technique entre les deux pays, qui inclura bien sûr la formation des spécialistes syriens par des instructeurs militaires russes.

À savoir pourquoi la Russie ferait don d’un tel équipement sophistiqué à la Syrie, la réponse tient en trois points simples: Damas est un allié de Moscou; la Russie a des intérêts légitimes à défendre en Syrie. Et, last but not least, la Russie peut se le permettre.
La Russie, par la voix du ministère des Affaires étrangères, a d’ailleurs rappelé que rien au niveau du droit international ne l’empêche de livrer des armes défensives à la Syrie.

Le S-300 est effectivement une arme défensive et elle représente à elle seule une évolution stratégique patente. Lors des récents succès de la DCA syrienne, que ce soit lors des frappes tripartites occidentales ou lors des attaques aériennes israéliennes, on pouvait déjà parler d’une réalité nouvelle en matière d’équilibres militaires. Avec la mise à disposition fort probable de S-300 à l’armée syrienne, le rapport de force va être d’autant plus modifié en faveur de Damas. Et cela, Washington, Tel-Aviv, Londres et Paris devront bien en tenir compte lorsqu’ils auront à nouveau envie d’organiser une vulgaire mascarade, comme ces frappes décidées sans aucun élément de preuve et sans même attendre le début d’une quelconque enquête.

L’essentiel est que l’Occident a bel et bien perdu sa sale guerre en Syrie. Et malgré tous les grands sacrifices qu’a réalisés ce pays pour rester debout, il en sortira gagnant. Et avec lui, ses alliés, dont la Russie. Les autres peuples ont quant à eux pu observer les événements et en tirer les conclusions qui s’imposent.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201804241036077740-dca-syrie-systemes-russes/

Mikhail Gamandiy-Egorov