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Le Kazakhstan, l’initiateur de l’intégration eurasiatique

L’intégration dans l’espace eurasiatique bat son plein, et ce aussi bien sur les plans économique, politique, que dans le cadre militaro-sécuritaire. Cette intégration est vue fort négativement par les opposants à l’ordre multipolaire qui y voit tout simplement une renaissance de l’URSS. Malgré cette opposition et les tentatives de saper ladite intégration, les efforts des pays concernés ne faiblissent pas.

Beaucoup ne le savent peut-être pas, mais l’idée d’une intégration eurasienne dans l’espace post-soviétique n’est autre que l’initiative de l’ex-président kazakh Noursoultan Nazarbaïev, ayant dirigé le pays depuis 1990 jusqu’en 2019. D’ailleurs, la capitale kazakhe Astana a été renommée en son honneur l’année dernière et porte désormais le nom de Noursoultan.

Probablement un autre rappel s’impose : celui que les pays d’Asie centrale dans leur ensemble étaient opposés à l’éclatement de l’URSS. Et que par ailleurs, les pays en question avaient rapidement compris que seule une relation forte et stratégique au sein de l’espace ex-soviétique permettrait d’assurer un développement durable aux populations concernées. En ce sens, le Kazakhstan a pris une sorte de leadership dans ce processus. Et les résultats ne se sont pas fait attendre: le pays fait partie aujourd’hui des plus développés économiquement parlant au sein des pays d’ex-URSS.

Déjà en 1994, soit pratiquement juste après la fin de l’Union soviétique, Noursoultan Nazarbaïev avait suggéré, lors d’un discours à l’Université d’Etat de Moscou, l’idée de créer un espace de défense commune, ainsi qu’un bloc commercial régional pour lier et bénéficier des économies grandissantes de l’espace eurasien. Il faudra attendre fin mai 2014 pour que l’accord de création de l’Union économique eurasiatique voit le jour, avec une entrée en vigueur le 1er janvier 2015.

A l’heure actuelle et en plus du Kazakhstan, l’union est composée de la Russie, de la Biélorussie, de l’Arménie et du Kirghizistan. Depuis mai 2018, la Moldavie est devenue membre-observateur de l’organisation. Des accords de libre-échange ont été signés avec le Vietnam (mai 2015), l’Iran (mai 2018), le Singapour et la Serbie (tous deux en octobre 2019). Des négociations sont en cours avec nombre d’autres pays ayant exprimé leur intérêt pour de tels accords, notamment la Chine, Cuba, l’Egypte, la Mongolie ou encore l’Inde. D’autres pays ont également exprimé leur intérêt, parmi eux la Syrie, le Pakistan, l’Indonésie, la Tunisie, entre autres.

Pour revenir au Kazakhstan, et au-delà de l’Union eurasiatique dont il était l’initiateur dès 1994, le pays fait partie également des principales organisations internationales de l’espace eurasien, clairement affiliées au monde multipolaire, dont l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) – organisation à vocation politico-militaire créée en 2002 et regroupant plusieurs pays ex-soviétiques (Kazakhstan, Russie, Arménie, Biélorussie, Kirghizistan, Tadjikistan en qualité de membres de plein droit, la Serbie en qualité d’observateur). Ainsi que de la Communauté des Etats indépendants (CEI) ou encore de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). Cette dernière, créée en juin 2001, regroupe le Kazakhstan, la Russie, la Chine, le Kirghizistan, le Tadjikistan, l’Ouzbékistan (tous depuis 2001), ainsi que l’Inde et le Pakistan (tous deux depuis 2017). Les Etats observateurs de l’organisation sont quant à eux la Mongolie (depuis 2004), l’Iran (depuis 2005, comptant devenir prochainement membre à part entière de l’alliance), l’Afghanistan (depuis 2012) et la Biélorussie (depuis 2015). L’OCS est d’ailleurs vue en Occident comme un contrepoids à l’Otan, bien que les activités de la première soient bien plus larges que de la seconde – car au-delà d’une coopération militaro-sécuritaire et géopolitique, l’Organisation de coopération de Shanghai concerne également l’interaction dans les domaines économico-commercial, énergétique, humanitaire, scientifico-technique, culturel-éducatif, ainsi que celui des transports, du tourisme et de l’environnement.

A travers une politique souveraine et active dans le cadre des organisations citées, le Kazakhstan est arrivé à être considéré comme une puissance régionale indéniable. Un statut non seulement dû au poids économique et énergétique du pays, mais également sur les plans politique et sécuritaire. Concernant justement l’aspect sécuritaire, le pays a su démontrer une capacité réelle de prévention de l’extrémisme et du terrorisme, en s’opposant fermement aux divers courants extrémistes et en misant sur une paix sociale intérieure, notamment sur le plan d’une harmonie entre les nombreux groupes ethniques composant la nation kazakhe. Sur le plan politique, l’apogée du poids du Kazakhstan a été admise lors du processus d’Astana sur la Syrie, ayant réuni à la même table les représentants du gouvernement syrien, ceux de l’opposition (hors terroristes déclarés), ainsi que les pays-garants du processus, en la qualité de la Russie, de l’Iran et de la Turquie.

Pour finir, il serait certainement juste de dire que la puissance affirmée du Kazakhstan et son positionnement en qualité de puissance régionale eurasienne, sont dus à la sagesse d’une politique visant à faire profiter la population du développement économique, maintenir l’harmonie inter-ethnique et inter-religieuse du pays, promouvoir fermement l’intégration eurasiatique au sein de l’ex-URSS et au-delà, soutenir le concept du monde multipolaire, et barrer la route aux nombreux courants extrémistes, ainsi qu’aux diverses tentatives d’interférence extérieure dans les affaires souveraines du pays. Le Kazakhstan a clairement démontré être l’un des pays ex-soviétiques à avoir atteint des résultats probants dans divers domaines : de l’économie à la sécurité, de l’unité nationale intérieure à une influence fermement positive à l’international. L’œuvre de son ex-président Nazarbaïev est indéniable et vraisemblablement son successeur Kassym-Jomart Tokaïev ne compte pas s’en écarter.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Burundi / présidentielle: confirmation de la légitimité des élections

Les résultats des récentes élections présidentielles en République du Burundi semblent désormais être acceptés au niveau international, malgré les critiques qui émanaient de la part des élites occidentales. La légitimité est désormais confirmée aussi bien au niveau de l’Union africaine (UA), de nombreux chefs d’Etat du continent, ainsi que de la part de nombreuses capitales du monde.

L’Union africaine (UA) a pris note de façon officielle des résultats définitifs de l’élection présidentielle au Burundi – publiés le 4 juin dernier. C’est ce que rapporte l’Agence de presse africaine (APA).

Par ailleurs, le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, a souhaité au président burundais élu «ses vœux de plein succès dans l’exercice de ses nouvelles responsabilités». Plusieurs chefs d’Etat africains ont également transmis leurs félicitations au leader du Burundi. Les médias occidentaux n’ont de leur côté pas manqué de faire écho de nombre «d’irrégularités».

Il est vrai que depuis de nombreuses années le Burundi s’était retrouvé sous pression de la part de nombre de pays occidentaux, dont les Etats-Unis, la France ou encore l’ex-puissance coloniale belge – qui n’approuvait pas l’orientation souveraine choisie par le prédécesseur du président nouvellement élu Pierre Nkurunziza. Les accusations émanant de ce camp, notamment via le mainstream médiatique, étaient fort nombreuses: accusations de violation des droits de l’homme, risque de génocide, politique autoritaire…

Il n’empêche que grâce à la mobilisation intérieure et au soutien diplomatique de deux membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, en la qualité de Pékin et Moscou, ayant empêché la poursuite de la déstabilisation opérée par les capitales occidentales, le pays a réussi à tenir toutes ces années et même à poursuivre la diversification de ses relations extérieures.

L’élection récente d’Evariste Ndayishimiye est venue conforter l’idée que le Burundi refusera toute interférence extérieure dans ses affaires internes. Et confirmant par la même occasion l’idée de véritable souveraineté, tellement voulue et recherchée par grand nombre d’Etats africains. D’autre part, ce petit pays de la région des Grands Lacs a démontré que toute idée d’une guerre civile, voire de génocide, n’était rien d’autre que l’œuvre d’une propagande hostile non seulement au Burundi, mais plus généralement vis-à-vis de tous les Etats d’Afrique ayant misé sur leur souveraineté nationale et sur la diversification active de leurs partenariats extérieurs.

Evidemment et comme tout pays, de nombreux défis existent et rentrent très certainement dans l’agenda du leadership burundais. Ce qui est certain c’est que du moment que le processus électoral a pu se dérouler dans des conditions pacifiques et sans violence – en nette opposition des pronostics de certaines forces, cela confirme toute la maturité du peuple du Burundi et de la capacité de ses dirigeants à maintenir le cap vers un développement durable, conséquent et souverain. Quant aux donneurs de leçons, ils feraient bien mieux aujourd’hui de se concentrer sur leurs problèmes intérieurs. La crise du Covid-19, ainsi que bien d’autres sujets d’actualité, l’ont à ce titre pleinement démontré.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Emeutes aux USA: le Zimbabwe lui aussi sur le banc des accusés

Les Etats-Unis sont en train de vivre une page fortement difficile de leur histoire. De loin en tête en termes de nombre de contaminations et de décès dus au Covid-19, le pays de l’Oncle Sam doit désormais faire face à de multiples émeutes à divers endroits du pays, le tout sur fond de tensions ethniques.

De façon générale ces émeutes n’ont rien d’exceptionnelles en tant que telles – sachant que ce ne sont loin d’être les premières. En effet, sous l’administration Obama – durant le mandat duquel plusieurs assassinats avaient été commis vis-à-vis, bien souvent, de représentants afro-américains et d’autres minorités ethniques, suite à quoi s’en étaient suivies plusieurs manifestations de citoyens US en colère. En réponse de quoi les forces de l’ordre étasuniennes n’avaient pas hésité à utiliser la violence comme moyen de réponse, y compris l’extrême.

Au-delà du fait que le pays se prétendant être le modèle parfait en termes de démocratie, de liberté et des droits de l’homme, se permettant de façon hyperactive à donner des leçons de vie à la planète entière et à se mêler d’affaires intérieures d’Etats souverains, sans oublier évidemment les déstabilisations, organisations de coups d’Etat, et bien évidemment l’intervention armée pure et simple – lorsque cela est «nécessaire», ait à utiliser un tel degré de violence contre ses propres citoyens, mais l’autre fait qui se démarque – ce sont les accusations portées par nombre de représentants de l’establishment étasunien à destination de pays étrangers – qui auraient «contribué» à ces émeutes.

Si les accusations portées par une partie de l’establishment politique et médiatique (notamment via la chaine CNN) à l’encore de la Chine, la Russie ou encore de l’Iran sont loin d’être nouvelles, le cas du Zimbabwe parait tout de même surprenant. S’il est vrai que Harare se trouve en alliance avec les trois premiers dans les domaines politico-diplomatiques, économiques et militaires, quel intérêt aurait-elle, sérieusement parlant, à contribuer à la montée de la violence en terre étasunienne? Revanche pour les sanctions US? Pour les nombreuses déstabilisations intérieures orchestrées par des forces obscures liées aux Etats-Unis? Tentatives américaines de faire isoler le pays?

S’il est vrai que les raisons pour le Zimbabwe d’en vouloir les USA sont réelles et nombreuses, il est peu probable que Harare aurait une quelconque volonté de mettre de l’huile sur le feu chez l’ex-gendarme du monde – si ce n’est que de lui mettre un miroir devant ses yeux. Vraisemblablement, un miroir qui donne une migraine énorme à ceux qui profèrent ces accusations d’interférence contre les USA. Peut-être d’ailleurs que ces derniers auraient quelque chose à se reprocher?Demain les accusations seraient-elles portées également contre Cuba, le Venezuela, le Nicaragua et d’autres forces progressistes latino-américaines, voire la Syrie ou encore la Turquie? Connaissant l’establishment US et sa mentalité – rien ne serait impossible.

Mais le mieux probablement que ces élites étasuniennes auraient à faire c’est justement et surtout de commencer à se regarder dans le miroir et comprendre à quel point leur propre société est tout sauf un exemple pour d’autres nations. D’autre part, pour les partisans de Trump si il y a bien ceux qui essaient d’exploiter les énormes tensions actuelles, c’est surtout ses adversaires intérieurs – aussi bien ceux liés à Soros & Co., que les Clinton, Biden et Obama – de façon il est vrai totalement hypocrite sachant qu’à leur période de règne les crimes à caractère raciste étaient tout sauf moindres.

Enfin, du moment que l’establishment étasunien, dans son ensemble, ne saura accepter la réalité multipolaire du monde et leur incapacité à maintenir le diktat unipolaire, les USA continueront de s’enfoncer dans toutes les contradictions possibles – intérieures comme extérieures. Et à ce titre au lieu de maintenir des centaines de bases militaires à l’étranger, Washington ferait bien mieux de régler ses énormes problèmes intérieurs – de l’économie à la santé, des problèmes sociétaux aux conflits interethniques qui n’ont cessé d’exister au cours de son histoire tumultueuse. Des massacres des populations de souche et de la traite esclavagiste jusqu’aux lois ségrégationnistes, y compris après la seconde moitié du XXème siècle, jusqu’aux violences contemporaines. Donc stay home and solve your problems.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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L’Union économique eurasiatique: l’Ouzbékistan en tant que nouveau pays membre?

Selon un sondage récent, effectué par le Centre de recherches et de réformes économiques, basé à Tachkent – la capitale de la République d’Ouzbékistan, ¾ des citoyens ouzbèques soutiennent l’intégration de leur pays au sein de l’Union économique eurasiatique (UEEA).

En effet, les processus d’intégration au sein de l’ex-URSS se poursuivent, notamment dans le cadre eurasien. La principale union économique au sein de l’espace des anciennes républiques soviétiques, qui regroupe actuellement la Russie, le Kazakhstan, la Biélorussie, l’Arménie et le Kirghizistan en tant que membres à part entière, ainsi que la Moldavie en qualité de membre-observateur, pourrait être élargie à la nation d’Asie centrale ex-soviétique ouzbèque.

Les résultats dudit sondage affichent un soutien de 74% des répondants à l’intégration de leur pays au sein de l’UEEA, 16% y sont opposés, 4% ont répondu par la neutralité et 6% n’ont pas donné de réponse. A noter que le soutien en faveur de l’intégration est plus important chez les femmes interrogées que chez les hommes (82% contre 73%). L’essentiel des partisans de l’adhésion est au sein des groupes d’âges suivants : les jeunes de moins de 20 ans et les plus de 40 ans.

L’analyse des résultats a également révélé que parmi les partisans de l’intégration de l’Ouzbékistan au sein de l’Union économique eurasiatique, le plus grand nombre était parmi les enseignants, les étudiants, ainsi que les représentants du secteur privé (76%).

Parmi les avantages cités par les répondants du sondage, 51% estiment que l’adhésion à l’UEEA aura comme résultat une baisse significative des prix des biens et services, ainsi qu’une augmentation de la qualité des produits due à une amélioration de l’environnement concurrentiel. Le deuxième avantage cité, par 24% des citoyens ouzbèques, étant l’élargissement du marché d’exportation des produits nationaux, avec le potentiel supplémentaire de créer de nouveaux emplois. Enfin 15% des répondants sont convaincus que ladite adhésion améliorera les conditions pour les travailleurs-migrants (pour information sur les près de 2,5 millions de citoyens ouzbèques travaillant en dehors de leur pays, environ 2 millions vivent et travaillent en Russie).

A noter qu’en juin 2019, le président du pays Shavkat Mirziyoyev avait déclaré qu’en vue de prendre une décision sur l’adhésion de l’Ouzbékistan à l’Union économique eurasiatique, le pays devait analyser tous les défis. En janvier 2020, le chef de l’Etat avait annoncé que la question de la participation du pays à l’union devait être étudiée de manière approfondie par le parlement national. Début mars, le Cabinet des ministres a décidé de soumettre à l’examen des deux chambres du Parlement la proposition concernant la participation de l’Ouzbékistan à l’UEEA en qualité d’observateur. Fin avril, la Chambre législative du Parlement a approuvé la participation du pays en qualité d’observateur au sein de l’union.

Maintenant et pour parler perspectives, il serait juste d’aborder plusieurs points. Tout d’abord, un petit rappel historique s’impose. Celui qu’au moment de la chute de l’URSS, l’écrasante majorité des habitants des républiques soviétiques d’Asie centrale, dont l’Ouzbékistan, étaient radicalement opposés à la dislocation de l’Union soviétique. Deuxième point, et cela est tout aussi important : le fait que parmi les partisans de l’adhésion de l’Ouzbékistan à l’Union économique eurasiatique on retrouve une bien large part de jeunes, notamment de moins de 20 ans – la génération qui de facto n’a pas connu l’URSS, confirme pleinement que le processus d’intégration dépasse largement, comme certains pourraient le penser, le cadre des nostalgiques de l’URSS. Si bien que certainement on peut retrouver de nombreuses personnes ayant cette nostalgie au sein des habitants plus âgés, dans le cas des jeunes il s’agit avant tout d’une compréhension logique de l’importance de l’intégration dans l’espace eurasien, y compris évidemment dans le cadre historico-civilisationnel, mais aussi tout simplement une réalité pragmatique des opportunités économiques, commerciales et d’emploi.

Enfin, et malgré la ferme volonté de l’establishment atlantiste de stopper cette intégration dans l’espace post-soviétique eurasien, la réalité est telle que malgré les énormes programmes économiques mis en place par les USA et certains de leurs alliés afin de détourner la jeunesse d’Asie centrale, y compris d’Ouzbékistan, d’un quelconque soutien vis-à-vis d’une intégration eurasiatique, vraisemblablement les résultats de ces tentatives occidentales restent pour le moins… médiocres. Au final, les réalités économiques, alliées à une lecture commune sur de nombreux points de l’histoire, y compris commune, le facteur humain, mental et civilisationnel, restent les atouts qu’il est très difficile d’anéantir, y compris à coups de millions, voire de milliards de billets verts.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Covid-19 aux USA: révélateur des divisions raciales omniprésentes

La propagation du coronavirus au niveau mondial a non seulement montré toute la vulnérabilité de l’humanité face aux pandémies liées à l’apparition de nouveaux virus, mais a également mis en avant les divisions criantes qui continuent d’exister, y compris au sein d’Etats se prétendant être des modèles pour la planète entière.

Alors qu’à l’heure actuelle, les Etats-Unis sont de loin le pays au monde comptant le plus grand nombre de contaminés – plus d’un 1,4 million de personnes (un tiers du total mondial) et le plus grand nombre de décès – plus de 85 000 personnes à ce jour (un peu moins d’un tiers du total mondial), ladite pandémie a révélé que cet Etat reste profondément divisé sur le plan racial et ethnique.

Là encore, il ne s’agit que de statistiques. Ainsi et à titre d’exemple, dans l’Etat de Caroline du Sud (sud-est étasunien), un habitant sur trois est Afro-Américain. Mais à ce jour ils représentent près de la moitié des personnes infectées par le coronavirus dans cet Etat et la moitié des personnes décédées. Autre exemple: dans l’Etat du Wisconsin, les représentants de la population noire comptent seulement pour 7% de la population de l’Etat – mais près du quart des malades et du tiers des morts.

De façon générale, le taux élevé de mortalité dû au coronavirus au sein de la population afro-américaine est reconnu y compris par les experts étasuniens, dont les analystes de l’Université John Hopkins – source de nombreuses publications, statistiques et analyses en rapport avec le Covid-19. D’ailleurs, les exemples des Etats de Caroline du Sud ou du Wisconsin sont bien loin d’être des cas uniques. Ainsi, dans l’Illinois, où les citoyens afro-américains représentent 15% de la population, ils représentaient au même temps 40% des décès dus au Covid-19 (données du mois dernier).

Et de l’aveu de nombreux Afro-Américains, y compris ceux ayant perdu plusieurs membres de leurs familles suite aux conséquences de la pandémie, les soins nécessaires n’ont pas été accordés de manière appropriée pour nombre d’entre eux. Plus que cela, certains hôpitaux auraient même refusé l’hospitalisation pour des personnes contaminées, stipulant qu’il n’y avait pas de certitude qu’elles soient atteintes du coronavirus.

Le souci supplémentaire, c’est que ce sérieux problème d’inégalités criantes et souvent même de discrimination pure et simple, ne se limite pas à l’exemple afro-américain. Car les populations de souche, pour beaucoup vivant toujours dans des réserves qui leur avaient été créées suite à la spoliation de leurs terres par les colons blancs anglo-saxons, font face également à un risque majeur dans le cadre de la propagation du Covid-19 aux USA. De même que la population latino-américaine.

Cela signifiant qu’un pays qui se prétend être le modèle mondial par excellence en termes de démocratie ne peut être considéré comme tel alors qu’en 2020 une partie de ses citoyens se retrouvent ouvertement, pour des raisons raciales, ethniques et sociales, par-dessus-bord des droits les plus élémentaires. Mais surtout qu’un pays ayant de tels problèmes à l’interne, et qui ne font que réapparaitre de façon plus notable à la surface au moment d’une pandémie globale, ne peut et ne doit pouvoir prétendre à posséder le droit de vie ou de mort vis-à-vis de nations du monde qui ne lui ont rien demandé.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Coronavirus: la gestion plus que controversée des pays de l’UE

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Alors que le coronavirus est devenu pour nombre de personnes le sujet le plus discuté et suivi, mettant un peu en arrière les tensions géopolitiques, géoéconomiques et énergétiques du moment, il est intéressant de se pencher sur la différence de gestion d’un certain nombre de pays, au moment où la Chine semble prendre le contrôle de la situation, à la différence des pays prétendument «développés» européens.

Si l’origine de l’apparition du virus continue de susciter nombre de débats et toutes sortes de versions font leur apparition parfois sur une base quotidienne, le fait est qu’il y a quelques jours et pour la première fois la Chine a ouvertement suspecté les USA d’être à l’origine de l’apparition dudit virus sur son sol, et ce à travers le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Zhao Lijian. Washington a réagi en convoquant l’ambassadeur de la Chine en poste aux Etats-Unis. Ce qui est sûr, c’est que connaissant l’approche traditionnellement réservée et retenue de la diplomatie chinoise, y compris sur les nombreux sujets de désaccord avec l’establishment étasunien et occidental en général, il est peu probable que cette accusation soit venue de nulle part. A suivre donc.

Quoiqu’il en soit et au-delà de cet aspect, certes très important, car si cela s’avère véridique il s’agirait ni plus ni moins de terrorisme étatique d’envergure mondiale, il est également important de se pencher sur les différentes façons de nombre de pays dans la gestion de ce fléau. Pour cela, il serait probablement intéressant de se pencher sur les cas chinois, russe, et des pays de l’UE.

La Chine, frappée de plein fouet la première, compte à ce jour le plus grand nombre de personnes ayant été contaminées par le coronavirus. Mais malgré cette catastrophe sanito-humanitaire, Pékin n’a pas fléchi et a engagé très rapidement des mesures grandeur nature, à l’image des capacités du pays. Cela s’est traduit entre autres par la construction en un espace de temps record d’hôpitaux temporaires et par l’utilisation de tout le savoir-faire technologique et médical de l’Empire du Milieu. Sur les plus de 80 000 personnes contaminées, un peu plus de 3214 ont trouvé la mort, soit pour le moment près de 4%. Le nombre de personnes guéries approche quant à lui les 67 000 personnes, soit plus de 83% https://fr.wikipedia.org/wiki/Pandémie_de_maladie_à_coronavirus_de_2019-2020. Chiffre assez impressionnant compte tenu de la nouveauté et de l’apparition soudaine du virus en question.

Plus que cela et aux dernières nouvelles: aucun nouveau cas de contamination n’a été recensé dans 21 régions chinoises au cours de ces 14 derniers jours. Dans six régions, il n’y a pas de nouveaux malades depuis plus d’une semaine. La situation épidémique continue de s’améliorer activement dans le pays. Les nombreuses industries reprennent peu à peu. L’optimisme est de retour au sein des responsables et citoyens chinois.

Qu’en est-il du voisin et allié de Pékin? A ce jour, la Russie compte 63 personnes contaminées, dont 8 guéries. La plupart des contaminés avaient séjourné en Italie, le pays le plus touché par le virus en Europe et le deuxième le plus touché au monde. A ce sujet, il serait bon de noter que la Russie compte plus de 4200 kilomètres de frontières communes avec la Chine, cette dernière étant par ailleurs le principal partenaire économico-commercial de Moscou. Les échanges entre les deux pays sont très intenses et ce dans divers domaines (affaires, flux touristiques, échanges d’étudiants, etc…). S’ajoute à cela le fait que la Russie est dans le Top 3 mondial pour le nombre de citoyens étrangers se trouvant sur son territoire https://www.worldatlas.com/articles/highest-immigrant-population-in-the-world.html, avec plus de 11,5 millions de personnes. Et là aussi ce n’est pas tout lorsqu’on sait que des villes comme Moscou ou Saint-Pétersbourg comptent parmi les plus grandes destinations touristiques internationales. Mais malgré ces faits évidents, la situation liée au coronavirus est très loin de celle observée dans nombre de pays de l’Union européenne, notamment l’Italie, l’Espagne ou la France. Pour rappel, la Russie avait pris des mesures de fermeture et de contrôle avancé aux frontières dès le stade précoce de la propagation du virus. Le résultat ne s’est pas fait attendre.

Les pays de l’UE, ou plutôt leurs responsables politiques, ne peuvent pas quant à eux se vanter devant leurs citoyens de quoi que ce soit. L’Italie, déjà mentionnée ci-haut, sur plus de 24 7000 contaminations compte 1809 décès, soit plus de 7% par rapport au nombre total de contaminations – soit en termes de proportion presque deux fois plus qu’en Chine. En termes de guérison, le pays compte 1966 cas rétablis (soit pour le moment moins de 10% – contre près de 83% en Chine). Du côté de l’Espagne, sur 7845 cas confirmés, 292 personnes décédées à ce jour. Un pourcentage «meilleur» côté français, mais il n’empêche que cela ne peut aucunement être considéré comme un acquis car l’Hexagone compte tout de même à ce jour 127 décès (sur 5423 cas confirmés). Si certains se posent la question sur le niveau d’efficacité de la médecine et des mesures de soins, notamment si l’on compare les statistiques entre la Chine et l’Italie, il n’empêche que le plus important probablement à noter c’est surtout le manque évident de prise rapide de mesures de prévention qui caractérise la situation sanitaire qui prévaut dans l’Union européenne, avec en prime une psychose digne de l’Armageddon. Ce qui est certain, c’est qu’il est vivement souhaitable à ce que les populations concernées, sans exception et partout dans le monde, puissent rapidement retrouver l’optimisme, et ce à travers des résultats concrets sur le terrain.

Parallèlement à cela, nombre de politiciens occidentaux restent dans l’arrogance qui les caractérise. Ainsi, le président français Macron a provoqué une vive polémique au Maroc, suite à un tweet dans lequel il parle d’un ton ouvertement condescendant en direction des autorités marocaines (sur la question de l’évacuation des citoyens français bloqués au royaume après la fermeture temporaire des liaisons aériennes). Ce qui n’a pas manqué de faire réagir la société civile du pays. Beaucoup ont d’ailleurs voulu rappeler que leur pays est normalement et officiellement indépendant depuis 1956. S’ajoute à cela le manque de solidarité évident entre les «alliés» occidentaux (aussi bien dans le cadre USA-Europe, qu’au niveau européiste). Pendant ce temps, la Chine a envoyé en Italie des équipes de spécialistes pour aider le pays à vaincre le coronavirus. Du côté russe à destination de l’Iran, troisième pays le plus touché par les contaminations après la Chine et l’Italie, avec en «prime» les sanctions étasuniennes qui touchent et frappent, entre autres, le secteur médical iranien.

Une chose est néanmoins certaine: l’Occident politique a bel et bien, une fois de plus, montré son vrai visage. Celui de l’arrogance et de l’incompétence réunies. Courage encore une fois aux populations concernées. Car quoi que fasse l’establishment, le tribut est payé par les simples citoyens. Et plus l’establishment est incompétent, si ce n’est pas criminel, plus le tribut est lourd.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Russie-Afrique du Sud: d’une pierre, deux coups

Pretoria

Le partenariat entre Moscou et Pretoria a le vent en poupe. Déjà très fort dans les domaines politique, économique, culturel, sans oublier l’agroalimentaire, il est amené à se développer dans un domaine inattendu: Moscou propose en effet une solution à l’épineux problème des fermiers blancs qui doivent laisser leurs terres aux noirs.

Depuis la chute du régime raciste d’apartheid, les relations entre la République sud-africaine et la Fédération de Russie ont toujours été cordiales. Rien d’étonnant, sachant que l’ANC, le parti au pouvoir depuis la fin de la dictature néocoloniale, a été activement soutenu en son temps par l’Union soviétique. D’ailleurs, plusieurs des représentants de l’élite sud-africaine post-apartheid ont été formés dans des universités russes.

Le nouveau président sud-africain, Cyril Ramaphosa, est en ce sens dans la lignée de ses prédécesseurs, à savoir un partisan d’une relation forte avec Moscou, d’autant plus que les deux nations sont toutes deux membres de l’alliance BRICS. Illustration de ce partenariat privilégié, les deux pays ont lancé l’année dernière un régime sans visas pour leurs citoyens respectifs, pour des séjours jusqu’à 90 jours, donnant une impulsion supplémentaire à la promotion des investissements et du tourisme.

Par ailleurs, l’agence fédérale russe de l’énergie atomique (Rosatom) devrait construire une centrale nucléaire en terre sud-africaine, même si cela déplaît énormément aux concurrents occidentaux du projet et à leurs amis héritiers de l’apartheid, se trouvant aujourd’hui dans l’opposition. Secteur des mines, bourses d’études, manifestations culturelles conjointes,… Russie et RSA ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin: récemment, un nouveau volet est venu s’ajouter à cette longue liste de domaines de coopération… Assez inattendu.

Le leader sud-africain a en effet récemment annoncé qu’il comptait revenir à la question sensible qui tracasse depuis de longues années la société du pays: celle de la transmission des terres agricoles aux mains des représentants de la majorité noire. Car faut-il le rappeler, les meilleures terres agricoles de la nation arc-en-ciel restent détenues par des représentants de la minorité blanche. À la différence du Zimbabwe, de Nelson Mandela à Jacob Zumba, en passant par Thabo Mbeki, le leadership sud-africain a été vraiment très —certains diront trop- patient à ce sujet.

Si cela devait arriver, il serait bon de dire que cette décision serait amplement justifiée, sachant que nombre d’agronomes qualifiés noirs ont été formés depuis la chute de l’apartheid. Que d’autre part, il est effectivement illogique qu’une minorité issue du colonialisme puisse continuer à profiter d’un système né durant une époque d’injustice et de discrimination. Et qu’enfin, la République sud-africaine est un pays souverain, ayant droit d’adopter les mesures jugées nécessaires par ses représentants élus démocratiquement.

Mais que faire de ces fermiers blancs, pour la plupart descendant des Afrikaners néerlandophones, et hautement qualifiés dans le domaine qui les concerne? Eh bien, la Russie, qui offre depuis déjà plusieurs années des conditions inespérées dans le domaine agroalimentaire, notamment après l’établissement des sanctions occidentales à son endroit et les contre-mesures russes visant grand nombre de produits occidentaux, a ouvert la porte aux nombreux fermiers afrikaners afin de leur permettre de venir s’installer en terre russe. Un message vraisemblablement bien accueilli, puisque déjà 15.000 fermiers sud-africains sont arrivés dans le sud de la Russie et comptent se lancer dans un business qu’ils maîtrisent si bien. La terre russe, surtout celle du sud, leur offre d’une part un climat et des conditions de travail propices, sans oublier d’autres avantages fournis par le gouvernement local. Côté sud-africain, ces fermiers se disent prêts à investir chacun pas moins de 100.000 euros pour pouvoir lancer leur production. Faites le compte: 15.000 fermiers x 100.000 euros, cela fait déjà 1,5 milliard d’euros que le budget russe pourra recevoir, ajouté à cela l’énorme savoir-faire des fermiers en question.

Moscou fait d’une pierre, deux coups: d’une part, elle maintient de très bons rapports avec le gouvernement sud-africain, élargit au maximum le portefeuille de projets conjoints, tout en contribuant d’une certaine façon au règlement d’un problème né durant une phase sombre de l’histoire d’Afrique du Sud.

D’autre part, sachant que la Russie est devenue un nouvel eldorado pour les projets dans le secteur agroalimentaire, avec l’arrivée de ces milliers de spécialistes sud-africains hautement qualifiés, elle porte un coup supplémentaire aux intérêts occidentaux. C’est désormais certain: tout retour éventuel des produits agroalimentaires européens sur le marché russe sera extrêmement difficile.

Certains sceptiques nous annonçaient de grandes difficultés pour la Russie. Une fois encore, le pays ne fait qu’en sortir renforcé.
Il y a toujours des alternatives. L’essentiel est de les saisir.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201807171037246580-russie-afrique/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Coupe du Monde 2018 en Russie: une réussite totale?

Mondial: Russie vs Arabie saoudite

Organisationnel, sportif, humain, les succès remportés par la Russie durant cette Coupe du Monde 2018 sont indiscutables. Et ce malgré toutes les attaques l’ayant visée au cours des années passées. Peine perdue, la Russie a montré ses atouts et surtout son véritable visage aux yeux du monde.

La haine antirusse a beau largement se maintenir dans les cercles politico-diplomatico-médiatiques de l’Occident, le fait est que cela ne changera absolument rien dans le processus déjà enclenché. La Russie poursuivra sa politique indépendante et souveraine, avec le soutien de l’écrasante majorité de sa population.

Voici ce qu’a d’ailleurs écrit à ce sujet Brahim Fassi Fihri — président fondateur de l’Institut Amadeus, le plus grand think-tank marocain, et fils aîné de Taieb Fassi-Fihri, ancien ministre marocain des Affaires étrangères et actuel conseiller du roi Mohammed VI: «Spasiba Russia! Bravo pour cette superbe Coupe du Monde réussie sur tous les plans. Les observateurs étaient dubitatifs tant sur la qualité de l’organisation que sur le succès sportif de la Russie, qui était l’équipe la moins bien classée de ce Mondial avant le tirage au sort en décembre dernier. La Russie a montré aux sceptiques qu’elle est un très grand pays ouvert sur le monde, avec un grand peuple, fier et accueillant!»

En effet, tous les «sceptiques» russophobes peuvent aujourd’hui poursuivre dans leur rage. L’organisation, de l’aveu des supporters venus des quatre coins du monde, a été parfaite. Les Russes, si souvent caricaturés en brutes sans sentiments, ont montré, quant à eux, que nous sommes un peuple effectivement fier, mais aussi ouvert au monde entier. C’est cela même la base du véritable patriotisme russe: un patriotisme qui unit un grand nombre de peuples de différentes appartenances ethniques et religieuses en une véritable communauté. Enfin et contre la plupart des pronostics, la Sbornaya, l’équipe nationale russe de football, a non seulement réussi le pari de se qualifier pour la phase finale de la compétition mais a atteint le stade des quarts de finale, le meilleur résultat jamais obtenu par la Russie post-soviétique. Plus que cela, elle a été à deux doigts de se retrouver en demi-finales. Et bien que cela ne soit pas arrivé, la nation toute entière, de Vladivostok à Kaliningrad, a exprimé sa profonde reconnaissance aux joueurs, à l’entraîneur et à tout le staff technique.

Bref, la fête en terre russe a largement dépassé les meilleures attentes. Prouvant que la Russie est bel et bien l’une des principales puissances internationales, et certainement pas uniquement sur les plans diplomatique, géopolitique ou militaire. Ce succès russe fera bien évidemment de nouveaux jaloux et augmentera sans aucun doute la haine néocoloniale de ceux qui haïssent traditionnellement la Russie, comme tous les autres pays non soumis au diktat occidental. L’autre fait qui les fera très certainement poursuivre dans leur hystérie antirusse, c’est le fait que l’unité du peuple russe reste inébranlable. Nous savons nous unir dans les moments de joie, comme dans ceux de tristesse. Nous savons surmonter les difficultés sur notre chemin. Et le patriotisme russe est tout sauf le rejet de l’autre, bien au contraire. C’est ce même patriotisme qui a permis, entre autres, aux chrétiens et aux musulmans de vivre en paix et en harmonie depuis de longs siècles. Il suffit d’ailleurs pour cela de se rendre en République du Tatarstan pour s’en rendre compte et pour comprendre l’idée de base de l’idéologie eurasienne.

Et tous ces supporters étrangers venus des quatre coins de la planète pour participer au Mondial russe et largement satisfaits de ce à quoi ils ont pu assister seront désormais les meilleurs ambassadeurs de la Russie dans leurs pays et régions respectifs. Et c’est là l’essentiel. Quant aux haineux, qu’ils continuent dans leur hystérie, cela ne cassera certainement pas le peuple multiethnique de Russie.

https://fr.sputniknews.com/worldcup-2018-archive/201807091037126830-coupe-du-monde-russie/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Guinée équatoriale, l’exemple d’une souveraineté bien assumée

Guinée équatoriale, l’exemple d’une souveraineté bien assumée

Leader du continent africain en termes de revenu moyen par habitant, la Guinée équatoriale fait partie de ces pays africains qui ont pris depuis longtemps leur destin en main. Un exemple qui fait des jaloux, mais qui explique surtout pourquoi ce pays est si critiqué par l’establishment occidental.

Alors que la Russie et la Chine sont de plus en plus présentes en Afrique et font pièce à l’influence occidentale sur le continent, qui mine les souverainetés des pays africains, intéressons-nous à ces États qui ont misé sur la défense de leur indépendance jusqu’au bout. La Guinée équatoriale fait incontestablement partie de ces nations.

Lorsqu’on se trouve à Malabo, la capitale équato-guinéenne, plusieurs choses impressionnent: des infrastructures et des routes de qualité, la propreté, un niveau de vie décent, le tout allié à une population fière, mais aussi accueillante. Oui, on se trouve bel et bien en Afrique et non pas dans la capitale d’un pays occidental.

Et si la Guinée équatoriale est loin d’être la seule nation africaine disposant de ressources naturelles conséquentes —dans son cas, c’est principalement le pétrole (troisième producteur en Afrique subsaharienne), il s’agit néanmoins de l’un des pays à avoir préservé sa souveraineté sur ses ressources nationales, permettant à la population d’en ressentir les retombées et les avantages.
Autre caractéristique de ce pays: une population qui n’immigre pas, si ce n’est parfois des jeunes qui vont faire des études à l’étranger, mais au contraire un pays qui peut se permettre d’accueillir des migrants d’autres pays africains, mais aussi d’Asie et d’Europe, notamment en provenance d’Espagne.

Car, faut-il le rappeler, la Guinée équatoriale fut un temps une colonie espagnole. Et ce n’est d’ailleurs certainement pas grâce à cette dernière que l’on peut aujourd’hui parler de miracle équato-guinéen. À son accession à l’indépendance, le pays manquait de toute infrastructure digne de ce nom, à commencer par les routes. Et c’est justement durant la période qui a suivi que grâce à la manne pétrolière, le pays a pu se doter d’infrastructures dont beaucoup d’États africains ne disposent pas à ce jour, construites principalement par des entreprises chinoises, actives dans le pays.

Et tout comme l’Angola, dont les citoyens n’immigrent pas ou peu et qui accueille un grand nombre de citoyens de l’ex-métropole coloniale portugaise, la Guinée équatoriale, elle, en fait de même avec des ressortissants espagnols venant chercher une vie meilleure sur le continent africain. Pour autant, croire que Madrid serait un ami honnête de Malabo serait une erreur: critiques constantes du gouvernement équato-guinéen dans les médias, financement des «opposants», plusieurs tentatives de déstabilisation. Une attitude qui est loin de se limiter à l’Espagne, puisque Paris n’est pas en reste. Plusieurs sources bien informées affirment que le cerveau de la dernière tentative de coup d’État, heureusement ratée, se trouverait justement dans l’Hexagone.

Mais pourquoi un tel déferlement contre ce pays, pourtant pacifique, ouvert aux échanges dans différents domaines? Au-delà d’avoir des ressources naturelles abondantes, le fait d’en préserver la souveraineté pose «problème». En effet, la part des revenus du pétrole qui reste dans le pays est incomparablement plus conséquente que dans les États africains sous mainmise occidentale, dont ceux qui appartiennent encore à la fameuse «Françafrique». Chez ces derniers, l’État en reçoit des miettes alors que l’establishment néocolonial continue de s’enrichir, avec toutes les conséquences qui en découlent pour les populations.

Faites un tour dans les pays de transit migratoire à destination de l’Europe, que ce soit le Maroc, l’Algérie ou la Tunisie, et demandez la nationalité des candidats à l’immigration —bien souvent au risque de leur vie- issus d’Afrique subsaharienne. Nombreux sont les Sénégalais, les Maliens, les Ivoiriens, les Guinéens de Conakry, mais vous n’y rencontrerez pas d’Équato-Guinéens ou d’Angolais. Libre à chacun d’en tirer les conclusions qu’il jugera les meilleures.

À ceux qui objecteront que la comparaison avec la Guinée équatoriale n’est pas tout à fait justifiée au vu de la taille relativement réduite de la population, rappelons que la superficie de ce pays —d’à peine 28.051 km2, tout comme le volume de ses ressources naturelles, sont justement proportionnels à sa population. Et puisque l’on a également mentionné l’Angola, qui avait arraché en son temps et au prix de nombreux sacrifices sa pleine souveraineté avec l’aide cubaine et soviétique, il faudrait rappeler que sa population est quant à elle supérieure à celle des nombreux pays d’Afrique francophone sources de migrations, pourtant très riches eux aussi sur le plan des ressources naturelles. Il y a donc un sérieux problème de partenaires et de système établi. C’est d’ailleurs certainement ce qui fait si peur à la France et à d’autres, si mécontents de voir la Russie revenir sur ce beau continent africain.

Et là encore, ce n’est pas tout. La Guinée équatoriale se positionne depuis plusieurs années comme le nouveau porte-flambeau du Panafricanisme, surtout après l’assassinat barbare de Mouammar Kadhafi et la destruction de la Jamahiriya libyenne par l’Otan et ses alliés salafistes. Une raison supplémentaire de s’attirer les foudres de ceux qui continuent de plaider pour un monde unipolaire totalement révolu et de faire avancer par la même occasion les intérêts néocolonialistes —une approche à laquelle s’opposent des pays comme la Russie et la Chine.

Pour finir et puisque l’on évoque la Russie, on retrouve plusieurs similitudes assez frappantes entre elle et la Guinée équatoriale. Les années sombres des deux pays ont été applaudies et célébrées par les Occidentaux, les années de relèvement pour l’un, de développement rapide pour l’autre, ont au contraire été largement diabolisées. C’est d’ailleurs le message qui transparaît lorsqu’on se trouve à Malabo et que l’on échange avec les représentants de cette belle nation.

Une chose est pour autant certaine: ni Moscou ni Malabo ne comptent perdre du temps à écouter les bavardages de ceux qui pratiquent depuis des siècles des politiques néocoloniales et qui s’autoproclament porte-parole d’une « communauté internationale» ne représentant pas plus de 10% de la population terrestre. Quant aux tentatives de déstabilisations, le temps de la duperie est bel et bien terminé. Et l’opinion publique africaine actuelle le confirme pleinement.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201806191036862738-guinee-equatoriale-souverainete/

Mikhail Gamandiy-Egorov

La voix du peuple, c’est la voix de Dieu : entretien avec Francis Mvemba

La voix du peuple, c'est la voix de Dieu : entretien avec Francis Mvemba

La République démocratique du Congo, le pays francophone le plus peuplé, se relève lentement des multiples guerres et crises qui l’ont secoué. C’est dans ce contexte difficile que Francis Mvemba a lancé son parti politique. Entre redressement national et insertion de la RDC dans un monde multipolaire, il détaille pour Sputnik son programme.

Francis Mvemba, jeune entrepreneur à succès originaire de la République démocratique du Congo, a lancé il y a un an un nouveau parti politique dans son pays. Nous en avons discuté dans un entretien. Désireux de donner un nouvel élan à sa nation, extrêmement riche en termes de ressources naturelles, mais longtemps déchirée en raison d’interventions bien souvent extérieures, où en est-il aujourd’hui?

Sputnik: Lors de notre entretien d’il y a un an, vous avez annoncé le lancement de votre parti politique en RDC —le PEC (Parti Émergence du Congo). À ce titre, quelles ont été vos réalisations au cours de l’année écoulée?

Francis Mvemba: Notre parti a su fédérer nombre de Congolais tant au pays que dans la diaspora résidant à l’étranger. Notre programme majeur est de redonner leur fierté aux Congolais et un nouvel élan au pays. Une plateforme en ligne est en préparation afin de répondre à toutes ces adhésions. En se joignant au PEC, les Congolais nous prouvent qu’ils sont prêts à voir un nouveau visage dans le paysage politique.

Sputnik: L’élection présidentielle a été fixée pour fin décembre 2018 par la Commission électorale (CENI). Êtes-vous candidat? Et si oui, pourquoi cette décision? Comment estimez-vous vos chances?

Francis Mvemba: Je suis très fier d’être citoyen congolais, je suis président d’un parti politique enregistré au Congo, je suis libre de tout engagement et je remplis toutes les conditions pour être éligible et concourir à l’élection présidentielle. Donc sur le papier, je suis présidentiable. Maintenant, vous m’avez demandé si j’ai pris la décision d’être candidat, je vous répondrais que cette décision est en train de mûrir. Je suis un patriote et si c’est la meilleure alternative pour un Congo émergent, alors je prendrais mes responsabilités le moment venu. En ce qui concerne mes chances, seul le peuple congolais est apte à en juger. Comme j’aime tant dire, «la voix du peuple c’est la voix de Dieu».

Sputnik: Dans le programme que vous avez relayé, vous insistez sur la nécessité de modifier le système judiciaire de la RDC sur de nombreux points. Pourquoi une attention si importante à cet aspect?

Francis Mvemba: La justice est l’un des fondements, l’un des piliers de l’État. Un État sans justice n’est pas une démocratie. Il serait donc illégitime et ne pourrait être reconnu sur le plan national et international. Dans le volet justice de mon programme politique, je souhaite que l’on donne au peuple le choix d’une justice équitable.

Notre seconde priorité est de redonner au Congo les moyens de sa souveraineté. Nous devons garantir la sécurité à tous les Congolais sur l’ensemble du territoire, car sans un État stable il n’y a pas d’émergence ni d’industrialisation possible.

Le troisième pilier de notre programme, c’est le Travail. L’État qui crée les conditions idéales pour les investisseurs et l’émergence économique et industrielle que nous venons d’aborder doit également valoriser l’emploi et la formation pour les jeunes congolais. Nous avions plus de 3.000 industries après la colonisation, il n’en reste qu’environ 200 aujourd’hui. C’est cette jeunesse qui va faire la force de l’émergence et de l’industrialisation du Congo.

«Justice, Paix et Travail», c’est notre programme, mais c’est également la devise de l’emblème national…

Sputnik: Parlons de votre programme international. Quels sont les fondements et les priorités du point de vue de la politique extérieure congolaise que vous souhaitez mettre en avant?

Francis Mvemba: De tout ce qui se passe en ce moment dans le monde et depuis les dernières années, nous avons tiré les leçons: il n’y a pas d’avenir pacifique entre les nations sans un monde multipolaire qui respecte les acteurs régionaux. Je suis attaché à l’idée de nous rapprocher tout d’abord de nos voisins africains et de redonner un élan dans les relations internationales du Congo à travers le monde. Tous les accords politiques internationaux pérennes se sont construits sur des échanges d’idées et sur des décisions politiques dans lesquelles toutes les parties se sont senties respectées et dans une dynamique de partage. La contrainte, même dans l’intérêt du plus grand nombre, n’est pas une bonne solution.

Sputnik: Vous avez justement dit plusieurs fois vouloir axer la politique extérieure de la RDC sur le développement des relations avec des pays comme la Russie. Est-ce que pour vous la Russie est la bienvenue en RDC? Et comment entrevoyez-vous le fait que des puissances étrangères ayant longtemps interféré dans les affaires intérieures congolaises, notamment depuis l’assassinat de Patrice Lumumba, puissent réagir face à une telle perspective?

Francis Mvemba: Le Congo est une terre idéale pour accueillir à la fois les partenaires historiques, ainsi que les nouveaux pays émergents qui souhaitent y investir. Depuis quelques années, la Chine et l’Inde, par exemple, sont devenues des partenaires stratégiques du Congo. Alors bien sûr, la Russie est la bienvenue. Nous ne sommes pas les seuls en Afrique à choisir l’équilibre des forces et l’ouverture à toutes les puissances mondiales. Regardez l’Afrique du Sud, le Maroc, et d’autres encore… Notre politique extérieure sera pragmatique et pacifique, dans le seul but de favoriser le développement du Congo.

Sputnik: Comment les événements dans le monde, et notamment en Syrie, ont selon vous bouleversé la vision sur les affaires internationales de nombreux Congolais et Africains?

Francis Mvemba: Tout comme la Syrie, le Congo ou d’autres pays africains, nous avons trop connu les atrocités et la destruction qu’amène la guerre. Cela ne doit plus arriver pour les générations futures. La guerre n’a jamais rien construit. C’est dans la paix et dans la sécurité qu’on émerge.

Sputnik: Toujours dans votre programme, vous accordez une attention particulière à la défense des intérêts économiques, et notamment miniers, de votre pays. Pensez-vous que la RDC puisse justement retrouver la pleine souveraineté sur ses ressources naturelles, tellement convoitées?

Francis Mvemba: La souveraineté du Congo sur son sol, sa sécurité et ses richesses font partie de mes priorités. La protection de nos ressources naturelles en est un élément majeur. Stopper le pillage de notre sous-sol pourrait-il être une des solutions? Je le pense, car ces revenus manquants dans les caisses de l’État congolais sont autant de financements en moins utiles au développement de notre pays pour nos générations futures, tels que la santé, l’éducation, les infrastructures publiques, etc. Transformons ces activités illégales en activités transparentes et rémunératrices pour tous.

Sputnik: dernière question. Vous avez rencontré le 26 novembre M. Kirsan Ilioumjinov, le Président de la Fédération internationale d’échecs et membre du Conseil de la Fédération de Russie (notre photo), ex-président de la République de Kalmoukie (1993-2010). Dans quel but?

Francis Mvemba: Je me suis entretenu longuement sur la situation du Congo avec le Président Kirsan Ilioumjinov. Nous avons évoqué plusieurs projets, notamment la possibilité de promouvoir les jeux d’échecs auprès des Congolais.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201712131034312485-congo-francis-mvemba-entretien/

Mikhail Gamandiy-Egorov