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Syrie et Donbass, quand l’ingérence US se grippe

Donbass

Le chaos est un instrument de prédilection de certaines élites occidentales, notamment étasuniennes. La seule différence entre les années 90 et maintenant, c’est qu’aujourd’hui la résistance est plus déterminée que jamais. Les exemples de la Syrie et de l’Ukraine l’illustrent parfaitement.

Certains diront que le conflit dans l’Est ukrainien, plus précisément dans le Donbass et en Syrie sont deux moins différentes qu’il n’y paraît de prime abord. Si les régions, les mentalités, les rapports ethnico-religieux n’ont effectivement rien à voir, on y retrouve pourtant beaucoup de similarité. Parlons-en.

Tout d’abord, la Syrie et l’Ukraine, à laquelle appartenait dans un passé encore récent le Donbass, son poumon industriel et économique, ont connu des tentatives non voilées de destitution violente des dirigeants légitimes, reconnus par la communauté internationale. Les instigateurs de ces tentatives sont bien connus : États-Unis et leurs soutiens.

En Syrie, l’objectif n’a pas été atteint, malgré un pays à feu et à sang et un très grand nombre de victimes, militaires comme civiles. En Ukraine, par contre, la fameuse « révolution du Maїdan » a fonctionné : Viktor Ianoukovitch, le président démocratiquement élu, a été écarté du pouvoir par un coup d’État armé, réalisé principalement par des forces extrémistes, néonazies et ultra-nationalistes. Ianoukovitch a évité de peu l’élimination physique pure et simple, d’où son exil en Russie.

Les fameuses révolutions de couleur sont devenues, de notoriété publique, une spécialité étasunienne. Un certain nombre d’organismes américains prennent une part active dans ce processus malsain : département d’Etat, CIA, Fondation Soros, entre autres.

Selon le propre aveu de l’ex porte-parole du département d’État, Victoria Nuland, (la même qui avait « envoyé l’UE se faire foutre » à propos de la crise ukrainienne), les USA ont déboursé 5 milliards de dollars pour que l’Ukraine choisisse « la bonne voie », en d’autres termes pour organiser le coup d’Etat.

En ce sens, qu’il s’agisse de la Syrie, de l’Ukraine ou plus récemment du Venezuela, les étasuniens adoptent à peu près les mêmes méthodes, en les adaptant au contexte local.
Qu’en est-il de la Russie, que tout ou presque oppose aujourd’hui aux Etats-Unis, y compris en Syrie ou dans le Donbass ?

Moscou a soutenu le gouvernement légitime syrien et a répondu favorablement à l’appel lancé par ce dernier pour l’aider à mener la lutte antiterroriste, notamment contre des sectes salafistes telles que Daech ou Al-Qaida. Une intervention qui a permis de stopper l’avancée des groupes terroristes et de rendre l’initiative aux forces gouvernementales.

Dans le Donbass, les chancelleries occidentales et le mainstream médiatique affirment voir une « présence russe » aux côtés des « séparatistes pro-russes », selon leurs termes. Pourtant, ni les uns ni les autres n’ont à ce jour présenté la moindre preuve de l’implication russe dans les combats en faveur des républiques populaires de Donetsk & Lougansk. On attend toujours. La Russie accorde par contre effectivement un soutien humanitaire et diplomatique à ces régions, ce qui est peu surprenant, compte tenu du fait que la population concernée est russophone et très généralement prorusse.

On le voit, dans un cas comme dans l’autre, le leitmotiv étasunien consiste essentiellement à semer le chaos pour déstabiliser des pays insoumis. Examinons maintenant des différences.

En Syrie, l’Occident, USA en tête, mais aussi plusieurs régimes du Golfe et Israël, soutiennent ouvertement ceux qu’ils appellent « l’opposition modérée ». Pourtant, depuis le début de la guerre civile, la plupart de leurs pupilles ont montré qu’ils n’avaient rien de modéré. Exécutions sommaires, massacres des populations soutenant le pouvoir syrien, exécutions barbares filmées, décapitation des militaires syriens et… attaques terroristes, visant aussi bien l’armée gouvernementale que les civils. En ce sens, les prétendus « opposants » que l’Occident soutient ouvertement, n’ont souvent rien à envier en termes de cruauté et de barbarie à leurs collègues de Daech ou d’Al-Qaida.

A l’inverse, les Résistants, désormais forces armées officielles, des républiques populaires du Donbass se distinguent par leur retenue. A ce jour, ils n’ont commis aucune attaque terroriste contre des civils dans les parties ukrainiennes plus ou moins pro-Maїdan. Pourtant, pratiquement tous les territoires sous contrôle de Kiev comprennent de nombreux sympathisants de la DNR et LNR (les abréviations des deux républiques du Donbass), qui auraient pu déraper. Car en face, l’armée ukrainienne putschiste et des bataillons « punitifs » néonazis et ultra-nationalistes ont, eux, commis de nombreux massacres contre la population civile du Donbass. La réponse de Donetsk et de Lougansk a toujours visé uniquement les adversaires au front.

Quand j’ai posé cette question aux représentants du Donbass, leur réponse a été simple : « Malgré la guerre, malgré les atrocités subies, nous ne voulons pas devenir comme eux. Nous défendons et allons continuer à défendre notre terre. Les séparatistes, ce sont eux (le pouvoir kiévien, ndlr). Ceux qui ont réalisé le coup d’Etat, pour diviser la population sur une base ethnique et linguistique, sous les ordres des atlantistes. Et à chacune de leur attaque, y compris aux actes terroristes, nous répondrons par des victoires au front ».

Telle était leur réponse.

Et c’est pourquoi, que ce soit en Syrie ou dans le Donbass, les forces obscures finiront certainement par perdre. Et avec elles — leurs maîtres.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201705221031479749-donbass-ingerence/

Mikhail Gamandiy-Egorov

La nouvelle Route de la soie, la multipolarité économique en marche

Caravane sur la Route de la soie

Plus le temps passe et plus la multipolarité gagne du terrain. Au-delà des changements de grande envergure qui s’opèrent au niveau de la politique internationale, le volet économique n’est pas en reste, comme le démontre le projet de nouvelle Route de la soie.

L’OCS, les BRICS, l’Union économique eurasiatique, tous ces projets ont déjà confirmé leur solvabilité. Les puissances que les Occidentaux avaient tendance à appeler émergentes, pèsent de plus en plus sur l’économie internationale. Selon plusieurs cabinets et centres d’analyse occidentaux importants, à l’horizon 2040-2050, 6 des 10 principales économies mondiales seront celles de pays non-occidentaux (Chine, Inde, Russie, Brésil, Indonésie, Mexique), à condition que l’on mette le Japon dans le « camp occidental », car membre du G7.

Mais plusieurs projets en cours ont pour objectif d’accélérer encore plus les choses. Il s’agit évidemment de la nouvelle Route de la soie, nommée aussi « Ceinture », « La Route » ou encore « Le pont terrestre eurasiatique ». Il s’agit d’un plan de très grande envergure voulu par la Chine et à portée ouvertement eurasienne, puisque c’est bel et bien l’Eurasie qui y jouera un rôle clé, comme dans un passé lointain.

Son principal axe? Une liaison de fret ferroviaire qui part de la Chine, passe par le Kazakhstan, la Russie et la Biélorussie (les trois pays membres-fondateurs de l’Union économique eurasiatique) pour arriver en Europe centrale et occidentale (les consommateurs finaux). Les trois pays cités jouent ainsi un rôle de hub commercial majeur. La route s’inscrit aussi dans l’objectif de sécuriser les approvisionnements de gaz russe en direction de la Chine, dont la consommation ne cesse de croître.

D’autres voies additionnelles devraient s’y ajouter, notamment le réseau routier, qui devrait permettre à d’autres pays de l’espace eurasien de contribuer au projet, à savoir le Kirghizistan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan, le Turkménistan, ainsi que l’Iran et la Turquie. Sans surprise, les pays cités y voient de grandes opportunités économico-commerciales.

Qu’en est-il des autres, notamment des pays occidentaux?

Washington y voit une façon pour Pékin d’augmenter considérablement un poids sur l’économie mondiale déjà très important, ce qui évidemment ne peut la ravir. D’autre part via ce projet, la Chine diminuera non seulement ses coûts de transport, mais en plus réduira considérablement les risques liés à d’éventuelles tensions en mer avec les USA, qui pourraient évidemment affecter ses approvisionnements.

Quant à Bruxelles, elle n’est pas ravie d’être réduite au rôle d’observateur ou de consommateur final. Et selon la dernière information relayée par RFI, les six pays de l’UE qui participent en ce moment même au Sommet international sur les nouvelles routes de la soie à Pékin (Allemagne, France, Grèce, Portugal, Royaume-Uni et Estonie) n’ont pas souhaité signer le communiqué commun sur le commerce. Elles prétendent que Pékin « ne prend pas en compte ce que l’Union européenne réclame depuis longtemps, à savoir que la Chine accorde un accès plus libre à son propre marché ».

Il est pour autant peu probable que l’Europe bruxelloise puisse faire quoi que ce soit contre le grand projet eurasiatique face à une Chine, deuxième puissance économique mondiale, extrêmement déterminée et ouvertement soutenue par des pays partisans de l’ordre multipolaire. Et ce d’autant moins que les pays de l’UE ont eux aussi clairement besoin du marché chinois pour écouler de leurs produits et services. Pour rappel, le coût total du projet s’élèverait à plusieurs trillions de dollars et, selon CNN, englobera à terme 68 pays, représentant 4,4 milliards d’habitants et 62 % du PIB mondial, justifiant une fois de plus la détermination chinoise et eurasienne.

Le cas intéressant est celui de l’Ukraine, qui se retrouve de plus en plus isolée. En effet, de l’aveu même des élites ukrainiennes issues du coup d’État de février 2014, le gazoduc Turkish Stream fermera la page qui avait fait de ce pays un important hub gazier entre la Russie et l’Union européenne. Mais Kiev semble aussi être hors-jeu dans le projet de nouvelle Route de la soie, puisqu’après le Kazakhstan et la Russie, c’est la Biélorussie qui sera vraisemblablement privilégiée.

Tout cela pour dire que les énormes problèmes économiques actuels de la « new Ukraine » ne sont pas prêts d’être résolus. Restera alors pour Kiev à compter sur une aide économique que l’Occident est de plus en plus réticent à fournir, ainsi que tenter de profiter du régime sans-visa qui a été validé le 11 mai dernier par l’UE, régime qui ne donne pour autant pas droit de résider, ni de travailler dans l’Europe de Bruxelles. Mais cela est une autre histoire et il sera difficile aux élites de Bruxelles d’expliquer aux millions de citoyens ukrainiens du Centre et de l’Ouest du pays, ayant soutenu le Maidan, que ce qu’ils avaient espéré n’est pas exactement ce qu’ils auront obtenu, avec les conséquences migratoires qui en découlent.

Après tout, la meilleure analyse se fait après expérience personnelle. Un peu comme dans la Moldavie voisine, où après sept années de pouvoir pro-occidental, un président résolument prorusse a pris le pouvoir via des élections démocratiques, sans coup d’État. Chaque chose en son temps.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201705161031400522-route-de-la-soie/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Pendant qu’Astana s’impose, l’Occident regarde passer le train

Astana

Si à la chute de l’URSS et à l’apparition du système unipolaire, il paraissait impossible de résoudre une crise internationale majeure sans l’intervention… ou l’interférence , des élites occidentales, en premier lieu étasuniennes, cette approche est révolue. C’est ce que nous enseigne le succès d’Astana.

Beaucoup de regards étaient une fois de plus fixés sur la nouvelle rencontre d’Astana. Et si la presse mainstream, y compris francophone, s’est fait un malin plaisir à prédire un échec avant même le début du nouveau round des pourparlers, il a été extrêmement intéressant d’observer l’accalmie, pour ne dire le silence total de la plupart d’entre eux à l’annonce de la signature dans la capitale kazakhe de l’accord sur les zones de désescalade. Un projet voulu par la Russie et qui a été soutenu par les deux autres pays-garants des accords d’Astana, à savoir la Turquie et l’Iran.

La délégation gouvernementale syrienne a elle aussi soutenu l’initiative. Du côté des groupes armés soutenus par la Turquie, l’accueil fut plus mitigé. Selon les témoins sur place, certains « opposants » ont même exprimé leur désaccord par des cris au moment de la cérémonie de signature dudit accord. Mais ils étaient clairement en infériorité et les trois pays-garants ont bel et bien apposé leurs signatures.

Le côté occidental, au niveau politique et diplomatique, souffle le chaud et le froid. Certains saluent l’accord avec réserve, d’autres disent « attendre plus d’informations », d’autres jouent les « méfiants », d’autres encore préfèrent simplement se taire, à l’instar de leurs collègues du mainstream médiatique. Ce qui sans doute les gêne, c’est qu’il s’agit d’une nouvelle victoire de la multipolarité.

Astana a confirmé une fois de plus qu’elle demeure à ce jour la seule plateforme crédible pour résoudre, certes progressivement, la crise syrienne. On mesure le chemin parcouru quand on se rappelle qu’elle n’a été lancée que fin décembre 2016 pour établir un cessez-le-feu — globalement respecté — sur le territoire syrien, hors zones contrôlées par Daech, Al-Qaida et affiliés. Pour rappel, le lancement d’Astana 1 était au départ une initiative personnelle de Poutine. Une initiative qui sera soutenue par les présidents kazakh et turc, ainsi que par les gouvernements syrien et iranien.

Pour autant, ce n’est pas les bâtons dans les roues qui ont manqué aux différentes étapes d’Astana, au cours de tous ces derniers mois. Du mécontentement mal voilé côté français, saoudien, qatari au mécontentement déclaré de la diplomatie allemande affirmant qu’il est dommage que les pays occidentaux ne soient pas invités à Astana en tant que participants à part entière.
Pour rappel, seuls les États-Unis et la Jordanie ont été conviés en tant qu’observateurs et il est peu probable que leur statut soit réévalué. Quant aux représentants français, britanniques, saoudiens, qataris ou allemands, les succès obtenus sans eux laissent à penser que leur présence n’est pas souhaitable à ce stade.

Quoiqu’il en soit, Astana avance et s’impose. Et ce n’est pas un analyste de Sputnik qui le dit, mais les résultats sur le terrain. En quelques mois de travail intensif, la plateforme d’Astana a prouvé son efficacité concrète et opérationnelle. Les terroristes continuent de perdre du terrain en Syrie. Les autres territoires retrouvent peu à peu une stabilité relative. N’est-ce pas l’objectif que tous auraient dû rechercher? Quand on connaît les motivations de tout un groupe de pays vis-à-vis de la Syrie, il est permis d’en douter. Mais aujourd’hui, alors que tous, y compris les instigateurs du conflit en Syrie, qui ont perdu la partie, parlent de la « nécessité » de la paix en Syrie, il faut cesser alors de jouer les hypocrites.

Pour finir, il serait bon de rappeler que d’autres plateformes internationales, à l’instar de l’eurasienne Astana, pourraient voir le jour à différents endroits du monde pour résoudre des crises régionales: en Afrique, en Amérique latine notamment. C’est l’idée même du concept multipolaire. Le principal étant de vouloir régler les problèmes existants et de laisser les forces instigatrices de conflits de côté, même si ces dernières persistent à dire que leur présence est indispensable. C’est la leçon qu’il faut tirer d’Astana.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201705111031333924-astana-crise-internationale/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Pourquoi Erdogan est-il à nouveau en Russie?

Erdogan

Trois rencontres Poutine-Erdogan en neuf mois, le dialogue Moscou-Ankara s’intensifie. En effet, au-delà des convergences économiques et des divergences sur la Syrie, les deux pays partagent de vrais intérêts stratégiques. La Turquie ira-t-elle au bout de cette logique de dialogue ? Éléments de réponse.

Le président turc Erdogan sera de nouveau en Russie le 3 mai prochain. Il s’agit tout de même de la troisième visite officielle du président turc en Russie en seulement neuf mois. Après la rencontre d’août 2016 à Saint-Pétersbourg qui a officialisé la normalisation des relations entre les deux pays, puis celle de Moscou en mars dernier dans le cadre de la réunion du Conseil de coopération de haut niveau Russie-Turquie, c’est désormais à Sotchi qu’aura lieu cette nouvelle rencontre Poutine-Erdogan.

Les deux présidents ont un ordre du jour chargé, à commencer par la poursuite de la levée des sanctions commerciales russes décidées après la crise de novembre-décembre 2015. Les projets stratégiques et commerciaux sont aussi nombreux: Turkish Stream, centrale nucléaire d’Akkuyu, achat par la Turquie des systèmes russes S-400. Si sur la plupart de ces points, les chances de succès sont plutôt importantes, la Syrie reste, elle, une pierre d’achoppement entre les deux États.

En effet, la Russie reste ferme sur sa position qui stipule que seul le peuple syrien peut décider de son avenir, ce qui passe au préalable par l’éradication du terrorisme en Syrie. La Turquie, elle, campe sur ses positions anti-Assad. Néanmoins et malgré ce désaccord évident, les deux pays continuent de collaborer dans le cadre du processus d’Astana, en coordination également avec l’Iran.

Plus généralement, Erdogan doit se faire à l’idée que la Russie ne changera pas son approche vis-à-vis de la Syrie. Et tenant compte de cette réalité, il devrait en effet surtout se focaliser sur la poursuite du développement des relations bilatérales, aussi bien dans les sphères économique, que politique et culturelle. Les intérêts réciproques sont flagrants. Beaucoup d’entreprises turques attendent avec impatience la levée totale des restrictions pour pouvoir revenir à leur chiffre d’affaires avec la Russie d’avant les sanctions, voire de le développer plus encore: les 100 milliards de dollars d’échange à l’horizon 2020-2023 restent l’objectif déclaré des deux côtés.

Certains se demandent à juste titre si la Russie peut faire confiance à la Turquie, notamment en raison du jeu trouble qu’elle mène depuis plusieurs années en Syrie, l’allié de la Russie, sans oublier aussi le coup de poignard dans le dos de novembre 2015. Certes, il y a des choses qui ne s’oublient pas facilement et seul le temps pourra rétablir une confiance totale entre les deux pays. Néanmoins, les dirigeants des deux pays savent que les deux peuples sont liés l’un à l’autre et qu’il faut en tenir compte.

Gardons aussi à l’esprit que la Turquie a été le seul pays membre de l’OTAN à ne pas s’être joint aux sanctions occidentales contre la Russie. Dans un intérêt purement commercial direz-vous. Certes, mais le fait est là: le leadership turc n’a pas suivi aveuglement les élites occidentales, notamment bruxelloises, qui ont préféré sacrifier les intérêts de leurs producteurs en suivant aveuglement les prérogatives de Washington.
Il faut reconnaître aussi à l’AKP d’Erdogan que c’est bien sous sa direction que les relations russo-turques avaient augmenté considérablement, pour atteindre un niveau sans précédent avant la crise de fin 2015. La Turquie reste également le seul pays membre de l’OTAN qui s’est « permis » une collaboration militaire, certes limitée, avec la Russie. Les frappes conjointes contre Daech dans le Nord syrien, de même que les exercices entre marines militaires des deux pays ont prouvé qu’il y a une perspective réelle, à condition de ne pas mettre de l’huile sur le feu là où il faut éviter d’en mettre: la Syrie.

Enfin, le tout dernier référendum national donnant désormais à Erdogan encore plus de pouvoir ne semble pas changer sa politique en direction de la Russie, tout au contraire. En témoigne une nouvelle visite prévue pour le 3 mai. En passant et en lisant la presse mainstream, on constate que les relations russo-turques font souffler un vent d’inquiétude évident au sein des élites occidentales. Cela est évidemment leur problème, mais c’est très révélateur.

Pour récapituler, Ankara doit se faire définitivement à l’idée que Moscou ne lâchera pas son allié syrien. Ankara doit également admettre qu’Assad représente la seule option fiable pour l’avenir de la Syrie. Ankara doit ensuite contribuer plus efficacement à faire pression sur les groupes armés, notamment ceux participant au processus d’Astana, pour qu’ils se joignent une bonne fois pour toutes à la réconciliation nationale lancée par Damas. Enfin, la Turquie doit commencer à respecter pleinement la souveraineté de son voisin syrien, sachant que plus vite la Syrie retrouvera la paix et la stabilité, mieux ce sera pour la Turquie, qui doit aussi faire face aujourd’hui à la menace terroriste et au séparatisme.

La Turquie ne peut pas manquer de s’apercevoir que la Russie est probablement son seul partenaire important, qui respecte réellement sa souveraineté, malgré les divergences entre les deux pays. Le temps de prendre une décision stratégique pour le futur de l’État turc s’approche. Le leadership turc le fera-t-il? C’est une autre question.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201705021031187849-erdogan-russie/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Thierry Mbepgue: «La jeunesse africaine est prête à défendre sa souveraineté»

Thierry Mbepgue

Activiste camerounais, Thierry Mbepgue n’est pas qu’un souverainiste convaincu. Il a également créé plusieurs projets pour l’indépendance du continent vis-à-vis des grandes puissances. Il évoque pour Sputnik les perspectives du panafricanisme et les prochaines échéances du Cameroun.

Thierry Mbepgue est un activiste patriote et souverainiste camerounais. Président fondateur du Mouvement Africain pour la Libération du Continent (MALCON), il est également l’initiateur du projet UNIRTA, destiné à rassembler les différents mouvements panafricains, notamment en Afrique francophone. Il est auteur panafricaniste et Secrétaire général du Réseau Mondial des Défenseurs de la Cause Africaine (RMDCA).

Sputnik: Bonjour. Lors de notre dernier entretien, il y a près d’un an, vous veniez de lancer le projet panafricaniste UNIRTA. Où en est-il aujourd’hui?

Thierry Mbepgue: Bonjour et merci pour cette occasion d’échanger qui m’est offerte. Le projet UNIRTA suit son bonhomme de chemin, nous continuons à sensibiliser et à enregistrer l’adhésion des cibles de notre projet. Plusieurs coordinations sont installées à travers l’Afrique ainsi que des représentations dans le monde. Cependant, comme il fallait s’y attendre, nous rencontrons d’énormes difficultés quant au déroulement de notre feuille de route globale, mais nous progressons.

Sputnik: Deux de vos principales idées au moment du lancement de l’UNIRTA étaient de rassembler le plus de mouvements possibles aux idées panafricanistes, ainsi que de forger des liens entre l’Afrique et les BRICS. Avez-vous réussi à avancer à ce niveau?

Thierry Mbepgue: L’objectif principal de ce projet est de réunir au sein d’un Conseil africain de la résistance (CAR) le maximum de mouvements possibles aux idées panafricanistes, nationalistes, les patriotes, les souverainistes, les anticolonialistes, les anti-impérialistes, les leaders d’opinion et tous ceux qui aiment l’Afrique et luttent pour son émancipation. Il a été atteint à 85 %. Je peux d’ores et déjà vous annoncer qu’au courant de cette année, ledit conseil verra bel et bien jour.

Sputnik: Au-delà de l’actualité africaine, beaucoup d’Africains s’intéressent à la situation en Syrie. Un grand nombre d’entre eux soutient avec ferveur l’intervention antiterroriste russe. Pourquoi cet engouement, selon vous?

Thierry Mbepgue: L’Afrique est tout simplement une victime qui compatit aux malheurs d’une autre victime (la Syrie), qui comme elle, fait face au même bourreau. Sauf que cette fois-ci, le problème est beaucoup plus spirituel et engage un ordre de valeurs mondial, jusqu’ici fondé sur le christianisme et l’islam. Par cette intervention, le président Vladimir Poutine sauve non seulement la Syrie, mais également le monde entier et ses valeurs.

Sputnik: L’année prochaine, des élections présidentielles auront lieu au Cameroun. Quel pronostic faites-vous? Comment la jeunesse camerounaise compte-t-elle s’impliquer?

Thierry Mbepgue: Constitutionnellement, les élections présidentielles sont prévues pour 2018 au Cameroun. Très peu de candidatures potentielles se démarquent pour l’instant et il est donc difficile de faire un pronostic. Comparé à la précédente élection de 2011, ce scrutin ne suscite pas de grands appétits de la part des politiciens. Que se soit du côté du pouvoir ou de l’opposition classique, aucun signe ne trahit de dynamique ou de montée de fièvre autour de cet événement. Mais, tout porte à croire que le président actuel va remettre son mandat en jeu. Une chose est certaine, c’est que c’est une année électorale qui sera riche en incertitudes, actions et rebondissements.

Pour ce qui est du rôle des jeunes dans cette élection, il sera sans doute engagé et déterminant. Taxée de jeunesse passive, la jeunesse a décidé de prendre le taureau par les cornes. Le mouvement « le Cameroun, c’est nous », qui regroupe de jeunes Camerounais du monde entier, entend présenter des jeunes aux autres élections à venir, et travaille dans le sens de faire de cette élection celle des jeunes. La jeunesse camerounaise sera donc bien présente à cette élection, plus que l’on ne l’imagine.

Sputnik: Parlons des relations russo-africaines. La Russie entretient des relations privilégiées et de plus en plus fortes avec plusieurs pays d’Afrique du Nord et du Sud, principalement arabophones, anglophones, voire lusophones. Pourquoi selon vous les relations entre la Russie et l’Afrique du Centre et de l’Ouest francophone restent-elles relativement à la traîne?

Thierry Mbepgue: Les pays d’Afrique francophones ne sont pas encore libres, les cerveaux sont encore enchaînés et on a comme l’impression de vivre dans un enclos détaché des réalités du monde. La Russie, bien que perçue comme étant un sauveur par beaucoup d’Africains, doit être plus présente à travers sa culture, sa science et autres.

Je vous avais dit que l’intégration se ferait à travers les différents peuples. Savez-vous que le mythe selon lequel la Russie est un pays négrophobe continue d’être entretenu en Afrique francophone, notamment via le mainstream médiatique, alors que nous savons parfaitement que c’est faux? Les relations diplomatiques au sommet sans les échanges culturels entre peuples n’aboutiront certainement pas à l’harmonisation des relations. Il y a encore donc du travail à faire. Notre association « le Club des Amis Africains des BRICS » (CAA-BRICS) fait de son mieux pour y contribuer.

Sputnik: Dernière question. Votre pays, le Cameroun, continue de faire face à plusieurs tentatives de nuire à sa souveraineté par des forces extérieures, à l’instar de beaucoup d’autres pays africains. Est-ce que la jeunesse camerounaise est prête à défendre la souveraineté de son pays?
Thierry Mbepgue: C’est la chose qu’elle sait faire le mieux, défendre sa souveraineté. La réponse est oui! La jeunesse camerounaise est prête à la défendre jusqu’au sacrifice ultime. Nous ne devons plus permettre la réalisation de scénarios que l’Occident politique avait l’habitude de réaliser sur notre continent.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201704271031128556-jeunesse-africaine-souverainete/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Quand la diplomatie occidentale se plaint de l’isolement

globe

Le monde multipolaire est ouvert à tous. Cela a été rappelé maintes fois par ses partisans. Néanmoins, plus les supporters de l’ordre unipolaire dépassé refuseront la réalité, plus ils finiront par se plaindre de se retrouver isolés des principales décisions internationales.

Voici un tout récent communiqué de la diplomatie allemande  : «  Le fait que la Russie, l’Iran et la Turquie coordonnent leurs activités, notamment dans le cadre des pourparlers d’Astana, sans inviter l’Europe, la coalition internationale anti-Daech et les États-Unis, ne peut que provoquer notre inquiétude. Selon nous, c’est seulement en joignant nos efforts que l’on peut arriver à une solution dans la crise syrienne.  »

Vraiment  ? Le leadership occidental, en l’occurrence ici ouest-européen, commence-t-il à se plaindre d’isolement  ? Les mêmes qui aiment tellement menacer les nations non-obéissantes de se retrouver «  isolées  »  ? Une chose est néanmoins certaine  : ce communiqué confirme la justesse de l’approche d’Astana. En effet, les trois pays cités plus haut, ainsi que la Syrie (puisque c’est d’elle qu’il s’agit en premier lieu), sans oublier le Kazakhstan, qui a fourni ladite plateforme de travail, ont prouvé en quelques mois qu’il était possible d’obtenir des résultats tout à fait encourageants, sans pour autant inviter les élites occidentales, si ce n’est en tant qu’observateurs.

La preuve saute aux yeux  : en quelques mois de pourparlers à Astana, certes difficiles, les résultats obtenus sont bien meilleurs que ceux de Genève et d’autres plateformes montées par l’Occident et les pays du Golfe depuis plusieurs années, plateformes où se croisent inlassablement des représentants étasuniens, britanniques, français, saoudiens, qataris, ainsi que leurs «  protégés  syriens  », qui n’ont aucune valeur réelle dans leur propre pays.

La raison  ? Elle est simple. Les élites occidentales et du Golfe n’ont pas autre objectif que de tenter par tous les moyens de faire tomber les autorités légitimes de Syrie, ou à défaut de réussir la première option, de maintenir et de faire perdurer le chaos. C’est tout.

C’est pourquoi la plateforme d’Astana doit certainement poursuivre son travail dans le format choisi initialement  : délégation gouvernementale syrienne, représentants des groupes armés soutenus par la Turquie, les pays-garants (Russie, Iran, Turquie), et bien évidemment le Kazakhstan en tant que pays hôte. Le fait d’avoir permis aux représentants étasuniens et jordaniens d’assister aux pourparlers en tant qu’observateurs est sans aucun doute un beau geste. L’Égypte est également mentionnée en tant que grande puissance du monde arabe. Mais afin d’éviter justement de plonger Astana dans le même chaos que les plateformes des pseudo — «  amis de la Syrie  », il faut certainement s’en tenir à ce qu’on a déjà.

Pour autant, la Russie tout comme l’Iran, a bien indiqué que la porte restait ouverte, à condition évidemment de contribuer à des approches cohérentes en vue de stabiliser la situation et pouvoir contribuer à un retour progressif de la paix en territoire syrien. Les élites occidentales et certains de leurs amis du Golfe ont en-ils été capables jusqu’à maintenant  ? Réponse  : non. Aucune raison donc d’élargir le format. Certains diront que la Turquie, l’un des pays garants des accords d’Astana, joue également un jeu trouble. C’est en partie vrai. Mais la Turquie se rapproche de la Russie et elle comprend enfin que tant que la crise perdurera en Syrie, cela touchera directement sa sécurité. En conséquence, Ankara finit par jouer un rôle réellement plus positif que dans le passé, tout en gardant, malheureusement, encore une approche anti-Assad.

Quoi qu’il en soit, la toute récente rencontre des experts russes, iraniens et turcs à Téhéran en vue de préparer la prochaine rencontre d’Astana au mois de mai a été selon les diplomates des trois pays fortement positive. Le travail doit donc se poursuivre dans ce cadre, tout en continuant évidemment la lutte anti-terroriste. Quant aux élites occidentales qui se sentent «  rejetées  », la seule solution aurait été de se ressaisir, en reconnaissant la multipolarité comme faisant désormais partie intégrante des relations internationales. Mais les connaissant, ils auront encore besoin de temps. Peut-être même de beaucoup de temps. Au risque de finir réellement isolés et d’accepter réalité du moment lorsqu’il sera déjà un peu tard.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201704211031011888-diplomatie-isolement/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Sommet de Kazan, prochain point d’orgue des relations Russie-Monde musulman

Kazan

La Russie entretient des liens privilégiés avec le monde musulman, une situation due aussi bien aux relations harmonieuses entre chrétiens et musulmans dans le pays qu’aux rapports équilibrés que Moscou entretient avec nombre de pays à majorité musulmane.

Un état de fait qui devrait se traduire lors du prochain sommet Russie-Monde musulman de Kazan.

La superbe ville de Kazan, capitale de la République du Tatarstan et troisième capitale officielle de Russie (après Moscou et Saint-Pétersbourg), accueillera du 18 au 21 mai prochain un important sommet économique international: « Russie-Monde musulman ». Plus de 2 000 visiteurs venant de 50 pays y sont attendus.

Le sommet est organisé avec le soutien du Conseil de la Fédération de Russie (chambre haute du Parlement russe) et des autorités de la République du Tatarstan. Le but dudit sommet est de renforcer les liens économico-commerciaux, scientifico-techniques et culturels entre la Russie et les pays membres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI). Plus de 1 500 personnes ont participé au sommet de 2016: des représentants de l’élite politique, économique, diplomatique, scientifique de 51 pays du monde musulman.

Cette année, plusieurs représentants gouvernementaux ont confirmé leur participation, notamment de Turquie, de Tunisie ou encore des Émirats arabes unis. La classe politique russe sera également bien représentée à ce sommet. Qu’est-ce qui les attire tous à ce sommet?

Rappelons tout d’abord que la Russie, bien qu’étant un pays majoritairement chrétien, est aussi le pays d’un grand nombre de musulmans — des citoyens russes à part entière. Sur une population totale d’un peu plus de 146 millions d’habitants, 14,5 millions se revendiquent de l’islam, soit 10 % de la population totale. Soulignons que nous parlons bien de citoyens russes musulmans et non de migrants en provenance de pays à majorité musulmane, lesquels sont par ailleurs nombreux, notamment en provenance des anciennes républiques soviétiques d’Asie centrale.

L’expérience russe est effectivement unique en ce sens, car chrétiens et musulmans russes vivent en harmonie depuis de longs siècles. Et malgré les défis liés au terrorisme et à l’extrémisme religieux que traverse aujourd’hui le monde — Russie y compris —, c’est un fait reconnu qu’en Russie il n’y a pas de tensions majeures entre les représentants des différentes confessions religieuses. Au contraire, l’écrasante majorité des musulmans de Russie, qu’ils soient Tatars, Tchétchènes, Ingouches, Bachkirs ou autres, revendiquent haut et fort leur appartenance à l’État russe, et leurs sentiments patriotiques n’ont rien à envier à ceux des autres citoyens du pays.

Une expérience caractéristique de la Russie et de certains pays d’ex-URSS, notamment d’Asie centrale à majorité musulmane, qui a perduré depuis la période impériale jusqu’à ce jour. Elle a également permis de bâtir une relation de confiance avec plusieurs États musulmans non issus de l’Empire russe ou de l’ex-URSS, qu’il s’agisse de l’Iran, de la Turquie ou de plusieurs États dans le monde arabe.

Si les relations russo-iraniennes datent de plusieurs siècles, évoquons l’alliance avec la Syrie, vieille de plusieurs décennies ou les relations avec l’Égypte, le principal partenaire économico-commercial de la Russie dans le monde arabe. Moscou entretient par ailleurs des relations suivies avec les pays du Maghreb — Algérie, Maroc et Tunisie — et cultive un partenariat stratégique avec la Turquie, dont la population fait majoritairement plus confiance à la Russie qu’à « l’allié » étasunien, à en croire un récent sondage Gallup. Une confiance qui fait fi des nombreuses guerres russo-turques dans l’histoire et de l’appartenance d’Ankara à l’OTAN, une organisation à priori anti-russe, ou encore malgré plusieurs désaccords évidents, toujours d’actualité, notamment sur la situation en Syrie.

Et c’est loin d’être une exception. Une chose saute aux yeux: les populations musulmanes, notamment arabes, font généralement bien plus confiance à la Russie qu’à l’Occident, ce qui n’est pas forcément le cas de leurs élites politiques. Et d’après certains de mes collègues, russes et étrangers, vivant et travaillant dans certains pays arabes dont les leaders sont des alliés déclarés des États-Unis et du bloc occidental, les sentiments de la population sont bien souvent à l’opposé. C’est un signe avant-coureur.

Est-ce si étonnant? Pas tant que cela. Car malgré toute la propagande russophobe propagée par le mainstream, les populations en question ont maintes fois pu analyser qui avaient le plus de respect envers leurs souverainetés nationales, mais aussi envers la souveraineté sur leurs ressources. Et dans ces deux cas, pas besoin d’être un expert en géopolitique ou en géoéconomie pour y voir clair.

Une chose est certaine. La présence américaine, et plus globalement occidentale, est de plus en plus contestée dans le monde musulman, notamment au Proche et au Moyen-Orient. La vive inquiétude et même l’hystérie qui caractérisent aujourd’hui les élites politiques, financières et médiatiques occidentales sont entre autres dues à cela. Elles savent que plus le temps passe et plus de pays, y compris leurs proches « alliés », leur montreront la porte. C’est une question de temps. D’ici là, la Russie ne se presse pas. Elle attend. Tout en défendant avec ardeur ses alliés et ses partenaires stratégiques, de même que ses intérêts — chaque pays en possède. Le tout dans un cadre une fois encore multipolaire.

Et c’est pourquoi le Sommet Russie-Monde musulman 2017 de Kazan sera sans aucun doute un succès, peut-être sans précédent.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201704181030958268-kazan-sommet-relations/

Mikhail Gamandiy-Egorov