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Mali-Russie: cap historique dans les relations bilatérales

08.02.2023

La visite de Sergueï Lavrov en terre malienne marque une étape très importante dans les relations entre Moscou et Bamako, mais également renforce une fois de plus la thèse selon laquelle les régimes occidentaux ne peuvent qu’observer de manière impuissante le développement des liens entre la Russie et d’autres puissances internationales pro-multipolaires avec le grand continent africain.

Le chef de la diplomatie russe est arrivé au Mali dans le cadre d’un renforcement sans précédent de l’alliance russo-malienne, à l’heure du combat féroce entre les forces pro-multipolaires et les nostalgiques de l’unipolarité, ces derniers représentés par les régimes occidentaux atlantistes et quelques autres suiveurs. A son arrivée, Sergueï Lavrov a été accueilli par son homologue malien Abdoulaye Diop.

A noter que si le ministre russe des Affaires étrangères est considéré incontestablement comme l’un des principaux «poids-lourds» de la diplomatie internationale, la symbolique a ici toute son importance sachant que son collègue du Mali fait aujourd’hui indéniablement partie des diplomates qui inspirent le plus la jeunesse africaine, de par son professionnalisme et sa capacité à défendre les intérêts de sa nation, à l’échelle régionale, continentale et également internationale.

Fait marquant également lors de cette visite, comme le rappelle Maliweb – Sergueï Lavrov y a été fait Commandeur de l’Ordre national malien à titre étranger.

«Le ministre Lavrov a pris des décisions fortes et courageuses qui ont permis au Mali de continuer d’exister en tant que pays uni, indépendant et souverain. Ces décisions ont permis de renforcer la coopération entre le Mali et la Fédération de Russie, notamment en renforçant les capacités de Défense et de sécurité qui font aujourd’hui la fierté des Maliens et qui donnent des résultats probants sur le terrain» – a souligné Abdoulaye Diop.

De son côté, le ministre russe des Affaires étrangères a rappelé que la Russie mène une politique visant à contrecarrer les tendances visant à fouler au pied la charte des Nations unies. Par ailleurs, Sergueï Lavrov a réaffirmé le soutien de Moscou aux autorités maliennes dans la lutte contre le terrorisme.

Le chef de la diplomatie russe a par la suite été reçu par le chef d’Etat malien, le colonel Assimi Goïta. Là également, le haut responsable russe a rappelé que la Russie ne ménagera aucun effort pour promouvoir le principe de la parité souveraine des Etats et de la lutte contre les approches colonialistes.

En termes de perspectives, s’il est aujourd’hui évident que l’alliance russo-malienne est plus que jamais soutenue, non seulement au niveau des décideurs bilatéraux, mais également et peut-être même surtout au niveau de la société civile – eurasienne et panafricaine – le point très important à noter est que le Mali d’aujourd’hui représente, à l’instar d’autres nations africaines ayant décidé de couper les liens vicieux avec les forces néocoloniales – une énorme source d’inspiration pour d’autres pays d’Afrique, comme Observateur Continental l’avait déjà plusieurs fois noté précédemment.

Les gesticulations d’une caste mourante dans l’Hexagone et en Occident de manière générale n’y changeront désormais absolument rien. Y compris à travers l’utilisation d’éléments pro-occidentaux achetés pour tenter à défendre la cause d’un Occident non plus seulement en perte de vitesse, mais bel et bien en chute finale. Une chute d’ailleurs qu’il s’est lui-même créé.

Quant aux accusations de «populisme» largement relayés par les éléments propagandistes otanesques à l’encontre de cette jeunesse africaine décomplexée, talentueuse et qui a soif d’aller de l’avant – les populistes sont justement ceux qui tout en ayant apporté le chaos aux peuples non-occidentaux – n’ont jamais été en mesure de pouvoir corriger, ou du moins admettre leurs crimes commis. Et au lieu de réaliser un sérieux mea-culpa – accusent aujourd’hui les Africains, comme les Russes, les Chinois, les Iraniens ou les Turcs – de leurs propres échecs.

Et lorsque dans ce paradigme, les partenariats entre peuples non-occidentaux et partisans de la multipolarité apportent d’autant plus des résultats longtemps attendus par les populations concernées – il ne reste à l’Occident qu’à poursuivre sa décadence et à s’enfermer dans une isolation dans son fameux «jardin» – non pas de rêve, mais bel et bien celui de la décadence et des fausses valeurs. La dernière chance pour l’Occident à se joindre au train multipolaire – est bel et bien partie, et ne reviendra pas dans un avenir proche. Et peut-être même pour très longtemps.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Le discours historique du Premier ministre malien à la tribune onusienne

27.09.2022

Révolutionnaire, inspirant, grandiose – telles sont aujourd’hui les seulement quelques caractéristiques données par les citoyens maliens et d’autres pays africains à l’égard du discours du colonel Abdoulaye Maïga, Premier ministre par intérim du Mali, à l’ONU. Il est largement vrai que ce discours traduit également le courage de tout un peuple, ayant dans sa large majorité et avec le soutien de nombreux autres Africains – jeté un défi aux vestiges du néocolonialisme occidental en terre africaine.

Dans son discours, Abdoulaye Maïga n’a pas manqué de pointer du doigt l’ex-puissance coloniale hexagonale sur plusieurs volets, y compris sécuritaire. Et aller même jusqu’à parler de «junte française», tout en rappelant que le Mali n’a absolument aucun problème avec les citoyens français ordinaires.

Cette qualification est d’autant plus justifiée lorsqu’on sait que le régime hexagonal ne cesse de qualifier les autorités maliennes, soutenues par l’écrasante majorité de la population du pays et des millions de citoyens d’autres pays africains, de «junte». Une hypocrisie d’autant plus révoltante que l’establishment de Paris appelle le régime kiévien de pouvoir «démocratique», alors qu’il n’est que celui issu d’un coup d’Etat soutenu par l’Occident – et rejeté par des millions de citoyens ukrainiens – pour beaucoup désormais ex-ukrainiens.

Mais si la réponse sans détour du Mali à la tribune onusienne visait l’ex-puissance coloniale, la réalité est qu’elle vise de-facto tout l’Occident collectif. Un Occident collectif arrogant, raciste, convaincu quant à sa prétendue «supériorité» sur les autres peuples de la planète, des peuples qui pourtant représentent ensemble l’écrasante majorité de l’humanité. Avec ce discours historique, une nouvelle page semble effectivement s’ouvrir non seulement pour le Mali – terre d’une grande civilisation ancienne – mais également pour tout le continent africain, dont un énorme nombre d’habitants se retrouvent pleinement et avec enthousiasme dans les paroles prononcées par le colonel Maïga.

Et cette page c’est évidemment celle du panafricanisme, de la souveraineté pleine et entière et d’une appartenance ferme à l’ordre multipolaire international. Les experts des plateaux occidentaux auront beau à poursuivre leurs fanfaronnades en jouant sur des mots n’ayant plus aucun sens – pour des millions et des millions d’Africains, et d’autres peuples de la planète – cela n’aura absolument plus aucune importance.

D’où d’ailleurs et plus que jamais les innombrables menaces de l’Occident collectif otanesque à l’endroit de tous ces peuples, notamment africains, et le chantage qui s’en suit. Encore une fois – que cet Occident se calme, car s’il y aura bien ceux qui ont beaucoup trop à perdre, ce sont bien les Occidentaux, ayant des représentants totalement exécrables et complètement hors-sujet dans la voie contemporaine mondiale.

Une fois de plus, les règles auxquelles l’Occident devra désormais s’habituer dans ses relations avec la Russie et la Chine, ainsi que d’autres puissances non-occidentales promotrices de l’ordre multipolaire international, sont également celles qui seront de plus en plus appliquées dans les relations entre l’establishment atlantiste et le continent africain.

La richesse de l’Occident est effectivement et en grande partie due à l’Afrique, et non pas le contraire comme le prétendent les pseudo-élus et les pseudo-experts du petit monde occidental. Et face à cette réalité, l’Occident devra soit apprendre à faire profil bas en diminuant radicalement l’arrogance qui le caractérise, soit devra continuer à subir des échecs, qui d’ailleurs ne font que commencer.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Mali-France: vers la rupture?

Alors que les relations s’enveniment entre Bamako et Paris, ce qui parait aujourd’hui évident – c’est le fait que l’establishment élyséen, et plus généralement occidental, soit toujours dans la totale incapacité à faire preuve d’un minimum d’adaptation aux règles du monde multipolaire. S’ajoutent à cela une vision purement néocoloniale de refuser aux peuples africains de pouvoir choisir librement leur voie, ainsi qu’une arrogance toujours extrême.

Les choses s’accélèrent dans les tensions entre le Mali et la France. Dernier fait majeur: l’ambassadeur français en poste à Bamako a été sommé par les autorités maliennes de quitter le pays sous 72 heures. Dans son communiqué, le gouvernement malien indique que cette mesure fait suite aux propos hostiles et outrageux tenus récemment par le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.

Si aujourd’hui, nombreuses sont les voix en France qui s’indignent de cette décision prise par les autorités d’un Etat souverain qu’est le Mali, ces mêmes personnages, quelle que soit leur couleur politique devraient peut-être surtout s’intéresser au ton extrêmement arrogant et irrespectueux qui a été adopté à l’encontre du gouvernement malien par les représentants de l’establishment hexagonal, en premier lieu sieur Le Drian ou encore frau Parly – ministre française des Armées.

D’autre part et ce qui est flagrant, c’est que si le chef de la diplomatie française, connu pour un être un personnage de premier poids du système néocolonial françafricain et un ferme nostalgique de l’ère unipolaire, parle d’une «junte illégitime», en faisant référence aux autorités du Mali, ce personnage devrait peut-être surtout s’intéresser à une véritable junte qui a pris le pouvoir par la violence de groupes extrémistes, bien souvent d’obédience néo-nazie, dans un pays appelé l’Ukraine.

Et que dans cette même Ukraine, un régime issu d’un coup d’Etat a été placé avec l’intervention occidentale, sur la simple base qu’une minorité violente, mais bien entrainée aux techniques des révolutions de couleur à la sauce Soros, ait destitué un président légitime et reconnu par la communauté internationale, en l’occurrence Viktor Ianoukovitch. Au Mali, à l’énorme différence du régime kiévien, le pouvoir en place dispose d’un énorme soutien populaire national. Et cela – même les observateurs occidentaux sont forcés d’avouer.

D’un autre côté, tout cela était prévisible. Et nous l’avons plusieurs fois abordé à Observateur Continental, y compris en lien direct avec le Mali et dans le cadre africain de façon générale. Le souci, c’est que les élites atlantistes semblent effectivement être totalement incapables à faire preuve d’un minimum de bon sens dans le cadre du monde multipolaire actuel. Confirmant une fois de plus, que leur vision purement néocoloniale des affaires internationales est peut-être effectivement un problème génétique. Dans tous les cas, le cas clinique en question semble définitivement intraitable.

L’autre aspect qui accélère inévitablement la chute pas seulement de la Françafrique, mais plus globalement la vision occidentale du monde en Afrique, c’est ce comportement non seulement des politicards, mais également des prétendus journalistes occidentaux qui souhaitent donner une image de populations africaines incapables de faire les bons choix géopolitiques.

En qualité d’observateur de l’Afrique depuis de bien longues années, et ayant un lien direct avec le continent ne serait-ce que du point de vue biographique, je peux dire sans la moindre hésitation que les dits personnages occidentaux devraient surtout se rendre à l’évidence que les peuples africains n’ont absolument rien à envier en termes de capacités analytiques aux petits chouchous issus des principales écoles de formations occidentales. Des écoles qui ont vraisemblablement oublié de leur apprendre à voir le monde d’un point de vue beaucoup plus large que de leur petit salon parisien, londonien ou new-yorkais.

Plus que cela – dans le monde d’aujourd’hui les Africains ont pris une avance considérable dans la compréhension des perspectives planétaires sur les Occidentaux, bien qu’il soit nécessaire d’indiquer que l’éveil des consciences est un processus qui touche également de très nombreux citoyens des pays de l’Occident. Et ces personnes par ailleurs comprennent parfaitement que la réalité multipolaire est un processus qu’il ne sera pas possible d’arrêter.

Pour finir et en ce qui concerne le risque d’une plus grande rupture encore entre l’Etat malien et l’establishment élyséen, il faudrait surtout faire remarquer que tout cela n’est que le résultat de l’incompétence au niveau international des élus français. Evidemment, ce sera aux citoyens de France d’en faire le jugement, le tout dans un cadre souverain. Tout comme ils devront apprendre à respecter la souveraineté du Mali et de nombreuses autres nations africaines.

Tout dernier point : si certains pensent qu’il sera possible de stopper la chute pour l’establishment occidental après les événements en cours au Mali – c’est qu’une fois de plus ils se trompent très certainement. L’effet domino se poursuivra fort vraisemblablement à d’autres endroits du continent africain, comme à d’autres endroits du monde.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=3541

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