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Coronavirus: changement de ton de Washington vis-à-vis de Pékin?

Au moment où la République populaire de Chine ait réussi à stopper la propagation du coronavirus (Covid-19) sur son sol, et soit même passée à s’occuper désormais du soutien dans la lutte contre ce fléau à l’international, les Etats-Unis au contraire se retrouvent dans une situation plus que préoccupante. Par ailleurs, le ton initial et presque moqueur washingtonien vis-à-vis de Pékin semble désormais dépassé.

En effet, si aux dernières statistiques la Chine a non seulement perdu la «tête» des pays comptant le plus grand nombre de personnes contaminées par le coronavirus, de même que de décès, avec une situation intérieure qui ne cesse de s’améliorer, côté US l’heure est tout sauf à l’optimisme. Désormais la Chine est classée troisième mondiale pour le nombre de personnes ayant été contaminées depuis l’apparition du Covid-19, avec un total de 81 439 personnes. En termes du nombre de décès, l’Empire du Milieu compte à ce jour 3300 personnes disparues suite à la contamination (derrière l’Italie qui compte déjà plus de 10 000 décès et l’Espagne avec plus de 6500 décès). Mais ce dont la Chine peut être effectivement fière, c’est le fait que la très grande majorité de ses patients aient guéri – 75 448 personnes, soit près de 93% des personnes ayant été contaminées. Un chiffre impressionnant, dont pour le moment aucun pays ne peut malheureusement se vanter.

Côté USA, le processus actuel va quant à lui dans le sens inverse. Le pays compte désormais plus de 130 000 personnes contaminées par le Covid-19 – faisant de lui l’Etat comptabilisant le plus grand nombre de contaminations à l’heure actuelle. En termes de décès, plus de 2300 personnes y ont perdu la vie et le chiffre continue d’augmenter. Quant aux guérisons, pour le moment les chiffres officiels parlent d’un peu plus de 2600 personnes, soit environ 2% du nombre total de contaminés. Les élites washingtoniennes ont donc énormément de travail devant elles. Surtout lorsqu’on connait le système libéral du chacun pour soi, y compris dans le secteur médical, qui y prévaut, notamment dans la prise en charge des patients et des soins accordés.

Ce qui est intéressant de noter dans cette situation actualisée, c’est le changement de rhétorique de l’establishment étasunien vis-à-vis de la Chine. En effet et si pratiquement dès le départ de la propagation du virus en terre chinoise, Washington a adopté un ton ouvertement irrespectueux et même provocateur en direction de Pékin, poussant les officiels chinois à réagir et même à déclarer leurs soupçons quant au fait si le virus ait été l’œuvre des USA, désormais et au vu de la situation sur le sol américain, le président US se déclare prêt à «collaborer» avec la Chine.

Vraisemblablement, il s’agit bel et bien d’une gifle chinoise à destination des anglo-saxons. Reste à voir maintenant si le leadership étasunien saura montrer une efficacité ne serait-ce que comparable dans la gestion de cette crise, comme celle démontrée par les responsables et le peuple chinois. Mais ce n’est pas la seule gifle. Du côté du Mexique (848 contaminations et 16 décès à ce jour) nombre de voix s’élèvent pour réclamer la fermeture de la frontière avec son voisin du nord. D’autres vont plus loin encore et demandent la construction pure et simple d’un mur (cette fois-ci mexicain) pour éviter la propagation du virus sur le sol national.

Pendant ce temps, la Chine ne se limite pas à se remettre du coup subi – humainement comme économiquement. Au contraire, elle envoie, à l’instar de la Russie et de Cuba notamment, des spécialistes et de l’équipement médical à destination des pays touchés, parmi lesquels l’Italie dont le bilan n’a cessé de s’alourdir. Un soutien que les élites occidentales ont été tout simplement incapables de réaliser – ne serait-ce qu’entre eux, sans parler même d’un soutien pratique à destination de pays non-occidentaux.

Le but ultime aujourd’hui, pour l’humanité toute entière, c’est évidemment de vaincre la pandémie du coronavirus. C’est un défi pour tous, sans exception. Ce qui est néanmoins certain, c’est qu’il y aura très vraisemblablement un monde différent à la fin de cette crise. Et ce monde ne sera pas celui de la domination atlantiste.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Les vestiges de l’ère unipolaire: il y a 21 ans l’Otan bombardait la Yougoslavie

Avec la prétendue fin de la guerre froide, l’establishment occidental s’était fixé un objectif clair: démontrer son hégémonie par tous les moyens, y compris les plus agressifs. Les Etats récalcitrants devaient en payer les frais. La République fédérale de Yougoslavie fut l’une des premières victimes de cette politique néocolonialiste occidentale.

L’intervention otanesque contre l’Etat yougoslave, officiellement appelée «L’opération Force alliée» avait débuté le 24 mars 1999 et a duré 78 jours, jusqu’au 10 juin de la même année. Cette agression, en violation totale du droit international – faut dire aussi qu’à cette période le droit international n’existait de facto plus – s’est traduite par 37 465 missions aériennes, 8676 missions offensives avec un largage d’environ 23 000 munitions. Ladite opération d’agression contre un Etat souverain, en soutien à la sulfureuse milice de guerre kosovare Armée de libération du Kosovo (UÇK) a fait plus de 2000 victimes civiles yougoslaves (les sources de Yougoslavie faisaient référence à un chiffre allant jusqu’à 5700 civils), dont pas moins de 400 enfants, ainsi que près d’un millier de militaires yougoslaves. S’ajoutent à cela la destruction de 89 usines, 120 installations énergétiques, 128 autres installations industrielles, 48 hôpitaux, 82 ponts, 25 bureaux de poste, 70 écoles, 18 jardins d’enfants, 35 églises et 29 monastères.

Et là aussi ce ne fut pas tout. Suite au retrait des Forces armées de Yougoslavie du Kosovo, dans la période qui s’en est suivie, plus précisément du 10 juin 1999 au 27 février 2000, les terroristes de l’UÇK ont mené 4354 attaques contre les habitants de la province du Kosovo (dont 4121 contre les habitants serbes et monténégrins, 96 contre les Albanais pro-yougoslaves, 137 contre les Tsiganes et d’autres représentants ethniques). A ce jour, 821 personnes ont été portées disparues, parmi lesquelles 757 Serbes. Le nombre de personnes tuées est de 910 personnes – dont 811 Serbes. 802 autres personnes furent blessées, dont 751 habitants serbes du Kosovo.

Cela sans oublier le trafic d’êtres humains et d’organes organisé par les criminels de l’UÇK – l’allié de l’Occident politique. A ce jour – non seulement les responsables uckistes de ces crimes n’ont pas été inquiétés, mais bien plus que cela, ils continuent d’être reçus avec les «honneurs» à Washington, comme dans d’autres capitales occidentales.

La suite est connue aussi: la proclamation unilatérale «d’indépendance» le 17 février 2008 du Kosovo par les mêmes qui encore hier procédaient aux massacres et aux divers trafics barbares, et la reconnaissance immédiate de cet arrachement du berceau historique, spirituel et civilisationnel de la Serbie par les élites politiques de l’Occident. Face à eux – la Russie, plusieurs pays d’ex-URSS, la Chine, l’Inde, l’Iran, l’Afrique du Sud et plusieurs autres pays africains, la plupart des pays asiatiques et latino-américains – n’ont pas reconnu à ce jour la prétendue «indépendance» de la province serbe du Kosovo. A noter également que plus récemment et suite à la campagne diplomatique serbe lancée en octobre 2017, seize Etats sont revenus sur leurs décisions antérieures de reconnaissance.

Une chose est certaine: le précédent du Kosovo avait clairement démontré ce que représentait véritablement l’establishment occidental, dans toute sa «splendeur». Et aussi sur quel genre de criminels ce même establishment pouvait miser dans le but d’atteindre ses objectifs géopolitiques ou afin de punir les Etats désobéissants.

Evidemment et depuis beaucoup de choses ont changé. Le monde n’est plus le même et ne sera plus le même. Les grandes puissances non-occidentales, partisanes du nouvel ordre multipolaire, ont bel et bien pris leurs responsabilités – suivies dans cet élan par leurs alliés aux quatre coins du monde. Cette résistance et cette nouvelle solidarité internationale s’est traduite dans une opposition politico-diplomatique, économique, militaire et sécuritaire face à l’axe politique occidental pro-unipolaire. Et à ce titre, de nombreux Serbes ont aujourd’hui de quoi être fiers. Car malgré les agressions et humiliations subies, il est évident qu’ils ont pu largement contribuer à ce que la nouvelle ère multipolaire voit le jour. Et donc – leurs sacrifices n’ont pas été vains.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Pressions sur les médias chinois aux USA: Pékin riposte

Au moment d’une confrontation politico-idéologique majeure entre les partisans du libéralisme occidental et ceux du monde multipolaire, le ton continue de monter entre Pékin et Washington. Au-delà de la concurrence des visions, sans oublier la géoéconomie, la sphère médiatique ne reste pas épargnée.

La Chine a annoncé des contre-mesures aux mesures restrictives imposées sur les agences médiatiques chinoises aux Etats-Unis. C’est ce que rapporte l’agence de presse Xinhua  Selon un communiqué officiel repris par l’organe de presse chinois, la riposte a été motivée par le fait que «les actions des Etats-Unis ciblant exclusivement les organisations médiatiques chinoises ont été motivées par une mentalité de guerre froide et des préjugés idéologiques. La décision a exposé l’hypocrisie du soi-disant défenseur de la liberté de la presse».

Le communiqué indique également qu’au cours des dernières années, le gouvernement US a imposé des restrictions injustifiées sur les agences médiatiques chinoises et leur personnel aux Etats-Unis, a délibérément mis en difficulté leur travail de reportage normal, et leur a fait subir une discrimination croissante, ainsi qu’une oppression motivée par des considérations politiques.

Maintenant en ce qui concerne la réponse de la Chine à ces actions hostiles, le dudit communiqué a annoncé trois mesures qui prennent effet immédiatement:

– Premièrement, en réponse à la désignation par les Etats-Unis de cinq agences médiatiques chinoises comme «missions étrangères», la Chine exige, dans un esprit de réciprocité, que les branches basées en Chine de Voice of America, du New York Times, du Wall Street Journal, du Washington Post et du Time fassent des déclarations par écrit en faisant mention des informations sur leur personnel, leurs finances, leur fonctionnement et leur immobilier en Chine.

– Deuxièmement, en réponse à la réduction de la taille du personnel des agences médiatiques chinoises aux Etats-Unis, qui est une expulsion en fait, la Chine exige que les journalistes de nationalité américaine travaillant pour le New York Times, le Wall Street Journal et le Washington Post, dont les cartes de presse doivent expirer avant la fin de 2020, informent le département de l’information du ministère des Affaires étrangères dans les quatre jours calendaires à partir de mercredi et remettent leurs cartes de presse dans un délai de 10 jours calendaires. Ils ne seront pas autorisés à continuer de travailler en tant que journalistes en République populaire de Chine, y compris dans ses régions administratives spéciales de Hong Kong et de Macao.

– Troisièmement, en réponse aux restrictions discriminatoires imposées par les Etats-Unis aux journalistes chinois en matière de visa, d’examen administratif et de reportage, la Chine prendra des mesures réciproques contre les journalistes américains.

Pékin indique également que des contre-mesures supplémentaires seront mises en œuvre dans le cas «où les USA décideraient à aller plus loin dans cette mauvaise voie».

Maintenant pour parler perspectives. Cette pression de l’establishment étasunien, et donc par essence occidental, visant des médias alternatifs, est tout sauf nouvelle. A ce titre, nombre de médias iraniens, latino-américains, russes, arabes, africains – en bref, tous ceux dont la ligne éditoriale ne chante pas la «gloire» des politiques US/occidentales, sont constamment visés par des attaques émanant des élites politico-médiatiques de l’ouest. La raison est simple: la popularité des dits médias au niveau international. Le réseau médiatique de la Chine est également monté en puissance à l’international. Et de l’aveu de nombreux spectateurs, un réseau de chaînes de télévision comme CCTV (China Central Television) est vivement apprécié aux quatre coins du monde. Et au vu de la bataille géopolitique et géoéconomique en cours entre Washington et Pékin, il était plus que prévisible qu’à un moment ou un autre, les médias chinois auraient été visés par des restrictions étasuniennes, et éventuellement par certains des suiveurs des prérogatives US.

Plusieurs choses sont pour autant certaines. Premièrement, les contre-mesures chinoises confirment parfaitement que Pékin ne se laissera pas faire. Et ce malgré la campagne de désinformation occidentale qui vise encore l’Empire du Milieu, notamment en lien avec la propagation du fameux coronavirus, et pas seulement. Deuxièmement, le fait qu’aujourd’hui on observe une collaboration plus étroite entre les différents médias alternatifs du monde, constitue également une réponse efficace à la mobilisation hostile des élites politico-médiatiques de l’Occident. Enfin, et cela est probablement tout aussi important, le fait que les médias alternatifs internationaux continuent de monter en puissance – tout en ayant des budgets incomparablement plus réduits que ceux du mainstream – en parallèle de la perte de confiance massive vis-à-vis de ce dernier, y compris dans les pays d’appartenance de ce mainstream, constitue la meilleure preuve qui soit que les partisans de la multipolarité prendront le dessus sur les nostalgiques d’une unipolarité et d’un libéralisme révolus.

 Mikhail Gamandiy-Egorov

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Coronavirus: la gestion plus que controversée des pays de l’UE

3-39

Alors que le coronavirus est devenu pour nombre de personnes le sujet le plus discuté et suivi, mettant un peu en arrière les tensions géopolitiques, géoéconomiques et énergétiques du moment, il est intéressant de se pencher sur la différence de gestion d’un certain nombre de pays, au moment où la Chine semble prendre le contrôle de la situation, à la différence des pays prétendument «développés» européens.

Si l’origine de l’apparition du virus continue de susciter nombre de débats et toutes sortes de versions font leur apparition parfois sur une base quotidienne, le fait est qu’il y a quelques jours et pour la première fois la Chine a ouvertement suspecté les USA d’être à l’origine de l’apparition dudit virus sur son sol, et ce à travers le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Zhao Lijian. Washington a réagi en convoquant l’ambassadeur de la Chine en poste aux Etats-Unis. Ce qui est sûr, c’est que connaissant l’approche traditionnellement réservée et retenue de la diplomatie chinoise, y compris sur les nombreux sujets de désaccord avec l’establishment étasunien et occidental en général, il est peu probable que cette accusation soit venue de nulle part. A suivre donc.

Quoiqu’il en soit et au-delà de cet aspect, certes très important, car si cela s’avère véridique il s’agirait ni plus ni moins de terrorisme étatique d’envergure mondiale, il est également important de se pencher sur les différentes façons de nombre de pays dans la gestion de ce fléau. Pour cela, il serait probablement intéressant de se pencher sur les cas chinois, russe, et des pays de l’UE.

La Chine, frappée de plein fouet la première, compte à ce jour le plus grand nombre de personnes ayant été contaminées par le coronavirus. Mais malgré cette catastrophe sanito-humanitaire, Pékin n’a pas fléchi et a engagé très rapidement des mesures grandeur nature, à l’image des capacités du pays. Cela s’est traduit entre autres par la construction en un espace de temps record d’hôpitaux temporaires et par l’utilisation de tout le savoir-faire technologique et médical de l’Empire du Milieu. Sur les plus de 80 000 personnes contaminées, un peu plus de 3214 ont trouvé la mort, soit pour le moment près de 4%. Le nombre de personnes guéries approche quant à lui les 67 000 personnes, soit plus de 83% https://fr.wikipedia.org/wiki/Pandémie_de_maladie_à_coronavirus_de_2019-2020. Chiffre assez impressionnant compte tenu de la nouveauté et de l’apparition soudaine du virus en question.

Plus que cela et aux dernières nouvelles: aucun nouveau cas de contamination n’a été recensé dans 21 régions chinoises au cours de ces 14 derniers jours. Dans six régions, il n’y a pas de nouveaux malades depuis plus d’une semaine. La situation épidémique continue de s’améliorer activement dans le pays. Les nombreuses industries reprennent peu à peu. L’optimisme est de retour au sein des responsables et citoyens chinois.

Qu’en est-il du voisin et allié de Pékin? A ce jour, la Russie compte 63 personnes contaminées, dont 8 guéries. La plupart des contaminés avaient séjourné en Italie, le pays le plus touché par le virus en Europe et le deuxième le plus touché au monde. A ce sujet, il serait bon de noter que la Russie compte plus de 4200 kilomètres de frontières communes avec la Chine, cette dernière étant par ailleurs le principal partenaire économico-commercial de Moscou. Les échanges entre les deux pays sont très intenses et ce dans divers domaines (affaires, flux touristiques, échanges d’étudiants, etc…). S’ajoute à cela le fait que la Russie est dans le Top 3 mondial pour le nombre de citoyens étrangers se trouvant sur son territoire https://www.worldatlas.com/articles/highest-immigrant-population-in-the-world.html, avec plus de 11,5 millions de personnes. Et là aussi ce n’est pas tout lorsqu’on sait que des villes comme Moscou ou Saint-Pétersbourg comptent parmi les plus grandes destinations touristiques internationales. Mais malgré ces faits évidents, la situation liée au coronavirus est très loin de celle observée dans nombre de pays de l’Union européenne, notamment l’Italie, l’Espagne ou la France. Pour rappel, la Russie avait pris des mesures de fermeture et de contrôle avancé aux frontières dès le stade précoce de la propagation du virus. Le résultat ne s’est pas fait attendre.

Les pays de l’UE, ou plutôt leurs responsables politiques, ne peuvent pas quant à eux se vanter devant leurs citoyens de quoi que ce soit. L’Italie, déjà mentionnée ci-haut, sur plus de 24 7000 contaminations compte 1809 décès, soit plus de 7% par rapport au nombre total de contaminations – soit en termes de proportion presque deux fois plus qu’en Chine. En termes de guérison, le pays compte 1966 cas rétablis (soit pour le moment moins de 10% – contre près de 83% en Chine). Du côté de l’Espagne, sur 7845 cas confirmés, 292 personnes décédées à ce jour. Un pourcentage «meilleur» côté français, mais il n’empêche que cela ne peut aucunement être considéré comme un acquis car l’Hexagone compte tout de même à ce jour 127 décès (sur 5423 cas confirmés). Si certains se posent la question sur le niveau d’efficacité de la médecine et des mesures de soins, notamment si l’on compare les statistiques entre la Chine et l’Italie, il n’empêche que le plus important probablement à noter c’est surtout le manque évident de prise rapide de mesures de prévention qui caractérise la situation sanitaire qui prévaut dans l’Union européenne, avec en prime une psychose digne de l’Armageddon. Ce qui est certain, c’est qu’il est vivement souhaitable à ce que les populations concernées, sans exception et partout dans le monde, puissent rapidement retrouver l’optimisme, et ce à travers des résultats concrets sur le terrain.

Parallèlement à cela, nombre de politiciens occidentaux restent dans l’arrogance qui les caractérise. Ainsi, le président français Macron a provoqué une vive polémique au Maroc, suite à un tweet dans lequel il parle d’un ton ouvertement condescendant en direction des autorités marocaines (sur la question de l’évacuation des citoyens français bloqués au royaume après la fermeture temporaire des liaisons aériennes). Ce qui n’a pas manqué de faire réagir la société civile du pays. Beaucoup ont d’ailleurs voulu rappeler que leur pays est normalement et officiellement indépendant depuis 1956. S’ajoute à cela le manque de solidarité évident entre les «alliés» occidentaux (aussi bien dans le cadre USA-Europe, qu’au niveau européiste). Pendant ce temps, la Chine a envoyé en Italie des équipes de spécialistes pour aider le pays à vaincre le coronavirus. Du côté russe à destination de l’Iran, troisième pays le plus touché par les contaminations après la Chine et l’Italie, avec en «prime» les sanctions étasuniennes qui touchent et frappent, entre autres, le secteur médical iranien.

Une chose est néanmoins certaine: l’Occident politique a bel et bien, une fois de plus, montré son vrai visage. Celui de l’arrogance et de l’incompétence réunies. Courage encore une fois aux populations concernées. Car quoi que fasse l’establishment, le tribut est payé par les simples citoyens. Et plus l’establishment est incompétent, si ce n’est pas criminel, plus le tribut est lourd.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Les divergences entre la Turquie et plusieurs pays de la Méditerranée s’accentuent

3-32

Alors que les «alliés» occidentaux de la Turquie, sans pour autant entreprendre d’actions concrètes, lui ont juré leur «solidarité» en lien avec les affrontements récents dans la province syrienne d’Idlib, y compris dans le but de saper le partenariat russo-turc et mettre la pression sur le gouvernement syrien, ces mêmes partenaires maintiennent néanmoins plusieurs divergences évidentes avec Ankara sur d’autres dossiers, notamment la Libye et Chypre.

Un cas intéressant est celui de la France. D’un côté, l’establishment politique français avait exprimé son soutien «moral» à la Turquie lors des affrontements avec les forces gouvernementales syriennes, tout en condamnant le chantage d’Ankara vis-à-vis de l’Union européenne sur la question migratoire. On se souvient aussi des condamnations de Paris lors de l’offensive turque contre les militants kurdes de Syrie. S’ajoutent à cela des divergences claires sur la Libye et la question des frontières maritimes en Méditerranée, notamment en lien avec l’exploitation des réserves d’hydrocarbures.

Si en Libye, la Turquie du président Erdogan soutient ouvertement le gouvernement d’union nationale (GNA), basé à Tripoli – contrôlant pas plus d’1/5 du territoire libyen, la France, elle, accorde plutôt ses sympathies à l’Armée nationale libyenne (LNA) commandée par le maréchal Khalifa Haftar. Bien que le soutien français à la LNA soit moins déclaré que celui des Emirats-arabes unis, de l’Egypte ou encore de l’Arabie saoudite, il n’empêche qu’il s’agit bel et bien d’un dossier d’intérêts divergents entre Ankara et Paris.

Mais ce n’est pas tout. L’autre pierre d’achoppement entre la Turquie et nombre de pays méditerranéens concerne la démarcation des frontières maritimes, ou plutôt une vision purement différente sur ces frontières, et notamment la question de forage dans une zone potentiellement riche en gaz naturel, comme c’est actuellement le cas autour de l’île chypriote. En effet et depuis que des réserves potentielles y ont été découvertes, une opposition nette subsiste entre les représentants de Chypre, de la Grèce et d’Israël d’un côté, la Turquie et son allié libyen (ou plutôt tripolitain) de l’autre.

Dans ce dernier cas, plusieurs pays de l’UE, dont la France, ont exprimé leur solidarité avec le trio gréco-israélo-chypriote. Pour rappel, le 2 janvier dernier, Chypre a signé un accord avec Israël et la Grèce pour la construction éventuelle du gazoduc Eastmed, qui pourrait acheminer le gaz extrait à destination de l’Europe continentale. Un accord que la Turquie conteste, en mettant en avant que ledit projet ne prend pas en compte la position de la partie nord de l’île en la qualité de la république turque de Chypre du Nord (RTCN). Et pour riposter, Ankara a tout simplement pris l’initiative de lancer ses propres activités de forage au large de l’île. Pour ce faire, le leadership turc a conclu avec son allié libyen du GNA une «entente» qui devrait lui permettre d’élargir sa zone économique exclusive en Méditerranée orientale. Une action condamnée par la République de Chypre, la Grèce, l’Egypte et Israël.

Dans ces situations, il faudrait probablement se poser la question sur comment la Turquie prévoit de gérer ces tensions existantes avec plusieurs de ses voisins de la Méditerranée. Et ce au moment même des tensions existantes en Syrie – certes un peu apaisées suite à l’accord de cessez-le-feu conclu entre les présidents Poutine et Erdogan à Moscou. La Turquie, dont les ambitions internationales ne sont pas à démontrer, sera-t-elle en mesure de jouer sur plusieurs tableaux indéfiniment et surtout pouvoir gérer l’aspect relationnel avec ses alliés de l’Otan, et ce au moment même où les partenaires eurasiens d’Ankara observent avec attention ses agissements? Là est toute la question.

Une chose est pour autant certaine, la politique de la multiple chaise et les contradictions existantes au sein de son propre «camp», ne vont pas lui faciliter la tâche.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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USA/Al-Qaida: alliés semi-officiels?

La République arabe syrienne après des années de guerre sur son sol contre divers groupes terroristes retrouve bel et bien le souffle et pense déjà à un futur meilleur, notamment dans le cadre de la reconstruction des infrastructures et nombre de projets économiques. Les tentatives de maintenir la pression sur Damas par Washington au final ne mèneront à rien.

Après la mission ratée de nuire fortement aux relations turco-russes, l’establishment étasunien continue néanmoins de gesticuler. Ainsi, James Jeffrey, l’émissaire US pour la Syrie, a fait plusieurs déclarations révélatrices.

En commentant la présence de terroristes dans leur dernier fief (ou plutôt après les nouveaux succès récents de l’Armée arabe syrienne, le semi-fief) d’Idlib, et notamment la position US sur la question, la déclaration du haut responsable étasunien a été sans vergogne. A savoir que les Etats-Unis ne coopèrent pas avec les «militants» de Hayat Tahrir al-Cham (ex Front al-Nosra, filiale d’Al-Qaida en Syrie) dans la région syrienne d’Idlib, mais ne les attaquent pas non plus, car ils se concentrent sur la lutte contre le gouvernement du président Bachar al-Assad.

«Nous ne travaillons pas avec eux. Comme vous l’avez dit ils sont une émanation d’Al-Qaida. D’un autre côté, comme nous pouvons le voir dans nos diverses actions antiterroristes, nous n’en avons pas infligées à eux, car nous ne pensons pas qu’ils soient axés sur les activités terroristes internationales. Ils sont beaucoup plus concentrés sur la lutte contre le régime d’Assad. Encore une fois, ce ne sont pas nos amis, nous n’avons pas d’affaires avec eux, mais ils ne sont certainement pas une priorité pour nous en termes de lutte contre le terrorisme». Ces déclarations ont été faites lors de la toute récente interview à la chaine CBS.

Au-delà du fait que cette déclaration rappelle curieusement celle de l’ex-ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius qui disait alors «qu’al-Nosra fait du bon boulot», il est tout de même incroyable d’observer le cynisme des élites étasuniennes, et occidentales en général. Donc après les attentats du 11 septembre 2001, ces mêmes élites politiques et leurs relais médiatiques nous avaient bombardés de messages en criant à droite et à gauche que le mal par excellence c’est Al-Qaida. Mais aujourd’hui, ces mêmes terroristes sont devenus pour l’Occident tout à fait fréquentables. L’hypocrisie et le cynisme au plus haut niveau possible et impossible, quand tu nous tiens.

Il devient donc maintenant tout à fait clair pourquoi Washington et ses acolytes occidentaux soient tellement intéressés par le maintien de ces éléments extrémistes en terre syrienne, notamment dans leur dernier semi-fief d’Idlib. Mais rien n’y fait – la Syrie poursuivra la pleine libération de son territoire national, avec le soutien de ses alliés. Le fait est que le principal intéressé donc au maintien des terroristes en Syrie n’est autre que les USA. Et cela est désormais pratiquement officiel.

D’autre part, le même Jeffrey avait en outre déclaré vouloir poursuivre la pression sur le gouvernement syrien, en vue d’isoler Damas et de forcer ses principaux soutiens russe et iranien à accepter un consensus.

A ce titre, il faudrait que le gendarme autoproclamé comprenne une bonne fois pour toutes plusieurs choses. La première, c’est qu’il n’y aura aucun consensus avec les terroristes. Des dizaines de milliers d’entre eux ont déjà été anéantis dans les opérations militaires des forces gouvernementales syriennes et de leurs alliés. Le même sort attend les quelques restes d’Idlib. A moins bien sûr que Washington et ses alliés européens décident d’accorder aux terroristes devenus subitement «fréquentables» l’asile sur leurs territoires respectifs. Damas n’y sera pas opposée. De deux, la Syrie n’abandonnera jamais son projet de libérer le reste de son territoire. Et les récentes victoires enregistrées par l’armée syrienne à Idlib, y compris malgré l’opposition turque, le confirment.

Enfin, et en parlant du prétendu isolement de Damas. Parfois, il y a vraiment l’impression que les élites occidentales vivent dans une réalité parallèle. Car au-delà du soutien politique, diplomatique, militaire et économique de ses principaux alliés en la qualité des puissances eurasiennes que sont la Russie, l’Iran et la Chine, et des relations étroites avec nombre de pays d’Amérique latine, d’Asie et d’Afrique, c’est désormais nombre de capitales arabes qui s’activent pour relancer les relations avec la République syrienne. Y compris certains pays du Golfe, comme les Emirats arabes unis – ayant rouvert leur ambassade à Damas en décembre dernier, après sept ans de rupture des relations diplomatiques. Moscou ne serait d’ailleurs pas étrangère à ce rapprochement Damas-Abu-Dhabi. Et plus récemment encore, le gouvernement de l’est de la Libye, contrôlant près de 80% du territoire libyen, a ouvert une ambassade il y a quelques jours dans la capitale syrienne. Le monde arabe donc, se réactive dans ses relations avec le gouvernement syrien. Cela sans oublier les bonnes relations qu’entretient le leadership de la Syrie avec des puissances arabes et africaines comme l’Egypte et l’Algérie.

Isolement vous avez dit? A ce rythme il sera intéressant d’observer qui finira isolé. Quant à la complicité avec les terroristes déclarés, Washington aura vraisemblablement de plus en plus de mal à la voiler.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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L’Organisation de coopération de Shanghai se prépare aux exercices antiterroristes conjoints

En août prochain se tiendront les exercices antiterroristes conjoints « Mission de paix 2020 » des pays membres de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). Pour certains des pays participants, une telle expérience sera la première.

Les dits exercices se dérouleront dans l’oblast de Kemerovo, en Russie. Plus de dix mille militaires appartenant à huit pays prendront part aux manouvres. En l’occurrence les représentants des forces armées de la Russie, de la Chine, du Kazakhstan, de l’Ouzbékistan, du Kirghizistan, du Tadjikistan, de l’Inde et du Pakistan.

«Nous visons à renforcer les liens d’amitié entre les pays participants dans la lutte contre le mal commun – le terrorisme international. C’est notre tâche principale et nous visons à acquérir de l’expérience», a notamment déclaré le colonel de la Force aérienne indienne, Samir Darkhan, commentant les préparations en cours au niveau des pays membres de l’OCS.

Au-delà des dix mille militaires qui participeront à ces exercices, un millier et demi d’unités d’équipement militaire terrestre et près d’une centaine d’unités aériennes seront de la partie.

«Les exercices seront organisés simultanément dans plusieurs localités. Dans l’une, ce seront les actions conjointes des troupes terrestres qui seront présentées, dans l’autre le franchissement de barrières d’eau, notamment…», a annoncé quant à lui le chef d’état-major adjoint du district militaire central russe Roustam Minnekaev.

La principale caractéristique de ces manouvres sera non seulement le développement d’actions conjointes afin de repousser une menace commune, mais également l’interaction entre les représentants militaires de huit pays différents.

En termes de perspectives, il s’agit effectivement d’un renforcement notable de la collaboration au sein de l’Organisation de coopération de Shanghai, qui – bien loin de se limiter à l’interaction politique et économique, renforce désormais de façon plus que notable le partenariat dans le domaine militaro-sécuritaire, et notamment antiterroriste.

De façon sérieuse, et malgré les maintes critiques d’antan des « experts » pro-atlantistes quant aux «difficultés» pour l’OCS de bâtir une alternative digne de ce nom à l’Otan, il s’avère qu’il n’en est rien. Car l’alternative est bel et bien là. Debout et avançant sans se soucier des «doutes» des prétendus spécialistes occidentaux. La grande alliance eurasienne, regroupant en son sein le pays le plus vaste du monde d’un côté et le plus peuplé de l’autre, c’est aussi avec ses huit pays membres et quatre Etats observateurs tout simplement plus de 60% du territoire de l’Eurasie et 43% de la population… mondiale. L’OCS – c’est aussi 20% des ressources mondiales pétrolières, près de 40% du gaz naturel, 30% de l’aluminium et 40% du charbon.

Sur le plan de la puissance militaire, probablement elle n’est pas à présenter. Avec le potentiel défensive russe, chinois, des pays ex-soviétiques d’Asie centrale (qui en passant n’avaient dans l’écrasante majorité jamais souhaité l’éclatement de l’URSS), ainsi qu’indien et pakistanais, la présentation serait tout simplement de trop. A noter tout de même que quatre puissances nucléaires font partie de l’alliance.

Tout cela pour dire, que les gesticulations et négations occidentales pourront se poursuivre autant que cela sera souhaitable au niveau des décideurs politiques concernés. Le monde lui, et surtout la grande partie de l’humanité, a d’ores et déjà compris où se trouve l’avenir. Et que du point de vue ne serait-ce que logique, il sera impossible pour une minorité évidente de continuer à prétendre représenter la «communauté internationale» et à s’autoproclamer porte-paroles de ladite communauté. La période post éclatement soviétique est bien terminée.

Quant à la lutte antiterroriste – l’Occident a déjà démontré toute son impuissance. Créer les chaos et déstabilisations d’un côté et lutter contre le fléau commun que représente le terrorisme – sont des choses inconcevables. Et c’est également en ce sens que l’OCS a un bel avenir devant soi.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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