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Iran-Russie: vers l’élargissement de l’alliance stratégique

La visite du président iranien Ebrahim Raïssi à Moscou a remis à l’ordre du jour les liens stratégiques qui unissent l’Iran et la Russie. L’alliance en question concerne aussi bien l’aspect bilatéral que trilatéral avec la Chine, mais également multilatéral dans le cadre du grand espace eurasiatique et l’axe de la multipolarité.

C’est la Russie qui a été choisie par le leader de la République islamique pour sa première visite internationale officielle depuis sa prise de fonction à la tête de l’Iran. Confirmant l’entente des deux nations sur la scène régionale eurasienne et internationale. Téhéran a d’ailleurs remis à la partie russe un projet d’accord de coopération stratégique pour une période d’au moins 20 ans.

M. Raïssi a également rappelé, comme le rapporte Press TV – la télévision internationale iranienne – que la République islamique d’Iran et la Fédération de Russie font partie de plusieurs organisations régionales et internationales, dont l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) au sein de laquelle la Russie joue un rôle important. Confirmant l’attachement de l’Iran à l’axe de la multipolarité, où se trouve l’épicentre de l’anti-impérialisme et du multilatéralisme.

«L’Iran, devenu membre à part entier de l’OCS, entretient désormais de bonnes coopérations avec tous les pays membres. Mais la Russie joue aussi un rôle crucial au sein de l’Union économique eurasiatique et notre coopération pourra accélérer nos échanges, nos liens commerciaux et économiques. L’Iran et la Russie partagent des intérêts communs et peuvent à eux deux renforcer la sécurité régionale et saper l’unilatéralisme. Une bonne interaction entre l’Iran et la Russie, qui sont dotés d’importantes capacités, pourra avoir un impact positif sur la donne régionale et internationale», avait déclaré le président iranien en allusion claire au monde post-unipolaire étasunien.

Il faut noter également qu’au-delà de la rencontre entre les présidents Raïssi et Poutine, le chef d’Etat iranien s’est également exprimé devant la Douma – chambre basse du Parlement russe. Confirmant l’importance des relations entre les deux pays, sachant que peu de leaders étrangers en visite en Russie ont droit au prestige d’intervenir devant les élus russes.

Pour sa part, Vladimir Poutine a fait l’éloge de la coopération étroite entre les deux pays sur la scène internationale et du contact permanent entre Moscou et Téhéran. Il faudrait certainement rappeler aussi que le processus de la pleine adhésion de l’Iran au sein de l’Organisation de coopération de Shanghai (composée en plus de la Russie – de la Chine, du Kazakhstan, du Kirghizistan, de l’Ouzbékistan, du Tadjikistan, de l’Inde et du Pakistan) a été activement soutenu par la Russie.

Pour ce qui est de l’interaction multilatérale, il est à noter que l’axe Chine-Russie-Iran ne cesse de monter en puissance, aussi bien dans la sphère militaro-sécuritaire, notamment à travers l’organisation d’exercices militaires conjoints réguliers, que dans la sphère économique avec l’accord du siècle sino-iranien – conclu pour une période d’un quart de siècle, impliquant plusieurs centaines de milliards d’équivalents de dollars d’investissements.

La réalisation de l’accord de coopération stratégique sur une période similaire entre l’Iran et la Russie scellera définitivement l’axe sino-russo-iranien et donnera sans le moindre doute un coup de pouce supplémentaire au triumvirat concerné, ainsi que plus généralement à l’axe des partisans de l’ordre multipolaire actuel.

Durant son allocution devant les parlementaires russes, le président iranien a également fait mention de la politique irresponsable de l’Otan, qui selon lui mènera au final cette dernière vers son propre éclatement. «L’Otan fait de l’ingérence dans l’espace géographique des pays sous divers prétextes, ils menacent les États indépendants, a annoncé le dirigeant iranien. L’opposition aux démocraties indépendantes, l’opposition à l’identité des peuples, à la culture, aux traditions des peuples, tout cela est à l’ordre du jour de l’Otan, et c’est une tromperie. Ce comportement se soldera par son effondrement», a déclaré le président iranien.

En effet et alors que l’establishment occidental atlantiste tente de s’accrocher jusqu’au bout pour forcer le monde à revenir vers l’ordre unipolaire révolu, l’alliance stratégique des grandes civilisations mondiales a une responsabilité particulière vis-à-vis de l’ère multipolaire qui s’est imposée, et qui de par son essence représente l’écrasante majorité de l’humanité.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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L’Amérique latine poursuivra son éloignement des USA

Au moment où Washington et ses alliés occidentaux tentent par tous les moyens de maintenir une approche résolument unilatéraliste, les pays d’Amérique latine que les USA ont trop longtemps considéré comme leur arrière-cour continuent d’approfondir leurs liens stratégiques avec les principales forces pro-multipolaires.

Les causes souverainistes et résolument tournées en faveur de l’ère multipolaire prennent de plus en plus le dessus à divers endroits du monde. L’Amérique latine n’en est pas une exception, bien au contraire. Bien que – et cela est parfaitement visible – ces processus provoquent une montée d’hystérie du côté washingtonien. Et ce aussi bien en ce qui concerne l’interaction des pays de la région avec la Chine, que la Russie et l’Iran.

En ce qui concerne l’interaction avec Pékin, le volume des échanges entre la RPC et les Etats latino-américains rien que sur la période allant de janvier à septembre 2021 a atteint 331,88 de milliards d’équivalents de dollars, soit une augmentation de 45,5% en glissement annuel. A titre de comparaison : durée toute l’année 2002 le volume des échanges économico-commerciaux sino-latino-américains ne dépassait pas 18 milliards d’équivalents de dollars.

Comme le rappelle également le quotidien anglophone chinois Global Times, de plus en plus de pays de cette région du monde ont signé des accords de coopération ou des protocoles d’accord dans le cadre de l’initiative chinoise La Ceinture et la Route, dans l’espoir de prendre le train du développement économique de la Chine.

Global Times répond également aux critiques émises par les USA quant à cette interaction, en rappelant à la partie étasunienne «qu’une telle clameur montre tout d’abord un grand manque de respect envers les pays d’Amérique latine, reflétant l’arrogance de Washington à ne pas tenir compte de la souveraineté des Etats latino-américains».

Par ailleurs, le quotidien chinois rappelle que l’année dernière les Etats-Unis avaient annoncé qu’ils offriraient 4 milliards de dollars pour «développer» l’Amérique centrale dans le but de «contrer l’influence de la Chine» dans la région. Et ce au moment où le déficit d’investissement dans les infrastructures en Amérique latine est estimé à environ 150 milliards de dollars par an. Il faudrait certainement et en passant rajouter que cette approche typique pour les USA rappelle celle pratiquée déjà dans un certain pays appelé l’Ukraine – plongé depuis les événements du coup d’Etat de 2014 dans le pur marasme économique.

Il est vrai qu’il est nettement plus simple d’organiser une révolution de couleur à moindre frais, que de devoir aider le pays placé sous son orbite sur le plan économique et financier. Dans le cas ukrainien d’ailleurs – cela est d’autant plus anecdotique que Washington souhaite maintenir l’économie ukrainienne à flot via le budget russe et notamment les livraisons gazières de la Russie à l’Europe. Passons.

Dans le cas cette fois-ci de l’interaction des pays d’Amérique latine avec Moscou, il serait juste de noter que de nouvelles perspectives ne manqueront pas de s’ouvrir. La présence économique russe dans nombre de pays latino-américains souverains, notamment au Venezuela dans la sphère énergétique, pourrait s’élargir dans le cadre d’une plus large interaction dans le volet militaro-sécuritaire, même si c’est un domaine dans lequel les pays concernés interagissent déjà activement.

Le tout à l’heure de l’échec du dialogue récent de la Russie avec les USA et l’Otan en ce qui concerne les garanties sécuritaires et qui d’ailleurs n’était que parfaitement prévisible, connaissant la mentalité propre à l’establishment atlantiste. Désormais rien n’est exclu du côté russe. Le reste concernera les négociations avec les alliés souverains de l’espace latino-américain, sachant que plusieurs des Etats concernés le verront d’un œil positif pour faire face aux nombreuses interférences US dans leurs affaires intérieures.

Pour revenir à l’économie, une interaction économique encore plus poussée devrait être étudiée dans le cadre Eurasie-Amérique latine, à l’heure où un pays comme Cuba est déjà membre-observateur de l’Union économique eurasiatique (UEEA).

Pendant ce temps, l’Iran – l’autre adversaire stratégique, aux côtés de Moscou et Pékin, de Washington sur l’arène internationale – augmente lui aussi son interaction avec plusieurs nations d’Amérique latine, dont le Venezuela, s’étant même permis de briser le blocus imposé à la République bolivarienne par l’establishment étasunien.

Pour conclure, il faudrait très certainement rappeler qu’au-delà des alliances forgées entre nombre de pays latino-américains avec l’axe de la multipolarité, les populations des pays concernés restent fortement mobilisées face à la poursuite des tentatives de déstabilisation qui émanent de la capitale US.

En ce sens l’exemple de la Bolivie, qui avait subi une révolution de couleur pro-étasunienne, mais qui n’a pas manqué de revenir à la légitimité à travers la mobilisation populaire lors des dernières élections présidentielles dans ce pays ne fait que confirmer cette thèse. Tout comme le renforcement de l’axe progressiste latino-américain avec la réélection récente de Daniel Ortega au Nicaragua ou encore la victoire à la présidentielle de Pedro Castillo au Pérou. Tous ces événements confirment que la multipolarité et le souverainisme prennent également et résolument le dessus dans l’espace latino-américain. Au détriment de Washington et des nostalgiques de l’unipolarité.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Mali vs Cedeao: Bamako peut compter sur ses soutiens internationaux

Dans le bras de fer qui oppose actuellement le Mali et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), les autorités maliennes ne prévoient vraisemblablement pas de fléchir, pouvant compter sur nombre de soutiens africains et internationaux. Mais aussi sur le soutien populaire intérieur et les larges sympathies en provenance de la société civile panafricaine.

De nombreux observateurs ont pu noter que les sanctions imposées par la Cedeao aux autorités maliennes ne sont que la suite logique des pressions et intimidations exercées par Paris sur Bamako suite au rapprochement stratégique du Mali avec la Russie. Faisant par la même occasion poursuivre l’effet domino de la chute d’influence du système néocolonial françafricain.

De nombreux Africains parlent même d’un simple travail de procuration de cette même Cedeao en faveur des intérêts de l’Elysée. Une chose est sûre: depuis des mois Paris met à contribution ses principaux supplétifs dans la région pour accentuer la pression sur le Mali dans ses choix stratégiques, y compris si en faisant cela les régimes concernés vont à l’encontre des ressentiments d’une large partie de leurs propres concitoyens, comme ce fut observé notamment au Niger où des manifestations contre la présence militaire française avaient eu lieu, avec des victimes civiles parmi les manifestants.

Cette thèse est d’autant plus confirmée que pratiquement immédiatement après l’annonce de la Cedeao d’imposer des sanctions au Mali, la diplomatie française a tenté de faire adopter à l’Onu un texte de soutien à ces sanctions. En vain – la Russie et la Chine en qualité de membres permanents du Conseil de sécurité onusien ont bloqué ledit texte, confirmant une fois de plus leur solidarité réciproque au niveau international et ne permettant pas aux manœuvres élyséennes à l’Onu d’atteindre l’objectif escompté.

Malgré cet échec évident, les médias hexagonaux et plus généralement occidentaux tentent de maintenir, au même titre que l’establishment politique concerné, l’idée que le Mali serait prétendument isolé au niveau de la communauté internationale, bien que cela apparaisse désormais clairement comme une posture ridicule. Car au-delà de disposer du soutien affiché de Moscou et de Pékin, et donc des deux des trois principales puissances mondiales, Bamako peut compter également sur le soutien, plus ou moins affiché de plusieurs acteurs africains, notamment régionaux.

Parmi ces pays, sont à citer l’Algérie qui maintient des relations cordiales avec les autorités maliennes. La Guinée, voisine également du Mali s’est montrée solidaire de Bamako et a annoncé que «les frontières terrestres, aériennes et maritimes resteront ouvertes au Mali», suite aux sanctions annoncées par la Cedeao. Il serait certainement juste de faire mention de la Mauritanie – elle aussi en bons termes avec Bamako. Sans oublier le Maroc, qui bien qu’entretenant des relations proches avec Paris et Washington, possède une présence économique poussée en terre malienne – le Mali étant la troisième destination des investissements du royaume en Afrique, comme le rappelle Maroc Diplomatique.

Plus généralement, tous les pays concernés et en supplément de leurs intérêts respectifs, ne feraient que gagner si la situation sécuritaire au Sahel irait dans le sens d’une véritable amélioration. D’où l’importance de soutenir les efforts des autorités maliennes.

Mais au-delà des soutiens régionaux et internationaux, l’essentiel à retenir c’est que les autorités maliennes peuvent continuer à compter sur le soutien populaire de masse – aussi bien d’une large partie de la population du Mali, que de nombreux citoyens d’autres pays africains. Y compris de ceux dont les chefs d’Etat restent dans un esprit de sous-traitance pour les intérêts de Paris. Et cela, même les principales voix pro-occidentales sont aujourd’hui forcées de reconnaitre.

Jeune Afrique – l’un des principaux porte-flambeaux médiatiques des intérêts françafricains parle même d’un «sentiment anti-français exacerbé» après les sanctions de la Cedeao, ne faisant que confirmer une réalité que nous avons déjà et à plusieurs reprises traité

En termes de perspectives, il faudrait dire que l’effet domino des échecs de l’establishment élyséen et occidental se poursuivra très certainement au-delà du Mali. L’arrogance et l’incapacité la plus totale à s’adapter un tant soit peu intelligemment aux règles internationales issues de l’ère multipolaire ne feront effectivement qu’exacerber encore plus les sentiments hostiles de nombreuses populations, notamment africaines, à l’encontre de l’establishment occidental.

Une chose est également sûre: le mérite des autorités et du peuple du Mali est indéniable. La détermination patriotique et souverainiste prend le dessus sur l’arrogance néocoloniale, devenant une source supplémentaire d’inspiration pour d’autres nations. Quant à la Russie et à la Chine, elles auront démontré une fois de plus qu’au-delà de leur solidarité ferme dans les affaires mondiales, la notion de communauté internationale est tout sauf celle promue et répétée à longueur de journées par l’establishment politico-médiatique de l’Occident.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Afrique-Russie: tout ne fait que se construire

Depuis le retour de plus en plus affirmé de la Russie dans son interaction avec les pays du continent africain, il est devenu évident que la stratégie annoncée de Moscou pour l’Afrique en qualité d’une de ses principales priorités en matière de politique extérieure se confirme dans les faits. Bien qu’il reste encore beaucoup à faire.

Depuis le Sommet Russie-Afrique de Sotchi en 2019, l’interaction russo-africaine n’a cessé de poursuivre sa marche en avant, et ce malgré les innombrables critiques de la part des principaux adversaires géopolitiques de l’Etat russe. Cela apparait d’ailleurs comme une suite logique, à l’heure où la Russie démontre clairement l’importance de l’orientation africaine dans sa politique internationale, et que du côté des Etats africains, surtout ceux qui ont déjà fermement affirmé leur droit à la souveraineté véritable ou sont en voie de le faire – la volonté est résolument réciproque.

Au-delà de l’aspect purement interétatique, la Russie peut aujourd’hui compter également sur le soutien d’une large partie de l’opinion publique africaine qui voit en elle un partenaire fiable et sincère. Les événements récents en République du Mali ne font d’ailleurs que renforcer un peu plus cette thèse, car parallèlement au désir des autorités du pays de faire appel à un partenaire de longue date dans le volet sécuritaire dans un cadre souverainiste, la société civile malienne a également joué un rôle de premier plan dans ce rapprochement et dont les opinions ont été justement et largement entendues par l’actuel pouvoir du pays.

Le rôle des thèses panafricaines et souverainistes prend en effet un poids plus que considérable à l’échelle continentale, y compris même dans les pays où les pouvoirs traditionnellement orientés sur les intérêts de l’establishment occidental (des Etats-Unis et de la France notamment) se retrouvent désormais à devoir faire face à une montée des pressions populaires auxquelles ils ne pourront trop longtemps faire la sourde oreille.

Ceci étant dit, beaucoup de choses doivent encore être améliorées dans cette interaction russo-africaine post-soviétique – orientée sur un principe souverainiste, panafricaniste et pro-multipolaire. Si les échanges économico-commerciaux entre les pays africains et la Russie continuent d’aller à la hausse, il n’en demeure pas moins qu’un travail important doit encore être fait. Et ce des deux côtés.

Comme une multiplication des contacts directs entre les opérateurs économiques russes et africains dans le commerce bilatéral. Parmi les recommandations publiées récemment par le Conseil russe pour les affaires internationales (RIAC) on retrouve la poursuite de la diversification des partenariats économico-commerciaux avec les Etats africains, notamment ceux qui ne font pour le moment pas partie des principaux partenaires économiques de la Russie sur continent africain, ainsi qu’une plus large ouverture du marché russe aux exportations africaines. Mais également celui de l’Union économique eurasiatique (regroupant en plus de la Russie – la Biélorussie, le Kazakhstan, l’Arménie et le Kirghizistan).

La coopération dans le secteur de l’enseignement doit elle aussi être revue à la hausse, à l’heure où la Russie accueille pas moins de 270 000 étudiants étrangers, parmi lesquels près de 21 000 étudiants proviennent des pays africains. Un nombre appelé à croître encore plus dans les prochaines années, au moment où la Russie fait traditionnellement partie du Top10 des principales destinations pour les études supérieures au niveau mondial.

Un point très important concerne également une implantation d’industries de transformation d’acteurs industriels russes dans les pays africains. Cela est d’autant plus d’actualité à l’heure où l’Afrique veut pouvoir bénéficier beaucoup plus de ses atouts en termes de ressources naturelles. Pendant trop longtemps, le continent africain était vu comme une base stratégique pour l’obtention des matières premières brutes, en vue d’être transformées dans les régions des acteurs bénéficiaires. Générant d’énormes bénéfices pour ces derniers mais incomparablement moins pour les Etats propriétaires des dites ressources. Quant aux pays africains intéressés par ce type de partenariat, les conditions nécessaires se doivent d’être créées pour pousser les opérateurs économiques et industriels à aller dans cette direction, dans un esprit gagnant-gagnant.

Evidemment, il serait impossible de ne pas faire mention d’une interaction solidaire dans les instances internationales. La Russie va très certainement soutenir ses alliés africains sur la scène internationale, y compris onusienne, sachant qu’au-delà d’être l’une des principales puissances mondiales – est également membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, avec droit de véto. Aussi, les pays africains partageant des relations d’alliance et de partenariat stratégique avec Moscou pourront apporter le soutien nécessaire à la partie russe, notamment lors des votes impliquant l’ensemble de la communauté internationale.

Cet aspect a une importance particulière, à l’heure où une infime minorité mondiale continue de s’autoproclamer être la prétendue communauté internationale, avec le soutien de régimes affiliés. Un schéma qui est inacceptable pour les principaux défenseurs de l’ère multipolaire actuelle, dont la Chine et la Russie. Concernant justement l’interaction de Pékin et de Moscou, il apparait aujourd’hui de plus en plus clairement que les deux puissances, partageant des visions stratégiques communes sur un très grand nombre de dossiers internationaux et dans divers domaines (politique, économie, sécurité, entre autres), pourront travailler dans la complémentarité du savoir-faire réciproque, y compris dans leur interaction stratégique avec l’Afrique. C’est une réalité supplémentaire à prendre en compte.

Tout cela pour dire que les prochaines années seront effectivement décisives pour le partenariat russo-africain, et ce dans de nombreux domaines d’intérêt commun. Et loin de se limiter seulement au partenariat militaro-sécuritaire. Bien que ce dernier aspect fera bien évidemment partie des axes prioritaires entre l’Afrique et la Russie, d’autant plus à l’heure où cela est largement demandé aussi bien par les autorités des pays africains souverains, qu’au niveau d’une large partie des populations africaines. Le tout au moment où les principaux critiques de la présence russe, comme chinoise, n’ont pas été en mesure d’apporter des résultats dignes de ce nom dans le volet sécuritaire, notamment au Sahel. Et ayant en outre été les principaux acteurs du chaos et de l’insécurité qui se sont largement propagés dans les pays concernés.

Cela sans même compter la poursuite de l’interférence dans les affaires intérieures d’Etats africains, avec le maintien d’un agenda purement néocolonial. Ainsi que d’une approche ouvertement hystérique à l’idée que les Africains soient capables de choisir eux-mêmes leurs partenaires et de faire également d’eux-mêmes des analyses géopolitiques et stratégiques.

Dernier point sur le volet sécuritaire. Il ne peut y avoir de développement digne de ce nom d’une nation sans la souveraineté et la sécurité. Les populations africaines l’ont, pour grand nombre d’entre elles, parfaitement compris. Tout le reste n’étant que gesticulations de nostalgiques d’un ordre unipolaire révolu. L’Afrique peut et doit devenir l’un des principaux centres de la multipolarité. Et la Russie peut y contribuer.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Chine: l’écart de mentalité entre les acteurs occidentaux du monde politique et celui des affaires

Au moment où l’establishment politique de l’Occident, en perte évidente de vitesse dans les affaires internationales, tente de sauver la face en misant sur des actes typiques pour la guerre froide à l’encontre de ses principaux adversaires géopolitiques, l’approche des représentants du monde des affaires et de l’entreprenariat occidental se refuse pour nombre d’entre eux à suivre la démarche des élites politiques.

Les grandes entreprises occidentales, tout comme les PME, ne souhaitent vraisemblablement pas perdre les opportunités d’affaires existantes dans les pays considérés comme les principaux adversaires géopolitiques des élites politiques de l’Occident. Ce paradigme représente en soi un casse-tête supplémentaire, et non des moindres, pour l’establishment occidental, nostalgique résolu de l’ère unipolaire – totalement dépassée par la réalité multipolaire.

Le cas de la Chine en représente d’ailleurs un parfait exemple. La première puissance économique mondiale en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat (PIB-PPA), représente non plus seulement le centre des grandes chaines de production à l’échelle mondiale, mais également et aussi un énorme marché pour les entreprises qui offrent leurs technologies et savoir-faire. La démographie alliée à un pouvoir d’achat qui n’a cessé d’aller fortement à la hausse au cours de toutes ces années constituent des éléments évidents et qui ne sont plus à démontrer.

Ainsi, et en ne souhaitant absolument pas perdre ces opportunités existantes, les entreprises occidentales, y compris des géants comme Apple, ont d’ores et déjà investi des multi-milliards de dollars en Chine, en échange du maintien de l’accès au marché local. Ceci d’ailleurs étant dit, le géant IT est aujourd’hui loin d’être la seule entreprise occidentale qui ne suit pas les appels des autorités US pour un désengagement avec Pékin.

Le tout au moment où l’establishment étasunien et occidental continue de nommer expressément la Chine et son renforcement international continu – comme une menace inconditionnelle pour les positions des USA dans le monde. Il faut également reconnaitre qu’il est en cela largement suivi par les médias occidentaux appelés dans le temps « mainstream ».

Au-delà des Etats-Unis, l’Union européenne n’est pas en reste. D’un côté, les politiciens bruxellois soutiennent pour une large part d’entre eux la rhétorique de l’allié (donneur d’ordre ?) étasunien, mais de l’autre Pékin est déjà devenu le principal partenaire économico-commercial de l’UE, ayant dépassé les USA. Et les opérateurs économiques issus de l’Europe bruxelloise qui travaillent avec la Chine ne souhaitent vraisemblablement pas participer à une quelconque hystérie anti-chinoise. Le plus souvent – bien au contraire.

De façon plus générale, les entreprises étasuniennes comme européennes qui possèdent un chiffre d’affaires important dans leur travail en Chine ou avec la Chine – sont justement celles qui bien souvent présentent les meilleurs indicateurs de rentabilité et de taux de dividende par rapport à leurs concurrents qui ignorent ou boycottent le marché chinois, en suivant la ligne des élites politico-médiatiques occidentales.

Pour beaucoup de ces entreprises occidentales, une dépendance s’est d’ailleurs créée vis-à-vis du marché chinois. Y compris parmi les géants internationaux. En supplément d’Apple déjà cité, Microsoft a installé son plus grand centre de R&D à l’étranger dans la capitale chinoise Pékin. Le leader du secteur des équipements réseaux Cisco avait investi 10 milliards de dollars dans ses projets en terre chinoise. On peut également citer Intel ou encore Dell – l’un des principaux fournisseurs US d’ordinateurs portables, qui avait annoncé un investissement de 125 milliards de dollars sur le marché informatique chinois, sur une période de cinq ans.

Evidemment, nombre des entreprises chinoises, y compris dans le secteur des nouvelles technologies, deviennent aujourd’hui de forts sérieux concurrents pour les entreprises occidentales à l’échelle internationale. Mais cela ne décourage vraisemblablement pas ces dernières à vouloir faire des affaires rentables avec l’énorme marché chinois – un marché de production, de recherches et de réalisations, et de consommation par la même occasion. Privilégiant une notion simple: business is business.

Dans le cas de la Russie, l’autre des deux principaux adversaires géopolitiques de l’establishment occidental, on peut clairement observer une approche des cercles d’affaires assez similaire, surtout du côté européen. Pour preuves – les nombreux opérateurs européens engagés dans la réalisation et le lancement du gazoduc Nord Stream 2, y compris dans le financement. A l’heure où les décisions irréfléchies des élites politiques bruxelloises contribuent à accentuer l’actuelle crise gazière hivernale, dans leur suivisme de la politique washingtonienne et étant incapables de défendre au mieux les intérêts des consommateurs et industriels européens.

Cela sans oublier les grands groupes occidentaux présents en Russie: de secteur de la finance à la grande distribution, de l’énergie à l’industrie alimentaire, la liste n’étant pas exhaustive. Et pratiquement aucune de ces entreprises ne souhaite perdre ses positions sur le marché russe, et au pic même des tensions géopolitiques continuent non seulement de s’accrocher à leurs positions, mais souvent passent même à l’extension de leur présence. Tout en sachant, que des opérateurs russes ou issus de pays non-occidentaux seraient pour nombreux ravis de pouvoir prendre leurs places.

Pour conclure, comment peut-on alors comprendre cette différence nette de mentalité et d’approche entre le business et l’entreprenariat des pays occidentaux d’un côté et leurs élites politico-médiatiques? Notamment du côté européen qui paie une facture bien plus large que le maître étasunien. «Valeurs communes» obligent ? Il n’en est rien car bien souvent une bonne partie des élites politiques européistes en fin de carrière deviennent de simples consultants ou orateurs pour le compte d’organisations basées en terre US. Avec des salaires qui leur permettent de maintenir leur mode de vie. Il est donc évident qu’afin de pouvoir espérer un poste payé par les partenaires US bien rémunéré, il faut encore le mériter. Et pour cela, tous les moyens sont bons. Y compris si cela va à l’encontre des intérêts de leurs propres citoyens et opérateurs économiques.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Construire et non pas détruire: la Chine accroit son influence au Moyen-Orient

Les sociétés étatiques chinoises ont signé un accord avec les autorités irakiennes pour la construction d’un millier d’écoles qui représenteront vraisemblablement que la première tranche dudit accord. Pour Bagdad – il s’agit de restaurer avec l’aide de la Chine son système éducatif détruit après des années de guerre et d’interventionnisme. Pour Pékin – d’accroître encore plus son influence dans la région stratégique du Moyen-Orient.

En effet, la République populaire de Chine a une chance assez unique de considérablement augmenter son influence dans la région concernée. Et de mettre une fois de plus en pratique son approche à l’international – construire, et non pas détruire. Avec un clin d’œil évident à Washington.

Il faudrait également rappeler que l’Irak attire aujourd’hui le plus d’investissements chinois dans la région. Et avec le nouvel accord en question – la Chine a la chance non seulement de mettre à profit ses capacités qui ne sont plus à démontrer en matière de construction des infrastructures, mais également de contribuer à remettre sur les rails un secteur stratégique pour toute nation qui se respecte – celui de l’éducation. A ce titre, il serait certainement juste de faire le rappel qu’avant l’agression US contre l’Etat irakien de 2003, le pays pouvait se vanter d’avoir l’un des systèmes éducatifs les plus développés de la région et du monde arabe de façon générale.

Evidemment, il y a d’autres aspects qu’il faut prendre en compte. Comme le fait que la Chine est devenue le principal client du pétrole irakien (5ème producteur mondial). Ou encore que malgré des années d’occupation étasunienne, la présence de cette dernière en terre irakienne ne sera évidemment pas éternelle. A un moment ou un autre, Washington devra plier bagage, et partir du pays ayant été plongé si longtemps dans le chaos par ses «soins». D’autant plus que le parlement irakien a explicitement formulé cette demande, après le lâche assassinat par les USA du général iranien Qassem Soleimani et du chef des Kataeb Hezbollah Abou Mehdi al-Mouhandis, à l’aéroport international de Bagdad.

Là aussi, ce n’est pas tout. L’Iran et l’Irak partagent des relations d’alliance très solides. Et à l’heure de la montée en puissance du triumvirat Chine-Russie-Iran – à l’échelle aussi bien régionale qu’internationale – il devient évident qu’une plus large participation économique chinoise sera la bienvenue. Aussi bien d’ailleurs en Irak, qu’en Syrie, entre autres.

Il est à noter qu’après la réalisation de la première tranche de construction d’écoles déjà annoncée, les opérateurs chinois seront vraisemblablement sollicités à construire 7000 écoles supplémentaires. En d’autres termes – le constat est sans appel. Entre les actions US en Irak comme dans toute la région, et celles de la République populaire de Chine, on comprend vite qui est le destructeur, et qui le réparateur.

Néanmoins, Washington sans surprise poursuivra très certainement sa rhétorique sur une «Chine expansionniste», dans le même style que celle visant Moscou ou Téhéran. Il n’empêche que les années de résistance à la présence US, ainsi que le manque total d’efficacité de cette dernière lors du déferlement des terroristes de Daech, n’en sont que des preuves supplémentaires quant au fait qu’à l’instar de l’Afghanistan, les troupes US devront déguerpir d’Irak.

Il y a un autre point qui a également toute son importance. Si Washington peut, à juste titre, être considéré comme le champion dans la propagation du chaos à l’international, à travers de longues années d’agressions néocolonialistes en terres étrangères, de même que dans le vol des ressources naturelles dans les pays concernés par ces agressions, la résistance contemporaine et la récente réalité géopolitique, mais également géoéconomique, mondiale – résolument multipolaire, auront démontré toutes les limites d’une telle approche des convaincus à prétendument être «exceptionnels» et ne pas à avoir rendre des comptes.

En ce sens, les troupes d’occupation US auront déjà démontré être dans l’incapacité à faire face à la résistance populaire, malgré les énormes moyens militaires à leur disposition. D’autre part, cette incapacité à sécuriser les pays détruits par leur propre interventionnisme, ne créent pas le climat nécessaire pour que des entreprises étasuniennes un tant soit peu sérieuses puissent considérer à s’y aventurer.

Mis à part évidemment les quelques compagnies liées à des firmes de mercenariat US. Et qui de par leurs actions d’exploiter illégalement des ressources naturelles d’Etats souverains, comme notamment en Syrie, ne sauront éternellement pouvoir expliquer à leurs propres concitoyens les dizaines de milliards de dépenses du budget national dans des opérations à l’étranger, en vue de pouvoir simplement enrichir quelques hauts gradés de l’establishment politique ou militaire US.

Aussi, le fait que les principaux défenseurs et promoteurs du concept multipolaire international aient largement haussé le ton – démontre définitivement que le contrepoids à l’unilatéralisme occidental non seulement existe fermement, mais sera appelé à prendre encore plus de poids dans les années à venir.

Faut-il pour autant espérer que Washington déguerpisse de toute la région très rapidement? Certainement pas. Mais l’Irak sera déjà une nouvelle étape fort importante. Quant à la Chine, de même que les nations alliées, elles sauront certainement en qualité de grandes civilisations mondiales à démontrer qu’un pays quel qu’il soit a besoin avant tout de sécurité et de développement. Et non pas d’interventions néocoloniales sous faux couvert «humanitaire-démocratique».

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Diplomatie chinoise: l’ère de l’impunité pour les USA est terminée

La Chine continue de hausser le ton face aux nostalgiques du système unipolaire. Les récentes déclarations de la diplomatie chinoise ont été vues par de nombreux analystes comme un sérieux avertissement vis-à-vis de Washington et de ses supplétifs. Mais aussi et peut-être surtout comme une mise au point définitive quant à l’avenir des affaires internationales.

Les Etats-Unis, leurs alliés occidentaux et certains de leurs supplétifs ont beau prétendre à continuer de s’autoproclamer «communauté internationale», à organiser des pseudo-sommets de la «démocratie» – la réalité multipolaire, elle, ne compte aucunement reculer. Et dans cette réalité, à défaut de l’accepter convenablement – il faudra apprendre à une extrême minorité planétaire à connaitre sa place dans le monde… en qualité d’extrême minorité planétaire.

A ce titre, il serait très intéressant de prêter attention aux toutes récentes déclarations de Wang Wenbin, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères: «Nous condamnons l’intervention militaire brutale des Etats-Unis en Afghanistan, en Irak, et en Syrie au nom de la « démocratie«  et des « droits de l’homme« . Nous appelons la communauté internationale à enquêter sur les crimes de guerre de l’armée étasunienne consistant à tuer des civils innocents dans le monde et à la tenir responsable de ces crimes».

En ajoutant des éléments très importants: «La justice peut être retardée, mais elle ne sera reniée. L’ère durant laquelle les USA agissaient de façon arbitraire dans le monde sous le prétexte de la prétendue « démocratie«  et des « droits de l’homme«  est terminée. Le jour de rendre des comptes finalement viendra pour l’armée US qui a commis les crimes de tuer des civils innocents dans de nombreux pays».

Maintenant, abordons les perspectives. Tout d’abord, il devient aujourd’hui évident que nos prévisions se sont une fois de plus confirmées. Déjà en février dernier et à l’heure où de nombreux analystes et experts présageaient une amélioration des relations sino-étasuniennes après le départ de l’administration Trump de la Maison-Blanche, Observateur Continental a publié une analyse qui indiquait que rien ne présageait au contraire de nettes améliorations dans ces relations. En rappelant notamment que face à la poursuite de l’arrogance dans la politique étasunienne, Pékin continuera à défendre ses intérêts nationaux et à promouvoir la réalité multipolaire mondiale. Ces prévisions se sont largement confirmées.

D’autre part et au moment où certains pouvaient penser que la Chine – tout en étant une superpuissance économique internationale ne se focalisera pas particulièrement sur le volet géopolitique ont là aussi eu tout faux. La République populaire de Chine a au contraire largement accepté son rôle de superpuissance également géopolitique, et a inlassablement raffermi ses alliances avec les autres principales puissances mondiales non-occidentales, parmi lesquelles la Russie et l’Iran.

Enfin, les déclarations récentes de la haute diplomatie chinoise confirment tout simplement que la Chine est effectivement passée à la contre-offensive. L’appel à faire porter la responsabilité aux USA pour les crimes commis à divers endroits de la planète, ainsi que la mise au point sans équivoque que l’ère de l’injustice unipolaire est bel et bien révolue – ne nécessitent pas de commentaire supplémentaire.

Dans ce paradigme de la réalité internationale contemporaine – l’Occident politique pourra alors poursuivre ses gesticulations «moralisantes» autant qu’il souhaitera. Cela ne changera pourtant aucunement les bouleversements mondiaux: des bouleversements dans lesquels l’establishment occidental et ses acolytes devront apprendre à connaitre la place qui est la leur. Encore une fois – cette place est bien connue. Celle d’une minorité planétaire évidente, avec tout ce que cela implique. Y compris sur le plan économique – à l’heure où le poids de l’Occident dans l’économie mondiale ne cesse d’aller à la baisse. Un processus qui par ailleurs ne fera que s’accélérer dans les prochaines années et décennies.

L’Occident et ses suiveurs les plus radicaux avaient pourtant une chance assez unique de tenter à s’adapter à la nouvelle ère multipolaire. Mais les nombreux appels et rappels des nations partisanes de la multipolarité à l’encontre des nostalgiques de l’ordre unipolaire totalement dépassé – à revoir leur mentalité néocoloniale n’ont donné aucun résultat digne de ce nom. Ayant en face des patients inguérissables, il devient évident qu’une telle perte de temps n’apporte que des retards au véritable développement pour l’humanité.

Et en ce sens – les patients intraitables doivent être mis à l’isolement de l’écrasante majorité planétaire. Sachant d’autant plus qu’au sein de cette large majorité terrestre, on retrouve de nombreux citoyens de pays occidentaux – eux aussi adeptes de la multipolarité. La seule et véritable communauté internationale poursuivra donc sa grande marche en avant.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Nouvelle-Calédonie: les partisans de l’indépendance ne comptent pas abdiquer

Au moment où le troisième référendum d’autodétermination vis-à-vis de Paris s’est soldé par un «non», le scrutin était surtout marqué par une très forte abstention, de l’aveu même des médias hexagonaux. D’autre part, ce que l’establishment élyséen tente de présenter comme une victoire pour la France risque vraisemblablement au contraire de ne faire qu’aggraver la situation, au moment où les partisans de l’indépendance ne prévoient pas de baisser les bras.

Alors que le «non» à l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, l’a emporté avec 96,49% des voix dimanche dernier, ce qui marquera fermement les esprits – c’est la participation d’à peine 43,88%. A titre de comparaison, 53,3% des votants avaient voté contre l’indépendance en octobre 2020 lors du précédent référendum (avec un taux de participation selon les données officielles de 85,69%).

Le référendum de 2020 avait alors clairement démontré la ligne ferme qui sépare les partisans à l’indépendance (majoritairement représentés par le peuple autochtone et ethniquement majoritaire kanak) et les opposants (majoritairement représentés par les descendants des colons européens et les récents arrivants de la métropole).

Il est également à noter que la très forte abstention du tout récent troisième référendum est due au boycott justement des représentants du peuple de souche kanak, en premier lieu le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) – qui avaient maintes fois appelé au report du référendum. Dans une lettre du peuple kanak au peuple de France du 23 novembre dernier, le FLNKS et ses alliés avaient explicitement fait valoir leurs positions et en exprimant leur rejet de la politique élyséenne, notamment dans le refus de cette dernière de faire preuve de compassion et de reporter la consultation référendaire alors que se poursuivait la cérémonie de deuil du peuple kanak. Une cérémonie très importante dans la culture et les traditions ancestrales de la population de souche kanak.

Pour les auteurs de cette lettre, il n’y a pas de surprise quant aux agissements de Paris: «Dire que nous sommes surpris serait mentir. Nous nous y attendions. Mais comme toujours, nous espérions. Nous espérions que le gouvernement français malgré 168 ans de colonisation saurait pour une fois faire preuve d’humanité, de compassion, d’intelligence, de respect, de bon sens. Nous espérions que le gouvernement français agirait dans l’esprit de consensus de l’Accord de Nouméa, dans l’esprit de son préambule. Nous espérions… et nous avions tort».

Pour les représentants du peuple kanak, le gouvernement français se berce également d’illusions: «Jusqu’à quand le gouvernement français entend-il abuser de la patience du peuple kanak, peuple premier de ce pays, peuple victime de la colonisation française depuis plus d’un siècle et demi? Jusqu’à quand la France pense-t-elle pouvoir bâtir un avenir institutionnel durable pour la Nouvelle-Calédonie en méprisant la parole des représentants politiques et coutumiers du peuple kanak? En feignant ostensiblement d’ignorer la place qui y occupent les cérémonies de deuil et le respect qu’on y doit aux morts? En piétinant les sentiments, la sensibilité, la dignité humaine de tout un peuple?».

En rajoutant «que le gouvernement français pense-t-il sérieusement que le scrutin qu’il entend maintenir le 12 décembre mettra fin à la revendication du peuple kanak, lui ôtera toute légitimité et lui permettra de poursuivre – un siècle encore, un siècle de plus, un siècle de trop – son travail d’assujettissement et de domination ? (…)».

Il faut certainement rappeler que la Nouvelle-Calédonie est à l’instar de nombreux autres pays de la région – un territoire ayant été colonisé par des puissances occidentales, et où la population autochtone a dû subir une répression féroce de longue durée. Cela sans oublier, à l’instar de ce qui s’est fait dans les colonies britanniques – l’arrivée de nombreux colons européens au passé criminel. En d’autres termes – des bandits tout simplement.

Maintenant et en termes de perspectives, le maintien du scrutin par l’establishment français – le tout en pleine période de la poursuite de la propagation du Covid-19 – alors que Paris avait déjà fait preuve d’extrême fermeté en matière de restrictions ne serait-ce que dans sa partie hexagonale pour moins que cela – devrait surtout être certainement vu comme une opportunité (dans la vision de Paris) d’organiser le vote sans que le peuple kanak puisse s’y exprimer. Et en espérant par la même occasion clore la page des espoirs à l’autodétermination du peuple de souche de la Nouvelle-Calédonie.

Néanmoins et une fois de plus, la stratégie élyséenne risque au contraire de ne pas apporter «le classement de l’affaire» kanak, mais au contraire d’exacerber les sentiments hostiles des Kanak, pouvant aller dans le sens de la radicalisation de la résistance des partisans à l’indépendance de leur terre. L’histoire de la Nouvelle-Calédonie l’a déjà démontré à plusieurs reprises. Une chose est également assez évidente: le pays grand donneur de leçons à l’échelle planétaire sous couvert «humaniste» a énormément de mal à se débarrasser de sa base purement néocoloniale. Et en ce sens la Nouvelle-Calédonie en représente un énième exemple. Un exemple flagrant.

Les responsables du FLNKS, contactés par Observateur Continental, ont réaffirmé être prêts à poursuivre la recherche de l’indépendance pour leur pays.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Kiev avertit l’Europe sur une éventuelle arrivée massive de réfugiés ukrainiens

Au moment où l’Occident politique accuse nombre de pays considérés comme des adversaires d’utiliser les crises migratoires à des fins géopolitiques, l’allié ukrainien de l’establishment occidental annonce l’éventualité d’une arrivée de millions de réfugiés ukrainiens sur le sol de l’Union européenne.

Le ministre ukrainien de la Défense, Oleksiï Reznikov, a ainsi appelé les pays occidentaux à empêcher la Russie «d’une invasion à grande échelle», en avertissant que la guerre plongerait l’Europe dans une crise de grande envergure, avec l’arrivée dans les pays de l’UE de 3 à 5 millions de réfugiés ukrainiens. Le tout dans un article paru chez l’Atlantic Council.

Dans cet article, le responsable ukrainien continue d’insister sur la prétendue agression russe qui viserait l’Ukraine dans les prochains mois, sans pour autant faire mention sur le fait que s’il y a bien une agression qui se prépare, c’est celle du régime kiévien contre les populations des républiques populaires autoproclamées de Donetsk et de Lougansk.

S’il y a bien également un autre fait que le ministre ukrainien omet d’aborder – c’est celui que la migration des citoyens ukrainiens à destination des pays de l’Union européenne a déjà commencé et ne cesse de monter en nombre. Profitant du régime sans visa de trois mois alloué à Kiev comme compensation pour son positionnement pro-occidental, un régime qui a déjà vu une augmentation nette du flux migratoire en provenance de l’Ukraine et à destination de l’UE. Il faut bien le préciser – non pas touristique, mais très principalement migratoire, au moment où l’Ukraine dans sa version post-Maïdan fait partie des deux pays les plus pauvres d’Europe.

Le tout à l’heure où selon les chiffres les plus optimistes – pas moins de 4,5 millions de migrants ukrainiens se trouvent déjà à l’étranger en quête d’une vie meilleure. Et là aussi ce n’est pas tout. Car ce «qu’oublient» de rappeler les politiciens kiéviens, notamment lorsqu’ils insistent auprès de leurs alliés occidentaux quant à la nécessité d’accepter le plus tôt possible l’Ukraine au sein de l’UE et de l’OTAN, c’est qu’effectivement et face au marasme économique du pays, les citoyens ukrainiens n’auront d’autre choix que de partir vers des horizons meilleurs. Des millions d’Ukrainiens habitent et travaillent en Russie – en passant loin de se limiter seulement à ceux en provenance des régions majoritairement russophones du Sud-Est. D’autres iront chercher le rêve européiste bruxellois.

Certains seraient également tentés de partir en terre étasunienne, mais Washington n’a que faire de cette main-d’œuvre bon marché, qu’il préfère laisser à ses alliés bruxellois. Comme d’ailleurs les Afghans, Irakiens et nombre d’autres citoyens en provenance de pays ayant subi le chaos made in USA. Pour qu’au final des médecins, ingénieurs et d’autres professionnels hautement qualifiés deviennent des serveurs ou des livreurs de pizzas. Quant aux migrants ukrainiens qui chercheront le bonheur en Europe occidentale, bon nombre seraient d’ailleurs susceptibles d’appartenir à des groupes armés d’obédience bandériste néo-nazie. Avec tout ce que cela pourra impliquer pour la sécurité et le bien-être européen.

Evidemment, les responsables bruxellois connaissent parfaitement cette réalité, mais étant sous la coupe washingtonienne – n’oseront pas aller à l’encontre des décisions du maitre. Une chose reste pour autant pratiquement sûre: les avertissements kiéviens vis-à-vis des alliés européens ne sont à prendre à la légère. Bien que et encore une fois – ce n’est pas tant un quelconque conflit qui poussera des millions supplémentaires d’Ukrainiens à quitter leur pays d’origine, mais bel et bien le marasme économique dans lequel ces mêmes responsables ont fait plonger leurs compatriotes, tout en étant dans l’incapacité la plus totale d’en faire sortir.

D’autre part, toute la campagne politico-médiatique kiévo-occidentale à parler jour et nuit d’une prétendue agression russe qui toucherait prochainement l’Ukraine ne cherche vraisemblablement qu’à voiler les véritables projets de cette coalition – à savoir anéantir la résistance du Donbass et le choix de ses habitants. Un choix pour rappel qui n’est que la conséquence directe du coup d’Etat de 2014 à Kiev. Et du moment que la Russie a clairement fait comprendre qu’elle ne permettra pas le massacre des populations civiles du Donbass – l’hystérie kiévienne et occidentale est évidemment montée en flèche. Aux responsables occidentaux, et à leurs supplétifs kiéviens, de revoir donc et très rapidement leurs projets criminels et de cesser d’alimenter des rumeurs quant à une prétendue invasion russe.

Quant aux avertissements du régime ukrainien sur le vaste flux migratoire supplémentaire à destination de l’UE – c’est un processus déjà en cours et qui ne fera que s’exacerber face au ras-le-bol de millions d’Ukrainiens de croupir dans la misère – une misère créée intégralement par les actions de leurs responsables politiques issus du putsch de Maïdan, avec la bénédiction de leurs parrains atlantistes occidentaux.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Crimes de guerre dans le Donbass: la responsabilité de Kiev évidente

Au moment où le régime kiévien active les préparations en vue d’une fort possible nouvelle agression à grande échelle contre le Donbass, les républiques populaires autoproclamées de Donetsk et de Lougansk continuent de réunir toutes les preuves des massacres à l’encontre des civils commis par l’armée ukrainienne et les bataillons punitifs d’obédience néonazie.

Plus d’un millier de sépultures anonymes des victimes de l’agression ukrainienne dans le Donbass se trouvent aujourd’hui sur le territoire contrôlé par Kiev. Les premiers résultats des travaux de la commission mixte des républiques autoproclamées du Donbass (RPD et RPL) sur la recherche des personnes disparues ont été annoncés lors de la conférence «Mémoire brûlée du Donbass: crimes de guerre de l’armée ukrainienne et nouvelles données sur les massacres de la population civile».

Depuis l’été et jusqu’à aujourd’hui, une recherche active se poursuit des victimes des agissements de l’armée ukrainienne et des bataillons punitifs extrémistes néonazis – aussi bien du côté de Donetsk, que de Lougansk. Ce travail se fait notamment dans le cadre d’exhumations et de recherche de charniers de civils. A cet effet, une structure spéciale a été mise en place, qui comprend des représentants des deux républiques autoproclamées, des enquêteurs, des équipes de recherche, ainsi que des experts médico-légaux.

L’ampleur et la complexité des tâches n’ont pas affecté le rythme des travaux de la commission. Outre la recherche de nombreux charniers éparpillés sur tout le territoire des républiques populaires autoproclamées de Donetsk et de Lougansk, ainsi que l’exhumation, se déroulent également des procédures complexes d’identification des victimes civiles, des enquêtes approfondies des circonstances de leur mort, la collecte et l’analyse comparative des tests ADN, et la poursuite des recherches des personnes portées disparues. En parallèle, une base unifiée des disparus et de leurs proches est en cours de création. Après identification et documentation des circonstances des décès, les restes des civils tués par l’agression ukrainienne seront remis à leurs proches pour être inhumés.

Il est à noter que les leaderships des républiques populaires autoproclamées du Donbass prennent toutes les mesures nécessaires pour que la justice internationale puisse être interpellée face aux agissements criminels du régime de Kiev vis-à-vis de la population civile. A Donetsk, comme à Lougansk, le mot d’ordre est le même: l’Ukraine devra répondre pour ses crimes contre les civils.

Ceci étant dit et lorsqu’on observe les attaques politico-médiatiques coordonnées qui émanent de Kiev, mais également de ses alliés occidentaux, il est à croire que la justice réclamée par les responsables et les habitants du Donbass aura de très nombreux obstacles sur son chemin. Tout porte aujourd’hui à croire que les accusations portées par Washington et nombre de régimes occidentaux à l’encontre d’une prétendue «agression» russe qui viserait l’Ukraine ne cherchent qu’à tenter de voiler la véritable agression qui se prépare à grande échelle contre le Donbass et ses habitants – par les forces ukrainiennes et leurs alliés otanesques.

Une chose demeure néanmoins sûre. Si ce dernier scénario se confirmera – la justice se fera alors d’elle-même. Car faut-il le rappeler – l’opposition aux agissements kiéviens et de ses parrains occidentaux est loin de se limiter aux républiques populaires autoproclamées du Donbass. Autre rappel: en août 2008, un autre régime pro-occidental soutenu par l’OTAN avait tenté d’écraser par la force les populations civiles d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie. Tout le monde connait le résultat qui s’en est suivi. Que l’establishment occidental en prenne bonne note avant de cautionner une quelconque nouvelle agression du régime assujetti kiévien.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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