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Iran-Russie: vers l’élargissement de l’alliance stratégique

La visite du président iranien Ebrahim Raïssi à Moscou a remis à l’ordre du jour les liens stratégiques qui unissent l’Iran et la Russie. L’alliance en question concerne aussi bien l’aspect bilatéral que trilatéral avec la Chine, mais également multilatéral dans le cadre du grand espace eurasiatique et l’axe de la multipolarité.

C’est la Russie qui a été choisie par le leader de la République islamique pour sa première visite internationale officielle depuis sa prise de fonction à la tête de l’Iran. Confirmant l’entente des deux nations sur la scène régionale eurasienne et internationale. Téhéran a d’ailleurs remis à la partie russe un projet d’accord de coopération stratégique pour une période d’au moins 20 ans.

M. Raïssi a également rappelé, comme le rapporte Press TV – la télévision internationale iranienne – que la République islamique d’Iran et la Fédération de Russie font partie de plusieurs organisations régionales et internationales, dont l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) au sein de laquelle la Russie joue un rôle important. Confirmant l’attachement de l’Iran à l’axe de la multipolarité, où se trouve l’épicentre de l’anti-impérialisme et du multilatéralisme.

«L’Iran, devenu membre à part entier de l’OCS, entretient désormais de bonnes coopérations avec tous les pays membres. Mais la Russie joue aussi un rôle crucial au sein de l’Union économique eurasiatique et notre coopération pourra accélérer nos échanges, nos liens commerciaux et économiques. L’Iran et la Russie partagent des intérêts communs et peuvent à eux deux renforcer la sécurité régionale et saper l’unilatéralisme. Une bonne interaction entre l’Iran et la Russie, qui sont dotés d’importantes capacités, pourra avoir un impact positif sur la donne régionale et internationale», avait déclaré le président iranien en allusion claire au monde post-unipolaire étasunien.

Il faut noter également qu’au-delà de la rencontre entre les présidents Raïssi et Poutine, le chef d’Etat iranien s’est également exprimé devant la Douma – chambre basse du Parlement russe. Confirmant l’importance des relations entre les deux pays, sachant que peu de leaders étrangers en visite en Russie ont droit au prestige d’intervenir devant les élus russes.

Pour sa part, Vladimir Poutine a fait l’éloge de la coopération étroite entre les deux pays sur la scène internationale et du contact permanent entre Moscou et Téhéran. Il faudrait certainement rappeler aussi que le processus de la pleine adhésion de l’Iran au sein de l’Organisation de coopération de Shanghai (composée en plus de la Russie – de la Chine, du Kazakhstan, du Kirghizistan, de l’Ouzbékistan, du Tadjikistan, de l’Inde et du Pakistan) a été activement soutenu par la Russie.

Pour ce qui est de l’interaction multilatérale, il est à noter que l’axe Chine-Russie-Iran ne cesse de monter en puissance, aussi bien dans la sphère militaro-sécuritaire, notamment à travers l’organisation d’exercices militaires conjoints réguliers, que dans la sphère économique avec l’accord du siècle sino-iranien – conclu pour une période d’un quart de siècle, impliquant plusieurs centaines de milliards d’équivalents de dollars d’investissements.

La réalisation de l’accord de coopération stratégique sur une période similaire entre l’Iran et la Russie scellera définitivement l’axe sino-russo-iranien et donnera sans le moindre doute un coup de pouce supplémentaire au triumvirat concerné, ainsi que plus généralement à l’axe des partisans de l’ordre multipolaire actuel.

Durant son allocution devant les parlementaires russes, le président iranien a également fait mention de la politique irresponsable de l’Otan, qui selon lui mènera au final cette dernière vers son propre éclatement. «L’Otan fait de l’ingérence dans l’espace géographique des pays sous divers prétextes, ils menacent les États indépendants, a annoncé le dirigeant iranien. L’opposition aux démocraties indépendantes, l’opposition à l’identité des peuples, à la culture, aux traditions des peuples, tout cela est à l’ordre du jour de l’Otan, et c’est une tromperie. Ce comportement se soldera par son effondrement», a déclaré le président iranien.

En effet et alors que l’establishment occidental atlantiste tente de s’accrocher jusqu’au bout pour forcer le monde à revenir vers l’ordre unipolaire révolu, l’alliance stratégique des grandes civilisations mondiales a une responsabilité particulière vis-à-vis de l’ère multipolaire qui s’est imposée, et qui de par son essence représente l’écrasante majorité de l’humanité.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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L’Amérique latine poursuivra son éloignement des USA

Au moment où Washington et ses alliés occidentaux tentent par tous les moyens de maintenir une approche résolument unilatéraliste, les pays d’Amérique latine que les USA ont trop longtemps considéré comme leur arrière-cour continuent d’approfondir leurs liens stratégiques avec les principales forces pro-multipolaires.

Les causes souverainistes et résolument tournées en faveur de l’ère multipolaire prennent de plus en plus le dessus à divers endroits du monde. L’Amérique latine n’en est pas une exception, bien au contraire. Bien que – et cela est parfaitement visible – ces processus provoquent une montée d’hystérie du côté washingtonien. Et ce aussi bien en ce qui concerne l’interaction des pays de la région avec la Chine, que la Russie et l’Iran.

En ce qui concerne l’interaction avec Pékin, le volume des échanges entre la RPC et les Etats latino-américains rien que sur la période allant de janvier à septembre 2021 a atteint 331,88 de milliards d’équivalents de dollars, soit une augmentation de 45,5% en glissement annuel. A titre de comparaison : durée toute l’année 2002 le volume des échanges économico-commerciaux sino-latino-américains ne dépassait pas 18 milliards d’équivalents de dollars.

Comme le rappelle également le quotidien anglophone chinois Global Times, de plus en plus de pays de cette région du monde ont signé des accords de coopération ou des protocoles d’accord dans le cadre de l’initiative chinoise La Ceinture et la Route, dans l’espoir de prendre le train du développement économique de la Chine.

Global Times répond également aux critiques émises par les USA quant à cette interaction, en rappelant à la partie étasunienne «qu’une telle clameur montre tout d’abord un grand manque de respect envers les pays d’Amérique latine, reflétant l’arrogance de Washington à ne pas tenir compte de la souveraineté des Etats latino-américains».

Par ailleurs, le quotidien chinois rappelle que l’année dernière les Etats-Unis avaient annoncé qu’ils offriraient 4 milliards de dollars pour «développer» l’Amérique centrale dans le but de «contrer l’influence de la Chine» dans la région. Et ce au moment où le déficit d’investissement dans les infrastructures en Amérique latine est estimé à environ 150 milliards de dollars par an. Il faudrait certainement et en passant rajouter que cette approche typique pour les USA rappelle celle pratiquée déjà dans un certain pays appelé l’Ukraine – plongé depuis les événements du coup d’Etat de 2014 dans le pur marasme économique.

Il est vrai qu’il est nettement plus simple d’organiser une révolution de couleur à moindre frais, que de devoir aider le pays placé sous son orbite sur le plan économique et financier. Dans le cas ukrainien d’ailleurs – cela est d’autant plus anecdotique que Washington souhaite maintenir l’économie ukrainienne à flot via le budget russe et notamment les livraisons gazières de la Russie à l’Europe. Passons.

Dans le cas cette fois-ci de l’interaction des pays d’Amérique latine avec Moscou, il serait juste de noter que de nouvelles perspectives ne manqueront pas de s’ouvrir. La présence économique russe dans nombre de pays latino-américains souverains, notamment au Venezuela dans la sphère énergétique, pourrait s’élargir dans le cadre d’une plus large interaction dans le volet militaro-sécuritaire, même si c’est un domaine dans lequel les pays concernés interagissent déjà activement.

Le tout à l’heure de l’échec du dialogue récent de la Russie avec les USA et l’Otan en ce qui concerne les garanties sécuritaires et qui d’ailleurs n’était que parfaitement prévisible, connaissant la mentalité propre à l’establishment atlantiste. Désormais rien n’est exclu du côté russe. Le reste concernera les négociations avec les alliés souverains de l’espace latino-américain, sachant que plusieurs des Etats concernés le verront d’un œil positif pour faire face aux nombreuses interférences US dans leurs affaires intérieures.

Pour revenir à l’économie, une interaction économique encore plus poussée devrait être étudiée dans le cadre Eurasie-Amérique latine, à l’heure où un pays comme Cuba est déjà membre-observateur de l’Union économique eurasiatique (UEEA).

Pendant ce temps, l’Iran – l’autre adversaire stratégique, aux côtés de Moscou et Pékin, de Washington sur l’arène internationale – augmente lui aussi son interaction avec plusieurs nations d’Amérique latine, dont le Venezuela, s’étant même permis de briser le blocus imposé à la République bolivarienne par l’establishment étasunien.

Pour conclure, il faudrait très certainement rappeler qu’au-delà des alliances forgées entre nombre de pays latino-américains avec l’axe de la multipolarité, les populations des pays concernés restent fortement mobilisées face à la poursuite des tentatives de déstabilisation qui émanent de la capitale US.

En ce sens l’exemple de la Bolivie, qui avait subi une révolution de couleur pro-étasunienne, mais qui n’a pas manqué de revenir à la légitimité à travers la mobilisation populaire lors des dernières élections présidentielles dans ce pays ne fait que confirmer cette thèse. Tout comme le renforcement de l’axe progressiste latino-américain avec la réélection récente de Daniel Ortega au Nicaragua ou encore la victoire à la présidentielle de Pedro Castillo au Pérou. Tous ces événements confirment que la multipolarité et le souverainisme prennent également et résolument le dessus dans l’espace latino-américain. Au détriment de Washington et des nostalgiques de l’unipolarité.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Afrique-Russie: tout ne fait que se construire

Depuis le retour de plus en plus affirmé de la Russie dans son interaction avec les pays du continent africain, il est devenu évident que la stratégie annoncée de Moscou pour l’Afrique en qualité d’une de ses principales priorités en matière de politique extérieure se confirme dans les faits. Bien qu’il reste encore beaucoup à faire.

Depuis le Sommet Russie-Afrique de Sotchi en 2019, l’interaction russo-africaine n’a cessé de poursuivre sa marche en avant, et ce malgré les innombrables critiques de la part des principaux adversaires géopolitiques de l’Etat russe. Cela apparait d’ailleurs comme une suite logique, à l’heure où la Russie démontre clairement l’importance de l’orientation africaine dans sa politique internationale, et que du côté des Etats africains, surtout ceux qui ont déjà fermement affirmé leur droit à la souveraineté véritable ou sont en voie de le faire – la volonté est résolument réciproque.

Au-delà de l’aspect purement interétatique, la Russie peut aujourd’hui compter également sur le soutien d’une large partie de l’opinion publique africaine qui voit en elle un partenaire fiable et sincère. Les événements récents en République du Mali ne font d’ailleurs que renforcer un peu plus cette thèse, car parallèlement au désir des autorités du pays de faire appel à un partenaire de longue date dans le volet sécuritaire dans un cadre souverainiste, la société civile malienne a également joué un rôle de premier plan dans ce rapprochement et dont les opinions ont été justement et largement entendues par l’actuel pouvoir du pays.

Le rôle des thèses panafricaines et souverainistes prend en effet un poids plus que considérable à l’échelle continentale, y compris même dans les pays où les pouvoirs traditionnellement orientés sur les intérêts de l’establishment occidental (des Etats-Unis et de la France notamment) se retrouvent désormais à devoir faire face à une montée des pressions populaires auxquelles ils ne pourront trop longtemps faire la sourde oreille.

Ceci étant dit, beaucoup de choses doivent encore être améliorées dans cette interaction russo-africaine post-soviétique – orientée sur un principe souverainiste, panafricaniste et pro-multipolaire. Si les échanges économico-commerciaux entre les pays africains et la Russie continuent d’aller à la hausse, il n’en demeure pas moins qu’un travail important doit encore être fait. Et ce des deux côtés.

Comme une multiplication des contacts directs entre les opérateurs économiques russes et africains dans le commerce bilatéral. Parmi les recommandations publiées récemment par le Conseil russe pour les affaires internationales (RIAC) on retrouve la poursuite de la diversification des partenariats économico-commerciaux avec les Etats africains, notamment ceux qui ne font pour le moment pas partie des principaux partenaires économiques de la Russie sur continent africain, ainsi qu’une plus large ouverture du marché russe aux exportations africaines. Mais également celui de l’Union économique eurasiatique (regroupant en plus de la Russie – la Biélorussie, le Kazakhstan, l’Arménie et le Kirghizistan).

La coopération dans le secteur de l’enseignement doit elle aussi être revue à la hausse, à l’heure où la Russie accueille pas moins de 270 000 étudiants étrangers, parmi lesquels près de 21 000 étudiants proviennent des pays africains. Un nombre appelé à croître encore plus dans les prochaines années, au moment où la Russie fait traditionnellement partie du Top10 des principales destinations pour les études supérieures au niveau mondial.

Un point très important concerne également une implantation d’industries de transformation d’acteurs industriels russes dans les pays africains. Cela est d’autant plus d’actualité à l’heure où l’Afrique veut pouvoir bénéficier beaucoup plus de ses atouts en termes de ressources naturelles. Pendant trop longtemps, le continent africain était vu comme une base stratégique pour l’obtention des matières premières brutes, en vue d’être transformées dans les régions des acteurs bénéficiaires. Générant d’énormes bénéfices pour ces derniers mais incomparablement moins pour les Etats propriétaires des dites ressources. Quant aux pays africains intéressés par ce type de partenariat, les conditions nécessaires se doivent d’être créées pour pousser les opérateurs économiques et industriels à aller dans cette direction, dans un esprit gagnant-gagnant.

Evidemment, il serait impossible de ne pas faire mention d’une interaction solidaire dans les instances internationales. La Russie va très certainement soutenir ses alliés africains sur la scène internationale, y compris onusienne, sachant qu’au-delà d’être l’une des principales puissances mondiales – est également membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, avec droit de véto. Aussi, les pays africains partageant des relations d’alliance et de partenariat stratégique avec Moscou pourront apporter le soutien nécessaire à la partie russe, notamment lors des votes impliquant l’ensemble de la communauté internationale.

Cet aspect a une importance particulière, à l’heure où une infime minorité mondiale continue de s’autoproclamer être la prétendue communauté internationale, avec le soutien de régimes affiliés. Un schéma qui est inacceptable pour les principaux défenseurs de l’ère multipolaire actuelle, dont la Chine et la Russie. Concernant justement l’interaction de Pékin et de Moscou, il apparait aujourd’hui de plus en plus clairement que les deux puissances, partageant des visions stratégiques communes sur un très grand nombre de dossiers internationaux et dans divers domaines (politique, économie, sécurité, entre autres), pourront travailler dans la complémentarité du savoir-faire réciproque, y compris dans leur interaction stratégique avec l’Afrique. C’est une réalité supplémentaire à prendre en compte.

Tout cela pour dire que les prochaines années seront effectivement décisives pour le partenariat russo-africain, et ce dans de nombreux domaines d’intérêt commun. Et loin de se limiter seulement au partenariat militaro-sécuritaire. Bien que ce dernier aspect fera bien évidemment partie des axes prioritaires entre l’Afrique et la Russie, d’autant plus à l’heure où cela est largement demandé aussi bien par les autorités des pays africains souverains, qu’au niveau d’une large partie des populations africaines. Le tout au moment où les principaux critiques de la présence russe, comme chinoise, n’ont pas été en mesure d’apporter des résultats dignes de ce nom dans le volet sécuritaire, notamment au Sahel. Et ayant en outre été les principaux acteurs du chaos et de l’insécurité qui se sont largement propagés dans les pays concernés.

Cela sans même compter la poursuite de l’interférence dans les affaires intérieures d’Etats africains, avec le maintien d’un agenda purement néocolonial. Ainsi que d’une approche ouvertement hystérique à l’idée que les Africains soient capables de choisir eux-mêmes leurs partenaires et de faire également d’eux-mêmes des analyses géopolitiques et stratégiques.

Dernier point sur le volet sécuritaire. Il ne peut y avoir de développement digne de ce nom d’une nation sans la souveraineté et la sécurité. Les populations africaines l’ont, pour grand nombre d’entre elles, parfaitement compris. Tout le reste n’étant que gesticulations de nostalgiques d’un ordre unipolaire révolu. L’Afrique peut et doit devenir l’un des principaux centres de la multipolarité. Et la Russie peut y contribuer.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Chine: l’écart de mentalité entre les acteurs occidentaux du monde politique et celui des affaires

Au moment où l’establishment politique de l’Occident, en perte évidente de vitesse dans les affaires internationales, tente de sauver la face en misant sur des actes typiques pour la guerre froide à l’encontre de ses principaux adversaires géopolitiques, l’approche des représentants du monde des affaires et de l’entreprenariat occidental se refuse pour nombre d’entre eux à suivre la démarche des élites politiques.

Les grandes entreprises occidentales, tout comme les PME, ne souhaitent vraisemblablement pas perdre les opportunités d’affaires existantes dans les pays considérés comme les principaux adversaires géopolitiques des élites politiques de l’Occident. Ce paradigme représente en soi un casse-tête supplémentaire, et non des moindres, pour l’establishment occidental, nostalgique résolu de l’ère unipolaire – totalement dépassée par la réalité multipolaire.

Le cas de la Chine en représente d’ailleurs un parfait exemple. La première puissance économique mondiale en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat (PIB-PPA), représente non plus seulement le centre des grandes chaines de production à l’échelle mondiale, mais également et aussi un énorme marché pour les entreprises qui offrent leurs technologies et savoir-faire. La démographie alliée à un pouvoir d’achat qui n’a cessé d’aller fortement à la hausse au cours de toutes ces années constituent des éléments évidents et qui ne sont plus à démontrer.

Ainsi, et en ne souhaitant absolument pas perdre ces opportunités existantes, les entreprises occidentales, y compris des géants comme Apple, ont d’ores et déjà investi des multi-milliards de dollars en Chine, en échange du maintien de l’accès au marché local. Ceci d’ailleurs étant dit, le géant IT est aujourd’hui loin d’être la seule entreprise occidentale qui ne suit pas les appels des autorités US pour un désengagement avec Pékin.

Le tout au moment où l’establishment étasunien et occidental continue de nommer expressément la Chine et son renforcement international continu – comme une menace inconditionnelle pour les positions des USA dans le monde. Il faut également reconnaitre qu’il est en cela largement suivi par les médias occidentaux appelés dans le temps « mainstream ».

Au-delà des Etats-Unis, l’Union européenne n’est pas en reste. D’un côté, les politiciens bruxellois soutiennent pour une large part d’entre eux la rhétorique de l’allié (donneur d’ordre ?) étasunien, mais de l’autre Pékin est déjà devenu le principal partenaire économico-commercial de l’UE, ayant dépassé les USA. Et les opérateurs économiques issus de l’Europe bruxelloise qui travaillent avec la Chine ne souhaitent vraisemblablement pas participer à une quelconque hystérie anti-chinoise. Le plus souvent – bien au contraire.

De façon plus générale, les entreprises étasuniennes comme européennes qui possèdent un chiffre d’affaires important dans leur travail en Chine ou avec la Chine – sont justement celles qui bien souvent présentent les meilleurs indicateurs de rentabilité et de taux de dividende par rapport à leurs concurrents qui ignorent ou boycottent le marché chinois, en suivant la ligne des élites politico-médiatiques occidentales.

Pour beaucoup de ces entreprises occidentales, une dépendance s’est d’ailleurs créée vis-à-vis du marché chinois. Y compris parmi les géants internationaux. En supplément d’Apple déjà cité, Microsoft a installé son plus grand centre de R&D à l’étranger dans la capitale chinoise Pékin. Le leader du secteur des équipements réseaux Cisco avait investi 10 milliards de dollars dans ses projets en terre chinoise. On peut également citer Intel ou encore Dell – l’un des principaux fournisseurs US d’ordinateurs portables, qui avait annoncé un investissement de 125 milliards de dollars sur le marché informatique chinois, sur une période de cinq ans.

Evidemment, nombre des entreprises chinoises, y compris dans le secteur des nouvelles technologies, deviennent aujourd’hui de forts sérieux concurrents pour les entreprises occidentales à l’échelle internationale. Mais cela ne décourage vraisemblablement pas ces dernières à vouloir faire des affaires rentables avec l’énorme marché chinois – un marché de production, de recherches et de réalisations, et de consommation par la même occasion. Privilégiant une notion simple: business is business.

Dans le cas de la Russie, l’autre des deux principaux adversaires géopolitiques de l’establishment occidental, on peut clairement observer une approche des cercles d’affaires assez similaire, surtout du côté européen. Pour preuves – les nombreux opérateurs européens engagés dans la réalisation et le lancement du gazoduc Nord Stream 2, y compris dans le financement. A l’heure où les décisions irréfléchies des élites politiques bruxelloises contribuent à accentuer l’actuelle crise gazière hivernale, dans leur suivisme de la politique washingtonienne et étant incapables de défendre au mieux les intérêts des consommateurs et industriels européens.

Cela sans oublier les grands groupes occidentaux présents en Russie: de secteur de la finance à la grande distribution, de l’énergie à l’industrie alimentaire, la liste n’étant pas exhaustive. Et pratiquement aucune de ces entreprises ne souhaite perdre ses positions sur le marché russe, et au pic même des tensions géopolitiques continuent non seulement de s’accrocher à leurs positions, mais souvent passent même à l’extension de leur présence. Tout en sachant, que des opérateurs russes ou issus de pays non-occidentaux seraient pour nombreux ravis de pouvoir prendre leurs places.

Pour conclure, comment peut-on alors comprendre cette différence nette de mentalité et d’approche entre le business et l’entreprenariat des pays occidentaux d’un côté et leurs élites politico-médiatiques? Notamment du côté européen qui paie une facture bien plus large que le maître étasunien. «Valeurs communes» obligent ? Il n’en est rien car bien souvent une bonne partie des élites politiques européistes en fin de carrière deviennent de simples consultants ou orateurs pour le compte d’organisations basées en terre US. Avec des salaires qui leur permettent de maintenir leur mode de vie. Il est donc évident qu’afin de pouvoir espérer un poste payé par les partenaires US bien rémunéré, il faut encore le mériter. Et pour cela, tous les moyens sont bons. Y compris si cela va à l’encontre des intérêts de leurs propres citoyens et opérateurs économiques.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Construire et non pas détruire: la Chine accroit son influence au Moyen-Orient

Les sociétés étatiques chinoises ont signé un accord avec les autorités irakiennes pour la construction d’un millier d’écoles qui représenteront vraisemblablement que la première tranche dudit accord. Pour Bagdad – il s’agit de restaurer avec l’aide de la Chine son système éducatif détruit après des années de guerre et d’interventionnisme. Pour Pékin – d’accroître encore plus son influence dans la région stratégique du Moyen-Orient.

En effet, la République populaire de Chine a une chance assez unique de considérablement augmenter son influence dans la région concernée. Et de mettre une fois de plus en pratique son approche à l’international – construire, et non pas détruire. Avec un clin d’œil évident à Washington.

Il faudrait également rappeler que l’Irak attire aujourd’hui le plus d’investissements chinois dans la région. Et avec le nouvel accord en question – la Chine a la chance non seulement de mettre à profit ses capacités qui ne sont plus à démontrer en matière de construction des infrastructures, mais également de contribuer à remettre sur les rails un secteur stratégique pour toute nation qui se respecte – celui de l’éducation. A ce titre, il serait certainement juste de faire le rappel qu’avant l’agression US contre l’Etat irakien de 2003, le pays pouvait se vanter d’avoir l’un des systèmes éducatifs les plus développés de la région et du monde arabe de façon générale.

Evidemment, il y a d’autres aspects qu’il faut prendre en compte. Comme le fait que la Chine est devenue le principal client du pétrole irakien (5ème producteur mondial). Ou encore que malgré des années d’occupation étasunienne, la présence de cette dernière en terre irakienne ne sera évidemment pas éternelle. A un moment ou un autre, Washington devra plier bagage, et partir du pays ayant été plongé si longtemps dans le chaos par ses «soins». D’autant plus que le parlement irakien a explicitement formulé cette demande, après le lâche assassinat par les USA du général iranien Qassem Soleimani et du chef des Kataeb Hezbollah Abou Mehdi al-Mouhandis, à l’aéroport international de Bagdad.

Là aussi, ce n’est pas tout. L’Iran et l’Irak partagent des relations d’alliance très solides. Et à l’heure de la montée en puissance du triumvirat Chine-Russie-Iran – à l’échelle aussi bien régionale qu’internationale – il devient évident qu’une plus large participation économique chinoise sera la bienvenue. Aussi bien d’ailleurs en Irak, qu’en Syrie, entre autres.

Il est à noter qu’après la réalisation de la première tranche de construction d’écoles déjà annoncée, les opérateurs chinois seront vraisemblablement sollicités à construire 7000 écoles supplémentaires. En d’autres termes – le constat est sans appel. Entre les actions US en Irak comme dans toute la région, et celles de la République populaire de Chine, on comprend vite qui est le destructeur, et qui le réparateur.

Néanmoins, Washington sans surprise poursuivra très certainement sa rhétorique sur une «Chine expansionniste», dans le même style que celle visant Moscou ou Téhéran. Il n’empêche que les années de résistance à la présence US, ainsi que le manque total d’efficacité de cette dernière lors du déferlement des terroristes de Daech, n’en sont que des preuves supplémentaires quant au fait qu’à l’instar de l’Afghanistan, les troupes US devront déguerpir d’Irak.

Il y a un autre point qui a également toute son importance. Si Washington peut, à juste titre, être considéré comme le champion dans la propagation du chaos à l’international, à travers de longues années d’agressions néocolonialistes en terres étrangères, de même que dans le vol des ressources naturelles dans les pays concernés par ces agressions, la résistance contemporaine et la récente réalité géopolitique, mais également géoéconomique, mondiale – résolument multipolaire, auront démontré toutes les limites d’une telle approche des convaincus à prétendument être «exceptionnels» et ne pas à avoir rendre des comptes.

En ce sens, les troupes d’occupation US auront déjà démontré être dans l’incapacité à faire face à la résistance populaire, malgré les énormes moyens militaires à leur disposition. D’autre part, cette incapacité à sécuriser les pays détruits par leur propre interventionnisme, ne créent pas le climat nécessaire pour que des entreprises étasuniennes un tant soit peu sérieuses puissent considérer à s’y aventurer.

Mis à part évidemment les quelques compagnies liées à des firmes de mercenariat US. Et qui de par leurs actions d’exploiter illégalement des ressources naturelles d’Etats souverains, comme notamment en Syrie, ne sauront éternellement pouvoir expliquer à leurs propres concitoyens les dizaines de milliards de dépenses du budget national dans des opérations à l’étranger, en vue de pouvoir simplement enrichir quelques hauts gradés de l’establishment politique ou militaire US.

Aussi, le fait que les principaux défenseurs et promoteurs du concept multipolaire international aient largement haussé le ton – démontre définitivement que le contrepoids à l’unilatéralisme occidental non seulement existe fermement, mais sera appelé à prendre encore plus de poids dans les années à venir.

Faut-il pour autant espérer que Washington déguerpisse de toute la région très rapidement? Certainement pas. Mais l’Irak sera déjà une nouvelle étape fort importante. Quant à la Chine, de même que les nations alliées, elles sauront certainement en qualité de grandes civilisations mondiales à démontrer qu’un pays quel qu’il soit a besoin avant tout de sécurité et de développement. Et non pas d’interventions néocoloniales sous faux couvert «humanitaire-démocratique».

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Diplomatie chinoise: l’ère de l’impunité pour les USA est terminée

La Chine continue de hausser le ton face aux nostalgiques du système unipolaire. Les récentes déclarations de la diplomatie chinoise ont été vues par de nombreux analystes comme un sérieux avertissement vis-à-vis de Washington et de ses supplétifs. Mais aussi et peut-être surtout comme une mise au point définitive quant à l’avenir des affaires internationales.

Les Etats-Unis, leurs alliés occidentaux et certains de leurs supplétifs ont beau prétendre à continuer de s’autoproclamer «communauté internationale», à organiser des pseudo-sommets de la «démocratie» – la réalité multipolaire, elle, ne compte aucunement reculer. Et dans cette réalité, à défaut de l’accepter convenablement – il faudra apprendre à une extrême minorité planétaire à connaitre sa place dans le monde… en qualité d’extrême minorité planétaire.

A ce titre, il serait très intéressant de prêter attention aux toutes récentes déclarations de Wang Wenbin, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères: «Nous condamnons l’intervention militaire brutale des Etats-Unis en Afghanistan, en Irak, et en Syrie au nom de la « démocratie«  et des « droits de l’homme« . Nous appelons la communauté internationale à enquêter sur les crimes de guerre de l’armée étasunienne consistant à tuer des civils innocents dans le monde et à la tenir responsable de ces crimes».

En ajoutant des éléments très importants: «La justice peut être retardée, mais elle ne sera reniée. L’ère durant laquelle les USA agissaient de façon arbitraire dans le monde sous le prétexte de la prétendue « démocratie«  et des « droits de l’homme«  est terminée. Le jour de rendre des comptes finalement viendra pour l’armée US qui a commis les crimes de tuer des civils innocents dans de nombreux pays».

Maintenant, abordons les perspectives. Tout d’abord, il devient aujourd’hui évident que nos prévisions se sont une fois de plus confirmées. Déjà en février dernier et à l’heure où de nombreux analystes et experts présageaient une amélioration des relations sino-étasuniennes après le départ de l’administration Trump de la Maison-Blanche, Observateur Continental a publié une analyse qui indiquait que rien ne présageait au contraire de nettes améliorations dans ces relations. En rappelant notamment que face à la poursuite de l’arrogance dans la politique étasunienne, Pékin continuera à défendre ses intérêts nationaux et à promouvoir la réalité multipolaire mondiale. Ces prévisions se sont largement confirmées.

D’autre part et au moment où certains pouvaient penser que la Chine – tout en étant une superpuissance économique internationale ne se focalisera pas particulièrement sur le volet géopolitique ont là aussi eu tout faux. La République populaire de Chine a au contraire largement accepté son rôle de superpuissance également géopolitique, et a inlassablement raffermi ses alliances avec les autres principales puissances mondiales non-occidentales, parmi lesquelles la Russie et l’Iran.

Enfin, les déclarations récentes de la haute diplomatie chinoise confirment tout simplement que la Chine est effectivement passée à la contre-offensive. L’appel à faire porter la responsabilité aux USA pour les crimes commis à divers endroits de la planète, ainsi que la mise au point sans équivoque que l’ère de l’injustice unipolaire est bel et bien révolue – ne nécessitent pas de commentaire supplémentaire.

Dans ce paradigme de la réalité internationale contemporaine – l’Occident politique pourra alors poursuivre ses gesticulations «moralisantes» autant qu’il souhaitera. Cela ne changera pourtant aucunement les bouleversements mondiaux: des bouleversements dans lesquels l’establishment occidental et ses acolytes devront apprendre à connaitre la place qui est la leur. Encore une fois – cette place est bien connue. Celle d’une minorité planétaire évidente, avec tout ce que cela implique. Y compris sur le plan économique – à l’heure où le poids de l’Occident dans l’économie mondiale ne cesse d’aller à la baisse. Un processus qui par ailleurs ne fera que s’accélérer dans les prochaines années et décennies.

L’Occident et ses suiveurs les plus radicaux avaient pourtant une chance assez unique de tenter à s’adapter à la nouvelle ère multipolaire. Mais les nombreux appels et rappels des nations partisanes de la multipolarité à l’encontre des nostalgiques de l’ordre unipolaire totalement dépassé – à revoir leur mentalité néocoloniale n’ont donné aucun résultat digne de ce nom. Ayant en face des patients inguérissables, il devient évident qu’une telle perte de temps n’apporte que des retards au véritable développement pour l’humanité.

Et en ce sens – les patients intraitables doivent être mis à l’isolement de l’écrasante majorité planétaire. Sachant d’autant plus qu’au sein de cette large majorité terrestre, on retrouve de nombreux citoyens de pays occidentaux – eux aussi adeptes de la multipolarité. La seule et véritable communauté internationale poursuivra donc sa grande marche en avant.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Paris incapable de se défaire de sa politique néocoloniale en Afrique

A l’heure de l’accélération de la chute d’influence sans précédent de l’Elysée sur le continent africain, l’establishment hexagonal continue de chercher des boucs-émissaires pour ses échecs. Le tout en s’obstinant à refuser de regarder la réalité en face : celle que le rejet en masse de la politique néocoloniale de Paris concerne de très loin et en premier lieu les Africains. Et non pas de prétendus acteurs externes.

Tout semble en effet s’accélérer dans les problèmes auxquels fait face le système de la Françafrique. Bien que les principaux acteurs de cette dernière continuent de prétendre que cela n’est que l’œuvre de puissances «hostiles», parmi lesquelles la Russie, la Chine, l’Iran ou encore la Turquie.

Les différents formats que Paris cherche à faire adopter dans son prétendu renouveau relationnel avec les pays africains ne changent absolument rien pour une opinion publique africaine lassée de regarder les faux beaux sourires après des années d’interventions néocoloniales dans les affaires intérieures et les manipulations à grande échelle qui s’en suivaient. Faire semblant à prétendre ne pas voir cette réalité pour les responsables élyséens équivaut à devoir accepter une suite des événements qui ne fera qu’exacerber l’hostilité de très nombreux Africains à l’encontre de la politique française et plus généralement occidentale.

Après l’échec déjà subi en Centrafrique et celui en cours au Mali, les récentes manifestations de masse contre la présence militaire française au Burkina Faso, puis au Niger, ont remis au grand jour une réalité que nous avons déjà abordé nombre de fois. A savoir que les échecs de l’establishment hexagonal en Afrique ne sont l’œuvre que de son extrême arrogance, une mentalité purement néocoloniale, et des objectifs ouvertement prédateurs à l’encontre des Etats africains.

Evidemment, l’Elysée comme le Quai d’Orsay pourront continuer à faire leurs «beaux» communiqués et donner des interviews aux médias francophones, comme anglophones – eux aussi en extrême perte d’influence dans l’espace médiatique africain, où ils poursuivront leurs accusations à l’encontre des acteurs internationaux – qui jouissent d’un large soutien auprès de nombreux habitants d’Afrique.

Il est évident que notre objectif n’est pas de donner de quelconques conseils à des personnages qui s’estiment toujours exceptionnels et qui pensent avoir (encore) la légitimité de détenir le pouvoir mondial – car se considérant être les pseudo-vainqueurs de la guerre froide. Et pensant avoir encore les moyens de nous forcer tous, ou du moins l’écrasante majorité de l’humanité, à retourner vivre à l’ère unipolaire. Bien sûr que non. Mais face à chaque mensonge propagé – les points sur les «i» continueront d’être remis.

Dans tous les cas, les meilleures juges seront les populations concernées. Et en ce qui concerne l’Afrique, il faut être aujourd’hui complètement aveugle et mentalement malade pour ne pas voir de quel côté penchent résolument la balance et les sympathies. Aussi, personne n’accordera plus de confiance à un autre partenaire pour les beaux yeux. Mais peut-être que tout simplement, les peuples africains ont parfaitement compris dans leurs observations et analyses personnelles – qui sont les prédateurs et les hypocrites, et qui sont les partenaires qui méritent leur confiance.

Tout le reste – n’étant que gesticulations de personnages vivant de leur entier dans une ère révolue et qui ne reviendra pas. Cette ère est bel et bien partie. Et avec elle bientôt ses nostalgiques néocolonialistes.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Les actions de déstabilisation en Afrique visent la Chine

La Chine observe avec vive attention tous les événements récents se déroulant sur le continent africain avec lequel Pékin partage des relations stratégiques. Il est aujourd’hui évident que les échanges massifs économico-commerciaux sino-africains, ainsi que l’intégration de l’Afrique dans le projet de la Nouvelle route de la soie – déplaisent fortement aux adversaires géopolitiques et géoéconomiques de la superpuissance chinoise.

Les actions toujours en cours d’un certain nombre d’acteurs externes au continent africain visent non seulement à saper la vague souverainiste et panafricaine largement observée à l’échelle continentale, mais également et évidemment l’interaction stratégique des pays africains avec la Chine, la Russie et d’autres puissances non-occidentales. Cette réalité ne peut ne pas inquiéter le leadership chinois.

L’ordre international multipolaire actuel – dont font largement la promotion Pékin et Moscou, de même que leurs alliés, correspond parfaitement aux attentes de nombreux Africains qui aspirent à une pleine souveraineté de leurs nations et de leur continent, à des partenariats qui tiennent comptent des aspirations africaines de développement, ainsi qu’en matière de libre choix des partenaires. Pourtant, c’est aujourd’hui un secret de polichinelle que de savoir que l’establishment occidental s’obstine à refuser cette réalité internationale.

Bien que l’Occident accuse aujourd’hui ses adversaires géopolitiques et géoéconomiques de mener des campagnes hostiles à son encontre, y compris en Afrique, la réalité est qu’il n’arrive toujours pas à reconnaitre (bien qu’il le sache parfaitement) que les populations africaines n’ont aucun besoin aujourd’hui d’acteurs extérieurs pour leur expliquer les bienfaits ou les désavantages de coopération avec tel ou tel acteur. Au contraire, les analyses géopolitiques des Africains correspondent pour de très nombreux d’entre eux aux évolutions du monde contemporain. Et ce aussi bien du côté de plusieurs responsables politiques, diplomatiques, des opérateurs économiques – mais aussi et peut-être surtout au niveau de la société civile africaine.

Evidemment et là aussi, ces processus déplaisent fortement aux élites occidentales, qui préfèrent maintenir ce qu’ils considèrent encore comme leur prétendu «pré-carré» (néocolonial). Pourtant le monde occidental, du moins dans sa version politique et médiatique (les peuples eux se sont pour beaucoup déjà adaptés à la nouvelle réalité multipolaire), devra dans tous les cas apprendre lui aussi à s’adapter, au risque de perdre encore plus de ce qu’il n’a perdu jusqu’à maintenant.

Maintenant et pour répondre à la question en quoi les actions de déstabilisation en Afrique, souvent promues par les intérêts occidentaux, visent la Chine et plus généralement l’interaction sino-africaine. Il faut à ce titre faire mention de plusieurs points. Et pas seulement du fait que la Chine est effectivement le principal partenaire économico-commercial des pays africains en tant qu’Etat. De même que le principal bâtisseur dans le domaine des projets d’infrastructure. Et ce depuis maintenant de longues années.

Mais la volonté de Pékin d’intégrer nombre de pays africains dans son colossal projet de «la Ceinture et la Route» augmente fortement l’inquiétude occidentale. Et ce certainement pour plusieurs raisons. Et pas que, comme certains pourraient le croire, en raison de la peur que cela fera monter encore plus la puissance économique chinoise – en Afrique comme au niveau international. Mais bien au fait que cela risque de largement contribuer au développement de l’Afrique. Chose, malgré toutes les belles paroles qui diront le contraire, que ne souhaite pas l’establishment occidental.

Sébastien Périmony, membre du bureau Afrique de l’Institut Schiller, par ailleurs rédacteur du site Afrique du Futur et auteur du livre Voir l’Afrique avec les yeux du futur avait fait référence à un point très intéressant: avec l’émergence des BRICS et du programme chinois «la Ceinture et la Route», l’Afrique vient de rentrer à deux pieds dans l’ère du co-développement, mettant ainsi fin à la soumission à la logique dite «d’aide au développement». Confirmant par la même occasion la thèse selon laquelle l’industrialisation de l’Afrique est bien en marche.

Et c’est justement là que l’on comprend mieux les raisons d’une vive opposition occidentale à ces initiatives, car bien au-delà de faire de la concurrence aux intérêts économiques occidentaux, la Chine contribue effectivement au développement industriel des pays africains. Pour un continent aussi riche en matières premières que l’Afrique, il est aujourd’hui évident qu’une véritable industrialisation digne de ce nom est la condition indispensable pour le développement continental et le bien-être des populations concernées. Donc qui dit industrialisation – dit développement économique. Et qui dit développement économique réel – dit aussi plus d’indépendance et de souveraineté. Y compris vis-à-vis des acteurs externes s’étant trop longtemps considérés être en position de quasi-monopole sur nombre de questions africaines. Ce temps est aujourd’hui de plus en plus révolu.

Mais les acteurs en question ne comptent pas abandonner et s’adapter aux nouvelles règles en vigueur. Et c’est justement la raison pour laquelle le maintien, et même la multiplication, de zones instables rentrent parfaitement dans les intérêts occidentaux actuels. Comme cela est d’ailleurs observé aujourd’hui à divers endroits du grand continent africain. Par la même occasion en mettant au maximum les bâtons dans les roues des pays qui souhaitent radicalement modifier leur secteur militaro-sécuritaire pour défendre au mieux leur souveraineté et leur intégrité territoriale, dans le but justement de pouvoir lancer à terme des projets de développement digne de ce nom.

Pour autant, l’establishment occidental oublie que malgré ce chaos déjà propagé et qui continue de l’être, les processus de sécurisation avancent eux aussi et de plus en plus dans la direction attendue par les populations africaines. Et que même en tenant compte de toutes les tentatives à les dénigrer, il n’est pas aujourd’hui difficile de voir de quel côté penchent les sentiments d’appréciation.

Quant à la Chine, au-delà d’être effectivement une superpuissance économique mondiale, elle assume également désormais pleinement son rôle d’une des principales puissances géopolitiques du monde. Et si viendra la nécessité de défendre ses positions stratégiques, il est à croire que Pékin n’hésitera pas à le faire. Aussi bien avec son propre potentiel, qu’en coordination avec ses partenaires.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Iran-Venezuela: vers le renforcement de l’alliance stratégique

Coopération dans la sphère pétrolière, solidarité politico-diplomatique, interaction sécuritaire – Téhéran et Caracas continuent de renforcer les liens stratégiques qui les lient. Au-delà de contrer conjointement les pressions étasuniennes, cette alliance permet à l’Iran de renforcer son influence loin de ses frontières, dans ce que Washington s’obstine à considérer encore comme son arrière-cour.

Une cargaison de 2,1 millions de barils de condensats iraniens, la livraison la plus récente, résultant d’un accord d’échange entre l’Iran et le Venezuela, devrait commencée à être déchargée dans un port de PDVSA – la compagnie pétrolière appartenant à l’Etat vénézuélien, écrit l’agence Reuters.

Les compagnies pétrolières d’Etat des deux pays, sanctionnées par les USA, PDVSA et la National Iranian Oil Company (NIOC), avaient conclu le mois dernier un contrat, en vigueur pendant six mois dans sa première phase, pour échanger du condensat iranien contre du brut lourd vénézuélien.

Cette coopération entre la République islamique et la République bolivarienne continue de se renforcer et ce malgré la colère et les tentatives d’intimidation de la part de Washington. Mais il devient aujourd’hui assez évident que les deux nations – considérées respectivement par l’establishment étasunien comme l’un des trois principaux adversaires (avec la Chine et la Russie) au niveau mondial dans le cas de l’Iran, et l’un des principaux adversaires en Amérique latine dans celui du Venezuela – ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin.

Ahmad Sobhani, l’ancien ambassadeur de l’Iran au Venezuela, cité par la télévision internationale iranienne Press TV – a affirmé que son pays pourrait partager avec Caracas les résultats de son autosuffisance dans plusieurs domaines, notamment dans le secteur pétrochimique avec la construction de raffineries et le forage de pétrole. L’ex-diplomate iranien fait également mention du secteur agricole arguant que le Venezuela possède des millions d’hectares de terres agricoles qui ne sont pas exploitées, tout en étant un pays riche en ressources d’eau douce.

Par ailleurs, les deux pays faisant face aux sanctions économiques US peuvent utiliser les cryptomonnaies et les lingots d’or dans leurs transactions bilatérales. Il est à noter que selon le chef de la diplomatie iranienne Hossein Amir-Abdollahian, le président vénézuélien Nicolas Maduro devrait se rendre prochainement en Iran pour la signature d’un accord de coopération de 20 ans entre les deux Etats. Vraisemblablement, les choix stratégiques des partisans résolus de la multipolarité visent de plus en plus le long-terme. Pour rappel, un accord d’un quart de siècle avait déjà été signé entre Téhéran et Pékin et devrait bientôt être signé avec Moscou.

Mais là aussi ce n’est pas tout, l’interaction grandissante entre l’Iran et le Venezuela, tout comme le renforcement de la présence iranienne à d’autres endroits d’Amérique latine, qui inquiète profondément Washington, a toutes les chances de s’élargir à la sphère militaro-sécuritaire. Nicolas Maduro aurait mentionné être intéressé par l’achat de drones et missiles balistiques produits par l’Iran. Le tout sachant que Caracas fait également partie des principaux partenaires en Amérique latine dans le domaine militaro-technique de la Russie… Et tout en entretenant des relations économiques et politico-diplomatiques fortes avec Pékin.

En parlant des perspectives, il est à considérer que ce renforcement de l’alliance de la nation bolivarienne avec Téhéran, et plus généralement avec le triumvirat Chine-Russie-Iran, renforce la sécurité de l’Etat face aux plans washingtoniens et de ses acolytes régionaux de faire tomber le gouvernement du pays. Pour Moscou et Pékin, l’Amérique latine représente également une région stratégique aussi bien dans le domaine économique, que sur le plan militaro-sécuritaire et géopolitique – à l’heure d’une alliance sans précédent entre les pays partisans de l’ordre multipolaire mondial. Une approche similaire pour Téhéran, qui par la même occasion confirme une fois de plus qu’au-delà d’être une puissance régionale de premier plan, tout porte à croire que la nation perse affirme de plus en plus son statut de puissance internationale.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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50ème anniversaire du siège chinois à l’ONU: l’opposition aux nostalgiques de l’hégémonie

La Chine célèbre le cinquantième anniversaire de la restauration de son siège onusien. A ce titre, il apparait aujourd’hui clairement que le contrepoids actuel au sein de l’ONU face aux forces occidentales représente indéniablement une orientation de première importance pour tous les pays partisans de l’ordre multipolaire.

De façon générale, les actions souvent conjointes de la Chine et de la Russie, constituant depuis maintenant plusieurs années un bloc soudé au sein du Conseil de sécurité de l’ONU, représentent tout simplement les règles propres au monde multipolaire actuel. Et dans le cadre de ces règles, toute posture à visée hégémonique d’une minorité s’étant autoproclamée être la communauté internationale, qu’elle n’est pas et qu’elle ne représente pas, trouvera une ferme opposition de la part de ces deux pays, étant tout simplement deux des trois principales puissances mondiales.

Cette date du 50ème anniversaire de la restauration du siège légitime de la République populaire de Chine aux Nations unies, a non seulement aujourd’hui une grande importance pour Pékin, mais plus généralement pour tous ceux qui se revendiquent du multilatéralisme et du concept multipolaire. D’ailleurs, plusieurs des ambassadeurs en poste en Chine, notamment de Russie, d’Iran, de Cuba, du Zimbabwe et de l’Union africaine (UA) – n’ont pas manqué de saluer le rôle de l’Etat chinois à l’ONU dans la défense du multilatéralisme, ainsi que le fait d’être une grande puissance internationale responsable.

Pour Andreï Denissov, l’ambassadeur russe en Chine «il ne fait aucun doute que la dégradation des organisations internationales en temps de crises entraînera de graves conséquences au niveau mondial. C’est pourquoi la Russie et la Chine, deux membres responsables de la communauté internationale, continuent de soutenir l’ONU et de faire avancer son programme positif et unificateur». En ajoutant que les deux pays développaient leur politique étrangère de manière constructive et flexible, montrant la volonté de faire des compromis mais sur la base du respect mutuel et d’un équilibre des intérêts.

De son côté, l’ambassadeur de l’Iran Mohammad Keshavarzzadeh, note qu’au cours du dernier demi-siècle, la Chine a joué un rôle majeur dans l’opposition à l’unilatéralisme et dans la défense du multilatéralisme: «La Chine s’oppose toujours à l’approche humiliante et est considérée comme une source d’inspiration pour d’autres nations indépendantes. L’Iran et la plupart des pays en développement du monde espèrent tirer davantage de bienfaits du rôle constructif que joue la Chine en tant que grande puissance économique responsable». Le représentant iranien a également fait référence à l’initiative chinoise de la Ceinture et la Route – dans le cadre de laquelle la collaboration améliorera la création de richesse et atténuera la pauvreté dans le monde.

Carlos Miguel Pereira, l’ambassadeur cubain en poste à Pékin, a déclaré de son côté que la République populaire de Chine est devenue un acteur essentiel du système onusien et que sa position progressiste a contribué à démocratiser les Nations unies, tout en promouvant le multilatéralisme. Il a également affirmé que «la présence de la Chine soutient le droit des peuples de tous les pays à l’autodétermination et contribue à l’avancement pratique et durable de l’agenda international de l’ONU». Par ailleurs, Cuba félicite la voix ferme de Pékin à l’ONU contre l’ingérence étrangère dans les affaires intérieures d’autres pays, de même que sa position contre les actes unilatéraux hostiles des Etats-Unis et d’autres puissances occidentales à l’encontre des pays progressistes.

Le représentant du Zimbabwe, l’un des principaux alliés africains de Pékin, Martin Chedondo, a quant à lui déclaré être heureux de constater que la Chine s’affirme aujourd’hui pour assurer le leadership mondial: «La vision chinoise pour la construction d’une communauté mondiale de destin, par exemple, est conçue pour la promotion du multilatéralisme et en qualité d’exemple de la gouvernance mondiale».

Maintenant et en termes de perspectives, s’il est évident que le système onusien est souvent critiqué, et ce de façon justifiée, il demeure également indéniable que la présence au sein du Conseil de sécurité de deux des trois plus grandes puissances internationales, par la même occasion résolument partisanes de l’ordre multipolaire dont elles sont les principales forces motrices, a créé un contrepoids ferme aux actions déstabilisatrices des USA et de leurs supplétifs occidentaux. A ce titre, les nombreux vétos conjoints sino-russes face aux actions occidentales ont non seulement permis de créer un casse-tête pour les nostalgiques de l’ère unipolaire, mais aussi et surtout ont largement contribué à défendre la souveraineté des peuples contre l’interférence néocoloniale: Syrie, Burundi, Venezuela,… – la liste n’est pas exhaustive.

Si de nombreux experts occidentaux ont longtemps fait propagé l’idée que l’alliance sino-russe ne sera pas un projet durable, il apparait aujourd’hui de façon claire et évidente à quel point leurs pronostics sont tombés à l’eau. Car au-delà de faire preuve d’une solidarité ferme dans une structure comme l’ONU, Pékin et Moscou ont le mérite de largement coordonner ensemble les processus d’intégration dans le grand espace eurasiatique, notamment au sein de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), et ce aussi bien dans le cadre économique que sur le plan militaro-sécuritaire. Cette coordination et cette solidarité s’appliquent d’ailleurs plus généralement sur pratiquement toute la scène internationale. Récemment, Wang Wenbin – porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères avait publié que la relation entre la Chine et la Russie n’est pas une alliance – mais mieux que toute alliance. Notant le caractère très spécial de cette relation dans un style propre à un représentant d’une grande civilisation.

Une chose est sûre: face au duo sino-russe et plus généralement face à l’axe des partisans de la multipolarité – les visées hégémoniques de l’axe atlantiste continueront fort certainement de subir des échecs retentissants. Enfin et tenant compte du fait que Pékin est l’un des plus grands contributeurs financiers de l’organisation onusienne, il serait peut-être également grand temps de réformer radicalement la formation des comités d’experts onusiens et plus généralement la politique en matière des ressources humaines de l’ONU. Car il est en effet anormal qu’à l’ère actuelle les cadres occidentaux ou affiliés à l’Occident soient privilégiés au détriment de l’écrasante majorité planétaire.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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