Archives mensuelles : juillet 2018

Russie-Afrique du Sud: d’une pierre, deux coups

Pretoria

Le partenariat entre Moscou et Pretoria a le vent en poupe. Déjà très fort dans les domaines politique, économique, culturel, sans oublier l’agroalimentaire, il est amené à se développer dans un domaine inattendu: Moscou propose en effet une solution à l’épineux problème des fermiers blancs qui doivent laisser leurs terres aux noirs.

Depuis la chute du régime raciste d’apartheid, les relations entre la République sud-africaine et la Fédération de Russie ont toujours été cordiales. Rien d’étonnant, sachant que l’ANC, le parti au pouvoir depuis la fin de la dictature néocoloniale, a été activement soutenu en son temps par l’Union soviétique. D’ailleurs, plusieurs des représentants de l’élite sud-africaine post-apartheid ont été formés dans des universités russes.

Le nouveau président sud-africain, Cyril Ramaphosa, est en ce sens dans la lignée de ses prédécesseurs, à savoir un partisan d’une relation forte avec Moscou, d’autant plus que les deux nations sont toutes deux membres de l’alliance BRICS. Illustration de ce partenariat privilégié, les deux pays ont lancé l’année dernière un régime sans visas pour leurs citoyens respectifs, pour des séjours jusqu’à 90 jours, donnant une impulsion supplémentaire à la promotion des investissements et du tourisme.

Par ailleurs, l’agence fédérale russe de l’énergie atomique (Rosatom) devrait construire une centrale nucléaire en terre sud-africaine, même si cela déplaît énormément aux concurrents occidentaux du projet et à leurs amis héritiers de l’apartheid, se trouvant aujourd’hui dans l’opposition. Secteur des mines, bourses d’études, manifestations culturelles conjointes,… Russie et RSA ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin: récemment, un nouveau volet est venu s’ajouter à cette longue liste de domaines de coopération… Assez inattendu.

Le leader sud-africain a en effet récemment annoncé qu’il comptait revenir à la question sensible qui tracasse depuis de longues années la société du pays: celle de la transmission des terres agricoles aux mains des représentants de la majorité noire. Car faut-il le rappeler, les meilleures terres agricoles de la nation arc-en-ciel restent détenues par des représentants de la minorité blanche. À la différence du Zimbabwe, de Nelson Mandela à Jacob Zumba, en passant par Thabo Mbeki, le leadership sud-africain a été vraiment très —certains diront trop- patient à ce sujet.

Si cela devait arriver, il serait bon de dire que cette décision serait amplement justifiée, sachant que nombre d’agronomes qualifiés noirs ont été formés depuis la chute de l’apartheid. Que d’autre part, il est effectivement illogique qu’une minorité issue du colonialisme puisse continuer à profiter d’un système né durant une époque d’injustice et de discrimination. Et qu’enfin, la République sud-africaine est un pays souverain, ayant droit d’adopter les mesures jugées nécessaires par ses représentants élus démocratiquement.

Mais que faire de ces fermiers blancs, pour la plupart descendant des Afrikaners néerlandophones, et hautement qualifiés dans le domaine qui les concerne? Eh bien, la Russie, qui offre depuis déjà plusieurs années des conditions inespérées dans le domaine agroalimentaire, notamment après l’établissement des sanctions occidentales à son endroit et les contre-mesures russes visant grand nombre de produits occidentaux, a ouvert la porte aux nombreux fermiers afrikaners afin de leur permettre de venir s’installer en terre russe. Un message vraisemblablement bien accueilli, puisque déjà 15.000 fermiers sud-africains sont arrivés dans le sud de la Russie et comptent se lancer dans un business qu’ils maîtrisent si bien. La terre russe, surtout celle du sud, leur offre d’une part un climat et des conditions de travail propices, sans oublier d’autres avantages fournis par le gouvernement local. Côté sud-africain, ces fermiers se disent prêts à investir chacun pas moins de 100.000 euros pour pouvoir lancer leur production. Faites le compte: 15.000 fermiers x 100.000 euros, cela fait déjà 1,5 milliard d’euros que le budget russe pourra recevoir, ajouté à cela l’énorme savoir-faire des fermiers en question.

Moscou fait d’une pierre, deux coups: d’une part, elle maintient de très bons rapports avec le gouvernement sud-africain, élargit au maximum le portefeuille de projets conjoints, tout en contribuant d’une certaine façon au règlement d’un problème né durant une phase sombre de l’histoire d’Afrique du Sud.

D’autre part, sachant que la Russie est devenue un nouvel eldorado pour les projets dans le secteur agroalimentaire, avec l’arrivée de ces milliers de spécialistes sud-africains hautement qualifiés, elle porte un coup supplémentaire aux intérêts occidentaux. C’est désormais certain: tout retour éventuel des produits agroalimentaires européens sur le marché russe sera extrêmement difficile.

Certains sceptiques nous annonçaient de grandes difficultés pour la Russie. Une fois encore, le pays ne fait qu’en sortir renforcé.
Il y a toujours des alternatives. L’essentiel est de les saisir.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201807171037246580-russie-afrique/

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Coupe du Monde 2018 en Russie: une réussite totale?

Mondial: Russie vs Arabie saoudite

Organisationnel, sportif, humain, les succès remportés par la Russie durant cette Coupe du Monde 2018 sont indiscutables. Et ce malgré toutes les attaques l’ayant visée au cours des années passées. Peine perdue, la Russie a montré ses atouts et surtout son véritable visage aux yeux du monde.

La haine antirusse a beau largement se maintenir dans les cercles politico-diplomatico-médiatiques de l’Occident, le fait est que cela ne changera absolument rien dans le processus déjà enclenché. La Russie poursuivra sa politique indépendante et souveraine, avec le soutien de l’écrasante majorité de sa population.

Voici ce qu’a d’ailleurs écrit à ce sujet Brahim Fassi Fihri — président fondateur de l’Institut Amadeus, le plus grand think-tank marocain, et fils aîné de Taieb Fassi-Fihri, ancien ministre marocain des Affaires étrangères et actuel conseiller du roi Mohammed VI: «Spasiba Russia! Bravo pour cette superbe Coupe du Monde réussie sur tous les plans. Les observateurs étaient dubitatifs tant sur la qualité de l’organisation que sur le succès sportif de la Russie, qui était l’équipe la moins bien classée de ce Mondial avant le tirage au sort en décembre dernier. La Russie a montré aux sceptiques qu’elle est un très grand pays ouvert sur le monde, avec un grand peuple, fier et accueillant!»

En effet, tous les «sceptiques» russophobes peuvent aujourd’hui poursuivre dans leur rage. L’organisation, de l’aveu des supporters venus des quatre coins du monde, a été parfaite. Les Russes, si souvent caricaturés en brutes sans sentiments, ont montré, quant à eux, que nous sommes un peuple effectivement fier, mais aussi ouvert au monde entier. C’est cela même la base du véritable patriotisme russe: un patriotisme qui unit un grand nombre de peuples de différentes appartenances ethniques et religieuses en une véritable communauté. Enfin et contre la plupart des pronostics, la Sbornaya, l’équipe nationale russe de football, a non seulement réussi le pari de se qualifier pour la phase finale de la compétition mais a atteint le stade des quarts de finale, le meilleur résultat jamais obtenu par la Russie post-soviétique. Plus que cela, elle a été à deux doigts de se retrouver en demi-finales. Et bien que cela ne soit pas arrivé, la nation toute entière, de Vladivostok à Kaliningrad, a exprimé sa profonde reconnaissance aux joueurs, à l’entraîneur et à tout le staff technique.

Bref, la fête en terre russe a largement dépassé les meilleures attentes. Prouvant que la Russie est bel et bien l’une des principales puissances internationales, et certainement pas uniquement sur les plans diplomatique, géopolitique ou militaire. Ce succès russe fera bien évidemment de nouveaux jaloux et augmentera sans aucun doute la haine néocoloniale de ceux qui haïssent traditionnellement la Russie, comme tous les autres pays non soumis au diktat occidental. L’autre fait qui les fera très certainement poursuivre dans leur hystérie antirusse, c’est le fait que l’unité du peuple russe reste inébranlable. Nous savons nous unir dans les moments de joie, comme dans ceux de tristesse. Nous savons surmonter les difficultés sur notre chemin. Et le patriotisme russe est tout sauf le rejet de l’autre, bien au contraire. C’est ce même patriotisme qui a permis, entre autres, aux chrétiens et aux musulmans de vivre en paix et en harmonie depuis de longs siècles. Il suffit d’ailleurs pour cela de se rendre en République du Tatarstan pour s’en rendre compte et pour comprendre l’idée de base de l’idéologie eurasienne.

Et tous ces supporters étrangers venus des quatre coins de la planète pour participer au Mondial russe et largement satisfaits de ce à quoi ils ont pu assister seront désormais les meilleurs ambassadeurs de la Russie dans leurs pays et régions respectifs. Et c’est là l’essentiel. Quant aux haineux, qu’ils continuent dans leur hystérie, cela ne cassera certainement pas le peuple multiethnique de Russie.

https://fr.sputniknews.com/worldcup-2018-archive/201807091037126830-coupe-du-monde-russie/

Mikhail Gamandiy-Egorov