Archives pour la catégorie Международные отношения

Mali vs Côte d’Ivoire: lorsque la dignité doit faire face à la sous-traitance pro-occidentale

16.09.2022

La crise actuelle entre Bamako et Abidjan dépasse le cadre strictement régional ouest-africain. Il s’agit en effet et avant tout d’une confrontation entre deux visions diamétralement opposées. L’une misant sur la souveraineté nationale et les valeurs panafricaines, l’autre restant dans une posture de sous-traitance en faveur du néocolonialisme occidental. Et le cadre à proprement dit «régional» prend de plus en plus une tournure continentale.

Depuis l’arrestation, en juillet dernier, de près d’une cinquantaine de mercenaires ivoiriens par les autorités maliennes, la crise ne cesse de s’envenimer entre le Mali et la Côte d’Ivoire. Ceci étant dit, nombreux sont les citoyens ivoiriens qui soutiennent le positionnement du voisin malien dans ce dossier.

Au-delà de l’efficacité à travers laquelle a eu lieu cette arrestation des dits mercenaires, dont l’objectif visait fort vraisemblablement à tenter un énième coup d’Etat pro-occidental en terre malienne, ou du moins à créer des problèmes sécuritaires pour l’Etat malien, la fermeté avec laquelle le pouvoir du Mali a maintenu sa ligne jusqu’à maintenant – a été approuvée non seulement par des millions de Maliens, mais également un très grand nombre d’autres citoyens de pays africains.

Pendant ce temps, le président ivoirien et l’un des principaux représentants restants du système néocolonial de la Françafrique, tente à nouveau de mobiliser un front anti-malien, notamment au niveau de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).

Bien qu’il soit nécessaire de reconnaitre – avec de plus en plus de difficulté, à l’heure où de nombreux chefs d’Etat de la région, tout comme à l’échelle continentale, sont de plus en plus à l’écoute des aspirations pro-panafricanistes et pro-multipolaires de leurs citoyens. Avec en prime le rejet des schémas si longtemps entretenus par l’establishment occidental sur le continent.

D’autant plus que les méthodes de déstabilisation, y compris à travers l’implication de mercenaires, sont fort loin d’être nouvelles et représentent aujourd’hui un défi non plus seulement pour les Etats africains ayant ouvertement coupé le cordon «ombilical» avec l’Occident collectif, mais également tous les pays qui sont en voie de le faire ou du moins qui adoptent un positionnement de plus en plus équilibré, en s’éloignant progressivement du diktat occidental.

Faudrait-il à ce titre rappeler l’implication de mercenaires français, notamment en République centrafricaine dans un passé récent? Depuis, Paris et d’autres capitales nostalgiques de l’unipolarité tentent par tous les moyens de maintenir cette méthode d’interférence et de déstabilisation à l’encontre des Etats libres d’Afrique, mais avec une mise à contribution plus active des principaux sous-traitants. Comme celui du régime ivoirien.

Néanmoins, il est important de constater qu’au-delà de l’approche patriotique et ferme avec laquelle agissent des Etats africains souverains comme la RCA ou le Mali, on assiste depuis assez récemment à une augmentation nette de l’efficacité en matière de sécurité et des services de renseignement dans le cadre de ces pays. Rendant ainsi la tâche des déstabilisateurs traditionnels et de leurs forces sous-traitantes – de plus en plus difficile.

De manière générale et dans la crise qui oppose le Mali au régime ivoirien actuel – la vérité et la dignité semblent prendre le dessus sur le mensonge et les méthodes criminelles. Et cela est connu aussi bien des citoyens maliens qu’ivoiriens, ainsi que des autres peuples du grand continent africain. La confrontation entre les deux visions prend désormais ouvertement une tournure réellement continentale. Et au vu des processus en cours, aussi bien en Afrique qu’à l’échelle internationale, il devient beaucoup plus facile de comprendre les vives inquiétudes des régimes occidentaux et affiliés.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Le retour de la Russie en Afrique: surprise ou processus parfaitement logique?

02.09.2022

Si pour de nombreux analystes hostiles aux réalités issues de la multipolarité, le retour de la Russie sur le continent africain s’est réalisé sur une base prétendument opportuniste, la réalité démontre plutôt que les liens entre les deux parties ne s’étaient jamais réellement arrêtés et ne demandaient qu’à être fortement réactivés et développés.

Alors que dans les événements contemporains, l’Occident collectif avait tout fait pour isoler la Russie sur l’arène internationale, il devient aujourd’hui évident que dans le monde non-occidental – représentant l’écrasante majorité de l’humanité – ces tentatives ont connu un échec flagrant. L’Afrique représente en ce sens l’un des meilleurs exemples.

En effet, ni les visites récentes des hauts représentants occidentaux, ni les pressions et les innombrables intimidations, n’ont pu convaincre la large partie des Etats africains de se détourner du partenariat avec Moscou. Confirmant l’impuissance des régimes occidentaux.

De manière générale, le plein retour de la Russie sur le continent africain était largement attendu aussi bien au sein des leaderships de plusieurs pays du continent, que de la société civile se revendiquant du panafricanisme. Cela n’était d’ailleurs guère surprenant sachant qu’au-delà de ne pas posséder de passé colonial en Afrique, la Russie durant la période soviétique avait largement contribué à soutenir les Etats africains dans leur lutte pour l’indépendance et dans les processus ayant suivi l’obtention des indépendances vis-à-vis des puissances coloniales occidentales.

S’ajoutent à cela des milliers de cadres africains formés en URSS, puis en Russie, et le rejet de la politique occidentale – aussi bien à l’encontre du continent que plus généralement dans le cadre des affaires internationales. Y compris après les interventions néocoloniales dans plusieurs pays du continent, parmi lesquelles la destruction de la Jamahiriya libyenne de Mouammar Kadhafi, avec comme résultat non seulement la fin d’un des Etats les plus prospères et stables du continent, mais également la création d’une large zone d’instabilité et de terrorisme au-delà des frontières libyennes, notamment dans le Sahel.

Fait marquant, si le retour de la Russie en Afrique a été marqué par une réactivation relationnelle depuis ces dernières années avec des Etats qui étaient des alliés et partenaires historiques durant la période soviétique, de nouvelles pages se sont ouvertes avec des pays dont les relations étaient relativement peu développées et qui se trouvaient longtemps sous la coupe occidentale. L’exemple de la République centrafricaine ne fait d’ailleurs que le confirmer

Le premier Sommet Russie-Afrique de Sotchi d’octobre 2019 avait par la même occasion non seulement officiellement replacé le continent africain au centre des priorités de la politique extérieure russe, mais également et plus globalement encore – au centre du concept multipolaire mondial.

Aujourd’hui et plus que jamais l’Afrique, ou du moins sa large partie, comprend les enjeux et les défis auxquels il sera nécessaire de faire face – afin de tourner définitivement la page du néocolonialisme et du sous-développement. Un sous-développement qui n’a pas lieu d’être alors que le continent dispose de tous les atouts nécessaires pour prendre définitivement son envol.

Il est également devenu plus que jamais clair que dans le monde non plus seulement multipolaire, mais également post-occidental – qui se profile, les ressources naturelles seront la clé du nouveau système international. Et dans ce cadre-là, ceux qui n’en disposent pas tout en abordant une posture ouvertement arrogante – devront s’adapter aux nouvelles règles du monde contemporain.

Ainsi, la relance au plus haut niveau des relations russo-africaines, aussi bien anciennes que nouvelles, représente un processus parfaitement naturel, et ce pour les deux parties. Si de l’avis des régimes occidentaux cela n’est pas le cas – à dire vrai leur avis compte peu, pour ne pas dire du tout.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Venezuela: l’économie repart à la croissance

30.08.2022

A l’heure des événements contemporains, les pays ayant démontré leur capacité à faire face aux sanctions unilatérales occidentales constituent des exemples fortement intéressants, y compris pour des Etats qui ont débuté ou pensent sérieusement à le faire – le processus d’éloignement vis-à-vis de l’Occident collectif. En ce sens et à l’instar d’autres nations, le Venezuela fait partie de ces exemples.

L’économie vénézuélienne a progressé de 17,04% en termes de glissement annuel au premier trimestre 2022, a déclaré récemment le président de la banque centrale du pays et repris par Reuters.Représentant à l’heure actuelle la croissance la plus élevée parmi les pays d’Amérique latine.

Le président de la banque centrale vénézuélienne, Calixto Ortega, avait également indiqué que l’économie de la République bolivarienne avait connu une hausse de 19,07% au quatrième trimestre 2021 par rapport à la même période en 2020. Pour rappel, le pays était plongé dans une grave récession depuis 2014, ainsi que faisant face à une inflation élevée, dues notamment aux sanctions US qui visaient à asphyxier l’économie du Venezuela, des sanctions se comptabilisant en plusieurs centaines de positions et visant notamment son secteur pétrolier, stratégique pour l’économie et le budget de Caracas.

S’il est vrai que le manque de diversification des secteurs de l’économie vénézuélienne avait accentué les problèmes, il n’en demeure pas moins que l’agression économique US avait joué un rôle crucial dans les défis auxquels ont dû faire face les autorités et la population. A cela s’ajoutent les multiples tentatives de coup d’Etat à l’encontre du leadership vénézuélien, et les actions néfastes des sous-traitants washingtoniens, parmi lesquels le régime britannique ou ceux issus de l’Europe bruxelloise. Le vol de plusieurs dizaines de tonnes d’or du Venezuela par la Banque d’Angleterre ne fait d’ailleurs que largement le confirmer

Il est vrai que durant cette période difficile, le Venezuela a pu compter sur le soutien de nombreux pays alliés et partenaires stratégiques avec lesquels les relations ont été renforcées dans plusieurs domaines: Cuba, Russie, Iran, Chine, Turquie, entre autres. Et au final une résistance qui a payé: mettant le principal déstabilisateur du pays en position de faiblesse

Car au-delà des nouvelles opportunités qui se sont ouvertes à Caracas dans la flambée actuelle des prix des hydrocarbures, le fait est que c’est désormais l’establishment occidental qui cherche une sortie la moins humiliante possible de sa posture vis-à-vis de la République bolivarienne, à l’heure de la crise énergétique sans précédent que l’Occident subit déjà, et qui l’attend encore à l’avenir.

Pour conclure, il serait bon de rappeler que les innombrables tentatives de Washington et de ses suiveurs de faire tomber le pouvoir bolivarien à travers l’implication d’éléments extrémistes ou encore l’asphyxie de l’économie vénézuélienne, avaient un objectif encore plus global: stopper le renforcement de l’axe progressiste latino-américain hostile à la politique atlantiste étasunienne. Les récents événements dans la région et fort certainement à venir démontrent parfaitement l’énième échec de cette politique de l’extrême minorité mondiale, qui refuse obstinément de s’adapter à la multipolarité. Et en ce sens, si même des erreurs avaient été commises dans le passé par le leadership vénézuélien, notamment dans le manque de diversification des secteurs économiques nationaux, les principaux choix stratégiques du Venezuela auront largement démontré quant à eux toute leur justesse.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Normalisation turco-syrienne: perspective réelle?

24.08.2022

Après des années de tensions, Damas et Ankara semblent être sur la voie d’une possible normalisation de leurs relations. Si cela se réalisait, ce serait non seulement une victoire pour les deux pays, mais également une grande réussite pour le monde multipolaire dans son ensemble.

Si peu de spécialistes croyaient en une telle éventualité, les processus en cours du moment confirment une fois de plus la justesse de la vision eurasiatique, et certainement pas occidentale, quant à l’avenir mondial. En effet et si les services de renseignement des deux pays sont déjà en contact depuis ces quelques dernières années, les signaux récents permettent d’entrevoir l’éventualité d’une réconciliation politico-diplomatique à venir.

Suite au récent voyage du président turc Recep Tayyip Erdogan en Russie, cette question d’ailleurs a vraisemblablement été abordée. Et selon les déclarations, également récentes, de plusieurs hauts responsables turcs, la possibilité pour une telle normalisation semble n’avoir jamais été aussi proche.

Evidemment et dans cette optique, un tel événement sera une victoire pour la République arabe syrienne et son leadership, à l’encontre desquels Ankara a maintenu une animosité ouverte durant plusieurs années passées. D’un autre côté, un tel résultat sera également un point positif pour la Turquie, qui cherche à démontrer vouloir contribuer à une région pacifique et prospère.

Après maintenant plus de dix années de résistance à succès de la Syrie – au terrorisme international et aux interférences néocoloniales occidentales – et au-delà du soutien de ses principaux alliés en la qualité d’Etats comme la Russie, l’Iran et la Chine – un large processus de normalisation a déjà été engagé avec plusieurs pays, notamment arabes, qui étaient dans un premier temps hostiles à Damas et longtemps considérés comme des alliés indéfectibles de l’Occident, mais qui au final ont opté pour une vision pragmatique et juste.

Ce processus a évidemment été fort mal perçu par les régimes occidentaux qui avaient pourtant juré de pouvoir isoler la République arabe syrienne de la scène internationale. Comme résultat – un énième échec retentissant. En ce sens, si la Turquie – deuxième force armée de l’Otan en termes d’effectifs, mais privilégiant une approche pragmatique et souveraine lorsqu’il s’agit de défendre ses intérêts nationaux – ira d’une manière sincère vers une nouvelle page relationnelle avec Damas, ce sera inévitablement une grande nouvelle victoire pour tout l’espace eurasiatique et le monde multipolaire dans son ensemble.

Et bien évidemment une nouvelle défaite pour l’Occident collectif, nostalgique de l’unipolarité, dont l’intérêt a toujours été de créer et maintenir des conflits et des tensions artificielles entre peuples voisins, non-occidentaux. Bien sûr, une telle normalisation nécessitera aussi la résolution de plusieurs dossiers conflictuels entre Damas et Ankara, comme celui de la région d’Idleb où restent encore présents nombres d’éléments terroristes et dont la Syrie devra reprendre le plein contrôle. En ce qui concerne les inquiétudes sécuritaires de la Turquie, notamment en zones frontalières, ces questions pourront elles aussi être résolues de manière franche et honnête.

Enfin, il serait bon de souligner que si certains prétendus experts (occidentaux ou affiliés aux intérêts atlantistes) ont le culot aujourd’hui de parler de «désordre mondial» – suite à la fin de leur petit monde unipolaire révolu et devant se rendre à l’évidence que leur pauvre existence n’est que celle d’une extrême minorité planétaire – les événements actuels démontrent au contraire que nous avançons à grands pas vers un ordre beaucoup plus juste et rassembleur.

Le monde qui sera non plus seulement multipolaire, mais également post-occidental, sera certainement celui où les faux conflits entre «frères ennemis» devront être dépassés, afin que le vampirisme occidental ne puisse plus se maintenir sous perfusion du sang des peuples de la planète. Et en ce sens, la désormais possible normalisation des relations entre la Syrie et la Turquie ne sera certainement pas le dernier exemple notable.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Mali: les attentes et les défis

23.08.2022

Suite au retrait désormais complet de la présence militaire française du Mali, les défis demeurent dans un contexte où l’ancienne métropole coloniale et d’autres régimes occidentaux ne comptent pas relâcher la pression sur le pays, devenu un exemple supplémentaire d’une orientation panafricaniste et pro-multipolaire.

Après neuf ans de présence militaire au Mali, via l’opération Serval puis Barkhane, les derniers militaires français ont quitté le sol malien via la frontière nigérienne. Si beaucoup de Maliens et de nombreux autres citoyens africains ont accueilli très favorablement cette nouvelle, pour autant il est à croire que l’establishment élyséen et occidental ne va lâcher prise et continuera de mettre le maximum de pression sur les autorités maliennes.  

Il faut effectivement rappeler que ce retrait s’est effectué à une période d’une montée sans précédent des sentiments anti-occidentaux sur le continent africain, bien qu’il soit important de rajouter que ce rejet de l’Occident ne se traduit pas, à la différence marquante de certains régimes atlantistes d’Europe de l’Est à l’encontre de leurs voisins – par une quelconque haine vis-à-vis des ressortissants de pays occidentaux. Sagesse malienne et africaine oblige.

Cela se déroule également alors que le Mali a saisi l’ONU et accusé la France de soutenir les terroristes. Le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop avait notamment indiqué que le Gouvernement du Mali dispose de plusieurs éléments de preuve que les violations flagrantes de l’espace aérien malien ont servi à la France pour collecter des renseignements au profit des groupes terroristes opérant dans le Sahel, ainsi que dans l’objectif de leur larguer des armes et des munitions.  

Dans cette optique, il est fortement à croire que les tentatives de déstabilisation par Paris et d’autres capitales occidentales du Mali ne s’arrêteront pas dans un avenir proche, malgré leur échec flagrant dans la prétendue lutte antiterroriste et dans leurs multiples tentatives de faire tomber un pouvoir légitime, soutenu par une large majorité de citoyens maliens.

En ce sens, le cas de la République centrafricaine devrait simplement nous rappeler qu’avant que le pays retrouve une relative stabilité, en faisant asseoir l’autorité de l’Etat sur l’écrasante partie du territoire national, le pays a dû faire face à d’innombrables défis posés par l’ancien colonisateur, en association avec d’autres régimes occidentaux. Le combat ne fut pas facile, mais il fut remporté par le pouvoir et le peuple de Centrafrique grâce à la détermination conjointe et aux choix stratégiques qui se sont avérés être justes.

Le Mali doit donc être préparé à un scénario similaire en ce qui le concerne. A savoir poursuivre la lutte antiterroriste de manière efficace et déterminée, maintenir l’orientation panafricaine de sa politique régionale et continentale et renforcer les alliances avec les principaux défenseurs de l’axe multipolaire international, dont le Mali fait désormais intégralement partie.

Il est évident qu’après les échecs de déstabilisation néocoloniale en Syrie, Venezuela, Iran, Cuba, Biélorussie, Kazakhstan, Burundi ou encore en RCA – l’hystérie atlantiste occidentale semble même dépasser le summum du possible. Et connaissant cela, les autorités comme la population du Mali – resteront dans le viseur des nostalgiques de l’ère unipolaire. Et ce jusqu’à la défaite des dits nostalgiques.

Il peut paraître paradoxal, surtout pour les esprits naïfs, que l’Occident rime avec terrorisme, pourtant cela n’est pratiquement plus à démontrer. Les soutiens aux terroristes en Syrie, aux groupes armés en Centrafrique, les actions conjointes avec les éléments salafistes dans la Libye tantôt prospère de Mouammar Kadhafi ou encore l’alliance avec de purs représentants néonazis comme c’est le cas en Ukraine – prouvent parfaitement qu’une bête blessée et vivant l’agonie aura de moins en moins de tabou à montrer son véritable visage.

Les Maliens semblent être prêts à faire face à ces défis. Et avec eux des millions et des millions d’autres peuples africains. Effectivement et après la RCA, le Mali confirme son statut de grande source d’inspiration pour l’Afrique dans son ensemble. Et cela – les fameux «analystes» occidentaux ne l’avaient pas prévu.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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UEEA: l’accent sur les échanges en monnaies nationales

10.08.2022

L’Union économique eurasiatique prend de plus en plus la voie d’une priorisation des échanges entre les Etats membres de l’union en monnaies nationales. Avec à terme la possibilité de l’introduction d’une monnaie unique, permettant l’établissement d’une union monétaire commune.

L’UEEA (cinquième puissance économique mondiale en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat) poursuit et accentue sa politique coordonnée dans le secteur financier, consistant notamment à une utilisation encore plus importante des monnaies nationales des pays membres de l’organisation dans leurs échanges mutuels et dans le cadre des transactions de commerce extérieur hors-union.

Les perspectives à terme étant par ailleurs l’introduction d’une monnaie unique qui représentera l’étape encore plus profonde de l’intégration au sein de l’Union économique eurasiatique, composée pour rappel de la Russie, de la Biélorussie, du Kazakhstan, de l’Arménie et du Kirghizistan en qualité de membres de plein droit, ainsi que de l’Ouzbékistan, de Cuba et de la Moldavie en tant qu’Etats-observateurs. Avec par la même occasion la formation d’un marché financier unique et la mise en place d’une véritable union monétaire.

Si ces dernières orientations seront amenées à se réaliser après encore quelques étapes supplémentaires, le fait est qu’il est évident qu’en ce qui concerne la politique de priorisation des échanges en monnaies nationales au sein de l’UEEA (en l’occurrence le rouble russe et biélorusse, le tenge kazakh, le dram arménien et le som kirghiz), à l’heure des événements contemporains, il n’y a pratiquement aucun doute que le moment soit bien choisi.

Les principales monnaies occidentales ayant été largement discréditées à l’échelle internationale, car étant ouvertement associées aux instruments de chantage et de pressions multiples de la part de l’establishment politique de l’Occident, l’heure est donc largement opportune pour privilégier les échanges en monnaies non-occidentales, dans le cadre des échanges entre nations – également non-occidentales. Ces processus se développent d’ailleurs dans le cadre des échanges bilatéraux entre la Russie, la Chine, l’Iran, l’Inde, la Turquie et d’autres pays, confirmant la pleine logique de cette orientation pour les pays appartenant à l’espace eurasiatique.

En ce sens, les avancées de l’UEEA en la matière pourraient d’ailleurs être utilisées dans d’autres régions du monde, notamment en Afrique, où des monnaies régionales gérées depuis l’Occident, comme le franc CFA, représentent également un frein au développement des pays concernés. Faudrait-il le rappeler: la chute récente de l’euro a entrainé justement le franc CFA dans sa chute. Et ce n’est que le sommet de l’iceberg par rapport à cet autre instrument de domination néocoloniale occidentale, si longtemps décriée par un très grand nombre d’Africains.

De manière générale, les processus en cours confirment l’éloignement de plus en plus prononcé vis-à-vis des instruments financiers occidentaux, longtemps considérés comme la référence internationale en la matière, après avoir fait preuve d’un manque de fiabilité flagrant. Et si la dédollarisation constitue indéniablement une orientation prioritaire, il n’en est pas moins que des monnaies telles que l’euro, le livre sterling, voire même le franc suisse, auront également démontré ne pas être synonymes d’une quelconque fiabilité. N’étant en réalité que le résultat de mythes longtemps entretenus par l’Occident collectif.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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La Chine débute les exercices militaires autour de Taïwan

05.08.2022

La République populaire de Chine a débuté d’importants exercices militaires autour de l’île de Taïwan. Ces exercices représentent l’une des réponses à la récente visite d’une responsable US à Taipei, considérée comme une ligne rouge par les autorités chinoises.

L’Armée populaire de libération – nom officiel des Forces armées de la République populaire de Chine – mènera d’importants exercices militaires et des activités d’entrainement, y compris des exercices à balles réelles, dont les coordonnées ont été annoncés dans un communiqué publié par l’agence de presse Xinhua. En ajoutant que des pour des raisons de sécurité, il est interdit aux navires et aux aéronefs d’entrer dans les zones maritimes et l’espace aérien susmentionnées.  

Pour la première fois, la Chine a en outre fait démonstration de missiles hypersoniques DF-17 dans le cadre des manœuvres militaires en question. Du côté du régime de Taipei, il a été confirmé que la RPC a lancé 11 missiles balistiques Dongfeng dans les eaux entourant Taïwan, écrit South China Morning Post.

Cela constitue l’une des premières réponses de Pékin suite à la provocation évidente de l’establishment étasunien. Hua Chunying, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a de son côté annoncé que les contre-mesures de la Chine à l’encontre de la visite à Taïwan de la présidente de la Chambre des représentants des Etats-Unis, Nancy Pelosi, seront résolues, fortes et efficaces.  

Elle a également ajouté que la RPC prendrait toutes les mesures nécessaires pour sauvegarder sa souveraineté et son intégrité territoriale. La partie étasunienne et les forces séparatistes de «l’indépendance» de Taïwan devront assumer toutes les conséquences qui en découlent. De son côté Wang Yi, chef de la diplomatie chinoise, avait indiqué que le plein retour de Taïwan à la Mère-Patrie est historiquement inévitable.

Selon lui, sous le prétexte de défendre une soi-disant «démocratie», la partie américaine commet l’acte odieux de violer la souveraineté de la Chine. En concluant que ceux qui jouent avec le feu finiront par se brûler et ceux qui violent la souveraineté de la Chine seront inévitablement pénalisés.

En termes de perspectives, s’il est évident que la visite de Pelosi à Taipei était une pure provocation à l’encontre de l’Etat et du peuple chinois, il n’en est pas moins que cela visait également deux autres objectifs, dans la pure tradition de l’establishment étasunien et occidental dans son ensemble: punir la Chine pour son alliance avec la Russie et de nombreux autres pays considérés comme adversaires de Washington et étant par ailleurs des partisans résolus de l’ordre multipolaire international. Et faire démonstration de la prétendue impunité du régime US.

Le seul souci pour les nostalgiques jusqu’au-boutistes de l’unipolarité, c’est qu’encore une fois et au-delà de l’arrogance au summum qui les caractérise, ils font preuve d’un manque évident d’intelligence stratégique, pour ne pas utiliser une autre expression. Car ne serait-ce que ladite visite donne désormais toutes les cartes en main à la Chine afin de prendre pleinement les mesures nécessaires qui frapperont définitivement les rêves des dits nostalgiques.

Faut-il le rappeler que la Chine est un pays privilégiant effectivement le dialogue diplomatique, avec une patience stratégique propre à la philosophie millénaire chinoise. Mais toute patience a ses limites. Et compte tenu de la ligne rouge complètement dépassée par les actions de Washington, il est à croire que la résolution de la question «taïwanaise» ne fera maintenant que s’accélérer, de manière logique et prévisible, dans le plein respect de la réalité historique et de la situation internationale. D’autant plus qu’au-delà des événements des derniers jours – 181 pays du monde ont des relations diplomatiques avec la République populaire de Chine sur la base du principe d’une seule Chine, dont Taïwan fait donc partie intégrante.

Pour revenir aux exercices militaires en cours, nombreux sont les analystes qui les voient comme une répétition générale pour la Chine en vue de résoudre définitivement la question du retour de Taïwan dans le giron national. Si la RPC a jusqu’à maintenant toujours privilégié la résolution pacifique des dossiers conflictuels, désormais il est à croire que les choses ont définitivement changé. Le reste n’est plus qu’une question de temps. Mais encore une fois – fort certainement beaucoup moins long que prévu au départ.

Enfin, la situation actuelle est également une leçon pour tous les régimes qui ont misé sur la sous-traitance vis-à-vis des intérêts washingtoniens et atlantistes. Plus particulièrement sur le fait qu’en adhérant aux actions provocatrices et déstabilisatrices des donneurs d’ordres – il faudra assumer le choix de la posture sous-traitante jusqu’au bout et avec tout ce que cela implique.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Les mensonges étasuniens sur le programme nucléaire iranien

26.07.2022

Le directeur de la CIA a reconnu que les Etats-Unis avaient de-facto menti sur l’Iran, plus particulièrement sur l’éventuelle obtention de l’arme nucléaire par la République islamique. Des informations qui démontrent une fois de plus qui représente le seul et véritable danger dans les affaires internationales.

Les responsables US commencent à admettre les mensonges longtemps propagés par Washington à l’encontre de Téhéran, écrit Lucas Leiroz, chercheur brésilien en sciences sociales à l’Université fédérale rurale de Rio de Janeiro.

En effet, William Burns, directeur de la CIA, a déclaré mercredi 20 juillet que l’Iran n’avait en fait jamais repris son programme de production d’armes nucléaires, et ce depuis 2004. Si cette déclaration ne fait en réalité que confirmer ce que disaient nombre d’analystes internationaux, il est effectivement assez impressionnant que cette affirmation émane du chef du renseignement étasunien.

En décembre dernier, le même Burns avait d’ailleurs déjà déclaré que les Etats-Unis ne disposaient pas de suffisamment de raisons pour croire que l’Iran prévoyait de produire des armes nucléaires. Comme l’indique également l’auteur de l’article, mis à part le directeur de la CIA, l’ex-chef du renseignement militaire israélien, Tamir Hayman, avait précédemment déclaré que Tel-Aviv n’avait trouvé aucune preuve que Téhéran envisagerait de développer des armements nucléaires, malgré le fait qu’il existait un important processus d’enrichissement d’uranium.

Pour rappel, la République islamique d’Iran avait plusieurs fois déclaré que son refus de produire des capacités militaires nucléaires n’est pas lié à la question des sanctions, mais tout simplement en raison de l’idéologie de la nation iranienne. Et comme le rappelle également Lucas Leiroz – la réalité est surtout que l’utilisation pacifique de la technologie nucléaire par l’Iran pourrait également devenir «dangereuse» pour les intérêts US.

A savoir que la technologie nucléaire pacifique et propre permet, notamment, des niveaux élevés de développement industriel et scientifique, en plus de renforcer la puissance militaire, comme par exemple la fabrication de sous-marins à propulsion. Tout en ajoutant que toute forme de développement matériel de ses ennemis géopolitiques est déjà considérée par les USA comme un «problème», et c’est précisément la raison pour laquelle Washington tente à tout prix de neutraliser le programme nucléaire iranien.

Le chercheur brésilien va encore plus loin en rappelant que tout le récit washingtonien autour du programme nucléaire iranien est devenu en quelque sorte une «arme rhétorique» pour l’establishment étasunien. Car avec ce discours, il est devenu possible de tenter à mobiliser une partie de la communauté internationale contre la prétendue «nucléarisation», justifier des sanctions illégales, lancer des opérations militaires et même des actes terroristes dans le but d’assassiner des responsables et scientifiques iraniens.

Pour Lucas Leiroz, cette rhétorique anti-iranienne fonctionne de manière similaire avec le récit autour de la prétendue invasion de l’Ukraine par la Russie, alors que pour l’auteur de l’article ce ne sont que des récits sans fondement, servant aux manœuvres occidentales à l’international.

A notre niveau, il faudrait certainement rajouter que ce qui fait effectivement peur à Washington comme à son principal allié régional et peut-être même international Tel-Aviv – c’est justement l’incroyable capacité scientifico-intellectuelle de la nation perse, qui malgré les innombrables sanctions occidentales prises à son encontre, a non seulement fait preuve de résistance efficace, mais également a activement poursuivi le développement, et ce dans de nombreux secteurs. Etant à ce titre l’actuelle 14ème puissance militaire mondiale (devant Israël – 18ème) et la 21ème puissance économique mondiale en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat.

Et pour conclure sur la question du nucléaire iranien, il est aujourd’hui évident que l’Iran n’a pas besoin d’arme atomique pour pouvoir se défendre efficacement face à ses principaux ennemis et adversaires. Le renforcement sans précédent des positions iraniennes à l’échelle régionale et internationale ne font d’ailleurs que largement le confirmer. A cela s’ajoutent son alliance avec la Russie et la Chine, ainsi que l’appartenance aux principaux défenseurs de l’ordre multipolaire mondial.

Mikhail Gamandiy-Egorov

L’échec de la politique US au Moyen-Orient

22.07.2022

Comme prévu, les nombreux partenaires traditionnels de Washington dans la région stratégique du Moyen-Orient se détournent de plus en plus ouvertement de leur allié. Ce qui paraissait encore récemment presque inimaginable devient réalité.

Plusieurs des principaux médias occidentaux ont clairement affirmé que le président étasunien Joe Biden repart les mains vides de sa tournée au Moyen-Orient, n’ayant rien obtenu lors du sommet arabe organisé en Arabie saoudite. Pas de résultat digne de ce nom notamment dans la sphère énergétique qui représentait l’orientation principale pour les USA dans le cadre de cette visite.

Comme l’indique l’analyse publiée par l’agence de presse gouvernementale turque Anadolu – le président américain Joe Biden a quitté l’Arabie saoudite sans avoir atteint le minimum en termes de prévisions des marchés internationaux de l’énergie qui avaient pourtant estimé avant son déplacement dans la région l’acceptation par les pays du Golfe de la hausse de la production du brut dans le but d’apaiser les marchés.

Ledit article rappelle également que des médias étasuniens, ainsi que des stratèges de banques d’investissement ont commencé à parler de l’échec de Biden à obtenir des engagements pétroliers auprès des dirigeants du Golfe au cours du sommet de Djeddah. Et que les marchés énergétiques américains sont conscients du fait que le principal objectif de la visite du président US dans la région du Moyen-Orient était de demander à ses dirigeants de continuer à alimenter le marché par de plus grandes quantités de brut, pour pouvoir amener à une baisse des prix de l’énergie aux Etats-Unis.

En effet et du côté saoudien, il a été déclaré à travers le prince héritier Mohammed ben Salmane, que le royaume sera dans l’incapacité à l’avenir d’augmenter sa production quotidienne au-delà de 13 millions de barils, sachant que la production actuelle est de 11 millions de barils quotidiens.

Si cet échec de l’administration Biden a été vu comme quelque chose d’inattendu pour de nombreux observateurs occidentaux, la réalité est que ce fut un développement parfaitement prévisible. Et qui confirme l’orientation de plus en plus en faveur de l’ordre multipolaire au sein de cette région stratégique qu’est le Moyen-Orient, comme Observateur Continental l’avait déjà souligné dans un passé récent.

Cela alors même que l’establishment occidental, atlantiste et nostalgique de l’unipolarité, observe avec vive inquiétude la montée en puissance des BRICS et d’un intérêt de plus en plus vif vis-à-vis de cette organisation ou encore de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) de la part de pays longtemps considérés comme des partenaires stratégiques de l’Occident.

Aussi et comme Observateur Continental l’avait déjà annoncé – tous les événements en cours confirment une fois de plus que la spirale des pressions, intimidations et sanctions en tout genre se retourne contre ses instigateurs. Et que l’establishment occidental a beau vouloir faire passer l’idée de son extrême puissance dans les affaires planétaires, tout en continuant à espérer un retour radical à l’ordre unipolaire – la réalité actuelle démontre que d’une part l’effet boomerang se fera ressentir de plein fouet sur la partie occidentale du monde, et de l’autre que nombre de pays de la planète, longtemps considérés comme ses alliés, s’éloignent progressivement de l’Occident.

Comme également annoncé précédemment, l’autre grand avantage des événements en cours est d’avoir démontré que la peur à sa libérer du joug occidental disparait de manière de plus en plus visible. Les masques de l’extrême arrogance et d’hypocrisie au summum sont définitivement tombés, permettant aux nombreuses nations du monde de comprendre que le monde d’aujourd’hui et à venir ne pourra être que post-occidental.

Prochain pronostic? Il est à croire que le régime étasunien va maintenant raviver la fameuse question de «respect» des droits de l’homme et les pressions multiformes vis-à-vis de tous les alliés qui ne vont dans la voie de l’obéissance la plus totale. Car s’il y a bien une chose dont ont besoin aujourd’hui les responsables atlantistes, c’est bien une application totale de leurs ordres face aux nations pro-multipolaires qui continuent de s’imposer.

En effet, l’Occident collectif n’a pas besoin d’alliés, ni de partenaires, mais bel et bien d’esclaves et de purs sous-traitants. En oubliant qu’au-delà de vivre dans un monde où l’ère multipolaire s’est imposée, peu souhaiteront faire partie d’un bateau qui coule. A moins d’être, comme c’est encore le cas pour certains régimes, d’évidents partisans du sadomasochisme.

Mikhail Gamandiy-Egorov

L’Inde remet les USA à leur place

19.07.2022

Bien que l’Occident collectif, et plus particulièrement Washington, avait vivement souhaité faire basculer l’Inde dans le camp occidental, New Delhi démontre que son agenda n’est pas celui de l’Occident. Une démarche indienne souveraine qui ne fait que renforcer l’axe de la multipolarité.

L’Inde a reproché aux Etats-Unis d’avoir «suggéré» directement aux autorités portuaires de la ville de Mumbai une interdiction d’entrée de navires russes. Les autorités indiennes ont rappelé avoir le droit souverain de traiter avec tous les partenaires mondiaux. L’indécence étasunienne a été vivement critiquée aussi bien au niveau du ministère indien des Affaires étrangères, qu’au niveau de l’opinion publique du pays.

Evidemment, cette nouvelle tentative d’intimidation de la part de Washington à l’encontre de New Delhi n’est pas le fruit du hasard. Après l’échec de faire éloigner la Chine de la Russie et de créer un large front international anti-russe, de même que la perte de plus en plus évidente quant à l’influence sur les alliés d’hier, l’Occident n’a plus peur du ridicule pour tenter à donner l’impression de ne pas couler. Y compris si cela ne fait que ridiculiser un peu plus sa posture.

Mais la retenue et un minimum de honte ne sont pas des caractéristiques de l’establishment occidental. Ces notions sont totalement absentes de sa manière à penser. Et si l’Inde est aujourd’hui dans le viseur atlantiste, ce n’est pas seulement en raison du fait que le pays achète beaucoup de pétrole russe, avec pour la seule demi-année en cours déjà plus de 60 millions de barils achetés à la Russie (contre 12 millions pour toute l’année 2021).

Les autres raisons étant que depuis toutes ces dernières années, l’Occident collectif avait fait des pieds et des mains pour tenter à faire intégrer l’Inde dans son camp, et de l’éloigner au maximum de la Russie comme de la Chine. Pour au final devoir faire face à un énième échec cuisant. Ce n’est pas tout. L’establishment politico-médiatique occidental tente par tous les moyens de présenter l’affrontement final actuel entre les partisans de la multipolarité et les nostalgiques de l’unipolarité comme celui de l’axe «autoritaire» face aux démocraties occidentales.

Des pseudo-démocraties occidentales qui avaient tellement besoin de la véritable et la plus grande démocratie du monde – en l’occurrence la République de l’Inde – ne serait-ce qu’au moins symboliquement à faire partie de leur bloc. Dans l’objectif à redorer le blason des fausses démocraties de l’Occident. Echec également.

Enfin, et là nous parlons de géopolitique et de géoéconomie, l’Inde faisant partie des BRICS comme de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), l’objectif occidental a toujours été de tenter d’affaiblir ces deux grandes organisations – représentant la véritable notion de communauté internationale. Non pas celle à la sauce G7. Et qui aujourd’hui inquiètent vivement les Occidentaux, ou du moins ceux résolument nostalgiques de l’ère unipolaire.

Mais les arrogants extrêmes de l’Ouest semblent oublier une fois de plus à qui ils ont affaire. Cela est d’autant plus choquant dans le cas lorsque le consulat d’un Etat de-facto sans histoire, culture, ni civilisation dignes de ce nom – s’adresse ouvertement à une administration intérieure d’un pays souverain à la civilisation millénaire, et 3ème puissance économique mondiale en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat par la même occasion, sous prétexte que les décisions prises aux USA et en Occident sont censées avoir une portée prétendument universelle.

Si les échecs de Washington et de ses suiveurs européistes, australien ou encore canadien – sont une fois de plus fort démonstratifs de la phase très importante et intéressante de l’histoire contemporaine mondiale que nous vivons en ce moment – il n’en est pas moins que l’Inde devra fermement renforcer sa sécurité vis-à-vis des interférences occidentales – pas tellement politiques dans le cas indien, mais beaucoup plus précisément sécuritaires.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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