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Zone industrielle russe en Egypte: percée économique en vue

Caire

La Russie et l’Égypte renforcent leurs relations privilégiées, aussi bien sur le plan économique que militaire ou diplomatique. Le prochain lancement d’une zone industrielle russe en Égypte n’est que la dernière manifestation de ce partenariat stratégique. Diplomatie, tourisme, Défense, commerce… revue de détail d’une relation d’envergure globale.

L’Égypte est le premier partenaire économico-commercial de la Russie en Afrique et dans le monde arabe. Une relation privilégiée qui ne cesse de se renforcer, comme le démontre le lancement annoncé d’une zone industrielle russe en terre égyptienne.

Ce projet de grande envergure sera discuté à partir de ce 23 mai, lors de la 11e réunion de la Commission mixte russo-égyptienne pour la coopération commerciale, économique et scientifico-technique. Outre cet événement central, cette commission intergouvernementale discutera de plusieurs grands projets qui devraient voir le jour prochainement: la construction de la première centrale nucléaire en Égypte par l’Agence fédérale russe de l’énergie atomique (Rosatom), la livraison de 1300 wagons destinés au transport de passagers aux chemins de fer égyptiens, la modernisation de l’usine métallurgique de Helwan, sans oublier la reconstruction et la modernisation des installations destinées au stockage et au traitement du blé. Car faut-il le rappeler, la Russie est désormais le premier exportateur mondial de blé, devant les USA, tandis que l’Égypte représente le deuxième marché pour les exportateurs russes, derrière la Turquie.

Selon les prévisions du ministère russe de l’Industrie et du Commerce, d’ici 2026, les entreprises russes résidentes dans la zone industrielle spécialement créée en Égypte devraient produire des marchandises et services pour l’équivalent de 3,6 milliards de dollars annuels. La zone industrielle se trouvera sur un site de deux mille hectares à l’est de la zone économique spéciale de Port-Saïd. La totalité des investissements dans ce projet devra s’élever à 7 milliards de dollars et 35.000 nouveaux emplois devraient y être créés.

Autre sujet de satisfaction pour les relations russo-égyptienne: le tourisme russe au pays des pharaons. La Russie a en effet récemment réautorisé les vols directs russes à destination d’Égypte, qui avait été gelés après l’attentat contre l’avion transportant des touristes russes au-dessus du Sinaï, le 31 octobre 2015. Depuis, et sous stricte supervision des spécialistes russes, l’Égypte a considérablement amélioré ses mesures de sécurité, notamment dans ses aéroports, permettant aux deux pays d’ouvrir une nouvelle page dans le secteur touristique. Pour mémoire, avant la tragédie en question, les touristes russes étaient de loin les plus nombreux et les plus dépensiers en Égypte, bien devant les Britanniques, les Allemands ou encore les ressortissants du Golfe.

Mais là aussi, ce n’est pas tout. Sous l’impulsion des Présidents Poutine et al-Sissi, les deux nations augmentent considérablement leur coopération dans la sphère militaro-technique, sécuritaire et dans la lutte antiterroriste: les contrats sur la livraison d’armements russes signés en 2014-2015, dont le montant total dépasse les 3,5 milliards de dollars, le confirment pleinement. Ces livraisons comprennent notamment le système antimissile S-300VM («Antey-2500»), 50 chasseurs MiG-29M/M2, 46 hélicoptères d’attaque Ka-52K, vedette du projet 1242.1 équipée d’un système de missile antinavire «Moskit», entre autres.

Sur le plan politico-diplomatique, l’Égypte, le pays le plus peuplé du monde arabe, première puissance militaire arabe et africaine, majoritairement musulman sunnite, n’a pas caché son soutien à l’opération antiterroriste russe en Syrie. Elle a ainsi résisté aux pressions saoudiennes, un autre fort important partenaire économico-commercial de l’Égypte, afin de tenter d’infléchir l’approche égyptienne sur le conflit syrien en sa faveur.
Cette approche responsable du gouvernement égyptien a également largement contribué au renforcement des relations entre la Russie et l’Égypte, y compris au niveau des ministères de la Défense et des Services de sécurité. Une chose est certaine: Moscou et Le Caire continueront à interagir dans le cadre de leurs intérêts respectifs, aussi bien géopolitiques, géoéconomiques que sécuritaires.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201805231036496267-zone-industrielle-russie-egypte/

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Quand la présence russe en Centrafrique agace la France

 

Bangui

Le rapprochement Bangui-Moscou, suscite inquiétude et agitation dans les milieux politiques, diplomatiques et médiatiques occidentaux. La Centrafrique, longtemps considérée comme partie intégrante du «pré-carré» de l’Élysée, semble de plus en plus en route pour prendre en main son destin sans demander l’avis de l’ancienne métropole coloniale.

 

Depuis déjà quelques semaines, les principaux médias mainstream, dont France 24, Le Monde, RFI et d’autres ne cessent de commenter le rapprocher russo-centrafricain au grand dam des Occidentaux, notamment de Paris:

Cette inquiétude est d’autant plus justifiée que l’opinion publique centrafricaine donne largement raison aux instructeurs militaires russes, venus former les Forces armées centrafricaines (FACA) au maniement des armes livrées par la Russie. Dans un Vox Pop réalisé par la chaîne TV panafricaine Afrique Média TV dans la capitale de la RCA, les langues des citoyens centrafricains se délient:

Cerise sur la gâteau, cette opinion clairement anti-française et largement favorable à la Russie est loin de se limiter à la Centrafrique. Il suffit de poser ces mêmes questions n’importe où en Afrique, notamment francophone, pour s’en rendre compte. De Bamako à Abidjan, de Douala à Conakry, de Brazzaville à Niamey — partout, cette opinion est partagée.
Faut-il en être surpris? Aucunement. Violation constante de la souveraineté des pays africains, pillage des ressources naturelles, soupçons de viols sur mineurs — notamment en Centrafrique par les soldats français de l’opération Sangaris et la liste est loin, bien loin, d’être exhaustive.

Et la Russie? Son absence d’histoire coloniale en Afrique, son ferme soutien durant la Guerre froide aux mouvements africains de libération nationale, la formation de milliers de cadres africains dans le cadre de l’assistance et les succès récents de la politique extérieure russe — tout cela facilite largement le renforcement des relations russo-africaines, à l’heure du plein retour de la Russie postsoviétique en terre africaine.

Maintenant, parlons perspectives. Face à cette «révolte» politico-diplomatico-médiatique française face à «l’insolence» russe de venir mettre à mal la politique néocoloniale française et plus généralement occidentale, que va entreprendre la France? Il est assez clair que les forces spéciales françaises, tellement «efficaces» lorsqu’il est question de violer la souveraineté d’un pays africain, comme ce fut le cas en Côte d’Ivoire, n’oseront certainement pas attaquer directement des forces plus professionnelles qu’elles. Peut-on pour autant dire que leur capacité de nuisance est entièrement mise à zéro? Certainement pas. Les élites françaises, à l’instar des autres élites occidentales, vont certainement miser sur le financement de rébellions — existantes et nouvelles pour maintenir le chaos et entraver tout développement durable.

Comment réagir face à ces provocations? Le plus important selon moi, c’est de ne pas reculer. La Syrie, aujourd’hui un cas d’école, en représente certainement la preuve éclatante. Pour vaincre les forces néocolonialistes nuisibles, il faut rester debout, même lorsque l’ennemi pense qu’il est arrivé à son but. Évidemment, des alliés, et plus encore des alliés fiables, sont aussi un élément très important. Aujourd’hui, la République centrafricaine s’en rend compte chaque jour un peu plus. Les néocolonialistes, eux, peuvent continuer à fomenter de sales coups en prenant des calmants pour réduire leur stress, le fait est que face à des gens déterminés et surtout qui comprennent désormais les défis auxquels leurs nations font face, ils ne sauront vaincre. Le cadre multipolaire du respect de la souveraineté et de la dignité de chaque peuple s’impose. Et avec lui les nouvelles réalités. Dernier point: la rue africaine est aujourd’hui géopolitiquement clairement plus instruite que la rue européenne. Et cela aussi, c’est une garantie de la victoire à venir.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201805071036260444-russie-centrafrique-france/

Mikhail Gamandiy-Egorov

S-300 en Syrie, bientôt une épine XXL dans le pied de l’Occident

S-300 Syrie

La volonté des États-Unis, de la France et de l’Angleterre de maintenir leur prétendu leadership mondial s’est heurtée au succès de la DCA syrienne face à leurs frappes. Une remise en cause des équilibres stratégiques au Moyen-Orient qui se verra confirmée par la livraison de systèmes russes plus modernes, les S-300, à Damas.

C’est un coup dur pour l’Occident politique. Lui qui pensait pouvoir imposer en toute impunité sa volonté de gendarme du monde autoproclamé à une nation souveraine, en a été pour ses frais: l’échec relatif des frappes du trio occidental USA-Grande-Bretagne-France sur la Syrie, n’aura fait que renforcer les partisans de la multipolarité.

Ce n’est pas en arborant ses muscles mous, y compris médiatiques, que l’Occident fera reculer les opposants à un ordre unipolaire complètement dépassé. Au contraire, face à des pays qui s’estiment toujours être au-dessus du droit international, les tenants de la multipolarité appliquent le célèbre dicton: aux grands maux, les grands remèdes.

Certes, lesdites frappes n’ont fait que ridiculiser une fois de plus leurs auteurs, sachant que plus de 2/3 des missiles «intelligents» tellement vantés par Trump ont été abattus par les systèmes de DCA soviétiques S-200 âgés de plus de 30 ans, même s’ils ont été sérieusement modernisés par les spécialistes russes présents en Syrie. D’autres missiles occidentaux, selon plusieurs sources, ont pu être déviés de leurs cibles par des spécialistes de la guerre électronique.

Face à cette agressivité des élites occidentales, il est évidemment question de renforcer les capacités défensives de la République arabe: désormais, Moscou envisage de livrer les systèmes S-300 aux Forces armées syriennes. Si jusqu’ici, cette option n’était mentionnée comme une simple éventualité, selon plusieurs sources militaro-diplomatiques la Russie semble maintenant être prête à passer à l’acte. Ces armements défensifs devraient être transférés à Damas dans le cadre de l’assistance militaire et technique entre les deux pays, qui inclura bien sûr la formation des spécialistes syriens par des instructeurs militaires russes.

À savoir pourquoi la Russie ferait don d’un tel équipement sophistiqué à la Syrie, la réponse tient en trois points simples: Damas est un allié de Moscou; la Russie a des intérêts légitimes à défendre en Syrie. Et, last but not least, la Russie peut se le permettre.
La Russie, par la voix du ministère des Affaires étrangères, a d’ailleurs rappelé que rien au niveau du droit international ne l’empêche de livrer des armes défensives à la Syrie.

Le S-300 est effectivement une arme défensive et elle représente à elle seule une évolution stratégique patente. Lors des récents succès de la DCA syrienne, que ce soit lors des frappes tripartites occidentales ou lors des attaques aériennes israéliennes, on pouvait déjà parler d’une réalité nouvelle en matière d’équilibres militaires. Avec la mise à disposition fort probable de S-300 à l’armée syrienne, le rapport de force va être d’autant plus modifié en faveur de Damas. Et cela, Washington, Tel-Aviv, Londres et Paris devront bien en tenir compte lorsqu’ils auront à nouveau envie d’organiser une vulgaire mascarade, comme ces frappes décidées sans aucun élément de preuve et sans même attendre le début d’une quelconque enquête.

L’essentiel est que l’Occident a bel et bien perdu sa sale guerre en Syrie. Et malgré tous les grands sacrifices qu’a réalisés ce pays pour rester debout, il en sortira gagnant. Et avec lui, ses alliés, dont la Russie. Les autres peuples ont quant à eux pu observer les événements et en tirer les conclusions qui s’imposent.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201804241036077740-dca-syrie-systemes-russes/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Pourquoi la France finira-t-elle par perdre l’Afrique?

Maroc

Malgré toutes les tentatives de maintenir ce que l’Élysée continue de considérer comme son «pré carré», les événements en cours confirment l’hypothèse d’une perte d’influence de l’Occident sur le continent africain.

Au moment où la Chine est en train de devenir la partenaire privilégiée d’un grand nombre de pays d’Afrique et que la Russie confirme son retour sur le continent, l’Occident politique ne cache pas sa vive inquiétude. Et il y a de quoi. Car au-delà de la puissance sino-russe, ce dont il faut tenir compte en premier lieu, c’est de la volonté des Africains eux-mêmes. Il s’agit de leurs pays respectifs, de leur continent, de leur avenir.

Evidemment, dans cette défaite qui se profile pour les intérêts occidentaux en Afrique, Paris sera certainement la grande perdante. Certes, les USA et la Grande-Bretagne sont dans le viseur des panafricanistes et des patriotes africains. Mais c’est la France qui est en première ligne, pour une raison simple: c’est elle qui dispose du plus grand nombre de bases militaires étrangères et extracontinentales en Afrique. Et bien que justifiant sa présence par la «protection» de la sécurité et de la stabilité des États concernés, il est aujourd’hui clair qu’il n’en est rien. La seule raison réelle de cette présence réside dans la nécessité de contrôler les ressources naturelles africaines, dont la France a tellement besoin pour maintenir sa relative puissance économique.

Le franc CFA est une autre pierre d’achoppement entre Paris et le continent africain, la majorité de panafricanistes considérant cette monnaie comme l’une des principales émanations du néocolonialisme en Afrique. Il y a bien sûr aussi le non-respect de la souveraineté africaine et l’ingérence non voilée dans les affaires intérieures de plusieurs pays, comme en Côte d’Ivoire, en Libye, au Mali, en Centrafrique, au Cameroun et bien d’autres. D’ailleurs, les récents événements en Syrie ont une fois de plus montré aux yeux de l’opinion internationale, y compris africaine, ce que représentait la politique internationale «française».

Et ce n’est pas tout. Lorsqu’on se trouve par exemple au Maroc ou en Algérie, et que l’on y observe les nombreux migrants d’Afrique subsaharienne cherchant à parvenir dans «l’eldorado» européen, on se rend compte d’une réalité indéniable: Sénégalais, Maliens, Ivoiriens, Guinéens et d’autres représentants de pays appartenant encore au fameux système de la Françafrique représentent probablement pas moins de 90% de ces migrants.

On n’y croise pas d’Angolais, de Namibiens ou d’Équato-Guinéens. Pourquoi, me direz-vous? Car il y a une différence majeure entre les pays en question: ces derniers assument leur souveraineté et leurs dirigeants ont pu faire profiter leurs populations des dividendes des ressources naturelles nationales. Les premiers, pourtant eux aussi très riches en termes de matières premières, voient la France, ou plutôt l’élite atlantiste de l’Élysée et ses affidés, les piller sans vergogne, ce qui pousse leurs citoyens, notamment la jeunesse, à aller chercher une vie meilleure ailleurs, y compris au péril de leur vie.

Et il y avait aussi la Jamahiriya libyenne de Kadhafi, qui pouvait se permettre d’accueillir un bon nombre de ces migrants et de leur offrir une vie décente sur le continent africain, sans avoir à traverser la Méditerranée. Mais cela, c’était avant. Avant que des personnages tels que Sarkozy ou Bernard Henri-Levy ne transforment ce pays tantôt prospère en une nouvelle zone de chaos et d’extrémisme.

Évidemment certains «bien-pensants», en lisant ces lignes, crieront haut et fort: «et les leaders africains alors?» N’est-ce pas à eux que d’assurer une vie digne à leurs concitoyens? Oui, encore faut-il leur en donner les moyens. Et c’est là justement que l’on en revient à la question des bases militaires. Il suffit qu’un leader patriote africain essaie de faire bouger les lignes, ou en d’autres termes de diversifier ses partenariats avec le monde extérieur, pour qu’il fasse certainement face à une rébellion armée orchestrée par l’Occident, à une tentative de putsch —suivez mon regard…-, et si les deux premières «options» ont échoué, à une intervention des forces spéciales françaises, dans la pure tradition néocoloniale. Clin d’œil au passage à la force Licorne en Côte d’Ivoire.

Mais le monde a déjà beaucoup changé, continue de changer et continuera de changer. Dans cette nouvelle optique, et vu de ce que pense la grande majorité de la rue africaine, de Bamako à Bangui et d’Abidjan à Douala, les forces néocoloniales finiront par perdre pied. Pas de doute là-dessus. Les puissances partisanes du monde multipolaire, elles, continueront de coopérer avec l’Afrique dans le strict respect de sa souveraineté, de ses traditions et de ses valeurs. C’est aux Africains que de choisir leurs partenaires. Pas à Washington, Paris ou Londres. Cette normalité deviendra réalité dans un avenir proche.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201804201036034935-france-afrique-perdre/

Mikhail Gamandiy-Egorov

L’Occident aboie, la Syrie passe

Carte du Proche-Orient

Plus l’Occident sent la situation au Moyen-Orient lui échapper, plus il se montre menaçant et vindicatif. Alors que Damas nettoie les dernières poches de djihadistes les unes après les autres, les États-Unis menacent la Syrie de nouvelles frappes. Elles ne pourront néanmoins inverser l’issue de la guerre et la défaite des affidés de l’Occident.

Alors que l’Occident, USA en tête, menace la Syrie de nouvelles frappes, son comportement ne fait que confirmer qu’il a perdu sa mise dans ce pays proche-oriental. Et dans cette défaite qui se confirme de jour en jour, ce ne sont pas uniquement les États-Unis qui sortent perdants, mais tous ceux qui les ont suivis dans cette aventure criminelle et guerrière visant à déstabiliser un pays souverain.

La Turquie fait figure d’exception, après avoir retrouvé ses esprits et s’être largement rapprochée de la Russie et de l’Iran, aussi bien dans le cadre de ses relations bilatérales avec ces pays que dans le cadre d’initiatives conjointes, comme celles d’Astana. Cette même Astana dans laquelle les décisions coordonnées par la Syrie et le trio Russie-Turquie-Iran ont apporté plus de choses positives et concrètes à la population syrienne que les multiples «sommets» organisés par les Washington, Londres, Paris ou Riyad.

Parmi les indéniables perdants, on retrouve également la Grande-Bretagne, la France, l’Arabie saoudite ou encore Israël —tous ceux qui ont misé sur la chute de Bachar al-Assad et qui pour y parvenir, se sont appuyés sur des groupes terroristes. Un scénario qui rappelle étrangement celui de la Libye, à une différence près. En Syrie, les forces atlantistes et affiliées n’ont pas pu, malgré leur volonté manifeste, intervenir de façon directe pour faire tomber les autorités légitimes syriennes. La Russie leur barrait la route.

Parlons justement du rôle de la Russie dans la résolution du conflit syrien et dans la victoire contre les groupes terroristes. À ce sujet, un petit rappel s’impose. En 2015 (avant l’intervention de la Russie), Raymond T. Odierno, alors chef d’état-major des forces armées américaines, avait déclaré dans une interview à la chaîne CBS que «la coalition sous commandement étasunien pourrait avoir besoin de 10 ans pour pouvoir vaincre Daech». Pour rappel, à cette période, ladite «coalition» de quelques dizaines de pays affiliés aux États-Unis prétendait déjà lutter contre la secte extrémiste depuis un an.

Puis intervint la Russie, fin septembre 2015, à la demande du gouvernement légitime de Syrie. Et grâce à cette intervention antiterroriste russe, avec le soutien de l’Iran et du Hezbollah libanais, la Syrie a réussi à anéantir Daech à plus de 95%, le tout en deux ans. Des barbares qui se comptaient par ailleurs en dizaines de milliers. Tout cela pour dire que les menaces verbales proférées par l’establishment occidental, du Pentagone à la CIA, de la Maison-Blanche à l’Élysée ou dans l’enceinte de l’Onu, ne signifient au final qu’une seule chose: ils ont perdu et cela fait mal. Très mal.

À croire que pour les élites occidentales, qu’elles soient politiques, financières ou médiatiques, il est difficile de se débarrasser d’une maladie chronique et génétique: l’esprit colonial. Le massacre de millions de personnes aux quatre coins du monde, la colonisation, la traite esclavagiste —tout cela, qu’on le veuille ou non, découle de la politique occidentale au cours des siècles à l’encontre des peuples eurasiens, africains, latino-américains.

Et malgré les tentatives de certains faux bien-pensants de présenter certains pays comme faisant partie du fameux «Axe du mal» pour les opposer à celui du «bien», en clair, l’Occident, le fait est, statistiques à l’appui, que les «champions» absolus en crimes de masse partout dans le monde sont bel et bien les Occidentaux, du moins leurs décideurs. Et ce aussi bien avant le XXe siècle, qu’au cours de celui-ci et jusqu’à ce jour.

Et pour cette minorité, trop habituée à dominer les affaires planétaires, il est évidemment fort difficile de devoir se faire, ou plutôt se refaire, à la nouvelle réalité multipolaire du monde. Se refaire, car il y avait déjà eu un contrepoids à leur hégémonie: l’URSS. Avec sa chute, les élites occidentales ont pensé qu’elles jouiraient pour toujours d’une certaine impunité. Mais il n’en fut rien. La Russie s’est relevée. Largement relevée. Et avec elle se lèvent toutes les autres nations non-occidentales, qui refusent et refuseront fermement le diktat unipolaire en ce XXIe siècle.

La Ghouta orientale est la nouvelle grande victoire de la Syrie et de ses alliés, au même titre qu’Alep, Palmyre, Homs ou Deir ez-Zor. Car elle représentait le dernier fief terroriste soutenu par l’amicale occidentalo-wahhabito-sioniste aux portes de Damas, ville sainte et millénaire. Une amicale qui a beau pester et menacer, les faits sont têtus: elle a perdu son leadership. La Syrie sera victorieuse. La Russie aussi.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201804101035885389-syrie-occident/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Moscou et Ankara se rapprochent, Washington et Bruxelles enragent

Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan

À l’occasion d’une nouvelle visite de Vladimir Poutine en Turquie, Moscou et Ankara renforcent plus que jamais leur partenariat économique, énergétique, militaire, géopolitique et culturel. Un rapprochement qui ne fait pas les affaires de l’Occident, qui observe avec colère et impuissance cette évolution.

La récente visite de Vladimir Poutine en Turquie est d’autant plus symbolique que c’est sa première visite officielle à l’étranger après sa réélection haut la main, il y a un mois. Elle s’ajoute aux innombrables rencontres Poutine-Erdogan qui ont eu lieu depuis ces deux dernières années —après une normalisation qui s’est traduite aussi bien dans leurs relations bilatérales que multilatérales, notamment dans le cadre de sommets internationaux.

Depuis cette normalisation, les gouvernements des deux pays ont fait un bien grand, sinon un énorme saut en avant. Ils sont devenus les acteurs incontournables —avec l’Iran- de la résolution de la crise en Syrie, laissant par la même occasion les Occidentaux et leurs amis du golfe persique pratiquement hors-jeu —au grand dam de ces derniers. Cette nouvelle réalité eurasienne et proche-orientale s’inscrit d’ailleurs parfaitement dans le contexte multipolaire. Les pays extérieurs et surtout non invités dans telle ou telle région du monde feraient bien mieux de rester chez eux et de se limiter à observer… Clin d’œil en direction de Washington, Londres et Paris.

Il sera bien évidemment question de la Syrie lors de cette énième rencontre Poutine-Erdogan avant que le duo ne devienne un trio, puisque les deux chefs d’État seront rejoints par le Président iranien Hassan Rohani. Alors que les tensions entre Ankara et ses «partenaires» de l’Otan, dont les USA, la Grande-Bretagne et la France, n’ont jamais été aussi vives, il est certain que Moscou, Ankara et Téhéran comptent poursuivre leurs efforts conjoints en vue de mettre un terme à la guerre en Syrie. Un conflit de toute manière remporté dignement par le gouvernement syrien, là encore au grand dam des instigateurs habituels du chaos international. À ce titre, les récents événements dans la Ghouta orientale —libérée à plus de 90% des terroristes par l’opération encore en cours de l’armée gouvernementale syrienne, ne font que le confirmer. D’autre part, la baisse évidente de l’animosité entre Damas et Ankara est indéniablement un succès supplémentaire de la Russie.

Mais l’interaction russo-turque ne s’arrête pas là. Poutine et Erdogan ont ainsi assisté à la cérémonie de lancement de la construction de la centrale nucléaire d’Akkuyu, l’un des projets stratégiques entre les deux pays, dans la province turque de Mersin. Cette centrale, qui sera construite et mise en exploitation par Rosatom, l’Agence fédérale russe de l’énergie atomique, assurera 10% des besoins en électricité de la Turquie. Le tout sans oublier bien évidemment le projet du gazoduc Turkish Stream, dont les travaux avancent plus que bien, un projet qui déplaît autant à Washington, Bruxelles qu’à Kiev. Ce dernier perdra en conséquence de larges sommes dues au transit gazier.

Quant aux deux premiers, ils devront mettre la main à la proche s’ils souhaitent continuer à maintenir à flot le régime de Kiev issu du coup d’État ukrainien de février 2014. Eh oui —pour les ambitions géopolitiques, il faut payer.

Et ce n’est pas tout. Le Président turc Erdogan a une fois de plus confirmé l’achat par la Turquie des systèmes russes de défense antiaérienne et antimissile S-400 Triumph. Fait inacceptable aussi bien pour Washington que Bruxelles, qui ont tout fait pour tenter de convaincre Ankara de renoncer à cet achat, connaissant parfaitement ce que peut apporter une coopération militaro-technique russo-turque à terme. Poutine, de son côté, a annoncé lors de cette visite que la Russie allait accélérer les livraisons de ces systèmes, ajoutant que cette décision avait été prise «à la demande de nos partenaires et amis turcs».

Dans tout cela, une chose est certaine: la Turquie d’Erdogan, malgré d’évidentes erreurs dans le passé, notamment concernant la Syrie, a su analyser les faits et prendre des mesures efficaces, dans le cadre de ses intérêts nationaux souverains. Des mesures qui ont en outre permis de réparer certaines de ces erreurs. En effet, la Turquie est et demeure certainement le seul pays membre de l’Otan à disposer d’une politique indépendante et souveraine, à l’énorme différence des Berlin, Paris, etc. Londres? N’en parlons même pas…

Alors que des millions de touristes russes reviennent en Turquie —de loin les favoris des hôteliers locaux- et que les investissements fleurissent dans divers domaines —infrastructures, textile, produits agroalimentaires, services bancaires et financiers, projets éducatifs…- l’heure est à l’optimisme quant au futur des relations turco-russes. N’en déplaise à Washington et Bruxelles: Moscou et Ankara n’ont guère besoin de l’avis des tiers pour avancer. À bon entendeur…

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201804041035800235-russie-turquie-usa/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Non, les sanctions occidentales ne casseront pas la Russie

Sanctions

Malgré la pression politico-économique exercée par l’Occident sur la Russie, cette dernière a clairement montré qu’elle s’est non seulement adaptée à cette réalité, mais qu’en plus elle en tire un profit de plus en plus évident. Retour sur la place de la Russie dans le monde à l’approche des élections présidentielles et de la Coupe du monde.

Alors que le quatrième anniversaire de la réunification de la Crimée avec la Russie approche et que les relations Russie-Occident ne cessent de se détériorer- comme le confirment d’ailleurs les nouvelles tensions entre Londres et Moscou- il serait peut-être temps de faire un bilan de ces quatre années, sur beaucoup de points des années révolutionnaires.

D’ailleurs les nouvelles accusations émanant de la perfide Albion contre la Russie —sans avoir jusqu’à maintenant présenté ne serait-ce qu’un minimum de preuves- confirment la volonté —et l’impuissance- du leadership occidental, notamment anglo-saxon, à faire plier la Russie, ne serait-ce que sur un dossier.

Il est d’ailleurs étonnant que cette crise survienne à l’approche de deux événements importants pour la Russie: les élections présidentielles, qui auront lieu dans quelques jours et dans lesquelles Vladimir Poutine est clairement le grand favori. Mais aussi la Coupe du Monde de football qui, malgré toutes les tentatives des forces russophobes de la lui arracher, aura bien lieu avec l’arrivée de millions de visiteurs étrangers pour ce grand événement sportif planétaire.

Par ailleurs, en Syrie, le «regime change» poussé par les gouvernements et les médias occidentaux ne s’est pas réalisé. Pire encore, aujourd’hui les «intéressés» comprennent que leurs milliards d’investissements se sont évaporés faute d’obtenir le résultat souhaité.

En parallèle, la Russie continue de renforcer ses positions sur l’arène internationale, comme en témoigne le renforcement des relations politiques, économico-commerciales et militaires avec bon nombre de pays n’appartenant pas au petit monde occidental, qui ne cesse de s’affirmer chaque jour un peu plus.

Il faut dire que sur le plan économique, la Russie a de plus en plus d’arguments à faire valoir auprès de ses partenaires: le pays connaît une croissance continue et certains secteurs bénéficient d’un développement sans précédent. Nous pensons notamment à celui de l’agriculture, alors que l’UE continue de calculer les dégâts des contre-sanctions russes visant les produits occidentaux.

Des pertes qui se chiffrent en dizaines de milliards d’euros de pertes financières et en centaines de milliers d’emplois perdus. Pour mémoire, selon les données publiées en 2017 par l’Institut autrichien pour la recherche économique (WIFO), les pays de l’UE ont comptabilisé pour la seule année 2015 (une année après le lancement des sanctions occidentales contre la Russie et la riposte russe qui s’en est suivie) des pertes de revenus de l’ordre de 17,6 milliards d’euros. Le même institut comptabilise 400.000 emplois perdus, toujours pour la seule année 2015, à travers l’Europe bruxelloise en raison des contre-sanctions russes.

Au-delà d’avoir fermé, et probablement pour bien longtemps, l’accès au vaste marché russe à de nombreux produits agroalimentaires occidentaux —dont européens, la Russie renforce ses positions de puissance exportatrice. En effet, aux dernières nouvelles la Russie est tout simplement devenue le premier exportateur mondial de céréales, devançant par la même occasion les USA: elle en a produit 134,5 millions de tonnes en 2017 contre 64,5 millions de tonnes en 2000. La Russie confirme à travers cet exemple qu’elle est loin d’être un pays exportant uniquement ses hydrocarbures et son armement.

Ajoutez à cela les millions d’étudiants étrangers qui continuent de venir se former chaque année en Russie, l’export du savoir-faire russe dans le domaine informatique et des nouvelles technologies, sans oublier les compétences de la Russie dans l’aéronautique et le domaine spatial… cela fait beaucoup pour un pays que certains hommes politiques occidentaux osaient qualifier de «puissance régionale». Et avec les nouvelles opportunités qui s’ouvrent à la Russie en Asie, Afrique et Amérique latine —parties du monde à haut taux de croissance et de consommation et où la Russie est généralement plus que la bienvenue, l’heure est clairement à l’optimisme.

Quant aux provocations occidentales visant la Russie, elles se poursuivront —il faut y être prêt. La Russie est prête.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201803161035520469-russie-occident-sanctions/

Mikhail Gamandiy-Egorov