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Russie-Chine, nouvel axe majeur du monde multipolaire en 2018

Tandem russo-chinois

Économie, diplomatie, géopolitique, mais aussi culture ou médias: 2017 aura été l’année du grand rapprochement entre la Chine et la Russie et du renforcement de leurs positions respectives dans les affaires mondiales. Une tendance qui devrait se poursuivre en 2018, au plus grand bénéfice de la multipolarité.

L’année 2018 sera sans aucun doute celle de la poursuite des relations d’alliance russo-chinoises. Une perspective qui ne devrait que ravir les partisans du monde multipolaire, concept dans lequel les deux nations jouent un rôle-clé.

Plus généralement, il est aujourd’hui admis aussi bien à Moscou que Pékin que les relations russo-chinoises sont stratégiques pour les deux nations. Et ce tout d’abord dans la sphère économico-commerciale, avec un volume d’échanges entre les deux puissances qui ne cessent d’augmenter. Il représente l’équivalent de plus de 66 milliards de dollars en 2016, tandis que pour les seuls quatre premiers mois de 2017 il avait déjà atteint l’équivalent de 24,5 milliards de dollars, soit une augmentation de 37% par rapport à la même période de l’année précédente. L’objectif des deux pays est d’atteindre le niveau de 200 milliards de dollars d’échanges commerciaux d’ici 2020, en privilégiant d’ailleurs activement les échanges en monnaies nationales.

Les deux nations convergent également beaucoup aussi dans le domaine énergétique, sachant que la Chine et la Russie figurent respectivement parmi les plus importants consommateurs et fournisseurs. En outre, la Russie appuie fermement le projet chinois de la Nouvelle route de la soie, qui rejoint pleinement l’initiative de Moscou sur le grand espace eurasien. Ajoutez à cela le fonds commun de placement créé l’été dernier entre le Fonds russe d’investissements directs et la Banque de développement de Chine, les projets conjoints qui verront le jour grâce à la Nouvelle banque de développement des BRICS dont le siège est à Shanghai, et vous comprendrez pourquoi l’Occident n’a plus le monopole sur les affaires mondiales, y compris économiques. Surtout lorsqu’on sait que les cinq pays des BRICS représentant à eux seuls plus de 35% du PIB mondial, un chiffre appelé à augmenter dans les prochaines années, sans même compter les nombreux pays du monde qui convergent dans cette approche multilatérale.

Passons maintenant aux affaires politiques et géopolitiques. La Chine n’a cessé d’appuyer la position russe sur la Syrie. Une alliance au sein du Conseil de sécurité de l’ONU qui s’opposait nettement au trio occidental USA —Royaume-Uni- France —qui représentent au passage démographiquement parlant moins d’un tiers de la population des deux premiers.

Mais l’accord entre Pékin et Moscou ne s’arrête pas à la Syrie. L’unité russo-chinoise au sein du Conseil de sécurité de l’ONU s’est concrétisée également dans le soutien à la souveraineté du Burundi, ce pays d’Afrique de l’Est, lui aussi dans le viseur des puissances occidentales et plus récemment encore sur les manifestations en Iran, où les USA, comme sur la question de Jérusalem, se sont clairement retrouvés isolés, au point que même France 24 a parlé d’isolation des USA au Conseil de sécurité onusien.

Justement, lors de leur dernière rencontre en été 2017, le leader chinois Xi Jinping avait déclaré à Poutine: «En mars 2013, juste après mon élection au poste de Président de la République populaire de Chine, la Russie a été le premier pays étranger que j’ai visité […]. Depuis lors, nous nous sommes rencontrés 22 fois, selon mes calculs. Ainsi, la Russie est-elle devenue le pays que j’ai visité le plus souvent et parmi les dirigeants étrangers, c’est avec vous, M. Poutine, que je maintiens les contacts et les relations les plus étroits».

Après cela, certains sont-ils encore surpris de cette convergence Russie-Chine, qui permet au monde entier de retrouver une dynamique de stabilité et d’équité face à un diktat unipolaire appartenant désormais au passé? Et c’est aussi grâce à cette convergence d’approche appelant au dialogue et au respect mutuel, promue tellement de fois par Moscou et Pékin, que l’on observe l’espoir d’un dialogue direct entre Pyongyang et Séoul, après des mois de crise —où le leadership étasunien ne cessait de mettre de l’huile sur le feu.

Les relations entre les deux pays sont donc de premier ordre dans le domaine politique et géopolitique, y compris grâce à des organisations telles que les BRICS ou l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). Mais elles sont également très poussées sur le plan militaire, la Chine étant le second principal acheteur de l’armement russe au niveau mondial et les deux pays organisant régulièrement des exercices conjoints, médiatique —les deux nations ayant signé l’été dernier un accord sur l’interaction dans la sphère médiatique, mais aussi culturelle: la Russie est en effet devenue l’une des principales destinations pour les touristes chinois et les Russes comptent parmi les principaux visiteurs de l’Empire du Milieu.

Et malgré tout cela, le plein potentiel des relations russo-chinoises est encore loin d’être atteint, le meilleur reste à venir. Les partisans de la multipolarité s’en félicitent.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201801091034674386-russie-chine-monde-multipolaire/

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Quand les relations russo-turques déjouent les pronostics

Quand les relations russo-turques déjouent les pronostics

Certains avaient annoncé que les relations russo-turques auraient du mal à se remettre de la crise de novembre-décembre 2015, prédisant même, un gel des relations entre les deux pays de plusieurs années. Pourtant, six mois plus tard, leurs relations économiques et diplomatiques sont à nouveau excellentes.

Déception pour certains, joie pour d’autres, les relations turco-russes reviennent au beau fixe après une crise de près de six mois. La normalisation annoncée par les présidents Poutine et Erdogan lors de leur rencontre à Saint-Pétersbourg en août dernier, après que la Turquie a présenté officiellement ses excuses pour avoir abattu un chasseur russe Su-24, semble désormais repasser au stade supérieur, celui du partenariat stratégique.

La Russie n’a pas encore levé toutes les mesures d’embargo vis-à-vis de la Turquie, mais la plupart des responsables et experts, russes comme turcs, s’accordent à dire que ce n’est qu’une question de temps. Pour rappel, la Russie a déjà levé depuis plusieurs mois les restrictions sur les vols charters touristiques à destination de la Turquie, ce qui a immédiatement redonné le sourire aux hôteliers turcs, qui faisaient face à une grave crise depuis la détérioration des relations entre les deux pays. Désormais, la Turquie refait partie des destinations favorites des touristes russes et les Turcs viennent d’annoncer qu’ils étaient prêts à recevoir près de 5 millions de touristes en provenance de Russie en 2017, tout en leur proposant des conditions très attractives.

Pour rappel, ils étaient plus de quatre millions de Russes à avoir visité la Turquie, aussi bien en 2014 qu’en 2015, plaçant les russes à la deuxième place en termes de nombre de touristes juste derrière les Allemands, mais à la première place pour les dépenses: les Russes sont en effet trois fois plus prodigues que les touristes allemands. Aux dernières nouvelles, le taux de réservation actuel de voyages à destination de la Turquie par les touristes russes est 4 à 5 fois supérieur qu’à la même période de l’année dernière (au pic de la crise des relations bilatérales). La Turquie, sixième destination touristique mondiale, redeviendra donc vraisemblablement la destination étrangère principale pour les vacanciers russes, avec en prime le meilleur rapport qualité/prix.

L’autre secteur fort important pour les turcs est celui du BTP. Les entreprises turques, dont plusieurs font partie des meilleures au niveau mondial, attendent la levée totale des restrictions pour relancer de nouveaux projets sur le sol russe. Il faut se souvenir que la Russie était de loin le principal débouché des entreprises turques, qui en étaient de plus les leaders absolus avec près de 20 % de parts de marché. Les principaux acteurs du secteur avaient conservé leurs contrats signés avant la crise, mais ne pouvaient prétendre à obtenir de nouveaux marchés à cause des sanctions prises par le gouvernement russe. Des restrictions qui vraisemblablement ne devraient plus durer très longtemps.

L’agroalimentaire, autre source importante de revenus pour la balance commerciale turque, attend lui aussi une envolée. Depuis quelques mois, la Russie a levé l’embargo sur un certain nombre de fruits et légumes turcs, mais plusieurs autres, dont les tomates, restent toujours interdits d’entrée. Là aussi, on s’attend à une amélioration, tout en sachant que le gouvernement russe a annoncé devoir tenir compte des intérêts des producteurs nationaux, qui ont profité de la crise pour accroître leur présence sur ce marché. Néanmoins, tout porte à croire que l’embellie entre les deux pays permettra à la Turquie de reprendre des parts de marché dans des secteurs où elle était précédemment bien placée. Une situation qui contraste avec celle des exportateurs de l’UE qui, vraisemblablement, ont perdu leurs positions pour longtemps.

D’un autre côté, la Russie prévoit également de renforcer ses positions sur le marché turc, qui est majeur pour elle dans plusieurs domaines. En effet, la Turquie est le second marché étranger pour le gaz russe. Lukoil, le géant pétrolier russe, y possède aussi d’importants intérêts, notamment plusieurs centaines de stations essence. En outre, Sberbank, la principale banque russe, détient DenizBank, qui fait partie du Top 5 des principales institutions bancaires turques.

Enfin, les deux pays ont relancé deux autres projets stratégiques: il s’agit bien évidemment du projet de gazoduc TurkStream, qui va acheminer le gaz russe en Turquie à travers la mer Noire, ainsi que de la centrale nucléaire d’Akkuyu, sur les bords de la mer Méditerranée, dans la province de Mersin. Dans le cas du gazoduc TurkStream, les travaux devraient débuter cette année, avec entre autres pour objectif de cesser le transit gazier via l’Ukraine d’ici 2019. Quant à la centrale nucléaire d’Akkuyu, le premier bloc devrait être opérationnel d’ici 2020, pour une centrale pleinement opérationnelle en 2023. Le projet sera réalisé par l’Agence fédérale russe de l’énergie atomique (Rosatom).

Il convient aussi de souligner qu’en plus de la réactivation du partenariat stratégique dans la sphère économico-commerciale, avec pour objectif annoncé des deux côtés d’arriver à 100 milliards de dollars d’échanges annuels à l’horizon 2020-2023, on assiste en ce moment même à un dialogue politique sans précédent. En effet, jamais la Russie et la Turquie n’ont autant coordonné leurs positions pour tenter de résoudre les problèmes régionaux, comme c’est actuellement le cas dans le dossier syrien. Peu de gens auraient cru que la Russie et la Turquie, qui ont depuis plusieurs années adopté des approches très différentes vis-à-vis du conflit syrien, auraient pu mettre ensemble en place une trêve, qui est globalement respectée dans le pays. Une trêve qui ne concerne pas les groupes terroristes de Daech, d’Al-Qaida et tous ceux qui ont refusé de se joindre audit cessez-le-feu.

Mieux encore, un mécanisme tripartite de contrôle du cessez-le-feu doit désormais être mis en place sous la houlette des trois pays garants de cet accord: la Russie, la Turquie et l’Iran. Enfin, qui aurait aussi pu imaginer que la Russie et la Turquie (qui est encore membre de l’Otan) iraient jusqu’à mener des opérations militaires conjointes? C’est pourtant le cas des aviations russes et turques qui mènent actuellement des raids contre les positions de Daech dans le nord de la Syrie. Le meilleur est probablement à venir, et ce malgré l’opposition d’acteurs extérieurs hostiles au rapprochement russo-turc.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201701311029870203-russie-turquie-relations/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Maroc-Russie : nouvelle étape dans les relations

La visite au Maroc d’une délégation de journalistes russes représentants les principaux médias de Russie vient d’être achevée.

Une visite de presque une semaine à l’invitation de l’Office National Marocain du Tourisme et du ministère du Tourisme du Royaume du Maroc qui avait pour objectif de familiariser les professionnels des médias russes sur ce que représente le Maroc, ses points forts et atouts.

L’accueil réservé était on peut dire royal. La délégation journalistique russe a d’abord été reçue à Agadir, la principale station balnéaire du pays sur la côte atlantique, une destination de plus en plus populaire auprès des touristes russes. Puis ce fut la ville de Marrakech, la capitale touristique du pays possédant une atmosphère propre à elle, un véritable conte oriental. La ville rouge comme elle est surnommée est également considérée comme étant « l’Ibiza orientale » pour le grand nombre de ses discothèques et une excellente vie nocturne. C’est d’ailleurs aussi la particularité de cette ville comme du pays en général: rallier parfaitement les traditions ancestrales avec la vie moderne. 

La visite s’en est poursuivie avec la capitale du Maroc Rabat, par ailleurs l’une des villes impériales du pays, connue pour le Mausolée Mohammed V ou encore la Kasbah des Oudayas datant du XII siècle, sans oublier sa Médina et un cadre de vie agréable. Ainsi que de Skhirat, importante station balnéaire située stratégiquement entre la capitale administrative Rabat et la capitale économique Casablanca. En plus des vues imprenables sur l’océan Atlantique, une gastronomie de haut niveau, les représentants des médias de Russie ont également pu visiter le Palais des Congrès de Skhirat (se trouvant juste à côté de l’hôtel fort prisé Amphitrite Palace), capable d’accueillir des événements internationaux majeurs, ayant notamment déjà accueilli d’importants pourparlers dans le cadre de l’ONU.

Les forces de sécurité marocaines
© AFP 2016 FADEL SENNA FADEL SENNA
La dernière étape fut la capitale économique Casablanca. Une ville extrêmement moderne, important centre des affaires sur le continent africain et au niveau international en général. La ville est également connue pour sa somptueuse mosquée, la Mosquée Hassan II, faisant partie du TOP 5 des plus grandes mosquées du monde et possédant le minaret le plus haut du monde. Construite en partie sur la mer principalement dans le style arabo-andalou. Casablanca c’est aussi Morocco Mall, le plus grand centre commercial d’Afrique et cinquième du monde. 

Bref, le Maroc c’est pour tous les goûts. Se ressourcer dans le calme absolu, découvrir une culture unique et qui a su garder ses traditions ancestrales, découvrir l’artisanat marocain si prisé y compris même par les designers les plus mondialement connus, savourer une gastronomie de haut niveau qu’elle soit marocaine traditionnelle ou avec une touche européenne, ou encore découvrir les endroits de la vie nocturne n’ayant rien à envier aux principales capitales mondiales du domaine, tout cela c’est le Maroc.
Et encore, la liste est bien loin d’être exhaustive. Le Maroc c’est aussi Fès, la capitale culturelle du pays ou encore Meknès, également ville impériale et l’un des centres de la culture marocaine. Tanger, « la Perle du détroit » ou « la Porte de l’Atlantique ». Sans oublier Ouarzazate et ses environs, connus pour les nombreux blockbusters qui y ont été tournés. Ainsi qu’Essaouira, Dakhla, Ifrane et tellement d’autres.

Pour conclure, les journalistes russes dont la majorité découvrait le Maroc pour la première fois ont été pleinement séduits. « Superbe », « unique », « un pays absolument à visiter » étaient les déclarations de nombreux de mes confrères. Quant aux autres régions non encore visitées, ce sera certainement pour la prochaine fois. En tout cas, le tourisme russe dans ce beau pays est effectivement appelé à décoller, tout comme les relations bilatérales en général, l’ambassadeur de Russie au Maroc Valeri Vorobiev, grand amoureux du Royaume chérifien lui aussi, y contribue grandement. Le tout en marge de la visite du roi Mohamed VI en Russie. Merci le Maroc et à bientôt!

 

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20160220/1021950266/maroc-russie-relations.html

Mikhail Gamandiy-Egorov