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La mise en garde de Téhéran à Kiev

02.02.2023

La stratégie iranienne vis-à-vis du dossier ukrainien semble aller dans la voie d’un élargissement de l’interaction avec Moscou et d’une opposition encore plus active face aux actions de l’axe otano-kiévien. Le tout au moment où les régimes hostiles à Téhéran sont fortement mécontents de la montée en puissance de l’Iran et de ses liens qui continuent à se renforcer avec la Russie.

L’Iran envisage de changer de stratégie par rapport à la guerre en Ukraine, et ce, suite aux propos hostiles de Kiev sur l’attaque terroriste d’Ispahan, indique la télévision internationale iranienne Press TV.

Si les déclarations hostiles de Mykhaïlo Podoliak, conseillé du président ukrainien contre l’Iran, ne sont pas corrigées par les autorités officielles de ce pays, elles pourraient entraîner la réaction de la part de la République islamique d’Iran, a déclaré une source bien informée au site d’information Nour News, lié au Conseil suprême de sécurité nationale de l’Iran.

Sous couvert de l’anonymat, la source a déclaré que les allégations hostiles du conseiller du président ukrainien Volodymyr Zelensky peuvent entraîner «des réactions différentes» de la part de Téhéran, à moins qu’elles ne soient corrigées par les autorités du pays.

«L’insistance de l’Ukraine à menacer la sécurité nationale de l’Iran peut ouvrir la voie à un changement de position de la République islamique d’Iran concernant la guerre en Ukraine et à l’adoption d’une nouvelle approche proportionnée au comportement du gouvernement de Kiev», a affirmé la source.

Plus tôt, le ministère iranien de la Défense avait annoncé dans un communiqué publié dimanche 29 janvier que l’un de ses complexes d’ateliers à Ispahan avait été attaqué par un certain nombre de micro-véhicules aériens (MAV), mais que les défenses aériennes ont réussi à repousser l’attaque.

Le ministère iranien de la Défense avait également rassuré dans le communiqué que l’attaque n’avait causé aucune perte de vie et n’avait fait que des dommages mineurs au toit d’un atelier. Le complexe, ajoute le communiqué, poursuit ses opérations ordinaires après l’attaque.

En termes de perspectives, il est à noter que l’événement en question rentre parfaitement dans le cadre de l’affrontement actuel entre les partisans et défenseurs de l’ordre multipolaire international, dont la Russie, l’Iran et la Chine, d’un côté – et de l’autre – les nostalgiques de l’ère unipolaire – représentés par l’Otan, l’axe des régimes occidentaux et quelques affiliés.

Il est indéniable que l’Iran continue de représenter un os dans la gorge de régimes hostiles à son encontre, dont bien évidemment ceux de Washington et de Tel-Aviv, et ce pour plusieurs raisons. Au-delà d’être un acteur important aux côtés de Moscou et Pékin – l’Iran aura démontré une impressionnante capacité de résistance face aux sanctions unilatérales étasuniennes à son encontre – des sanctions qui étaient censées selon leurs instigateurs à asphyxier l’économie iranienne. Avec comme résultat – un échec flagrant pour les dits initiateurs. Idem pour les innombrables tentatives à organiser une révolution colorée en terre iranienne.

Rajoutons à cela le savoir-faire de la nation iranienne, y compris dans le domaine de la recherche et des sciences, et bien évidemment une montée sans précédent au cours des dernières années de l’influence de l’Etat perse à l’échelle régionale et même internationale. Et depuis les événements récents, une interaction encore plus importante avec Moscou dans la sphère sécuritaire, économique, logistique et politico-diplomatique – tout cela représente bien évidemment un développement fortement non souhaitable pour les nostalgiques de l’unipolarité. D’où les nouvelles tentatives terroristes à son encontre de la part des forces ennemies.

Le seul souci pour les instigateurs du chaos à l’échelle internationale, c’est qu’en tentant une fois de plus à déstabiliser l’Iran – ils risquent bien gros. Il faut à ce titre rappeler que la République islamique est classée en 2023 – 17ème puissance militaire mondiale (devant Israël). Avec une capacité de combat, et ce de divers types d’unités militaires, qui n’est plus à démontrer. Sans oublier l’option d’ouverture de plusieurs fronts, d’autant plus dans une région où sont stationnés des dizaines de milliers de militaires US, pouvant devenir des cibles très faciles.

Tout cela pour dire que les mises en garde iraniennes visent bel et bien principalement Washington et Tel-Aviv. Quant à Kiev, dont il est question uniquement sur la base d’un régime fantoche, il est fort probable que Téhéran y apportera effectivement aussi la réponse adéquate.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Burkina Faso: adieu la Françafrique, bonjour l’Afrique!

24.01.2023

Après plusieurs échecs du régime français en terre africaine, l’effet domino se poursuit de manière attendue. Désormais et suite aux revendications populaires, c’est au tour des autorités du Burkina Faso d’officialiser la demande de départ des troupes françaises du sol national. Le système néocolonial de la Françafrique semble définitivement en chute finale.

Suite à l’annonce par les autorités burkinabè de l’exigence pour les troupes françaises se trouvant au Burkina Faso de quitter le pays dans un délai d’un mois – le président hexagonal Macron avait demandé des «clarifications». Des clarifications désormais obtenues: le gouvernement du Burkina Faso confirme avoir demandé le retrait des troupes françaises.

La confirmation est venue du porte-parole du gouvernement – Jean-Emmanuel Ouedraogo, dans une interview à la Radio-Télévision du Burkina (RTB). Si pour le moment, il ne s’agit pas d’une rupture diplomatique entre Ouagadougou et Paris, la page du partenariat militaire se termine bel et bien. Et ce de manière parfaitement logique et attendue, aussi bien par la société civile burkinabè, que par de nombreux autres citoyens africains.

En effet, et comme nous l’avions déjà plusieurs fois abordé – les mobilisations populaires souverainistes, le panafricanisme et la réalité multipolaire internationale ont complètement mis à mal la présence des nostalgiques de l’unipolarité sur le sol africain, ainsi que l’interférence fortement néfaste de ces derniers dans les affaires des Etats de l’Afrique. Et après la Centrafrique, le Mali, ou encore l’Ethiopie – il est devenu évident que les schémas néocolonialistes mis en place par les régimes occidentaux sur le continent africain – n’avaient plus du tout leur place.

Comme nous l’avions également souligné précédemment, les dits régimes atlantistes se retrouvent de-facto impuissants face aux millions de citoyens de pays africains mobilisés et qui comprennent parfaitement les événements en cours à l’échelle régionale, continentale et internationale. Et l’effet domino que nous avions également plusieurs fois abordé – est toujours et plus que jamais d’actualité. Et fort certainement ne fera que se poursuivre.

Pendant ce temps, il est évident qu’au lieu de changer de mentalité et devenir des acteurs constructifs du monde multipolaire et du destin commun de l’humanité – pour reprendre la notion du leadership chinois – l’establishment occidental maintient une approche arrogante, méprisante et condescendante vis-à-vis des Etats et peuples africains. Et plus généralement – vis-à-vis de tous les peuples non-occidentaux, et surtout ceux qui ne partagent pas leurs fameuses pseudo-valeurs, certainement occidentales, mais aucunement universelles.

Bien qu’il soit vrai aussi que tout en maintenant une approche arrogante propre à l’Occident depuis des siècles déjà – les derniers événements à l’échelle internationale – démontrent que le petit monde occidental se rend tout de même compte qu’il est loin, très loin, de pouvoir compter sur un large soutien à l’échelle de l’écrasante majorité de l’humanité.

Dans cette perspective, le pays de Thomas Sankara fait clairement le choix d’une rupture avec le régime hexagonal et les réseaux françafricains. Des réseaux qui tout en continuant à accuser la Russie, la Chine, la Turquie et d’autres puissances non-occidentales de leurs propres échecs abordés tellement de fois, refusent surtout à se regarder de manière un minimum objective dans le miroir.

Dans tous les cas – le Burkina Faso semble désormais définitivement faire le choix de l’orientation panafricaniste et pro-multipolaire. Tout en disant adieu à un système qui n’a plus du tout sa place dans le monde contemporain. Et ce – ni en Afrique, ni ailleurs.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Lorsque Paris et Berlin espèrent recoloniser l’Afrique

18.01.2023

Les régimes occidentaux sont tout de même têtus. Là où aujourd’hui ils sont fortement rejetés, ils persistent et insistent. En oubliant que le rejet vis-à-vis de l’Occident ne fera qu’augmenter et que les nouvelles sorties des représentants des élites occidentales ne font qu’attiser le rejet en question.

On se croirait vivre dans la pire et la plus cruelle période de la colonisation: Paris et Berlin discutent ensemble de l’avenir africain. Heureusement tout de même que cette fois-ci, les cheffes des diplomaties française et allemande ressemblent beaucoup plus à des mendiantes venues supplier un soutien africain pour une Europe prétendument «agressée». Le tout, symboliquement, dans le pays de l’Afrique n’ayant justement jamais été colonisé, malgré plusieurs tentatives occidentales – l’Ethiopie.

En effet, la visite conjointe dans la capitale éthiopienne Addis-Abeba des ministres des Affaires étrangères des régimes français et allemand avait un objectif clair : appeler une énième fois les pays africains à condamner la Russie. Sans grand succès jusqu’à présent.

«Il est important (à propos du dossier ukrainien) de se souvenir qu’il y a un agresseur et un agressé, et il est important que tous disent à l’agresseur qu’il doit cesser son agression» – déclare Catherine Colonna. En ajoutant, dans la pure tradition arrogante et néocoloniale hexagonale: «Nous avons des intérêts communs et nous avons des attentes à l’égard de nos amis africains et nous vous en avons fait part». Le tout à l’issue d’un point de presse au siège de l’Union africaine. Un siège offert par la République populaire de Chine, juste au passage. 

Même son de cloche de la part de sa collègue allemande Annalena Baerbock: «La paix en Europe est attaquée, nous avons besoin de vous, nous avons besoin de l’Afrique pour défendre la paix». On se demande juste où était Frau Baerbock lorsque cette même Europe, en complicité avec Washington, détruisait grand nombre d’Etats souverains, dans le pur esprit du néocolonialisme occidental, y compris d’ailleurs des Etats africains. La Libye de Mouammar Kadhafi n’en est qu’un des exemples récents

Au-delà de cela, les deux personnages pensent-elles sérieusement qu’une grande partie des Africains ne connaissent pas l’historique du dossier ukrainien? Et plus particulièrement que la guerre contre la paix en Europe ne se déroule pas depuis 2022, mais bel et bien depuis 2014? Et que dans la tragédie vécue par la population du Donbass – Berlin comme Paris ont une énorme part de responsabilité. Et dont ils devront certainement rendre des comptes le moment venu.

Surtout après les récents aveux des Merkel et Hollande, ayant confirmé que les Accords de Minsk, dont l’Allemagne et la France étaient des co-garants, n’étaient en réalité qu’une manière de gagner du temps en faveur du régime kiévien. Et au détriment depuis toutes ces années des civils du Donbass, avec toutes les tragédies et le martyr de cette courageuse population qui en découlaient.

Le ridicule dans toute cette situation, c’est que les deux dames, indignes d’un quelconque respect pour elles, ont tenté de nouveau à utiliser la rhétorique des céréales ukrainiennes, prétendument indispensables pour les Etats africains. Pensant certainement que là aussi les dirigeants et peuples africains ne maitrisent pas les statistiques internationales à ce sujet, sachant que l’Ukraine n’est que le cinquième exportateur de blé à l’échelle internationale, pendant que la Russie en est largement première. Et ce – depuis plusieurs années maintenant.

Donc s’il y a bien un risque d’un manque de céréales à destination des pays non-occidentaux, y compris bien sûr africains, cela est le résultat direct des sanctions des régimes de l’Ouest à l’encontre de la Russie et dans le cadre de la logistique internationale. D’autant plus lorsque nous savons que même l’exportation des céréales ukrainiennes, qui fonctionne via le corridor mis en place avec l’accord de la Russie et la médiation de la Turquie, fonctionne largement en faveur des régimes là encore occidentaux, et aucunement en faveur des besoins des nations non-occidentales, dont africaines.

Enfin, le cinéma des deux citées atteint le comble – car se déroulant en terre éthiopienne – nation africaine n’ayant jamais été colonisée par l’Occident et qui sort actuellement d’une nouvelle période de résistance (efficace) face au néocolonialisme occidental. Une résistance ayant été d’ailleurs renforcée via le soutien chinois, russe et turc, entre autres.

Les efforts conjoints de Paris et de Berlin sont dans une certaine mesure compréhensibles, car si le premier continue de voir son influence chuter sur le continent, y compris désormais avec un nouvel échec – le Burkina Faso, dans le cas allemand, il y avait un espoir de pouvoir regagner en tant qu’ancien colon une influence dans une partie de l’Afrique… Mais face à la présence chinoise, russe, turque, et d’autres nations non-occidentales – les Allemands n’auront vraisemblablement rien à proposer.

Mais l’essentiel à retenir dans cette énième, et probablement vaine, tentative occidentale, c’est les points suivants: les deux représentantes ne font qu’appliquer les ordres washingtoniens, c’est la première chose. Et de deux – sont prêtes à continuer à se ridiculiser, pour ne pas dire s’humilier, dans l’espoir de faire basculer une grande partie de l’Afrique dans le camp occidental. Le tout bien évidemment en maintenant un ton et une posture d’héritiers des pires années du colonialisme. Rien n’y fait – l’Afrique et les Africains ne sont pas dupes, et sont parfaitement capables de voir qui sont les partenaires sincères, et qui sont des chacals sans foi ni loi. L’Occident continuera donc à subir d’autres échecs importants – sur le continent africain, comme dans d’autres régions du monde.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=4570

Le saut stratégique vu de Turquie

13.01.2023

Les principaux analystes turcs considèrent que tous les empires ayant tenté de faire asseoir une domination sans partage sur les affaires internationales ont au final toujours subi des échecs, faisant le parallèle direct avec le cas contemporain des Etats-Unis. Cette analyse confirme une fois de plus une vision géopolitique particulière de la Turquie, ainsi que le rôle qu’elle entrevoit pour elle-même dans les relations mondiales.

Bercan Tutar, analyste turc dans son récent article Stratejik sıçrama (Le saut stratégique) pour le quotidien Sabah (l’un des trois principaux en Turquie) décrit les bouleversements stratégiques internationaux, en mettant l’accent sur la position des Etats-Unis, de la Russie, de la Chine et de la Turquie.

L’auteur de l’article rappelle que toutes les tentatives des Etats impériaux, anciens ou nouveaux, ayant cherché à devenir les seuls maîtres du monde – se sont toujours soldées par des échecs. Pour Bercan Tutar, le dernier exemple étant la défaite de la politique de «la Nouvelle Rome», que les Etats-Unis ont tenté à mettre en œuvre sous prétexte de « guerre contre le terrorisme » après les attentats du 11 septembre 2001. L’échec des USA à devenir le seul hégémon mondial a d’ailleurs selon lui paradoxalement conduit vers une fin progressive du chaos dans de nombreuses régions du monde, en particulier au Moyen-Orient, où un certain équilibre a été rétabli.

Ces processus ont ainsi permis à des pays comme la Russie, la Chine et la Turquie – à maximiser leur influence respective dans différentes parties du monde. Et après que Washington ait défini son objectif principal de stratégie de sécurité nationale dans les nouveaux processus en cours à combattre des acteurs mondiaux comme la Russie et la Chine, à la place de la guerre contre le terrorisme, le visage du Moyen-Orient a commencé rapidement à se transformer.

L’un des pays qui a le plus profité de cette nouvelle transformation et qui a élargi sa sphère d’influence a été la Turquie. L’Etat turc ayant été capable de lire le cours des processus mondiaux, a ainsi pu devenir un important acteur régional et même international. Un peu plus loin dans le même article, l’auteur décrit le rôle central de la Turquie aussi bien vis-à-vis de l’Occident, avec lequel Ankara partage l’appartenance à l’Otan, mais également avec la Russie avec laquelle la Turquie possède de nombreux projets et orientations stratégiques.

Bercan Tutar fait notamment référence au projet conjoint avec Moscou de faire de la Turquie le principal hub pour l’énergie russe, ainsi qu’aux contacts bilatéraux étroits sur les questions du Moyen-Orient et de nombreux autres sujets stratégiques. L’auteur parle également de la Chine et rappelle que son pays représente un corridor sûr aux yeux de Pékin, dans le cadre du grand projet international chinois de la Ceinture et la Route.

Maintenant et en termes de perspectives suite à cet article, il serait juste de rappeler plusieurs faits que nous avons déjà abordé dans le passé. La Turquie se positionne effectivement comme un Etat ayant la particularité d’être un membre du bloc otanesque (dont pour rappel elle représente la deuxième force en termes d’effectif armé), tout en refusant obstinément à suivre aveuglement l’hystérie anti-russe et anti-chinoise de l’establishment occidental. Tirant ainsi profit de cette capacité assez unique à défendre et promouvoir ses intérêts avec toutes les parties.

A ce titre, et étant probablement le seul pays réellement souverain du bloc atlantiste vis-à-vis de Washington, la Turquie est effectivement devenue un acteur incontournable non plus seulement dans de nombreuses affaires régionales, mais de plus en plus à l’international. Ses relations stratégiques dans de nombreux domaines avec la Russie, la Chine, l’Iran et d’autres grandes puissances non-occidentales y ont d’ailleurs beaucoup contribué. En faisant la sourde oreille à la colère de ses partenaires occidentaux.

Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que de plus en plus de voix étasuniennes et plus généralement occidentales s’élèvent contre Ankara et appellent ouvertement à remettre en question l’appartenance turque à l’Otan, du fait justement des liens étroits de la Turquie avec les principaux adversaires des nostalgiques otanesques de l’unipolarité, dont bien évidemment les liens avec la Russie. L’Etat turc ayant été jusqu’à présent le seul membre de l’Otan à avoir fermement refusé à se joindre aux sanctions occidentales contre Moscou. Et même plus que cela – ayant au contraire fort largement élargi l’interaction économico-commerciale avec la Russie.

Dans ce paradigme, la Turquie joue parfaitement son jeu. Comprenant que l’Otan ne peut se permettre de perdre dans un avenir proche un membre aussi important, du point de vue aussi bien stratégique qu’idéologique, Ankara enfonce le clou en continuant à renforcer son orientation eurasienne et de plus en plus pro-multipolaire. D’autant plus lorsqu’on observe actuellement le processus probable de normalisation des relations avec le leadership syrien, le tout avec la médiation russe.

Et lorsque viendra le moment pour la Turquie de quitter effectivement l’Otan, au-delà du fait que ce sera une énorme défaite stratégique pour l’Occident, l’Etat turc d’ici là aura pu profiter au maximum de tout ce dont il a besoin actuellement. Avec par ailleurs à la clé – l’intégration dans le Top 10 des principales économies mondiales en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat, pendant que des France et Royaume-Uni quitteront vraisemblablement ce même Top 10.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=4561

L’écrasante majorité de l’humanité et l’ordre multipolaire post-occidental

10.01.2023

S’il ne fait pratiquement plus de doute que le monde ne reviendra pas à l’unipolarité, sous quelque forme que ce soit, il reste intéressant à tenter de comprendre quel rôle l’écrasante majorité de l’humanité soutenant l’ordre multipolaire international, souhaitera donner à l’infime minorité planétaire, une minorité qui se nomme l’Occident.

De l’avis de nombreux experts internationaux, y compris asiatiques, africains ou latino-américains, il est aujourd’hui évident que la réalité multipolaire prend le dessus sur les nostalgiques agressifs de l’ère unipolaire, durant laquelle l’Occident s’est érigé unilatéralement comme le décideur indiscutable dans les affaires internationales, tout en représentant une évidente minorité à l’échelle planétaire.

Les événements récents auront définitivement démontré que la majorité largement absolue de l’humanité ne souhaite guère suivre les ordres occidentaux. Le cas avec l’adhésion aux sanctions contre la Russie l’a fortement démontré. Et ce malgré tous les types «d’instruments» que l’establishment atlantiste occidental avait tenté d’applique: menaces, intimidations, pressions en tout genre, et lorsque cela n’a pas fonctionné: des promesses d’investissements, des «alternatives» à ce que propose la Chine et d’autres pays partisans résolus de la multipolarité. Le résultat n’a pas changé pour autant. Les pays ayant adhéré à la politique des sanctions contre Moscou représentent une infime minorité mondiale, sur le plan démographique, mais également et de plus en plus dans d’autres domaines – comme l’économie et le commerce international.

L’Occident, ou plus exactement ses élites, le comprennent parfaitement. Mais restent incapables à faire preuve d’adaptation aux récentes réalités planétaires, tellement l’esprit néocolonial et d’une prétendue supériorité sur les peuples non-occidentaux reste enfui au plus profond des décideurs occidentaux. Quant aux populations occidentales, il faut certainement les subdiviser aujourd’hui en plusieurs parties: les partisans de la multipolarité représentent une part non négligeable parmi les citoyens des pays de l’Ouest, mais nombreux restent dans une relative passivité, par peur ou par méconnaissance des actions à entreprendre. L’autre partie étant celle qui peut-être ne serait pas forcément contre la multipolarité en tant que telle, mais ne maitrisant tout simplement pas les processus internationaux – reste globalement parlant sous le contrôle du mainstream politico-médiatique occidental.

Enfin, il y a évidemment ceux qui parmi les citoyens occidentaux approuvent la politique de l’axe otanesque pour la simple et bonne raison qu’étant convaincus que lorsque l’unipolarité sera définitivement tombée – ils en seront directement impactés. Ces citoyens de l’Occident adorent d’ailleurs propager l’idée que le monde entier «rêve» prétendument de leur petit monde, mais en réalité sont des personnages habitués à vivre justement sur le compte des autres, à l’instar de leurs élites respectives – les autres étant les nations non-occidentales. Les dits personnages sont également fort jaloux des succès des pays non-occidentaux, notamment du point de vue économique et commercial, et ces succès pour les dites personnes restent dans leur imaginaire fortement associés aux problèmes à venir – pour eux-mêmes et leur façon de vivre.

Mais face à ces groupes – comment doit réagir justement l’écrasante majorité terrestre qui ne souhaite tout simplement pas vivre sous la coupe unilatérale occidentale? Probablement le principal étant de continuer à développer et élargir les différents schémas qui font aujourd’hui le succès des diverses interactions entre nations non-occidentales. Et ce dans les cadres aussi bien régionaux – qu’intercontinentaux et internationaux. Le tout en défendant les intérêts respectifs et sans accorder de l’importance à l’avis des régimes occidentaux.

Quant à l’avenir de l’Occident, parmi les partisans de la multipolarité les avis restent en partie partagés. Si nombreux estiment que le temps de rendre pleinement des comptes viendra pour l’espace occidental, avec tout ce que cela implique, d’autres considèrent que prendre des mesures punitives de revanche ne sera pas forcément nécessaire. S’il est encore difficile de savoir lesquels auront raison, l’essentiel étant que la collectivité nommée Occident continuera à être ignorée, puisque son extrême hypocrisie, arrogance et complexe d’une ridicule fausse supériorité lui auront valu d’être de plus en plus à l’écart de la véritable communauté internationale, qui ne se retrouve pas dans les diatribes occidentales.

Et dans cette perspective, il faut reconnaitre que l’avenir planétaire ne pourra être que post-occidental, et cela indépendamment des mesures éventuelles punitives à l’encontre de l’Occident, qui seront entrepris – ou non – par l’écrasante majorité de l’humanité.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Le Sommet USA-Afrique ou les tentatives de Washington à contrer Pékin et Moscou

16.12.2022

Malgré les tentatives étasuniennes de voiler les véritables objectifs du sommet avec les Etats africains, la campagne de séduction washingtonienne à l’encontre de l’Afrique confirme sa volonté à nuire aux relations stratégiques des pays du continent avec la Chine et la Russie. Mais également de tenter à repositionner une domination occidentale, face au rejet de la politique hexagonale et d’autres régimes européens sur le continent.

Comme le note l’un des principaux porte-voix de l’Hexagone France 24 – les Etats-Unis, qui se gardent de parler d’une compétition ouverte en Afrique, ont alerté, sur l’influence croissante «déstabilisatrice» de la Chine et de la Russie sur le continent, tout en promettant des milliards de dollars d’aide, lors du sommet avec les pays africains organisé à Washington. Confirmant par la même occasion les véritables intentions étasuniennes.

Du côté d’un autre porte-voix des intérêts hexagonaux, et plus particulièrement françafricains, en l’occurrence le magazine Jeune Afrique, ledit sommet pourrait également être vu comme «un pied de nez à Macron», et une réaction étasunienne aux récentes déconvenues françaises en Afrique.

Ce dernier point est particulièrement intéressant dans le sens que c’est une réalité qu’Observateur Continental avait maintes fois abordé, plus exactement que l’allié washingtonien de Paris tente de surfer sur le sentiment général hostile à son allié français, et ce pendant que le réseau néocolonial françafricain continue en bon sous-traitant de Washington à accuser la Russie, la Chine et la Turquie de ses propres échecs sur le continent africain.

Si bien même que l’élite hexagonale comprendrait être, dans un dossier de plus, le dindon de la farce – la marge de manœuvre de la France macronienne est extrêmement limitée, pour ne pas dire – nulle.

Quant à la Chine et la Russie, qui sont les seuls et réels opposants puissants à la domination occidentalo-atlantiste sur le sol africain – comme Observateur Continental l’avait également soulevé précédemment – Washington malgré toutes les belles paroles et promesses possibles – ne pourra ni surpasser Pékin sur le plan de l’interaction économique avec les pays africains, ni faire mieux sur le plan sécuritaire que Moscou.

Le tout à l’heure où la Chine et la Russie confirment de plus en plus l’approche de complémentarité bilatérale de leur politique à destination de l’Afrique, et que même économiquement parlant Moscou est en train de rattraper le retard par rapport à ses concurrents occidentaux opérant en Afrique, à un moment où tout ne fait encore que se construire.

Pour revenir au sommet organisé à Washington, il faut noter également de nombreux absents : les leaders du Mali, du Burkina Faso, de Guinée et du Soudan n’ayant pas été invités, tandis que ceux du Zimbabwe et de l’Afrique du Sud ont pris la décision de ne pas se déplacer, confirmant qu’au-delà de ses alliés hexagonaux et britanniques – Washington a lui-même du pain sur la planche.

En parlant justement de la République d’Afrique du Sud – l’une des principales puissances africaines et membre des BRICS – le président Cyril Ramaphosa avait pris la décision de ne pas prendre part audit sommet, sans en préciser les raisons exactes.

Et si selon certaines sources, les raisons peuvent être simplement internes, le fait est que l’Afrique du Sud fait partie des pays africains n’ayant pas apprécié les pressions et menaces washingtoniennes de faire rompre les relations avec la Russie, sous peine de sanctions. Cela sans oublier que le président sud-africain Ramaphosa faisait partie des chefs d’Etat internationaux ayant ouvertement critiqué le rôle néfaste de l’Otan dans les événements ukrainiens.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Président du Nigéria: les armes fournies par l’Occident à l’Ukraine apparaissent en Afrique

06.12.2022

Le président nigérian s’inquiète de l’arrivée d’armes en provenance du conflit ukrainien dans la région, impactant ainsi la sécurité aussi bien d’une des principales puissances africaines, que des autres pays voisins. Comme prédit – l’Occident semble perdre complètement le contrôle sur ses livraisons massives d’armes en faveur du régime kiévien.

Muhammadu Buhari, président du Nigéria – la première puissance économique africaine en termes de PIB nominal et la deuxième en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat – a déclaré récemment que des armes en provenance du conflit ukrainien se glissent désormais dans la région du bassin du lac Tchad.

Le chef d’Etat nigérian a lancé cet appel dans son discours d’ouverture du 16ème Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la Commission du bassin du lac Tchad (CBLT), qui s’est déroulé dans la ville d’Abuja, la capitale du Nigéria.

«Il faut cependant préciser que malgré les succès enregistrés par les vaillantes troupes de la MNJTF (Force multinationale mixte, composée des Forces armées du Nigéria, du Cameroun, du Bénin, du Niger et du Tchad, ndlr) et les différentes opérations nationales en cours dans la région, des menaces terroristes rôdent toujours dans la région, et malheureusement, la situation au Sahel et la guerre qui fait rage en Ukraine sont des sources majeures d’armes et de combattants qui renforcent les rangs des terroristes dans la région du lac Tchad», a déclaré le président nigérian.

«Ce mouvement illégal d’armes dans la région a intensifié la prolifération des armes légères et de petit calibre qui continue de menacer notre paix et notre sécurité collectives dans la région», a ajouté Muhammadu Buhari dans son discours.

Les déclarations du président nigérian ne font que confirmer les nombreuses prévisions et mises en garde sur les livraisons massives et incontrôlées d’armes en faveur du régime kiévien de la part de l’axe otanesque et de l’Occident. Et cela depuis de longs mois.

Au point que même certains représentants de régimes occidentaux avaient fini récemment par admettre timidement cette réalité. Il est donc parfaitement compréhensible pourquoi le président nigérian tire aujourd’hui la sonnette d’alarme, compte tenu des risques sécuritaires non pas seulement pour le Nigéria, mais également pour de nombreux autres pays de la région. Sans oublier évidemment les défis face au terrorisme dans le Sahel.

Mais au-delà du fait que l’Occident ne contrôle effectivement pas les processus post-livraisons de ses armements à destination du régime kiévien dans le but de combattre la Russie, la situation actuelle devrait nous interpeller sur un autre aspect. Et si ce flux d’armes à destination des réseaux terroristes opérant en Afrique en provenance de l’Ukraine était voulu par l’establishment occidental?

Surtout lorsqu’on sait que les nombreux problèmes sécuritaires sur le continent africain, y compris dans la région du Sahel, sont justement le «fruit» des actions occidentales. A commencer par la destruction de la Jamahiriya libyenne de Mouammar Kadhafi par l’Otan et en poursuivant par le manque total d’efficacité dans la lutte antiterroriste annoncée par des Etats comme la France et d’autres régimes otanesques.

Last but not least, il n’est pas à exclure que l’Occident nostalgique de l’unipolarité soit d’autant plus intéressé par une nouvelle vague de propagation terroriste en Afrique, dans l’objectif de punir les pays africains – qui pour de nombreux d’entre eux ont refusé de se joindre à la coalition anti-russe promue par l’establishment occidental. Provoquant l’hystérie collective du côté des régimes atlantistes.

A ce titre, le Nigéria peut également faire partie des cibles privilégiées, car au-delà d’être l’une des principales puissances du continent africain et ayant dû faire face aux défis sécuritaires, notamment contre la secte terroriste de Boko Haram – avait fait partie des pays n’ayant pas soutenu la dernière résolution occidentale anti-russe votée à l’Assemblée générale de l’ONU, le mois dernier.

Dans tous les cas, il devient aujourd’hui évident que les nations africaines doivent plus que jamais s’unir dans un cadre panafricain et accroitre l’interaction avec les puissances non-occidentales dans l’objectif de faire efficacement face au chaos promu et propagé par l’Occident, qui refuse obstinément à reconnaitre l’ère multipolaire mondiale. Des mesures fortes, ciblées et si nécessaire radicales devront fort certainement être engagées dans les plus brefs délais.

Après tout, si l’effet boomerang de la politique otanesque se retourne contre ses instigateurs – cela est une chose, même si c’est encore une fois les populations concernées qui en paieront le prix fort. Mais ce n’est certainement pas au monde non-occidental de payer un quelconque prix pour les folies d’un Occident complètement malade et en chute libre.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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La Chine ne lâche pas la pression quant à l’activité biologique US en Ukraine

24.11.2022

Les actions obscures de Washington, y compris avec la participation du Pentagone, dans le cadre de ses activités biologiques sur le sol ukrainien représentent non seulement un sujet de vive inquiétude pour Moscou, mais également pour Pékin – qui ne compte vraisemblablement pas reculer dans ledit dossier.

«La probabilité d’armes biologiques US en Ukraine ouvre un nouveau front dans les tensions sino-étasuniennes» – titre South China Morning Post– journal quotidien chinois de langue anglaise basé à Hong Kong.

Le média chinois note que Washington dénonce l’amplification de Pékin quant aux affirmations prétendument «absurdes» de Moscou selon lesquelles les USA financent la recherche sur les armes biologiques en Ukraine, aggravant les tensions sino-étasuniennes, y compris en ce qui concerne la position de la Chine dans ce que l’establishment washingtonien appelle l’invasion russe en Ukraine.

Le quotidien rappelle par la même occasion qu’un porte-parole chinois des Affaires étrangères avait récemment exhorté les Etats-Unis à rendre compte de leurs activités militaires biologiques dans le pays et à l’étranger, ainsi que de se soumettre à la vérification multilatérale. Evidemment lorsqu’on connait la capacité de Washington à ne pas soumettre à des mécanismes internationaux, en y faisant référence uniquement lorsque cela arrange ses intérêts, il est de-facto impossible à pouvoir s’attendre à une quelconque attitude honnête des USA sur cette question plus que sensible, à l’échelle mondiale.

D’autant plus que Washington peut toujours compter sur l’appui de ses fidèles sous-traitants britannique et français au niveau du Conseil de sécurité de l’ONU. Pour rappel lors du vote récent au CS onusien, la résolution rédigée par la Russie et soutenue par la Chine avait été bloquée par le trio néocolonial occidental Washington-Londres-Paris.

Quant à la prétendue «absurdité» des accusations russes selon les mots utilisés par l’establishment washingtonien, que dire des déclarations du 8 mars dernier de la sous-secrétaire d’Etat US aux affaires politiques – la sulfureuse Victoria Nuland – qui avait admis devant la commission des relations extérieures du Sénat étasunien l’existence «d’installations de recherche biologique» en Ukraine et avait fait part de sa préoccupation par le fait que les Forces armées russes pourraient rechercher à en prendre contrôle. Et aussi que les USA travaillaient étroitement avec les Ukrainiens sur la manière dont ils peuvent empêcher que l’un de ces matériaux de recherche ne tombe entre les mains de l’armée russe…

Comme le rappelle d’ailleurs Judicial Watch – organisation américaine qui se fixe l’objectif de surveiller les activités du gouvernement étasunien. Dans ce rapport, beaucoup d’autres informations importantes ont également été publiées en lien avec l’activité biologique US en Ukraine, plus exactement les dossiers du département de la défense étasunien qui révèlent le financement washingtonien d’activités du laboratoire d’anthrax (maladie infectieuse grave causée par des bactéries à Gram positif en forme de bâtonnets connues sous le nom de bacille du charbon, ndlr) en Ukraine.

Une chose semble sûre. Face aux activités largement opaques de Washington et son refus de transparence face à la communauté internationale, la Russie et la Chine n’auront d’autre choix que de trouver le moyen de faire la lumière sur ces activités. En ce en supplément des pressions politiques et diplomatiques. Dans un cadre certainement conjoint.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=4440

Quand l’Occident commence à s’inquiéter de l’avenir des armes transmises à Kiev

22.11.2022

Les représentants des élites occidentales commencent timidement à aborder le sujet de l’avenir des armes livrées au régime kiévien, et surtout le risque que ces armements se retrouvent dans les mains de groupes terroristes. Réaction certainement tardive, mais qui confirme nos nombreuses prévisions.

Les armes fournies par l’Occident à l’Ukraine dans l’objectif de combattre la Russie pourraient se retrouver entre les mains de gangs criminels ou de terroristes, y compris au Royaume-Uni, s’alarme le chef de la National Crime Agency (agence britannique de lutte contre le crime organisé, ndlr), Graeme Biggar, écrit le quotidien britannique The Times.

Fait paradoxal une fois de plus qui confirme que les élites occidentales semblent effectivement vivre dans un monde parallèle, alors que ce sujet avait déjà été traité il y a plusieurs mois de cela par les experts non-occidentaux, notamment chinois: voir l’article de juin dernier d’Observateur Continental.

Vaut mieux tard que jamais? Probablement surtout que c’est déjà trop tard, sachant que les reventes d’armes fournies au régime ukrainien par ses parrains occidentaux avaient déjà commencé depuis plusieurs mois. Et si aujourd’hui le haut responsable britannique aborde ce problème, c’est que l’heure est déjà certainement grave. Egalement paradoxal de l’entendre tout de même d’un représentant d’un pays qui constitue l’un des principaux soutiens de Kiev et qui adopte une des lignes les plus russophobes qui soit.  

La question également à se poser dans cette conjoncture, et qui sera un défi sécuritaire majeur y compris pour les Occidentaux, c’est la raison pour laquelle le minimum de vérité dans la propagande atlantiste occidentale vient toujours plus souvent de la sphère anglo-saxonne, pendant que les principaux médias hexagonaux n’ont pratiquement jamais abordé le sujet.

L’explication est assez simple, et se trouve très principalement dans le rapport de force et de hiérarchie établie au sein du bloc occidental: les Anglo-Saxons mènent le bal, les autres appliquent et obéissent sans avoir le droit de se poser trop de questions. Evidemment et si dans le cas de régimes tels que ceux de la Pologne, pays baltes, Roumanie et bien d’autres – dans leur état contemporain – cela n’étonne plus grand monde, le fait est que cela caractérise également une fois de plus l’état d’asservissement des pays dits les plus développés de la zone européiste continentale, notamment la France, l’Allemagne ou encore l’Italie.

A l’instar du récent dossier ukraino-polono-étasunien, où il est devenu également évident que seul Washington a le droit à la parole réelle au sein de l’alliance otanesque. L’establishment étasunien ne s’inspirerait-il pas de la théorie des races d’Adolf Hitler, à la seule différence que dans la version contemporaine – les «supérieurs» étant de la partie anglo-saxonne?

Pour revenir aux Britanniques, il est évident que l’effet boomerang de la fourniture incontrôlée des armes au régime kiévien se retournera contre Londres. Peut-être dans une moindre mesure dans un premier temps qu’à Berlin, Paris ou Rome, mais pratiquement sans le moindre doute. D’autant plus lorsqu’on connait que les divers réseaux criminels et terroristes possédant une présence sur le sol britannique sont bien souvent ceux qui sont également présents dans la partie continentale de l’Europe bruxelloise.

Evidemment le régime qui restera à l’abri des problèmes sécuritaires immédiats, à l’inverse de ses alliés européens, n’est autre qu’étasunien. Mais fort généralement, l’effet boomerang rattrape y compris ceux qui pensent se retrouver toujours en dehors des problèmes et des défis créés. A un moment ou un autre. D’autant plus que le régime kiévien possède de nombreux amis et sympathisants au sein de cellules terroristes liées à Daech ou Al-Qaida. Juste pour rappel.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Les différents visages des sous-traitants de Washington

18.11.2022

L’événement récent en Pologne ou en quelque sorte le dossier Kiev-Varsovie-Washington, a mis en exergue un certain nombre de faits intéressants. Notamment celui que si les deux premières citées se ressemblent à bien d’égards, il y a tout de même quelques différences.

Si dans l’événement récent du village polonais Przewodow le doute ne plane presque plus quant à la responsabilité de ce qui est arrivé, il serait néanmoins intéressant de se focaliser sur le comportement des différents acteurs concernés. Et peut-être plus particulièrement en ce qui concerne les régimes ukrainien, polonais et bien évidemment étasunien.

Si ce dernier s’est voulu dès le départ être assez prudent pour au final aller dans la confirmation de ce qui avait été déclaré du côté des experts militaires et civils russes dès le départ, à savoir que la responsabilité incombe au système anti-missiles du régime kiévien, du côté de Varsovie et de Kiev le ton était dès le départ fortement accusateur vis-à-vis de la Russie.

Ce qui est intéressant à observer, c’est la réaction qui s’en est suivie du côté polonais et ukrainien après que le chef washingtonien n’ait pas soutenu la thèse d’une attaque aux missiles russes contre le territoire de la Pologne. Du côté de cette dernière et des autres membres otanesques, le positionnement était alors de se ranger derrière le discours officiel de Washington. Du côté de Kiev, l’heure était aux caprices et à la persistance de poursuivre la thèse accusant Moscou.

Cette situation est en fait révélatrice à bien d’égards. Tout d’abord et en ce qui concerne le régime polonais, l’un des plus russophobes par la même occasion, sa politique est dictée par l’obéissance totale au maître étasunien, avec la ferme conviction qu’il ne faut surtout pas le contrarier, à quelque niveau que ce soit. Du côté kiévien, il s’agit également d’une ferme obéissance, mais avec une conviction parallèle que tout lui est également permis, y compris si ses déclarations peuvent aller quelque peu à l’encontre du chef du groupe. A tort.

Et en ce sens les déclarations qui s’en ont suivi, notamment la déclaration du président US Biden quant au fait que les paroles du président ukrainien Volodymyr Zelensky «ne constituent pas une preuve», et les multiples déclarations des experts autoproclamés sur les divers plateaux occidentaux, habitués à chanter les louanges en faveur de l’ex-comédien devenu président, auront également et largement confirmé cette orientation. A savoir que Zelensky aurait dû «se taire».

De manière générale, Kiev devra vraisemblablement apprendre que dans la famille otanesque tout rappel à l’ordre doit être appliqué strictement à la lettre, et prendre exemple de ses semblables baltes et polonais, entre autres. Et le fait de jouer au rebelle tout en n’étant qu’un régime fantoche, hérité du coup d’Etat du Maïdan de 2014, ne sera visiblement pas toléré par Washington. Volodymyr Zelensky devra apprendre cette leçon une bonne fois pour toute. D’autant plus que sans le soutien washingtonien/otanesque, le régime fantoche en question ne tiendrait pas bien longtemps.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=4426