L’Organisation de coopération de Shanghai: un instrument efficace face aux défis mondiaux?

A l’heure des nombreux défis sur la scène internationale, notamment liés au terrorisme et à l’extrémisme, le monde est toujours à la recherche d’instruments pour pouvoir y faire face efficacement. Surtout à un moment où il est devenu évident que les «options» proposées par les puissances occidentales, toutes confondues, ont apporté beaucoup plus de déstabilisations, que de solutions.

Il y a quelques jours, le représentant permanant de la République populaire de Chine à l’ONU, Zhang Jun, a appelé au renforcement de la coopération entre l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) et l’ONU dans la lutte contre «les trois forces du mal», pour l’Empire du Milieu les trois forces en question étant le terrorisme, le séparatisme et l’extrémisme. Cité par l’agence de presse chinoise Xinhua, le haut diplomate chinois a souligné que l’objectif de cette unification est de parvenir à la paix, la stabilité et le développement en commun.

Cette déclaration de Zhang Jun s’est faite en marge de la réunion de haut niveau portant sur le thème «La coopération ONU-OCS». Le représentant permanent de Pékin aux Nations unies a également tenu à souligner que depuis plusieurs années, les pays de l’OCS appliquaient le concept de sécurité collective et contribuaient ainsi de manière significative au renforcement de la stabilité régionale.

En effet, l’Organisation de coopération de Shanghai est par essence une grande organisation régionale regroupant les nations eurasiennes (Chine, Russie, Kazakhstan, Ouzbékistan, Kirghizistan, Tadjikistan, et plus récemment l’Inde et le Pakistan). Comptant également des Etats comme la Biélorussie, l’Iran, la Mongolie et l’Afghanistan en qualité de pays-observateurs, ou encore, entre autres, la Turquie en tant que partenaire de dialogue de l’organisation. Aujourd’hui, il apparait clairement que le rôle constructif joué par les membres de l’OCS dépasse celui du seul cadre régional.

Et ce malgré le «pessimisme» propagé au sein de plusieurs think-tanks pro-atlantistes. En effet, nombre d’analystes occidentaux – issus du monde anglo-saxon, francophone ou encore germanophone, avaient à plusieurs reprises voulu réduire les capacités d’action de ladite organisation. Pour certains parlant ouvertement de «bluff politique» et d’incapacité à pouvoir défier l’ordre unipolaire étasunien et otanesque. Il n’empêche qu’en observant les événements en cours sur l’arène internationale et les crises régionales aux quatre coins du monde, il apparait de façon évidente que c’est justement cette structure, dont les nations-membres partagent un regard multipolaire sur le monde, qui doit être placée sur le devant de la scène pour proposer des solutions non pas dans les paroles, mais bien dans les actes aux différentes crises internationales.

De façon générale, il serait grand temps aux experts autoproclamés de se regarder plutôt de façon objective dans le miroir, et de comprendre que si il y a bien de la place pour du pessimisme, c’est surtout vis-à-vis de leur propre vision et de leurs actions de par le monde. Après des années de présence en Afghanistan, les USA ont-ils réussi à faire quoi que ce soit qui nous permette de parler d’une issue positive à la situation, au point où de bien nombreux Afghans parlent avec nostalgie de la présence soviétique ? Qu’en est-il de la présence française en Afrique, et notamment au Sahel, où malgré l’impressionnante présence de soldats hexagonaux, les défis sécuritaires n’ont non seulement pas baissé, mais au contraire on assiste à une recrudescence de la violence, du Mali jusqu’au Burkina Faso, en passant par le Niger. Et que dire de la situation en Libye, pays plongé dans le chaos depuis l’intervention de l’Otan et ne pouvant depuis tourner la page de la violence, de l’extrémisme et du terrorisme – devenant par la même occasion une plaque tournante majeure du terrorisme international. Ces trois exemples, à eux seuls, illustrent l’incapacité occidentale à apporter des solutions aux problèmes mondiaux.

Pire que cela, l’Occident politique n’a toujours rien appris de ses erreurs. Et au lieu d’ajuster son approche conformément à la nouvelle donne multipolaire, il s’obsède dans la poursuite de se considérer comme étant le « porte-parole » de la communauté prétendument « internationale », le tout avec des résultats pour le moins… médiocres. Mais au-delà de cette incapacité à apprendre de ses propres erreurs et de changer sa mentalité toujours néocoloniale, l’Occident continue par la même occasion d’essayer d’instrumentaliser des éléments extrémistes, pensant qu’il peut dans ce puzzle complexe et dangereux sortir gagnant dans la promotion de ses intérêts géopolitiques et géoéconomiques. Il n’en est rien – car le résultat est tel que les éléments extrémistes instrumentalisés finissent toujours, à un moment ou un autre, à tenter de réaliser leur propre agenda, avec comme résultat une menace sécuritaire de premier degré pour les pays occidentaux eux-mêmes. La Syrie en est un exemple, parmi d’autres.

Pendant ce temps, les pays membres de l’OCS ont quant à eux déjà démontré des succès indéniables dans la lutte et la prévention de l’extrémisme. Que ce soit dans le cadre intérieur, régional ou international. En parlant toujours de la Syrie, ce pays que beaucoup pensaient anéanti, retrouve progressivement la paix, sachant que des dizaines de milliers de terroristes y ont été anéantis. Des dizaines de milliers de terroristes qui d’ailleurs, à défaut d’avoir été éliminés, ne se seraient nullement limités à la Syrie seule et planifiaient déjà à l’époque toute récente leur conquête internationale. Evidemment, les éléments extrémistes ne baissent pas les bras et gardent espoir de pouvoir reconstruire leur pseudo-califat à un autre endroit, il n’empêche qu’ils ont dû sérieusement revoir leurs projets à la baisse, après avoir perdu ces dizaines de milliers d’éléments en terre syrienne.

Et compte tenu de l’importance de l’Organisation de coopération de Shanghai dans la politique des deux membres permanents non-occidentaux du Conseil de sécurité onusien, ayant déjà démontré de façon plus que significative l’efficacité de leur approche sur le plan politico-militaire et diplomatique, les moqueries des experts occidentaux peuvent évidemment se poursuivre, le résultat est que ces mêmes moqueurs ont fini par se ridiculiser. Et continueront certainement encore.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=1243

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