Archives pour la catégorie Международная политика

L’accord de l’OPEP+ ou les nouvelles tourmentes pour l’Occident

06.10.2022

Malgré la pression insistante de Washington sur les pays du Moyen-Orient pour augmenter leur production pétrolière, les pays de l’OPEP+ ont pris la décision de faire baisser la production journalière d’un volume plus que conséquent. Les problèmes énergétiques non plus seulement de l’UE, mais également des Etats-Unis, se concrétisent.

Les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), composée de l’Arabie saoudite (premier exportateur mondial), des Emirats arabes unis, de l’Iran, de l’Irak, du Koweït, de l’Algérie, de l’Angola, du Gabon, de la Libye, du Nigéria, de la Guinée équatoriale, de la République du Congo et du Venezuela – en concertation et avec la participation de la Russie (deuxième exportateur mondial) – ont pris la décision à l’unanimité de réduire la production pétrolière, et ce au maximum des prévisions les plus pessimistes pour les intérêts étasuniens et occidentaux. A savoir à hauteur de deux millions de barils par jour.

Le tout alors que les USA n’ont cessé de mettre la pression, notamment sur ses alliés du Moyen-Orient, pour une augmentation de l’offre sur ce marché stratégique à l’échelle internationale. Cette décision arrange évidemment les intérêts non seulement des pays membres de l’OPEP, mais également de la Russie, vis-à-vis de laquelle l’Occident collectif cherche à tout prix à réduire la dépendance énergétique et lui faire perdre les revenus issus de ce secteur.

Si cette décision est indéniablement une mauvaise nouvelle pour l’Europe bruxelloise, déjà en proie à une crise gazière majeure, elle l’est aussi pour Washington où les prix du carburant frappent durement la capacité d’achat et le niveau de vie de nombreux ménages étasuniens. Cette unité de l’OPEP+ aura donc des répercussions évidentes pour l’Occident collectif, à une période où il cherche à limiter par tous les moyens les revenus énergétiques de la Russie. Sachant que la Russie n’a pas encore pris de contre-mesures radicales, comme le fait de baisser encore plus fortement sa production, ce qui aura pour effet une envolée spectaculaire des prix du pétrole, y compris selon les principaux analystes occidentaux.

Cela traduit également le niveau d’indépendance de plus en plus fort de certains pays du Moyen-Orient, longtemps considérés comme des alliés indéfectibles des Etats-Unis, qui partagent à l’instar de nombreux pays de la planète, leur agacement de la politique étasunienne, sur le plan régional comme international. Sans évidemment oublier le pur pragmatisme économique qui dicte, à l’inverse de l’UE, à ces pays la nécessité de penser de manière prioritaire à leurs intérêts financiers, et non pas ceux de Washington.

Une chose est d’autant plus certaine. Si les problèmes économiques du côté outre-Atlantique vont maintenant s’accentuer, du côté européiste le mot problématique serait certainement trop faible. Le suivisme aveugle des élites bruxelloises du maitre US en qualité de simples vassaux va durement impacter les industries et les consommateurs lambda des pays européens.

Ces événements confirment également et une fois de plus que l’Occident a beau continuer à prétendre être le maître absolu sur la planète, la réalité contemporaine démontre au contraire l’énorme dépendance de l’Occident (l’extrême minorité planétaire, ayant des ressources naturelles fortement limitées) vis-à-vis du monde non-occidental – représentant l’écrasante majorité de l’humanité et disposant de ressources stratégiques dont cet Occident ne peut que rêver. Bien qu’il se soit habitué à piller ces ressources sans la moindre honte durant de bien longues années.

Il faut tout de même garder à l’esprit que si vis-à-vis de la Russie, l’Occident atlantiste est déjà dans une guerre quasi-totale – sur le plan militaire, économique, comme informationnel, il est à craindre que Washington cherchera à punir les pays arabes, y compris ayant le statut d’alliés, pour leur désobéissance dans le dossier traité aujourd’hui.

Y compris vis-à-vis de l’Arabie saoudite avec laquelle l’animosité était palpable lors de la dernière visite de Biden à Riyad. Il n’empêche qu’il est certainement à croire que les pays concernés soient au courant de ces projets, dans un monde multipolaire où les choix intelligents existent. Un monde dans lequel s’il y a bien un dindon de la farce, c’est aujourd’hui incontestablement l’Europe dans sa version bruxelloise.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Burkina Faso: le rejet de la Françafrique au summum

04.10.2022

S’il est encore difficile de déterminer la voie que choisiront les nouvelles autorités burkinabés après le récent coup d’Etat militaire, une chose demeure évidente: le rejet quasi-total de l’orientation françafricaine par les populations concernées. Un rejet qui, s’il n’est pas écouté correctement, ne fera que relancer d’autres révolutions populaires.

Une fois de plus, Paris voit très mal les événements en cours dans ce qu’il considère comme son prétendu pré-carré, une notion qu’il devra fort probablement oublier au plus vite. Et ce qui fait le plus mal aujourd’hui au système néocolonial de la Françafrique, et plus généralement à l’establishment occidental, ce ne sont pas tant les coups d’Etat militaires communément appelés comme tels dans le mainstream médiatique de l’Ouest, mais bien les mobilisations sans précédent des populations africaines.

Après tout et si l’on prend les principaux échecs jusqu’à présent pour l’establishment hexagonal en Afrique francophone, à savoir la Centrafrique et le Mali, les deux cas restent différents et ressemblants au même moment. Différents dans le sens de l’organisation des pouvoirs concernés, ressemblants car jouissant d’un très large soutien populaire à l’intérieur des pays cités.

Plus que cela, et comme nous avons souvent répétés dans le passé – les cas de la RCA et du Mali – d’exemples longtemps cités comme étant parmi les plus négatifs à l’échelle continentale en raison de l’insécurité quasi-chronique – sont désormais devenus d’énormes sources d’inspiration pour beaucoup d’autres nations du continent africain.

Pour revenir au Burkina Faso, les experts africains s’accordent à dire que quelle que soit la suite des orientations choisies par le nouveau pouvoir, suite au coup d’Etat conduit par le capitaine Ibrahim Traoré, le principal étant de ne pas faire le jeu de Paris. Car c’est précisément ce que reprochent les citoyens burkinabés à Paul-Henri Damiba, déchu à la suite de ce nouvel coup d’Etat militaire.

Quant aux drapeaux russes que portaient de nombreux manifestants au Burkina Faso, comme d’ailleurs à l’instar d’autres pays africains, si en Occident beaucoup sont ceux qui souhaitent y voir une «main de Moscou», la réalité démontre plutôt qu’ils sont, une fois de plus, si loin du compte.

La réalité étant surtout que les Africains rejettent, sans plus le moindre doute, massivement la politique hexagonale et occidentale – aussi bien vis-à-vis de leurs pays respectifs, de leur continent, et plus généralement à l’échelle internationale. Quant à la Russie, beaucoup de citoyens africains la voient si ce n’est pas comme la force libératrice, alors au moins stabilisatrice, qui contribue à apporter la sécurité, notamment face aux divers groupes terroristes, tout en remettant de l’ordre face à l’arrogance néocoloniale occidentale. Une arrogance que les Africains, dans leur très large majorité, ne toléreront plus jamais.

Et ce qui fait effectivement si peur aux élites occidentales, c’est que si bien même quand elles arrivent à corrompre certains nouveaux pouvoirs africains en place, ou du moins à les forcer à faire marche arrière sur certaines de leurs promesses, évidemment ce schéma ne marche vis-à-vis des millions et des millions de citoyens africains, qui se revendiquent du panafricanisme et de la multipolarité.

Au Mali comme en Centrafrique, où le pouvoir militaire dans le premier cas, civil dans le deuxième, marchent main dans la main avec les aspirations populaires, représentent le plus grand et principal défi aux néocolonialistes résolus, des néocolonialistes nostalgiques du diktat unipolaire par la même occasion.

Dans le cas du Burkina Faso, s’il est encore trop tôt à connaitre les choix stratégiques qui se feront par le nouveau pouvoir en place, l’essentiel étant qu’il ne pourra se permettre de ne pas prendre en compte les attentes de la population burkinabé. Et si en Afrique très nombreux sont ceux qui associent déjà le leader malien Assimi Goïta au légendaire Thomas Sankara, les autorités du Burkina Faso devront encore attendre et démontrer si une telle comparaison avec leur grand compatriote pourra elle aussi se faire à leur encontre.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Les contingents onusiens pour la paix: forces sincères ou agents du néocolonialisme?

29.09.2022

La Force de maintien de la paix de l’ONU, couramment appelée les Casques bleus, se trouve sous l’emprise d’innombrables critiques dans le cadre de son action, plus particulièrement sur le continent africain. Manque d’actions efficaces, divers abus et vol des ressources naturelles des pays concernés par les dites missions – représentent les quelques des multiples accusations visant les contingents. Nombreux sont ceux qui appellent au départ pur et simple de ces forces.

Les manifestations à divers endroits de l’Afrique contre la présence des forces onusiennes de maintien de la paix ne datent pas d’hier: Centrafrique, Mali, République démocratique du Congo, entre autres. En RCA, la Minusca (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique) était souvent accusée d’inaction face aux groupes rebelles, surtout durant la période où ces groupes contrôlaient près de 2/3 du territoire centrafricain.

Aujourd’hui et alors que l’autorité nationale a été restaurée sur l’écrasante majorité de la République centrafricaine suite aux nombreuses réformes efficaces des Forces armées nationales (FACA) et des autres structures sécuritaires avec l’implication d’instructeurs russes, nombreux des citoyens centrafricains considèrent qu’après les longues années de présence sans résultat notable sur le terrain, mis à part pour certaines forces africaines composant la Minusca, le temps serait venu de mettre fin à cette présence.

Le Mali est un autre exemple. Et à l’instar de la RCA, nombreux sont les citoyens maliens qui souhaitent le départ pur et simple de la Minusma (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali), comme le rappelle la télévision panafricaine Afrique Média.

Dans le cas de la République démocratique du Congo – les récentes manifestations de fin juillet à l’encontre cette fois-ci de la Monusco (Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo), dans les villes de Goma et de Butembo, avaient été endeuillées par des tirs visant les manifestants congolais, ayant fait de nombreuses victimes (mort et blessés) de la part des forces onusiennes. Il y aurait eu pas moins de 30 morts parmi les habitants et plus de 70 blessés.

Beaucoup d’observateurs auraient évidemment plutôt souhaité voir la rage des contingents onusiens à stabiliser sincèrement les pays concernés, en mettant en déroute les nombreux groupes armés présents ne serait-ce qu’en RDC, qui ne cessent d’y maintenir l’instabilité et la violence, que de tuer des civils venus exprimer leur colère en qualité de citoyens du pays où ces éléments onusiens se trouvent. Cela sans oublier les nombreuses accusations d’abus sexuels commis par le personnel de l’ONU en RDC, comme à d’autres endroits des missions en Afrique.

Mais pourquoi un tel manque d’efficacité ou manque de volonté à jouer réellement un rôle stabilisateur des dites missions onusiennes en terres africaines? Pour répondre à cette question, il faut certainement comprendre deux aspects primordiaux. Le premier étant lié à des intérêts économiques, sachant que les pays africains regorgent de matières premières stratégiques. Le cas encore une fois de la RDC ne fait que le confirmer. Il est donc évident qu’une stabilisation rapide de la situation sur le terrain ne rentre pas dans les intérêts de certains représentants onusiens, ayant directement ou indirectement des intérêts économiques dans les pays concernés. Cela évidemment sans remettre en cause l’engagement de tous les éléments onusiens prenant part dans ces missions dites de stabilisation et de paix. Il n’empêche que la morale annoncée est loin de faire l’unanimité au sein des preneurs de décisions des diverses structures de l’ONU et de leurs principaux représentants sur place.

L’autre problème, que nous avons déjà soulevé dans le passé, est que les divers secrétariats onusiens restent fermement liés aux intérêts d’une extrême minorité planétaire, à savoir l’establishment occidental. Mais une extrême minorité qui s’obstine à refuser de perdre son hégémonie internationale.

Ce qu’il en ressort? Le fait que lorsque cet establishment occidental n’est aucunement intéressé par la résolution des défis sécuritaires dans tel ou tel pays, notamment d’Afrique, il en va de son intérêt à faire prolonger les conflits autant que possible. Et ce aussi bien dans un but géoéconomique que géopolitique. Et compte tenu de cela, il est évident que lorsqu’un citoyen d’un pays occidental, ou simplement affilié à l’Occident collectif, est nommé responsable de missions de stabilisation et de maintien de la paix – il ne fera qu’appliquer ce pourquoi il a été adoubé par l’élite pour laquelle il est au service.

D’où encore une fois l’énorme importance d’une réforme profonde des différents instituts de la machine onusienne, à défaut de quoi les grandes organisations régionales, continentales et internationales non-occidentales, devront prendre leurs responsabilités et ne plus donner le feu vert aux activités macabres d’éléments n’ayant rien à avoir avec de véritables missions de paix et de stabilisation.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Le discours historique du Premier ministre malien à la tribune onusienne

27.09.2022

Révolutionnaire, inspirant, grandiose – telles sont aujourd’hui les seulement quelques caractéristiques données par les citoyens maliens et d’autres pays africains à l’égard du discours du colonel Abdoulaye Maïga, Premier ministre par intérim du Mali, à l’ONU. Il est largement vrai que ce discours traduit également le courage de tout un peuple, ayant dans sa large majorité et avec le soutien de nombreux autres Africains – jeté un défi aux vestiges du néocolonialisme occidental en terre africaine.

Dans son discours, Abdoulaye Maïga n’a pas manqué de pointer du doigt l’ex-puissance coloniale hexagonale sur plusieurs volets, y compris sécuritaire. Et aller même jusqu’à parler de «junte française», tout en rappelant que le Mali n’a absolument aucun problème avec les citoyens français ordinaires.

Cette qualification est d’autant plus justifiée lorsqu’on sait que le régime hexagonal ne cesse de qualifier les autorités maliennes, soutenues par l’écrasante majorité de la population du pays et des millions de citoyens d’autres pays africains, de «junte». Une hypocrisie d’autant plus révoltante que l’establishment de Paris appelle le régime kiévien de pouvoir «démocratique», alors qu’il n’est que celui issu d’un coup d’Etat soutenu par l’Occident – et rejeté par des millions de citoyens ukrainiens – pour beaucoup désormais ex-ukrainiens.

Mais si la réponse sans détour du Mali à la tribune onusienne visait l’ex-puissance coloniale, la réalité est qu’elle vise de-facto tout l’Occident collectif. Un Occident collectif arrogant, raciste, convaincu quant à sa prétendue «supériorité» sur les autres peuples de la planète, des peuples qui pourtant représentent ensemble l’écrasante majorité de l’humanité. Avec ce discours historique, une nouvelle page semble effectivement s’ouvrir non seulement pour le Mali – terre d’une grande civilisation ancienne – mais également pour tout le continent africain, dont un énorme nombre d’habitants se retrouvent pleinement et avec enthousiasme dans les paroles prononcées par le colonel Maïga.

Et cette page c’est évidemment celle du panafricanisme, de la souveraineté pleine et entière et d’une appartenance ferme à l’ordre multipolaire international. Les experts des plateaux occidentaux auront beau à poursuivre leurs fanfaronnades en jouant sur des mots n’ayant plus aucun sens – pour des millions et des millions d’Africains, et d’autres peuples de la planète – cela n’aura absolument plus aucune importance.

D’où d’ailleurs et plus que jamais les innombrables menaces de l’Occident collectif otanesque à l’endroit de tous ces peuples, notamment africains, et le chantage qui s’en suit. Encore une fois – que cet Occident se calme, car s’il y aura bien ceux qui ont beaucoup trop à perdre, ce sont bien les Occidentaux, ayant des représentants totalement exécrables et complètement hors-sujet dans la voie contemporaine mondiale.

Une fois de plus, les règles auxquelles l’Occident devra désormais s’habituer dans ses relations avec la Russie et la Chine, ainsi que d’autres puissances non-occidentales promotrices de l’ordre multipolaire international, sont également celles qui seront de plus en plus appliquées dans les relations entre l’establishment atlantiste et le continent africain.

La richesse de l’Occident est effectivement et en grande partie due à l’Afrique, et non pas le contraire comme le prétendent les pseudo-élus et les pseudo-experts du petit monde occidental. Et face à cette réalité, l’Occident devra soit apprendre à faire profil bas en diminuant radicalement l’arrogance qui le caractérise, soit devra continuer à subir des échecs, qui d’ailleurs ne font que commencer.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Mali vs Côte d’Ivoire: lorsque la dignité doit faire face à la sous-traitance pro-occidentale

16.09.2022

La crise actuelle entre Bamako et Abidjan dépasse le cadre strictement régional ouest-africain. Il s’agit en effet et avant tout d’une confrontation entre deux visions diamétralement opposées. L’une misant sur la souveraineté nationale et les valeurs panafricaines, l’autre restant dans une posture de sous-traitance en faveur du néocolonialisme occidental. Et le cadre à proprement dit «régional» prend de plus en plus une tournure continentale.

Depuis l’arrestation, en juillet dernier, de près d’une cinquantaine de mercenaires ivoiriens par les autorités maliennes, la crise ne cesse de s’envenimer entre le Mali et la Côte d’Ivoire. Ceci étant dit, nombreux sont les citoyens ivoiriens qui soutiennent le positionnement du voisin malien dans ce dossier.

Au-delà de l’efficacité à travers laquelle a eu lieu cette arrestation des dits mercenaires, dont l’objectif visait fort vraisemblablement à tenter un énième coup d’Etat pro-occidental en terre malienne, ou du moins à créer des problèmes sécuritaires pour l’Etat malien, la fermeté avec laquelle le pouvoir du Mali a maintenu sa ligne jusqu’à maintenant – a été approuvée non seulement par des millions de Maliens, mais également un très grand nombre d’autres citoyens de pays africains.

Pendant ce temps, le président ivoirien et l’un des principaux représentants restants du système néocolonial de la Françafrique, tente à nouveau de mobiliser un front anti-malien, notamment au niveau de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).

Bien qu’il soit nécessaire de reconnaitre – avec de plus en plus de difficulté, à l’heure où de nombreux chefs d’Etat de la région, tout comme à l’échelle continentale, sont de plus en plus à l’écoute des aspirations pro-panafricanistes et pro-multipolaires de leurs citoyens. Avec en prime le rejet des schémas si longtemps entretenus par l’establishment occidental sur le continent.

D’autant plus que les méthodes de déstabilisation, y compris à travers l’implication de mercenaires, sont fort loin d’être nouvelles et représentent aujourd’hui un défi non plus seulement pour les Etats africains ayant ouvertement coupé le cordon «ombilical» avec l’Occident collectif, mais également tous les pays qui sont en voie de le faire ou du moins qui adoptent un positionnement de plus en plus équilibré, en s’éloignant progressivement du diktat occidental.

Faudrait-il à ce titre rappeler l’implication de mercenaires français, notamment en République centrafricaine dans un passé récent? Depuis, Paris et d’autres capitales nostalgiques de l’unipolarité tentent par tous les moyens de maintenir cette méthode d’interférence et de déstabilisation à l’encontre des Etats libres d’Afrique, mais avec une mise à contribution plus active des principaux sous-traitants. Comme celui du régime ivoirien.

Néanmoins, il est important de constater qu’au-delà de l’approche patriotique et ferme avec laquelle agissent des Etats africains souverains comme la RCA ou le Mali, on assiste depuis assez récemment à une augmentation nette de l’efficacité en matière de sécurité et des services de renseignement dans le cadre de ces pays. Rendant ainsi la tâche des déstabilisateurs traditionnels et de leurs forces sous-traitantes – de plus en plus difficile.

De manière générale et dans la crise qui oppose le Mali au régime ivoirien actuel – la vérité et la dignité semblent prendre le dessus sur le mensonge et les méthodes criminelles. Et cela est connu aussi bien des citoyens maliens qu’ivoiriens, ainsi que des autres peuples du grand continent africain. La confrontation entre les deux visions prend désormais ouvertement une tournure réellement continentale. Et au vu des processus en cours, aussi bien en Afrique qu’à l’échelle internationale, il devient beaucoup plus facile de comprendre les vives inquiétudes des régimes occidentaux et affiliés.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Le retour de la Russie en Afrique: surprise ou processus parfaitement logique?

02.09.2022

Si pour de nombreux analystes hostiles aux réalités issues de la multipolarité, le retour de la Russie sur le continent africain s’est réalisé sur une base prétendument opportuniste, la réalité démontre plutôt que les liens entre les deux parties ne s’étaient jamais réellement arrêtés et ne demandaient qu’à être fortement réactivés et développés.

Alors que dans les événements contemporains, l’Occident collectif avait tout fait pour isoler la Russie sur l’arène internationale, il devient aujourd’hui évident que dans le monde non-occidental – représentant l’écrasante majorité de l’humanité – ces tentatives ont connu un échec flagrant. L’Afrique représente en ce sens l’un des meilleurs exemples.

En effet, ni les visites récentes des hauts représentants occidentaux, ni les pressions et les innombrables intimidations, n’ont pu convaincre la large partie des Etats africains de se détourner du partenariat avec Moscou. Confirmant l’impuissance des régimes occidentaux.

De manière générale, le plein retour de la Russie sur le continent africain était largement attendu aussi bien au sein des leaderships de plusieurs pays du continent, que de la société civile se revendiquant du panafricanisme. Cela n’était d’ailleurs guère surprenant sachant qu’au-delà de ne pas posséder de passé colonial en Afrique, la Russie durant la période soviétique avait largement contribué à soutenir les Etats africains dans leur lutte pour l’indépendance et dans les processus ayant suivi l’obtention des indépendances vis-à-vis des puissances coloniales occidentales.

S’ajoutent à cela des milliers de cadres africains formés en URSS, puis en Russie, et le rejet de la politique occidentale – aussi bien à l’encontre du continent que plus généralement dans le cadre des affaires internationales. Y compris après les interventions néocoloniales dans plusieurs pays du continent, parmi lesquelles la destruction de la Jamahiriya libyenne de Mouammar Kadhafi, avec comme résultat non seulement la fin d’un des Etats les plus prospères et stables du continent, mais également la création d’une large zone d’instabilité et de terrorisme au-delà des frontières libyennes, notamment dans le Sahel.

Fait marquant, si le retour de la Russie en Afrique a été marqué par une réactivation relationnelle depuis ces dernières années avec des Etats qui étaient des alliés et partenaires historiques durant la période soviétique, de nouvelles pages se sont ouvertes avec des pays dont les relations étaient relativement peu développées et qui se trouvaient longtemps sous la coupe occidentale. L’exemple de la République centrafricaine ne fait d’ailleurs que le confirmer

Le premier Sommet Russie-Afrique de Sotchi d’octobre 2019 avait par la même occasion non seulement officiellement replacé le continent africain au centre des priorités de la politique extérieure russe, mais également et plus globalement encore – au centre du concept multipolaire mondial.

Aujourd’hui et plus que jamais l’Afrique, ou du moins sa large partie, comprend les enjeux et les défis auxquels il sera nécessaire de faire face – afin de tourner définitivement la page du néocolonialisme et du sous-développement. Un sous-développement qui n’a pas lieu d’être alors que le continent dispose de tous les atouts nécessaires pour prendre définitivement son envol.

Il est également devenu plus que jamais clair que dans le monde non plus seulement multipolaire, mais également post-occidental – qui se profile, les ressources naturelles seront la clé du nouveau système international. Et dans ce cadre-là, ceux qui n’en disposent pas tout en abordant une posture ouvertement arrogante – devront s’adapter aux nouvelles règles du monde contemporain.

Ainsi, la relance au plus haut niveau des relations russo-africaines, aussi bien anciennes que nouvelles, représente un processus parfaitement naturel, et ce pour les deux parties. Si de l’avis des régimes occidentaux cela n’est pas le cas – à dire vrai leur avis compte peu, pour ne pas dire du tout.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Venezuela: l’économie repart à la croissance

30.08.2022

A l’heure des événements contemporains, les pays ayant démontré leur capacité à faire face aux sanctions unilatérales occidentales constituent des exemples fortement intéressants, y compris pour des Etats qui ont débuté ou pensent sérieusement à le faire – le processus d’éloignement vis-à-vis de l’Occident collectif. En ce sens et à l’instar d’autres nations, le Venezuela fait partie de ces exemples.

L’économie vénézuélienne a progressé de 17,04% en termes de glissement annuel au premier trimestre 2022, a déclaré récemment le président de la banque centrale du pays et repris par Reuters.Représentant à l’heure actuelle la croissance la plus élevée parmi les pays d’Amérique latine.

Le président de la banque centrale vénézuélienne, Calixto Ortega, avait également indiqué que l’économie de la République bolivarienne avait connu une hausse de 19,07% au quatrième trimestre 2021 par rapport à la même période en 2020. Pour rappel, le pays était plongé dans une grave récession depuis 2014, ainsi que faisant face à une inflation élevée, dues notamment aux sanctions US qui visaient à asphyxier l’économie du Venezuela, des sanctions se comptabilisant en plusieurs centaines de positions et visant notamment son secteur pétrolier, stratégique pour l’économie et le budget de Caracas.

S’il est vrai que le manque de diversification des secteurs de l’économie vénézuélienne avait accentué les problèmes, il n’en demeure pas moins que l’agression économique US avait joué un rôle crucial dans les défis auxquels ont dû faire face les autorités et la population. A cela s’ajoutent les multiples tentatives de coup d’Etat à l’encontre du leadership vénézuélien, et les actions néfastes des sous-traitants washingtoniens, parmi lesquels le régime britannique ou ceux issus de l’Europe bruxelloise. Le vol de plusieurs dizaines de tonnes d’or du Venezuela par la Banque d’Angleterre ne fait d’ailleurs que largement le confirmer

Il est vrai que durant cette période difficile, le Venezuela a pu compter sur le soutien de nombreux pays alliés et partenaires stratégiques avec lesquels les relations ont été renforcées dans plusieurs domaines: Cuba, Russie, Iran, Chine, Turquie, entre autres. Et au final une résistance qui a payé: mettant le principal déstabilisateur du pays en position de faiblesse

Car au-delà des nouvelles opportunités qui se sont ouvertes à Caracas dans la flambée actuelle des prix des hydrocarbures, le fait est que c’est désormais l’establishment occidental qui cherche une sortie la moins humiliante possible de sa posture vis-à-vis de la République bolivarienne, à l’heure de la crise énergétique sans précédent que l’Occident subit déjà, et qui l’attend encore à l’avenir.

Pour conclure, il serait bon de rappeler que les innombrables tentatives de Washington et de ses suiveurs de faire tomber le pouvoir bolivarien à travers l’implication d’éléments extrémistes ou encore l’asphyxie de l’économie vénézuélienne, avaient un objectif encore plus global: stopper le renforcement de l’axe progressiste latino-américain hostile à la politique atlantiste étasunienne. Les récents événements dans la région et fort certainement à venir démontrent parfaitement l’énième échec de cette politique de l’extrême minorité mondiale, qui refuse obstinément de s’adapter à la multipolarité. Et en ce sens, si même des erreurs avaient été commises dans le passé par le leadership vénézuélien, notamment dans le manque de diversification des secteurs économiques nationaux, les principaux choix stratégiques du Venezuela auront largement démontré quant à eux toute leur justesse.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=4187

Normalisation turco-syrienne: perspective réelle?

24.08.2022

Après des années de tensions, Damas et Ankara semblent être sur la voie d’une possible normalisation de leurs relations. Si cela se réalisait, ce serait non seulement une victoire pour les deux pays, mais également une grande réussite pour le monde multipolaire dans son ensemble.

Si peu de spécialistes croyaient en une telle éventualité, les processus en cours du moment confirment une fois de plus la justesse de la vision eurasiatique, et certainement pas occidentale, quant à l’avenir mondial. En effet et si les services de renseignement des deux pays sont déjà en contact depuis ces quelques dernières années, les signaux récents permettent d’entrevoir l’éventualité d’une réconciliation politico-diplomatique à venir.

Suite au récent voyage du président turc Recep Tayyip Erdogan en Russie, cette question d’ailleurs a vraisemblablement été abordée. Et selon les déclarations, également récentes, de plusieurs hauts responsables turcs, la possibilité pour une telle normalisation semble n’avoir jamais été aussi proche.

Evidemment et dans cette optique, un tel événement sera une victoire pour la République arabe syrienne et son leadership, à l’encontre desquels Ankara a maintenu une animosité ouverte durant plusieurs années passées. D’un autre côté, un tel résultat sera également un point positif pour la Turquie, qui cherche à démontrer vouloir contribuer à une région pacifique et prospère.

Après maintenant plus de dix années de résistance à succès de la Syrie – au terrorisme international et aux interférences néocoloniales occidentales – et au-delà du soutien de ses principaux alliés en la qualité d’Etats comme la Russie, l’Iran et la Chine – un large processus de normalisation a déjà été engagé avec plusieurs pays, notamment arabes, qui étaient dans un premier temps hostiles à Damas et longtemps considérés comme des alliés indéfectibles de l’Occident, mais qui au final ont opté pour une vision pragmatique et juste.

Ce processus a évidemment été fort mal perçu par les régimes occidentaux qui avaient pourtant juré de pouvoir isoler la République arabe syrienne de la scène internationale. Comme résultat – un énième échec retentissant. En ce sens, si la Turquie – deuxième force armée de l’Otan en termes d’effectifs, mais privilégiant une approche pragmatique et souveraine lorsqu’il s’agit de défendre ses intérêts nationaux – ira d’une manière sincère vers une nouvelle page relationnelle avec Damas, ce sera inévitablement une grande nouvelle victoire pour tout l’espace eurasiatique et le monde multipolaire dans son ensemble.

Et bien évidemment une nouvelle défaite pour l’Occident collectif, nostalgique de l’unipolarité, dont l’intérêt a toujours été de créer et maintenir des conflits et des tensions artificielles entre peuples voisins, non-occidentaux. Bien sûr, une telle normalisation nécessitera aussi la résolution de plusieurs dossiers conflictuels entre Damas et Ankara, comme celui de la région d’Idleb où restent encore présents nombres d’éléments terroristes et dont la Syrie devra reprendre le plein contrôle. En ce qui concerne les inquiétudes sécuritaires de la Turquie, notamment en zones frontalières, ces questions pourront elles aussi être résolues de manière franche et honnête.

Enfin, il serait bon de souligner que si certains prétendus experts (occidentaux ou affiliés aux intérêts atlantistes) ont le culot aujourd’hui de parler de «désordre mondial» – suite à la fin de leur petit monde unipolaire révolu et devant se rendre à l’évidence que leur pauvre existence n’est que celle d’une extrême minorité planétaire – les événements actuels démontrent au contraire que nous avançons à grands pas vers un ordre beaucoup plus juste et rassembleur.

Le monde qui sera non plus seulement multipolaire, mais également post-occidental, sera certainement celui où les faux conflits entre «frères ennemis» devront être dépassés, afin que le vampirisme occidental ne puisse plus se maintenir sous perfusion du sang des peuples de la planète. Et en ce sens, la désormais possible normalisation des relations entre la Syrie et la Turquie ne sera certainement pas le dernier exemple notable.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=4172

Mali: les attentes et les défis

23.08.2022

Suite au retrait désormais complet de la présence militaire française du Mali, les défis demeurent dans un contexte où l’ancienne métropole coloniale et d’autres régimes occidentaux ne comptent pas relâcher la pression sur le pays, devenu un exemple supplémentaire d’une orientation panafricaniste et pro-multipolaire.

Après neuf ans de présence militaire au Mali, via l’opération Serval puis Barkhane, les derniers militaires français ont quitté le sol malien via la frontière nigérienne. Si beaucoup de Maliens et de nombreux autres citoyens africains ont accueilli très favorablement cette nouvelle, pour autant il est à croire que l’establishment élyséen et occidental ne va lâcher prise et continuera de mettre le maximum de pression sur les autorités maliennes.  

Il faut effectivement rappeler que ce retrait s’est effectué à une période d’une montée sans précédent des sentiments anti-occidentaux sur le continent africain, bien qu’il soit important de rajouter que ce rejet de l’Occident ne se traduit pas, à la différence marquante de certains régimes atlantistes d’Europe de l’Est à l’encontre de leurs voisins – par une quelconque haine vis-à-vis des ressortissants de pays occidentaux. Sagesse malienne et africaine oblige.

Cela se déroule également alors que le Mali a saisi l’ONU et accusé la France de soutenir les terroristes. Le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop avait notamment indiqué que le Gouvernement du Mali dispose de plusieurs éléments de preuve que les violations flagrantes de l’espace aérien malien ont servi à la France pour collecter des renseignements au profit des groupes terroristes opérant dans le Sahel, ainsi que dans l’objectif de leur larguer des armes et des munitions.  

Dans cette optique, il est fortement à croire que les tentatives de déstabilisation par Paris et d’autres capitales occidentales du Mali ne s’arrêteront pas dans un avenir proche, malgré leur échec flagrant dans la prétendue lutte antiterroriste et dans leurs multiples tentatives de faire tomber un pouvoir légitime, soutenu par une large majorité de citoyens maliens.

En ce sens, le cas de la République centrafricaine devrait simplement nous rappeler qu’avant que le pays retrouve une relative stabilité, en faisant asseoir l’autorité de l’Etat sur l’écrasante partie du territoire national, le pays a dû faire face à d’innombrables défis posés par l’ancien colonisateur, en association avec d’autres régimes occidentaux. Le combat ne fut pas facile, mais il fut remporté par le pouvoir et le peuple de Centrafrique grâce à la détermination conjointe et aux choix stratégiques qui se sont avérés être justes.

Le Mali doit donc être préparé à un scénario similaire en ce qui le concerne. A savoir poursuivre la lutte antiterroriste de manière efficace et déterminée, maintenir l’orientation panafricaine de sa politique régionale et continentale et renforcer les alliances avec les principaux défenseurs de l’axe multipolaire international, dont le Mali fait désormais intégralement partie.

Il est évident qu’après les échecs de déstabilisation néocoloniale en Syrie, Venezuela, Iran, Cuba, Biélorussie, Kazakhstan, Burundi ou encore en RCA – l’hystérie atlantiste occidentale semble même dépasser le summum du possible. Et connaissant cela, les autorités comme la population du Mali – resteront dans le viseur des nostalgiques de l’ère unipolaire. Et ce jusqu’à la défaite des dits nostalgiques.

Il peut paraître paradoxal, surtout pour les esprits naïfs, que l’Occident rime avec terrorisme, pourtant cela n’est pratiquement plus à démontrer. Les soutiens aux terroristes en Syrie, aux groupes armés en Centrafrique, les actions conjointes avec les éléments salafistes dans la Libye tantôt prospère de Mouammar Kadhafi ou encore l’alliance avec de purs représentants néonazis comme c’est le cas en Ukraine – prouvent parfaitement qu’une bête blessée et vivant l’agonie aura de moins en moins de tabou à montrer son véritable visage.

Les Maliens semblent être prêts à faire face à ces défis. Et avec eux des millions et des millions d’autres peuples africains. Effectivement et après la RCA, le Mali confirme son statut de grande source d’inspiration pour l’Afrique dans son ensemble. Et cela – les fameux «analystes» occidentaux ne l’avaient pas prévu.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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UEEA: l’accent sur les échanges en monnaies nationales

10.08.2022

L’Union économique eurasiatique prend de plus en plus la voie d’une priorisation des échanges entre les Etats membres de l’union en monnaies nationales. Avec à terme la possibilité de l’introduction d’une monnaie unique, permettant l’établissement d’une union monétaire commune.

L’UEEA (cinquième puissance économique mondiale en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat) poursuit et accentue sa politique coordonnée dans le secteur financier, consistant notamment à une utilisation encore plus importante des monnaies nationales des pays membres de l’organisation dans leurs échanges mutuels et dans le cadre des transactions de commerce extérieur hors-union.

Les perspectives à terme étant par ailleurs l’introduction d’une monnaie unique qui représentera l’étape encore plus profonde de l’intégration au sein de l’Union économique eurasiatique, composée pour rappel de la Russie, de la Biélorussie, du Kazakhstan, de l’Arménie et du Kirghizistan en qualité de membres de plein droit, ainsi que de l’Ouzbékistan, de Cuba et de la Moldavie en tant qu’Etats-observateurs. Avec par la même occasion la formation d’un marché financier unique et la mise en place d’une véritable union monétaire.

Si ces dernières orientations seront amenées à se réaliser après encore quelques étapes supplémentaires, le fait est qu’il est évident qu’en ce qui concerne la politique de priorisation des échanges en monnaies nationales au sein de l’UEEA (en l’occurrence le rouble russe et biélorusse, le tenge kazakh, le dram arménien et le som kirghiz), à l’heure des événements contemporains, il n’y a pratiquement aucun doute que le moment soit bien choisi.

Les principales monnaies occidentales ayant été largement discréditées à l’échelle internationale, car étant ouvertement associées aux instruments de chantage et de pressions multiples de la part de l’establishment politique de l’Occident, l’heure est donc largement opportune pour privilégier les échanges en monnaies non-occidentales, dans le cadre des échanges entre nations – également non-occidentales. Ces processus se développent d’ailleurs dans le cadre des échanges bilatéraux entre la Russie, la Chine, l’Iran, l’Inde, la Turquie et d’autres pays, confirmant la pleine logique de cette orientation pour les pays appartenant à l’espace eurasiatique.

En ce sens, les avancées de l’UEEA en la matière pourraient d’ailleurs être utilisées dans d’autres régions du monde, notamment en Afrique, où des monnaies régionales gérées depuis l’Occident, comme le franc CFA, représentent également un frein au développement des pays concernés. Faudrait-il le rappeler: la chute récente de l’euro a entrainé justement le franc CFA dans sa chute. Et ce n’est que le sommet de l’iceberg par rapport à cet autre instrument de domination néocoloniale occidentale, si longtemps décriée par un très grand nombre d’Africains.

De manière générale, les processus en cours confirment l’éloignement de plus en plus prononcé vis-à-vis des instruments financiers occidentaux, longtemps considérés comme la référence internationale en la matière, après avoir fait preuve d’un manque de fiabilité flagrant. Et si la dédollarisation constitue indéniablement une orientation prioritaire, il n’en est pas moins que des monnaies telles que l’euro, le livre sterling, voire même le franc suisse, auront également démontré ne pas être synonymes d’une quelconque fiabilité. N’étant en réalité que le résultat de mythes longtemps entretenus par l’Occident collectif.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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