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Heureusement que l’Euroligue n’est pas l’Eurovision

Le CSKA Moscou de Nando De Colo a remporté l'Euroligue

Deux grands événements continentaux viennent de se clôturer. Concours Eurovision de la chanson et l’Euroligue de basketball, la plus prestigieuse compétition de ce sport au niveau des clubs européens.

Si dans le deuxième cas on a eu droit à une saison fantastique, notamment au niveau du Final 4 (carré final des quatre meilleures équipes de la saison) qui s’est déroulé ce week-end et où l’aspect fair-play du sport a bien été au rendez-vous, on ne peut malheureusement pas en dire autant de l’Eurovision.
A vrai dire, ce qui s’est passé au niveau du concours de l’Eurovision n’est même pas très digne de commentaire. Mais lorsque la politique antirusse en arrive à rentrer au niveau d’un concours qui prétend « promouvoir les valeurs de paix et de tolérance en Europe et au-delà », il devient impossible de ne pas commenter.

 

Pour résumer: le représentant russe Sergueï Lazarev, qui était d’ailleurs le favori annoncé du concours, remporte le vote du public européen. Mais le vote du « jury », si on peut parler de jury, lui est tout autre. Au final, c’est la représentante ukrainienne qui remporte le concours alors qu’elle n’a pas gagnée ni au niveau du public, ni même au niveau de ce fameux jury (deuxième dans les deux cas) avec une chanson ouvertement politisée.

Une « victoire » donc tirée par les cheveux et arrangée vraisemblablement par ceux désireux « récompenser » les élites ukrainiennes pour leur bon « travail » dans l’intégration atlantiste. D’autre part et pour revenir à la politisation de la chanson, les organisateurs de l’Eurovision ont donc violé une autre règle du concours: celui de l’interdiction de chansons politiquement engagées. Ces organisateurs affirment pourtant n’avoir pas vu de « message politique ». Suivant cette logique, si l’année prochaine une chanson sera dédiée aux milliers de victimes du Donbass, on ose alors espérer que les organisateurs ne la bloqueront pas? D’autant plus que ce n’est pas politique: c’est la simple et triste réalité.

On se demande d’ailleurs si la Russie devrait encore participer à des événements « européens » de ce type. A méditer. Mais heureusement qu’il existe encore des compétitions où le fair-play n’est pas une vaine notion et où la victoire est obtenue au mérite et non pour servir des intérêts ouvertement politiques. La finale de l’Euroligue de basketball, tout comme les demi-finales, l’ont prouvé une fois de plus.
La finale opposait le CSKA Moscou au club turc de Fenerbahçe Ülker Istanbul, dans la capitale allemande Berlin, ce qui favorisait évidemment le club stambouliote compte tenu de la très importante diaspora turque, qui s’est fait entendre tout au long du match. Bien que nombreux ont fait le parallèle dans cette opposition sportive aux problèmes politiques actuels entre les deux pays, et cela a été en partie confirmé par quelques provocations côté turc dans les tribunes qui ont résulté à des affrontements aussi bien au sein des supporters qu’au niveau des loges VIP, néanmoins et sur le terrain la bataille était purement sportive.

 

Les deux équipes avaient réalisé une saison pratiquement sans faute et tout le monde s’attendait à un digne combat. Ce fut le cas. De l’aveu de tous, experts comme supporters, le match fut véritablement haletant. Au final, le CSKA Moscou a remporté le match après prolongation 101 à 96, avec un superbe Nando de Colo, meilleur joueur français et MVP de la saison.

Bien sûr que cela fait bien plaisir de voir le club moscovite champion d’Europe, de même que de savoir un autre club russe parmi les quatre meilleures équipes de la saison. En l’occurrence le Lokomotiv Kouban-Krasnodar (troisième). Mais la principale question n’est pas là: les victoires, qu’elles soient sportives ou artistiques, il faut les obtenir dans la compétition juste et non sur ordre d’intérêts n’ayant rien à avoir ni avec le sport, ni avec la chanson. Peu importe après qui est le vainqueur.Quant à l’Eurovision, le show de cette année rappelle en effet la réalité géopolitique: les populations européennes largement favorables à la Russie, les élites et experts autodéclarés russophobes jusqu’au cou… Pas de soucis, on fait avec et toujours avec le sourire.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201605161025034549-euroligue-eurovision-basket/

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Enjeux et perspectives centrafricaines. Entretien avec Sylvie Baipo-Temon (Partie 1)

Sylvie Baipo-Temon

Sylvie Baipo-Temon est une ressortissante centrafricaine. Economiste de formation, cadre au sein de la direction financière d’une banque française, son engagement pour son pays, la République centrafricaine, date de 2003. Un engagement d’abord passif à travers des réflexions et analyses personnelles, puis actif, surtout depuis fin 2014.

De décembre 2014 à juin 2015, elle sera porte-parole du comité ad hoc diaspora pour la paix en RCA. En ce moment, elle travaille sur un blog dont l’objectif serait de faire découvrir la Centrafrique: son histoire, ses maux, ses tares, ses défis, ses enjeux et perspectives.

Sputnik: L’année dernière, la République centrafricaine faisait l’actualité en raison des affrontements inter-religieux. Qu’en est-il aujourd’hui? Quelle est la situation sur le terrain?

Sylvie Baipo-Temon: Les médias occidentaux ont présenté le conflit centrafricain comme étant un conflit inter-religieux. Cela n’est pas exact.

Le conflit centrafricain issu du dernier coup d’Etat mené par la milice Seleka, est né d’une crise politique. D’ailleurs, la Centrafrique depuis son indépendance en 1960 n’a connu que des cycles de violences liés à une instabilité politique chronique. De 1960 à 2015, la Centrafrique n’a connu qu’une seule élection présidentielle libre et transparente. Hormis le régime du défunt président Ange-Félix Patassé, tous les régimes ont été mis en place par un recours systématique à la violence (coup d’Etat).Pour revenir à la crise issue du dernier recours à la force, orchestré par la Seleka et ayant emmené au pouvoir Michel Djotodjia. L’origine de cette crise est politique et elle a glissé, parce qu’aucune solution politique n’a été trouvé par les parties prenantes, en conflit de société à caractère religieux et cela uniquement sur la base de manipulation des hommes politiques.

Pour faire court, à son avènement la Seleka a manipulé la population de religion musulmane pour obtenir à la fois:— un soutien moral: le nord-est du pays a toujours été négligé pour ne pas dire abandonné par les autorités centrafricaines (tout régime confondu).

— un soutien financier: la population de religion musulmane possède la plupart des commerces et est fortement implanté dans l’exploitation du diamant. Elle est donc une maille financière importante. Durant le régime du Général Bozizé, les diamantaires ont été fortement pénalisés par les abus du pouvoir en place.

Politiquement, la Seleka a justifié son coup d’Etat par une révolte de la population du Nord qui a été trop lésé jusqu’à date. Alors qu’il s’agissait uniquement de mercenaires étrangers à 60% (Tchadiens et Soudanais) qui ont rallié par la manipulation politique d’autres mercenaires centrafricains. D’ailleurs, parmi les mercenaires de la Seleka, on retrouve les mêmes mercenaires qui ont appuyé le Général Bozizé lors de son coup d’Etat de 2003. Des mercenaires insatisfaits par le régime qu’ils ont aidé à l’époque à mettre au pouvoir.Notons qu’une guerre ou un conflit ne se passe pas sans répercussions sur la population civile et qu’un mercenaire est un criminel. Dans leur marche vers la prise de pouvoir à Bangui, les Selekas ont volé, violé, pillé, tué la population et majoritairement la population de religion chrétienne. Celle-ci en riposte à ces exactions et abus de la Seleka, a réagi en formant des groupes d’auto-défense qu’ils ont appelés les anti-balles AK. Ils s’agissaient uniquement de paysans usés, fatigués et livrés à eux-mêmes.

Il y a eu une récupération politique de ces groupes d’auto-défense anti-balles AK qui a donné naissance aux milices Anti-Balakas. Et de là, le conflit politique s’est transformé en conflit de société à caractère religieux.Pourquoi il s’agit d’une manipulation politique? D’abord, dans les différents groupes armés (Selekas et Anti-Balakas), il y a eu des scissions. Et ceux qui continuent à semer les troubles sont ceux qui se revendiquent des deux anciens présidents déchus (Bozizé et Djotodjia), ils sont appelés les Nairobistes (du fait de l’accord signé à Nairobi).

La situation d’aujourd’hui est que les affrontements à caractère religieux sont localisés dans les quartiers à forte concentration des partisans des présidents déchus. Des crimes et exactions sont savamment orchestrés, tout cela pour maintenir une tension tant que les différents groupes armés n’obtiennent pas gain de cause. Il faut garder en mémoire que les accords de Nairobi n’ont rien donné pour les protagonistes.

A aujourd’hui, la population non partisane de ces groupes est prise en otage. Un groupe d’individus, des mercenaires et bandits sèment la terreur et la population non armée subit les exactions des uns et des autres.Nous en avons eu la preuve lors du passage du Saint père (le Pape Fançois), les Centrafricains musulmans et les Centrafricains chrétiens étaient ensemble pour accueillir le Pape.

Lors du référendum qui a eu lieu le dimanche 13 décembre, la population musulmane qui a souhaité faire valoir ses droits et devoirs citoyens a subi les foudres de la fraction Seleka. Le bureau de vote a fait l’objet de tirs faisant 2 morts et des blessés. Encore une preuve que les conflits ne sont pas d’ordre religieux mais uniquement de la manipulation.

Les médias diffusent des informations qui entrainent de la confusion, il est important que chaque Centrafricain et Centrafricaine s’efforce à rétablir la vérité.

Sputnik : On avait beaucoup parlé de la nécessité d’une réconciliation nationale. A-t-elle globalement eu lieu? Si non, quelles seraient les raisons? 

Sylvie Baipo-Temon : Un forum a en effet eu lieu en mai 2015, mais nous ne pouvons pas parler d’un forum de réconciliation nationale. Déjà parce que la réconciliation n’a pas eu lieu. Des affrontements persistent, de manière localisée. Les groupes armés détiennent encore une bonne partie du territoire centrafricain. Récemment, nous avons eu une nouvelle déclaration choc de la fraction Seleka installée au nord du Centrafrique, qui a décrété la partition du pays. De plus, cette même coalition a indiqué qu’elle s’opposerait à l’organisation des élections annoncées pour fin 2015, dans les zones qu’elle occupe.

Ce que nous retenons du forum, c’est qu’il a eu lieu mais son issu a été aussi éphémère et chaotique que son déroulement.

Personnellement, ce n’est pas une surprise car en Centrafrique on organise des dialogues sans vraiment se fixer d’objectifs à atteindre, sans réellement y travailler de manière sérieuse, sans prendre la mesure de la gravité de la situation et surtout sans aucune méthode. Pour mener une démarche de réconciliation, il faudrait en comprendre le sens, comme l’on fait avec succès d’autres pays ayant vécu des situations toutes aussi atroces voire au-delà que celui de la Centrafrique. Il ne s’agit point d’organiser un regroupement de personnes où les gens se retrouvent, se saluent, partagent un café et repartent avec leur perdiem. Non, il s’agit d’entreprendre, de faire un point sur notre histoire, identifier les ennemis, permettre l’expression de tous, pousser à la prise de conscience les auteurs des crimes. Globalement, la volonté du forum aurait dû être celle d’affronter la situation, de parler de ce qui fâche et divise, cela pour arriver à le surmonter ensemble. C’est un pan de notre histoire qu’il nous faudra graver et apprendre à vivre avec. Le Forum ne s’est pas attaché à faire en sorte de ne plus vivre cela, de cesser les incitations au recours à la force comme seul moyen d’accéder au pouvoir.Pour atteindre l’objectif de la réconciliation, il aurait fallu et il faut que la démarche de dialogue soit initiée et réalisée dans un cadre légitime et de confiance, c’est-à-dire pas par les autorités du pays qui sont de fait juges et parties. Pour preuve de l’incohérence entre ce qui est dit et ce qui est fait, la cheffe de la transition avait nommé comme président de ce forum, un ancien chef de rébellion. Comme quoi, en Centrafrique, nous avons encore un long chemin à entreprendre pour marcher sans béquilles.

La démarche doit concerner toute la population et non une partie de celle-ci triée sur le volet. Il aurait fallu aussi opter pour un médiateur neutre et hors de la sous-région.Avant le dialogue, il y a eu ce que les autorités ont appelés des consultations populaires, le résultat de ces consultations a été faussé. Le peuple s’est exprimé mais au final les revendications et souhaits n’ont pas été pris en compte. Pourquoi? Il faut retenir que c’est ainsi qu’on incite à la formation de rebellions et de groupes armés?

Suite dans la seconde partie de l’entretien

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20151218/1020388722/afrique-republique-centrafricaine.html

Mikhail Gamandiy-Egorov

La Crimée : vers l’indépendance énergétique à grands pas

Ligne à haute tension. Crimée.

Depuis le ralliement historique de la Crimée à la Russie, l’un des problèmes majeurs de la péninsule restait sa dépendance en matière de livraisons d’électricité par l’Ukraine.

Il fallait de toute manière s’attendre à ce que les extrémistes ukrainiens tentent par tous les moyens de faire payer à la Crimée son choix historique. C’est ce qui va arriver. Ils pensaient avoir réussi. Coup raté: la Crimée a tenu bon et la Russie a pris les mesures efficaces en un laps de temps réduit.

Petit rappel des faits. Le 22 novembre dernier, des groupes ukrainiens de mouvance néonazie et ultra-nationaliste, font exploser des lignes à haute tension, faisant ainsi couper l’approvisionnement en électricité pour la péninsule criméenne. En d’autres termes: un acte terroriste. Sur le coup, ce ne sera d’ailleurs pas seulement la Crimée qui sera touchée, mais aussi certaines régions ukrainiennes voisines (notamment la région de Kherson).
Les services ukrainiens régionaux compétents tentent d’intervenir pour faire réparer les dégâts. Mais les extrémistes leur bloquent l’accès, en les laissant uniquement réparer les lignes approvisionnant les régions ukrainiennes. La Crimée plonge dans le blackout électrique pour près de deux semaines. Les extrémistes poursuivent alors le blocus en empêchant tout accès aux lignes électriques concernées.

Ravis de leur action, ils pensaient pouvoir mettre la péninsule criméenne en position de faiblesse et poursuivre sans vergogne leur chantage. D’autant plus ayant le soutien affiché des autorités kiéviennes. Plus que cela, Piotr Porochenko en personne soutiendra ouvertement « l’initiative des patriotes ukrainiens ». A l’instar d’une autre « initiative », initiée un peu plus tôt avec un nom fort révélateur: le « blocus alimentaire », dont le but devait être la « restauration de la souveraineté ukrainienne », selon les dires du même Porochenko (approche effectivement « intéressante » et surtout très « humaniste ») en empêchant tout camion transportant des produits alimentaires depuis le territoire ukrainien d’entrer en Crimée. Un blocus pour rappel n’ayant rien donné puisque la Crimée est entièrement autosuffisante en livraisons alimentaires depuis la Russie continentale, les seuls perdants ayant été les producteurs ukrainiens privés de la possibilité de faire vendre leurs produits en terre criméenne. Kiev a préféré donc passer à l’étape « supérieure »: faire vivre les habitants de la Crimée dans le noir en espérant que cela puisse durer. Seul bémol: les Criméens n’ont une fois de plus pas fléchi et les autorités russes ont intensifié l’organisation de l’indépendance énergétique de la presqu’île.

En effet, un pont énergétique reliant la péninsule à la Russie continentale a été mis en place en un temps pratiquement record. Pour la Crimée, cette nouvelle victoire était surtout celle de l’acquisition d’une indépendante énergétique tant attendue. Dès l’annonce du retour de l’électricité dans les foyers criméens et l’arrivée du président russe en personne pour suivre le processus, sentant le fiasco évident (une fois de plus), le gouvernement de Porochenko déclare depuis Kiev la reprise des livraisons d’électricité en Crimée… Sauf que Poutine rétorque: « Moscou ne doit avoir aucun contrat en vigueur avec Kiev lorsque le pont énergétique sera complètement opérationnel ». Point à la ligne.

Il est vrai que les derniers temps, l’Ukraine fait bien peu parler d’elle. Le monde aujourd’hui l’a un petit peu oublié, y compris les « alliés » occidentaux. Tout est donc bon pour faire parler de soi, d’autant plus lorsque cela peut frapper des gens ayant refusé catégoriquement de vivre au sein de cette « nouvelle » Ukraine pseudo-démocratique, fascisante et pro-occidentale. Mais une fois encore fiasco évident. Quant aux habitants de la Crimée, l’épreuve « électrique » qu’ils ont vécue n’a fait que renforcer encore plus le bons sens de leur décision de mars 2014, ainsi que le sentiment d’être protégés par leur pays, la Russie. L’Ukraine elle perd sur tous les fronts: non seulement elle se ridiculise une fois de plus, mais elle perd par la même occasion une énième source de revenue, et non des moindres… Sans oublier que la banqueroute arrive à grands pas. Pauvre Ukraine.

 

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20151216/1020316425/crimee-energie-electricite-russie-ukraine.html

Mikhail Gamandiy-Egorov

Les victoires syriennes font changer l’opinion publique mondiale

Base aérienne Ham en Syrie

Il était intéressant d’observer les attaques informationnelles visant l’opération aérienne anti-terroriste russe, lancée pour soutenir l’offensive des troupes gouvernementales syriennes.

En Russie on parlait véritablement de provocations pures et simples, créées pour mettre à mal la coalition Syrie-Russie-Iran-Hezbollah. Depuis et voyant les capacités du ministère russe de la Défense à répondre concrètement à n’importe quelle attaque informationnelle injustifiée, les instigateurs de la nouvelle phase de guerre d’information visant la Russie et ses alliés se sont un petit peu calmés.

Plus encore, en suivant les succès récents des forces aérospatiales russes et des troupes de l’Armée arabe syrienne sur le terrain, les principaux médias mainstream étaient obligés de reconnaitre les avancées notables de l’armée syrienne depuis le début de la participation directe de la Russie dans la lutte anti-terroriste dans ce pays. Dernier exemple en date: l’annonce faite par l’AFP et relayée (sans joie) par tous les grands médias occidentaux, anglophones comme francophones, de CNN à BBC, de France 24 au Figaro. « Syrie: l’armée brise le siège de l’EI autour d’un aéroport clé près d’Alep », titrait le site de France 24

Avec les indications plus bas: « KWEIRES (SYRIE) (AFP) —
L’armée syrienne a brisé mardi le siège imposé depuis plus de deux ans par le groupe Etat islamique (EI) à l’aéroport de Kweires, près d’Alep, selon un photographe de l’AFP sur place, une information confirmée par la télévision d’Etat. Les troupes du régime sont entrées mardi en fin d’après-midi dans l’aéroport et des soldats tiraient en l’air en signe de célébration, a indiqué le photographe ». Fin de la citation.

On notera bien que cette victoire importante de l’armée syrienne met fin à un siège de plus de deux ans. Et l’autre point essentiel qu’on y lit: l’Etat islamique… N’est-ce pas les mêmes médias qui relayaient massivement « l’information » selon laquelle la Russie et la Syrie combattent principalement d’autres groupes « rebelles » (les terroristes « modérés » en d’autres termes) et non pas l’EI? Heureusement une fois encore que le ridicule ne tue pas. Passons.

Pendant ce temps, les chaines gouvernementales syriennes ont montré de leur côté (avec bien évidemment plus de joie que ceux qui ne sont que forcés de reconnaitre les faits devenus évidents), les soldats syriens célébrant une nouvelle importante bataille remportée dans la reconquête de leur pays, martyrisé depuis plusieurs années maintenant par le terrorisme international et l’arrogance des élites occidentales. Les militaires syriens n’ont pas manqué de saluer leur président Bachar al-Assad, ainsi que de remercier la Russie pour son aide cruciale dans ce combat.

Donc on progresse. Et ce seulement à peine un peu plus d’un mois depuis le début de l’intervention russe. Vous imaginez bien que si c’était la coalition étasunienne qui était arrivée à des résultats ne seraient-ce que semblables, et même en ayant l’avantage évident du timing (plus d’un an de « participation »), tous les médias du mainstream seraient en train de célébrer le rôle « exceptionnel » de la politique US. D’autre part, et cela est tout aussi important de le noter, ces mêmes médias commencent à reconnaitre que côté russo-syrien, c’est bien Daech qui est combattu, au même titre que toutes les autres sectes terroristes salafistes opérant en Syrie, notamment liées à Al-Qaida.

Dernier point. En lisant les commentaires sur pratiquement tous les médias occidentaux ayant repris l’annonce faite par l’AFP, on voit clairement de quel côté se penche l’opinion publique internationale. Que ce soit au niveau des lecteurs du Figaro, de France 24 ou des médias US, l’avancée des troupes syriennes, soutenue par l’aviation russe, est accueillie positivement. Ce qui ne fait que confirmer une fois de plus que l’opinion publique occidentale est de plus en plus hostile à la propagande russophobe, relayée depuis plusieurs années et plus particulièrement ces derniers temps par leurs principaux médias. Tout en rappelant aussi, que ce n’est qu’une partie de l’opinion publique globale, dans laquelle les sentiments favorables à la Russie sont encore plus importants.

Certains évidemment tenteront de reprendre le refrain habituel que c’est dû à la « propagande russe ». Mais peut-être que simplement les gens aux quatre coins du monde commencent à analyser sérieusement les processus en cours au niveau de la planète et se poser les bonnes questions? Surtout lorsque d’un côté il n’y a constamment que des accusations sans preuves, et de l’autre une argumentation avec faits réels.
P.S.: Aux derniers sondages menés aux USA, près de la moitié des citoyens US interrogés pensent que les actions de la Russie en Syrie et dans cette région sont « fortes et raisonnables ». Comme quoi, même côté outre-Atlantique, la balance commence à pencher vers la raison.

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20151112/1019460203/syrie-opinion-publique-attaques-informationnelles.html

Mikhail Gamandiy-Egorov

La Crimée séduit, encore et encore

Roy Jones et Vladimir Poutine en Crimée

Les parlementaires français venus visiter récemment la Crimée ont été séduits par la presqu’île, redevenue russe en mars de l’année dernière.

Séduits par la beauté des paysages mais également par la sincérité des gens, pleinement conscients du choix historique qu’ils avaient fait. Un choix que les Criméens referaient sans hésiter, selon les tous récents sondages, y compris étrangers.

Depuis, des parlementaires italiens avec des représentants d’autres pays de l’UE se préparent eux aussi à un voyage en Crimée, pour voir le tout de leurs propres yeux, en défiant même la menace d’être eux aussi placés sur la « liste noire » kiévienne, comme cela a été le cas pour la délégation française après sa récente visite.

Et depuis hier, une autre personne risque fortement elle aussi d’être placée sur la liste des « ennemis de l’Ukraine » (ou plutôt des ennemis de la junte). Il s’agit de la légende de la boxe: Roy Jones Junior. Sportif de renom, rappeur, acteur, homme d’affaires, Roy Jones a demandé officiellement la citoyenneté russe à Vladimir Poutine. Plus encore, la demande a été faite depuis Sébastopol, ville symbole de la Crimée et de la Russie, où le président russe se trouvait tout dernièrement en visite et où les deux hommes ont pu discuter.

Roy Jones se trouve en Crimée car participe en tant qu’hôte à un tournoi de boxe. Vladimir Poutine a confirmé que si Roy Jones (qui possède désormais des projets commerciaux en Russie et fait souvent la navette entre la Russie et les USA), compte lier une bonne partie de sa vie avec la Russie, il a de grandes chances que sa requête de citoyenneté russe soit réalisée. En ajoutant qu’il sera heureux de la lui accorder.

En outre les deux hommes ont pu discuter de leur amour commun pour le sport. A rappeler que Roy Jones a été multiple champion du monde, d’autant plus dans 4 catégories de poids différentes: champion du monde poids moyen IBF, champion du monde poids super-moyens IBF, champion du monde poids mi-lourds WBC, champion du monde poids lourds WBA. Il a été en outre médaillé d’argent aux Jeux olympiques de Séoul (1988).

Les nombreux fans de Roy Jones en Crimée et plus généralement en Russie, pays qu’il visite beaucoup depuis plusieurs années, sont ravis. Il faut dire qu’après l’un des symboles contemporains de la culture française, en la qualité de Gérard Depardieu, devenu citoyen russe en 2013, désormais ce sera vraisemblablement une légende de la boxe qui prendra lui aussi le passeport à l’aigle bicéphale russe.

Comme quoi malgré toute la propagande de l’axe US/UE/Kiev, les personnalités désireuses de connaitre la vérité voient tout d’un autre œil. Pas d’occupation armée en Crimée, pas d’annexion, mais un peuple heureux d’avoir retrouvé son pays, sa patrie, et surtout ayant la paix. Et plus de gens viendront visiter cette belle région russe, plus ils se rendront compte de la réalité. Ce qui permettra incontestablement de donner une claque (voire un punch) supplémentaire à cette propagande russophobe occidentale et globalement anti-multipolaire, frôlant aujourd’hui le ridicule sur tous les fronts mais ne pouvant vraisemblablement plus faire marche arrière.

Quant à Roy Jones, vu qu’il sera bien rapidement placé sur la liste des « ennemis » de l’Ukraine (occupée), le mieux c’est de revoir les vidéos de ses nombreuses victoires par KO (45…) et d’écouter en parallèle l’une de ses meilleures productions musicales de rap « Can’t be touched », un titre d’ailleurs très symbolique… Les habitants de la Crimée, eux, continueront à vivre en paix dans une Russie qui ne laissera plus faire les prédateurs, déjà tellement nostalgiques de l’unipolarité, tout en restant toujours aussi ouverts aux hôtes du monde entier.

P.S. près de cinq millions de touristes sont attendus cette année en Crimée, sur lesquels entre 400-500 mille sont citoyens de l’Ukraine. La junte a d’ores et déjà déclaré qu’une « liste de traîtres » sera également créée pour les citoyens ukrainiens visitant la Crimée… No comment.

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20150820/1017672197.html

Mikhail Gamandiy-Egorov

Donetsk-Lougansk, un match de foot pour la paix

Donetsk-Lougansk, un match de foot pour la paix

Les populations des Républiques populaires de Donetsk et de Lougansk, habituées à être constamment sous le feu et à devoir être prêtes à la défense de leur terre, ainsi qu’à la sauvegarde de leurs vies et ceux de leurs proches, ont eu finalement droit à un moment de détente, dans un cadre sportif.

En effet, un match amical réunissant pour la première fois les équipes nationales des Républiques de Donetsk (DNR) et de Lougansk (LNR) ensemble, a eu lieu dans la capitale de la première. Sans campagne promotionnelle importante, le stade Metalurg de Donetsk a réuni des tribunes pourtant pleines.

Pour Denis Pouchiline, représentant permanent de la DNR, cette rencontre sportive représente la renaissance du sport dans le Donbass. Plus encore, le match symbolisait également un espoir de paix au moment où les deux républiques populaires vivent toujours en état de guerre avec la junte de Kiev.

Ce match historique était donc significatif pour plusieurs raisons. Premier match commun des équipes nationales de deux Etats désormais indépendants, ayant constitué dans le passé récent le poumon économique et industriel de l’Etat ukrainien. Et ayant décidé de le quitter après le putsch armé pro-occidental du Maïdan. D’autre part, ladite rencontre a permis de redonner l’espoir aux populations concernées qu’un retour à la vie normale reste possible et ce malgré l’état de guerre quasi-permanent.

Bien que le match ait été amical, la rencontre a montré une véritable bataille sportive. Au final, la DNR a remporté le match sur le score de 4 buts à 1. A noter la présence au sein de l’équipe nationale de la République populaire de Donetsk d’un joueur d’origine africaine, Peres Adongo. Originaire du Nigeria, ayant joué de nombreuses saisons dans les pays du Golfe, il vit depuis plusieurs années à Donetsk, a épousé une native de la ville et se considère pleinement comme étant un citoyen de la DNR. Cet avis est d’ailleurs entièrement partagé par ses collègues et ses nombreux amis.

Durant la rencontre, les supporteurs présents scandaient « Donetsk, Lougansk, unis », ou encore « Novorossia, Russie! ». Des messages fortement symboliques. Pour le printemps de l’année prochaine, les autorités de la DNR entendent même lancer la première coupe républicaine, voire même réutiliser Donbass Arena, stade ayant notamment accueilli des matchs de l’Euro 2012 (y compris la demi-finale) et pouvant accueillir plus de 60 000 personnes, même si pour le moment cela est impossible, car il est fortement endommagé par les bombardements putschistes.

En tout cas et ce qui est certain, c’est que le temps d’un match de football, les habitants du Donbass ont pu retrouver un semblant de vie normale. Le Donbass revit même si tellement de défis doivent encore être résolus, le premier étant la défense de l’indépendance. En effet, les forces putschistes kiéviennes et leurs mentors occidentaux n’ont toujours pas accepté l’idée d’un Donbass libre et indépendant. Et bien sûr travailleur comme il l’a toujours été.

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20150810/1017451519.html

Mikhail Gamandiy-Egorov

Le Cameroun est un pays souverain

Mahamat Paba Salé, ambassadeur du Cameroun en Russie

Entretien avec Mahamat Paba Salé, ambassadeur du Cameroun en Russie

La Russie et le Cameroun entretiennent des relations anciennes. A titre de rappel, les deux pays ont établi leurs relations diplomatiques le 22 février 1964. Aujourd’hui, la Russie et le Cameroun renforcent leur partenariat bilatéral, et ce d’une façon dynamique. A ce titre, nous recevons Mahamat Paba Salé, ambassadeur de la République du Cameroun en Fédération de Russie.

Sputnik: Quelle évaluation donneriez-vous globalement des relations entre la Russie et le Cameroun?

Mahamat Paba Salé: Ces relations sont globalement satisfaisantes si l’on prend en compte les nombreux échanges entre les deux pays dans divers secteurs. Mais, du fait de la globalisation conjuguée à la volonté commune des Présidents Paul Biya d’une part, et de Vladimir Poutine d’autre part de dynamiser cette coopération, ces relations sont appelées à se diversifier et à se consolider davantage.

Sputnik: On sait que le Cameroun mène une lutte sans relâche contre la secte Boko Haram. Selon vous, son éradication se fera dans un avenir plus ou moins proche ou cela risque de prendre un certain temps?

M.P.S: Le Cameroun partage une frontière de plus de 1700 km avec son grand voisin le Nigeria. Suite à diverses incursions armées de cette secte terroriste basée dans ce pays voisin, par souci de protéger ses citoyens des exactions et atrocités des gens sans foi ni loi, mais aussi pour préserver l’intégrité de son territoire, le Cameroun a dû déclarer la guerre à cette nébuleuse terroriste, aux côtés d’autres pays voisins du Nigeria dont le Niger et le Tchad notamment, qui sont au front dans cette lutte. Ce combat qui fait partie de l’un des défis sécuritaires du monde d’aujourd’hui, nul ne sait quand il prendra fin. La conviction de mon pays est que, grâce à une synergie des actions des pays directement touchés par les exactions de cette nébuleuse, et à la coopération internationale, Boko Haram finira par être vaincu.

Sputnik: On observe en ce moment un renforcement important des relations entre le Cameroun et la Russie. Notamment dans le domaine du partenariat militaro-technique. Cela contribuera-t-il à l’éradication du terrorisme au Cameroun et plus globalement dans la région?

M.P.S: Le renforcement des relations avec la Russie n’est pas simplement dans le domaine militaro-technique qui est certes dans une perspective dynamique, mais il rentre dans la stratégie globale de diversification des partenariats que le Cameroun a entrepris dans un monde de plus en plus concurrentiel. En ce qui concerne le terrorisme qui de notre point de vue est une menace globale, un seul Etat ne peut venir à bout de cette lutte. Mon pays remercie la Russie pour son soutien dans le cadre de la lutte qu’il mène contre le terrorisme de Boko Haram.

Sputnik : Selon vos observations, ce rapprochement russo-camerounais, comment est-il vu par d’autres partenaires de votre pays, notamment les pays occidentaux?

M.P.S: Le Cameroun est un pays souverain qui a entrepris de diversifier ses partenaires pour aspirer à l’émergence à l’horizon 2035. Or vous le savez tout autant que moi, qu’il ne saurait y avoir de développement si la sécurité aussi bien d’un pays que de ses citoyens n’est pas garantie. Les partenaires occidentaux du Cameroun en sont pleinement conscients car de par sa position stratégique dans le Golfe de Guinée et des nombreuses ressources dont il regorge, le Cameroun doit se prémunir de toutes sortes de menaces qui peuvent hypothéquer cet objectif prioritaire pour le Gouvernement qu’est la lutte pour la préservation de la dignité humaine.

Sputnik: Les pays membres des BRICS ont désormais officialisé la création de la Banque de développement des BRICS. Parmi les priorités de ladite banque figurent les projets sur le continent africain. Doit-il y avoir une interaction plus importante entre l’Afrique et l’alliance BRICS?

M.P.S: Le problème prioritaire pour une réelle émergence de l’Afrique, c’est le financement de son développement. C’est donc à juste titre qu’en tant qu’Africains, nous pouvons nous réjouir de la création d’une alternative dont la particularité est qu’elle est portée par d’autres pays émergents à même de susciter des mécanismes novateurs pour financer le développement des pays africains notamment, aux côtés des acteurs traditionnels du monde de la finance internationale. En attendant de juger sur pièces l’apport de ce nouveau mécanisme de financement du développement, notre humble point de vue est que la nouvelle banque de développement soit proactive dans un partenariat novateur à établir avec l’Afrique.

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Mikhail Gamandiy-Egorov