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Sommet des Amériques et l’échec confirmé des USA

14.06.2022

Malgré les beaux discours, Washington doit se rendre à l’évidence que le 9ème Sommet des Amériques s’est conclu sur un échec retentissant, et ce même de l’aveu de plusieurs observateurs occidentaux. Avec l’impossibilité de soumettre les pays latino-américains progressistes, l’influence toujours grandissante de la Chine et de nouveaux partenariats avec la Russie.

Comme annoncé précédemment, ledit sommet n’a pas pu échapper aux boycotts de plusieurs nations latino-américaines. Après avoir exclu Cuba, le Nicaragua et le Venezuela, Washington n’a pas pu empêcher l’absence de nombreux autres chefs d’Etat, notamment de Bolivie, du Guatemala, du Honduras et du Mexique, dont le président Andres Manuel Lopez Obrador avait précédemment ouvertement condamné l’exclusion de La Havane, Managua et de Caracas. Et avait même accusé les USA de commettre un génocide contre Cuba.

Voulant réduire considérablement l’interaction des nations latino-américaines, que l’establishment étasunien continue de considérer comme son arrière-cour, avec la Chine et la Russie – l’arrogance des personnages washingtoniens semble fortement répéter les erreurs des élites hexagonales qui subissent l’humiliation de plus en plus vive en Afrique, avec le système néocolonial françafricain qui fait face à des revers après revers.

Incapable de proposer des partenariats de type gagnant-gagnant aux pays d’Amérique latine, y compris dans le domaine des investissements et de la construction des infrastructures, Washington s’obstine à vouloir y défendre une prétendue démocratie que ce dernier n’a en réalité jamais défendu et respecté. L’exemple ne serait-ce que de l’ancien président chilien Salvador Allende ne fait que largement le confirmer. Après tout – l’histoire ne ment pas.

Mis à part les boycotts retentissants du sommet et la ridiculisation de l’establishment étasunien – souhaitant ardemment défaire la Chine – tout en offrant aux participants du sommet des cadeaux dont certains étaient fabriqués… en Chine, Washington doit désormais faire face à de nouveaux défis. Y compris une présence militaire russe que les Etats-Unis ne prenaient pas au sérieux, mais qui semble désormais se concrétiser avec déjà le Nicaragua.

En effet, le leadership sandiniste a signé tout récemment un accord avec Moscou en vue de permettre le déploiement de troupes et d’équipements militaires russes dans le pays, y compris d’avions et de navires de guerre. Cette présence sera destinée entre autres à développer la formation des militaires nicaraguayens, assurer la sécurité, apporter des réponses aux besoins humanitaires et aux situations d’urgence, ainsi que de lutter contre le crime organisé et le trafic de drogue.

Mais au-delà de ces aspects très importants, il est évident que cela apportera une sécurité supplémentaire au Nicaragua qui se trouve dans le viseur washingtonien depuis un long moment, avec la possibilité de l’étendre à d’autres nations progressistes latino-américaines. Cela sans oublier que les USA découvriront peut-être enfin le ressentiment qu’ils n’ont cessé d’exporter aux quatre coins de la planète : ressentir près de ses frontières la présence armée de son adversaire.

Une fois de plus – l’esprit des descendants d’esclavagistes ne peut et ne va pas changer. Dans la mentalité de l’establishment occidental – l’écrasante majorité de l’humanité doit accepter la domination d’une extrême minorité. Car c’est ainsi que ce système criminel avait fonctionné depuis des siècles. Le seul souci pour les nostalgiques de l’unipolarité, c’est que non seulement le monde non-occidental continue de monter en puissance sur les plans démographique, économique et militaire, avec comme base l’ère multipolaire internationale devenue réalité, mais chose tout aussi importante: c’est le déclic d’un énorme nombre de personnes habitant la planète commune – à n’avoir plus aucun complexe vis-à-vis de l’Occident. Le tout allié à la ferme volonté de remettre cet Occident collectif à sa véritable place.

Pour le reste – les processus en cours se poursuivront. Et l’échec de l’organisation washingtonienne du 9ème Sommet des Amériques ne fait que confirmer la chute de l’establishment occidental, bien que ce dernier tente de continuer à prétendre le contraire.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=3951

Armes occidentales pour l’Ukraine: la revente a déjà commencé

10.06.2022

Les armes envoyées par les USA et l’Otan risquent de tomber dans les mains des réseaux criminels et même des terroristes, note Global Times dans son éditorial. Des perspectives qui créeront des défis sécuritaires évidents, y compris pour les pays européens.

Dans un article co-écrit par Fan Lingzhi et Lin Xiaoy pour le quotidien anglophone chinois Global Times,il apparait clairement que les livraisons massives d’armes de l’Otan à destination de l’Ukraine montrent déjà les signes d’une catastrophe sécuritaire à venir, y compris pour les pays occidentaux. Un sujet déjà abordé par Observateur Continental.

Comme l’indique l’éditorial de Global Times – déjà fin mai dernier, Catherine de Bolle, la directrice exécutive d’Europol – avait déclaré aux médias allemands qu’il était à craindre que l’équipement militaire envoyé par l’Occident en Ukraine ne finisse sur le marché noir, ainsi qu’entre les mains des terroristes et des criminels.

Cela en parallèle des rapports antérieurs des services russes de renseignement qui indiquent que les Etats-Unis intensifiaient leurs efforts afin de recruter des membres de groupes terroristes internationaux, dans l’objectif de les faire combattre en qualité de mercenaires en Ukraine contre les Forces armées russes, comme l’indique également le quotidien chinois.

Plusieurs des experts interrogés par Global Times ont affirmé qu’il sera fort difficile de contrôler le flux d’armes envoyé en Ukraine, et qu’au final ce sera non seulement l’Europe – privée de son autonomie sécuritaire par les USA et l’Otan – mais également les pays du monde non-occidental qui en subiront les coûts.

Les journalistes chinois rappellent effectivement une notion très importante: ceux qui préfèrent vivre par l’épée – tomberont par l’épée. Et bien que le complexe militaro-industriel occidental profite de la situation actuelle, d’après les experts interrogés – cela se retournera contre lui.

En parlant de perspectives – le fait est que désormais cela n’est même plus un pronostic d’avenir, mais bel et bien déjà une réalité. En effet et sur le darknet les ventes d’armements occidentaux transmis au régime kiévien sont déjà en cours. Ainsi, le lance-missiles antichar étasunien Javelin, dont chaque unité coûterait 178 000 dollars selon le budget du Pentagone pour l’année 2021 – serait revendu 30 000 dollars l’unité aujourd’hui à partir de l’Ukraine. Soit pratiquement un discount de 6 fois…

Li Wei – expert en sécurité à l’Institut chinois des relations internationales contemporaines dans son commentaire à Global Times – rappelle par ailleurs la gestion chaotique des armes reçues du côté du régime ukrainien. L’expert chinois indique qu’à la différence de l’armée russe, l’effectif armé ukrainien ne dispose pas d’un système digne de ce nom de gestion des armements à sa disposition. Car en plus de l’armée dite régulière, il existe le bataillon Azov et d’autres structures similaires. Cela sans oublier la distribution des armes aux civils qui avait été réalisée par Kiév.

Pour He Zhigao – chercheur à l’Institut des études européennes à l’Académie chinoise des sciences sociales (CASS) – «si ces armes tombent entre les mains d’organisations terroristes et de gangs criminels, cela pourrait renforcer le séparatisme européen et déclencher un conflit interne. Et c’est alors que l’Europe devra assumer sa responsabilité vis-à-vis des actions militaires étasuniennes, ainsi que pour ses propres erreurs».

Il a également ajouté que l’afflux de réfugiés ukrainiens augmente considérablement le risque d’attaques terroristes. Pour cet autre expert chinois – l’Europe a clairement perdu de son autonomie sécuritaire – comme résultat des actions des USA et de l’Otan.

Pour conclure et selon Global Times – la définition de soutien au terrorisme telle qu’elle est définie dans la Convention internationale pour la répression du financement du terrorisme – correspond «presque parfaitement» au comportement affiché par Washington, bien qu’ironiquement les USA fassent partie de ladite convention.

A notre niveau nous ne pouvons que dire que si l’Europe bruxelloise a déjà sacrifié fort vraisemblablement la sécurité de ses propres citoyens pour le compte du donneur d’ordre washingtonien – le monde non-occidental devra prendre toutes les dispositions nécessaires pour contrôler le chaos créé par l’establishment atlantiste de l’Occident, et ce dans toutes les régions mondiales concernées.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Nouvelles interférences étasuniennes sur le continent africain

03.06.2022

Les USA examinent une loi visant à contrecarrer la présence russe en Afrique, mais également à punir les gouvernements et acteurs africains qui seraient favorables à cette présence. Cette éventuelle démarche met en exergue une fois de plus la mentalité purement néocoloniale si propre à l’establishment étasunien, et occidentalo-atlantiste de manière générale.

Les Etats-Unis préparent une loi pour sanctionner les «amis» de Poutine en Afrique, écrivait récemment l’agence d’information économique africaine L’Agence Ecofin. Comme rappelé, le Sénat US vient d’entamer l’examen du projet de loi relatif à la lutte contre les activités «malveillantes» de la Russie en Afrique, un texte adopté par la Chambre des représentants le 27 avril dernier et qui définit ces activités comme étant celles qui «sapent les objectifs et les intérêts des Etats-Unis».

Rien qu’à lire ces lignes, il est assez facile de comprendre une fois de plus une approche ouvertement extraterritoriale étasunienne vis-à-vis d’Etats souverains, en l’occurrence ici africains, avec d’autant plus une mentalité propre à l’ère unipolaire à laquelle Washington continue de faire référence, faisant le pur négationnisme de la réalité multipolaire qui pourtant s’est bel et bien imposée depuis les dernières années.

D’autre part, ce qui est intéressant à noter est que si ledit projet de loi sera finalement appliqué – il ne visera pas seulement la Russie, ainsi que d’éventuels citoyens ou entreprises russes travaillant dans les pays africains, mais également nombre de dirigeants d’Afrique eux-mêmes, et très certainement aussi tous les acteurs panafricanistes qui soutiennent et approuvent le développement de l’interaction russo-africaine.

A cet effet, ce qu’il faudrait rappeler aux cowboys washingtoniens, c’est qu’au-delà du fait que l’Afrique ne leur appartient pas, cette mesure à terme risque de créer d’énormes défis pour les Etasuniens eux-mêmes. Car l’application d’une telle loi pourra très rapidement non seulement attaquer les chefs d’Etat et de gouvernement africains, mais aussi les principaux représentants de la société civile, et avec cela des milliers et des millions de citoyens africains. Des citoyens africains déjà pour très nombreux d’entre eux hostiles à la politique occidentale vis-à-vis de leurs pays et de leur continent, et plus généralement sur la scène internationale.

Dans cette situation, deux orientations semblent assez évidentes dans les motivations étasuniennes. Car au-delà de vouloir tenter de limiter la contagion des développements des relations entre la Russie et l’Afrique, et la montée en puissance évidente des sentiments pro-russes, Washington veut aussi tout simplement punir les Etats du continent pour leur non-obéissance dans les événements récents. Y compris, comme le pensent les experts du continent – pour punir les nombreux Etats africains qui ne se sont pas joints à la coalition antirusse tellement souhaitée et promue par Washington et ses sous-traitants dans le cadre du conflit en Ukraine.

Après visiblement l’échec de tenter à surfer efficacement sur la vague panafricaniste hostile à la Françafrique, confirmant une fois de plus qui est le suzerain et qui le vassal dans la relation Washington-Paris, l’establishment étasunien pense désormais que seules de nouvelles menaces, pressions, sanctions et intimidations peuvent éventuellement l’aider à limiter les dégâts face à une Afrique de plus en plus décomplexée vis-à-vis de l’Occident collectif, et désireuse de devenir un bloc puissant dans le cadre du système multipolaire contemporain. Avec d’autant plus une perspective fort probable d’un monde multipolaire post-occidental.

Encore une fois – les élites occidentales jouent avec le feu. Un feu d’ailleurs qui les brûle déjà activement et douloureusement. Incapables de se défaire d’une mentalité extrêmement arrogante d’un autre âge, et de s’excuser pour les innombrables crimes commis à l’encontre des Africains, dans les cas des USA et de leurs sbires – de la traite esclavagiste jusqu’aux assassinats barbares de grands leaders africains comme Patrice Lumumba ou Mouammar Kadhafi – les Occidentaux ne font que se signer soi-même la peine de mort.

D’un autre côté, pourquoi effectivement empêcher un organisme à l’agonie accélérer sa propre chute? Ce qui est sûr c’est qu’après le nombre innombrable de drapeaux français brûlés à divers endroits de l’Afrique, le drapeau étasunien risque rapidement de rattraper ce nombre. Et pourquoi pas le dépasser?

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=3917

Manœuvres stratégiques conjointes sino-russes comme réponse aux nostalgiques de l’unipolarité

30.05.2022

L’interaction militaire sino-russe se renforce à l’heure où les principaux partisans de l’ordre multipolaire international comprennent parfaitement les défis posés par les vestiges de l’ère unipolaire, comme l’atteste la récente patrouille conjointe – stratégique selon les représentants chinois.

Pour la première fois, des avions de combat chinois J-16 ont été observés dans la patrouille conjointe sino-russe, rapporte la Télévision centrale de Chine (CCTV), montrant une photo de deux J-16 volants aux côtés de bombardiers chinois H-6K et russe Tu-95MS. Les J-16 avaient été déployés comme escortes pour les dits bombardiers lors de cette dernière patrouille conjointe dans la région Asie-Pacifique. Plusieurs experts affirment par la même occasion que des avions de combat encore plus avancés comme le J-20 chinois et le Su-57 russe pourraient prendre part aux manœuvres conjointes la prochaine fois.

Global Times, quotidien chinois anglophone revient par ailleurs sur cette actualité dans un article tout récent. Comme rapporté – la patrouille conjointe a été menée par les forces aériennes des deux pays au-dessus de la mer du Japon, de la mer de Chine orientale et du Pacifique occidental. Il est question déjà de la quatrième patrouille conjointe de ce type depuis 2019, visant à examiner et à renforcer l’interopérabilité des forces aériennes de Chine et de Russie, ainsi que de booster la confiance mutuelle stratégique et la coopération pragmatique entre les armées des deux pays, comme l’a déclaré le colonel supérieur Wu Qian – un porte-parole du ministère chinois de la Défense nationale.

C’est d’ailleurs la première fois que la Chine révélait des informations détaillées sur l’envoi d’avions de combat pour escorte lors d’une patrouille conjointe sino-russe, a déclaré dimanche un expert militaire chinois sous couvert d’anonymat à Global Times. De son côté, le ministère russe de la Défense a déclaré avoir envoyé des avions de combat Su-30SM pour l’escorte des bombardiers des deux pays, ce qui confirme selon cet expert que cela constituait un accord réciproque.

Les bombardiers stratégiques n’étant effectivement pas destinés pour s’engager dans des combats air-air, l’importance donc d’une escorte d’avions de chasse est à ce titre parfaitement compréhensible. De son côté, l’expert militaire et commentateur de télévision Song Zhongping affirme qu’afin de faire face à l’évolution constante de l’environnement du champ de bataille et dans l’objectif d’améliorer sa capacité de combat, la Chine doit disposer de suffisamment d’avions de chasse pour garantir que les patrouilles aériennes stratégiques puissent être effectuées de manière fiable, efficace et sûre.

Toujours selon lui, avec le développement des technologiques militaires, les chasseurs furtifs chinois J-20 et russe Su-57 pourraient participer à la prochaine patrouille conjointe sino-russe. Ce qui conduira à une augmentation significative de la capacité de combat de la flotte aérienne.

En termes de perspectives, il est évident que ces nouvelles manœuvres conduites conjointement par la Chine et la Russie – déplaisent fortement aux nostalgiques de l’ère unipolaire – occidentaux, plus particulièrement étasuniens, fortement implantés dans cette zone également, sans oublier les supplétifs régionaux, en premier lieu le Japon – qui d’ailleurs a déclaré avoir surveillé ladite patrouille conjointe sino-russe. Le tout d’autant plus à une période où les représentants de l’establishment occidental continuent de courir dans toutes les directions pour tenter de donner, ne serait-ce qu’un semblant, de l’isolement de la Russie. Bien que toutes ces tentatives se soldent jusqu’à maintenant par des fiascos évidents. Y compris là où encore récemment ils pensaient «régner» en maîtres.

Une chose est sûre. Le bloc sino-russe poursuit les orientations stratégiques, y compris dans le volet militaire, sans accorder trop d’attention à ceux qui gesticulent beaucoup sans être en mesure d’apporter quelque chose de plus que ces gesticulations.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=3894

Secrétaire général de l’OTSC: l’alliance militaire eurasienne capable de faire face à l’Otan

28.05.2022

L’expansion vers l’Est de l’Otan attisera les tensions régionales et en aucun cas ne sera une source de stabilité ou de sécurité pour ses Etats membres, selon le secrétaire général de l’OTSC. Toujours selon lui, les hostilités entre les deux blocs ne pourront que s’aggraver.

L’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) dispose de toutes les possibilités pour garantir la sécurité pour nos pays, c’est ce qu’a indiqué Stanislav Zas – secrétaire général de l’organisation. Il a également ajouté que l’OTSC représente un bouclier efficace pour ses Etats-membres. Pour rappel, l’organisation politico-militaire est composée de la Russie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, l’Arménie et le Tadjikistan.

Selon lui, l’expansion orientale de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord attisera les tensions régionales et en aucun cas ne stabilisera et n’assurera pas la sécurité pour ses pays membres. En ce qui concerne les perspectives d’adhésion de la Finlande et de la Suède au bloc otanesque – cela ne fera qu’aggraver les hostilités entre la Russie et l’Otan.

Stanislav Zas a également rappelé que l’OTSC est une organisation internationale qui ne constitue pas seulement un bloc politico-militaire, mais que c’est également une organisation multifonctionnelle, offrant une protection contre d’autres types de menaces. Tout en ajoutant que l’organisation dispose de suffisamment de forces et de moyens, ainsi que d’un système de réponse aux crises: «L’OTSC a toutes les possibilités pour servir de garant de la sécurité de nos pays et je pense que nous sommes vraiment un bon bouclier pour nos six Etats», a-t-il déclaré.

En termes de perspectives, ces déclarations du secrétaire général de l’Organisation du Traité de sécurité collective confirment effectivement plusieurs aspects. Tout d’abord est que nous assistons en effet aujourd’hui à une opposition féroce entre l’Eurasie – devenue la principale force motrice de défense et de promotion de l’ordre multipolaire international et l’Occident – dont l’establishment continue de tenter à forcer l’écrasante majorité de la planète vers un retour à l’ordre unipolaire, dépassé et révolu.

En ce sens, les processus en cours et à venir dans le grand espace eurasiatique prennent aujourd’hui une dimension particulièrement importante. Aussi bien dans le cadre de structures telles que l’OTSC, mais également en ce qui concerne les grandes alliances internationales telles que l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) – composée quant à elle de la Russie, de la Chine, du Kazakhstan, du Kirghizistan, de l’Ouzbékistan, du Tadjikistan, de l’Inde, du Pakistan, et bientôt de l’Iran qui deviendra également membre à part entière. 

D’où les innombrables tentatives des élites atlantistes à tenter de ralentir les processus en question en Eurasie – non seulement car ledit espace représente en soi un énorme poids démographique, militaire, économico-industriel et civilisationnel, mais aussi en raison de d’influence de plus en plus accrue dudit espace sur d’autres régions du monde, notamment dans son interaction avec l’Afrique, l’Asie du Sud-Est, le Moyen-Orient et l’Amérique latine.

En effet et depuis les événements des derniers mois, l’Occident ne peut plus occulter la réalité de n’être qu’une extrême minorité à l’échelle mondiale et de n’avoir absolument aucune légitimité à pouvoir parler au nom d’une quelconque communauté internationale. Et ce malgré les innombrables instruments étant encore à sa disposition pour tenter de faire croire le contraire. Un autre élément à prendre en considération – vu comme un extrême danger par l’establishment atlantiste – n’est autre que la montée en nombre de personnes dans l’espace occidental qui se revendiquent de plus en plus ouvertement de la multipolarité. Et qui ne se retrouvent aucunement dans les délires de leurs prétendues élites qui s’accrochent au fantasme d’une hégémonie occidentale sur le monde, dans la pure continuité d’une mentalité coloniale.

En ce sens, il est évident que les alliances eurasiennes et internationales ont un énorme rôle à faire valoir pour mettre définitivement fin aux rêves des nostalgiques de l’unipolarité, et pour que puisse s’imposer non plus seulement le monde multipolaire – qui est déjà une réalité admise – mais bel et bien l’ère multipolaire post-occidentale, souhaitée et attendue par des milliards de personnes de la planète.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Le fossé croissant entre l’Afrique et l’Occident

23.05.2022

Les tentatives occidentales incessantes de tenter à vouloir dicter l’avenir aux pays africains continuent de donner bien souvent l’inverse du résultat escompté. Si les divorces ont été déjà engagés, ou en voie de l’être, entre l’Occident et plusieurs leaderships africains – dans le cas de la société civile le stade supérieur de la rupture semble déjà avoir été atteint.

Alors qu’un sommet extraordinaire de l’Union africaine (UA) aura lieu les 25 et 26 mai prochains, qui sera consacré à la lutte contre le terrorisme et aux changements anticonstitutionnels en Afrique, et que les USA souhaitent adopter une nouvelle loi visant à surveiller et combattre la présence russe sur le continent, les perspectives occidentales continueront vraisemblablement dans le sens de la dérive et de la chute.

En ce qui concerne les prétendus changements «anticonstitutionnels», au-delà d’une interprétation très particulière du côté occidental et de ses acolytes y compris en Afrique, selon si cela se déroule sur le continent africain, ou… par exemple dans un certain pays d’Europe de l’Est, le fait est qu’il est admis que c’est aujourd’hui un sujet cher aux élites occidentales, ainsi qu’aux sous-traitants locaux. Le cas du Mali fait effectivement aujourd’hui trembler les bureaux des capitales occidentales et de certains pays africains.

Des militaires patriotes à l’écoute des aspirations populaires de masse, le tout dans une vision panafricaine et pro-multipolaire – représentent effectivement un mélange que les Occidentaux veulent absolument éviter – car le cas malien aura déjà démontré que les valeurs de la vraie dignité ne sont pas achetables. Les pressions, intimidations et sanctions en tout genre – n’auront pas aidé non plus les objectifs des gouvernements occidentaux et africains soumis à la volonté occidentale.

En parlant justement des pressions et sanctions, Washington semble désormais vouloir passer à l’étape supérieure aux côtés de ses supplétifs européens, dont la France, le tout en vue de vouloir punir les leaders et gouvernements africains qui collaboreraient avec «le mauvais partenaire». Evidemment pas très démocratique tout cela, purement dictatorial, mais si propre à ce que l’Occident – surtout à la vue des événements récents – représente réellement.

Le souci pour de telles initiatives c’est qu’en sanctionnant des leaders et gouvernements africains – largement populaires auprès des populations d’appartenance et très souvent même au-delà des frontières des pays en question – l’establishment atlantiste aura alors à faire face à des dizaines et même des centaines de millions de citoyens du continent – déjà pour de nombreux d’entre eux fort hostiles aux schémas et politiques de l’Occident.

Dans un récent sondage mené sur la page Telegram de la chaîne Afrique Média – la télévision panafricaine – à la question posée : qui représente une menace pour la sécurité de l’Afrique – 89% des personnes ont répondu que c’est l’Occident. Par ailleurs, dans un autre sondage toujours en cours, à la question «lequel des leaders africains vous inspire le plus», le colonel Assimi Goïta – président du Mali est pour le moment largement en tête avec 86% des votes… Très révélateur des sentiments régnants et observés depuis de longues années sur le grand continent africain.

Face à cette réalité, la politique arrogante et irresponsable des nostalgiques de l’unipolarité risque non seulement de faire perdre, à terme, à l’Occident l’accès aux matières premières dont on connait désormais, et plus que jamais, l’énorme besoin. Et de l’autre pousser les populations africaines, et notamment la jeunesse, à fermer définitivement la porte à tout dialogue ultérieur.

Certains observateurs en Afrique se demandent d’ailleurs s’il s’agit d’un problème de capacités intellectuelles chez les décideurs occidentaux. En partie certainement. Mais le principal étant un problème vraisemblablement génétique au niveau de ceux qui dirigent l’Occident – transmettant de génération en génération l’idée qu’ils possèdent le droit de vie et de mort sur l’écrasante majorité de la population terrestre, et qui n’est autre que la population non-occidentale.

Et si nombreux dans le camp atlantiste pensent que cette arrogance héréditaire leur permettra de limiter les dégâts et les casses, la réalité démontre plutôt qu’ils ne font, eux-mêmes, qu’accélérer leur chute. En ce sens, cela arrange parfaitement les objectifs des panafricanistes et des partisans de l’ère multipolaire actuelle.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=3884

Tchad: la population se mobilise contre la Françafrique

16.05.2022

Comme prévu, les processus de rejet de la politique occidentale se renforcent dans les pays du continent africain. Y compris dans les Etats sur lesquels l’establishment occidental continue de miser.

L’Elysée et le Quai d’Orsay se rendent à l’évidence que la dynamique engagée à de nombreux endroits de l’Afrique, qu’ils avaient espéré ralentir, ne fait au contraire que monter en intensité. La récente mobilisation au Tchad ne fait que le confirmer avec des appels de la population ouvertement hostiles contre Paris et ses intérêts.

En effet, toutes les campagnes que le système néocolonial françafricain a tenté de mener, et continue d’ailleurs, en cherchant à déstabiliser les Etats qui inspirent aujourd’hui nombre d’autres, notamment la Centrafrique et le Mali – ne semblent pas apporter les résultats escomptés.

Les tentatives de séduire une partie de la jeunesse africaine ou les informations récentes faisant part d’actions visant à soudoyer des blogueurs africains ne font au contraire qu’exacerber la volonté de résistance à ces pratiques néocoloniales occidentales de la part d’une large partie de la société civile panafricaine.

Mais ce n’est pas tout. On peut remarquer aujourd’hui de plus en plus de tentatives visant à essayer de surfer sur la vague panafricaniste, y compris sur les sentiments hostiles à la Françafrique, de la part du principal allié (ou suzerain) de Paris, à savoir Washington. Ainsi, certains influenceurs africains sont mis à contribution pour tenter à se joindre au discours souverainiste dans un cadre panafricain, en reprenant une partie des discours hostiles au régime hexagonal, mais par la même occasion en essayant de dénigrer le partenariat avec la Russie ou la Chine, tout en promouvant les intérêts étasuniens.

Fait marquant et au-delà de l’aspect propre aux anglo-saxons qui n’hésitent pas à poignarder dans le dos leurs propres prétendus alliés, le fait est que cette stratégie n’apporte pas elle aussi, à l’instar de celle de Paris, de résultats rassurants pour ses instigateurs. Washington a beau vouloir se distancer dans ce schéma des échecs hexagonaux – peu de gens en Afrique lui font confiance.

Tout cela confirme que le rejet actuel du système de la Françafrique dépasse largement le cadre des sentiments hostiles au régime hexagonal, mais s’étend beaucoup plus largement à tout l’Occident, du moins plus particulièrement à l’establishment occidental, aussi bien politique que médiatique. Et cela malgré encore de grands moyens à sa disposition – allant de médias propagandistes, francophones comme anglophones, jusqu’aux financements via les réseaux à la sauce Soros & Co.

Pour revenir au Tchad, le défi particulier pour Paris et plus généralement l’establishment atlantiste, est que ce pays fait justement partie des Etats africains sur lesquels le régime hexagonal comptait le plus, avec également la Côte d’Ivoire et le Niger, pour tenter à minimiser les pertes suite aux revers subis en RCA et au Mali.

Il faut également se rendre à l’évidence qu’en ce qui concerne le cas tchadien, l’élite occidentale fera de son maximum pour empêcher la réalisation des aspirations de la société civile du pays. Y compris avec des moyens de répression, largement disponibles de part une présence militaire hexagonale sur place.

Cependant, le processus de résistance panafricaniste et pro-multipolaire est déjà largement enclenché. Et se basant sur cela – il sera extrêmement difficile désormais pour les forces néocoloniales occidentales et leurs supplétifs locaux de pouvoir faire taire la voix de millions d’Africains qui souhaitent prendre complètement leur destin en main. Et par la même occasion rappeler, une fois de plus, que ce qui a permis la prospérité, pendant longtemps, de l’espace occidental – ce sont les ressources du monde non-occidental, et non pas le prétendu contraire.

Oui, la chute sera très dure pour l’Occident. Son extrême arrogance, ainsi que l’incapacité la plus totale à s’adapter aux règles récentes issues de la multipolarité, sans oublier les innombrables crimes et pillages commis – en sont parmi les principales raisons. Aujourd’hui, il faudra assumer.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Bamako acte le divorce avec Paris

09.05.2022

Les relations entre la République du Mali et le régime hexagonal semblent plus que jamais au bord de la rupture. Une rupture que les autorités maliennes, ainsi que la large partie de la société civile du pays, semblent parfaitement assumer. A la différence de l’establishment élyséen et de son réseau françafricain.

Les relations entre les deux pays ne cessent de se détériorer depuis un an. La dénonciation par les autorités maliennes des accords de défense avec la France est un épisode décisif d’un processus de divorce émaillé de rebondissements, écrit Maliweb.

Pour le média malien, ce n’est peut-être qu’un épisode de la crise diplomatique entretenue par l’Hexagone pour affaiblir les autorités de la Transition, mais la décision de celles-ci de dénoncer les accords de défense avec Paris et ses partenaires européens constitue une étape inédite. Elle consacre une rupture quasi-totale, l’apogée d’une situation conflictuelle qui dure depuis mai 2021.

En effet, il faut rappeler que la décision du gouvernement du Mali de dénoncer les accords de défense avec l’establishment élyséen – intervient après la suspension, désormais définitive, des médias de propagande hexagonaux que sont France 24 et RFI d’émettre dans le pays. Une décision qu’a contestée avec «force» France Médias Monde – la maison-mère des deux relais propagandistes élyséens.

On ne se rappelle d’ailleurs pas d’une quelconque contestation similaire de ladite maison lorsque des médias alternatifs se sont vus interdire de diffuser sur le sol de l’UE. Mais en cela, c’est toute l’hypocrisie occidentale des concernés qui n’a fait que se dévoiler une fois de plus. En parlant d’ailleurs toujours de l’establishment politico-médiatique hexagonal et occidental – ce dernier continue de nommer les autorités maliennes comme étant une «junte», en oubliant que s’il y a bien une junte c’est très certainement le régime ukrainien post-Maïdan à qui cette caractéristique s’applique le mieux, et dont les régimes occidentaux, y compris hexagonal, en sont les principaux parrains.

Au-delà de l’aspect purement hypocrite, ce manque flagrant d’un minimum de dignité du côté occidental ne nécessite en principe même pas de commentaire supplémentaire. Lorsque des millions de citoyens ukrainiens (pour beaucoup désormais ex-ukrainiens faut bien le préciser) refusaient de reconnaitre le résultat du coup d’Etat pro-occidental de 2014 à Kiev – les régimes occidentaux, eux, parlaient de légitimité et d’un gouvernement «parfaitement» légal. En oubliant par la même occasion tous leurs propres engagements pris vis-à-vis du gouvernement ukrainien reconnu par la communauté internationale qu’était celui de Viktor Ianoukovitch.

Quant au Mali – où les autorités nationales disposent d’un énorme soutien populaire – les prétendants à l’exceptionnalisme planétaire parlent jusqu’à maintenant de «junte». Au même temps, il est vrai que les caractéristiques données par les régimes occidentaux et leurs relais propagandistes à l’encontre de leur pays n’ont très peu, voire pas du tout, d’influence sur les motivations des citoyens maliens, il n’empêche que cela résume de manière supplémentaire toute la philosophie occidentale, ou plus particulièrement celle de l’establishment atlantiste.

Une chose est sûre. La dénonciation par Bamako des accords de défense avec Paris est une étape cruciale pour la suite des événements. Et pas seulement en terre malienne, mais à beaucoup d’autres endroits de la région concernée et du continent africain dans son ensemble. Depuis des années, ce type d’accords fait l’objet d’innombrables condamnations de la société civile panafricaine, qui n’y voit qu’un des principaux instruments de la domination occidentale sur leurs pays respectifs et leur continent.

Aujourd’hui et après des résistances efficaces de pays comme le Burundi, la RCA, l’Ethiopie face à cette politique de prédateurs occidentaux, le Mali représente indéniablement l’un des nouveaux porte-flambeaux du panafricanisme, jouant un rôle de première importante pour l’Afrique dans le cadre de l’ère multipolaire internationale.

Et si longtemps l’Occident avait fait croire que l’Afrique ne peut pas survivre sans sa participation, les événements en cours actuellement démontrent au contraire que c’est bel et bien cet Occident arrogant, disposant certes encore d’instruments visant à déstabiliser les nations souveraines pour maintenir l’hégémonie d’une extrême minorité planétaire – qui a besoin du monde non-occidental pour survivre et maintenir une relative stabilité.

Comme Observateur Continental le disait précédemment: un pays comme la République centrafricaine – d’un exemple caractérisé par le chaos durant de longues années – est devenu une source d’inspiration pour beaucoup d’autres nations africaines. Le Mali, d’ailleurs, ne fait que le confirmer en devenant à son tour un exemple inspirant pour d’autres Etats du continent visant à tourner définitivement la page de l’instabilité et des schémas néocolonialistes.

Et comme également annoncé précédemment: les élites occidentales, ayant été dans l’incapacité la plus totale à s’adapter au monde contemporain multipolaire, risquaient à terme de devoir faire face à des évacuations humiliantes de leurs troupes et mercenaires – en Afrique, comme à d’autres endroits du monde – avec en prime l’obligation d’observer la joie des populations des pays concernés qui les accompagneront jusqu’à la piste de décollage. Désormais cette constatation n’est plus une perspective. C’est bel et bien un fait admis.

Mikhail Gamandiy-Egorov

La richesse de l’Europe – c’est l’Afrique. Et non pas le contraire.

05.05.2022

Au moment où l’Occident et notamment l’Union européenne apprend à vivre selon de nouvelles règles dans les relations économiques les liant à la Russie, le temps est certainement venu pour que ce même Occident s’adapte également aux nouvelles règles qui vont s’imposer dans sa relation avec le continent africain.

L’arrogance propre à l’establishment occidental ne peut pas faire disparaître ses énormes besoins en ressources naturelles – aussi bien pour son industrie, que dans le cadre de la consommation quotidienne de ses citoyens. Dans le monde multipolaire post-occidental – ces ressources naturelles représenteront indéniablement la clé du nouveau système international.

Si face à la Russie, l’un des principaux adversaires de l’Occident sur l’arène internationale, ce dernier apprend, progressivement, à travailler ne serait-ce que sur le plan des échanges économico-commerciaux sur de nouvelles bases (qui ne lui plaisent évidemment pas), le temps viendra et les nostalgiques de l’unipolarité devront en faire de même avec l’Afrique et les Africains.

Il est aujourd’hui définitivement clair le pourquoi de l’hystérie au summum des élites occidentales en ce qui concerne les bouleversements observés sur le continent africain, notamment dans le cadre de l’adhésion africaine de plus en plus évidente au système de l’ère multipolaire promu activement par la Chine, la Russie et nombre d’autres pays, du rejet de la politique atlantiste occidentale, et de la large diversification des partenariats observée sur le continent.

En effet et bien que durant de longues années, l’arrogance de l’establishment occidental voulait créer une image d’une Afrique qui ne peut survivre sans l’Europe et l’Occident, la réalité actuelle démontre fermement que c’est l’Europe et l’Occident qui ne sauront se passer de l’Afrique, comme le confirme d’ailleurs la crise ayant atteint son plus haut niveau dans l’histoire contemporaine entre la Russie et l’axe atlantiste.

Le plus grand danger pour l’establishment bruxellois, et notamment hexagonal – c’est de continuer à perdre des positions en Afrique, comme cela était le cas et continue de l’être – depuis maintenant plusieurs années. Les menaces, pressions, sanctions, intimidations, déstabilisations – n’impressionnent plus les leaderships patriotes et panafricanistes, ainsi que les millions de citoyens de pays africains.

Longtemps l’Afrique était pour les Occidentaux ce que la Sibérie est pour la Russie, à la seule différence que la Sibérie appartient à la Russie, tandis que l’Occident n’a aucun droit légitime sur l’Afrique et ses ressources. On comprend d’ailleurs parfaitement pourquoi certains Etats européens, notamment l’Italie, font actuellement les mains et les pieds sur le sol des différents pays africains en vue de pouvoir faire diminuer la dépendance européiste aux ressources naturelles, notamment énergétiques, russes. Sans grand succès, mais tout le monde aura compris les objectifs.

C’est d’ailleurs l’une des raisons supplémentaires aux mobilisations africaines qui restent aux aguets et qui ne faiblissent pas face à une prédation occidentale qui retranchée et en grande difficulté – risque tout simplement de lancer de nouvelles tentatives d’agressions et de pillages des nations africaines.

Et au vu du sentiment anti-occidental (anti-establishment occidental faut bien le préciser) qui non seulement ne diminue pas, mais au contraire ne cesse de s’activer – Paris, Londres comme Washington connaissent parfaitement les énormes défis auxquels ils auront à faire face, car les anciens schémas d’interventions néocoloniales auront de plus en plus de mal à aboutir face à des populations déterminées et mobilisées.

A titre d’exemple – faudrait-il rappeler que le principal fournisseur d’uranium de l’UE n’est autre qu’un pays comme le Niger (devant la Russie et le Kazakhstan). Une ressource naturelle stratégique qui ne nécessite pas de présentation supplémentaire. Un Niger qui tout en étant un fournisseur majeur d’une matière aussi importante – n’a que 30-35% de sa population qui a accès à l’électricité. Et cela selon les chiffres les plus optimistes.

On comprend maintenant mieux pourquoi l’Elysée et le Quai d’Orsay mettent autant de pression sur le Mali voisin, pays également fort riche en ressources naturelles, mais aussi la raison du pourquoi l’establishment hexagonal et plus généralement européiste soutient autant le régime actuel du Niger – complètement soumis aux intérêts occidentaux, mais tellement impopulaire auprès de la population du pays.

Une fois de plus, il est aujourd’hui évident que les échecs de Paris, Bruxelles, Washington, Londres, comme Berlin – ne s’arrêteront pas en RCA et au Mali. L’effet domino dû à l’arrogance et à la surexploitation de l’Afrique par l’Occident, les règles multipolaires récentes et l’absence désormais de la peur auprès d’une large partie de l’humanité face aux pillards et criminels maquillés en démocrates – ne fera que se poursuivre sans pouvoir s’arrêter.

Et dans ces conditions, l’Occident comprendra définitivement que ce n’est pas lui qui produit de la richesse, mais que c’est le monde non-occidental, représentant l’écrasante majorité de l’humanité – qui lui a longtemps permis de prétendre à le faire. Désormais, qu’il se rende à l’évidence que c’est bientôt la fin.

Mikhail Gamandiy-Egorov

La Moldavie dans une situation délicate

28.04.2022

La République de Moldavie se retrouve dans une situation complexe où d’un côté l’alignement pro-occidental de son gouvernement actuel lui fait subir d’énormes pressions en provenance de l’axe atlantiste, d’un autre la volonté de maintenir une stabilité pour le pays pousse au choix d’une relative neutralité, de plus en plus difficilement conciliable avec le premier aspect.

Les événements de l’opération militaire en Ukraine ne laissent pas la Moldavie voisine indifférente. D’ailleurs, cela est d’autant plus compliqué qu’au-delà des questions liées à la République moldave du Dniestr (la Transnistrie) – ayant obtenu de-facto l’indépendance au début des années 1990 de Chisinau, ou encore la Gagaouzie – région autonome moldave majoritairement turcophone également pro-russe, l’Etat moldave est lui-même divisé entre les partisans pro-occidentaux et ceux qui considèrent que l’avenir du pays est inévitablement lié à la Russie. Y compris pour ce qui est des échanges économiques.

Depuis le début de l’opération russe de fin février dernier, Chisinau a effectivement fait le choix d’une très relative neutralité. Très relative car d’un côté se joignant à la guerre contre les symboles sacrés pour la grande partie des peuples d’ex-URSS liés à la Grande Guerre patriotique, un positionnement d’ailleurs largement critiqué par l’opposition moldave. D’un autre, refusant pour le moment à se joindre à la coalition des sanctions contre la Russie.

C’est pourquoi les événements récents en République moldave du Dniestr – sécessionniste vis-à-vis de Chisinau – plus particulièrement les actes de terrorisme attribués à des éléments ukrainiens selon les autorités de la Transnistrie basées à Tiraspol, devront faire réfléchir à plus d’une fois le régime pro-occidental moldave quant à une implication militaire à l’encontre de la Transnistrie – pour le compte de Washington, Londres et Kiev. Bien que ce dernier ne soit lui aussi qu’un simple appliquant des ordres atlantistes.

Si certains à Chisinau et dans les capitales occidentales tentent de présenter les événements dans la Transnistrie comme «des provocations russes sous fausses bannières», ces mêmes personnages devraient alors s’intéresser aux dires d’un de leur chouchou kiévien, le conseiller du chef de cabinet du président ukrainien – Oleksiï Arestovitch – l’un des principaux communicants du régime de Kiev – qui appelle ouvertement la Moldavie à se joindre aux efforts kiéviens pour occuper la République moldave du Dniestr.

Dans cette réalité, la meilleure chose que puisse faire le régime de Chisinau, serait de maintenir le cap de la très relative neutralité face aux événements ukrainiens et aux appels du régime kiévien, ou plus exactement de l’axe Washington-Londres, à se joindre aux hostilités. A défaut de quoi les événements pourraient devenir effectivement imprévisibles pour l’Etat moldave.

Toute tentative militaire de récupérer militairement la Transnistrie sera fort vraisemblablement vouée à l’échec. Mais plus important encore, toute implication de ce type sous la dictée atlantiste pourra entrainer tout simplement la chute du gouvernement moldave actuel. Qui par la même occasion est très loin de posséder un large soutien populaire.

Quant aux motivations des parrains du régime kiévien – elles sont également bien connues. L’éventualité de s’emparer de la Transnistrie vise à prendre en otages les forces russes de maintien de la paix qui y sont présentes, prendre possession de larges stocks de munitions et ouvrir un front supplémentaire.

Le souci pour le régime de Kiev et ses parrains atlantistes – c’est que les forces de la Transnistrie ont une capacité défensive réelle et pourront résister longtemps aux assauts des forces ukrainiennes. Et donc sans l’implication de Chisinau – cette opération sera très difficilement réalisable. Par ailleurs, toute opération lancée contre la Transnistrie – et qui devra d’une manière ou d’une autre faire impliquer le contingent armé ukrainien de la région d’Odessa – deviendra automatiquement la cible d’intensification de frappes russes dans cette région contre les éléments armés du régime kiévien.

Et si cela sera le cas – cela ne fera qu’affaiblir encore plus les capacités de combat pour le régime kiévien à Odessa et Nikolaïev. Avec tout ce que cela implique. Et si les régimes atlantistes, plus particulièrement Washington et Londres, souhaitent effectivement une guerre jusqu’au dernier ukrainien – un rôle entièrement accepté par le régime kiévien actuel – du côté de la Moldavie il faudra réfléchir à plus de deux fois avant de s’engager dans quelque chose de similaire.

Mikhail Gamandiy-Egorov