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L’Iran brise le blocus étasunien du Venezuela

Malgré les sanctions étasuniennes visant la République islamique d’Iran et la République bolivarienne du Venezuela, les dernières actions des deux pays démontrent la détermination d’outrepasser ces pressions, et ce malgré les menaces de Washington.

Le premier des cinq pétroliers iraniens est arrivé au Venezuela, transportant des carburants nécessaires pour la nation latino-américaine. L’information est confirmée par Tareck El Aissami, le ministre vénézuélien du Pétrole. Il a également indiqué que le navire a été escorté par les forces armées à son entrée dans les eaux territoriales du pays.

A cet effet, l’ambassade iranienne à Caracas a également publié un communiqué et a remercié les militaires vénézuéliens: «Le premier pétrolier iranien a atteint les côtes vénézuéliennes. Nous sommes reconnaissants aux Forces armées bolivariennes pour l’avoir escorté». La télévision pan-latino-américaine Telesur a en outres diffusé les images correspondantes.

L’arrivée des quatre autres navires est prévue dans les prochains jours. Au total, 1,5 million de barils de carburant font partie des livraisons en cours. Le tout à un moment où les pénuries de carburant en République bolivarienne se sont aggravées avec la propagation du Covid-19. Pour rappel, les USA ont imposé des sanctions visant les exportations de brut de l’Iran et du Venezuela. Tout en proférant des menaces de recours armé. C’est ce que d’ailleurs n’a pas manqué de rappeler le représentant permanant du Venezuela à l’ONU, en déclarant que les pétroliers iraniens transportant le carburant à destination de son pays font l’objet d’une «menace d’un usage imminent de la force militaire par les Etats-Unis». Le représentant vénézuélien parle également de «crime d’extermination», puisque ces actions visent à priver le peuple du Venezuela d’un moyen vital de subsistance.

Ceci étant dit, les deux pays ne comptent pas reculer. Et se disent, en cas de nécessité, à être prêts d’utiliser leurs capacités défensives. C’est ce que d’ailleurs n’a pas manqué d’affirmer le président iranien Hassan Rouhani, lors d’une conversation téléphonique avec l’émir du Qatar samedi, cité par l’agence Mehr, en avertissant que la République islamique d’Iran répondrait à toute éventuelle agression étasunienne contre les pétroliers iraniens dans la mer des Caraïbes ou tout autre point du monde.

Si les deux pays se montrent prêts à s’entraider sur le plan énergétique, économique et militaire, il serait également important de rappeler que malgré l’hostilité de Washington et de ses alliés occidentaux, Caracas peut aussi compter, entre autres, sur le soutien de la Russie, de la Chine, de Cuba, de la Turquie ou encore du Mexique – dans le cas des deux premiers y compris au niveau du Conseil de sécurité de l’ONU. Cela sans oublier plusieurs secteurs d’importance stratégique qui lient Moscou et Pékin aux autorités vénézuéliennes, parmi lesquels on retrouve également les projets de partenariat économico-énergétique, sans oublier la coopération militaro-technique.

Une chose est certaine. Le refus de suivre les prérogatives de Washington et des capitales occidentales, aussi bien de la part de Téhéran que de Caracas, conforte l’idée que la réalité multipolaire mondiale est bel et bien une réalité admise, et non pas un projet en cours de construction. Malgré cela, et au moment d’énormes défis dont font face à l’heure actuelle les USA, l’establishment de ces derniers n’est toujours pas en mesure, et probablement ne le sera pas, à reconnaitre cette réalité. Quoiqu’il en soit, ce refus égocentré d’un nombre limité de pays de la planète ne pourra vraisemblablement stopper le processus naturel des choses en cours. Les seuls perdants de la réalité présente n’étant que ceux qui la refusent.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Libye: l’Otan en soutien à el-Sarraj?

Au moment où le communément appelé Gouvernement d’accord national (GAN) connait des difficultés de plus en plus importantes dans la guerre civile incessante en Libye, son Premier ministre Fayez el-Sarraj semble vouloir appeler à son secours l’Organisation du traité de l’Atlantique nord.

En effet, le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, s’est entretenu au téléphone avec el-Sarraj, et a assuré «que l’alliance est prête à contribuer à la défense et à la reconstruction des établissements de sécurité en Libye». Stoltenberg a également ajouté que «l’Otan agirait en Libye en tenant compte de la situation de sécurité et de défense».

Evidemment, la situation est tout de même assez paradoxale, et ce pour plusieurs raisons. Le représentant otanesque parle de «défense et de reconstruction des établissements de sécurité libyens», en faisant mine d’oublier qui avait justement détruit les établissements de sécurité et la stabilité de façon générale de ce pays. Pour ceux qui l’auraient oublié, un rappel s’impose: cela s’est fait dans le cadre justement de l’intervention de l’Otan, en mars 2011, en violation de la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies, que l’organisation atlantiste était pourtant censée faire appliquer.

Depuis, et cela est connu de tous, le pays qui fut longtemps l’un des plus prospères d’Afrique, et qui pouvait se permettre d’accueillir un large nombre de migrants – aussi bien d’autres pays africains, que d’Europe (Roumanie, Bulgarie, Ukraine, entre autres), est devenu depuis l’intervention otanesque synonyme de chaos, d’extrémisme, de terrorisme, de racisme et l’un des terrains les plus fertiles pour l’immigration clandestine – avec en prime le trafic d’êtres humains et l’esclavage pur et simple.

D’autre part, ce qui est anecdotique, c’est que justement le dirigeant du GAN, qui connait parfaitement l’état de son pays depuis ladite intervention, espère obtenir l’aide de cette même organisation ayant détruit son pays. Mais connaissant les intérêts qui le soutiennent, il serait probablement erroné de s’en étonner. Mais les paradoxes ne s’arrêtent pas là.

Enième question à se poser: le GAN possède-t-il encore une légitimité digne de ce nom dans le cadre libyen? Au moment où il contrôle moins de 20% du territoire national, alors que son adversaire en la qualité de l’Armée nationale libyenne (ANL), dirigée par le maréchal Khalifa Haftar, en contrôle justement plus de 80%. D’autant plus, qu’à la différence de la situation syrienne d’avant septembre 2015, en face du GAN ne se trouve pas des éléments de Daech, d’Al-Qaida ou d’autres nébuleuses extrémistes, mais au contraire un leadership militaire opposé aux divers groupes terroristes qui opèrent aujourd’hui sur le sol libyen, et ce depuis la chute de la Jamahiriya de Kadhafi.

Du côté du GAN au contraire, nombre de groupes combattant à ses côtés, sont justement d’obédience extrémiste, et même terroriste. A en croire que l’Otan aurait un faible pour les groupes extrémistes de diverses couleurs. Même si cela depuis la destruction de l’Etat libyen de Mouammar Kadhafi, en passant par la Syrie, n’est autre qu’un secret de polichinelle.

Mais concrètement parlant, l’Otan pourrait-il contribuer d’une quelconque façon positive à la résolution de l’interminable conflit libyen? Pour répondre à cette question, il serait probablement juste d’en répondre à une autre: un pyromane insoignable, pourrait-il sérieusement parlant devenir un pompier professionnel?

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Iran: Washington espère le maintien de l’embargo sur les armes, Moscou et Pékin opposés

Alors que les USA ont failli à leurs engagements dans le cadre de l’accord sur le nucléaire iranien, en sortant unilatéralement de l’accord, l’establishment US espère néanmoins le maintien de l’embargo sur les armes vis-à-vis de la République islamique d’Iran, au moment où deux membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU y soient clairement opposés.

On approche vraisemblablement d’un nouvel échec politico-diplomatique étasunien. Après l’échec des révolutions de couleur et des tentatives de déstabilisation de l’Iran de l’intérieur, l’incapacité à faire reculer la grande puissance perse sur le front politico-militaire, sans oublier le secteur énergétique et même dans le cadre de la propagation du Covid-19, Washington espère néanmoins à pouvoir réaliser son coup diplomatique dans le cadre onusien, en mettant activement à contribution ses alliés occidentaux, notamment européens, mais ayant en face l’infaillible et solidaire duo sino-russe. En parlant d’ailleurs du fameux Covid-19, alors que l’Iran était effectivement l’un des pays les plus touchés au début de la propagation, à l’heure actuelle Téhéran s’en sort incomparablement mieux dans le cadre sanitaire que ce n’est le cas pour les USA.

De l’avis même de nombre d’experts occidentaux, l’élite étasunienne avance inévitablement vers un échec. Bien que mobilisant ses partenaires de l’UE, eux-mêmes comprenant parfaitement toutes les contradictions washingtoniennes mais incapables de lui dire «stop», les Etats-Unis ont bien peu de chances de pouvoir obtenir le maintien de l’embargo sur les armes à destination de l’Iran, sachant que Pékin comme Moscou comptent vraisemblablement utiliser leur droit de véto, et ce au grand dam des attentes étasuniennes.

Plus que cela, de sources provenant de hauts diplomates russes comme iraniens, Moscou et Téhéran sont déjà en train de discuter d’un éventuel élargissement de la coopération militaro-technique, y compris à travers de possibles nouvelles livraisons d’armes russes en Iran. Une éventualité qui serait une énorme claque supplémentaire aux USA, et ce pour deux raisons. La première étant que Washington n’aura pas été capable de forcer l’application de sa «volonté» à l’ONU. Donc une nouvelle défaite politico-diplomatique. La deuxième étant purement stratégique et militaire. Sachant que si effectivement Moscou allait livrer de nouvelles armes, peut-être même stratégiques, aux forces armées iraniennes, cela augmentera plus que considérablement la capacité défensive de l’Iran – possédant déjà une capacité de riposte importante, l’ayant en passant ouvertement démontré lors des frappes contre des cibles US en Irak, suite à l’assassinat du général Qassem Soleimani, ainsi que dans le cadre de divers dossiers où Téhéran tient efficacement tête à Washington. Et qui ne manquent pas : Syrie, Irak, Yémen, entre autres…

Tout cela pour dire que Washington a beau continuer à prétendre être le gendarme terrestre, la réalité multipolaire du monde prouve, elle, tout le contraire. Et s’il y a bien encore un certain nombre de pays jouant le rôle de sous-traitants pour les USA, nombre d’autres lui résistent efficacement, dont la puissance et la détermination ne sont pas à démontrer. A bon entendeur.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Lutte contre le Covid-19: échange d’expérience entre la Chine et l’Afrique du Sud

A l’heure où le coronavirus continue de représenter un danger planétaire, la République populaire de Chine et la République d’Afrique du Sud, tous deux membres des BRICS, ont partagé leurs expériences respectives dans la lutte contre le coronavirus. Cela dans la continuité des décisions prises récemment au niveau de l’organisation des puissances mondiales non-occidentales.

Des experts médicaux militaires chinois ont partagé leurs expériences de la lutte contre le Covid-19 avec leurs homologues sud-africains. C’est ce qu’annonce l’agence de presse chinoise XinhuaA cet effet, les échanges ont eu lieu par visioconférence entre les représentants de l’Armée populaire de libération chinoise (APL) et des Forces de défense nationale sud-africaines (SANDF).

Ces échanges ont touché diverses questions de la lutte conjointe, engagée notamment au niveau des nations BRICS. Notamment le traitement des patients atteints du Covid-19, l’analyse des cas graves, la gestion et le contrôle du Covid-19 dans les hôpitaux, de même que la technologie et les méthodes de test du Covid-19. En outre, ont été abordées les questions liées à l’examen des patients asymptomatiques, de même que celles touchant aux médicaments anti-Covid-19, l’utilisation et la sensibilité des kits de test et la désinfection du matériel. Aussi, le point stratégique qui concerne le développement des vaccins a été soulevé, à l’heure d’une coordination accrue à ce sujet – décidée lors de la récente réunion extraordinaire, elle aussi par visioconférence, des ministres des Affaires étrangères des pays BRICS.

Ce partage d’expériences et la coordination bilatérale ont été vivement appréciés par la partie sud-africaine, sachant que depuis le début de ladite pandémie, les deux nations ont étroitement collaboré. En parlant de la situation courante au niveau des deux Etats en rapport avec le coronavirus, si la Chine – avec ses 82 901 cas de contaminations, 4633 décès et 78 120 guérisons, a de facto vaincu la pandémie sur son sol, dans le cas de l’Afrique du Sud, le travail se poursuit. En effet et aux dernières statistiques, la nation arc-en-ciel compte à ce jour plus de 9400 contaminations, 186 décès et 3983 guérisons – représentant un taux de mortalité d’environ 2% et un taux de guérison actuel d’un peu plus de 43%. Ceci au moment où des mesures draconiennes avaient été adoptées par les autorités sud-africaines pour lutter efficacement contre ce fléau, et ce depuis l’annonce du danger de la situation.

Cette coopération à succès entre l’une des principales superpuissances mondiales et la principale puissance africaine, trouvera sans aucun doute des déceptions au sein de l’establishment occidental. Ainsi, lors du récent envoi par Cuba – allié de longue date de l’Afrique du Sud, notamment durant la période de la lutte contre le régime raciste d’apartheid, de 217 médecins cubains dans le cadre de la lutte conjointe contre le Covid-19, les représentants étasuniens n’ont pas manqué de faire part de leur grand «mécontentement», exprimé notamment en la personne de Mike Pompeo, secrétaire d’Etat US. Oubliant par la même occasion que ni Cuba, ni l’Afrique du Sud, ne sont des colonies étasuniennes, mais bel et bien deux Etats souverains, n’ayant aucun compte à rendre ni à Washington, ni à d’autres capitales occidentales.

D’ailleurs, le domaine médical est loin d’être le seul concerné par la «déception» occidentale. Ainsi, les manœuvres militaires conjointes de novembre dernier entre la Chine, la Russie et l’Afrique du Sud au large des côtes sud-africaines, avaient également provoqué des grimaces d’agacement chez les représentants atlantistes. Enfin, les soutiens de Pretoria – en qualité d’actuel membre non-permanent du Conseil de sécurité de l’ONU aux initiatives et positions sino-russes, rajoutent de nouveaux maux de tête aux élites occidentales.

En attendant et au lieu de stigmatiser les partenariats cités ci-haut, l’establishment US ferait bien mieux et rapidement de se concentrer pleinement à la lutte contre les effets du coronavirus sur son sol national. Pour rappel, les USA comptent à ce jour plus d’1 300 000 cas de contaminations (un tiers du nombre total de personnes contaminées au niveau mondial) et plus de 79 000 décès (près d’un tiers du nombre total de décès liés au Covid-19 dans le monde).

Mikhail Gamandiy-Egorov

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OCS-Afrique: un modèle de coopération d’avenir?

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L’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) représente de plus en plus un modèle d’interaction prometteur pour les pays du continent africain. Composée de poids lourds internationaux comme la Chine, la Russie ou encore l’Inde, la grande alliance eurasienne peut incontestablement représenter un partenaire d’importance majeure, en premier lieu pour les nations africaines assumant pleinement leur souveraineté. 

Conçue au départ pour faire face aux défis sécuritaires régionaux par le leadership chinois, russe et des pays ex-soviétiques d’Asie centrale, le cadre d’action de l’OCS dépasse aujourd’hui largement celui de 2001 – l’année de création, et touche désormais aussi bien aux questions de défense, de la lutte antiterroriste, économiques, politiques et diplomatiques.

Depuis, le nombre des membres composant l’organisation s’est également élargi, avec l’intégration en 2017 de grandes puissances comme l’Inde et le Pakistan – ajoutant par la même occasion un poids démographique, économique et militaire supplémentaire à l’alliance. En effet et à l’heure d’aujourd’hui, l’OCS compte quatre puissances nucléaires et deux membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, ayant le droit de véto. Cela sans oublier le fait qu’un pays comme l’Iran – aujourd’hui membre-observateur, devrait dans un avenir assez proche devenir lui aussi membre à part entière de l’organisation. L’OCS c’est tout simplement aussi près de la moitié de la population mondiale.

En parlant de l’interaction à construire avec l’Afrique, que peut réellement offrir l’OCS aux Etats du continent africain? La réponse serait multiple. Tout d’abord, il serait juste de rappeler que des pays comme la Chine, l’Inde ou la Russie sont des partenaires traditionnels forts des pays africains et comptent un large réseau d’amis au sein de l’establishment de nombre de pays du continent. Des alliés occupant par ailleurs de hauts postes politiques, économiques, diplomatiques ou universitaires dans diverses capitales africaines. Dans le cas chinois, il s’agit ni plus ni moins que du principal partenaire économico-commercial de l’Afrique. L’Inde est également fortement implantée, quant à la Russie son retour est aujourd’hui indéniable, et ce dans plusieurs domaines.

Cela sans oublier le fait que Pékin et Moscou sont également des membres-fondateurs d’une autre alliance – en l’occurrence les BRICS, qui compte par ailleurs en son sein une puissance africaine en la qualité de la République d’Afrique du Sud. En passant, Pretoria soutient de très nombreuses initiatives diplomatiques sino-russes, y compris actuellement au niveau du Conseil de sécurité onusien en qualité de membre non-permanent. Justement en parlant de cet aspect, il est évident que si une coopération majeure devait voir le jour entre l’Organisation de coopération de Shanghai et les Etats africains, il est pratiquement certain que cela concernera en premier lieu les pays du continent possédant une marge de manœuvres importante dans leur capacité à prendre des décisions ou en d’autres termes ayant une pleine souveraineté.

Evidemment, un certain nombre de pays du continent ne peuvent encore se vanter d’une telle capacité, mais il n’empêche qu’une part importante d’Etats africains assument aujourd’hui pleinement leur droit à une politique indépendante et souveraine, en s’opposant aux tentatives principalement occidentales d’interférence, d’autres encore prévoient d’y arriver. Donc au-delà d’une interaction économique de premier plan entre deux grands espaces géographiques et démographiques, il y a nombre d’autres domaines où l’expertise de l’OCS peut être très utile aux Etats africains. Parmi ces domaines on retrouve incontestablement la coopération militaro-technique, mais également le soutien dans la lutte antiterroriste, à l’heure où de nombreux pays du continent font face à la montée de l’extrémisme et du terrorisme, notamment dans la région du Sahel.

A l’heure où les partenaires «traditionnels» de certains pays africains n’ont pas été en mesure d’apporter des solutions efficaces – tout en souhaitant pour autant à maintenir leur capacité d’interférence dans les affaires internes de ces pays et ce pratiquement à tous les niveaux – de la politique à la défense, en allant jusqu’à la monnaie, il est évident que l’Afrique dans sa large majorité souhaite passer à autre chose. Et ce aussi bien au niveau de l’élite intellectuelle africaine https://www.youtube.com/watch?v=Kp7lf78ILpQ qui ne cache pas son soutien à la donne multipolaire du monde, qu’au niveau de la société civile dans laquelle la voix de la jeunesse continue de monter.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Coronavirus & renseignements: le Mossad ne reste pas de côté

Au moment de la lutte désormais mondiale contre le coronavirus (Covid-19), certains pays n’hésitent pas à faire appel à leurs services de renseignement. C’est vraisemblablement le cas en Israël, où le Mossad semble avoir été sollicité pour s’occuper des achats d’équipements médicaux.

Oui, le fléau planétaire du moment pousse les agences de renseignement à une bataille rude pour essayer de s’accaparer les meilleures technologies et équipements médicaux. Et à cet effet, Tel-Aviv semble miser sur son célèbre service de renseignement du Mossad. Ainsi, selon le journal israélien Yediot Aharonot, les services de renseignement ont réussi à acquérir et à ramener au pays un nombre important d’équipements médicaux destinés à combattre le coronavirus. Parmi lesquels 27 respirateurs artificiels, 10 millions de masques chirurgicaux, 25 000 masques de type N95, 20 000 ensembles destinés à la réalisation d’analyses, des bâtons d’analyse et 700 combinaisons spéciales, le tout destiné aux travailleurs du secteur médical israélien, notamment ceux de l’aide médicale urgente, qui réalisent des tests pour le coronavirus.

D’autres sources affirment également que le Mossad s’attelle à ramener des millions de masques de protection supplémentaires, confirmant par la même occasion le sérieux de la situation en Israël depuis l’apparition du coronavirus, si le gouvernement de l’Etat sioniste va jusqu’à en charger le Mossad pour de tels achats et livraisons. Les deux pays mentionnés par l’apparition d’émissaires israéliens en vue des achats mentionnés sont l’Inde et la Chine. La première étant reconnue comme étant un grand producteur mondial d’antibiotiques, la seconde étant tout simplement le plus grand producteur de tout ce qui concerne la lutte contre le coronavirus, y compris les respirateurs artificiels. D’autant plus qu’au cours des derniers mois, la Chine a justement considérablement augmenté la production de cette gamme de produits.

Fait intéressant repris par les dites sources est la concurrence à laquelle ont dû faire face les services israéliens. Notamment aux nombreux acheteurs en provenance des pays arabes, y compris du Golfe, avec beaucoup d’argent liquide à leur disposition, faisant par la même occasion flamber les prix, au grand désarroi des représentants de l’Etat sioniste. Et toujours d’après les informations reçues, les Israéliens ont même dû faire intervenir certains de leurs contacts arabes. Ainsi, un pays du Golfe «sympathisant» à Israël, aurait même facilité l’acquisition d’un certain nombre de positions au sein de l’équipement acheté.

Et vraisemblablement, cette intervention du Mossad ne serait pas la dernière, car aux récentes nouvelles Israël n’a réussi à résoudre son déficit en respirateurs artificiels qu’à hauteur de 20%. Ce qui lui laisse encore du pain sur la planche. La crise du Covid-19 aura au moins démontré une chose: lorsque l’humanité arrive au stade d’une pandémie globale, tous les moyens sont «bons» pour atteindre les objectifs immédiats. Y compris s’il faut pour cela faire appel à des structures qui dans leur tâches habituelles sont généralement loin des fonctions de responsables en achats. Le tout sans oublier le fait, qu’au même moment où certains Etats mènent cette rude bataille pour l’obtention du matériel nécessaire à la lutte contre le coronavirus, des Etats par ailleurs ayant souvent été caractérisés comme étant soi-disant «développés» et ayant complètement été pris au dépourvu, d’autres, si longtemps stigmatisés par l’establishment politico-médiatique occidental, au-delà de se battre pour leurs propres populations, apportent aujourd’hui une aide si précieuse, y compris à destination de ceux qui les stigmatisaient, sans pour autant attendre quelque chose en retour. Chacun se reconnaitra. L’histoire, elle, retiendra le tout.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Pressions sur les médias chinois aux USA: Pékin riposte

Au moment d’une confrontation politico-idéologique majeure entre les partisans du libéralisme occidental et ceux du monde multipolaire, le ton continue de monter entre Pékin et Washington. Au-delà de la concurrence des visions, sans oublier la géoéconomie, la sphère médiatique ne reste pas épargnée.

La Chine a annoncé des contre-mesures aux mesures restrictives imposées sur les agences médiatiques chinoises aux Etats-Unis. C’est ce que rapporte l’agence de presse Xinhua  Selon un communiqué officiel repris par l’organe de presse chinois, la riposte a été motivée par le fait que «les actions des Etats-Unis ciblant exclusivement les organisations médiatiques chinoises ont été motivées par une mentalité de guerre froide et des préjugés idéologiques. La décision a exposé l’hypocrisie du soi-disant défenseur de la liberté de la presse».

Le communiqué indique également qu’au cours des dernières années, le gouvernement US a imposé des restrictions injustifiées sur les agences médiatiques chinoises et leur personnel aux Etats-Unis, a délibérément mis en difficulté leur travail de reportage normal, et leur a fait subir une discrimination croissante, ainsi qu’une oppression motivée par des considérations politiques.

Maintenant en ce qui concerne la réponse de la Chine à ces actions hostiles, le dudit communiqué a annoncé trois mesures qui prennent effet immédiatement:

– Premièrement, en réponse à la désignation par les Etats-Unis de cinq agences médiatiques chinoises comme «missions étrangères», la Chine exige, dans un esprit de réciprocité, que les branches basées en Chine de Voice of America, du New York Times, du Wall Street Journal, du Washington Post et du Time fassent des déclarations par écrit en faisant mention des informations sur leur personnel, leurs finances, leur fonctionnement et leur immobilier en Chine.

– Deuxièmement, en réponse à la réduction de la taille du personnel des agences médiatiques chinoises aux Etats-Unis, qui est une expulsion en fait, la Chine exige que les journalistes de nationalité américaine travaillant pour le New York Times, le Wall Street Journal et le Washington Post, dont les cartes de presse doivent expirer avant la fin de 2020, informent le département de l’information du ministère des Affaires étrangères dans les quatre jours calendaires à partir de mercredi et remettent leurs cartes de presse dans un délai de 10 jours calendaires. Ils ne seront pas autorisés à continuer de travailler en tant que journalistes en République populaire de Chine, y compris dans ses régions administratives spéciales de Hong Kong et de Macao.

– Troisièmement, en réponse aux restrictions discriminatoires imposées par les Etats-Unis aux journalistes chinois en matière de visa, d’examen administratif et de reportage, la Chine prendra des mesures réciproques contre les journalistes américains.

Pékin indique également que des contre-mesures supplémentaires seront mises en œuvre dans le cas «où les USA décideraient à aller plus loin dans cette mauvaise voie».

Maintenant pour parler perspectives. Cette pression de l’establishment étasunien, et donc par essence occidental, visant des médias alternatifs, est tout sauf nouvelle. A ce titre, nombre de médias iraniens, latino-américains, russes, arabes, africains – en bref, tous ceux dont la ligne éditoriale ne chante pas la «gloire» des politiques US/occidentales, sont constamment visés par des attaques émanant des élites politico-médiatiques de l’ouest. La raison est simple: la popularité des dits médias au niveau international. Le réseau médiatique de la Chine est également monté en puissance à l’international. Et de l’aveu de nombreux spectateurs, un réseau de chaînes de télévision comme CCTV (China Central Television) est vivement apprécié aux quatre coins du monde. Et au vu de la bataille géopolitique et géoéconomique en cours entre Washington et Pékin, il était plus que prévisible qu’à un moment ou un autre, les médias chinois auraient été visés par des restrictions étasuniennes, et éventuellement par certains des suiveurs des prérogatives US.

Plusieurs choses sont pour autant certaines. Premièrement, les contre-mesures chinoises confirment parfaitement que Pékin ne se laissera pas faire. Et ce malgré la campagne de désinformation occidentale qui vise encore l’Empire du Milieu, notamment en lien avec la propagation du fameux coronavirus, et pas seulement. Deuxièmement, le fait qu’aujourd’hui on observe une collaboration plus étroite entre les différents médias alternatifs du monde, constitue également une réponse efficace à la mobilisation hostile des élites politico-médiatiques de l’Occident. Enfin, et cela est probablement tout aussi important, le fait que les médias alternatifs internationaux continuent de monter en puissance – tout en ayant des budgets incomparablement plus réduits que ceux du mainstream – en parallèle de la perte de confiance massive vis-à-vis de ce dernier, y compris dans les pays d’appartenance de ce mainstream, constitue la meilleure preuve qui soit que les partisans de la multipolarité prendront le dessus sur les nostalgiques d’une unipolarité et d’un libéralisme révolus.

 Mikhail Gamandiy-Egorov

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