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Afrique-Chine: Pékin remet les points sur les «i» face à Washington

30.01.2023

Pendant que l’establishment occidental, et notamment étasunien, s’active dans l’objectif de combattre ses adversaires sur le continent africain, plus particulièrement la Russie et la Chine, il devient aujourd’hui totalement évident que l’Occident, dont Washington, a très peu à proposer de sérieux et fiable aux nations du continent. Et ce de l’avis des analystes chinois.

L’agence de presse internationale chinoise Xinhua publié un article qui remet les pendules à l’heure face aux accusations washingtoniennes à l’encontre de ses principaux adversaires en Afrique, dont évidemment la Chine. Les rappels qui y sont étalés confirment les analyses précédentes d’Observateur Continental.

L’article en question d’un des principaux médias chinois rappelle en effet que pendant la visite de la secrétaire étasunienne au Trésor, Janet Yellen, dans trois pays africains, à savoir le Sénégal, la Zambie et l’Afrique du Sud (dans ce dernier pays – pratiquement juste après la visite du chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov) – durant laquelle elle visait à poursuivre les tentatives de contrer l’influence croissante des rivaux des USA, dont la Chine, de nombreuses contradictions dans la ligne étasunienne apparaissent clairement.

Comme le note Xinhua – les contradictions commencent depuis la passerelle d’embarquement de l’avion de Yellen – sachant qu’elle y trouvera un terminal construit par une entreprise chinoise. Le véhicule la transportant sera également susceptible de rouler sur une route ou un pont bâtis par un constructeur de Chine. Et que les infrastructures modernes construites par la République populaire se trouvent un peu partout dans les pays africains. Chose effectivement que les Occidentaux n’avaient jamais pu, ou peut-être surtout n’avaient jamais voulu, proposer de manière honnête et sincère aux nations africaines.

Au cours dudit voyage, la représentante du régime washingtonien s’est tout de même vantée que les Etats-Unis offraient un «moyen meilleur et plus fiable» pour la croissance et la prospérité du continent et, à l’instar du régime qu’elle représente, a pointé du doigt sur les pratiques et les investissements chinois, en faisant mention de «l’héritage d’une dette insoutenable».

Pourtant et toujours selon l’article concerné – les gouvernements africains ont trois fois plus de dettes auprès de prêteurs privés occidentaux qu’avec la Chine. Cela sans oublier que ces prêteurs occidentaux facturent deux fois plus d’intérêts que la Chine. Selon Charles Onunaiju, directeur du Centre pour les études chinoises, basé au Nigeria, le récit du prétendu piège de la dette si activement exploité par l’Occident est injuste.

Pour lui, la question du piège de la dette a été une diffamation politique et de telles affirmations ne représentent qu’une diversion occidentale pour tenter à décharger justement l’Occident de toute responsabilité. On pourrait d’ailleurs rajouter – surtout lorsqu’on sait quel lourd bagage porte justement l’action néfaste de l’Occident à l’encontre de l’Afrique – historiquement parlant et à ce jour.

Cela sans oublier que malgré toutes les belles paroles de l’establishment washingtonien et plus généralement occidental – il est aujourd’hui admis qu’ils ne pourront jamais faire ni quelque chose de mieux que la Chine – ni de manière générale offrir quelque chose d’honnête et de constructif au continent africain. Ni sur le plan économique, ni sécuritaire, ni dans nombre d’autres domaines.

A notre niveau, il faudrait certainement rajouter qu’il serait très grand temps pour les élites occidentales au contraire d’apprendre et de s’inspirer de la sagesse chinoise, au lieu de poursuivre la promotion d’une mentalité néocoloniale et arrogante d’un autre âge. D’autant plus à un moment de l’histoire mondiale contemporaine où toute la prétendue puissance occidentale – n’impressionne plus. Et surtout que dans les actions actuelles des régimes occidentaux – la grande partie des peuples du monde, et notamment africains, voit surtout comme une extrême nuisance à l’encontre des intérêts de l’écrasante majorité de l’humanité.

Mais l’Occident n’apprend pas de ses erreurs. Et n’apprendra pas dans un avenir proche. Laissant aux partisans de l’ordre multipolaire international comme seules options la poursuite de l’interaction commune pour mettre un terme définitif à l’arrogance et l’hypocrisie de l’Occident. Et avec comme résultat – la chute finale des rêves des nostalgiques atlantistes de l’unipolarité. Quant à l’interaction de l’Afrique avec la Chine et la Russie – l’impuissance étasunienne et occidentale à l’encontre de cette interaction – n’est pratiquement plus à présenter

Mikhail Gamandiy-Egorov

L’énième impuissance occidentale face aux relations Afrique-Russie

26.01.2023

La nouvelle tournée actuelle du chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov sur le continent africain confirme d’une part l’importance des liens stratégiques qui existent entre les nombreux pays d’Afrique avec la Russie. Et de l’autre, ne fait que rappeler que l’Occident ne peut opposer grand-chose pour nuire à ces relations.

Malgré l’hystérie ultra-active du côté des régimes occidentaux vis-à-vis des liens qui unissent Moscou aux nombreuses capitales africaines, et ce dans divers domaines, rien ne semble pouvoir stopper jusqu’à présent les liens en question. Ni les innombrables pressions, menaces et intimidations, ni les promesses de pouvoir prétendument «faire mieux» que Moscou et Pékin.

La première étape de cette nouvelle tournée africaine de Sergueï Lavrov a eu lieu en Afrique du Sud – l’un des principaux partenaires de la Russie sur le continent africain, par ailleurs l’une des principales puissances continentales et membre des BRICS. Et qui d’ailleurs n’a pas manqué de susciter l’amère réaction du côté des principaux instruments propagandistes occidentaux. A l’instar du journal hexagonal Le Monde qui note que la visite de Sergueï Lavrov en Afrique du Sud rappelle la proximité entre Moscou et Pretoria, tout en reconnaissant que les autorités sud-africaines ont récemment confirmé la tenue d’exercices militaires conjoints avec les marines russe et chinoise au large de Durban.

Outre l’Afrique du Sud, les autres pays concernés par la tournée du chef de la diplomatie russe étant l’Eswatini, l’Angola et le Botswana. Quant à début février, Sergueï Lavrov se rendra cette fois-ci en Afrique du Nord, avec des visites au Maroc, en Tunisie et en Mauritanie. A noter qu’avec le Maroc de nouvelles pages fortement intéressantes sont en train de s’ouvrir dans le cadre bilatéral des relations.

Dans le domaine de la coopération énergétique – le Maroc était d’ailleurs récemment cité comme l’une des principales destinations des livraisons de produits pétroliers russes à l’échelle africaine et internationale. Selon les données citées, le Royaume a importé 735.000 tonnes de diesel en provenance de Russie en 2022 (contre 66 000 en 2021), et depuis le début de 2023 – déjà près de 140.000 tonnes.

Pour revenir à la tournée africaine de Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères n’a pas manqué de rappeler depuis la capitale d’Eswatini – Mbabane – que s’il y a un bien pays qui s’immisce dans les affaires intérieures des nations africaines – c’est bien la France.

Répondant ainsi aux déclarations du régime hexagonal prétendant que c’est «la Russie qui est derrière la récente décision des autorités du Burkina Faso d’exiger le départ des troupes françaises du pays». Une décision pour rappel du Burkina Faso accueillie avec beaucoup d’enthousiasme par la société civile burkinabè et panafricaine.

De manière générale, les liens unissant Moscou à ses alliés et partenaires stratégiques africains continuent de faire preuve non seulement d’un solide maintien, mais bel et bien d’un renforcement à plusieurs niveaux, y compris dans de nouveaux domaines d’interaction qui s’ouvrent aujourd’hui. Cela ne fait d’ailleurs que confirmer ce qu’Observateur Continental avait analysé dans un passé récent, à savoir l’impuissance des régimes occidentaux à nuire aux relations russo-africaines.

Et avec la complémentarité sino-russe à l’échelle internationale, y compris africaine – les diverses sorties et gesticulations des représentants de l’establishment atlantiste ne font qu’augmenter fort considérablement le rejet de la politique occidentale parmi les citoyens africains et par la même occasion accélérer les processus en cours – propres à l’ère multipolaire contemporaine.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Burkina Faso: adieu la Françafrique, bonjour l’Afrique!

24.01.2023

Après plusieurs échecs du régime français en terre africaine, l’effet domino se poursuit de manière attendue. Désormais et suite aux revendications populaires, c’est au tour des autorités du Burkina Faso d’officialiser la demande de départ des troupes françaises du sol national. Le système néocolonial de la Françafrique semble définitivement en chute finale.

Suite à l’annonce par les autorités burkinabè de l’exigence pour les troupes françaises se trouvant au Burkina Faso de quitter le pays dans un délai d’un mois – le président hexagonal Macron avait demandé des «clarifications». Des clarifications désormais obtenues: le gouvernement du Burkina Faso confirme avoir demandé le retrait des troupes françaises.

La confirmation est venue du porte-parole du gouvernement – Jean-Emmanuel Ouedraogo, dans une interview à la Radio-Télévision du Burkina (RTB). Si pour le moment, il ne s’agit pas d’une rupture diplomatique entre Ouagadougou et Paris, la page du partenariat militaire se termine bel et bien. Et ce de manière parfaitement logique et attendue, aussi bien par la société civile burkinabè, que par de nombreux autres citoyens africains.

En effet, et comme nous l’avions déjà plusieurs fois abordé – les mobilisations populaires souverainistes, le panafricanisme et la réalité multipolaire internationale ont complètement mis à mal la présence des nostalgiques de l’unipolarité sur le sol africain, ainsi que l’interférence fortement néfaste de ces derniers dans les affaires des Etats de l’Afrique. Et après la Centrafrique, le Mali, ou encore l’Ethiopie – il est devenu évident que les schémas néocolonialistes mis en place par les régimes occidentaux sur le continent africain – n’avaient plus du tout leur place.

Comme nous l’avions également souligné précédemment, les dits régimes atlantistes se retrouvent de-facto impuissants face aux millions de citoyens de pays africains mobilisés et qui comprennent parfaitement les événements en cours à l’échelle régionale, continentale et internationale. Et l’effet domino que nous avions également plusieurs fois abordé – est toujours et plus que jamais d’actualité. Et fort certainement ne fera que se poursuivre.

Pendant ce temps, il est évident qu’au lieu de changer de mentalité et devenir des acteurs constructifs du monde multipolaire et du destin commun de l’humanité – pour reprendre la notion du leadership chinois – l’establishment occidental maintient une approche arrogante, méprisante et condescendante vis-à-vis des Etats et peuples africains. Et plus généralement – vis-à-vis de tous les peuples non-occidentaux, et surtout ceux qui ne partagent pas leurs fameuses pseudo-valeurs, certainement occidentales, mais aucunement universelles.

Bien qu’il soit vrai aussi que tout en maintenant une approche arrogante propre à l’Occident depuis des siècles déjà – les derniers événements à l’échelle internationale – démontrent que le petit monde occidental se rend tout de même compte qu’il est loin, très loin, de pouvoir compter sur un large soutien à l’échelle de l’écrasante majorité de l’humanité.

Dans cette perspective, le pays de Thomas Sankara fait clairement le choix d’une rupture avec le régime hexagonal et les réseaux françafricains. Des réseaux qui tout en continuant à accuser la Russie, la Chine, la Turquie et d’autres puissances non-occidentales de leurs propres échecs abordés tellement de fois, refusent surtout à se regarder de manière un minimum objective dans le miroir.

Dans tous les cas – le Burkina Faso semble désormais définitivement faire le choix de l’orientation panafricaniste et pro-multipolaire. Tout en disant adieu à un système qui n’a plus du tout sa place dans le monde contemporain. Et ce – ni en Afrique, ni ailleurs.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=4583

Lorsque Paris et Berlin espèrent recoloniser l’Afrique

18.01.2023

Les régimes occidentaux sont tout de même têtus. Là où aujourd’hui ils sont fortement rejetés, ils persistent et insistent. En oubliant que le rejet vis-à-vis de l’Occident ne fera qu’augmenter et que les nouvelles sorties des représentants des élites occidentales ne font qu’attiser le rejet en question.

On se croirait vivre dans la pire et la plus cruelle période de la colonisation: Paris et Berlin discutent ensemble de l’avenir africain. Heureusement tout de même que cette fois-ci, les cheffes des diplomaties française et allemande ressemblent beaucoup plus à des mendiantes venues supplier un soutien africain pour une Europe prétendument «agressée». Le tout, symboliquement, dans le pays de l’Afrique n’ayant justement jamais été colonisé, malgré plusieurs tentatives occidentales – l’Ethiopie.

En effet, la visite conjointe dans la capitale éthiopienne Addis-Abeba des ministres des Affaires étrangères des régimes français et allemand avait un objectif clair : appeler une énième fois les pays africains à condamner la Russie. Sans grand succès jusqu’à présent.

«Il est important (à propos du dossier ukrainien) de se souvenir qu’il y a un agresseur et un agressé, et il est important que tous disent à l’agresseur qu’il doit cesser son agression» – déclare Catherine Colonna. En ajoutant, dans la pure tradition arrogante et néocoloniale hexagonale: «Nous avons des intérêts communs et nous avons des attentes à l’égard de nos amis africains et nous vous en avons fait part». Le tout à l’issue d’un point de presse au siège de l’Union africaine. Un siège offert par la République populaire de Chine, juste au passage. 

Même son de cloche de la part de sa collègue allemande Annalena Baerbock: «La paix en Europe est attaquée, nous avons besoin de vous, nous avons besoin de l’Afrique pour défendre la paix». On se demande juste où était Frau Baerbock lorsque cette même Europe, en complicité avec Washington, détruisait grand nombre d’Etats souverains, dans le pur esprit du néocolonialisme occidental, y compris d’ailleurs des Etats africains. La Libye de Mouammar Kadhafi n’en est qu’un des exemples récents

Au-delà de cela, les deux personnages pensent-elles sérieusement qu’une grande partie des Africains ne connaissent pas l’historique du dossier ukrainien? Et plus particulièrement que la guerre contre la paix en Europe ne se déroule pas depuis 2022, mais bel et bien depuis 2014? Et que dans la tragédie vécue par la population du Donbass – Berlin comme Paris ont une énorme part de responsabilité. Et dont ils devront certainement rendre des comptes le moment venu.

Surtout après les récents aveux des Merkel et Hollande, ayant confirmé que les Accords de Minsk, dont l’Allemagne et la France étaient des co-garants, n’étaient en réalité qu’une manière de gagner du temps en faveur du régime kiévien. Et au détriment depuis toutes ces années des civils du Donbass, avec toutes les tragédies et le martyr de cette courageuse population qui en découlaient.

Le ridicule dans toute cette situation, c’est que les deux dames, indignes d’un quelconque respect pour elles, ont tenté de nouveau à utiliser la rhétorique des céréales ukrainiennes, prétendument indispensables pour les Etats africains. Pensant certainement que là aussi les dirigeants et peuples africains ne maitrisent pas les statistiques internationales à ce sujet, sachant que l’Ukraine n’est que le cinquième exportateur de blé à l’échelle internationale, pendant que la Russie en est largement première. Et ce – depuis plusieurs années maintenant.

Donc s’il y a bien un risque d’un manque de céréales à destination des pays non-occidentaux, y compris bien sûr africains, cela est le résultat direct des sanctions des régimes de l’Ouest à l’encontre de la Russie et dans le cadre de la logistique internationale. D’autant plus lorsque nous savons que même l’exportation des céréales ukrainiennes, qui fonctionne via le corridor mis en place avec l’accord de la Russie et la médiation de la Turquie, fonctionne largement en faveur des régimes là encore occidentaux, et aucunement en faveur des besoins des nations non-occidentales, dont africaines.

Enfin, le cinéma des deux citées atteint le comble – car se déroulant en terre éthiopienne – nation africaine n’ayant jamais été colonisée par l’Occident et qui sort actuellement d’une nouvelle période de résistance (efficace) face au néocolonialisme occidental. Une résistance ayant été d’ailleurs renforcée via le soutien chinois, russe et turc, entre autres.

Les efforts conjoints de Paris et de Berlin sont dans une certaine mesure compréhensibles, car si le premier continue de voir son influence chuter sur le continent, y compris désormais avec un nouvel échec – le Burkina Faso, dans le cas allemand, il y avait un espoir de pouvoir regagner en tant qu’ancien colon une influence dans une partie de l’Afrique… Mais face à la présence chinoise, russe, turque, et d’autres nations non-occidentales – les Allemands n’auront vraisemblablement rien à proposer.

Mais l’essentiel à retenir dans cette énième, et probablement vaine, tentative occidentale, c’est les points suivants: les deux représentantes ne font qu’appliquer les ordres washingtoniens, c’est la première chose. Et de deux – sont prêtes à continuer à se ridiculiser, pour ne pas dire s’humilier, dans l’espoir de faire basculer une grande partie de l’Afrique dans le camp occidental. Le tout bien évidemment en maintenant un ton et une posture d’héritiers des pires années du colonialisme. Rien n’y fait – l’Afrique et les Africains ne sont pas dupes, et sont parfaitement capables de voir qui sont les partenaires sincères, et qui sont des chacals sans foi ni loi. L’Occident continuera donc à subir d’autres échecs importants – sur le continent africain, comme dans d’autres régions du monde.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=4570

L’écrasante majorité de l’humanité et l’ordre multipolaire post-occidental

10.01.2023

S’il ne fait pratiquement plus de doute que le monde ne reviendra pas à l’unipolarité, sous quelque forme que ce soit, il reste intéressant à tenter de comprendre quel rôle l’écrasante majorité de l’humanité soutenant l’ordre multipolaire international, souhaitera donner à l’infime minorité planétaire, une minorité qui se nomme l’Occident.

De l’avis de nombreux experts internationaux, y compris asiatiques, africains ou latino-américains, il est aujourd’hui évident que la réalité multipolaire prend le dessus sur les nostalgiques agressifs de l’ère unipolaire, durant laquelle l’Occident s’est érigé unilatéralement comme le décideur indiscutable dans les affaires internationales, tout en représentant une évidente minorité à l’échelle planétaire.

Les événements récents auront définitivement démontré que la majorité largement absolue de l’humanité ne souhaite guère suivre les ordres occidentaux. Le cas avec l’adhésion aux sanctions contre la Russie l’a fortement démontré. Et ce malgré tous les types «d’instruments» que l’establishment atlantiste occidental avait tenté d’applique: menaces, intimidations, pressions en tout genre, et lorsque cela n’a pas fonctionné: des promesses d’investissements, des «alternatives» à ce que propose la Chine et d’autres pays partisans résolus de la multipolarité. Le résultat n’a pas changé pour autant. Les pays ayant adhéré à la politique des sanctions contre Moscou représentent une infime minorité mondiale, sur le plan démographique, mais également et de plus en plus dans d’autres domaines – comme l’économie et le commerce international.

L’Occident, ou plus exactement ses élites, le comprennent parfaitement. Mais restent incapables à faire preuve d’adaptation aux récentes réalités planétaires, tellement l’esprit néocolonial et d’une prétendue supériorité sur les peuples non-occidentaux reste enfui au plus profond des décideurs occidentaux. Quant aux populations occidentales, il faut certainement les subdiviser aujourd’hui en plusieurs parties: les partisans de la multipolarité représentent une part non négligeable parmi les citoyens des pays de l’Ouest, mais nombreux restent dans une relative passivité, par peur ou par méconnaissance des actions à entreprendre. L’autre partie étant celle qui peut-être ne serait pas forcément contre la multipolarité en tant que telle, mais ne maitrisant tout simplement pas les processus internationaux – reste globalement parlant sous le contrôle du mainstream politico-médiatique occidental.

Enfin, il y a évidemment ceux qui parmi les citoyens occidentaux approuvent la politique de l’axe otanesque pour la simple et bonne raison qu’étant convaincus que lorsque l’unipolarité sera définitivement tombée – ils en seront directement impactés. Ces citoyens de l’Occident adorent d’ailleurs propager l’idée que le monde entier «rêve» prétendument de leur petit monde, mais en réalité sont des personnages habitués à vivre justement sur le compte des autres, à l’instar de leurs élites respectives – les autres étant les nations non-occidentales. Les dits personnages sont également fort jaloux des succès des pays non-occidentaux, notamment du point de vue économique et commercial, et ces succès pour les dites personnes restent dans leur imaginaire fortement associés aux problèmes à venir – pour eux-mêmes et leur façon de vivre.

Mais face à ces groupes – comment doit réagir justement l’écrasante majorité terrestre qui ne souhaite tout simplement pas vivre sous la coupe unilatérale occidentale? Probablement le principal étant de continuer à développer et élargir les différents schémas qui font aujourd’hui le succès des diverses interactions entre nations non-occidentales. Et ce dans les cadres aussi bien régionaux – qu’intercontinentaux et internationaux. Le tout en défendant les intérêts respectifs et sans accorder de l’importance à l’avis des régimes occidentaux.

Quant à l’avenir de l’Occident, parmi les partisans de la multipolarité les avis restent en partie partagés. Si nombreux estiment que le temps de rendre pleinement des comptes viendra pour l’espace occidental, avec tout ce que cela implique, d’autres considèrent que prendre des mesures punitives de revanche ne sera pas forcément nécessaire. S’il est encore difficile de savoir lesquels auront raison, l’essentiel étant que la collectivité nommée Occident continuera à être ignorée, puisque son extrême hypocrisie, arrogance et complexe d’une ridicule fausse supériorité lui auront valu d’être de plus en plus à l’écart de la véritable communauté internationale, qui ne se retrouve pas dans les diatribes occidentales.

Et dans cette perspective, il faut reconnaitre que l’avenir planétaire ne pourra être que post-occidental, et cela indépendamment des mesures éventuelles punitives à l’encontre de l’Occident, qui seront entrepris – ou non – par l’écrasante majorité de l’humanité.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=4545

Le Sommet USA-Afrique ou les tentatives de Washington à contrer Pékin et Moscou

16.12.2022

Malgré les tentatives étasuniennes de voiler les véritables objectifs du sommet avec les Etats africains, la campagne de séduction washingtonienne à l’encontre de l’Afrique confirme sa volonté à nuire aux relations stratégiques des pays du continent avec la Chine et la Russie. Mais également de tenter à repositionner une domination occidentale, face au rejet de la politique hexagonale et d’autres régimes européens sur le continent.

Comme le note l’un des principaux porte-voix de l’Hexagone France 24 – les Etats-Unis, qui se gardent de parler d’une compétition ouverte en Afrique, ont alerté, sur l’influence croissante «déstabilisatrice» de la Chine et de la Russie sur le continent, tout en promettant des milliards de dollars d’aide, lors du sommet avec les pays africains organisé à Washington. Confirmant par la même occasion les véritables intentions étasuniennes.

Du côté d’un autre porte-voix des intérêts hexagonaux, et plus particulièrement françafricains, en l’occurrence le magazine Jeune Afrique, ledit sommet pourrait également être vu comme «un pied de nez à Macron», et une réaction étasunienne aux récentes déconvenues françaises en Afrique.

Ce dernier point est particulièrement intéressant dans le sens que c’est une réalité qu’Observateur Continental avait maintes fois abordé, plus exactement que l’allié washingtonien de Paris tente de surfer sur le sentiment général hostile à son allié français, et ce pendant que le réseau néocolonial françafricain continue en bon sous-traitant de Washington à accuser la Russie, la Chine et la Turquie de ses propres échecs sur le continent africain.

Si bien même que l’élite hexagonale comprendrait être, dans un dossier de plus, le dindon de la farce – la marge de manœuvre de la France macronienne est extrêmement limitée, pour ne pas dire – nulle.

Quant à la Chine et la Russie, qui sont les seuls et réels opposants puissants à la domination occidentalo-atlantiste sur le sol africain – comme Observateur Continental l’avait également soulevé précédemment – Washington malgré toutes les belles paroles et promesses possibles – ne pourra ni surpasser Pékin sur le plan de l’interaction économique avec les pays africains, ni faire mieux sur le plan sécuritaire que Moscou.

Le tout à l’heure où la Chine et la Russie confirment de plus en plus l’approche de complémentarité bilatérale de leur politique à destination de l’Afrique, et que même économiquement parlant Moscou est en train de rattraper le retard par rapport à ses concurrents occidentaux opérant en Afrique, à un moment où tout ne fait encore que se construire.

Pour revenir au sommet organisé à Washington, il faut noter également de nombreux absents : les leaders du Mali, du Burkina Faso, de Guinée et du Soudan n’ayant pas été invités, tandis que ceux du Zimbabwe et de l’Afrique du Sud ont pris la décision de ne pas se déplacer, confirmant qu’au-delà de ses alliés hexagonaux et britanniques – Washington a lui-même du pain sur la planche.

En parlant justement de la République d’Afrique du Sud – l’une des principales puissances africaines et membre des BRICS – le président Cyril Ramaphosa avait pris la décision de ne pas prendre part audit sommet, sans en préciser les raisons exactes.

Et si selon certaines sources, les raisons peuvent être simplement internes, le fait est que l’Afrique du Sud fait partie des pays africains n’ayant pas apprécié les pressions et menaces washingtoniennes de faire rompre les relations avec la Russie, sous peine de sanctions. Cela sans oublier que le président sud-africain Ramaphosa faisait partie des chefs d’Etat internationaux ayant ouvertement critiqué le rôle néfaste de l’Otan dans les événements ukrainiens.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=4502

Le sport international doit connaitre lui aussi des réformes en profondeur

13.12.2022

A l’instar de nombre d’organisations dites internationales, la réalité de l’ère multipolaire exige des mises à jour profondes, à défaut de procéder à l’établissement d’alternatives qui seront beaucoup plus adaptées aux évolutions contemporaines. Le monde du sport ne peut pas être épargné.

Les événements récents, notamment géopolitiques, géoéconomiques et géostratégiques ont eu le mérite de non seulement mettre en exergue le changement radical des rapports de force à l’échelle mondiale, mais également de confirmer une bonne fois pour toute – l’hypocrisie au summum des élites occidentales, ainsi que des institutions qui leur sont affiliées. Affiliées aussi bien de manière ouverte que non officielle.

Alors que la Coupe du monde de football approche les matchs décisifs, avant même son début la posture de la Fédération internationale de football association (FIFA) aura démontré que:

1) le monde du sport est définitivement affilié à la politique internationale;

2) la FIFA agit en partie importante sous la pression de l’establishment politique occidental.

D’où la disqualification totalement injuste de l’équipe nationale russe de football, qui devait jouer les matchs de barrages contre la Pologne, cette dernière ayant refusé lâchement de le faire et devait donc elle logiquement parlant faire partie des éliminés.

Mais il faut reconnaitre à cette Coupe du monde plusieurs avantages, notamment grâce au mérite de l’organisateur qatari. Parmi ces avantages, nous pouvons citer le fait d’avoir résisté efficacement aux tentatives occidentales de promouvoir la propagande du lobby LGBT, l’interdiction du drapeau du bataillon néonazi ukrainien Azov affiché par certains supporters de l’Espagne, créant la colère au sein des partisans du régime kiévien, ou encore le fait d’avoir maintes fois joué des chansons populaires russes comme Katioucha et Kalinka – à l’heure où l’establishment de l’Occident cherche désespérément les moyens de faire annuler la culture russe.

L’autre facteur très positif de ce grand tournoi sportif international est de voir enfin une équipe africaine dans le dernier carré des quatre meilleures équipes – en l’occurrence l’équipe nationale du Maroc, ayant gagné le soutien et la sympathie de milliards de personnes, dont bien évidemment en Afrique et dans le monde arabe.

Concernant justement ce dernier point, il faut faire mention que dans la réalité contemporaine multipolaire, y compris dans le domaine sportif, il est fermement à penser qu’il est grand temps de modifier radicalement les quotas accordés aux équipes africaines et asiatiques qui participent à la Coupe du monde footballistique, et ce vers la hausse.

En effet, il est désormais complètement illogique que l’Europe et l’Occident puisse continuer à posséder 40-50% des places attribuées aux équipes participantes. Et si en début de la compétition, certains pouvaient encore être dubitatifs quant à l’évolution nécessaire sur cet aspect, faisant valoir que les équipes européennes restent les «meilleures» – l’excellente performance du Maroc, mais également la compétitivité des autres équipes africaines, ainsi qu’asiatiques, confirment la nécessité de passer à autre chose, et que les quotas accordés soient désormais beaucoup plus représentatifs des évolutions à l’échelle internationale.

Cette posture est d’ailleurs rejointe par le héros de la performance marocaine, en la qualité du sélectionneur national Walid Regragui, qui a non seulement réalisé l’exploit de qualifier pour la première fois de l’histoire une équipe représentant le continent africain pour une demi-finale de la principale compétition footballistique mondiale, mais également d’être le premier entraineur africain à arriver à ce stade de la compétition. Confirmant la nécessité de croire en les talents et les compétences nationales africaines, mais également d’avoir la possibilité à ce que les équipes d’Afrique et d’Asie soient mieux représentées.

En effet, il est aujourd’hui évident que nombre d’équipes africaines et asiatiques, représentant par la même occasion démographiquement parlant des populations beaucoup plus importantes que celles d’Europe, puissent être plus nombreuses. Et qui méritent sans le moindre doute plus ces places que des Pologne, Pays de Galles ou Suisse.

Quant à l’aspect commercial de la question, car il faut reconnaitre que le monde du grand sport d’aujourd’hui est aussi devenu depuis un bon moment un business à très grande échelle – il n’est certainement pas à douter que les audiences pour des matchs d’équipes africaines et asiatiques supplémentaires gagneraient en nombre que ceux d’équipes européennes très moyennes déjà citées.

Jusqu’à présent, la FIFA tente de prétendre à comprendre cette évolution mondiale, mais sans remettre en cause le favoritisme accordé aux Occidentaux. Pour preuve, la prochaine Coupe du monde de 2026 verra certes un plus grand nombre de nations africaines (9 contre 5 actuellement) et asiatiques (8 contre 6 actuellement), mais c’est toujours l’Europe qui aura la part du lion: 16 places attribuées. Soit un tiers des places (40% lors de la Coupe du Monde en cours).

Le chemin est donc encore long. Mais la FIFA, à l’instar d’autres structures internationales prétendument «indépendantes», devra elle aussi se mettre rapidement à l’heure des nouvelles réalités et exigences contemporaines. A défaut de quoi, rien ne puisse empêcher l’émergence de structures et de compétitions alternatives, y compris pourquoi pas sur la base du concept des BRICS+. Désormais rien n’est impossible.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Président du Nigéria: les armes fournies par l’Occident à l’Ukraine apparaissent en Afrique

06.12.2022

Le président nigérian s’inquiète de l’arrivée d’armes en provenance du conflit ukrainien dans la région, impactant ainsi la sécurité aussi bien d’une des principales puissances africaines, que des autres pays voisins. Comme prédit – l’Occident semble perdre complètement le contrôle sur ses livraisons massives d’armes en faveur du régime kiévien.

Muhammadu Buhari, président du Nigéria – la première puissance économique africaine en termes de PIB nominal et la deuxième en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat – a déclaré récemment que des armes en provenance du conflit ukrainien se glissent désormais dans la région du bassin du lac Tchad.

Le chef d’Etat nigérian a lancé cet appel dans son discours d’ouverture du 16ème Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la Commission du bassin du lac Tchad (CBLT), qui s’est déroulé dans la ville d’Abuja, la capitale du Nigéria.

«Il faut cependant préciser que malgré les succès enregistrés par les vaillantes troupes de la MNJTF (Force multinationale mixte, composée des Forces armées du Nigéria, du Cameroun, du Bénin, du Niger et du Tchad, ndlr) et les différentes opérations nationales en cours dans la région, des menaces terroristes rôdent toujours dans la région, et malheureusement, la situation au Sahel et la guerre qui fait rage en Ukraine sont des sources majeures d’armes et de combattants qui renforcent les rangs des terroristes dans la région du lac Tchad», a déclaré le président nigérian.

«Ce mouvement illégal d’armes dans la région a intensifié la prolifération des armes légères et de petit calibre qui continue de menacer notre paix et notre sécurité collectives dans la région», a ajouté Muhammadu Buhari dans son discours.

Les déclarations du président nigérian ne font que confirmer les nombreuses prévisions et mises en garde sur les livraisons massives et incontrôlées d’armes en faveur du régime kiévien de la part de l’axe otanesque et de l’Occident. Et cela depuis de longs mois.

Au point que même certains représentants de régimes occidentaux avaient fini récemment par admettre timidement cette réalité. Il est donc parfaitement compréhensible pourquoi le président nigérian tire aujourd’hui la sonnette d’alarme, compte tenu des risques sécuritaires non pas seulement pour le Nigéria, mais également pour de nombreux autres pays de la région. Sans oublier évidemment les défis face au terrorisme dans le Sahel.

Mais au-delà du fait que l’Occident ne contrôle effectivement pas les processus post-livraisons de ses armements à destination du régime kiévien dans le but de combattre la Russie, la situation actuelle devrait nous interpeller sur un autre aspect. Et si ce flux d’armes à destination des réseaux terroristes opérant en Afrique en provenance de l’Ukraine était voulu par l’establishment occidental?

Surtout lorsqu’on sait que les nombreux problèmes sécuritaires sur le continent africain, y compris dans la région du Sahel, sont justement le «fruit» des actions occidentales. A commencer par la destruction de la Jamahiriya libyenne de Mouammar Kadhafi par l’Otan et en poursuivant par le manque total d’efficacité dans la lutte antiterroriste annoncée par des Etats comme la France et d’autres régimes otanesques.

Last but not least, il n’est pas à exclure que l’Occident nostalgique de l’unipolarité soit d’autant plus intéressé par une nouvelle vague de propagation terroriste en Afrique, dans l’objectif de punir les pays africains – qui pour de nombreux d’entre eux ont refusé de se joindre à la coalition anti-russe promue par l’establishment occidental. Provoquant l’hystérie collective du côté des régimes atlantistes.

A ce titre, le Nigéria peut également faire partie des cibles privilégiées, car au-delà d’être l’une des principales puissances du continent africain et ayant dû faire face aux défis sécuritaires, notamment contre la secte terroriste de Boko Haram – avait fait partie des pays n’ayant pas soutenu la dernière résolution occidentale anti-russe votée à l’Assemblée générale de l’ONU, le mois dernier.

Dans tous les cas, il devient aujourd’hui évident que les nations africaines doivent plus que jamais s’unir dans un cadre panafricain et accroitre l’interaction avec les puissances non-occidentales dans l’objectif de faire efficacement face au chaos promu et propagé par l’Occident, qui refuse obstinément à reconnaitre l’ère multipolaire mondiale. Des mesures fortes, ciblées et si nécessaire radicales devront fort certainement être engagées dans les plus brefs délais.

Après tout, si l’effet boomerang de la politique otanesque se retourne contre ses instigateurs – cela est une chose, même si c’est encore une fois les populations concernées qui en paieront le prix fort. Mais ce n’est certainement pas au monde non-occidental de payer un quelconque prix pour les folies d’un Occident complètement malade et en chute libre.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Le déclin de la francophonie en Afrique

28.11.2022

Pendant que les réseaux françafricains s’inquiètent de la montée en puissance de la Chine, de la Russie ou encore de la Turquie sur le continent africain, tout en maintenant une posture ouvertement arrogante vis-à-vis des Etats d’Afrique, les amis anglo-américains de Paris la surclassent dans la tranquillité, sans que l’élite hexagonale soit capable d’y faire quoi que ce soit.

Alors que l’Elysée et le Quai d’Orsay s’obstinent à maintenir une ligne d’approche ouvertement arrogante et néocoloniale vis-à-vis des pays africains, Paris continue de se mentir quant aux véritables raisons du rejet de sa politique par les populations africaines, mais également de plus en plus par des gouvernements qui écoutent les aspirations de leurs citoyens.

Le récent exemple en date: l’interdiction par les autorités du Mali avec effet immédiat de toutes les activités des ONG françaises. Le tout après une énième provocation hexagonale, et toujours sur un ton condescendant.

Ce que Paris semble largement oublier, c’est qu’au moment où il tente de sauver son fameux projet de la Francophonie, l’avenir de la langue française se trouve précisément en Afrique. Sachant que plus de la moitié des locuteurs francophones à l’échelle mondiale habitent justement le continent africain et selon une étude de l’Organisation internationale de la Francophonie – l’Afrique représentera vers 2050 environ 85% des francophones du monde.

Il est donc évident que le maintien d’une posture qui provoque un large rejet populaire n’est certainement pas l’approche la plus intelligente, mais tellement caractéristique de l’élite hexagonale contemporaine, axée complètement sur Washington.

En parlant justement de Washington, mais également de Londres, pendant que les pseudo-spécialistes hexagonaux dans la pure arrogance qui les caractérise, tentent à se moquer des projets linguistiques et culturels russes comme chinois sur le continent africain – les «fidèles» alliés anglo-américains poursuivent activement le déclassement du français en Afrique.

Et cela, également dans la pure tradition d’arrogance qui caractérise l’élite politico-médiatique hexagonale qui oublie d’indiquer que la Chine est dans le Top 4 mondial pour le nombre d’étudiants étrangers accueillis sur son territoire, de trois places devant la France. Tandis que la Russie accueille un nombre de-facto similaire d’étudiants étrangers que l’Hexagone…

Dans tous les cas et au lieu de chercher à nouveau les raisons de ses échecs dans la faute des Africains, des Russes, Chinois ou Turcs – l’élite française ferait bien mieux à changer de stratégie et surtout de mentalité. Et peut-être parfois regarder un tant soit peu les actions de ses amis anglo-américains. Peut-être alors que les échecs répétés diminueront, mais ce ne sera certainement pas pour demain.

En attendant et alors que les sentiments hostiles à la politique hexagonale en Afrique aient atteint le summum, l’obstination de Paris à se considérer «supérieurs» aux autres en perdant des positions économiques, culturels et stratégiques à l’échelle internationale n’arrangeront en rien les choses. Et fort probablement beaucoup plus rapidement même que prévu.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=4447

Maroc-Russie: maintien et développement des projets conjoints

02.11.2022

Malgré la conjoncture internationale difficile, à un moment où une minorité planétaire s’obstine à refuser d’admettre officiellement l’ordre multipolaire, les relations russo-marocaines maintiennent le cap d’un développement intéressant. Et ce malgré l’opposition occidentale et de certains éléments leur étant affiliés.

Bien que l’impact des sanctions occidentales visant la Russie s’est fait ressentir pour les opérateurs économiques russes comme marocains, notamment dans le cadre de l’organisation des transactions financières réciproques, le fait est que les deux parties, contre vents et marées, maintiennent non seulement l’orientation des secteurs et projets conjoints existants, mais s’ouvrent déjà à de nouveaux horizons.

Le domaine agricole reste évidemment l’un des premiers concernés. Sachant que la Russie représente l’un des principaux marchés d’exportation du Maroc dans le secteur agroalimentaire, et que pour les agrumes marocains le marché russe reste certainement le principal. A ce titre et comme le rappelle le journal marocain L’Opinion – la Russie a vu son approvisionnement en fruits et légumes augmenter pour s’établir à 5,1 millions de tonnes, au titre des sept premiers mois de l’année courante, dont 45% de ce volume total proviendrait du Maroc.  

Dans l’autre sens, la Russie se dit prête à multiplier par 10 ses exportations agricoles vers le Royaume, notamment dans le cadre des céréales, la viande, les huiles végétales, le sucre et d’autres produits. D’ailleurs et en ce qui concerne particulièrement la question stratégique de fourniture des céréales, le chef de la représentation commerciale russe à Rabat, Artem Tsinamdzgvrishvili, a rappelé la pleine disponibilité de la Russie à fournir le pays en volumes nécessaires.

Il faudrait d’ailleurs certainement rappeler que le Maroc fait partie du Top 3 des principaux partenaires économico-commerciaux de Moscou en Afrique. L’autre domaine de grande interaction entre les deux pays est celui de la pêche, où tout semble aller vers une nouvelle phase fortement intéressante. Au-delà du renouveau de l’accord pour les navires russes à pêcher dans les eaux marocaines, la capitale économique du Maroc – Casablanca – deviendrait un important centre de réparation  et d’entretien pour les navires de pêche russes, opérant dans l’océan Atlantique.  

Et ce aux dépens de la ville espagnole de Las Palmas, avec à la clé des centaines de millions d’équivalent d’euros qui seront versés aux chantiers navals locaux et des centaines d’emplois pour les citoyens marocains. Mais là aussi ce n’est pas tout. De plus en plus d’opérateurs économiques russes s’intéressent aux projets d’investissements en terre marocaine, et le plus souvent avec la bienveillance des autorités compétentes locales.

Enfin, la question de la coopération dans le nucléaire civil est venue s’ajouter au panier des projets conjoints, y compris l’éventualité de la construction d’une centrale nucléaire par l’un des principaux acteurs mondiaux en la matière – la compagnie étatique russe Rosatom. Si les experts discutent déjà de l’éventualité de ce projet, de sa faisabilité et du timing nécessaire à sa réalisation en cas de confirmation définitive, le fait est que cela inquiète déjà le porte-flambeau médiatique de la Françafrique, le magazine Jeune Afrique, allant même jusqu’à dire qu’en cas de concrétisation dudit projet – cela représenterait « une nouvelle preuve de défiance vis-à-vis de la France ».

Pour conclure, il serait certainement juste de dire que malgré l’opposition de certains éléments – internes comme externes – quant au développement de nouveaux et grands projets conjoints russo-marocains, les principaux décideurs, de part et d’autre, semblent généralement motivés à poursuivre la voie d’une plus forte interaction. Et cela, c’est l’essentiel.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=4380