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Russie-Afrique du Sud: d’une pierre, deux coups

Pretoria

Le partenariat entre Moscou et Pretoria a le vent en poupe. Déjà très fort dans les domaines politique, économique, culturel, sans oublier l’agroalimentaire, il est amené à se développer dans un domaine inattendu: Moscou propose en effet une solution à l’épineux problème des fermiers blancs qui doivent laisser leurs terres aux noirs.

Depuis la chute du régime raciste d’apartheid, les relations entre la République sud-africaine et la Fédération de Russie ont toujours été cordiales. Rien d’étonnant, sachant que l’ANC, le parti au pouvoir depuis la fin de la dictature néocoloniale, a été activement soutenu en son temps par l’Union soviétique. D’ailleurs, plusieurs des représentants de l’élite sud-africaine post-apartheid ont été formés dans des universités russes.

Le nouveau président sud-africain, Cyril Ramaphosa, est en ce sens dans la lignée de ses prédécesseurs, à savoir un partisan d’une relation forte avec Moscou, d’autant plus que les deux nations sont toutes deux membres de l’alliance BRICS. Illustration de ce partenariat privilégié, les deux pays ont lancé l’année dernière un régime sans visas pour leurs citoyens respectifs, pour des séjours jusqu’à 90 jours, donnant une impulsion supplémentaire à la promotion des investissements et du tourisme.

Par ailleurs, l’agence fédérale russe de l’énergie atomique (Rosatom) devrait construire une centrale nucléaire en terre sud-africaine, même si cela déplaît énormément aux concurrents occidentaux du projet et à leurs amis héritiers de l’apartheid, se trouvant aujourd’hui dans l’opposition. Secteur des mines, bourses d’études, manifestations culturelles conjointes,… Russie et RSA ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin: récemment, un nouveau volet est venu s’ajouter à cette longue liste de domaines de coopération… Assez inattendu.

Le leader sud-africain a en effet récemment annoncé qu’il comptait revenir à la question sensible qui tracasse depuis de longues années la société du pays: celle de la transmission des terres agricoles aux mains des représentants de la majorité noire. Car faut-il le rappeler, les meilleures terres agricoles de la nation arc-en-ciel restent détenues par des représentants de la minorité blanche. À la différence du Zimbabwe, de Nelson Mandela à Jacob Zumba, en passant par Thabo Mbeki, le leadership sud-africain a été vraiment très —certains diront trop- patient à ce sujet.

Si cela devait arriver, il serait bon de dire que cette décision serait amplement justifiée, sachant que nombre d’agronomes qualifiés noirs ont été formés depuis la chute de l’apartheid. Que d’autre part, il est effectivement illogique qu’une minorité issue du colonialisme puisse continuer à profiter d’un système né durant une époque d’injustice et de discrimination. Et qu’enfin, la République sud-africaine est un pays souverain, ayant droit d’adopter les mesures jugées nécessaires par ses représentants élus démocratiquement.

Mais que faire de ces fermiers blancs, pour la plupart descendant des Afrikaners néerlandophones, et hautement qualifiés dans le domaine qui les concerne? Eh bien, la Russie, qui offre depuis déjà plusieurs années des conditions inespérées dans le domaine agroalimentaire, notamment après l’établissement des sanctions occidentales à son endroit et les contre-mesures russes visant grand nombre de produits occidentaux, a ouvert la porte aux nombreux fermiers afrikaners afin de leur permettre de venir s’installer en terre russe. Un message vraisemblablement bien accueilli, puisque déjà 15.000 fermiers sud-africains sont arrivés dans le sud de la Russie et comptent se lancer dans un business qu’ils maîtrisent si bien. La terre russe, surtout celle du sud, leur offre d’une part un climat et des conditions de travail propices, sans oublier d’autres avantages fournis par le gouvernement local. Côté sud-africain, ces fermiers se disent prêts à investir chacun pas moins de 100.000 euros pour pouvoir lancer leur production. Faites le compte: 15.000 fermiers x 100.000 euros, cela fait déjà 1,5 milliard d’euros que le budget russe pourra recevoir, ajouté à cela l’énorme savoir-faire des fermiers en question.

Moscou fait d’une pierre, deux coups: d’une part, elle maintient de très bons rapports avec le gouvernement sud-africain, élargit au maximum le portefeuille de projets conjoints, tout en contribuant d’une certaine façon au règlement d’un problème né durant une phase sombre de l’histoire d’Afrique du Sud.

D’autre part, sachant que la Russie est devenue un nouvel eldorado pour les projets dans le secteur agroalimentaire, avec l’arrivée de ces milliers de spécialistes sud-africains hautement qualifiés, elle porte un coup supplémentaire aux intérêts occidentaux. C’est désormais certain: tout retour éventuel des produits agroalimentaires européens sur le marché russe sera extrêmement difficile.

Certains sceptiques nous annonçaient de grandes difficultés pour la Russie. Une fois encore, le pays ne fait qu’en sortir renforcé.
Il y a toujours des alternatives. L’essentiel est de les saisir.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201807171037246580-russie-afrique/

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Multipolarité, la fin de l’apartheid dans les relations internationales?

globe

Un système injuste qui prétend agir au nom du bien de tous, un système où une minorité entend imposer sa volonté à la majorité, un système par là même condamné. À l’instar du régime d’apartheid en Afrique du Sud, la vision unipolaire du monde porte en elle sa propre fin, comme le confirment les succès des tenants de la multipolarité.

Monde unipolaire = apartheid? Le parallèle entre le système politique raciste d’Afrique du Sud et la gestion internationale du monde voulu par les élites occidentales a de quoi étonner, il n’est pourtant pas si absurde. Qu’on en juge.

Lorsque l’apartheid s’installe en Afrique du Sud, une minorité ethnique, issue de l’immigration occidentale en Afrique, domine tous les domaines du pays —politique, économie, défense…- aux dépens de l’écrasante majorité de la population, et notamment celle de souche. Prenez maintenant le système de gestion du monde qui s’est imposé à la chute de l’URSS, le fameux système unipolaire. À ce moment, les élites de pays ne représentant pas plus de 10% de la population terrestre se sont instituées décideurs de toutes les affaires de la planète, à commencer par les USA, devenus les gendarmes autoproclamés du monde.

Autre similitude. Malgré la base raciste et injuste du régime d’apartheid sud-africain, qui a oppressé de longues années durant les représentants aussi bien de la majorité noire que ceux issus des minorités indiennes, métisses et blanches opposées audit système, le gouvernement sud-africain de l’époque affirmait toujours penser au «bien-être» de toutes les composantes ethniques du pays. Vraisemblablement une habitude au sein des élites occidentales, qui après avoir détruit tellement de pays pour le compte de leurs intérêts géopolitiques et géoéconomiques, continuent malgré tout de crier haut et fort que tout cela se fait pour y apporter «la démocratie, les droits de l’homme et les valeurs universelles».
Des «valeurs universelles» dont eux seuls ont le secret. Et même si la majorité de l’humanité ne veut pas de ces prétendues «valeurs», on pense notamment au «mariage pour tous» et à d’autres exemples, eh bien tant pris: cette majorité terrestre est alors taxée d’extrémisme et déclarée non conforme à la prétendue «communauté internationale», une communauté qui ne rassemble, rappelons-le, tout au plus 10% de la population planétaire. Ceci sans même compter la large opposition, au sein même des pays occidentaux et notamment européens, des citoyens qui refusent d’être associés à la politique de leurs gouvernements et qui rejoignent volontiers le groupe des partisans de la multipolarité.

Après ces parallèles politico-historiques, évoquons maintenant les perspectives d’avenir.

Le régime raciste sud-africain d’apartheid, bien qu’ayant existé des dizaines d’années et pensant pouvoir encore perdurer autant, a fini par tomber. Et c’était tout à fait logique et prévisible. Car malgré toute la puissance oppressive dudit régime, il était devenu clair qu’une minorité ne pouvait pas dominer éternellement une majorité. Et c’est ce qui confirme qu’au niveau global, le système occidental de gestion du monde est appelé lui aussi à tomber.

(Géo) politiquement, c’est déjà de facto le cas. Observez notamment la stricte séparation au sein du Conseil de sécurité de l’ONU (CS) où le bloc Russie/Chine réussit de plus en plus à restreindre les appétits néocoloniaux de la coalition USA/Grande-Bretagne/France. Cette coalition tripartite est d’ailleurs fermement opposée à toute idée d’élargissement du CS, comprenant parfaitement le rôle qui lui serait alors laissé. L’élargissement est au contraire soutenu par Moscou et Pékin (dont la population dépasse, en passant, de plus de trois fois celle du bloc occidental). Pour ces deux capitales, les pays asiatiques, africains et latino-américains, ont également leur mot à dire sur l’avenir du monde, de façon permanente et non pas en qualité d’invités de passage. C’est cela aussi, l’idée de la multipolarité.

Une chose est pour autant certaine: plus le temps passe et plus les réformes observées à divers endroits du monde confirment le succès du bloc russo-chinois, dans sa volonté de modifier définitivement les réalités géopolitiques et géoéconomiques du monde.

Prenons l’exemple de deux structures qui, précisément, jouent un rôle clé dans ce bouleversement du système néocolonial, à savoir l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) et les BRICS.

Quelques statistiques éclairent le débat: la première (Chine, Russie, Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan, Ouzbékistan, Inde, Pakistan + certainement bientôt l’Iran) représente 60% du territoire eurasien et presque la moitié de la population terrestre. L’OCS dispose de 20% des ressources mondiales de pétrole, 38% du gaz naturel, 40% du charbon et 30% de l’uranium sur la planète.
La seconde (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) représente quant à elle 26% de la surface terrestre, plus d’un tiers du PIB mondial (appelé à augmenter dans les années à venir) et près de la moitié de la population du monde. Ajoutez à cela les pays qui rejoignent —et rejoindront prochainement- ces deux blocs et vous comprendrez que les injustices néocoloniales de l’unipolarité sont destinées à devenir de mauvais souvenirs.
En attendant, le travail doit se poursuivre.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201803121035469310-multipolarite-relations-internationales/

Mikhail Gamandiy-Egorov

De BRICS à BRICS+ ?

BRICS

L’alliance des BRICS ne se contente pas de tenir, en dépit des oiseaux de mauvais augure, elle se renforce. En plus de la coopération économique, les cinq pays émergents collaborent en effet de plus en plus sur le plan politique. De plus, un élargissement de l’alliance se dessine, au profit des partisans de la multipolarité.

Malgré toutes les « réserves » émises par nombre d’experts, principalement occidentaux, sur la capacité de l’alliance des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) à subsister sur le long terme, ladite union continue à se renforcer et même peut-être bientôt à s’élargir. En effet, il suffit de lire ou de relire différentes analyses écrites au cours des dernières années pour se rendre compte à quel point leurs auteurs s’étaient trompés. Beaucoup d’entre eux considéraient l’alliance des BRICS comme une union de quelques années, qui allait se dissoudre d’elle-même tant « les pays membres sont différents sur le plan culturel et des réalités politiques ». Pourtant et justement, les pays membres ont fait de cette différence l’un de leurs principaux atouts, en donnant au passage une valorisation supplémentaire à l’idée même de la multipolarité.

Aujourd’hui et vu que les BRICS n’ont toujours pas pu être brisés par leurs adversaires, l’alliance est désormais accusée par certains économistes occidentaux d’être devenue une organisation non seulement économique de puissances émergentes, mais aussi une structure politique qui conteste activement la domination de l’Occident. Question: pourquoi ces prétendus experts ont-ils pensé que les pays des BRICS se limiteraient au volet économique de leur relation, au moment où le monde multipolaire a plus que jamais besoin d’en finir avec les vestiges de l’unipolarité?
Il suffit d’ailleurs de relire nos analyses passées en ce sens pour se rendre compte que les BRICS étaient justement destinés à devenir plus qu’une union économique, à l’instar d’autres structures comme l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS).

Le lancement de la banque des BRICS, la Nouvelle banque de développement (NDB BRICS), avec son siège principal à Shanghai et son siège régional à Johannesburg, a confirmé l’ambition, déjà annoncée de devenir une véritable alternative au G7, au FMI et à la Banque mondiale. Son objectif, entre autres, sera de financer des projets dans les pays en voie de développement. Une réalité qui est loin de plaire à nombre de partisans de l’unipolarité, mais qu’il sera aujourd’hui difficile de stopper.

L’autre fait qui déplaît beaucoup aux élites occidentales (et qui confirment nos prévisions), c’est que justement au-delà de la collaboration économique, on observe la solidarité politique et géopolitique de l’alliance. En effet, et sur plusieurs dossiers, les cinq pays de l’alliance ont montré leur solidarité et leur approche commune. Ce fut le cas lors du soutien affiché à la Russie par les quatre autres pays BRICS sur le dossier syrien. Un soutien qui s’est également traduit dans l’opposition aux sanctions occidentales contre la Russie. De son côté, la Chine, a également pu bénéficier du soutien déclaré de ses partenaires, en premier lieu de la Russie, sur des dossiers comme la situation en mer de Chine méridionale, zone dans laquelle elle fait face aux tensions avec les E.U.

Parlons maintenant de l’élargissement. Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, dont le pays présidera l’alliance des BRICS à partir du mois de septembre, a déclaré « plaider pour que d’autres pays rejoignent cette union, et que celle-ci satisfasse les besoins de tous les pays-membres ». À ce titre, on parle déjà de l’acronyme BRICS+, avec la possibilité de participation d’une dizaine d’autres pays aux travaux des cinq pays fondateurs. L’Iran, la Turquie, le Mexique, l’Indonésie, le Vietnam, les Philippines, le Pakistan, le Nigeria, le Bangladesh ou encore la Corée sont mentionnés. Si la possibilité de rejoindre l’union pour certains de ces pays prendrait encore du temps, dans le cas de l’Iran, de la Turquie ou de l’Indonésie, les perspectives sont tout à fait réelles.

Les BRICS, dans l’état actuel de l’alliance, représentent déjà à eux seuls près de la moitié de la population mondiale, 26 % de la surface terrestre et environ 35 % du PIB mondial, un pourcentage qui ne cesse en passant de monter. L’alliance pèse déjà de son poids au sein du G20, de l’aveu même des observateurs occidentaux. Qu’ils s’y habituent, car les BRICS représentent en effet l’une des principales voix du monde multipolaire. Une chose est également certaine: plus les BRICS, tout comme l’OCS, continueront de s’affirmer, plus certains comprendront une bonne fois pour toutes ce que représente véritablement la notion de communauté internationale.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201703151030477670-brics-cooperation-economique-politique/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Le début de la fin pour la Cour pénale internationale?

Cour pénale internationale

On en avait pourtant parlé plusieurs fois. Mais à l’époque cela paraissait encore tellement lointain. Pourtant nous y voici : la Cour pénale internationale vit actuellement ses moments les plus difficiles.

Après la confirmation désormais officielle de retrait émise par le gouvernement du Burundi de cette institution jugée par de très nombreux Africains comme une cour raciste et ouvertement néocoloniale, servant les intérêts des élites occidentales, désormais c’est au tour de l’Afrique du Sud, membre BRICS, d’annoncer officiellement son retrait de la CPI. A ce titre, une lettre a été transmise au secrétaire général de l’ONU comme le veut le protocole de retrait.

Il faut en effet se réjouir de cette décision sud-africaine, de même que burundaise, pour plusieurs raisons. La première c’est qu’une fois de plus cela permettra de comprendre aux élites occidentales que le monde d’aujourd’hui n’est plus celui ayant suivi la chute de l’URSS, période à laquelle l’Occident, et en premier lieu les USA, se sont autodéclarés être les gendarmes du monde. Deuxièmement, cette prise de responsabilité de deux Etats souverains d’Afrique prouve que le continent africain aura son mot à dire en ce 21ème siècle multipolaire. Troisièmement et par la même occasion cela confirme que certains pays d’Afrique ne vont plus tolérer le diktat des institutions néocoloniales, que ce soit dans le domaine de la justice internationale ou dans d’autres. Quatrièmement et cela est tout aussi important: d’autres pays suivront irrémédiablement. Le processus est bel et bien enclenché.

Last but not least, le rôle des médias. Souvenez-vous de mes articles sur ce sujet dont les idées allaient complètement à l’opposé de celles exprimées dans le mainstream. Plusieurs de mes lecteurs et amis me disaient que malgré toute la bonne volonté des analyses, elles auraient du mal à trouver écho auprès du leadership africain. Je répondais que le temps sera notre meilleur ami. Quelques années plus tard nous y voici. Rien ne sera plus comme avant. Et je suis particulièrement heureux que par les actions courageuses de certains pays, l’Afrique montre qu’elle sera effectivement partie intégrante du monde multipolaire. Quant aux médias, justement le renforcement des médias alternatifs, qu’ils soient russes, chinois, iraniens, syriens, latino-américains, africains et autres, est appelé à se poursuivre. C’est pour cela d’ailleurs que l’on observe en ce moment même une hystérie évidente pas seulement au niveau des élites politiques de l’Occident, mais également au niveau des élites médiatiques, par ailleurs complètement interconnectées et souffrantes ensemble des coups reçus de la part des partisans de la multipolarité.

Finalement, lorsque je disais il y a quelques années qu’en engageant des poursuites à l’encontre du président ivoirien Laurent Gbagbo et de son ministre de la Jeunesse Charles Blé Goudé et d’autres leaders africains, la CPI y joue de sa survie, cela se confirme pleinement aujourd’hui. D’ailleurs en parlant des perspectives de la suite des poursuites contre ces deux leaders ivoiriens, il est à penser que la CPI sera forcée de faire machine arrière. Pourquoi? Car des condamnations, qui n’auraient d’ailleurs aucune base légale car dès le départ arbitraires, ne feraient qu’accélérer massivement le processus déjà enclenché. Et sachant que pour le moment ce sont justement les pays africains faisant partie du système de la Françafrique qui sont les plus dociles à suivre les instructions occidentales (et donc éventuellement à rester plus longtemps membres de cette organisation que les autres pays du continent), la CPI devra désormais réfléchir trois fois avant de prononcer une quelconque condamnation à l’encontre de Gbagbo et de Blé Goudé. L’espoir est donc entièrement permis quant à leur libération.

Pour le reste, encore bravo au Burundi et l’Afrique du Sud pour leurs courageuses décisions. Et courage à tous les autres qui suivront dans un avenir proche et moins proche. L’Afrique fait partie intégrante du monde multipolaire et aura son mot à dire. Heureux aussi qu’on ait pu d’une certaine façon y contribuer. Propagande russe diront les mauvaises langues. Simple vérité diront nos amis.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201610211028307647-cour-penale-internationale/

https://fr.sputniknews.com/authors/mikhail_gamandiy_egorov/

8ème Sommet des BRICS : l’unité inébranlable

8ème Sommet des BRICS : l’unité inébranlable

L’Alliance BRICS poursuit toujours son renforcement dans le cadre du monde multipolaire. Cela a été une fois de plus confirmé lors du 8ème Sommet des BRICS qui cette année s’est déroulé dans l’Etat de Goa, en Inde.

Plusieurs questions étaient à l’ordre du jour lors de ce sommet. Questions économiques, crise en Syrie et lutte antiterroriste, coopération militaire, échanges dans le domaine de l’enseignement et de la culture. Une fois encore et à l’instar de ce qui s’était passé lors du récent Congrès mondial de l’Energie à Istanbul, en Turquie, le président russe Vladimir Poutine était au centre de l’attention, dans une atmosphère fortement positive. Oui, l’Occident politique malgré toute sa rhétorique antirusse, y compris via les médias du mainstream, a obtenu l’effet totalement à l’inverse du désiré.

Tout d’abord les BRICS ne toléreront aucune pression extérieure. Et restent fermement opposés à la violation de la souveraineté des Etats du monde. Un message qui a été annoncé avant même le début du sommet. En parlant de la crise syrienne, les pays BRICS ont réitéré leur soutien à une issue politique de la crise en Syrie tout en insistant sur la nécessité de poursuivre la lutte antiterroriste dans ce pays contre les extrémistes, aussi bien liés à Daech qu’à Fatah al-Cham (précédemment Front al-Nosra, filiale d’Al-Qaïda en Syrie). Une position que réitère la Russie sur l’arène internationale et que refuse à tout prix les élites occidentales en épargnant largement les groupes terroristes faisant partie ou étant directement liés aux extrémistes de Fatah al-Cham, de leurs propres aveux.

En plus des pourparlers collectifs, plusieurs rencontres tête à tête ont eu lieu au cours du sommet. A ce titre, Vladimir Poutine a eu des entretiens avec le Premier-ministre indien Narendra Modi, le président chinois Xi Jinping, et le président sud-africain Jacob Zuma. Dans le cadre des relations avec l’Inde, pays hôte du sommet 2016, plusieurs importants accords ont été signés: dans le domaine de la Défense, la Russie fournira à l’Inde (en passant le plus grand marché étranger de l’armement russe) le système sophistiqué de missiles antiaériens S-400, ainsi que d’autres appareils de pointe, confirmant par la même occasion le leadership des technologies militaires russes au sein des forces armées indiennes.

Sur le plan énergétique la Russie via la compagnie Rosneft prévoit de livrer à l’Inde 100 millions de tonnes de pétrole sur les dix prochaines années. Le géant gazier russe Gazprom entend lui assurer à la République indienne sur le long terme la livraison de 2,5 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié par an. Les deux pays poursuivent également leur large coopération dans le domaine de l’industrie nucléaire.

Dans le cas des relations sino-russes et au vu du renforcement de l’alliance russo-chinoise, y compris dans le domaine de la Défense, comme l’ont d’ailleurs démontré les récentes importantes manœuvres militaires conjointes en mer de Chine méridionale, et de la coordination diplomatique sur les principaux sujets de l’actualité internationale, les leaders des deux pays ont réitéré des « positions similaires » sur la situation en Syrie et en Afghanistan, y compris sur la question de la lutte antiterroriste. Par ailleurs, Poutine et Jinping ont mis l’accent sur le caractère inadmissible de l’ingérence d’acteurs externes dans les affaires de l’Asie centrale. On comprend à ce titre qui est visé. Plus que cela, le leadership chinois a proposé d’augmenter encore plus la coordination déjà fortement importante entre la Russie et la Chine au niveau du Conseil de sécurité de l’ONU. Une proposition qui veut tout dire.

Sur le plan économique et là aussi peu importe ce qu’en diront les jaloux, la coordination bat son plein. La Nouvelle banque de développement créée par l’alliance BRICS en juillet 2014 avec son siège à Shanghai passe à l’action. Ainsi, plusieurs grands projets, y compris dans le domaine de l’infrastructure, seront financés par ladite banque aussi bien dans les pays BRICS qu’ailleurs, notamment dans les pays du continent africain. De plus, les BRICS ont annoncé leur ferme volonté de s’occuper de la reconstruction en Syrie, principal défi du pays après la victoire tant nécessaire sur le terrorisme. Tout comme un autre fait qui devrait fortement déplaire à Washington: celui de favoriser les échanges au sein des BRICS en devises des pays membres de l’alliance.

Last but not least, un tournoi des équipes de football des nations BRICS (des moins de 17 ans) a été organisé en marge du sommet, sous la supervision de l’organisation brésilienne Brazsat. En effet quoi de mieux qu’un tournoi sportif pour raffermir les liens entre les jeunes représentants des pays de l’alliance ?

Bref, les BRICS ne faiblissent pas. Et même les mauvaises langues qui espéraient voir l’affaiblissement de notre alliance, notamment après la destitution de la présidente brésilienne Dilma Rousseff, peuvent désormais se taire un moment : le Brésil reste au sein de l’alliance. Les BRICS continueront donc de se renforcer aussi bien grâce à la coordination interne qu’avec les alliés non-membres de l’union qui ne manquent pas. Ajoutez ces pays à ceux des BRICS qui représentent désormais à eux seuls 53 % de la population mondiale et vous comprendrez ce que représente la véritable communauté internationale. Une communauté qui en plus de se renforcer sur le plan démographique, le fait aussi et très activement au niveau économique, politique, diplomatique et militaire. Que les faux apôtres autoproclamés à parler au nom de la communauté internationale le comprennent bien une bonne fois pour toute.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201610171028234265-brics-sommet-unite/

https://fr.sputniknews.com/authors/mikhail_gamandiy_egorov/

 

La CIA derrière l’emprisonnement de Mandela. Désormais officiel.

La CIA derrière l’emprisonnement de Mandela. Désormais officiel.

A notre niveau, on le savait déjà. Tout comme on connaissait le niveau de partenariat entre le régime raciste sud-africain époque apartheid avec la CIA étasunienne et le Mossad israélien. Sauf que lorsque on l’annonçait : propagande russe. Désormais le mainstream le reconnait.

Plusieurs spécialistes soviétiques ayant travaillé dans les pays africains, notamment de la partie sud du continent, nous l’avaient déjà confié à maintes reprises. A savoir que la CIA collaborait très activement avec les sinistres services spéciaux de l’apartheid, tout comme le Mossad. L’ANC sud-africain, parti historique de Nelson Mandela, ainsi que lui-même étaient bien longtemps considérés comme « terroristes » par les « bien-pensants » occidentaux, d’autant plus que l’ANC avait le soutien de l’Union soviétique, tout comme le MPLA en Angola ou la SWAPO en Namibie: tous les mouvements qui combattaient pour l’indépendance et contre le néocolonialisme.
Ce n’est d’ailleurs pas étonnant que les membres du leadership sud-africain actuel misent tellement sur l’alliance BRICS. Les compagnons de combat de Madiba (surnom affectif utilisé par les Sud-Africains envers leur héros national) n’ont jamais oublié le soutien de Cuba et de l’URSS dans la lutte contre l’apartheid, d’ailleurs pas moins que celui de la Jamahiriya libyenne de Kadhafi. Plusieurs d’entre eux ont été d’ailleurs formés en URSS. Mais ce n’est pas le thème de l’observation d’aujourd’hui. Le fait est que tout ce que l’on annonçait depuis des années se confirme aujourd’hui, puisque même les principaux médias mainstrimois le relayent, notamment BFM TV.

Difficile de cacher la vérité à l’heure du numérique, n’est-ce pas? Tout comme il est devenu difficile de cacher l’hypocrisie des élites occidentales envers le grand héros sud-africain Mandela: tantôt terroriste (terme employé officiellement par une certaine Margaret Tchatcher), tantôt fréquentable, tantôt grand leader (lorsque il est devenu évident aux yeux du monde entier, y compris des citoyens occidentaux que Mandela et ses compagnons sont bien les héros, les bourreaux étant ceux que les élites occidentales soutenaient). Il n’y a qu’à notre niveau où cela n’a jamais changé: l’URSS soutenait Mandela et l’ANC dès le départ et jusqu’au bout. Là est toute notre différence. Au XXIème siècle cela a peu changé: il suffit d’analyser les approches en Syrie.

Je vous laisserai lire l’article de BFM pour ceux qui ne connaissaient pas les détails de cette histoire. Ce qui choque, c’est la logique de l’agent de la CIA en question: « Nelson Mandela était complètement sous le contrôle de l’Union soviétique… Mandela devait donc être arrêté ». D’abord, le premier président démocratiquement élu d’Afrique du Sud et héros de lutte contre l’apartheid n’était pas sous contrôle de l’Union soviétique comme le prétend ledit agent, mais était prêt à recevoir le soutien de toute nation de bonne volonté au moment où son peuple était martyrisé par une minorité néocoloniale. L’URSS faisait partie de ces nations. Deuxièmement, on y retrouve toute la logique étasunienne: travailler y compris même avec le diable, du moment que cela serve les intérêts néocoloniaux US. En l’occurrence ici: coopération active avec un régime raciste inhumain.

Troisièmement, beaucoup supposent même que les idées de l’apartheid plaisaient bien aux élites US (où la ségrégation raciale n’a été officiellement abolie qu’à partir des années 1960), tout comme aux élites britanniques ou israéliennes.

En fait, il s’agit de la même manière de « penser » que ceux qui avaient sauvagement assassiné un autre héros africain, en l’occurrence Patrice Lumumba: digne patriote africain, ami de l’URSS, donc à éliminer de la plus barbare des manières. Après on s’étonne que de nouvelles organisations sataniques apparaissent, comme le fameux Daech. Après tout, tel maître, tel élève. Quant au héros qu’était et reste Mandela, repose en paix Madiba!

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201605171025075267-mandela-cia-emprisonnement/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Lorsque Obama menace ouvertement l’Afrique du Sud

Comme je vous l’annonçais depuis plusieurs mois, ce n’est pas uniquement la Russie et la Chine qui sont visées par les donneurs de leçons « exceptionnels », mais tous les pays ayant remis leur hégémonie en doute. Surtout que le pays de Nelson Mandela fait partie intégrante des BRICS, une alliance qui n’est pas du tout du goût de Washington. Mais cela, c’est son problème. Le monde, ou en tout cas une grande partie, n’obéit plus au doigt et à l’oeil des néocolonialistes. Continuons nous aussi d’avancer.

Les Yankees, eux n’ont qu’à continuer à forcer leur propre isolation.

http://fr.sputniknews.com/international/20151106/1019335384/usa-commerce-afrique.html