Archives de l’auteur : mikhail777

A propos mikhail777

29 ans. Moscovite, enfance et adolescence au Maroc, études supérieures en France. Diplômé de la Sorbonne (Paris). Entrepreneur. CEO & fondateur du projet BRICS Dream (première marque vestimentaire au monde pour les citoyens & partisans des BRICS). Journaliste chroniqueur pour le Service francophone de l'Agence russe d'information internationale Rossiya Segodnya (Sputnik France). Partisan du partenariat Afrique-Russie et de la souveraineté des Etats. Opposé au néocolonialisme sous toutes ses formes. Page d'auteur sur Sputnik France : http://fr.sputniknews.com/authors/mikhail_gamandiy_egorov/ Page d'auteur sur La Voix de la Russie (ancienne plateforme) : http://fr.sputniknews.com/french.ruvr.ru/by_author/89470235/ Page Facebook : https://www.facebook.com/mikhail.egorov.5 Page Twitter : https://twitter.com/EgorovMikhail1

Les faux projets US dans l’ex-URSS

12-12

Alors que l’intégration eurasiatique se renforce de jour en jour, y compris parmi les Etats ex-soviétiques, Washington semble vouloir réactiver des projets n’ayant aucun intérêt stratégique pour les pays concernés, mais qui rentrent parfaitement dans les projets atlantistes de bloquer l’effervescence eurasienne.

Le 12 décembre prochain, l’Ukraine accueillera une réunion des chefs de gouvernement des Etats-membres de l’Organisation pour la démocratie et le développement, dite GUAM – regroupant quatre Etats d’ex-URSS, à savoir la Géorgie, l’Ukraine, l’Azerbaïdjan et la Moldavie. L’Ouzbékistan faisait également précédemment partie de ladite organisation, avant de prendre la décision de la quitter en 2005. L’organisme dispose d’un soutien politique et financier des Etats-Unis, dont l’establishment (notamment en son temps Hillary Clinton) souhaite faire tout le possible en vue de stopper toute «renaissance de l’URSS», notamment sous la forme actuelle de l’Union économique eurasiatique qui ne cesse de monter en puissance.

Pour rappel, l’Union économique eurasiatique est composée de la Russie, de l’Arménie, du Kazakhstan, de la Biélorussie et du Kirghizistan. Le Tadjikistan devant devenir membre de l’union prochainement. Et ayant en outre des zones de libre-échange avec le Vietnam (depuis 2015), plus récemment avec la Serbie et le Singapour (octobre 2019), tout en menant des négociations avec la Chine, l’Iran, Cuba, la Mongolie, l’Egypte, l’Inde et la Thaïlande pour l’établissement de tels accords.

Pour revenir maintenant au GUAM, dès la création de l’organisation, dont le siège se trouve dans la capitale ukrainienne Kiev, les orientations pro-occidentales étaient bien visibles: renforcement des relations avec les USA, l’UE et l’Otan, diminution de la dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie. La présence régulière d’envoyés étasuniens aux réunions de cette structure le confirmait d’ailleurs pleinement. Mais depuis le retrait ouzbek, il était devenu clair que l’enthousiasme de départ des instigateurs de sa création partait clairement à la baisse.

La prochaine réunion de ce mois sera-t-elle donc une simple réunion dans le but de maintenir à flot le cadre bureaucratique de l’organisation? Notamment à travers la discussion annoncée de plusieurs thèmes «d’intérêt commun», comme les questions douanières, logistiques, opportunités d’affaires, ainsi que l’élargissement de la coopération dans les domaines économique, scientifique, énergétique, des télécommunications et autres. Ou serait-ce une tentative de raviver une structure dans laquelle l’Ukraine souhaite prendre un rôle de leader, en coordination avec Washington, et dans une moindre mesure Bruxelles?

Il est évident qu’à travers ce genre de rencontre, parrainée par la diplomatie US, l’Ukraine de Zelensky cherche à montrer que sa voix compte et qu’elle ne prévoit pas de reculer. Surtout à un moment où des divergences nettes apparaissent entre Kiev et plusieurs pays de l’UE, en premier lieu l’Allemagne, qui en observant les attaques ukraino-étasuniennes qui visent les intérêts énergétiques (et économiques) allemands, notamment dans le cadre du gazoduc North Stream 2, n’a pas manqué de rappeler à l’ordre le pouvoir ukrainien, en allant même jusqu’à le menacer de réduction du soutien économique. Un soutien économique dont l’Ukraine a énormément, oui énormément, besoin. Un message que Kiev ne peut ignorer – surtout lorsque c’est la première économie de l’UE qui le dit. Evidemment Berlin ne fait pas cela par amour pour la Russie, mais bel et bien strictement dans le cadre de la défense de ses intérêts stratégiques, car faut-il le rappeler les Allemands savent bien compter les coûts et profits.

Quant à Washington, l’intérêt pour le GUAM n’est principalement autre que de tenter à montrer qu’il existe une alternative à l’intégration eurasienne promue par la Russie et ses alliés. Et de rappeler que leurs pions dans l’ex-URSS sont toujours actifs, des pions qu’ils comptent bien utiliser pour mettre un maximum de bâtons dans les roues aux projets qui n’arrangent guère les intérêts washingtoniens, que ce soit l’Union économique eurasiatique (UEEA), l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) ou encore l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC).

Mais concrètement parlant, l’Ukraine dans sa version actuelle peut-elle prétendre à un quelconque «leadership», même étant adoubée par Washington? Rien n’est moins sûr. A commencer par le fait qu’au sein même du GUAM, on est loin, très loin de l’unité. Si en effet avec la Géorgie, l’Ukraine peut prétendre à une sorte d’axe anti-russe, et ce depuis les fameuses révolutions de couleur dans ces deux pays orchestrées, soutenues et suivies par les USA, dans le cas de la Moldavie et de l’Azerbaïdjan, on est assez loin de la rhétorique russophobe.

Dans le cas moldave, il faudrait rappeler qu’un président ouvertement pro-russe et surtout partisan de l’intégration avec l’Union économique eurasiatique, est au pouvoir depuis 2016. Il est vrai que les éléments pro-occidentaux de son pays lui mettent à chaque bonne et moins bonne occasion des bâtons dans les roues, mais Igor Dodon ne compte pas lui aussi reculer. Surtout profitant d’un soutien important de la population moldave et des cercles d’affaires – pour nombreux déçus par les années pro-occidentales à Chisinau. Quant au cas de l’Azerbaïdjan, il est à noter que ce pays a su, et ce depuis l’éclatement de l’URSS, à maintenir des relations fortes avec Moscou sur le plan politique, économique, culturel et sécuritaire, tout en développant ses relations aussi bien avec les pays occidentaux, mais surtout la Turquie, ou encore l’Iran. Plus que cela, nombre d’experts azéris ne cessent d’émettre des doutes sur la viabilité du GUAM et surtout sur la nécessité pour leur pays d’y maintenir sa participation…

Kiev peut donc tenter à prétendre au leadership, avec la «bénédiction» des USA, dans une structure que ces derniers souhaiteraient certainement voir comme une alternative fiable aux projets eurasiens en cours et qui déplaisent fortement à Washington. Encore faut-il, même en ayant un parrain puissant, avoir les moyens de ses ambitions. Et en ce sens, l’Ukraine version actuelle, est tout sauf une mise sérieuse.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=1264

L’Iran: une priorité en matière de déstabilisation pour les USA

Après avoir raté les missions de faire tomber les gouvernements légitimes de Syrie et du Venezuela, et d’avoir pour le moment réussi à contribuer au coup d’Etat en Bolivie, c’est au tour de l’autre «os dans la gorge» de l’establishment étasunien de ressentir la tentative de déstabilisation – en l’occurrence l’Iran. Le tout avec l’assistance d’Israël et de l’Arabie saoudite.

D’une certaine façon ce n’est aucunement une première, puisque au-delà des pressions économiques et géopolitiques, les événements observés récemment en Iran ne représentent de loin pas la première tentative de contribuer à la déstabilisation intérieure du pays. Et cela a une explication assez simple : il est très peu probable qu’une intervention militaire extérieure soit possible sur le territoire iranien, et ce malgré les nombreux appels d’Israël à porter des frappes aériennes ciblées contre des installations en Iran liées notamment à son programme nucléaire. Le fait est que Washington, comme Tel-Aviv ou encore Riyad, savent parfaitement qu’un tel scénario leur coûterait très cher et sans aucune garantie de succès.

Reste donc l’espoir d’une révolution de l’intérieur, orchestrée et assistée de l’extérieur. Et à cette fin, les adversaires de Téhéran ne lésinent pas sur les moyens. Il faut dire aussi que les problèmes auxquels est confronté le pays ne manquent pas – là aussi en lien direct avec la pression exercée de l’extérieur. Tout d’abord les sanctions étasuniennes visant l’Iran, en premier lieu les exportations pétrolières iraniennes, qui frappent fortement l’économie du pays, sachant que la vente du pétrole représente un domaine clé pour le budget de l’Etat perse.

Et malgré les tentatives iraniennes de contourner ces sanctions, le fait est que Washington fait absolument tout pour bloquer toute transaction liée au pétrole en provenance de l’Iran, et ce quelle que soit la destination. Pour rappel, les USA ont ouvertement menacé les institutions financières turques de sanctions pour la prétendue raison d’avoir facilité ces transactions internationales. D’ailleurs, ce n’est pas uniquement le pétrole iranien qui est visé, mais également son gaz – autre produit abondant parmi les ressources naturelles du pays.

Plus que cela encore, les Etats-Unis font leur maximum pour faire monter les prix du pétrole sur le marché mondial, à un moment où augmente la production du pétrole de schiste étasunien – une production coûteuse mais dont les Etasuniens veulent à tout prix pouvoir utiliser comme nouvelle arme économique, et cela sans même compter les risques écologiques qui en découlent dans le cadre d’une telle production. Fait intéressant: cela se fait en portant atteinte aux intérêts économiques et énergétiques des «alliés», en l’occurrence les pays de l’UE – l’un des principaux importateurs de pétrole. Mais cela est quelque chose d’habituel dans la politique washingtonienne, à savoir le concept de «j’impose, vous subissez»… Evidemment, cela frappe aussi sérieusement l’économie iranienne : limitée dans ses exportations pétrolières et obligée d’aller dans l’augmentation des prix du carburant sur le marché intérieur – ce dernier fait ayant justement été la principale raison des récentes manifestations en Iran.

Et là aussi ce n’est pas tout. Lorsque les instruments politico-économiques ne suffisent pas à faire plier l’adversaire, les partisans de l’ordre unipolaire utilisent la pression sécuritaire, y compris terroriste, comme les attaques ayant visé les navires transportant le pétrole iranien. Le tout évidemment en accusant l’Iran comme étant «responsable» de terrorisme.

Sur le plan médiatique, les médias mainstream ont largement contribué eux-aussi à la montée de l’hystérie vis-à-vis de Téhéran. Cela a pu être pleinement observé toujours lors des récentes manifestations ayant touché plusieurs régions du pays, notamment via les médias des opposants politiques basés à l’étranger, dont de nombreux bien évidemment aux USA. Dans certains cas, le complot paraissant encore plus évident, et ce à l’approche même des manifestations. Ainsi, la chaine BBC Persian avait commencé à émettre ses programmes deux heures plus tôt que d’habitude, comme si tout était déjà planifié à l’avance. Le service régional de la chaine TV Iran International, basé en Arabie saoudite, avait quant à lui abandonné son programme habituel et consacré toute une journée uniquement aux manifestations en Iran. Un certain nombre de chaines étrangères diffusant en langue farsi allaient même jusqu’à donner des instructions aux manifestants : où aller, quels slogans crier et quand, quoi voler et incendier. Et cerise sur le gâteau, le secrétaire d’Etat US Mike Pompeo a soutenu ouvertement dans son discours les protestataires, fait notable – une partie du discours fut prononcée en farsi…

Et enfin, dans toute cette pression hors-norme visant l’Iran, Washington n’oublie évidemment pas les intérêts de son principal allié régional: Israël. Notamment en ce qui concerne la montée des hostilités entre l’Etat perse et certains pays arabes – ces derniers devenus assez récemment des alliés semi-officiels de l’Etat sioniste – et ce au moment même des massacres perpétrés en Palestine, le tout avec la stricte coordination étasunienne.

Après cela, le discours du leadership iranien quant au complot américano-sioniste parait-il si «complotiste»? Rien n’est moins sûr. Car si en effet des problèmes internes peuvent exister en Iran, comme d’ailleurs dans n’importe quel pays du monde, il serait tout d’abord important de mentionner les raisons de tels problèmes, notamment les raisons ayant largement contribué à ce que ces problèmes apparaissent. Quant au reste, il est déjà mentionné ci-haut.

Le complot anti-iranien n’a de nouveau pas abouti. La majorité de la population du pays ayant apporté son soutien aux autorités, et ce en sortant massivement dans la rue pour s’opposer à la violence de ceux qui critiquaient le gouvernement. Evidemment, la sagesse d’une civilisation confirmée, et la puissance militaro-technique, scientifique, spirituelle font de l’Iran un bien dur morceau à avaler. Que ce soit pour Washington, Tel-Aviv ou autres.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=1257

Entièrement d’accord. Que certains « bien-pensants » libéraux nous traitent de rétrogrades – la Russie restera ce qu’elle est. Avec nos valeurs qui nous sont propres. Les seuls rétrogrades, c’est eux. Ceux qui tentent par tous les moyens d’imposer à la majorité du monde des fausses « valeurs », prétendument « universelles ».

https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=2687436828155502&id=1536715766560953

Trois membres des BRICS organisent des exercices militaires conjoints

Si les exercices bilatéraux entre membres des BRICS s’organisent de manière régulière, pour la première fois on assiste à une opération trilatérale entre membres de cette organisation, dans la partie sud du continent africain.

En effet, il s’agit d’une première. Les forces navales chinoises, russes et sud-africaines organisent en ce moment même des exercices conjoints dans la région du cap de Bonne-Espérance, dans le sud de l’océan Atlantique. Les manœuvres se dérouleront jusqu’au 30 novembre. Prennent part à l’exercice trilatéral le croiseur russe antimissile Marshal Ustinov, la frégate chinoise Weifang et l’Amatola sud-africaine. Des navires de soutien de la marine russe et sud-africaine participent également à l’opération.

Selon le communiqué de la marine du pays de Nelson Mandela, cité par l’agence de presse chinoise Xinhua, cet exercice vise aussi à démontrer une «volonté multinationale d’assurer la paix, la sécurité et la stabilité maritimes régionales». Les trois premiers jours de l’exercice porteront sur la finalisation de la planification d’un programme maritime ainsi que sur des activités sociales et culturelles militaires. Ils seront suivis d’un programme en mer qui concentrera sur des exercices de tir en surface, des appontages croisés d’hélicoptères, des opérations d’arraisonnement ainsi que des exercices de prévention des catastrophes http://french.xinhuanet.com/afrique/2019-11/26/c_138582941.htm

Comme mentionné ci-haut, des exercices bilatéraux entre membres des BRICS ont lieu régulièrement, à titre d’exemple les nombreuses manœuvres des diverses composantes des forces armées Chine-Russie, ou encore Russie-Inde. Mais jusqu’ici aucune manœuvre trilatérale n’avait eu lieu. Désormais, c’est chose faite. Le tout après le récent 11ème Sommet des BRICS qui s’est déroulé au Brésil, ce mois-ci.

En termes de perspectives, que cela représente-t-il ? Eh bien plusieurs choses. Tout d’abord, qu’un nouveau paradigme militaro-technique se forme dans le monde contemporain et multipolaire. Et ce paradigme n’est pas celui voulu par l’Otan et consorts. D’autre part, cela confirme, une fois encore, que les BRICS représentent beaucoup plus qu’un «simple club de rencontres», souvent illustré comme tel dans les médias mainstream. C’est également plus qu’une union géoéconomique – et cela se traduit aussi bien dans le cadre politico-diplomatique, avec le duo sino-russe au Conseil de sécurité de l’ONU, partageant une vision commune ou très proche sur la plupart des dossiers internationaux, cela sans oublier la solidarité de la diplomatie sud-africaine, accordée au duo Pékin-Moscou sur nombre de dossiers, dont celui du Venezuela. Ainsi que dans le cadre désormais de plus en plus affiché de la coopération militaro-technique.

Certes, dans cette approche multilatérale qui s’élargit au volet militaire, on ne peut pour le moment y joindre le Brésil – pas seulement en raison du leadership actuel qui tout en étant ouvert à l’interaction avec les BRICS, reste proche des intérêts de Washington, mais également dû au fait qu’une partie importante de l’élite militaire brésilienne soit liée aux intérêts étasuniens. Ceci étant dit, il faut garder à l’esprit que tout peut évoluer rapidement dans les prochaines années. Mais mis à part cette puissance sud-américaine, le fait est que les quatre autres pays de l’alliance poursuivent le renforcement et l’approfondissement de leur interaction. L’Inde et la Chine étant par ailleurs parmi les principaux clients de l’armement russe. L’Afrique du Sud, elle, dont l’élite actuelle a été activement soutenue durant la lutte contre l’apartheid par Cuba et l’URSS, n’a pas la mémoire courte. Evidemment, cela déplait fortement aux représentants de l’élite occidentale, qui tout en ayant chanté de façon purement hypocrite leurs «louanges» au leader sud-africain Nelson Mandela (les mêmes qui le taxaient à une autre époque de «terroriste»), aujourd’hui observent avec vive inquiétude le rapprochement sans précédent de Pretoria avec Pékin et Moscou.

Quoiqu’il en soit, cela n’est qu’une confirmation de plus que le monde imposé à la chute de l’Union soviétique, n’est plus. Une bonne partie de l’establishment occidental a beau prétendre ne pas se rendre compte des changements sans précédent opérés depuis les dernières années sur l’arène mondiale, cela n’empêchera guère à la nouvelle réalité de poursuivre sa marche en avant. Les exercices conjoints sino-russo-sud-africains, entre autres, le confirment pleinement.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=1252

L’Organisation de coopération de Shanghai: un instrument efficace face aux défis mondiaux?

A l’heure des nombreux défis sur la scène internationale, notamment liés au terrorisme et à l’extrémisme, le monde est toujours à la recherche d’instruments pour pouvoir y faire face efficacement. Surtout à un moment où il est devenu évident que les «options» proposées par les puissances occidentales, toutes confondues, ont apporté beaucoup plus de déstabilisations, que de solutions.

Il y a quelques jours, le représentant permanant de la République populaire de Chine à l’ONU, Zhang Jun, a appelé au renforcement de la coopération entre l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) et l’ONU dans la lutte contre «les trois forces du mal», pour l’Empire du Milieu les trois forces en question étant le terrorisme, le séparatisme et l’extrémisme. Cité par l’agence de presse chinoise Xinhua, le haut diplomate chinois a souligné que l’objectif de cette unification est de parvenir à la paix, la stabilité et le développement en commun.

Cette déclaration de Zhang Jun s’est faite en marge de la réunion de haut niveau portant sur le thème «La coopération ONU-OCS». Le représentant permanent de Pékin aux Nations unies a également tenu à souligner que depuis plusieurs années, les pays de l’OCS appliquaient le concept de sécurité collective et contribuaient ainsi de manière significative au renforcement de la stabilité régionale.

En effet, l’Organisation de coopération de Shanghai est par essence une grande organisation régionale regroupant les nations eurasiennes (Chine, Russie, Kazakhstan, Ouzbékistan, Kirghizistan, Tadjikistan, et plus récemment l’Inde et le Pakistan). Comptant également des Etats comme la Biélorussie, l’Iran, la Mongolie et l’Afghanistan en qualité de pays-observateurs, ou encore, entre autres, la Turquie en tant que partenaire de dialogue de l’organisation. Aujourd’hui, il apparait clairement que le rôle constructif joué par les membres de l’OCS dépasse celui du seul cadre régional.

Et ce malgré le «pessimisme» propagé au sein de plusieurs think-tanks pro-atlantistes. En effet, nombre d’analystes occidentaux – issus du monde anglo-saxon, francophone ou encore germanophone, avaient à plusieurs reprises voulu réduire les capacités d’action de ladite organisation. Pour certains parlant ouvertement de «bluff politique» et d’incapacité à pouvoir défier l’ordre unipolaire étasunien et otanesque. Il n’empêche qu’en observant les événements en cours sur l’arène internationale et les crises régionales aux quatre coins du monde, il apparait de façon évidente que c’est justement cette structure, dont les nations-membres partagent un regard multipolaire sur le monde, qui doit être placée sur le devant de la scène pour proposer des solutions non pas dans les paroles, mais bien dans les actes aux différentes crises internationales.

De façon générale, il serait grand temps aux experts autoproclamés de se regarder plutôt de façon objective dans le miroir, et de comprendre que si il y a bien de la place pour du pessimisme, c’est surtout vis-à-vis de leur propre vision et de leurs actions de par le monde. Après des années de présence en Afghanistan, les USA ont-ils réussi à faire quoi que ce soit qui nous permette de parler d’une issue positive à la situation, au point où de bien nombreux Afghans parlent avec nostalgie de la présence soviétique ? Qu’en est-il de la présence française en Afrique, et notamment au Sahel, où malgré l’impressionnante présence de soldats hexagonaux, les défis sécuritaires n’ont non seulement pas baissé, mais au contraire on assiste à une recrudescence de la violence, du Mali jusqu’au Burkina Faso, en passant par le Niger. Et que dire de la situation en Libye, pays plongé dans le chaos depuis l’intervention de l’Otan et ne pouvant depuis tourner la page de la violence, de l’extrémisme et du terrorisme – devenant par la même occasion une plaque tournante majeure du terrorisme international. Ces trois exemples, à eux seuls, illustrent l’incapacité occidentale à apporter des solutions aux problèmes mondiaux.

Pire que cela, l’Occident politique n’a toujours rien appris de ses erreurs. Et au lieu d’ajuster son approche conformément à la nouvelle donne multipolaire, il s’obsède dans la poursuite de se considérer comme étant le « porte-parole » de la communauté prétendument « internationale », le tout avec des résultats pour le moins… médiocres. Mais au-delà de cette incapacité à apprendre de ses propres erreurs et de changer sa mentalité toujours néocoloniale, l’Occident continue par la même occasion d’essayer d’instrumentaliser des éléments extrémistes, pensant qu’il peut dans ce puzzle complexe et dangereux sortir gagnant dans la promotion de ses intérêts géopolitiques et géoéconomiques. Il n’en est rien – car le résultat est tel que les éléments extrémistes instrumentalisés finissent toujours, à un moment ou un autre, à tenter de réaliser leur propre agenda, avec comme résultat une menace sécuritaire de premier degré pour les pays occidentaux eux-mêmes. La Syrie en est un exemple, parmi d’autres.

Pendant ce temps, les pays membres de l’OCS ont quant à eux déjà démontré des succès indéniables dans la lutte et la prévention de l’extrémisme. Que ce soit dans le cadre intérieur, régional ou international. En parlant toujours de la Syrie, ce pays que beaucoup pensaient anéanti, retrouve progressivement la paix, sachant que des dizaines de milliers de terroristes y ont été anéantis. Des dizaines de milliers de terroristes qui d’ailleurs, à défaut d’avoir été éliminés, ne se seraient nullement limités à la Syrie seule et planifiaient déjà à l’époque toute récente leur conquête internationale. Evidemment, les éléments extrémistes ne baissent pas les bras et gardent espoir de pouvoir reconstruire leur pseudo-califat à un autre endroit, il n’empêche qu’ils ont dû sérieusement revoir leurs projets à la baisse, après avoir perdu ces dizaines de milliers d’éléments en terre syrienne.

Et compte tenu de l’importance de l’Organisation de coopération de Shanghai dans la politique des deux membres permanents non-occidentaux du Conseil de sécurité onusien, ayant déjà démontré de façon plus que significative l’efficacité de leur approche sur le plan politico-militaire et diplomatique, les moqueries des experts occidentaux peuvent évidemment se poursuivre, le résultat est que ces mêmes moqueurs ont fini par se ridiculiser. Et continueront certainement encore.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=1243