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Les faux projets US dans l’ex-URSS

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Alors que l’intégration eurasiatique se renforce de jour en jour, y compris parmi les Etats ex-soviétiques, Washington semble vouloir réactiver des projets n’ayant aucun intérêt stratégique pour les pays concernés, mais qui rentrent parfaitement dans les projets atlantistes de bloquer l’effervescence eurasienne.

Le 12 décembre prochain, l’Ukraine accueillera une réunion des chefs de gouvernement des Etats-membres de l’Organisation pour la démocratie et le développement, dite GUAM – regroupant quatre Etats d’ex-URSS, à savoir la Géorgie, l’Ukraine, l’Azerbaïdjan et la Moldavie. L’Ouzbékistan faisait également précédemment partie de ladite organisation, avant de prendre la décision de la quitter en 2005. L’organisme dispose d’un soutien politique et financier des Etats-Unis, dont l’establishment (notamment en son temps Hillary Clinton) souhaite faire tout le possible en vue de stopper toute «renaissance de l’URSS», notamment sous la forme actuelle de l’Union économique eurasiatique qui ne cesse de monter en puissance.

Pour rappel, l’Union économique eurasiatique est composée de la Russie, de l’Arménie, du Kazakhstan, de la Biélorussie et du Kirghizistan. Le Tadjikistan devant devenir membre de l’union prochainement. Et ayant en outre des zones de libre-échange avec le Vietnam (depuis 2015), plus récemment avec la Serbie et le Singapour (octobre 2019), tout en menant des négociations avec la Chine, l’Iran, Cuba, la Mongolie, l’Egypte, l’Inde et la Thaïlande pour l’établissement de tels accords.

Pour revenir maintenant au GUAM, dès la création de l’organisation, dont le siège se trouve dans la capitale ukrainienne Kiev, les orientations pro-occidentales étaient bien visibles: renforcement des relations avec les USA, l’UE et l’Otan, diminution de la dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie. La présence régulière d’envoyés étasuniens aux réunions de cette structure le confirmait d’ailleurs pleinement. Mais depuis le retrait ouzbek, il était devenu clair que l’enthousiasme de départ des instigateurs de sa création partait clairement à la baisse.

La prochaine réunion de ce mois sera-t-elle donc une simple réunion dans le but de maintenir à flot le cadre bureaucratique de l’organisation? Notamment à travers la discussion annoncée de plusieurs thèmes «d’intérêt commun», comme les questions douanières, logistiques, opportunités d’affaires, ainsi que l’élargissement de la coopération dans les domaines économique, scientifique, énergétique, des télécommunications et autres. Ou serait-ce une tentative de raviver une structure dans laquelle l’Ukraine souhaite prendre un rôle de leader, en coordination avec Washington, et dans une moindre mesure Bruxelles?

Il est évident qu’à travers ce genre de rencontre, parrainée par la diplomatie US, l’Ukraine de Zelensky cherche à montrer que sa voix compte et qu’elle ne prévoit pas de reculer. Surtout à un moment où des divergences nettes apparaissent entre Kiev et plusieurs pays de l’UE, en premier lieu l’Allemagne, qui en observant les attaques ukraino-étasuniennes qui visent les intérêts énergétiques (et économiques) allemands, notamment dans le cadre du gazoduc North Stream 2, n’a pas manqué de rappeler à l’ordre le pouvoir ukrainien, en allant même jusqu’à le menacer de réduction du soutien économique. Un soutien économique dont l’Ukraine a énormément, oui énormément, besoin. Un message que Kiev ne peut ignorer – surtout lorsque c’est la première économie de l’UE qui le dit. Evidemment Berlin ne fait pas cela par amour pour la Russie, mais bel et bien strictement dans le cadre de la défense de ses intérêts stratégiques, car faut-il le rappeler les Allemands savent bien compter les coûts et profits.

Quant à Washington, l’intérêt pour le GUAM n’est principalement autre que de tenter à montrer qu’il existe une alternative à l’intégration eurasienne promue par la Russie et ses alliés. Et de rappeler que leurs pions dans l’ex-URSS sont toujours actifs, des pions qu’ils comptent bien utiliser pour mettre un maximum de bâtons dans les roues aux projets qui n’arrangent guère les intérêts washingtoniens, que ce soit l’Union économique eurasiatique (UEEA), l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) ou encore l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC).

Mais concrètement parlant, l’Ukraine dans sa version actuelle peut-elle prétendre à un quelconque «leadership», même étant adoubée par Washington? Rien n’est moins sûr. A commencer par le fait qu’au sein même du GUAM, on est loin, très loin de l’unité. Si en effet avec la Géorgie, l’Ukraine peut prétendre à une sorte d’axe anti-russe, et ce depuis les fameuses révolutions de couleur dans ces deux pays orchestrées, soutenues et suivies par les USA, dans le cas de la Moldavie et de l’Azerbaïdjan, on est assez loin de la rhétorique russophobe.

Dans le cas moldave, il faudrait rappeler qu’un président ouvertement pro-russe et surtout partisan de l’intégration avec l’Union économique eurasiatique, est au pouvoir depuis 2016. Il est vrai que les éléments pro-occidentaux de son pays lui mettent à chaque bonne et moins bonne occasion des bâtons dans les roues, mais Igor Dodon ne compte pas lui aussi reculer. Surtout profitant d’un soutien important de la population moldave et des cercles d’affaires – pour nombreux déçus par les années pro-occidentales à Chisinau. Quant au cas de l’Azerbaïdjan, il est à noter que ce pays a su, et ce depuis l’éclatement de l’URSS, à maintenir des relations fortes avec Moscou sur le plan politique, économique, culturel et sécuritaire, tout en développant ses relations aussi bien avec les pays occidentaux, mais surtout la Turquie, ou encore l’Iran. Plus que cela, nombre d’experts azéris ne cessent d’émettre des doutes sur la viabilité du GUAM et surtout sur la nécessité pour leur pays d’y maintenir sa participation…

Kiev peut donc tenter à prétendre au leadership, avec la «bénédiction» des USA, dans une structure que ces derniers souhaiteraient certainement voir comme une alternative fiable aux projets eurasiens en cours et qui déplaisent fortement à Washington. Encore faut-il, même en ayant un parrain puissant, avoir les moyens de ses ambitions. Et en ce sens, l’Ukraine version actuelle, est tout sauf une mise sérieuse.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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L’Iran: une priorité en matière de déstabilisation pour les USA

Après avoir raté les missions de faire tomber les gouvernements légitimes de Syrie et du Venezuela, et d’avoir pour le moment réussi à contribuer au coup d’Etat en Bolivie, c’est au tour de l’autre «os dans la gorge» de l’establishment étasunien de ressentir la tentative de déstabilisation – en l’occurrence l’Iran. Le tout avec l’assistance d’Israël et de l’Arabie saoudite.

D’une certaine façon ce n’est aucunement une première, puisque au-delà des pressions économiques et géopolitiques, les événements observés récemment en Iran ne représentent de loin pas la première tentative de contribuer à la déstabilisation intérieure du pays. Et cela a une explication assez simple : il est très peu probable qu’une intervention militaire extérieure soit possible sur le territoire iranien, et ce malgré les nombreux appels d’Israël à porter des frappes aériennes ciblées contre des installations en Iran liées notamment à son programme nucléaire. Le fait est que Washington, comme Tel-Aviv ou encore Riyad, savent parfaitement qu’un tel scénario leur coûterait très cher et sans aucune garantie de succès.

Reste donc l’espoir d’une révolution de l’intérieur, orchestrée et assistée de l’extérieur. Et à cette fin, les adversaires de Téhéran ne lésinent pas sur les moyens. Il faut dire aussi que les problèmes auxquels est confronté le pays ne manquent pas – là aussi en lien direct avec la pression exercée de l’extérieur. Tout d’abord les sanctions étasuniennes visant l’Iran, en premier lieu les exportations pétrolières iraniennes, qui frappent fortement l’économie du pays, sachant que la vente du pétrole représente un domaine clé pour le budget de l’Etat perse.

Et malgré les tentatives iraniennes de contourner ces sanctions, le fait est que Washington fait absolument tout pour bloquer toute transaction liée au pétrole en provenance de l’Iran, et ce quelle que soit la destination. Pour rappel, les USA ont ouvertement menacé les institutions financières turques de sanctions pour la prétendue raison d’avoir facilité ces transactions internationales. D’ailleurs, ce n’est pas uniquement le pétrole iranien qui est visé, mais également son gaz – autre produit abondant parmi les ressources naturelles du pays.

Plus que cela encore, les Etats-Unis font leur maximum pour faire monter les prix du pétrole sur le marché mondial, à un moment où augmente la production du pétrole de schiste étasunien – une production coûteuse mais dont les Etasuniens veulent à tout prix pouvoir utiliser comme nouvelle arme économique, et cela sans même compter les risques écologiques qui en découlent dans le cadre d’une telle production. Fait intéressant: cela se fait en portant atteinte aux intérêts économiques et énergétiques des «alliés», en l’occurrence les pays de l’UE – l’un des principaux importateurs de pétrole. Mais cela est quelque chose d’habituel dans la politique washingtonienne, à savoir le concept de «j’impose, vous subissez»… Evidemment, cela frappe aussi sérieusement l’économie iranienne : limitée dans ses exportations pétrolières et obligée d’aller dans l’augmentation des prix du carburant sur le marché intérieur – ce dernier fait ayant justement été la principale raison des récentes manifestations en Iran.

Et là aussi ce n’est pas tout. Lorsque les instruments politico-économiques ne suffisent pas à faire plier l’adversaire, les partisans de l’ordre unipolaire utilisent la pression sécuritaire, y compris terroriste, comme les attaques ayant visé les navires transportant le pétrole iranien. Le tout évidemment en accusant l’Iran comme étant «responsable» de terrorisme.

Sur le plan médiatique, les médias mainstream ont largement contribué eux-aussi à la montée de l’hystérie vis-à-vis de Téhéran. Cela a pu être pleinement observé toujours lors des récentes manifestations ayant touché plusieurs régions du pays, notamment via les médias des opposants politiques basés à l’étranger, dont de nombreux bien évidemment aux USA. Dans certains cas, le complot paraissant encore plus évident, et ce à l’approche même des manifestations. Ainsi, la chaine BBC Persian avait commencé à émettre ses programmes deux heures plus tôt que d’habitude, comme si tout était déjà planifié à l’avance. Le service régional de la chaine TV Iran International, basé en Arabie saoudite, avait quant à lui abandonné son programme habituel et consacré toute une journée uniquement aux manifestations en Iran. Un certain nombre de chaines étrangères diffusant en langue farsi allaient même jusqu’à donner des instructions aux manifestants : où aller, quels slogans crier et quand, quoi voler et incendier. Et cerise sur le gâteau, le secrétaire d’Etat US Mike Pompeo a soutenu ouvertement dans son discours les protestataires, fait notable – une partie du discours fut prononcée en farsi…

Et enfin, dans toute cette pression hors-norme visant l’Iran, Washington n’oublie évidemment pas les intérêts de son principal allié régional: Israël. Notamment en ce qui concerne la montée des hostilités entre l’Etat perse et certains pays arabes – ces derniers devenus assez récemment des alliés semi-officiels de l’Etat sioniste – et ce au moment même des massacres perpétrés en Palestine, le tout avec la stricte coordination étasunienne.

Après cela, le discours du leadership iranien quant au complot américano-sioniste parait-il si «complotiste»? Rien n’est moins sûr. Car si en effet des problèmes internes peuvent exister en Iran, comme d’ailleurs dans n’importe quel pays du monde, il serait tout d’abord important de mentionner les raisons de tels problèmes, notamment les raisons ayant largement contribué à ce que ces problèmes apparaissent. Quant au reste, il est déjà mentionné ci-haut.

Le complot anti-iranien n’a de nouveau pas abouti. La majorité de la population du pays ayant apporté son soutien aux autorités, et ce en sortant massivement dans la rue pour s’opposer à la violence de ceux qui critiquaient le gouvernement. Evidemment, la sagesse d’une civilisation confirmée, et la puissance militaro-technique, scientifique, spirituelle font de l’Iran un bien dur morceau à avaler. Que ce soit pour Washington, Tel-Aviv ou autres.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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La Chine appelle les pays BRICS à s’unir en faveur du multilatéralisme

Alors que le 11ème Sommet des BRICS qui aura lieu dans les prochains jours dans la capitale brésilienne approche, la République populaire de Chine fait une fois de plus mention de l’importance de la promotion d’un cadre multipolaire du développement international.

La ville de Brasilia accueillera donc, les 13 et 14 novembre prochains, la nouvelle rencontre des grandes puissances dites «émergentes» (émergentes du moins selon les termes des médias occidentaux). En effet, les chefs d’Etats des pays concernés (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), accompagnés d’importantes délégations nationales, se pencheront sur nombre de questions d’importance stratégique. Au moment où le Brésil assure la présidence tournante du bloc cette année, l’heure est plus que jamais au renforcement des relations aussi bien bilatérales des pays de l’alliance, que dans le cadre des actions communes.

A ce titre, les hauts représentants chinois n’ont pas manqué de faire plusieurs importantes déclarations, confirmant ainsi un agenda de travail très loin de la banalité. Ainsi, Yang Jiechi, directeur du Bureau de la Commission des affaires étrangères du Comité central du Parti communiste chinois (PCC) a déclaré à l’approche du sommet que «les cinq pays du groupe des BRICS doivent renforcer leur unité et leur coopération afin de soutenir le multilatéralisme et de promouvoir un développement de l’ordre international allant dans une direction plus juste et rationnelle» http://french.xinhuanet.com/2019-10/19/c_138485940.htm

Il a également ajouté que les pays des BRICS «devraient concrétiser pleinement les consensus auxquels sont parvenus leurs dirigeants lors des précédentes réunions et consolider leur coopération en matière de sécurité politique, d’économie, de commerce, de finances et d’échanges entre les peuples. Les pays membres de ce bloc devraient se soutenir, renforcer leurs capacités à résister aux risques, à répondre aux situations complexes et s’opposer conjointement à toute ingérence extérieure». Toujours d’après lui, «les cinq pays se doivent d’adhérer au concept de coopération ouverte et inclusive, de promouvoir le modèle de coopération «BRICS Plus» et de tisser un réseau de partenariats ouvert et diversifié».

Du côté de l’ambassadeur de Chine au Brésil, Yang Wanming, il a été remarqué que «les BRICS ont servi de mécanisme clé de coopération, en rassemblant les dirigeants pour forger un consensus sur des questions importantes. En particulier sur certaines affaires internationales majeures, les pays des BRICS sont en mesure de présenter une position commune et de discuter collectivement avec la communauté internationale tout en préservant les intérêts communs des pays en développement, en particulier les marchés émergents. Les BRICS ont unanimement montré au monde leur position commune en faveur du multilatéralisme et de l’autorité de l’ONU, facilitant le libre-échange ainsi que l’investissement, et stimulant la construction d’une économie mondiale ouverte, innovante et partagée». L’ambassadeur chinois a enfin estimé que le prochain sommet des BRICS marquerait le début d’une nouvelle «décennie dorée» de coopération, et que les pays membres parleraient d’une même voix en appelant au multilatéralisme et à une économie mondiale ouverte». Fin de citation.

Maintenant parlons perspectives. Si dans les déclarations officielles des hauts responsables chinois on retrouve effectivement un soutien ouvert et assumé au multilatéralisme (à la multipolarité en d’autres termes), on y voit aussi un clin d’œil non-voilé à certains Etats qui d’un côté réalisent la propagande à tous les niveaux du libéralisme économique, mais d’un autre ont extrêmement peur d’une concurrence digne de ce nom face aux puissances non-occidentales. Bien sûr, les Etats-Unis en premier lieu – cela est évident. Mais de façon plus globale, c’est un diagnostic général des élites occidentales – adorant pavaner avec les belles paroles habituelles de «libre-marché» et de «libre-concurrence», mais étant souvent incapables d’assumer dans les faits les paroles prononcées et largement diffusées.

Comme exemple, il suffit à cet effet de prendre l’Afrique, où du moment que les puissances émergentes, dont les BRICS (sans oublier qu’un Etat africain en fait partie), s’imposent dans de nombreux secteurs sur ce continent, pour que les élites occidentales, en perte d’influence économique et politique, passent dans un état de quasi-hystérie. Et ce aussi bien au niveau politico-diplomatique que médiatique.

L’autre point très important soulevé par les représentants chinois fait justement référence à une approche conjointe, ou en tout cas très proche, dans la gestion des principales questions internationales. Evidemment et en premier lieu cela concerne l’interaction russo-chinoise au Conseil de sécurité de l’ONU – dont les deux pays sont membres permanents. Qu’il s’agisse de la Syrie, de l’Iran, du Venezuela, du Burundi ou d’un certain nombre d’autres pays sous pression occidentale, Pékin comme Moscou n’ont pas manqué d’afficher leur unité, y compris lorsque cela était nécessaire par des vétos, face au bloc occidental Washington-Londres-Paris.

Et ce n’est pas tout. En parlant justement de communauté internationale, dont les élites occidentales adorent s’autoproclamer être des porte-paroles, il est à rappeler que des structures telles que les BRICS, représentant à eux cinq près de la moitié de la population mondiale, un quart de la surface terrestre ou encore environ 35% du PIB mondial (appelé à croitre). Ajoutez à cela l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) ou encore l’Union économique eurasiatique, et il serait juste de se demander qui aurait plus de légitimité à parler au nom de la communauté internationale. Ceci étant dit, les pays partisans de la multipolarité se gardent bien de tomber dans le piège d’une vision suprémaciste et néocoloniale de certains, et préfèrent une coopération réellement inclusive. Bien que, ceci étant dit aussi, et dans une optique purement de statistiques, il serait juste de rappeler que l’Occident en tant que tel ne représente pas plus que 10% de la population terrestre (d’ailleurs une population occidentale qui remet massivement en question elle-même l’unilatéralisme de ses élites). Et que dans un classement comme celui des pays par PIB à parité du pouvoir d’achat (PPA) – données du FMI pour l’année 2018 – sur les dix premiers pays du classement quatre sont occidentaux (Etats-Unis – 2ème, Allemagne – 5ème, Royaume-Uni – 9ème, France – 10ème), les six autres étant des pays non occidentaux : Chine – 1ère, Inde – 3ème, Japon – 4ème, Russie – 6ème, Indonésie – 7ème, Brésil – 8ème). A noter par ailleurs que quatre des cinq pays membres des BRICS font partie de ce classement.

Last but not least, le scénario des forces hostiles aux BRICS ne s’est malheureusement pas (pour eux) concrétisé. Notamment après le départ forcé du pouvoir au Brésil de son ex-présidente Dilma Rousseff et de l’emprisonnement de Luiz Inacio Lula da Silva – tous les deux de grands partisans des BRICS. Malgré cela, le Brésil a continué depuis à remplir son rôle constructif au sein du groupe. A bon entendeur.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Vol du pétrole syrien par les USA: un voleur reste un voleur

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Se sachant vaincus et ne pouvant plus influer d’une quelconque façon sur le départ tellement souhaité du président Bachar al-Assad, les Etats-Unis continuent néanmoins de faire ce qu’ils savent le mieux: voler les ressources des autres nations.

Bien que l’annonce du départ des troupes US de Syrie faite par Donald Trump ait été non pas un geste de «bonne» volonté étasunienne, mais surtout due à la compréhension de ne plus pouvoir y rester éternellement, sachant que le terrorisme que les Occidentaux ont eux-mêmes fait prospéré en terre syrienne dans le but de faire tomber le gouvernement légitime a été vaincu par la Syrie et ses alliés, il fallait néanmoins s’y attendre: même en partant les Américains poursuivent leur rôle néfaste.

Les administrations étasuniennes changent, la réalité elle reste la même. Celle d’un pays néocolonialiste à l’extrême, pilleur des ressources naturelles de pays à divers endroits du monde. Pétrole en Irak, facilitation de production et exportation de drogue à partir d’Afghanistan, diamants, coltan, cobalt et autres ressources stratégiques en République démocratique du Congo, les exemples ne manquent guère. Bien que le cas syrien soit tout de même différent.

En effet, le scénario voulu au départ par Washington n’a pu être mené à bien. Le leader syrien, stigmatisé en Occident par ses élites politico-médiatiques, est toujours debout. Plus que cela, il a repris la grande partie de son territoire, sur lequel vivent les ¾ de citoyens syriens, en éliminant avec l’aide des pays alliés la menace terroriste qui paraissait invincible il y a encore quelques années, au vu du nombre de terroristes étrangers ayant fait le déplacement dans ce pays et des moyens qu’ils se procuraient aussi bien de la part de leurs mentors extérieurs, que des ressources qu’ils s’accaparaient sur place.

Désormais les Etasuniens partent. Car vaincus et incapables de faire chavirer radicalement la situation. Avec eux, leurs autres «amis  occidentaux, notamment français. Et en laissant tomber par la même occasion leurs «alliés» kurdes des FDS qui se sont retrouvés face à la puissance de guerre turque, déterminée à en finir avec des éléments hostiles à ses frontières, obligeant ces derniers à reprendre le dialogue avec Damas et accepter les conditions du pouvoir légitime. Ceci étant dit, Trump est évidemment sous pression aussi. En premier lieu par l’Etat-profond étasunien. Sans oublier de toute manière que ce même Trump et son administration font eux-mêmes, qu’on le veuille ou non, partie du système mafieux US. Avec les méthodes connues et reconnues.

Et à ce titre, l’annonce faite par l’administration washingtonienne quant au fait de garder une certaine présence sur les champs pétroliers syriens de l’est, confirme plusieurs choses. Les USA, savent parfaitement que leur rôle au Moyen-Orient a sérieusement diminué – on est loin des années 2001-2006. L’Irak, voisin de la Syrie et jadis occupé par les troupes américaines, affirme ne plus vouloir ces troupes chez lui. Au moment même où l’influence de l’Iran en Irak comme dans d’autres pays est clairement à la hausse. Les alliés arabes traditionnels de Washington commencent de plus en plus à porter leur regard en direction d’autres partenaires, notamment Pékin et Moscou. Certes, sans mouvement brusque. Mais le processus est bien là. Quant au principal allié des USA dans la région, en l’occurrence Israël, il ne cache pas sa déception sur le fait que le garant de sa sécurité, perd sérieusement en puissance et en notoriété. Surtout que Tel-Aviv comprend parfaitement aussi que malgré les années de guerre, de souffrances et de destructions, la République arabe syrienne récupère peu à peu son statut de puissance régionale, avec là aussi le soutien de ses alliés. Notamment sur le plan militaire. Sans oublier la puissance iranienne qui lui donne toujours un peu plus d’insomnie. Tous ces éléments ne peuvent être ignorés par l’administration de Washington.

D’autre part et il ne faut pas l’oublier aussi: un voleur reste un voleur. Au vu des informations relayées par diverses sources bien informées, les services secrets et les sociétés militaires privées US «gagnent» plus de 30 millions de dollars par mois via le vol des ressources pétrolières syriennes. Soyons franc : qu’attendre d’un Etat dont l’histoire de base se résume par le vol de territoires et de ressources aux autochtones par des migrants européens majoritairement anglo-saxons, bien souvent au passé criminel et marginal ? Aussi, ce «business» permet en quelque sorte de se laver des accusations d’avoir lâché ses alliés kurdes dans le nord syrien, sachant que lesdites zones pétrolières sont contrôlées par les Etasuniens en compagnie des FDS.

Maintenant parlons justement des FDS. Si les éléments kurdes en question n’ont pas attendu longtemps et ont fait appel à Damas en vue de venir les protéger contre la puissance militaire turque, ces éléments doivent comprendre une bonne fois pour toute aussi que la poursuite d’un double-jeu de traitres, ne leur apportera au final rien de positif. Evidemment, se sentir protégés d’une part par les unités régulières de l’armée gouvernementale syrienne dans les zones frontalières avec la Turquie, et de l’autre la poursuite du sale jeu qui les caractérise en coordination avec Washington, Paris et Tel-Aviv, ne sera tolérée.

En attendant, le travail continue. Damas a repris sous son contrôle des territoires supplémentaires du nord syrien, ainsi qu’une large zone frontalière avec la Turquie. Et vraisemblablement, rien ne saura stopper la détermination de la République arabe dans la reprise de la totalité de ses territoires. Pour cela, il peut compter sur le soutien de ses principaux alliés, russe et iranien en l’occurrence. La Turquie, elle, a déjà vraisemblablement accepté l’idée d’un maintien d’Assad à la tête du pays. Quant à la présence étasunienne et de ses proxys kurdes dans une zone majoritairement arabe, cela ne saurait durer trop longtemps. D’ailleurs, plusieurs manifestations de la population syrienne contre l’occupation illégale des USA/FDS ont déjà été observées dans la zone concernée. Un peu de patience donc encore. Les Etasuniens seront forcés de partir. Quant aux pseudo-FDS, soit ils auront compris la leçon récente, soit devront assumer les conséquences méritées.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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L’Afrique au centre du monde multipolaire

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Le premier Sommet Russie-Afrique dans la ville de Sotchi a déjà beaucoup fait parler de lui. Avant même le commencement, les médias mainstream n’ont pas manqué de lui attacher une grande importance. Evidemment avec une note traditionnelle de critiques et de « doutes », voilant tant bien que mal l’inquiétude des élites occidentales quant au plein retour de la Russie sur le continent africain.

Bien que les relations économiques russo-africaines restent encore en dessous en termes de chiffres, si l’on compare avec ceux de la Chine et de l’Union européenne, il n’empêche que la dynamique affichée et surtout les résultats en cours dans la nouvelle page qui s’ouvre entre la Russie et l’Afrique, font clairement inquiéter les capitales occidentales. Bien que le volume des échanges Russie-Afrique en 2018 ait atteint 20,4 milliards de dollars (en hausse de 17,2 % par rapport à 2017), il reste clairement plus réduit que ceux de l’Afrique avec Pékin (200 milliards, devenu le premier partenaire économico-commercial du continent en tant que pays) et l’Union européenne (275 milliards), il n’empêche que c’est un chiffre en net progression comparé aux années libérales post-soviétiques (760 millions de dollars seulement en 1993). Le président russe Vladimir Poutine entrevoit en outre la possibilité de doubler le volume actuel des échanges dans les 4-5 prochaines années.

Et si beaucoup accentuent le partenariat russo-africain uniquement au volet militaro-technique – l’Afrique représentant 15% des ventes d’armes russes au niveau mondial – l’heure est désormais à une large diversification des secteurs de partenariat. A ce titre, les accords déjà signés en marge du sommet de Sotchi le confirment pleinement.

Pour ce faire, la Russie et l’Ethiopie ont signé un accord de partenariat dans le domaine du nucléaire civil. Au Mozambique, la compagnie russe Uralchem prévoit de produire des engrais, ainsi que de travailler dans la prospection des diamants. Par ailleurs, la deuxième banque de Russie VTB prévoit de s’implanter dans ce pays. Dans le domaine agroalimentaire la Russie renforce également ses positions, le tout au moment où le pays est devenu le premier exportateur mondial de blé (devant les USA). Les principaux clients africains de la Russie étant l’Egypte, le Soudan, le Nigéria, l’Algérie et le Maroc. Et Moscou voit un réel potentiel d’augmenter les volumes exportés. Dans le cas de la Namibie, la Russie propose d’établir un partenariat dans la production du combustible nucléaire, ainsi que dans l’extraction des diamants et la livraison de produits agricoles.

L’autre domaine à fort potentiel concerne le secteur pharmaceutique. A titre d’exemple, la Russie exporte en Afrique près de 60% des vaccins contre la fièvre jaune. La production de vaccins et médicaments dans des pays africains se trouve également à l’étude. Sans oublier que la Russie a conçu un vaccin « sec » contre le virus de l’Ebola, pouvant être gardé dans un simple réfrigérateur.

Une grande attention dans le cadre du sommet a été accordée à l’interaction entre la Russie et l’Egypte. En effet et au-delà du fait que les touristes russes sont parmi les plus nombreux et dépensiers en terre égyptienne, et que l’Agence fédérale russe de l’énergie atomique (Rosatom) y construit la centrale nucléaire d’El-Dabaa (coût du projet : 30 milliards de dollars), et qu’une zone industrielle russe y a été implantée, les deux pays ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin. D’où la raison de la signature d’un protocole d’accord entre les Chemins de fer russes et les Chemins de fer nationaux égyptiens sur la collaboration dans des projets liés à l’infrastructure, y compris la construction de nouvelles lignes ferroviaires. Les deux structures ont également convenu de travailler ensemble sur des projets de modernisation des lignes ferroviaires au pays des Pharaons, ainsi que dans le domaine de la formation des spécialistes égyptiens dans les établissements russes spécialisés de l’enseignement supérieur. L’Egypte a également fait savoir que la production issue des entreprises de la zone industrielle russe se trouvant sur son territoire pourra profiter des avantages de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlec), dont l’Egypte fait partie intégrante.

Des mémorandums sur le partenariat dans le secteur minier ont été également signés avec le Soudan du Sud et le Rwanda. L’Ouganda a manifesté un vif intérêt quant au partenariat avec la Russie dans le domaine gazier et du nucléaire civil. La Guinée équatoriale et le géant pétrolier russe Lukoil ont quant eux signé un mémorandum d’entente quant à une possible participation du dernier dans des projets d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures dans ce pays. D’importants projets avec une participation russe se développent dans le secteur aurifère au Soudan. En Centrafrique, les entreprises énergétiques russes se disent prêtes à construire de nouvelles installations de production d’énergie, selon le ministre russe de l’Energie Aleksandr Novak. L’Angola, partenaire de longue de la Russie, souhaite élargir le partenariat conjoint, notamment dans le secteur minier. Quant au Maroc, d’importants projets sont en cours de préparation : du côté russe, plus précisément la Banque de développement de la Fédération de Russie (VEB) s’est déclarée prête à financer à hauteur de 425 millions d’euros la construction d’une raffinerie pétrolière au Royaume. Côté marocain, le ministre de l’Energie du Maroc Aziz Rabbah, a confirmé la volonté de son pays de devenir un hub logistique pour les compagnies énergétiques russes désireuses de travailler avec les pays africains. A savoir que les deux pays partagent un partenariat stratégique, et qu’à titre d’exemple dans un secteur aussi important pour le Maroc comme celui de l’agriculture, près de 50% des agrumes destinés à l’export partent à destination du marché russe (bien devant les marchés de l’UE ou de l’Amérique du Nord).

Sur le plan du partenariat militaro-technique russo-africain, qui a déjà le vent en poupe, de nouveaux contrats ont été confirmés lors du sommet. Il a été annoncé que la Russie fournira de l’armement à une vingtaine de pays africains pour un montant total de quatre milliards de dollars. Parmi les pays mentionnés, on retrouve l’Ouganda, le Rwanda, le Mozambique et l’Angola (les deux derniers étant des partenaires de longue date). Par ailleurs, le Niger a confirmé l’acquisition de 12 hélicoptères russes d’attaque Mi-35. Le président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra, à un moment où les deux pays se sont beaucoup rapprochés au point de pouvoir parler d’une véritable alliance, a dit espérer la poursuite du soutien de la Russie dans la formation des Forces armées centrafricaines (FACA), ainsi que dans le cadre des livraisons d’armements nécessaires à la défense du pays. Enfin, le président de la Namibie Hage Geingob lors de son entretien avec Vladimir Poutine a déclaré la volonté des militaires namibiens de travailler avec les conseillers militaires russes. Fait important, un pays africain fait partie du Top 3 des principaux clients de la Russie dans le domaine de l’armement au niveau mondial, en l’occurrence l’Algérie, avec laquelle le partenariat militaro-technique reste au plus haut niveau. A noter également que l’Algérie à elle seule absorbe près de 80% des livraisons d’armes russes en Afrique.

Autre secteur très important dont il a été question est celui de l’enseignement. La Russie ayant confirmé la volonté d’augmenter encore plus le nombre d’étudiants africains dans ses universités, mais aussi d’ouvrir l’accès à des formations de niveau secondaire professionnel.

Pour rappel, la Russie a annulé également 20 milliards de dollars de dettes des pays africains. Tout cela pour dire que le partenariat russo-africain ouvre effectivement et pleinement une nouvelle page dans l’histoire conjointe. Une histoire, là aussi pour rappel, dans laquelle n’est présente aucune page coloniale ou néocoloniale – la Russie ayant dès le départ activement soutenu le mouvement des indépendances et des libérations nationales africaines face au joug colonial. Au-delà de ce soutien, qui était politique, économique et militaire, Moscou a durant plusieurs décennies formé des cadres pour les pays africains dans ses universités. Beaucoup d’entre eux occupent aujourd’hui des postes clés dans leurs pays respectifs.

Certes, les époques ont changé. Le temps de la guerre froide est officiellement révolu (ou pas ?). Les intérêts ont également évolué. Mais ce qui par contre reste inchangé, que ce soit version Russie soviétique ou contemporaine, c’est le respect de la souveraineté africaine (et pas que dans les paroles, mais dans les actes), ainsi qu’une offre d’un partenariat qui pourrait être réellement gagnant-gagnant. A cet effet, les prochaines années seront sans aucun doute décisives. Et tant pis pour ceux qui s’opposent à cette interaction russo-africaine, car n’ayant toujours pas été capables de s’adapter à la nouvelle donne multipolaire. A bon entendeur.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=1194

 

 

 

Les perspectives d’intégration du Maroc dans la CEDEAO

Maroc

La Maroc va-t-il intégrer la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest? C’est l’un des enjeux du «Forum du Sud», qui se tient à Tanger. Et la candidature de Rabat semble être en bonne voie, tant ses avantages politiques, économiques et stratégiques sont mis en avant par les participants.

Le Maroc a sa place dans la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). C’est ce qui ressort de l’avis de la majorité des participants au «Forum du Sud» MEDays 2018, qui a entamé ses travaux dans la ville marocaine de Tanger.

Comme chaque année, cet événement se consacre aux principales questions géostratégiques, politiques, économiques et sociales des pays du Sud, notamment africains. Il est organisé par l’Institut Amadeus, le principal think-tank marocain et l’un des principaux en Afrique. «À l’ère de la disruption: bâtir de nouveaux paradigmes», tel est l’objectif annoncé cette année.

Durant cette édition 2018, un large éventail de sujets sera discuté en marge du forum, axés aussi bien sur les relations intra-africaines que sino-africaines, au moment où Pékin est devenu le principal partenaire économico-commercial du continent. Un atelier sera ainsi consacré à l’initiative d’affaires Chine-Afrique, avec la participation de hautes personnalités aussi bien africaines que chinoises.

Mais le thème majeur de cette édition 2018 concerne l’intégration marocaine dans la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), un sujet d’importance stratégique pour le Royaume et largement discuté au sein de cette structure, chargée de coordonner les actions des pays d’Afrique de l’Ouest ainsi que de promouvoir la coopération économique et monétaire ouest-africaine.

C’était d’ailleurs le sujet auquel a été consacrée la première discussion du forum: l’initiative marocaine dans la CEDEAO. Le mot d’ouverture a été accordé à Brahim Fassi Fihri, le président de l’Institut Amadeus, qui a fermement rappelé l’appartenance du Maroc au continent africain malgré les séquelles laissées par la colonisation. Il a également insisté sur les avantages pour les deux parties qu’aurait l’intégration du Maroc dans la CEDEAO.

Ont également pris part à la discussion l’ex-Président béninois Thomas Boni Yayi, le président du parlement de la CEDEAO Moustapha Cissé Lo, le ministre des Affaires étrangères du Cap-Vert Luis Filipe Lopes Tavares, le ministre de l’Économie et des Finances du Mali Boubou Cissé, l’ex Premier-ministre malien Moussa Mara, le conseiller spécial du président sénégalais et ex-ministre des Affaires étrangères du Sénégal Mankeur Ndiaye, le vice-président de la Confédération générale des entrepreneurs marocains Faiçal Mekouar, le directeur de l’Institut royal des études stratégiques (IRES) Mohamed Tawfik Mouline et encore la directrice du département des marchés internationaux à l’Agence marocaine pour les investissements et le développement de l’export (AMDIE) Sanae Lahlou, entre autres. Le modérateur de la discussion n’était autre qu’Amine Laghidi, le vice-président du Conseil africain des mines et de l’énergie.

Bien que plusieurs intervenants aient rappelé les profonds liens politiques, religieux et culturels qui unissent le Maroc avec les pays composant la CEDEAO, un accent particulier a néanmoins été mis sur les avantages économiques réciproques qu’aurait l’entrée du Maroc dans la communauté. En effet une telle intégration, selon l’avis des experts économiques participant à la discussion, permettrait sans tarder à la communauté réunie de devenir la 15ème puissance économique mondiale. Et d’ici l’horizon 2030 de faire partie des 10 principales économies du monde.
À ce titre, les participants ont aussi souligné que le Maroc est aujourd’hui classé premier en termes d’investissements directs en Afrique de l’Ouest. Les entreprises marocains prospèrent dans la région dans divers domaine: services bancaires, assurance, industrie pharmaceutique, pour ne citer que ceux-là. Le Royaume participe également activement à la formation des étudiants en provenance d’Afrique de l’ouest. D’ailleurs, pour beaucoup de ces jeunes Africains, le Maroc a non seulement été le pays de leurs études, mais est également devenu celui de leur carrière professionnelle.

Plus généralement parlant, il est aujourd’hui clair que l’exemple de l’interaction du Maroc avec l’Afrique subsaharienne confirme le bien-fondé d’une interaction Sud-Sud, sans interventionnisme extérieur. Et vu l’ouverture de plus en plus évidente de Rabat envers les puissances non-occidentales, notamment celles des BRICS, il paraît aujourd’hui évident que le Maroc peut confirmer sa position de carrefour stratégique, aussi bien sur le plan géoéconomique que géostratégique.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201811071038806127-perspectives-integration-maroc-cedeao/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Premier Forum social russo-africain: pour un envol des relations bilatérales

Afrique

Les relations russo-africaines ont le vent en poupe. Le premier Forum social russo-africain à Moscou confirme l’étroitesse des liens entre l’Afrique et la Russie. Un succès qui en annonce d’autres, puisque cet événement prépare notamment le premier Sommet Afrique-Russie de 2019. Retour sur un colloque riche en enseignements.

C’est une innovation dans la relation entre la Russie et les pays africains: l’African Business Initiative a organisé le premier Forum social russo-africain à Moscou.

Cette rencontre, organisée dans le cadre de la promotion des relations russo-africaines, notamment au niveau économico-commercial, prépare le terrain au premier forum d’affaires, et surtout au premier Sommet Afrique-Russie, qui devrait avoir lieu en 2019.

Y ont pris part des représentants russes et africains du monde diplomatique, politique, scientifique, des affaires, des médias et de la société civile. De nombreux représentants africains étaient d’ailleurs diplômés des universités soviétiques et russes. Côté pays hôte, Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, ainsi que le vice-ministre des Affaires étrangères et représentant spécial du président russe pour l’Afrique et le Moyen-Orient, Mikhail Bogdanov, étaient présents.

Ce colloque comprenait plusieurs séances plénières et tables rondes, qui ont couvert presque tous les sujets d’intérêt russo-africain. Plusieurs points importants ont été soulevés, notamment l’objectif d’augmenter considérablement le nombre d’étudiants africains dans les universités russes, de faciliter aux étudiants l’accès aux stages et au marché du travail russe durant leurs études et d’assurer le suivi des succès post-études des diplômés africains. Sur le plan des affaires, l’accent a été mis sur la nécessité de collaborer dans un esprit gagnant-gagnant, de créer des projets avec une responsabilité sociale des entreprises et bien sûr la création d’emplois pour les populations africaines.

Sur le plan politico-diplomatique, M. Lavrov n’a pas manqué de rappeler plusieurs points importants, des points ayant reçu l’approbation des participants, dont deux méritent une attention particulière. Le ministre des Affaires étrangères a souligné que «la Russie n’a pas à se reprocher des crimes coloniaux. Au contraire, elle a accompagné les luttes d’indépendance en Afrique». Il a aussi martelé un slogan —«aux problèmes africains, des solutions africaines»- qui mettait l’accent sur le respect de la souveraineté de l’Afrique, tellement de fois remise en cause par certains États.

La Russie en Afrique peut déjà compter sur plusieurs atouts: absence d’histoire coloniale, soutien aux luttes d’indépendance des nations africaines, mais également durant la période post-indépendance; en outre, la Russie n’a jamais pillé les ressources du continent. À ce titre, le Dr Edimo Mongory, économiste camerounais qui est récemment intervenu en qualité d’expert dans l’une des émissions de la chaîne TV Afrique Média —la télévision panafricaine- a déclaré que «la Russie est probablement le seul pays du monde qui a plus donné à l’Afrique qu’il n’en a pris». Déclaration difficilement contestable.

L’autre atout évident de la Russie en Afrique, ce sont effectivement les milliers de cadres africains ayant été formés dans les universités soviétiques et russes et qui, dans leur grande majorité, continuent de porter le pays de leurs études dans leur cœur. Plusieurs d’entre eux occupent aujourd’hui des positions de haut rang dans leurs pays respectifs.

Mais ce qui peut paraître paradoxal, c’est qu’au-delà des amis naturels de la Russie sur le continent africain —comme ces diplômés- la Russie peut compter sur des milliers de représentants de la société civile africaine, notamment de la jeunesse, qui bien que n’ayant pas été formés sur le sol russe et ne parlant pas la langue de Pouchkine, soutiennent néanmoins activement la politique actuelle de la Russie. Et c’est probablement cette jeunesse aussi qui jouera un rôle stratégique dans la suite des relations Afrique-Russie, n’en déplaise aux détracteurs de la Russie et de sa présence en Afrique.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201810241038623076-russie-afrique-relations-forum/

Mikhail Gamandiy-Egorov