Archives pour la catégorie géoéconomie

Pourquoi la France finira-t-elle par perdre l’Afrique?

Maroc

Malgré toutes les tentatives de maintenir ce que l’Élysée continue de considérer comme son «pré carré», les événements en cours confirment l’hypothèse d’une perte d’influence de l’Occident sur le continent africain.

Au moment où la Chine est en train de devenir la partenaire privilégiée d’un grand nombre de pays d’Afrique et que la Russie confirme son retour sur le continent, l’Occident politique ne cache pas sa vive inquiétude. Et il y a de quoi. Car au-delà de la puissance sino-russe, ce dont il faut tenir compte en premier lieu, c’est de la volonté des Africains eux-mêmes. Il s’agit de leurs pays respectifs, de leur continent, de leur avenir.

Evidemment, dans cette défaite qui se profile pour les intérêts occidentaux en Afrique, Paris sera certainement la grande perdante. Certes, les USA et la Grande-Bretagne sont dans le viseur des panafricanistes et des patriotes africains. Mais c’est la France qui est en première ligne, pour une raison simple: c’est elle qui dispose du plus grand nombre de bases militaires étrangères et extracontinentales en Afrique. Et bien que justifiant sa présence par la «protection» de la sécurité et de la stabilité des États concernés, il est aujourd’hui clair qu’il n’en est rien. La seule raison réelle de cette présence réside dans la nécessité de contrôler les ressources naturelles africaines, dont la France a tellement besoin pour maintenir sa relative puissance économique.

Le franc CFA est une autre pierre d’achoppement entre Paris et le continent africain, la majorité de panafricanistes considérant cette monnaie comme l’une des principales émanations du néocolonialisme en Afrique. Il y a bien sûr aussi le non-respect de la souveraineté africaine et l’ingérence non voilée dans les affaires intérieures de plusieurs pays, comme en Côte d’Ivoire, en Libye, au Mali, en Centrafrique, au Cameroun et bien d’autres. D’ailleurs, les récents événements en Syrie ont une fois de plus montré aux yeux de l’opinion internationale, y compris africaine, ce que représentait la politique internationale «française».

Et ce n’est pas tout. Lorsqu’on se trouve par exemple au Maroc ou en Algérie, et que l’on y observe les nombreux migrants d’Afrique subsaharienne cherchant à parvenir dans «l’eldorado» européen, on se rend compte d’une réalité indéniable: Sénégalais, Maliens, Ivoiriens, Guinéens et d’autres représentants de pays appartenant encore au fameux système de la Françafrique représentent probablement pas moins de 90% de ces migrants.

On n’y croise pas d’Angolais, de Namibiens ou d’Équato-Guinéens. Pourquoi, me direz-vous? Car il y a une différence majeure entre les pays en question: ces derniers assument leur souveraineté et leurs dirigeants ont pu faire profiter leurs populations des dividendes des ressources naturelles nationales. Les premiers, pourtant eux aussi très riches en termes de matières premières, voient la France, ou plutôt l’élite atlantiste de l’Élysée et ses affidés, les piller sans vergogne, ce qui pousse leurs citoyens, notamment la jeunesse, à aller chercher une vie meilleure ailleurs, y compris au péril de leur vie.

Et il y avait aussi la Jamahiriya libyenne de Kadhafi, qui pouvait se permettre d’accueillir un bon nombre de ces migrants et de leur offrir une vie décente sur le continent africain, sans avoir à traverser la Méditerranée. Mais cela, c’était avant. Avant que des personnages tels que Sarkozy ou Bernard Henri-Levy ne transforment ce pays tantôt prospère en une nouvelle zone de chaos et d’extrémisme.

Évidemment certains «bien-pensants», en lisant ces lignes, crieront haut et fort: «et les leaders africains alors?» N’est-ce pas à eux que d’assurer une vie digne à leurs concitoyens? Oui, encore faut-il leur en donner les moyens. Et c’est là justement que l’on en revient à la question des bases militaires. Il suffit qu’un leader patriote africain essaie de faire bouger les lignes, ou en d’autres termes de diversifier ses partenariats avec le monde extérieur, pour qu’il fasse certainement face à une rébellion armée orchestrée par l’Occident, à une tentative de putsch —suivez mon regard…-, et si les deux premières «options» ont échoué, à une intervention des forces spéciales françaises, dans la pure tradition néocoloniale. Clin d’œil au passage à la force Licorne en Côte d’Ivoire.

Mais le monde a déjà beaucoup changé, continue de changer et continuera de changer. Dans cette nouvelle optique, et vu de ce que pense la grande majorité de la rue africaine, de Bamako à Bangui et d’Abidjan à Douala, les forces néocoloniales finiront par perdre pied. Pas de doute là-dessus. Les puissances partisanes du monde multipolaire, elles, continueront de coopérer avec l’Afrique dans le strict respect de sa souveraineté, de ses traditions et de ses valeurs. C’est aux Africains que de choisir leurs partenaires. Pas à Washington, Paris ou Londres. Cette normalité deviendra réalité dans un avenir proche.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201804201036034935-france-afrique-perdre/

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Moscou et Ankara se rapprochent, Washington et Bruxelles enragent

Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan

À l’occasion d’une nouvelle visite de Vladimir Poutine en Turquie, Moscou et Ankara renforcent plus que jamais leur partenariat économique, énergétique, militaire, géopolitique et culturel. Un rapprochement qui ne fait pas les affaires de l’Occident, qui observe avec colère et impuissance cette évolution.

La récente visite de Vladimir Poutine en Turquie est d’autant plus symbolique que c’est sa première visite officielle à l’étranger après sa réélection haut la main, il y a un mois. Elle s’ajoute aux innombrables rencontres Poutine-Erdogan qui ont eu lieu depuis ces deux dernières années —après une normalisation qui s’est traduite aussi bien dans leurs relations bilatérales que multilatérales, notamment dans le cadre de sommets internationaux.

Depuis cette normalisation, les gouvernements des deux pays ont fait un bien grand, sinon un énorme saut en avant. Ils sont devenus les acteurs incontournables —avec l’Iran- de la résolution de la crise en Syrie, laissant par la même occasion les Occidentaux et leurs amis du golfe persique pratiquement hors-jeu —au grand dam de ces derniers. Cette nouvelle réalité eurasienne et proche-orientale s’inscrit d’ailleurs parfaitement dans le contexte multipolaire. Les pays extérieurs et surtout non invités dans telle ou telle région du monde feraient bien mieux de rester chez eux et de se limiter à observer… Clin d’œil en direction de Washington, Londres et Paris.

Il sera bien évidemment question de la Syrie lors de cette énième rencontre Poutine-Erdogan avant que le duo ne devienne un trio, puisque les deux chefs d’État seront rejoints par le Président iranien Hassan Rohani. Alors que les tensions entre Ankara et ses «partenaires» de l’Otan, dont les USA, la Grande-Bretagne et la France, n’ont jamais été aussi vives, il est certain que Moscou, Ankara et Téhéran comptent poursuivre leurs efforts conjoints en vue de mettre un terme à la guerre en Syrie. Un conflit de toute manière remporté dignement par le gouvernement syrien, là encore au grand dam des instigateurs habituels du chaos international. À ce titre, les récents événements dans la Ghouta orientale —libérée à plus de 90% des terroristes par l’opération encore en cours de l’armée gouvernementale syrienne, ne font que le confirmer. D’autre part, la baisse évidente de l’animosité entre Damas et Ankara est indéniablement un succès supplémentaire de la Russie.

Mais l’interaction russo-turque ne s’arrête pas là. Poutine et Erdogan ont ainsi assisté à la cérémonie de lancement de la construction de la centrale nucléaire d’Akkuyu, l’un des projets stratégiques entre les deux pays, dans la province turque de Mersin. Cette centrale, qui sera construite et mise en exploitation par Rosatom, l’Agence fédérale russe de l’énergie atomique, assurera 10% des besoins en électricité de la Turquie. Le tout sans oublier bien évidemment le projet du gazoduc Turkish Stream, dont les travaux avancent plus que bien, un projet qui déplaît autant à Washington, Bruxelles qu’à Kiev. Ce dernier perdra en conséquence de larges sommes dues au transit gazier.

Quant aux deux premiers, ils devront mettre la main à la proche s’ils souhaitent continuer à maintenir à flot le régime de Kiev issu du coup d’État ukrainien de février 2014. Eh oui —pour les ambitions géopolitiques, il faut payer.

Et ce n’est pas tout. Le Président turc Erdogan a une fois de plus confirmé l’achat par la Turquie des systèmes russes de défense antiaérienne et antimissile S-400 Triumph. Fait inacceptable aussi bien pour Washington que Bruxelles, qui ont tout fait pour tenter de convaincre Ankara de renoncer à cet achat, connaissant parfaitement ce que peut apporter une coopération militaro-technique russo-turque à terme. Poutine, de son côté, a annoncé lors de cette visite que la Russie allait accélérer les livraisons de ces systèmes, ajoutant que cette décision avait été prise «à la demande de nos partenaires et amis turcs».

Dans tout cela, une chose est certaine: la Turquie d’Erdogan, malgré d’évidentes erreurs dans le passé, notamment concernant la Syrie, a su analyser les faits et prendre des mesures efficaces, dans le cadre de ses intérêts nationaux souverains. Des mesures qui ont en outre permis de réparer certaines de ces erreurs. En effet, la Turquie est et demeure certainement le seul pays membre de l’Otan à disposer d’une politique indépendante et souveraine, à l’énorme différence des Berlin, Paris, etc. Londres? N’en parlons même pas…

Alors que des millions de touristes russes reviennent en Turquie —de loin les favoris des hôteliers locaux- et que les investissements fleurissent dans divers domaines —infrastructures, textile, produits agroalimentaires, services bancaires et financiers, projets éducatifs…- l’heure est à l’optimisme quant au futur des relations turco-russes. N’en déplaise à Washington et Bruxelles: Moscou et Ankara n’ont guère besoin de l’avis des tiers pour avancer. À bon entendeur…

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201804041035800235-russie-turquie-usa/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Ukraine: le temps de l’argent facile touche à sa fin

hryvnia

Après des années à bénéficier des revenus stables et importants de la rente gazière russe, l’Ukraine doit se préparer à un réveil douloureux. Cette manne devrait en effet se tarir ou du moins considérablement diminuer. L’Occident, qui a encouragé le divorce entre Kiev et Moscou, devra en assumer les conséquences.

Les années passent, la rhétorique russophobe atteint désormais son summum au niveau des élites de Washington, mais aussi de tous leurs affidés —la fameuse affaire Skripal n’en est qu’un épisode supplémentaire. Les satellites étasuniens ont beau reprendre en chœur les chants antirusses, il suffit que leur portefeuille soit menacé pour qu’une vive inquiétude s’installe…

C’est notamment le cas du pouvoir de Kiev, issu d’un coup d’État armé soutenu par l’Occident. L’année 2019 approche et avec elle la perspective de la fin du transit gazier russe via le territoire ukrainien, qui ne sera utilisé dans le meilleur des cas qu’en qualité de hub supplémentaire avec des volumes nettement moins importants que ce n’était le cas jusqu’ici. Et même ces volumes réduits d’au moins quatre fois ne seront aucunement garantis.

Et malgré toutes les belles promesses faites à l’Ukraine par Washington et Bruxelles sur leur avenir commun «radieux», ces derniers ne souhaitent vraisemblablement guère en prendre la responsabilité économique. Alors que la diminution significative des relations à tous les niveaux entre Kiev et Moscou a considérablement désavantagé en termes économiques la première, mais pas la deuxième, le fait de devoir sur le court terme perdre près de 3 milliards de dollars annuels supplémentaires ou l’équivalent de 3% du PIB ukrainien (selon l’aveu de l’ambassadrice étasunienne en poste à Kiev) n’arrange en rien les choses.

En passant, le montant de ces recettes annuelles que l’Ukraine reçoit grâce au transit du gaz russe est plus ou moins équivalent au budget annuel ukrainien de l’éducation et dépasse de 1,5 fois les dépenses destinées à la santé, au sport et à la protection de l’environnement. Ajoutez à cela les millions de crédits qui pèsent sur le budget ukrainien et que Kiev ne peut simplement pas rembourser, et vous comprendrez les peu radieuses perspectives du régime de Kiev.

Au sud, les travaux du gazoduc Turkish Stream reliant la Russie à la Turquie —le deuxième principal marché gazier pour Gazprom- via la mer Noire, avancent rapidement. La première conduite est destinée à acheminer le gaz russe sur le marché turc, la deuxième fournira en gaz plusieurs pays de l’UE en passant par la Turquie —permettant par la même occasion à cette dernière de devenir un important hub gazier. En mars 2018, 53% des deux conduites de la section offshore du gazoduc avaient déjà été installées et tant Moscou qu’Ankara souhaitent que le Turkish Stream soit opérationnel aussi vite que possible. Techniquement, il n’existe aucune raison pour que le projet soit retardé, surtout connaissant le degré d’indépendance du gouvernement turc, malgré l’appartenance du pays à l’Otan.

Pour sa part, le projet Nord Stream 2, qui a pour objectif de doubler d’ici fin 2019 les capacités de son «grand frère» Nord Stream 1, qui passe sur le fond de la mer Baltique, avance bien. Berlin vient de donner son feu vert pour la construction du pipeline sur les 31 km appartenant à la zone économique allemande. Et malgré une pression étasunienne sans précédent en vue de faire retarder ce projet à tout prix, avec le soutien de ses «meilleurs» satellites européens —en l’espèce, la Pologne et des pays baltes- le fait est que le pragmatisme économique allemand semble de plus en plus prendre le dessus. Évidemment, c’est tout sauf l’amour pour la Russie qui motive Berlin, mais bel et bien l’absence d’alternative digne de ce nom en termes du rapport prix/logistique/sécurité de l’approvisionnement gazier. Sachant que l’Allemagne est elle-même un très grand consommateur de gaz, et malgré tout «l’amour» que Berlin dit porter à Kiev, notamment en termes de «solidarité» antirusse, il est évident que sa priorité est d’assurer ses habitants en chauffage à un tarif raisonnable plutôt que de penser aux gains, ou plutôt aux pertes économiques ukrainiennes. C’est connu, les Allemands savent très bien compter.

Bien sûr, Washington comme Bruxelles auraient souhaité maintenir aussi longtemps que possible cette relation de gagnant/perdant: faire miroiter le rêve occidental à Kiev tout en poursuivant leurs avancées géopolitiques et en maintenant l’Ukraine ne serait-ce qu’un minimum à flot avec l’argent de la «méchante» Russie.

Eh bien non. Soyez responsables de vos promesses, messieurs et mesdames de l’establishment occidental. Si, comme vous le prétendez, le «meilleur» avenir se trouve à l’Ouest, prouvez-le par les faits, et surtout par des opportunités économiques réelles pour les pauvres Ukrainiens. On connaît cependant déjà le résultat: la Géorgie et la Moldavie, qui ont également misé sur l’intégration atlantiste n’ont pas mis longtemps pour finalement vouloir raviver au maximum leurs relations économico-commerciales avec la Russie.

Pour finir, une simple question logique: comment se fait-il que le pays qui à la chute de l’URSS était la république ex-soviétique la plus développée économiquement —oui, oui, il s’agit bel et bien de l’Ukraine- ait pu si rapidement se retrouver dans un tel marasme économique? Et le comble, c’est que c’est depuis l’intégration «historique», annoncée en grande pompe, avec l’Occident et le divorce avec la Russie, que la situation économique et sociale est la plus terrible, mettant l’Ukraine au niveau de certains des pays les plus pauvres du monde. À méditer.

Peu étonnant d’ailleurs que le rêve à l’occidentale impressionne de moins en moins de peuples du monde, y compris leur jeunesse. Le temps des illusions appartient au passé. Pour le reste, il est aujourd’hui évident qu’il faut toujours réfléchir deux à trois fois avant de cracher dans sa soupe.
Quant aux technocrates occidentaux, vos ambitions géopolitiques, vous les paierez de votre propre poche.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201803291035717311-ukraine-argent/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Non, les sanctions occidentales ne casseront pas la Russie

Sanctions

Malgré la pression politico-économique exercée par l’Occident sur la Russie, cette dernière a clairement montré qu’elle s’est non seulement adaptée à cette réalité, mais qu’en plus elle en tire un profit de plus en plus évident. Retour sur la place de la Russie dans le monde à l’approche des élections présidentielles et de la Coupe du monde.

Alors que le quatrième anniversaire de la réunification de la Crimée avec la Russie approche et que les relations Russie-Occident ne cessent de se détériorer- comme le confirment d’ailleurs les nouvelles tensions entre Londres et Moscou- il serait peut-être temps de faire un bilan de ces quatre années, sur beaucoup de points des années révolutionnaires.

D’ailleurs les nouvelles accusations émanant de la perfide Albion contre la Russie —sans avoir jusqu’à maintenant présenté ne serait-ce qu’un minimum de preuves- confirment la volonté —et l’impuissance- du leadership occidental, notamment anglo-saxon, à faire plier la Russie, ne serait-ce que sur un dossier.

Il est d’ailleurs étonnant que cette crise survienne à l’approche de deux événements importants pour la Russie: les élections présidentielles, qui auront lieu dans quelques jours et dans lesquelles Vladimir Poutine est clairement le grand favori. Mais aussi la Coupe du Monde de football qui, malgré toutes les tentatives des forces russophobes de la lui arracher, aura bien lieu avec l’arrivée de millions de visiteurs étrangers pour ce grand événement sportif planétaire.

Par ailleurs, en Syrie, le «regime change» poussé par les gouvernements et les médias occidentaux ne s’est pas réalisé. Pire encore, aujourd’hui les «intéressés» comprennent que leurs milliards d’investissements se sont évaporés faute d’obtenir le résultat souhaité.

En parallèle, la Russie continue de renforcer ses positions sur l’arène internationale, comme en témoigne le renforcement des relations politiques, économico-commerciales et militaires avec bon nombre de pays n’appartenant pas au petit monde occidental, qui ne cesse de s’affirmer chaque jour un peu plus.

Il faut dire que sur le plan économique, la Russie a de plus en plus d’arguments à faire valoir auprès de ses partenaires: le pays connaît une croissance continue et certains secteurs bénéficient d’un développement sans précédent. Nous pensons notamment à celui de l’agriculture, alors que l’UE continue de calculer les dégâts des contre-sanctions russes visant les produits occidentaux.

Des pertes qui se chiffrent en dizaines de milliards d’euros de pertes financières et en centaines de milliers d’emplois perdus. Pour mémoire, selon les données publiées en 2017 par l’Institut autrichien pour la recherche économique (WIFO), les pays de l’UE ont comptabilisé pour la seule année 2015 (une année après le lancement des sanctions occidentales contre la Russie et la riposte russe qui s’en est suivie) des pertes de revenus de l’ordre de 17,6 milliards d’euros. Le même institut comptabilise 400.000 emplois perdus, toujours pour la seule année 2015, à travers l’Europe bruxelloise en raison des contre-sanctions russes.

Au-delà d’avoir fermé, et probablement pour bien longtemps, l’accès au vaste marché russe à de nombreux produits agroalimentaires occidentaux —dont européens, la Russie renforce ses positions de puissance exportatrice. En effet, aux dernières nouvelles la Russie est tout simplement devenue le premier exportateur mondial de céréales, devançant par la même occasion les USA: elle en a produit 134,5 millions de tonnes en 2017 contre 64,5 millions de tonnes en 2000. La Russie confirme à travers cet exemple qu’elle est loin d’être un pays exportant uniquement ses hydrocarbures et son armement.

Ajoutez à cela les millions d’étudiants étrangers qui continuent de venir se former chaque année en Russie, l’export du savoir-faire russe dans le domaine informatique et des nouvelles technologies, sans oublier les compétences de la Russie dans l’aéronautique et le domaine spatial… cela fait beaucoup pour un pays que certains hommes politiques occidentaux osaient qualifier de «puissance régionale». Et avec les nouvelles opportunités qui s’ouvrent à la Russie en Asie, Afrique et Amérique latine —parties du monde à haut taux de croissance et de consommation et où la Russie est généralement plus que la bienvenue, l’heure est clairement à l’optimisme.

Quant aux provocations occidentales visant la Russie, elles se poursuivront —il faut y être prêt. La Russie est prête.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201803161035520469-russie-occident-sanctions/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Multipolarité, la fin de l’apartheid dans les relations internationales?

globe

Un système injuste qui prétend agir au nom du bien de tous, un système où une minorité entend imposer sa volonté à la majorité, un système par là même condamné. À l’instar du régime d’apartheid en Afrique du Sud, la vision unipolaire du monde porte en elle sa propre fin, comme le confirment les succès des tenants de la multipolarité.

Monde unipolaire = apartheid? Le parallèle entre le système politique raciste d’Afrique du Sud et la gestion internationale du monde voulu par les élites occidentales a de quoi étonner, il n’est pourtant pas si absurde. Qu’on en juge.

Lorsque l’apartheid s’installe en Afrique du Sud, une minorité ethnique, issue de l’immigration occidentale en Afrique, domine tous les domaines du pays —politique, économie, défense…- aux dépens de l’écrasante majorité de la population, et notamment celle de souche. Prenez maintenant le système de gestion du monde qui s’est imposé à la chute de l’URSS, le fameux système unipolaire. À ce moment, les élites de pays ne représentant pas plus de 10% de la population terrestre se sont instituées décideurs de toutes les affaires de la planète, à commencer par les USA, devenus les gendarmes autoproclamés du monde.

Autre similitude. Malgré la base raciste et injuste du régime d’apartheid sud-africain, qui a oppressé de longues années durant les représentants aussi bien de la majorité noire que ceux issus des minorités indiennes, métisses et blanches opposées audit système, le gouvernement sud-africain de l’époque affirmait toujours penser au «bien-être» de toutes les composantes ethniques du pays. Vraisemblablement une habitude au sein des élites occidentales, qui après avoir détruit tellement de pays pour le compte de leurs intérêts géopolitiques et géoéconomiques, continuent malgré tout de crier haut et fort que tout cela se fait pour y apporter «la démocratie, les droits de l’homme et les valeurs universelles».
Des «valeurs universelles» dont eux seuls ont le secret. Et même si la majorité de l’humanité ne veut pas de ces prétendues «valeurs», on pense notamment au «mariage pour tous» et à d’autres exemples, eh bien tant pris: cette majorité terrestre est alors taxée d’extrémisme et déclarée non conforme à la prétendue «communauté internationale», une communauté qui ne rassemble, rappelons-le, tout au plus 10% de la population planétaire. Ceci sans même compter la large opposition, au sein même des pays occidentaux et notamment européens, des citoyens qui refusent d’être associés à la politique de leurs gouvernements et qui rejoignent volontiers le groupe des partisans de la multipolarité.

Après ces parallèles politico-historiques, évoquons maintenant les perspectives d’avenir.

Le régime raciste sud-africain d’apartheid, bien qu’ayant existé des dizaines d’années et pensant pouvoir encore perdurer autant, a fini par tomber. Et c’était tout à fait logique et prévisible. Car malgré toute la puissance oppressive dudit régime, il était devenu clair qu’une minorité ne pouvait pas dominer éternellement une majorité. Et c’est ce qui confirme qu’au niveau global, le système occidental de gestion du monde est appelé lui aussi à tomber.

(Géo) politiquement, c’est déjà de facto le cas. Observez notamment la stricte séparation au sein du Conseil de sécurité de l’ONU (CS) où le bloc Russie/Chine réussit de plus en plus à restreindre les appétits néocoloniaux de la coalition USA/Grande-Bretagne/France. Cette coalition tripartite est d’ailleurs fermement opposée à toute idée d’élargissement du CS, comprenant parfaitement le rôle qui lui serait alors laissé. L’élargissement est au contraire soutenu par Moscou et Pékin (dont la population dépasse, en passant, de plus de trois fois celle du bloc occidental). Pour ces deux capitales, les pays asiatiques, africains et latino-américains, ont également leur mot à dire sur l’avenir du monde, de façon permanente et non pas en qualité d’invités de passage. C’est cela aussi, l’idée de la multipolarité.

Une chose est pour autant certaine: plus le temps passe et plus les réformes observées à divers endroits du monde confirment le succès du bloc russo-chinois, dans sa volonté de modifier définitivement les réalités géopolitiques et géoéconomiques du monde.

Prenons l’exemple de deux structures qui, précisément, jouent un rôle clé dans ce bouleversement du système néocolonial, à savoir l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) et les BRICS.

Quelques statistiques éclairent le débat: la première (Chine, Russie, Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan, Ouzbékistan, Inde, Pakistan + certainement bientôt l’Iran) représente 60% du territoire eurasien et presque la moitié de la population terrestre. L’OCS dispose de 20% des ressources mondiales de pétrole, 38% du gaz naturel, 40% du charbon et 30% de l’uranium sur la planète.
La seconde (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) représente quant à elle 26% de la surface terrestre, plus d’un tiers du PIB mondial (appelé à augmenter dans les années à venir) et près de la moitié de la population du monde. Ajoutez à cela les pays qui rejoignent —et rejoindront prochainement- ces deux blocs et vous comprendrez que les injustices néocoloniales de l’unipolarité sont destinées à devenir de mauvais souvenirs.
En attendant, le travail doit se poursuivre.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201803121035469310-multipolarite-relations-internationales/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Tournée africaine de Sergueï Lavrov: ce n’est qu’un début

Sergueï Lavrov

Alors que la Russie réaffirme et développe ses positions en Afrique, l’heure est au renforcement des liens avec les partenaires historiques de Moscou sur ce continent. Décryptage des réalités politico-historiques et des perspectives dans les relations russo-africaines.

Des paroles aux actes: voilà comment se traduit la relation entre la Russie et les pays du continent africain. Alors que l’Afrique redevient une priorité de la politique extérieure russe, Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe, a commencé sa tournée africaine, lors de laquelle il visitera cinq pays: l’Angola, la Namibie, le Mozambique, le Zimbabwe et l’Éthiopie.

Un choix qui ne doit rien au hasard, histoire oblige: ces cinq pays ont tous ont été des alliés de l’URSS en Afrique durant la Guerre froide.

Ainsi, le parti au pouvoir en Angola, le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA), a-t-il été activement soutenu en son temps par Cuba et l’URSS. Grâce à ce soutien, ce pays lusophone a non seulement pu se libérer du colonisateur portugais, mais aussi vaincre l’interventionnisme sud-africain du régime d’apartheid allié à la CIA, qui soutenait à l’époque l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (UNITA) de Jonas Savimbi, un mouvement qui luttait contre cet allié de l’Union soviétique en Afrique. Au prix d’innombrables victimes et de longues années de guerre, le MPLA a eu le dessus sur l’UNITA. Aujourd’hui, l’Angola est un pays pleinement souverain, dont les citoyens n’immigrent pas ou peu, et qui se permet même d’accueillir un grand nombre de migrants occidentaux, dont pas moins de 200.000 Portugais qualifiés, venus chercher une vie meilleure. Cela sans oublier d’importants investissements angolais dans l’économie de Lisbonne: quelle meilleure revanche sur l’ancienne métropole coloniale?

Il en est de même pour la Namibie, où le parti au pouvoir, l’Organisation du peuple du Sud-Ouest africain (SWAPO), était, comme le MPLA angolais et le Congrès national africain (ANC) sud-africain, soutenu par Moscou et La Havane. Et après des années d’occupation par l’armée sud-africaine, le pays accéda à l’indépendance en 1990. Depuis, son gouvernement n’a cessé de rappeler le rôle de la Russie et de Cuba dans l’obtention de sa liberté. Par ailleurs, la Namibie est aussi un pays dont les citoyens n’immigrent pas ou peu, surtout en comparaison avec les pays sous «tutelle» occidentale, pourtant «disposant» eux aussi d’importantes ressources naturelles.

Le Mozambique était à l’époque lui aussi un partenaire privilégié de l’URSS. D’ailleurs, le drapeau et les armoiries du pays sont là pour le rappeler:

Drapeau du Mozambique et armoiries du Mozambique

En ce qui concerne la symbolique, côté russe, une des rues de Moscou proche de l’Université russe de l’Amitié des Peuples (RUDN) —au passage, l’une des plus internationales au monde- porte le nom de Samora Machel, le père de l’indépendance mozambicaine.

Au Zimbabwe, plusieurs membres du parti au pouvoir, à savoir l’Union nationale africaine du Zimbabwe —Front patriotique (ZANU-PF), sont historiquement liés pour certains à Pékin, pour d’autres à Moscou, et ce depuis la lutte pour l’indépendance.

Enfin et en ce qui concerne l’Éthiopie, au-delà d’avoir été l’un des principaux alliés africains de l’URSS au temps de la Guerre froide, ce pays partage des relations historiques et spirituelles avec la Russie, et ce depuis l’époque des Tsars.

Cela s’est notamment traduit par le soutien accordé par l’Empire russe à l’Éthiopie durant la Première Guerre italo-éthiopienne (1895-1896), qui a permis à cette dernière de rester le seul pays africain à n’avoir jamais été colonisé.

Autre point important, Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, accueille le siège de l’Union africaine (UA), avec laquelle la Russie souhaite développer ses relations. Ainsi, Sergueï Lavrov a-t-il programmé plusieurs rencontres avec de hauts diplomates de l’UA durant sa tournée

Mais les liens entre la Russie et ces cinq pays ne sont pas uniquement historiques et politiques. De nombreuses entreprises russes opèrent sur place, notamment dans le secteur minier en Angola, en Namibie et au Zimbabwe.

Des projets dans les domaines de l’énergie sont tout à fait possibles au Mozambique. Par ailleurs, le Zimbabwe et l’Éthiopie présentent un intérêt particulier pour les entreprises russes spécialisées dans la production et l’exportation d’engrais, à un moment où la Russie renforce ses partenariats directs avec ses clients sur place, au détriment des intermédiaires, bien souvent ni Russes ni Africains. L’Angola, lui, fait partie des principaux partenaires africains de la Russie dans le domaine de la Défense. Une interaction appelée à croître avec les quatre autres pays cités. Ainsi, la Banque russe pour le commerce extérieur (VTB), deuxième banque de Russie, dispose-t-elle d’un bureau de représentation à Luanda. Tout est donc là pour faciliter les échanges entre la Russie et ces pays.

L’un des grands atouts dont dispose indéniablement la Russie pour la suite de cette collaboration est qu’une large partie des élites politico-économiques de ces pays sont prorusses, notamment pour les raisons mentionnées plus haut.
S’ajoute à cela la poursuite de la formation dans les universités russes d’un grand nombre d’étudiants africains issus de ces pays, une jeunesse appelée à prendre le flambeau des relations russo-africaines.

Le choix des pays de cette tournée de Lavrov en Afrique est donc tout à fait pertinent, mais la Russie ne compte pas s’arrêter en si bon chemin et interagira activement avec tout pays du continent qui le souhaitera. C’est probablement le message principal de Moscou à destination de l’Afrique: l’alternative russe est bien lancée et ne compte pas reculer.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201803061035404676-serguei-lavrov-relation-russo-africaine/

Mikhail Gamandiy-Egorov

La Russie en Afrique : le grand retour?

La Russie en Afrique : le grand retour ?

Après une période relativement faible en relations, l’heure pour Moscou est au retour sur le continent africain. Alors que la Russie ne cesse de diversifier largement ses relations extérieures, l’Afrique fait désormais partie des priorités.

Relations intenses durant la période soviétique, notamment dans le cadre de la guerre froide, puis perte de vitesse dans les relations russo-africaines à la chute de l’URSS. Il serait d’ailleurs juste de rappeler que les élites libérales russes de l’époque de Boris Eltsine avait fait en sorte de diffuser une sorte de propagande affirmant que l’URSS ne faisait que nourrir d’autres nations, notamment africaines, en lieu de se focaliser sur ses propres problèmes. Ce qui était très généralement faux.

Certes, l’Union soviétique accordait un soutien important à plusieurs nations africaines, notamment durant la période ayant suivi la décolonisation de ces pays. Il y avait bien sûr aussi une conjoncture idéologique derrière, sachant que dans le cadre de la guerre froide deux systèmes, deux visions opposées, s’affrontaient. Mais il était totalement faux de dire que ce soutien, y compris en direction de l’Afrique, n’était pas dans l’intérêt de la Russie. Au contraire, ces relations d’alliance avaient fortement permis d’accroitre l’influence politique, culturelle, militaire et aussi commerciale de l’URSS à destination de ces pays. Et les nombreux spécialistes russes, militaires comme civils, ayant travaillé en Afrique à cette période pourront le confirmer.

La page des années libérales pro-occidentales étant, heureusement, en bonne partie tournée, l’heure est au renouveau des relations. Si l’espace eurasiatique, ainsi que celui du Proche-Orient, représentent indéniablement un intérêt de premier plan pour la Russie, il n’en reste pas moins que l’Afrique et l’Amérique latine font partie également des grands projets de Moscou à l’international. Et si jusqu’ici les relations les plus intenses étaient avec les pays du nord et du sud du continent africain, on arrive désormais à l’étape où la présence russe s’élargira certainement à toutes les parties de l’Afrique.

Moscou dispose de plusieurs avantages évidents: absence d’histoire coloniale vis-à-vis du continent africain. Plus que cela, l’URSS avait accordé un soutien de premier plan aux mouvements africains de libération nationale dans leur lutte contre le colonialisme et le néocolonialisme. Cela sans oublier une importante participation dans la formation des cadres africains, soit via la venue de spécialistes russes en terre africaine, soit en invitant des milliers d’étudiants africains à venir se former dans les universités soviétiques. Beaucoup de ces anciens étudiants occupent aujourd’hui des postes de première responsabilité dans un certain nombre de pays du continent. Tout cela ne s’oublie pas jusqu’à ce jour.

D’autre part, la politique actuelle de la Russie attire nombre d’Africains. Sachant que Moscou axe sa politique extérieure sur trois piliers fondamentaux: attachement au droit international, respect de la souveraineté des nations, de même que de leurs valeurs et traditions historiques. Enfin, soutien au concept du monde multipolaire — le seul pouvant garantir des relations équitables et justes.

L’Afrique montre clairement qu’elle attend le plein retour de la Russie. La nouvelle Russie, qui le souhaitait aussi, passe désormais aux actes concrets.

Liens d’alliance stratégique historique qui se renforcent avec l’Algérie, aussi bien dans la coopération militaro-technique que civile, zone de libre-échange qui se prépare au lancement avec le Maroc, construction de centrales nucléaires dans une perspective proche en Afrique du Sud et en Egypte (avec laquelle une zone de libre-échange est également en discussion). Exportations des céréales russes à destination de plusieurs pays du continent au moment où la production nationale est en train de battre tous les records. Collaboration aussi dans le domaine minier, sans oublier le domaine éducatif sachant que la Russie continue d’attirer des étudiants de pratiquement tous les pays du continent. Enfin, lancement de nouveaux projets à participation russe en Guinée équatoriale, Ouganda, Burundi, Zambie, Zimbabwe.

En parlant justement des deux derniers cités, le président du conseil d’administration d’Uralchem et vice-président du conseil d’administration d’Uralkali — grande entreprise russe de production et d’exportation d’engrais potassiques, Dmitri Mazepine, s’y est rendu début février et a rencontré les présidents des deux pays Edgar Lungu et Emmerson Mnangagwa.

Lors de ces rencontres il a été décidé d’établir un hub russe pour la fourniture directe des engrais de l’entreprise russe à destination des acheteurs africains. Sachant que la demande pour ces produits en Afrique ne cesse d’augmenter, et est appelée à augmenter encore plus dans les prochaines années. A titre d’exemple donné par l’homme d’affaires russe, le volume actuel des livraisons d’Uralchem et d’Uralkali en Afrique du Sud-Est représente près de 100 000 tonnes par an. Mais sur le court terme, ce volume est appelé à augmenter jusqu’à 500-600 000 tonnes annuelles.

Cette coopération russo-zambienne et russo-zimbabwéenne (et avec d’autres pays africains certainement) permettra de réduire considérablement les prix des engrais pour les agriculteurs africains, en y éliminant les intermédiaires: le plus souvent ni russes, ni africains… Des intermédiaires qui revendaient ces engrais sur place au prix de 450-500 dollars la tonne. La création dudit hub russe sur place et des livraisons directes dans les ports africains permettront de le diminuer jusqu’à 250-300 dollars la tonne. Rien que cela.

Tout en sachant que ce que la première phase du retour véritable de la Russie en Afrique. L’intérêt réciproque n’a jamais été aussi important depuis la fin de l’URSS. Suivez donc l’actualité russo-africaine!

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Mikhail Gamandiy-Egorov