Idlib: nécessité cruciale de libérer la province syrienne

2-10

Alors que l’armée gouvernementale syrienne poursuit son offensive dans la province d’Idlib – dernier bastion des djihadistes, principalement liés à Al-Qaida, l’establishment occidental crie de nouveau au scandale. En espérant par la même occasion brouiller l’entente russo-turque. Mais les acteurs non-occidentaux ne l’entendent pas de cette oreille.

Damas ne l’a jamais caché – son objectif étant de libérer tout le territoire national. Si à l’heure actuelle, le gouvernement contrôle près des ¾ du pays, où vit plus de 90% de la population, ce n’est pas pour autant qu’il compte s’arrêter en si bon chemin. Et vu la concentration plus que massive d’extrémistes salafistes dans la province d’Idlib, il n’a jamais été un secret de la nécessité d’en finir avec cette présence. Et ce aussi bien dans le cadre visant à restaurer l’autorité légitime sur tout le territoire national, que de mettre un terme à la présence terroriste sur le sol syrien de façon générale.

Et bien qu’Idlib soit devenu le dernier centre de retranchement de ces éléments extrémistes, il est évident que ce retranchement devait finir à un moment ou un autre. Cela sans oublier le simple fait que les terroristes d’Al-Qaida toujours présents dans cette province de Syrie continuent de représenter un danger majeur pour la population civile syrienne. Ajoutez à cela les innombrables attaques et provocations de ces éléments visant les Forces armées syriennes, il est donc devenu urgent de reprendre l’offensive.

Les derniers jours, l’armée gouvernementale syrienne a enchainé les victoires sur le terrain. Dernier succès en date: la reprise de la ville stratégique de Saraqeb. Plus tôt, les forces syriennes avaient repris le contrôle de la localité de Maarat al-Numan, dans le sud d’Idlib, représentant une étape importante dans la sécurisation de l’axe routier Damas-Alep.

Sur le plan international, cette nouvelle offensive à succès de Damas n’a pas fait seulement les malheurs des élites occidentales, mais a également provoqué le mécontentement de la Turquie, qui soutient plusieurs factions rebelles pro-turques, se trouvant elles aussi dans ladite province. Au point pour le mainstream de parler d’un risque d’affrontement direct entre les forces syriennes et turques, et même d’annoncer que ladite situation peut frapper l’interaction turco-russe, devenue très importante depuis les dernières années.

Pourtant et malgré le fait que Moscou et Ankara continuent d’avoir un regard différent sur leur rapport avec Damas – allié de la première, adversaire de la seconde, il n’empêche qu’il est peu probable que cela puisse nuire aux nombreux projets conjoints engagés par les deux puissances eurasiennes. Et malgré les désaccords existants, il est d’ores et déjà assez clair que la Russie et la Turquie continueront à collaborer au plus haut niveau. C’est d’ailleurs un avis partagé par plusieurs experts et analystes turques, comme russes.

Quant aux rapports turco-syriens, en premier lieu il est plus que souhaitable que le leadership turc puisse accepter une chose simple : laisser le pouvoir syrien rétablir pleinement la légitimité sur son territoire national, conformément à son droit souverain. Il est vrai qu’à la grande différence des Etats du Golfe, ayant eux-aussi en coordination avec les Occidentaux, largement contribué au chaos dans le pays-civilisation qu’est la Syrie, la Turquie ait accueilli un très large nombre de réfugiés syriens fuyant la guerre. C’est un fait.

Mais si Ankara souhaite réellement contribuer à ce que ces personnes puissent rentrer chez eux, elle devrait au contraire changer définitivement de cap et cesser de mettre les bâtons dans les roues de Damas. Le constat est pourtant simple, malgré toute la propagande des médias occidentaux des dernières années, qui criaient haut et fort que les réfugiés syriens fuyaient aussi bien les terroristes que le «régime», la gifle de la réalité fut elle sans équivoque : de bien nombreux réfugiés ont commencé à rentrer au pays, du Liban, de la Jordanie, de la Turquie et d’ailleurs dans les localités justement libérées par l’armée gouvernementale. Et par la même occasion songer sérieusement, à terme, à aller dans le sens de la normalisation de ses relations avec Damas. Pour cela, Moscou s’est déjà dit prête à faciliter une telle normalisation. Une option qui pourrait tout simplement être considérée comme une victoire totale pour les forces eurasiennes. On n’en est pas encore là, mais le temps fait bien les choses. En attendant, la province d’Idlib se doit d’être libérée par le gouvernement syrien. C’est un droit, un devoir et une nécessité.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=1364

Lors de la récente résolution sur la Libye proposée par le Royaume-Uni au niveau onusien, la République d’Afrique du Sud n’a pas accordé son soutien aux anglo-saxons en misant sur la position russe.

Lors de la récente visite d’Angela Merkel en Afrique du Sud, la chancelière allemande a déclaré que « le problème libyen n’est pas seulement un problème africain ». A quoi le président sud-africain Cyril Ramaphosa a répondu : « Nous voulons des solutions africaines aux problèmes africains ». Une opinion partagée par la Russie, notamment en la personne du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Non, toute l’Afrique n’est pas sous mainmise occidentale. La dignité africaine continuera de s’imposer.

«Deal du siècle»: la réaction mitigée des pays arabes

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Depuis l’annonce du plan de l’administration étasunienne, communément appelé le «deal du siècle», censé résoudre le conflit israélo-palestinien, favorablement accueilli par l’Etat sioniste mais qui a provoqué une vive indignation de la Palestine, il est intéressant de se pencher sur la réaction très controversée des Etats arabes.

Certains analystes feront remarquer un changement d’attitude évident de la part de certaines capitales arabes vis-à-vis de la cause palestinienne, pourtant bien souvent décrite en grande pompe comme un dossier prioritaire de la cause des nations arabes. Certes, les ministres arabes des Affaires étrangères, réunis samedi dernier au siège de la Ligue des Etats arabes, avaient annoncé le rejet à l’unanimité du fameux «deal du siècle». Mais parallèlement à cela, les divers communiqués publiés séparément par les Etats concernés ont marqué, pour nombreux d’entre eux, un manque évident de solidarité à l’encontre de la Palestine.

Evidemment, plusieurs raisons sont avancées, à savoir la confrontation d’un certain nombre de pays du monde arabe avec l’Iran – faisant observer un rapprochement de plus en plus évident de ces Etats en direction d’Israël, ce dernier parlant nuit et jour quant au prétendu «danger iranien». D’autre part, la relation traditionnelle forte de ces pays, notamment du Golfe, avec Washington, allié traditionnel et de premier plan d’Israël et de ses intérêts, fait que les capitales en question restent sous large influence étasunienne, et donc indirectement des intérêts de Tel-Aviv.

Mais est-ce réellement nouveau Ou simplement une continuité qui date depuis un bon moment, faisant simplement apparaitre à l’horizon quelque chose qui était déjà actualité dans le passé, certes de façon un peu plus voilée? Beaucoup seraient amenés à penser que c’est bel et bien la seconde réalité qui serait bien plus proche de la vérité. Car dans les faits, et bien au-delà des mots « solidaires » envers les Palestiniens, seuls quelques Etats arabes ont, traditionnellement, réellement entrepris des actes concrets en soutien à cette cause, dépassant le simple concept des belles paroles.

Parmi ces pays – la République arabe syrienne. Allié indéfectible de la résistance palestinienne depuis de longues années, et malgré les dernières années de guerre sur son sol avec le déferlement de dizaines de milliers de terroristes en provenance de plusieurs dizaines de pays, Damas a maintenu sa position inchangée. D’ailleurs, il n’était pas rare que lorsque des drapeaux nationaux de Syrie aient été posés par les militaires de l’Armée arabe syrienne dans les localités libérées des terroristes, des drapeaux palestiniens soient souvent eux aussi placés aux côtés des drapeaux nationaux syriens. Très souvent en opposition totale avec les éléments terroristes, que ce soit de Daech, d’Al-Qaida ou d’autres qui, à l’époque où ils avaient encore la main se donnaient un vif plaisir à arracher les drapeaux syriens… comme palestiniens. Mais cela est une autre histoire. Au niveau officiel, la Syrie a exprimé sa vive condamnation et son rejet absolu du soi-disant «deal du siècle» qui constitue une soumission à l’entité d’occupation israélienne, et entre dans le cadre des tentatives continues des administrations américaines successives et de l’entité sioniste de liquider la cause palestinienne et d’ignorer la légalité internationale et ses résolutions concernant le conflit arabo-israélien https://www.sana.sy/fr/?p=174984

Une position traditionnellement ferme, bien loin donc des approches des pays du Golfe, entre autres. Parmi les voisins de la Syrie, le Liban et l’Irak – ce dernier ayant récemment appelé les USA à évacuer ses militaires présents sur son sol – ont rejeté de façon nette le plan étasunien, ainsi que dans une moindre mesure la Jordanie.

En ce qui concerne l’Afrique du Nord et notamment les pays du Maghreb, la réaction la plus vive a été observée du côté d’Alger – qui, à l’instar de Damas, a maintenu historiquement un soutien ferme en faveur de la cause palestinienne. Et ce aussi bien sur le plan politique, diplomatique que pratique. Réitérant son soutien «fort et indéfectible à la cause palestinienne et au droit imprescriptible et inaliénable du peuple palestinien frère à l’établissement d’un Etat indépendant et souverain avec Al-Qods (Jérusalem-Est, ndlr) comme capitale. Parallèlement, Alger a rappelé «qu’aucune solution ne saurait être envisagée sans l’association des Palestiniens, notamment lorsque il s’agit d’une solution contre leurs intérêts» – faisant ainsi une référence assez directe au fameux plan américano-israélien, qui ne prend aucunement en compte les intérêts légitimes d’une partie, normalement, impliquée dans le cadre d’un tel «plan». Une position avec laquelle la Tunisie voisine s’est dite solidaire.

Maintenant pour parler concrètement perspectives. Au-delà des relations traditionnellement fortes avec Washington des pays ayant adopté des positions pour le moins ambiguës sur cette question cruciale pour la dignité du monde arabo-musulman, et de l’opposition actuelle de ces capitales avec Téhéran (bien souvent là aussi sous pression US), il y a d’autres questions/raisons qu’il serait probablement possible à avancer. Comment des Etats n’ayant pas encore possession complète de leurs propres souverainetés respectives pourraient-ils être en mesure de défendre une véritable indépendance et souveraineté d’un autre Etat arabe, en l’occurrence la Palestine? Comment des Etats, qui tout en comprenant parfaitement la nouvelle réalité multipolaire et affirmant, de temps à autre, vouloir aller dans le sens de la diversification des relations avec les puissances non-occidentales, mais n’ayant pas le courage d’aller jusqu’au bout de ces déclarations, pourraient-ils jouer un rôle constructif pour la cause palestinienne, qui nécessite des positions solidaires, souveraines et pleinement indépendantes? Là est probablement toute la question.

Ce qui est néanmoins certain, c’est que le plan américano-israélien n’apportera aucun résultat réel au problème israélo-palestinien. Le monde unipolaire post-soviétique est un phénomène désormais révolu. Et dans cette réalité récente, il y a aujourd’hui des forces responsables qui sauront certainement apporter des solutions bien plus constructives, honnêtes et viables. Ce sera difficile, mais tout reste possible. Surtout avec encore un peu de patience.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=1360

Macron accuse la Russie de vouloir « réinterpréter » la Seconde Guerre mondiale.

Il est certain qu’entre un pays ayant capitulé en deux semaines face aux nazis et celui ayant sacrifié plus de 27 millions de vies afin d’anéantir la peste brune nazie et sauvé l’humanité toute entière, il ne peut y avoir de conception commune de cette grande page historique.

Pour les uns c’est l’armistice, pour nous c’est la Victoire dans la Grande Guerre Patriotique. Pour les uns un jour férié, pour les autres un jour sacré. A chacun son histoire, à chacun ses valeurs.