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Iran-Russie: vers l’élargissement de l’alliance stratégique

La visite du président iranien Ebrahim Raïssi à Moscou a remis à l’ordre du jour les liens stratégiques qui unissent l’Iran et la Russie. L’alliance en question concerne aussi bien l’aspect bilatéral que trilatéral avec la Chine, mais également multilatéral dans le cadre du grand espace eurasiatique et l’axe de la multipolarité.

C’est la Russie qui a été choisie par le leader de la République islamique pour sa première visite internationale officielle depuis sa prise de fonction à la tête de l’Iran. Confirmant l’entente des deux nations sur la scène régionale eurasienne et internationale. Téhéran a d’ailleurs remis à la partie russe un projet d’accord de coopération stratégique pour une période d’au moins 20 ans.

M. Raïssi a également rappelé, comme le rapporte Press TV – la télévision internationale iranienne – que la République islamique d’Iran et la Fédération de Russie font partie de plusieurs organisations régionales et internationales, dont l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) au sein de laquelle la Russie joue un rôle important. Confirmant l’attachement de l’Iran à l’axe de la multipolarité, où se trouve l’épicentre de l’anti-impérialisme et du multilatéralisme.

«L’Iran, devenu membre à part entier de l’OCS, entretient désormais de bonnes coopérations avec tous les pays membres. Mais la Russie joue aussi un rôle crucial au sein de l’Union économique eurasiatique et notre coopération pourra accélérer nos échanges, nos liens commerciaux et économiques. L’Iran et la Russie partagent des intérêts communs et peuvent à eux deux renforcer la sécurité régionale et saper l’unilatéralisme. Une bonne interaction entre l’Iran et la Russie, qui sont dotés d’importantes capacités, pourra avoir un impact positif sur la donne régionale et internationale», avait déclaré le président iranien en allusion claire au monde post-unipolaire étasunien.

Il faut noter également qu’au-delà de la rencontre entre les présidents Raïssi et Poutine, le chef d’Etat iranien s’est également exprimé devant la Douma – chambre basse du Parlement russe. Confirmant l’importance des relations entre les deux pays, sachant que peu de leaders étrangers en visite en Russie ont droit au prestige d’intervenir devant les élus russes.

Pour sa part, Vladimir Poutine a fait l’éloge de la coopération étroite entre les deux pays sur la scène internationale et du contact permanent entre Moscou et Téhéran. Il faudrait certainement rappeler aussi que le processus de la pleine adhésion de l’Iran au sein de l’Organisation de coopération de Shanghai (composée en plus de la Russie – de la Chine, du Kazakhstan, du Kirghizistan, de l’Ouzbékistan, du Tadjikistan, de l’Inde et du Pakistan) a été activement soutenu par la Russie.

Pour ce qui est de l’interaction multilatérale, il est à noter que l’axe Chine-Russie-Iran ne cesse de monter en puissance, aussi bien dans la sphère militaro-sécuritaire, notamment à travers l’organisation d’exercices militaires conjoints réguliers, que dans la sphère économique avec l’accord du siècle sino-iranien – conclu pour une période d’un quart de siècle, impliquant plusieurs centaines de milliards d’équivalents de dollars d’investissements.

La réalisation de l’accord de coopération stratégique sur une période similaire entre l’Iran et la Russie scellera définitivement l’axe sino-russo-iranien et donnera sans le moindre doute un coup de pouce supplémentaire au triumvirat concerné, ainsi que plus généralement à l’axe des partisans de l’ordre multipolaire actuel.

Durant son allocution devant les parlementaires russes, le président iranien a également fait mention de la politique irresponsable de l’Otan, qui selon lui mènera au final cette dernière vers son propre éclatement. «L’Otan fait de l’ingérence dans l’espace géographique des pays sous divers prétextes, ils menacent les États indépendants, a annoncé le dirigeant iranien. L’opposition aux démocraties indépendantes, l’opposition à l’identité des peuples, à la culture, aux traditions des peuples, tout cela est à l’ordre du jour de l’Otan, et c’est une tromperie. Ce comportement se soldera par son effondrement», a déclaré le président iranien.

En effet et alors que l’establishment occidental atlantiste tente de s’accrocher jusqu’au bout pour forcer le monde à revenir vers l’ordre unipolaire révolu, l’alliance stratégique des grandes civilisations mondiales a une responsabilité particulière vis-à-vis de l’ère multipolaire qui s’est imposée, et qui de par son essence représente l’écrasante majorité de l’humanité.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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L’Amérique latine poursuivra son éloignement des USA

Au moment où Washington et ses alliés occidentaux tentent par tous les moyens de maintenir une approche résolument unilatéraliste, les pays d’Amérique latine que les USA ont trop longtemps considéré comme leur arrière-cour continuent d’approfondir leurs liens stratégiques avec les principales forces pro-multipolaires.

Les causes souverainistes et résolument tournées en faveur de l’ère multipolaire prennent de plus en plus le dessus à divers endroits du monde. L’Amérique latine n’en est pas une exception, bien au contraire. Bien que – et cela est parfaitement visible – ces processus provoquent une montée d’hystérie du côté washingtonien. Et ce aussi bien en ce qui concerne l’interaction des pays de la région avec la Chine, que la Russie et l’Iran.

En ce qui concerne l’interaction avec Pékin, le volume des échanges entre la RPC et les Etats latino-américains rien que sur la période allant de janvier à septembre 2021 a atteint 331,88 de milliards d’équivalents de dollars, soit une augmentation de 45,5% en glissement annuel. A titre de comparaison : durée toute l’année 2002 le volume des échanges économico-commerciaux sino-latino-américains ne dépassait pas 18 milliards d’équivalents de dollars.

Comme le rappelle également le quotidien anglophone chinois Global Times, de plus en plus de pays de cette région du monde ont signé des accords de coopération ou des protocoles d’accord dans le cadre de l’initiative chinoise La Ceinture et la Route, dans l’espoir de prendre le train du développement économique de la Chine.

Global Times répond également aux critiques émises par les USA quant à cette interaction, en rappelant à la partie étasunienne «qu’une telle clameur montre tout d’abord un grand manque de respect envers les pays d’Amérique latine, reflétant l’arrogance de Washington à ne pas tenir compte de la souveraineté des Etats latino-américains».

Par ailleurs, le quotidien chinois rappelle que l’année dernière les Etats-Unis avaient annoncé qu’ils offriraient 4 milliards de dollars pour «développer» l’Amérique centrale dans le but de «contrer l’influence de la Chine» dans la région. Et ce au moment où le déficit d’investissement dans les infrastructures en Amérique latine est estimé à environ 150 milliards de dollars par an. Il faudrait certainement et en passant rajouter que cette approche typique pour les USA rappelle celle pratiquée déjà dans un certain pays appelé l’Ukraine – plongé depuis les événements du coup d’Etat de 2014 dans le pur marasme économique.

Il est vrai qu’il est nettement plus simple d’organiser une révolution de couleur à moindre frais, que de devoir aider le pays placé sous son orbite sur le plan économique et financier. Dans le cas ukrainien d’ailleurs – cela est d’autant plus anecdotique que Washington souhaite maintenir l’économie ukrainienne à flot via le budget russe et notamment les livraisons gazières de la Russie à l’Europe. Passons.

Dans le cas cette fois-ci de l’interaction des pays d’Amérique latine avec Moscou, il serait juste de noter que de nouvelles perspectives ne manqueront pas de s’ouvrir. La présence économique russe dans nombre de pays latino-américains souverains, notamment au Venezuela dans la sphère énergétique, pourrait s’élargir dans le cadre d’une plus large interaction dans le volet militaro-sécuritaire, même si c’est un domaine dans lequel les pays concernés interagissent déjà activement.

Le tout à l’heure de l’échec du dialogue récent de la Russie avec les USA et l’Otan en ce qui concerne les garanties sécuritaires et qui d’ailleurs n’était que parfaitement prévisible, connaissant la mentalité propre à l’establishment atlantiste. Désormais rien n’est exclu du côté russe. Le reste concernera les négociations avec les alliés souverains de l’espace latino-américain, sachant que plusieurs des Etats concernés le verront d’un œil positif pour faire face aux nombreuses interférences US dans leurs affaires intérieures.

Pour revenir à l’économie, une interaction économique encore plus poussée devrait être étudiée dans le cadre Eurasie-Amérique latine, à l’heure où un pays comme Cuba est déjà membre-observateur de l’Union économique eurasiatique (UEEA).

Pendant ce temps, l’Iran – l’autre adversaire stratégique, aux côtés de Moscou et Pékin, de Washington sur l’arène internationale – augmente lui aussi son interaction avec plusieurs nations d’Amérique latine, dont le Venezuela, s’étant même permis de briser le blocus imposé à la République bolivarienne par l’establishment étasunien.

Pour conclure, il faudrait très certainement rappeler qu’au-delà des alliances forgées entre nombre de pays latino-américains avec l’axe de la multipolarité, les populations des pays concernés restent fortement mobilisées face à la poursuite des tentatives de déstabilisation qui émanent de la capitale US.

En ce sens l’exemple de la Bolivie, qui avait subi une révolution de couleur pro-étasunienne, mais qui n’a pas manqué de revenir à la légitimité à travers la mobilisation populaire lors des dernières élections présidentielles dans ce pays ne fait que confirmer cette thèse. Tout comme le renforcement de l’axe progressiste latino-américain avec la réélection récente de Daniel Ortega au Nicaragua ou encore la victoire à la présidentielle de Pedro Castillo au Pérou. Tous ces événements confirment que la multipolarité et le souverainisme prennent également et résolument le dessus dans l’espace latino-américain. Au détriment de Washington et des nostalgiques de l’unipolarité.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Mali vs Cedeao: Bamako peut compter sur ses soutiens internationaux

Dans le bras de fer qui oppose actuellement le Mali et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), les autorités maliennes ne prévoient vraisemblablement pas de fléchir, pouvant compter sur nombre de soutiens africains et internationaux. Mais aussi sur le soutien populaire intérieur et les larges sympathies en provenance de la société civile panafricaine.

De nombreux observateurs ont pu noter que les sanctions imposées par la Cedeao aux autorités maliennes ne sont que la suite logique des pressions et intimidations exercées par Paris sur Bamako suite au rapprochement stratégique du Mali avec la Russie. Faisant par la même occasion poursuivre l’effet domino de la chute d’influence du système néocolonial françafricain.

De nombreux Africains parlent même d’un simple travail de procuration de cette même Cedeao en faveur des intérêts de l’Elysée. Une chose est sûre: depuis des mois Paris met à contribution ses principaux supplétifs dans la région pour accentuer la pression sur le Mali dans ses choix stratégiques, y compris si en faisant cela les régimes concernés vont à l’encontre des ressentiments d’une large partie de leurs propres concitoyens, comme ce fut observé notamment au Niger où des manifestations contre la présence militaire française avaient eu lieu, avec des victimes civiles parmi les manifestants.

Cette thèse est d’autant plus confirmée que pratiquement immédiatement après l’annonce de la Cedeao d’imposer des sanctions au Mali, la diplomatie française a tenté de faire adopter à l’Onu un texte de soutien à ces sanctions. En vain – la Russie et la Chine en qualité de membres permanents du Conseil de sécurité onusien ont bloqué ledit texte, confirmant une fois de plus leur solidarité réciproque au niveau international et ne permettant pas aux manœuvres élyséennes à l’Onu d’atteindre l’objectif escompté.

Malgré cet échec évident, les médias hexagonaux et plus généralement occidentaux tentent de maintenir, au même titre que l’establishment politique concerné, l’idée que le Mali serait prétendument isolé au niveau de la communauté internationale, bien que cela apparaisse désormais clairement comme une posture ridicule. Car au-delà de disposer du soutien affiché de Moscou et de Pékin, et donc des deux des trois principales puissances mondiales, Bamako peut compter également sur le soutien, plus ou moins affiché de plusieurs acteurs africains, notamment régionaux.

Parmi ces pays, sont à citer l’Algérie qui maintient des relations cordiales avec les autorités maliennes. La Guinée, voisine également du Mali s’est montrée solidaire de Bamako et a annoncé que «les frontières terrestres, aériennes et maritimes resteront ouvertes au Mali», suite aux sanctions annoncées par la Cedeao. Il serait certainement juste de faire mention de la Mauritanie – elle aussi en bons termes avec Bamako. Sans oublier le Maroc, qui bien qu’entretenant des relations proches avec Paris et Washington, possède une présence économique poussée en terre malienne – le Mali étant la troisième destination des investissements du royaume en Afrique, comme le rappelle Maroc Diplomatique.

Plus généralement, tous les pays concernés et en supplément de leurs intérêts respectifs, ne feraient que gagner si la situation sécuritaire au Sahel irait dans le sens d’une véritable amélioration. D’où l’importance de soutenir les efforts des autorités maliennes.

Mais au-delà des soutiens régionaux et internationaux, l’essentiel à retenir c’est que les autorités maliennes peuvent continuer à compter sur le soutien populaire de masse – aussi bien d’une large partie de la population du Mali, que de nombreux citoyens d’autres pays africains. Y compris de ceux dont les chefs d’Etat restent dans un esprit de sous-traitance pour les intérêts de Paris. Et cela, même les principales voix pro-occidentales sont aujourd’hui forcées de reconnaitre.

Jeune Afrique – l’un des principaux porte-flambeaux médiatiques des intérêts françafricains parle même d’un «sentiment anti-français exacerbé» après les sanctions de la Cedeao, ne faisant que confirmer une réalité que nous avons déjà et à plusieurs reprises traité

En termes de perspectives, il faudrait dire que l’effet domino des échecs de l’establishment élyséen et occidental se poursuivra très certainement au-delà du Mali. L’arrogance et l’incapacité la plus totale à s’adapter un tant soit peu intelligemment aux règles internationales issues de l’ère multipolaire ne feront effectivement qu’exacerber encore plus les sentiments hostiles de nombreuses populations, notamment africaines, à l’encontre de l’establishment occidental.

Une chose est également sûre: le mérite des autorités et du peuple du Mali est indéniable. La détermination patriotique et souverainiste prend le dessus sur l’arrogance néocoloniale, devenant une source supplémentaire d’inspiration pour d’autres nations. Quant à la Russie et à la Chine, elles auront démontré une fois de plus qu’au-delà de leur solidarité ferme dans les affaires mondiales, la notion de communauté internationale est tout sauf celle promue et répétée à longueur de journées par l’establishment politico-médiatique de l’Occident.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Afrique-Russie: tout ne fait que se construire

Depuis le retour de plus en plus affirmé de la Russie dans son interaction avec les pays du continent africain, il est devenu évident que la stratégie annoncée de Moscou pour l’Afrique en qualité d’une de ses principales priorités en matière de politique extérieure se confirme dans les faits. Bien qu’il reste encore beaucoup à faire.

Depuis le Sommet Russie-Afrique de Sotchi en 2019, l’interaction russo-africaine n’a cessé de poursuivre sa marche en avant, et ce malgré les innombrables critiques de la part des principaux adversaires géopolitiques de l’Etat russe. Cela apparait d’ailleurs comme une suite logique, à l’heure où la Russie démontre clairement l’importance de l’orientation africaine dans sa politique internationale, et que du côté des Etats africains, surtout ceux qui ont déjà fermement affirmé leur droit à la souveraineté véritable ou sont en voie de le faire – la volonté est résolument réciproque.

Au-delà de l’aspect purement interétatique, la Russie peut aujourd’hui compter également sur le soutien d’une large partie de l’opinion publique africaine qui voit en elle un partenaire fiable et sincère. Les événements récents en République du Mali ne font d’ailleurs que renforcer un peu plus cette thèse, car parallèlement au désir des autorités du pays de faire appel à un partenaire de longue date dans le volet sécuritaire dans un cadre souverainiste, la société civile malienne a également joué un rôle de premier plan dans ce rapprochement et dont les opinions ont été justement et largement entendues par l’actuel pouvoir du pays.

Le rôle des thèses panafricaines et souverainistes prend en effet un poids plus que considérable à l’échelle continentale, y compris même dans les pays où les pouvoirs traditionnellement orientés sur les intérêts de l’establishment occidental (des Etats-Unis et de la France notamment) se retrouvent désormais à devoir faire face à une montée des pressions populaires auxquelles ils ne pourront trop longtemps faire la sourde oreille.

Ceci étant dit, beaucoup de choses doivent encore être améliorées dans cette interaction russo-africaine post-soviétique – orientée sur un principe souverainiste, panafricaniste et pro-multipolaire. Si les échanges économico-commerciaux entre les pays africains et la Russie continuent d’aller à la hausse, il n’en demeure pas moins qu’un travail important doit encore être fait. Et ce des deux côtés.

Comme une multiplication des contacts directs entre les opérateurs économiques russes et africains dans le commerce bilatéral. Parmi les recommandations publiées récemment par le Conseil russe pour les affaires internationales (RIAC) on retrouve la poursuite de la diversification des partenariats économico-commerciaux avec les Etats africains, notamment ceux qui ne font pour le moment pas partie des principaux partenaires économiques de la Russie sur continent africain, ainsi qu’une plus large ouverture du marché russe aux exportations africaines. Mais également celui de l’Union économique eurasiatique (regroupant en plus de la Russie – la Biélorussie, le Kazakhstan, l’Arménie et le Kirghizistan).

La coopération dans le secteur de l’enseignement doit elle aussi être revue à la hausse, à l’heure où la Russie accueille pas moins de 270 000 étudiants étrangers, parmi lesquels près de 21 000 étudiants proviennent des pays africains. Un nombre appelé à croître encore plus dans les prochaines années, au moment où la Russie fait traditionnellement partie du Top10 des principales destinations pour les études supérieures au niveau mondial.

Un point très important concerne également une implantation d’industries de transformation d’acteurs industriels russes dans les pays africains. Cela est d’autant plus d’actualité à l’heure où l’Afrique veut pouvoir bénéficier beaucoup plus de ses atouts en termes de ressources naturelles. Pendant trop longtemps, le continent africain était vu comme une base stratégique pour l’obtention des matières premières brutes, en vue d’être transformées dans les régions des acteurs bénéficiaires. Générant d’énormes bénéfices pour ces derniers mais incomparablement moins pour les Etats propriétaires des dites ressources. Quant aux pays africains intéressés par ce type de partenariat, les conditions nécessaires se doivent d’être créées pour pousser les opérateurs économiques et industriels à aller dans cette direction, dans un esprit gagnant-gagnant.

Evidemment, il serait impossible de ne pas faire mention d’une interaction solidaire dans les instances internationales. La Russie va très certainement soutenir ses alliés africains sur la scène internationale, y compris onusienne, sachant qu’au-delà d’être l’une des principales puissances mondiales – est également membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, avec droit de véto. Aussi, les pays africains partageant des relations d’alliance et de partenariat stratégique avec Moscou pourront apporter le soutien nécessaire à la partie russe, notamment lors des votes impliquant l’ensemble de la communauté internationale.

Cet aspect a une importance particulière, à l’heure où une infime minorité mondiale continue de s’autoproclamer être la prétendue communauté internationale, avec le soutien de régimes affiliés. Un schéma qui est inacceptable pour les principaux défenseurs de l’ère multipolaire actuelle, dont la Chine et la Russie. Concernant justement l’interaction de Pékin et de Moscou, il apparait aujourd’hui de plus en plus clairement que les deux puissances, partageant des visions stratégiques communes sur un très grand nombre de dossiers internationaux et dans divers domaines (politique, économie, sécurité, entre autres), pourront travailler dans la complémentarité du savoir-faire réciproque, y compris dans leur interaction stratégique avec l’Afrique. C’est une réalité supplémentaire à prendre en compte.

Tout cela pour dire que les prochaines années seront effectivement décisives pour le partenariat russo-africain, et ce dans de nombreux domaines d’intérêt commun. Et loin de se limiter seulement au partenariat militaro-sécuritaire. Bien que ce dernier aspect fera bien évidemment partie des axes prioritaires entre l’Afrique et la Russie, d’autant plus à l’heure où cela est largement demandé aussi bien par les autorités des pays africains souverains, qu’au niveau d’une large partie des populations africaines. Le tout au moment où les principaux critiques de la présence russe, comme chinoise, n’ont pas été en mesure d’apporter des résultats dignes de ce nom dans le volet sécuritaire, notamment au Sahel. Et ayant en outre été les principaux acteurs du chaos et de l’insécurité qui se sont largement propagés dans les pays concernés.

Cela sans même compter la poursuite de l’interférence dans les affaires intérieures d’Etats africains, avec le maintien d’un agenda purement néocolonial. Ainsi que d’une approche ouvertement hystérique à l’idée que les Africains soient capables de choisir eux-mêmes leurs partenaires et de faire également d’eux-mêmes des analyses géopolitiques et stratégiques.

Dernier point sur le volet sécuritaire. Il ne peut y avoir de développement digne de ce nom d’une nation sans la souveraineté et la sécurité. Les populations africaines l’ont, pour grand nombre d’entre elles, parfaitement compris. Tout le reste n’étant que gesticulations de nostalgiques d’un ordre unipolaire révolu. L’Afrique peut et doit devenir l’un des principaux centres de la multipolarité. Et la Russie peut y contribuer.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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L’OTSC comme la solution face aux révolutions de couleur

Après la Biélorussie, une autre tentative de révolution colorée vient vraisemblablement de subir un échec, cette fois-ci – en terre kazakhe. Par la même occasion l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) semble désormais se positionner comme la riposte efficace aux campagnes de déstabilisation occidentales dans l’espace eurasiatique.

Les schémas se suivent et se ressemblent. Il faut tout de même constater que l’establishment politique étasunien, et plus généralement occidental, sans oublier les réseaux Soros & Co. commencent depuis ces dernières années à manquer assez cruellement d’originalité. Au même moment, cela ne devrait pas être si surprenant pour des personnages qui par essence possédant déjà une mentalité purement néocoloniale, se sont définitivement convaincus de leur capacité de nuisance sans impunité après plusieurs campagnes de déstabilisations d’Etats souverains réussies. Le coup d’Etat de 2014 en Ukraine en représente d’ailleurs un exemple, bien qu’étant qu’un demi-succès, pour bien de raisons.

Depuis, la même coalition n’observe plus les mêmes succès, mêmes relatifs. Et après l’échec de révolution colorée en Biélorussie, le schéma appliqué au Kazakhstan semble également… être tombé à l’eau. Pendant ce temps dans l’espace concerné, une force s’affirme comme un outil efficace face aux interférences occidentales, et plus particulièrement étasuniennes. L’appel du président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev au soutien de l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) – dont fait par ailleurs partie le Kazakhstan – semble fermement confirmer la justesse de cette initiative du président du pays. Un appel auquel l’organisation a répondu favorablement et de manière rapide.

L’envoi des troupes conjointes de l’OTSC (composée en plus du Kazakhstan – de la Russie, de la Biélorussie, de l’Arménie, du Tadjikistan et du Kirghizistan) a effectivement fait l’objet de nombreuses discussions. Evidemment sans aucune note d’enthousiasme du côté occidental et de ses affiliés. Pour rappel, le nombre total des militaires de la force conjointe a été annoncé être autour de 2500 personnes. Ayant pour tâche principale la protection et la défense des installations importantes, y compris celles d’importance stratégique.

Le secrétaire général de l’Organisation du Traité de sécurité collective, Stanislav Zas, a de son côté confirmé le mandat des forces collectives de maintien de la paix de l’Organisation d’utiliser le potentiel armé – en premier lieu dans la défense d’importantes installations de l’Etat kazakh, ainsi qu’en cas de menace directe pour la vie et la santé des militaires eux-mêmes.

Cette mission collective devient par la même occasion la première mission de ce format dans l’histoire de l’OTSC. Et pour le moment tout semble aller dans la réussite de la mission confiée, au moment où la situation au Kazakhstan va dans le sens de la stabilisation. Le scénario à l’ukrainienne, où une minorité – active, violente, bien structurée et coordonnée, appliquant à la lettre les ordres de ses parrains, pouvait faire tomber un gouvernement légitime – ne se réalisera vraisemblablement pas. Ce qui sera un succès indéniable pour l’avenir aussi bien de l’OTSC, que pour le grand espace eurasien de façon générale.

Effectivement et après le succès au Kazakhstan, l’Organisation du Traité de sécurité collective pourra devenir une référence de premier choix pour contrer les révolutions de couleur, dans l’espace post-soviétique et peut-être même au-delà. Sachant que la solidarité eurasiatique continue sa marche en avant à travers une autre grande organisation internationale eurasienne – l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), regroupant la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizistan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan, l’Inde, le Pakistan et depuis récemment l’Iran qui a entamé son adhésion en qualité de membre de plein droit.

Un autre point important dans ce dossier concerne quant à lui justement l’énième échec de l’establishment occidental d’ouvrir un front d’instabilité dans l’espace eurasiatique, à l’heure où des pourparlers sécuritaires vont s’ouvrir entre la Russie et l’Occident, impliquant pour ce dernier les Etats-Unis et l’Otan. Bien que et selon les toutes dernières déclarations de la diplomatie russe – des pourparlers qui pourront être de bien plus courte durée que prévu – si l’establishment occidental fera la sourde oreille aux conditions de Moscou.

Quant à la solidarité eurasienne, aussi bien dans le cadre d’une large partie de l’espace post-soviétique, que dans celui de l’implication de la Chine et de l’Iran – il devient assez évident que les forces obscures de la déstabilisation internationale auront de plus en plus de mal à agir impunément, face à des capacités de riposte rapides, coordonnées et efficaces. Le tout impliquant des grandes civilisations mondiales, qui, avec les forces alliées, représentent la grande majorité planétaire par la même occasion. Et non pas une infime partie du globe terrestre.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Aux faux-partenaires – des réponses fermes

En l’absence de respect des engagements de la part de l’Occident, la Russie sera certainement amenée à prendre toutes les mesures nécessaires, et ce aussi bien dans le cadre national qu’en coordination avec ses alliés, pour assurer sa propre sécurité, ainsi que dans le cadre de la défense de l’ordre international multipolaire.

Les pays occidentaux doivent immédiatement donner à Moscou des garanties de sécurité et c’est de cela dont dépendra l’évolution future de la situation sur la scène internationale. C’est ce qu’a déclaré le président russe Vladimir Poutine lors de sa grande conférence de presse annuelle.

Le dirigeant russe a déclaré que ce n’est pas le cours des négociations sur cette question qui importe pour Moscou, mais le résultat: «Vous exigez de moi des garanties, mais c’est à vous de nous les donner, immédiatement, maintenant», a-t-il souligné en répondant à une question d’une journaliste britannique.

Durant ladite conférence de presse, Vladimir Poutine a rappelé également comment l’Otan a menti à l’URSS dans les années 1990 quant au non-élargissement de l’alliance atlantiste vers l’Est, et que depuis cinq vagues d’élargissement de l’Otan avaient eu lieu. A ce sujet, le dernier président soviétique Mikhaïl Gorbatchev avait maintes fois déclaré avoir reçu des promesses fermes quant au fait que l’Otan respecterait ses engagements sur la question du non-élargissement.

Evidemment, le dernier leader de l’URSS porte une part de responsabilité indiscutable quant au fait d’avoir fait confiance à l’Occident sans prendre en retour des engagements écrits des dirigeants otanesques. Mais il n’empêche que cela n’enlève rien au fait que de quelconques promesses, et souvent même sur le papier, données par l’establishment occidental – ne signifient absolument rien dans les faits et gestes. Les dossiers internationaux qui confirment cette vérité ne manquent aucunement. Les plus récents étant la Libye de Mouammar Kadhafi, l’Ukraine avec le soutien au coup d’Etat armé du Maïdan (suite justement aux garanties occidentales données au président ukrainien Ianoukovitch), sans oublier le dossier du nucléaire iranien.

Dans ce dernier dossier l’hypocrisie occidentale est une fois de plus parfaitement à découvert: nous violons l’accord mais on hurle haut et fort que c’est aujourd’hui l’Iran qui en serait le «violateur»…. Tellement typique de la part de ceux qui continuent de prétendre à être «exceptionnels» et à représenter la prétendue communauté internationale – en étant une extrême minorité planétaire, comme l’a d’ailleurs si bien souligné récemment Wang Wenbin, le porte-parole chinois des Affaires étrangères, en appelant par ailleurs à mettre fin à cette arrogance extrême occidentale.

Ceci étant dit et en passant maintenant aux perspectives, si bien même que l’Occident politique allait donner des garanties – connaissant la particularité de l’establishment atlantiste et la mentalité qui en ressort, il serait certainement erroné de pouvoir penser que les mêmes personnages respecteront leurs engagements, comme ils l’ont déjà si fortement démontré au cours des années 1990 et même par la suite.

Ce qui enrage aujourd’hui particulièrement l’establishment occidental, c’est qu’au-delà de devoir faire face à une chute d’influence à l’international sans précédent dans le cadre de l’ère multipolaire, il doit d’autant plus vivre avec l’intransigeance de Moscou, Pékin et Téhéran, entre autres. Les faux sourires hypocrites n’impressionnent pas, tout comme les fausses déclarations de vouloir bâtir des relations prévisibles.

Dans la situation internationale actuelle, y compris celle qui concerne la sécurité des frontières russes et eurasiennes, il est à penser que face à l’élargissement otanesque et une proximité immédiate des troupes US, la meilleure réponse qui puisse être reste une présence militaire efficace près des frontières étasuniennes.

Evidemment, cela ne doit aucunement faire diminuer les mesures de dissuasion en Europe, où l’UE applique de-facto à la lettre les prérogatives washingtoniennes, mais il demeure particulièrement important de faire désormais ressentir la présence armée des principaux adversaires à l’axe des nostalgiques de l’unipolarité – directement aux frontières US.

Evidemment, certains «bien-pensants» et faux pacifistes, les mêmes qui d’ailleurs n’avaient exprimé aucun regret suite aux destructions de l’Irak, de la Libye et de nombre d’autres pays, crieront que cela ne fera qu’attiser un niveau supplémentaire de tensions internationales. La réalité est pourtant autre: le champion indiscutable du chaos international réfléchira au contraire plus de trois fois avant de pouvoir engager ses sous-traitants vers de quelconques actions dangereuses.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Diplomatie chinoise: l’ère de l’impunité pour les USA est terminée

La Chine continue de hausser le ton face aux nostalgiques du système unipolaire. Les récentes déclarations de la diplomatie chinoise ont été vues par de nombreux analystes comme un sérieux avertissement vis-à-vis de Washington et de ses supplétifs. Mais aussi et peut-être surtout comme une mise au point définitive quant à l’avenir des affaires internationales.

Les Etats-Unis, leurs alliés occidentaux et certains de leurs supplétifs ont beau prétendre à continuer de s’autoproclamer «communauté internationale», à organiser des pseudo-sommets de la «démocratie» – la réalité multipolaire, elle, ne compte aucunement reculer. Et dans cette réalité, à défaut de l’accepter convenablement – il faudra apprendre à une extrême minorité planétaire à connaitre sa place dans le monde… en qualité d’extrême minorité planétaire.

A ce titre, il serait très intéressant de prêter attention aux toutes récentes déclarations de Wang Wenbin, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères: «Nous condamnons l’intervention militaire brutale des Etats-Unis en Afghanistan, en Irak, et en Syrie au nom de la « démocratie«  et des « droits de l’homme« . Nous appelons la communauté internationale à enquêter sur les crimes de guerre de l’armée étasunienne consistant à tuer des civils innocents dans le monde et à la tenir responsable de ces crimes».

En ajoutant des éléments très importants: «La justice peut être retardée, mais elle ne sera reniée. L’ère durant laquelle les USA agissaient de façon arbitraire dans le monde sous le prétexte de la prétendue « démocratie«  et des « droits de l’homme«  est terminée. Le jour de rendre des comptes finalement viendra pour l’armée US qui a commis les crimes de tuer des civils innocents dans de nombreux pays».

Maintenant, abordons les perspectives. Tout d’abord, il devient aujourd’hui évident que nos prévisions se sont une fois de plus confirmées. Déjà en février dernier et à l’heure où de nombreux analystes et experts présageaient une amélioration des relations sino-étasuniennes après le départ de l’administration Trump de la Maison-Blanche, Observateur Continental a publié une analyse qui indiquait que rien ne présageait au contraire de nettes améliorations dans ces relations. En rappelant notamment que face à la poursuite de l’arrogance dans la politique étasunienne, Pékin continuera à défendre ses intérêts nationaux et à promouvoir la réalité multipolaire mondiale. Ces prévisions se sont largement confirmées.

D’autre part et au moment où certains pouvaient penser que la Chine – tout en étant une superpuissance économique internationale ne se focalisera pas particulièrement sur le volet géopolitique ont là aussi eu tout faux. La République populaire de Chine a au contraire largement accepté son rôle de superpuissance également géopolitique, et a inlassablement raffermi ses alliances avec les autres principales puissances mondiales non-occidentales, parmi lesquelles la Russie et l’Iran.

Enfin, les déclarations récentes de la haute diplomatie chinoise confirment tout simplement que la Chine est effectivement passée à la contre-offensive. L’appel à faire porter la responsabilité aux USA pour les crimes commis à divers endroits de la planète, ainsi que la mise au point sans équivoque que l’ère de l’injustice unipolaire est bel et bien révolue – ne nécessitent pas de commentaire supplémentaire.

Dans ce paradigme de la réalité internationale contemporaine – l’Occident politique pourra alors poursuivre ses gesticulations «moralisantes» autant qu’il souhaitera. Cela ne changera pourtant aucunement les bouleversements mondiaux: des bouleversements dans lesquels l’establishment occidental et ses acolytes devront apprendre à connaitre la place qui est la leur. Encore une fois – cette place est bien connue. Celle d’une minorité planétaire évidente, avec tout ce que cela implique. Y compris sur le plan économique – à l’heure où le poids de l’Occident dans l’économie mondiale ne cesse d’aller à la baisse. Un processus qui par ailleurs ne fera que s’accélérer dans les prochaines années et décennies.

L’Occident et ses suiveurs les plus radicaux avaient pourtant une chance assez unique de tenter à s’adapter à la nouvelle ère multipolaire. Mais les nombreux appels et rappels des nations partisanes de la multipolarité à l’encontre des nostalgiques de l’ordre unipolaire totalement dépassé – à revoir leur mentalité néocoloniale n’ont donné aucun résultat digne de ce nom. Ayant en face des patients inguérissables, il devient évident qu’une telle perte de temps n’apporte que des retards au véritable développement pour l’humanité.

Et en ce sens – les patients intraitables doivent être mis à l’isolement de l’écrasante majorité planétaire. Sachant d’autant plus qu’au sein de cette large majorité terrestre, on retrouve de nombreux citoyens de pays occidentaux – eux aussi adeptes de la multipolarité. La seule et véritable communauté internationale poursuivra donc sa grande marche en avant.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Crimes de guerre dans le Donbass: la responsabilité de Kiev évidente

Au moment où le régime kiévien active les préparations en vue d’une fort possible nouvelle agression à grande échelle contre le Donbass, les républiques populaires autoproclamées de Donetsk et de Lougansk continuent de réunir toutes les preuves des massacres à l’encontre des civils commis par l’armée ukrainienne et les bataillons punitifs d’obédience néonazie.

Plus d’un millier de sépultures anonymes des victimes de l’agression ukrainienne dans le Donbass se trouvent aujourd’hui sur le territoire contrôlé par Kiev. Les premiers résultats des travaux de la commission mixte des républiques autoproclamées du Donbass (RPD et RPL) sur la recherche des personnes disparues ont été annoncés lors de la conférence «Mémoire brûlée du Donbass: crimes de guerre de l’armée ukrainienne et nouvelles données sur les massacres de la population civile».

Depuis l’été et jusqu’à aujourd’hui, une recherche active se poursuit des victimes des agissements de l’armée ukrainienne et des bataillons punitifs extrémistes néonazis – aussi bien du côté de Donetsk, que de Lougansk. Ce travail se fait notamment dans le cadre d’exhumations et de recherche de charniers de civils. A cet effet, une structure spéciale a été mise en place, qui comprend des représentants des deux républiques autoproclamées, des enquêteurs, des équipes de recherche, ainsi que des experts médico-légaux.

L’ampleur et la complexité des tâches n’ont pas affecté le rythme des travaux de la commission. Outre la recherche de nombreux charniers éparpillés sur tout le territoire des républiques populaires autoproclamées de Donetsk et de Lougansk, ainsi que l’exhumation, se déroulent également des procédures complexes d’identification des victimes civiles, des enquêtes approfondies des circonstances de leur mort, la collecte et l’analyse comparative des tests ADN, et la poursuite des recherches des personnes portées disparues. En parallèle, une base unifiée des disparus et de leurs proches est en cours de création. Après identification et documentation des circonstances des décès, les restes des civils tués par l’agression ukrainienne seront remis à leurs proches pour être inhumés.

Il est à noter que les leaderships des républiques populaires autoproclamées du Donbass prennent toutes les mesures nécessaires pour que la justice internationale puisse être interpellée face aux agissements criminels du régime de Kiev vis-à-vis de la population civile. A Donetsk, comme à Lougansk, le mot d’ordre est le même: l’Ukraine devra répondre pour ses crimes contre les civils.

Ceci étant dit et lorsqu’on observe les attaques politico-médiatiques coordonnées qui émanent de Kiev, mais également de ses alliés occidentaux, il est à croire que la justice réclamée par les responsables et les habitants du Donbass aura de très nombreux obstacles sur son chemin. Tout porte aujourd’hui à croire que les accusations portées par Washington et nombre de régimes occidentaux à l’encontre d’une prétendue «agression» russe qui viserait l’Ukraine ne cherchent qu’à tenter de voiler la véritable agression qui se prépare à grande échelle contre le Donbass et ses habitants – par les forces ukrainiennes et leurs alliés otanesques.

Une chose demeure néanmoins sûre. Si ce dernier scénario se confirmera – la justice se fera alors d’elle-même. Car faut-il le rappeler – l’opposition aux agissements kiéviens et de ses parrains occidentaux est loin de se limiter aux républiques populaires autoproclamées du Donbass. Autre rappel: en août 2008, un autre régime pro-occidental soutenu par l’OTAN avait tenté d’écraser par la force les populations civiles d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie. Tout le monde connait le résultat qui s’en est suivi. Que l’establishment occidental en prenne bonne note avant de cautionner une quelconque nouvelle agression du régime assujetti kiévien.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Paris incapable de se défaire de sa politique néocoloniale en Afrique

A l’heure de l’accélération de la chute d’influence sans précédent de l’Elysée sur le continent africain, l’establishment hexagonal continue de chercher des boucs-émissaires pour ses échecs. Le tout en s’obstinant à refuser de regarder la réalité en face : celle que le rejet en masse de la politique néocoloniale de Paris concerne de très loin et en premier lieu les Africains. Et non pas de prétendus acteurs externes.

Tout semble en effet s’accélérer dans les problèmes auxquels fait face le système de la Françafrique. Bien que les principaux acteurs de cette dernière continuent de prétendre que cela n’est que l’œuvre de puissances «hostiles», parmi lesquelles la Russie, la Chine, l’Iran ou encore la Turquie.

Les différents formats que Paris cherche à faire adopter dans son prétendu renouveau relationnel avec les pays africains ne changent absolument rien pour une opinion publique africaine lassée de regarder les faux beaux sourires après des années d’interventions néocoloniales dans les affaires intérieures et les manipulations à grande échelle qui s’en suivaient. Faire semblant à prétendre ne pas voir cette réalité pour les responsables élyséens équivaut à devoir accepter une suite des événements qui ne fera qu’exacerber l’hostilité de très nombreux Africains à l’encontre de la politique française et plus généralement occidentale.

Après l’échec déjà subi en Centrafrique et celui en cours au Mali, les récentes manifestations de masse contre la présence militaire française au Burkina Faso, puis au Niger, ont remis au grand jour une réalité que nous avons déjà abordé nombre de fois. A savoir que les échecs de l’establishment hexagonal en Afrique ne sont l’œuvre que de son extrême arrogance, une mentalité purement néocoloniale, et des objectifs ouvertement prédateurs à l’encontre des Etats africains.

Evidemment, l’Elysée comme le Quai d’Orsay pourront continuer à faire leurs «beaux» communiqués et donner des interviews aux médias francophones, comme anglophones – eux aussi en extrême perte d’influence dans l’espace médiatique africain, où ils poursuivront leurs accusations à l’encontre des acteurs internationaux – qui jouissent d’un large soutien auprès de nombreux habitants d’Afrique.

Il est évident que notre objectif n’est pas de donner de quelconques conseils à des personnages qui s’estiment toujours exceptionnels et qui pensent avoir (encore) la légitimité de détenir le pouvoir mondial – car se considérant être les pseudo-vainqueurs de la guerre froide. Et pensant avoir encore les moyens de nous forcer tous, ou du moins l’écrasante majorité de l’humanité, à retourner vivre à l’ère unipolaire. Bien sûr que non. Mais face à chaque mensonge propagé – les points sur les «i» continueront d’être remis.

Dans tous les cas, les meilleures juges seront les populations concernées. Et en ce qui concerne l’Afrique, il faut être aujourd’hui complètement aveugle et mentalement malade pour ne pas voir de quel côté penchent résolument la balance et les sympathies. Aussi, personne n’accordera plus de confiance à un autre partenaire pour les beaux yeux. Mais peut-être que tout simplement, les peuples africains ont parfaitement compris dans leurs observations et analyses personnelles – qui sont les prédateurs et les hypocrites, et qui sont les partenaires qui méritent leur confiance.

Tout le reste – n’étant que gesticulations de personnages vivant de leur entier dans une ère révolue et qui ne reviendra pas. Cette ère est bel et bien partie. Et avec elle bientôt ses nostalgiques néocolonialistes.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Gesticulations israéliennes à l’encontre de l’Iran: bluff de poker?

Plusieurs médias occidentaux et israéliens agitent de nouveau les menaces à l’encontre de la République islamique d’Iran. Mais pourquoi plus que jamais l’hystérie anti-iranienne de l’Etat sioniste ressemble beaucoup plus à des manœuvres en vue de donner l’impression de contrôler la situation sur la scène régionale et sur le front intérieur?

A l’approche de la reprise des pourparlers sur le dossier du nucléaire iranien, il y a bien un acteur qui fait nettement preuve d’agitation particulière : c’est bien évidemment Tel-Aviv. Et dans l’hostilité qu’il maintient vis-à-vis de la République islamique, l’espace médiatique n’est pas mis de côté, avec l’implication des médias israéliens, comme occidentaux.

«Risque d’une prochaine frappe israélienne contre l’Iran en cas d’échec diplomatique?», titre l’hebdomadaire français Courrier international. En mentionnant notamment les récentes manœuvres militaires de l’Etat sioniste avec ses alliés arabes du Golfe persique. Du côté de plusieurs médias israéliens, le ton est résolument menaçant à l’encontre de Téhéran.

Ton alarmiste également du côté de New York Times. En bref, que du «beau monde». Maintenant et en parlant des perspectives sur une éventuelle attaque d’Israël contre l’Iran, il est à penser que les actives gesticulations israéliennes resteront principalement dans la rhétorique, sans qu’une action de grande envergure puisse être vraisemblablement lancée. Et ce bien au-delà du fait que les messages alarmistes des médias israéliens et occidentaux ressemblent fortement aux annonces d’une chute «imminente» du président syrien Bachar al-Assad, il y a plusieurs années de cela.

Il est vrai que l’Etat sioniste s’est spécialisé depuis de longues années dans les assassinats ciblés et des frappes sporadiques contre des cibles pro-iraniennes en territoire syrien – faut-il le rappeler sur ce dernier point depuis maintenant plusieurs années via l’espace aérien libanais, sans oser s’aventurer dans celui de la Syrie. Mais ouvrir un conflit de grande envergure contre une grande puissance régionale, désormais pouvant même être considérée comme l’un des principaux acteurs de la scène internationale, notamment dans le cadre pro-multipolaire, est une toute autre affaire. Et Tel-Aviv le comprend parfaitement.

Faut-il aussi le rappeler: Israël peut compter sur quelques régimes arabes dont les capacités militaires restent pour le moins médiocres en dépit des larges sommes dépensées, les capacités iraniennes de riposte au niveau régional dépassent toutes les possibles alliances entre l’Etat sioniste et certains Etats arabes. La gifle infligée en 2006 à la puissance militaire israélienne par le Hezbollah libanais en représente un exemple net.

Cela sans oublier qu’Israël aura énormément de mal à pouvoir maitriser dans une éventuelle agression un territoire aussi vaste que celui de l’Iran, à la grande différence de son propre territoire – lorsque ne serait-ce que quelques frappes d’envergure mettront tout le pays dans le chaos le plus total. Quant aux territoires palestiniens occupés, une telle situation ne pourra que réactiver les forces de la résistance, créant ainsi un front intérieur supplémentaire.

Last but not least, dans le classement des principales puissances militaires pour l’année 2021 du site spécialisé Global Fire Power – la République islamique d’Iran est classée comme la 14ème puissance militaire mondiale. L’Etat sioniste étant lui 20ème. Ce qui révèle également une évolution évidente des rapports de force dans la région.

Mais encore une fois et au-delà d’une capacité de riposte iranienne en cas d’agression israélienne qui n’est pas à démontrer, la capacité des alliés de l’Iran à lancer des contre-offensives rapides et efficaces sur le sol israélien sera équivalent à un large encerclement, tout en continuant à subir des frappes de la puissance militaire iranienne.

Ainsi, il est fort peu probable que Tel-Aviv pourra se permettre à s’aventurer dans une campagne militaire anti-iranienne de grande envergure. A moins de créer un énorme risque existentiel pour soi-même. Et pour dire vrai, le comportement des responsables israéliens ressemble de plus en plus à celui du grand frère étasunien, à savoir peut-être de bons joueurs de poker, mais certainement pas d’échecs. Ces derniers étant beaucoup plus propres aux grandes civilisations.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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