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Les Karaïmes, peuple criméen riche de traditions.

Les Karaïmes, peuple criméen riche de traditions

La Crimée est on le sait une terre fort riche en cultures et traditions. Ce qui fait aussi indéniablement sa richesse c’est sa composition multiethnique et multiconfessionnelle, à l’instar du reste de la Russie.

Retour aujourd’hui sur le peuple des Karaïmes. Ce nom veut dit certainement peu de choses. Pourtant il s’agit de l’un des peuples de souche de la Crimée. Peuple turcophone, professant un courant du judaïsme rejetant le talmud (loi orale) et n’observant que les prescriptions de la loi écrite de la torah. A ce titre, leur courant religieux est souvent considéré comme « protestant » du judaïsme.

 

Ce qui caractérise aussi ce peuple c’est leur loyauté envers la Russie depuis des siècles. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que tous les empereurs russes, ainsi que leurs familles, durant leurs séjours en Crimée étaient toujours reçus par les représentants karaïmes, qui assuraient aussi leur sécurité. Plus que cela, lors de chaque arrivée impériale sur la péninsule, la première visite se faisait toujours et traditionnellement dans une Kenesa karaïme (centre de prières et de rencontres de la communauté). Tout un symbole. Depuis le XVIIIe siècle, lorsque la Crimée intégra l’Empire russe, les Karaïmes ont su parfaitement conserver leur culture authentique, de même que leur religion, tout en profitant des mêmes droits que tous les citoyens de l’empire. De leur côté, les Karaïmes étaient en effet toujours caractérisés par la loyauté envers l’Etat russe. C’est d’ailleurs certainement l’une des raisons de la grande confiance des empereurs de Russie envers eux.

Aujourd’hui, le principal centre de vie des Karaïmes est toujours en Crimée, plus précisément dans la ville d’Evpatoria, importante station balnéaire de la péninsule. Ils ont, dans l’écrasante majorité, soutenu le ralliement de la Crimée à la Russie lors du référendum de mars 2014. Aujourd’hui, la communauté karaïme fait un travail remarquable dans la sauvegarde de leur patrimoine culturel, y compris à destination de leurs plus jeunes représentants. La communauté a d’ailleurs récemment remporté le concours visant à récompenser les meilleures propositions d’itinéraires touristiques en Crimée, dans la catégorie du meilleur itinéraire ethnographique.

 

La semaine dernière, la Grande-duchesse Maria Vladimirovna Romanova, chef de la Maison impériale de Russie, ainsi que son fils le Tsarevitch Gueorgui Mikhaïlovitch Romanov, se sont rendus en Crimée pour une visite officielle, de même que pour prendre part à la cérémonie d’ouverture du monument en l’honneur du dernier empereur de Russie, Nicolas II. La tradition n’a pas été rompue et cette fois-ci aussi les représentants de la famille impériale russe ont dédié leur première visite aux représentants de la communauté karaïme. Les représentants karaïmes honorés ont d’ailleurs accompagné la délégation impériale tout au long des cérémonies officielles qui s’en ont suivi.

Comme quoi et une fois de plus, la Crimée sauvegarde avec jalousie sa capacité exemplaire à faire vivre un grand nombre de peuples, de différentes confessions religieuses, ensemble sur un même territoire. C’est certainement d’ailleurs la raison, en plus de celle liée à la justice historique et à la conjoncture d’il y a deux ans, lorsque cette multiethnicité était sérieusement menacée par des extrémistes néonazis et ultra-nationalistes, que la presqu’île criméenne ait retrouvé la Russie. Cette expérience unique de pouvoir faire vivre non seulement ensemble mais aussi en harmonie différents groupes ethniques et religieux, est propre à la Russie. Les Karaïmes, qui ont su à l’instar de tellement d’autres peuples, sauvegarder leurs traditions et leur patrimoine culturel-religieux ancien en savent quelque chose. Heureusement loin de « l’expérience US » où la population de souche amérindienne sombre dans l’alcoolisme, la perte de son identité (pour beaucoup déjà perdue) et fait face à une politique ouvertement discriminatoire. Une différence de traditions, d’expériences et d’approches simplement évidente.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201605231025220592-crimee-karaimes-traditions/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Rencontre entre le pape François et Vladimir Poutine : un grand symbole

Le pape François (à droite) et Vladimir Poutine

La rencontre entre le pape François et Vladimir Poutine était fort significative. C’était la seconde fois que les deux hommes faisant partie des plus influents du monde se rencontraient au Vatican.

Deux choses qu’il serait bon de noter. D’une part et encore une pression sans précédent des USA qui se sont permis de donner au Saint-Siège des « recommandations » sur le ton à avoir face au leader russe. Plus encore, la « nation exceptionnelle » via son ambassadeur au Vatican a carrément exprimé son souhait de voir le pape transmettre au président russe ses « sérieuses préoccupations » par rapport à la situation en Ukraine. Question: les USA souhaitaient donc que le pape transmette les préoccupations des USA ou ses préoccupations personnelles? Si c’est le premier cas, alors pourquoi le pape, chef de l’Eglise catholique, devrait transmettre les préoccupations d’un pays qui n’a toujours pas compris que son diktat est bien arrivé à sa fin? Si c’est le second cas, alors de quel droit les Etats-Unis se permettent de parler des préoccupations personnelles du souverain pontife?

En tout cas, le pape François a prouvé une fois encore que c’est un homme fort sage et qui comprend parfaitement les événements dans le monde actuel. Malgré les pressions exercées par Washington, Bruxelles et Kiev, le Vatican n’a pas fléchi.
Le pape François et Poutine ont discuté de tous les principaux problèmes internationaux: Syrie, situation au Moyen-Orient, guerre dans le Donbass et la situation en Ukraine. A la fin de l’entrevue, le président russe a offert au souverain pontife l’icône représentant la Cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou, ainsi que plusieurs tomes de l’encyclopédie orthodoxe russe. Le pape n’a pas manqué lui aussi de remettre un cadeau à Vladimir Poutine (et quel cadeau!): une médaille réalisée par un artisan du siècle dernier représentant l’ange faiseur de paix. « Cette médaille représente l’ange qui apporte la paix, la justice, la solidarité et la protection, ainsi que ce texte, qui apporte une réflexion sur le fait que l’Evangile nous apporte la lumière dans nos vies, et la joie. On y trouve également des réflexions géopolitiques sur nous, sur nos vies »…, a dit le pape. Le pape a également demandé à Poutine de transmettre ses meilleurs vœux au patriarche de l’Eglise orthodoxe russe Kirill et a salué les journalistes présents, qui ont par ailleurs tous reçu des chapelets.

Il est difficile à savoir si le message a été compris par tous. Certains ne le verront pas, d’autres feront semblant dans leur but de propagande russophobe de ne pas le voir. Le fait est qu’il y est. Et cela ne peut que rendre heureux.

Pour rappel, le pape François a été avec Vladimir Poutine l’un des principaux opposants aux volontés des élites politiques occidentales de bombarder la Syrie pour renverser le président Bachar al-Assad. Des bombardements qui paraissaient alors déjà définitivement décidés par Obama et le sous-traitant Hollande. Cette compréhension de la situation a été grandement appréciée par les chrétiens du monde entier, y compris de Russie, et plus globalement par toutes les personnes de bonne volonté. Et aujourd’hui, cette compréhension se poursuit avec la crise ukrainienne dans laquelle le Vatican et le pape personnellement ont refusé d’accuser la Russie d’y être responsable, comme le voulaient tellement les élites politiques d’un certain nombre de pays occidentaux.

La deuxième rencontre donc entre le pape et le président russe était tout aussi symbolique que la première. Et cela nous prouve une fois encore, que le monde occidental (bien qu’il faut le rappeler le pape est argentin, donc d’Amérique latine), ne se limite surtout pas aux élites politiques et médiatiques de l’Occident anti-chrétien. Il y a un autre Occident. Et cet autre Occident est prêt, main dans la main à bâtir le monde tant désiré, où tous seront égaux et auront leur mot à dire. Le monde multipolaire libéré du diktat néocolonialiste qui s’imposera alors une bonne fois pour toute.

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20150614/1016541813.html

Mikhail Gamandiy-Egorov