Archives mensuelles : février 2022

L’opération militaire russe contre le régime kiévien approche la fin. Je vous ferai le compte-rendu des principaux points le moment venu.

J’aimerai, à titre personnel, remercier mes nombreux amis, camarades, lecteurs – d’Afrique, mais également d’Europe, du Moyen-Orient, d’Asie, d’Amérique latine, pour leurs nombreux messages de soutien, ainsi que pour leur compréhension objective de la situation.

Le principal étant est que depuis 8 années – la population du Donbass vivait sous la peur constante de ne pas finir la journée en vie. Depuis 8 années également, la Russie continuait de privilégier la diplomatie, en rappelant à chaque occasion la nécessité de respecter les Accords de Minsk et ne reconnaissait pas officiellement les Républiques populaires de Donetsk et de Lougansk comme des Etats indépendants. Mais chaque chose a une fin. Et devant le risque d’un génocide pur et simple de cette population courageuse, mais qui ne pouvait plus continuer à vivre ainsi, la Russie a fait ce qu’elle devait faire. Le tout en visant des installations militaires fournies depuis toutes ces dernières années et mois par les pays membres de l’Otan au régime de Kiev, tout en épargnant les civils et même les militaires ukrainiens qui pour beaucoup n’ont pas souhaité se battre et mourir pour un régime criminel, se trouvant sous le diktat occidental-atlantiste.

Enfin, j’aimerai dire que j’assume pleinement la rupture totale des contacts avec plusieurs de mes prétendu(e)s ami(e)s et connaissances, y compris datant de très longues années. Il y a effectivement bien longtemps que j’ai réalisé toute l’hypocrisie qui caractérise les personnes voulant copier le comportement des leaders occidentaux. A savoir – lancer des larmes de crocodile pour l’Ukraine où la population civile est pourtant largement épargnée (et j’en suis extrêmement heureux, sachant les liens qui m’unissent avec cette terre aussi), s’agiter pour les droits des gays en Russie ou en Afrique, ou encore publier massivement les messages du style « Je suis Charlie ». Mais évidemment aucune note de compassion, aucune note de solidarité pour les gens du Donbass qui se faisaient tuer quasi-quotidiennement depuis toutes ces années dans le centre de l’Europe, pour les personnes brûlées vives à Odessa (dont plusieurs de mes ancêtres sont par ailleurs originaires), pour les soldats et civils syriens égorgés par une vermine terroriste soutenue par l’Occident, pour les populations africaines qui souffrent d’insécurité, du terrorisme et du chaos créé et propagé par les interventions néocoloniales occidentales. Je ne veux plus aucun contact avec vous, d’une quelconque manière. Vous ne faites pas partie de ma vie, et n’en ferez jamais. Voilà, c’est dit.

Toute la tragédie de la population du Donbass, ainsi que d’autres populations russophones, a été le fait de ne pas avoir applaudi le coup d’Etat du Maïdan de 2014, soutenu par l’Occident. Et c’est pour cette raison que leurs vies n’avaient absolument aucune valeur pour l’establishment politico-médiatique occidental. Désormais c’est terminé.

Personne au sein de l’Occident n’a voulu les entendre. Aujourd’hui ils entendront.

Chine-Amérique latine ou la mise à la porte progressive de Washington

Si la République populaire de Chine s’appuie sur des relations cordiales avec les nations latino-américaines qui sont clairement en opposition à la politique washingtonienne, le leadership chinois développe également et activement les relations avec les pays qui se trouvent encore dans l’orbite des Etats-Unis ou à la croisée des chemins. Le tout au grand dam de l’establishment US.

A l’heure où les positions des principaux adversaires des USA en Amérique latine ne faiblissent pas, et ce malgré toutes les tentatives washingtoniennes de déstabiliser ces pays, l’autre processus qui inquiète vivement les élites étasuniennes n’est évidemment que la poursuite du renforcement des positions de leurs principaux adversaires internationaux, dans ce qu’elles continuent de considérer comme leur «arrière-cour».

Ceci étant dit, et si l’axe progressiste latino-américain – résolument hostile à Washington a traditionnellement des relations poussées avec Pékin, Moscou ou Téhéran, confirmant la thèse d’un éloignement de l’Amérique latine des USA, la particularité à noter est la capacité actuelle de la Chine à faire croître encore plus la pression sur ces derniers en développant activement ses relations économiques, politiques et mêmes militaires avec plusieurs Etats de la région où les positions étasuniennes restent assez fortes.

En effet et alors que les échanges économico-commerciaux entre la RPC et les Etats latino-américains ont augmenté de près de 20 fois entre 2002 et aujourd’hui, la Chine montre clairement sa capacité à interagir avec tous les pays concernés. Même la Colombie, allié traditionnel de Washington et ayant maintes fois assisté ce dernier dans les tentatives de déstabilisation du Venezuela voisin, se rapproche de plus en plus économiquement parlant avec Pékin, comme le notent d’ailleurs plusieurs analystes occidentaux.

Evidemment, cela ne signifie pas pour autant que Bogota pourra sortir si rapidement de l’orbite étasunienne, connaissant notamment les liens fortement étroits qui unissent les représentants de l’establishment US, y compris des services de renseignement, avec l’appareil étatique colombien. Mais après tout, chaque chose en son temps.

Ce qu’il faut également noter, c’est que la Chine ne renforce plus seulement ses liens économiques et commerciaux avec l’Amérique latine, mais augmente également l’interaction militaro-technique. Dans ce volet, les principaux partenaires de la RPC dans la région sont l’Argentine, le Venezuela, Cuba, ainsi que le Pérou. Le tout au moment où Pékin poursuit la promotion active du projet des Nouvelles routes de la soie, et face aux défis que cherchent activement à lui créer à cet effet les Etats-Unis, le leadership chinois poursuit également l’objectif de sécuriser ses intérêts, ainsi que ceux de ses principaux partenaires.

Le cas de l’Argentine est également intéressant dans le sens du basculement observé en Amérique latine. En ce sens, l’analyse approfondie de l’économiste Xavier Dupret est particulièrement intéressante à lire. Notamment pour comprendre l’importance de l’obtention de la souveraineté économique et financière pour ce pays stratégique dans la région.

Une chose est sûre. L’Amérique latine, à l’instar de nombreuses autres régions du monde, suit avec grande attention les processus propres à l’ordre multipolaire international. Si pour certains des Etats concernés, le choix stratégique a déjà été fait depuis un bon moment, pour d’autres l’heure est au basculement en cours.

Il est évident que Washington observe le tout avec vive amertume, en tentant d’engager les instruments de pression habituels. Il n’empêche que face à la superpuissance économique mondiale qu’est la Chine – première économie mondiale en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat, ayant par la même occasion pleinement assumé son rôle d’une des principales puissances géopolitiques mondiales – l’establishment US aura énormément de mal à pouvoir empêcher la réalisation logique des dits processus. Tout le reste n’étant que gesticulations de nostalgiques d’un ordre international dépassé et totalement révolu.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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