Archives mensuelles : mai 2018

L’Afrique en force au Forum économique de Saint-Pétersbourg

Forum économique de Saint-Pétersbourg

La présence importante de pays africains au forum de Saint-Pétersbourg souligne la vitalité croissante des relations russo-africaines. En effet, au-delà des relations politico-diplomatiques, l’heure est de plus en plus au renforcement des liens économico-commerciaux entre les pays africains et la Russie.

S’il est vrai que les relations russo-africaines se ravivent avec les pays qui étaient déjà des alliés et des partenaires stratégiques du temps de l’URSS, on pense notamment à l’Angola, l’Algérie, le Mozambique ou encore l’Éthiopie, on assiste néanmoins à un véritable élargissement des relations Afrique-Russie. Cet élargissement est d’autant plus important que si encore récemment la Russie était surtout active dans la partie nord et sud du continent, on assiste désormais à un véritable renforcement avec toutes les autres régions du continent africain.

Cela est d’autant plus positif que l’Afrique sera fortement représentée au Forum économique international de Saint-Pétersbourg (SPIEF), qui aura lieu du 24 au 26 mai prochain. Comme en 2017, plusieurs hauts représentants africains seront présents, notamment d’Angola, du Burundi, du Mozambique, de Guinée, d’Afrique du Sud, de Namibie, du Gabon, entre autres. À noter que l’invité spécial de l’édition de 2018 sera Faustin-Archange Touadéra, Président de la République centrafricaine, à l’heure d’un rapprochement sans précédent entre Bangui et Moscou qui déplaît beaucoup à plusieurs capitales occidentales, en premier lieu Paris.

En fait et plus généralement, les gouvernements occidentaux, y compris européens, doivent se rendre à l’évidence: le temps où l’Europe bruxelloise était vue par beaucoup à Moscou comme un partenaire privilégié, est révolu. Aujourd’hui, la réalité est très différente, la Russie ayant misé sur une diversification massive de ses relations extérieures.

La récente déclaration d’Emmanuel Macron à ce sujet, affirmant qu’il «faille ne pas permettre à la Russie de se replier sur elle-même» fait assez sérieusement sourire. La réalité est au contraire que depuis le lancement des sanctions occidentales à l’encontre Moscou et des contre-sanctions qui s’en sont suivies, non seulement la Russie ne s’est pas repliée sur elle-même, mais au contraire, elle s’est largement ouverte au reste du monde, un monde dans lequel 90% de la population n’est pas occidentale.

Effectivement, c’est peut-être aujourd’hui un choc pour beaucoup de représentants de l’establishment occidental de devoir à faire face, dans la libre concurrence, à la Russie dans ce qu’ils considéraient jusqu’à ce jour comme leur «pré carré», mais il faudra bien s’y faire: chaque peuple, chaque nation, est libre de choisir les partenaires qui lui conviennent le mieux.

Une chose est pour autant certaine: les entreprises européennes travaillant en Russie ne souhaitent certainement pas perdre leur place sur le marché russe. Soit. La Russie elle-même n’a aucun intérêt à leur créer des obstacles inutiles.

Mais l’Occident devra aussi comprendre deux choses importantes. Le marché russe est ouvert à tous. Et de la même façon que des pays comme la Turquie, le Maroc, l’Égypte, le Brésil et plusieurs d’autres ont profité des positions perdues en Russie par nombre d’entreprises occidentales —principalement européennes, il faut savoir que la liste de pays qui pourront tirer profit de cette réalité ne fera à terme que s’élargir.

Deuxièmement, la Russie, en qualité de puissance exportatrice, aussi bien de matières premières, que de technologies et de services, continuera elle aussi à élargir sa participation dans des projets économico-commerciaux à divers endroits du monde, dont évidemment en Afrique.

Et toutes les raisons sont réunies pour cela. Cette interaction est voulue et saluée par un grand nombre d’Africains, sans oublier que la Russie ne vient pas en puissance-colonisatrice, mais en tant que partenaire qui souhaite traiter d’égal à égal. La Russie n’a pas de leçons à donner aux Africains, cela n’a d’ailleurs jamais été son but. L’essentiel est que ces échanges soient bénéfiques pour les deux parties et qu’ils puissent apporter un nouveau souffle sur le continent —un continent riche, convoité, mais dont la souveraineté continue d’être violée par un certain nombre de pays pensant qu’ils sont au-dessus des autres. Enfin, les moyens sont là aussi.

Pour le reste, Russes et Africains discuteront des détails à Saint-Pétersbourg.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201805151036384706-afrique-forum-economique-saint-petersbourg/

Mikhail Gamandiy-Egorov

В преддверии Великого Дня Победы, я вновь отдаю дань моим предкам защищавшим Родину от врагов.

На первой фотографии – мой прадедушка Гамандий Севастьян Филиппович. Офицер российской царской армии, участник Первой мировой войны. Награжден Георгиевским крестом 3-й степени.

На второй фотографии – мой дедушка, папа моей мамы, Михаил Гамандий Севастьянович. Подполковник ВВС СССР. Участник Великой Отечественной Войны. Участвовал в операции по эвакуации Иосипа Броз Тито – лидера югославских партизан, ставшего затем президентом Республики Югославия, и его товарищей, в ответ на проводимую нацистами Операцию « Ход конем ». Также был одним из тех, кто участвовал в организации отправки Иосифа Сталина на Ялтинскую конференцию. Участник Парада Победы. Награжден многочисленными наградами, в том числе Орденом Красной Звезды.

На третьей фотографии (слева, сидящий) – Павел Гамандий Севастьянович, брат моего дедушки. Участник Великой Отечественной Войны. Был командиром взвода батальона тяжелых танков. Стал полковником.

Александр Гамандий Севастьянович – младший из братьев. Участник Великой Отечественной Войны. Ушел на войну в 18 лет. С войны не вернулся.

Также, не могу не отдать дань памяти нашим прабабушкам и бабушкам – прошедшим через самые серьезные испытания. Безмерно горжусь вами.

Спасибо всем моим великим предкам за то, что отстояли свободу, независимость и суверенитет нашей Великой страны.

A la veille de la fête de la Grande Victoire de l’URSS dans la Seconde guerre mondiale, je rends de nouveau hommage à mes ancêtres, ayant défendu notre Patrie contre les envahisseurs.

Sur la première photo : mon arrière-grand-père Sevastian Philippovitch Gamandiy, officier de l’Armée impériale de Russie. A participé à la Première guerre mondiale. Décoré par la Croix de Saint-Georges – la plus haute récompense militaire de la Russie tsariste.

Sur la deuxième photo – mon grand-père Mikhail Sevastianovitch Gamandiy, père de ma maman, lieutenant-colonel de l’Armée de l’air de l’URSS. A participé à la Seconde guerre mondiale (la Grande Guerre Patriotique). Il a notamment participé à l’évacuation de Josip Broz Tito – chef des partisans yougoslaves, puis Président de la République de Yougoslavie, ainsi que de ses camarades, en réponse à l’Opération Rösselsprung (1944) menée par les nazis pour abattre Tito. Il a également participé au transfert de Joseph Staline à la Conférence de Yalta (février 1945). Il participera au Défilé de la Victoire de 1945 sur la Place Rouge, à Moscou. Titulaire de nombreuses décorations, dont l’Ordre de l’Etoile Rouge – l’une des plus hautes décorations militaires soviétiques.

Sur la troisième photo (assis à gauche) : Pavel Sevastianovitch Gamandiy, frère de mon grand-père. A participé à la Seconde guerre mondiale. Il était commandant d’un peloton du bataillon de chars lourds. A l’issue de sa carrière militaire, il sera colonel de l’armée soviétique.

Aleksandr Sevastianovitch Gamandiy, le plus jeune des frères. A participé à la Seconde guerre mondiale. Il partira au front à l’âge de 18 ans. Il ne reviendra pas.

Aussi, je ne pourrais ne pas rendre hommage à nos grands-mères et arrière-grands-mères – qui ont traversé elles aussi de si grandes épreuves. Je suis immensément fier de vous.

Merci à tous mes glorieux ancêtres pour avoir défendu la liberté, l’indépendance et la souveraineté de notre Grand pays.

Помню, горжусь. Je me souviens, je suis fier.

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Quand la présence russe en Centrafrique agace la France

 

Bangui

Le rapprochement Bangui-Moscou, suscite inquiétude et agitation dans les milieux politiques, diplomatiques et médiatiques occidentaux. La Centrafrique, longtemps considérée comme partie intégrante du «pré-carré» de l’Élysée, semble de plus en plus en route pour prendre en main son destin sans demander l’avis de l’ancienne métropole coloniale.

 

Depuis déjà quelques semaines, les principaux médias mainstream, dont France 24, Le Monde, RFI et d’autres ne cessent de commenter le rapprocher russo-centrafricain au grand dam des Occidentaux, notamment de Paris:

Cette inquiétude est d’autant plus justifiée que l’opinion publique centrafricaine donne largement raison aux instructeurs militaires russes, venus former les Forces armées centrafricaines (FACA) au maniement des armes livrées par la Russie. Dans un Vox Pop réalisé par la chaîne TV panafricaine Afrique Média TV dans la capitale de la RCA, les langues des citoyens centrafricains se délient:

Cerise sur la gâteau, cette opinion clairement anti-française et largement favorable à la Russie est loin de se limiter à la Centrafrique. Il suffit de poser ces mêmes questions n’importe où en Afrique, notamment francophone, pour s’en rendre compte. De Bamako à Abidjan, de Douala à Conakry, de Brazzaville à Niamey — partout, cette opinion est partagée.
Faut-il en être surpris? Aucunement. Violation constante de la souveraineté des pays africains, pillage des ressources naturelles, soupçons de viols sur mineurs — notamment en Centrafrique par les soldats français de l’opération Sangaris et la liste est loin, bien loin, d’être exhaustive.

Et la Russie? Son absence d’histoire coloniale en Afrique, son ferme soutien durant la Guerre froide aux mouvements africains de libération nationale, la formation de milliers de cadres africains dans le cadre de l’assistance et les succès récents de la politique extérieure russe — tout cela facilite largement le renforcement des relations russo-africaines, à l’heure du plein retour de la Russie postsoviétique en terre africaine.

Maintenant, parlons perspectives. Face à cette «révolte» politico-diplomatico-médiatique française face à «l’insolence» russe de venir mettre à mal la politique néocoloniale française et plus généralement occidentale, que va entreprendre la France? Il est assez clair que les forces spéciales françaises, tellement «efficaces» lorsqu’il est question de violer la souveraineté d’un pays africain, comme ce fut le cas en Côte d’Ivoire, n’oseront certainement pas attaquer directement des forces plus professionnelles qu’elles. Peut-on pour autant dire que leur capacité de nuisance est entièrement mise à zéro? Certainement pas. Les élites françaises, à l’instar des autres élites occidentales, vont certainement miser sur le financement de rébellions — existantes et nouvelles pour maintenir le chaos et entraver tout développement durable.

Comment réagir face à ces provocations? Le plus important selon moi, c’est de ne pas reculer. La Syrie, aujourd’hui un cas d’école, en représente certainement la preuve éclatante. Pour vaincre les forces néocolonialistes nuisibles, il faut rester debout, même lorsque l’ennemi pense qu’il est arrivé à son but. Évidemment, des alliés, et plus encore des alliés fiables, sont aussi un élément très important. Aujourd’hui, la République centrafricaine s’en rend compte chaque jour un peu plus. Les néocolonialistes, eux, peuvent continuer à fomenter de sales coups en prenant des calmants pour réduire leur stress, le fait est que face à des gens déterminés et surtout qui comprennent désormais les défis auxquels leurs nations font face, ils ne sauront vaincre. Le cadre multipolaire du respect de la souveraineté et de la dignité de chaque peuple s’impose. Et avec lui les nouvelles réalités. Dernier point: la rue africaine est aujourd’hui géopolitiquement clairement plus instruite que la rue européenne. Et cela aussi, c’est une garantie de la victoire à venir.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201805071036260444-russie-centrafrique-france/

Mikhail Gamandiy-Egorov