Archives mensuelles : avril 2020

Cuba a envoyé 217 médecins en Afrique du Sud, dans le cadre de la lutte conjointe contre le Covid-19. Une coopération entre deux alliés de longue date qui n’a pas du tout plu à Washington. Un « mécontentement » exprimé par le cowboy fou Mike Pompeo.

Dirigeants yankees, peut-être qu’au lieu de fourrer votre nez dans les affaires de deux Etats souverains qui n’ont que faire de votre mécontentement, il serait temps de vous concentrer sur les plus d’un million de contaminés par le coronavirus aux USA.

La grande puissance médicale nommée Cuba

A l’heure de la propagation du coronavirus– sujet phare de l’actualité mondiale, et des différentes approches des pays à lutter contre la pandémie, il y a une nation qui sort incontestablement du lot.

En effet, lorsqu’on fait référence à Cuba, ce n’est pas seulement sa beauté touristique, culturelle et humaine qui soit mis en avant, mais c’est aussi son savoir-faire scientifique et médical. Le tout alors que l’île de la Liberté continue de subir, depuis plus d’un demi-siècle, l’embargo étasunien. Ce qui n’empêche aucunement le pays d’être une puissance reconnue au niveau mondial pour ses capacités dans le secteur de la santé et de la recherche scientifique.

Depuis le début de la pandémie du Covid-19 et jusqu’à maintenant, La Havane participe à la lutte contre ce fléau dans 21 pays, avec la présence sur le terrain de ses spécialises médicaux. Y compris dans les Etats les plus touchés en termes de nombre de contaminations, que ce soit l’Italie ou la France (pour cette dernière plus exactement au sein de ses départements d’outre-mer). Les médecins cubains remplissent également leur mission dans nombre de pays d’Amérique latine, notamment au Venezuela, sans oublier l’Afrique – continent avec lequel le pays partage depuis longtemps une relation privilégiée.

Mais si les citoyens concernés expriment sincèrement leur gratitude envers Cuba, côté washingtonien cela ne fait que provoquer colère. Ainsi, les représentants de l’establishment étasunien accusent La Havane d’utiliser ses médecins comme des esclaves et de réaliser par ces actions d’aides des campagnes de « propagande » pro-cubaines. Parmi les personnages faisant de telles affirmations, on retrouve le secrétaire d’Etat US Mike Pompeo – ayant entre temps accusé nombre d’entre pays, dont la Chine et la Russie, certainement pour faire voiler la terrible gestion de la crise sanitaire liée au coronavirus sur le territoire étasunien (aux dernières statistiques: plus de 867 000 cas de contaminations et plus de 48 000 décès, étant à ce titre le pays le plus touché aujourd’hui au niveau mondial).

Mais cela fait bien longtemps que Cuba ne réagit plus vraiment avec grand intérêt à ces accusations, et continue d’agir et de largement contribuer à la lutte cruciale du moment. Ceci étant dit, il serait peut-être intéressant de se pencher vraiment sur le fait si les médecins cubains seraient des «esclaves» et si les opérations d’aide internationale seraient des opérations de «propagande». Sur le premier point, il serait important de mentionner que nombre de médecins cubains se trouvant à l’étranger sont jeunes et pour nombreux célibataires. Donc logiquement parlant, s’ils se trouvaient réellement dans un état d’esclavage ou d’exploitation, rien ou peu pourrait les stopper à demander massivement l’asile dans les pays où ils se trouvent. Sauf que cela ne se produit pas et les spécialistes médicaux cubains préfèrent dans leur grande majorité à rentrer chez eux à la fin de leurs missions à l’étranger.

Quant aux actions de «propagande» – il y a bien longtemps que ni les autorités, ni le peuple de Cuba ne se font d’illusions quant au fait de voir les sanctions injustement imposées contre leur pays se terminer. Le comportement des élites étasuniennes et plus généralement occidentales ne changera pas, du moins sur le court-moyen terme. Donc si certains pensent sérieusement que Cuba envoie de l’aide, y compris dans les pays occidentaux, pour espérer la fin ou au moins un allègement de l’embargo subi, c’est mal, très mal, connaitre le peuple cubain.

Pour finir, quelques chiffres de grand intérêt. Cuba fait partie des pays possédant l’une des meilleures espérances de vie au monde: une moyenne de 78,66 ans, devant les USA. Par ailleurs et selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le pays peut se vanter d’avoir le meilleur taux mondial pour la densité médicale, ou en d’autres termes le nombre de médecins pour 1000 habitants: 8,19 en l’occurrence. A titre de comparaison: 5,4 pour la Suède (4ème mondial), 4,24 pour la Suisse, 4,21 pour l’Allemagne, 3,23 pour la France, 2,81 pour le Royaume-Uni, 2,59 pour les Etats-Unis… Le tout pour un pays ayant été considéré, un temps, comme «le bordel de l’Amérique» – lors de la dictature pro-US de Batista, l’époque où le pays était incontestablement l’un des moins développés au monde.

Cela sans oublier que Cuba post-Batista a également formé de nombreux médecins et chercheurs étrangers, et continue de partager son savoir-faire, surtout avec les pays se trouvant dans le plus grand besoin. Le coronavirus a eu le mérite de nous rappeler à tous notre vulnérabilité face à de nouvelles épidémies et aussi à quel point chaque vie compte, surtout lorsque les morts sont aux quatre coins du monde. Et donc de l’importance d’un système médical de haut niveau. Et dans ce cadre-là, qui est aujourd’hui une puissance incontestable? La réponse ne devrait pas être difficile à trouver. Quant à la solidarité, la vraie, sans distinction, ni calculs politiques, La Havane là aussi pourrait donner bien de leçons à nombre de pays.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=1548

Coronavirus: qui présentera une facture à qui?

Au moment où plusieurs voix s’élèvent au sein de l’establishment occidental afin de faire «payer» la Chine pour la propagation du Covid-19, nombreux sont ceux qui considèrent cette prise de position comme une énième tentative de nuire aux positions internationales de Pékin, et surtout de fuir ses propres responsabilités.

Parmi les pays où ses voix, issues aussi bien de l’élite politique, médiatique «qu’intellectuelle», sont les plus intenses, on retrouve comme souvent les mêmes: Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Allemagne. Plusieurs appellent ouvertement à présenter une facture à la République populaire de Chine en vue de la faire payer pour la propagation du fléau du moment.

En observant ces appels de faire d’un pays le bouc émissaire d’un problème aujourd’hui mondial, les élites occidentales ne se discréditent-elles pas encore plus? Cette question est légitime, et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord et jusqu’à maintenant l’origine de l’apparition du coronavirus reste obscure – pratiquement chaque jour qui passe de nouvelles théories apparaissent, y compris dans la communauté scientifique, allant dans toutes les directions. D’autre part, et au vue de la gestion de ce fléau global dans divers pays, on est en droit de se poser la question si de tels appels ne sont tout simplement pas une tentative de voiler ouvertement la terrible gestion de la situation dans nombre de pays – en premier lieu les appelants à cette punition collective.

Comment se fait-il qu’un pays comme la Corée du Sud, voisin géographique et dont l’intensité des relations économiques et des flux réciproques avec Pékin n’est pas à démontrer, a fait preuve jusqu’à maintenant d’une capacité de gestion pratiquement excellente? Et où la situation semble désormais totalement sous contrôle. Le Singapour – autre pays possédant d’énormes intérêts conjoints avec la Chine, avec un flux humain et commercial de part et d’autre qui n’est également pas à démontrer – de même. Ou encore le Vietnam, ayant lui aussi une situation de proximité géographique, humaine, économique avec l’Empire du Milieu: 268 cas de contaminations à l’heure actuelle, 214 guérisons et 0 décès…

Comment se fait-il que la Russie, qui possède plus de 4200 kilomètres de frontières communes avec la Chine, un flux humain dans les deux sens important, et des échanges économiques plus qu’intenses – la Chine étant tout simplement le premier partenaire économico-commercial de Moscou, ait vu l’apparition et la propagation du Covid-19 depuis l’Europe? En effet, le patient zéro en sol russe est arrivé de l’UE. Tout cela alors que les autorités de Russie avaient été informées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur le risque que présentait la propagation du nouveau virus exactement au même moment que celles de l’UE, des USA, et du monde entier. Suite à quoi la Russie, malgré les intérêts économiques très importants la liant à Pékin, n’a pas hésité à fermer temporairement la frontière sino-russe, après rapide concertation avec l’allié chinois. L’erreur a été certainement de ne pas avoir fait de même du côté occidental de ses frontières – ayant espéré une approche responsable de la part des «responsables» européistes.

Car si aujourd’hui la Russie, comme nombre d’autres pays, notamment africains, voient la propagation du coronavirus sur leurs sols respectifs – c’est uniquement en raison de l’incompétence et de la négligence au plus haut niveau des représentants de l’establishment occidental. N’est-ce pas d’ailleurs les mêmes représentants qui d’un ton moqueur commentaient les mesures prises par les autorités chinoises dans le cadre du confinement dans la province de Wuhan ? Et par la suite des capacités chinoises de gérer la situation liée à la propagation du coronavirus? Aujourd’hui, les chiffres et statistiques parlent d’eux-mêmes.

Donc à partir du moment que de nombreux pays aient vu l’apparition et la propagation du coronavirus sur leurs territoires depuis le sol européen – alors qu’au départ ils avaient bien plus de «chances» de le voir arriver depuis le territoire de Chine, cela confirme d’une part que les autorités chinoises ont géré avec efficacité le fléau, tout en apportant aujourd’hui un soutien médical, technique et économique à de nombreux Etats du monde, et que les élites occidentales en ont été complètement incapables. Et que donc les pays concernés par l’arrivée du Covid-19 depuis les Etats occidentaux devraient donc présenter une facture à ces derniers? Si on se base sur la logique et la mentalité de l’establishment atlantiste – la réponse est incontestablement oui.

Mais plus sérieusement parlant, la meilleure chose à faire aujourd’hui serait d’unir les efforts en vue de vaincre le coronavirus. Les élites occidentales en-sont-elles capables? Au vue des gesticulations récentes et des accusations voulant faire voiler leur propre incompétence et négligence, de la mentalité propre à la guerre froide, et de l’incapacité à adopter une approche sans complexe de supériorité, la réponse est sans aucun doute – non.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=1541

Plusieurs pays occidentaux, dont les USA, le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne, évoquent l’idée d’émettre une « facture » à la Chine pour la propagation du coronavirus et ses conséquences. Ok.

Sachant que la Russie a plus de 4200 kilomètres de frontières communes avec la Chine mais que ledit virus est arrivé sur le sol russe depuis l’Europe – en raison de l’incompétence totale des élites occidentales, notamment en matière de mesures de prévention, les autorités russes doivent d’ores et déjà penser à émettre une facture aux pays occidentaux. Une facture commune pour Washington et Bruxelles ou séparément ? Sachant que de toute façon le second ne fait pratiquement rien sans consulter le premier. D’autres pays du monde ayant subi l’apparition du coronavirus depuis l’Occident devraient y penser aussi.