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Mali vs Côte d’Ivoire: lorsque la dignité doit faire face à la sous-traitance pro-occidentale

16.09.2022

La crise actuelle entre Bamako et Abidjan dépasse le cadre strictement régional ouest-africain. Il s’agit en effet et avant tout d’une confrontation entre deux visions diamétralement opposées. L’une misant sur la souveraineté nationale et les valeurs panafricaines, l’autre restant dans une posture de sous-traitance en faveur du néocolonialisme occidental. Et le cadre à proprement dit «régional» prend de plus en plus une tournure continentale.

Depuis l’arrestation, en juillet dernier, de près d’une cinquantaine de mercenaires ivoiriens par les autorités maliennes, la crise ne cesse de s’envenimer entre le Mali et la Côte d’Ivoire. Ceci étant dit, nombreux sont les citoyens ivoiriens qui soutiennent le positionnement du voisin malien dans ce dossier.

Au-delà de l’efficacité à travers laquelle a eu lieu cette arrestation des dits mercenaires, dont l’objectif visait fort vraisemblablement à tenter un énième coup d’Etat pro-occidental en terre malienne, ou du moins à créer des problèmes sécuritaires pour l’Etat malien, la fermeté avec laquelle le pouvoir du Mali a maintenu sa ligne jusqu’à maintenant – a été approuvée non seulement par des millions de Maliens, mais également un très grand nombre d’autres citoyens de pays africains.

Pendant ce temps, le président ivoirien et l’un des principaux représentants restants du système néocolonial de la Françafrique, tente à nouveau de mobiliser un front anti-malien, notamment au niveau de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).

Bien qu’il soit nécessaire de reconnaitre – avec de plus en plus de difficulté, à l’heure où de nombreux chefs d’Etat de la région, tout comme à l’échelle continentale, sont de plus en plus à l’écoute des aspirations pro-panafricanistes et pro-multipolaires de leurs citoyens. Avec en prime le rejet des schémas si longtemps entretenus par l’establishment occidental sur le continent.

D’autant plus que les méthodes de déstabilisation, y compris à travers l’implication de mercenaires, sont fort loin d’être nouvelles et représentent aujourd’hui un défi non plus seulement pour les Etats africains ayant ouvertement coupé le cordon «ombilical» avec l’Occident collectif, mais également tous les pays qui sont en voie de le faire ou du moins qui adoptent un positionnement de plus en plus équilibré, en s’éloignant progressivement du diktat occidental.

Faudrait-il à ce titre rappeler l’implication de mercenaires français, notamment en République centrafricaine dans un passé récent? Depuis, Paris et d’autres capitales nostalgiques de l’unipolarité tentent par tous les moyens de maintenir cette méthode d’interférence et de déstabilisation à l’encontre des Etats libres d’Afrique, mais avec une mise à contribution plus active des principaux sous-traitants. Comme celui du régime ivoirien.

Néanmoins, il est important de constater qu’au-delà de l’approche patriotique et ferme avec laquelle agissent des Etats africains souverains comme la RCA ou le Mali, on assiste depuis assez récemment à une augmentation nette de l’efficacité en matière de sécurité et des services de renseignement dans le cadre de ces pays. Rendant ainsi la tâche des déstabilisateurs traditionnels et de leurs forces sous-traitantes – de plus en plus difficile.

De manière générale et dans la crise qui oppose le Mali au régime ivoirien actuel – la vérité et la dignité semblent prendre le dessus sur le mensonge et les méthodes criminelles. Et cela est connu aussi bien des citoyens maliens qu’ivoiriens, ainsi que des autres peuples du grand continent africain. La confrontation entre les deux visions prend désormais ouvertement une tournure réellement continentale. Et au vu des processus en cours, aussi bien en Afrique qu’à l’échelle internationale, il devient beaucoup plus facile de comprendre les vives inquiétudes des régimes occidentaux et affiliés.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Le retour de la Russie en Afrique: surprise ou processus parfaitement logique?

02.09.2022

Si pour de nombreux analystes hostiles aux réalités issues de la multipolarité, le retour de la Russie sur le continent africain s’est réalisé sur une base prétendument opportuniste, la réalité démontre plutôt que les liens entre les deux parties ne s’étaient jamais réellement arrêtés et ne demandaient qu’à être fortement réactivés et développés.

Alors que dans les événements contemporains, l’Occident collectif avait tout fait pour isoler la Russie sur l’arène internationale, il devient aujourd’hui évident que dans le monde non-occidental – représentant l’écrasante majorité de l’humanité – ces tentatives ont connu un échec flagrant. L’Afrique représente en ce sens l’un des meilleurs exemples.

En effet, ni les visites récentes des hauts représentants occidentaux, ni les pressions et les innombrables intimidations, n’ont pu convaincre la large partie des Etats africains de se détourner du partenariat avec Moscou. Confirmant l’impuissance des régimes occidentaux.

De manière générale, le plein retour de la Russie sur le continent africain était largement attendu aussi bien au sein des leaderships de plusieurs pays du continent, que de la société civile se revendiquant du panafricanisme. Cela n’était d’ailleurs guère surprenant sachant qu’au-delà de ne pas posséder de passé colonial en Afrique, la Russie durant la période soviétique avait largement contribué à soutenir les Etats africains dans leur lutte pour l’indépendance et dans les processus ayant suivi l’obtention des indépendances vis-à-vis des puissances coloniales occidentales.

S’ajoutent à cela des milliers de cadres africains formés en URSS, puis en Russie, et le rejet de la politique occidentale – aussi bien à l’encontre du continent que plus généralement dans le cadre des affaires internationales. Y compris après les interventions néocoloniales dans plusieurs pays du continent, parmi lesquelles la destruction de la Jamahiriya libyenne de Mouammar Kadhafi, avec comme résultat non seulement la fin d’un des Etats les plus prospères et stables du continent, mais également la création d’une large zone d’instabilité et de terrorisme au-delà des frontières libyennes, notamment dans le Sahel.

Fait marquant, si le retour de la Russie en Afrique a été marqué par une réactivation relationnelle depuis ces dernières années avec des Etats qui étaient des alliés et partenaires historiques durant la période soviétique, de nouvelles pages se sont ouvertes avec des pays dont les relations étaient relativement peu développées et qui se trouvaient longtemps sous la coupe occidentale. L’exemple de la République centrafricaine ne fait d’ailleurs que le confirmer

Le premier Sommet Russie-Afrique de Sotchi d’octobre 2019 avait par la même occasion non seulement officiellement replacé le continent africain au centre des priorités de la politique extérieure russe, mais également et plus globalement encore – au centre du concept multipolaire mondial.

Aujourd’hui et plus que jamais l’Afrique, ou du moins sa large partie, comprend les enjeux et les défis auxquels il sera nécessaire de faire face – afin de tourner définitivement la page du néocolonialisme et du sous-développement. Un sous-développement qui n’a pas lieu d’être alors que le continent dispose de tous les atouts nécessaires pour prendre définitivement son envol.

Il est également devenu plus que jamais clair que dans le monde non plus seulement multipolaire, mais également post-occidental – qui se profile, les ressources naturelles seront la clé du nouveau système international. Et dans ce cadre-là, ceux qui n’en disposent pas tout en abordant une posture ouvertement arrogante – devront s’adapter aux nouvelles règles du monde contemporain.

Ainsi, la relance au plus haut niveau des relations russo-africaines, aussi bien anciennes que nouvelles, représente un processus parfaitement naturel, et ce pour les deux parties. Si de l’avis des régimes occidentaux cela n’est pas le cas – à dire vrai leur avis compte peu, pour ne pas dire du tout.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Blinken en Afrique ou l’histoire d’un autre échec occidental

12.08.2022

Malgré les beaux discours, l’agenda de la tournée d’Antony Blinken en Afrique avait pour objectif principal de tenter à limiter l’interaction qui ne cesse de monter du continent africain avec la Chine et la Russie. Et comme prévu également, l’objectif ne semble pas avoir été atteint, après déjà l’échec du président hexagonal Macron.

Il faut bien le souligner: l’élite anglo-saxonne est beaucoup plus perfide que celle de l’Hexagone. Sachant analyser les échecs de ses sous-traitants, en l’occurrence ici Paris, Washington a choisi de ne pas répéter les erreurs commises lors de la visite du président français Emmanuel Macron sur le continent africain.

En effet et si ce dernier durant sa tournée ne cessait de parler de la Russie, et selon de nombreux observateurs africains plus même que des relations franco-africaines arrivées au plus bas, Blinken a plutôt opté pour la tactique de dire que l’intérêt des USA pour l’Afrique n’est pas lié à la présence d’un autre pays. Ou plutôt d’autres pays: puisque les plus grands défis pour la présence néocoloniale occidentale en Afrique – ce sont effectivement la Chine et la Russie.

Comme l’écrit le magazine étasunien Foreign Policy: Washington a insisté sur le fait que son attention renouvelée pour l’Afrique n’est pas due à la rivalité entre les grandes puissances. Reprenant par la même occasion une citation de sieur Blinken prononcée en Afrique du Sud: «Notre engagement envers un partenariat plus fort avec l’Afrique ne consiste pas à essayer de surpasser les autres».

A cet effet, assez malin de prononcer cela, car effectivement Washington ne pourra ni surpasser la Chine sur le plan de l’interaction économique avec les pays africains, ni faire mieux sur le plan sécuritaire que la Russie. Après tout, lorsqu’on parle de pompiers pyromanes en Afrique, on pense toujours en premier lieu à Paris, Washington et Londres. Et plus généralement l’Otan.

En passant, Foreign Policy rappelle également que la ministre sud-africaine des relations internationales et de la coopération, Naledi Pandor, a critiqué le projet de loi étasunien (la soi-disant loi visant à lutter «contre les activités malveillantes de la Russie en Afrique»), le qualifiant de législation offensive. Un projet de loi US qui pour rappel a été déjà largement critiqué non seulement par de nombreux gouvernements africains, mais également par une très large partie de la société civile continentale.

De manière générale, tout reste clair. Dans le nouveau document de la stratégie étasunienne pour l’Afrique subsaharienne, la Russie et la Chine sont citées formellement comme de-facto les principales menaces pour l’activité washingtonienne sur le continent africain.

Dans tous les cas et à l’instar de sieur Macron rentré globalement bredouille de sa tournée africaine, Blinken semble aller dans la même voie avec tout de même, peut-être, un peu moins d’humiliation. Après tout, c’est toujours mieux de laisser cet «honneur» aux régimes sous-traitants, comme celui de la France contemporaine.

Il n’empêche, l’establishment étasunien a eu également droit à certains «honneurs», comme la condamnation récente par le parlement sud-africain de la visite de Nancy Pelosi à Taïwan, prenant ouvertement fait et cause en faveur de la République populaire de Chine. Ou encore le refus continu des pays africains à se joindre aux condamnations occidentales contre la Russie sur l’Ukraine. Et ce malgré l’insistance de Washington, Londres et Paris.

En parlant d’ailleurs de ce fameux dossier, on attend à ce titre le sommet de cette pièce théâtrale avec l’éventuelle visite en Afrique de Dmytro Kouleba – chef de la diplomatie ukrainienne. Certainement que Kiev pense pouvoir réussir là où Washington et Paris ont échoué… Ou simplement ne fait qu’appliquer les ordres reçus de la part des parrains atlantistes.

Pour finir et revenir encore une fois à Blinken, il faut tout de même lui reconnaitre la justesse d’une de ses déclarations (en partie). Lorsqu’il dit que «l’avenir du monde sera déterminé dans une très large mesure en Afrique et par l’Afrique». Il a juste et certainement oublié d’ajouter que cet avenir mondial, où l’Afrique jouera très certainement un rôle majeur, sera largement au désavantage de l’Occident. Car ce nouveau monde sera multipolaire (qu’il est déjà) et post-occidental. On lui pardonnera tout de même cet oubli.

Mikhail Gamandiy-Egorov

L’Occident impuissant face à l’interaction russo-africaine

02.08.2022

Les voyages du ministre russe des Affaires étrangères et du président français en Afrique se sont déroulés pratiquement au même moment. Et malgré le déplacement du chef d’Etat hexagonal avant un agenda ouvertement anti-russe, les pays africains refusent de se joindre à l’hystérie occidentale contre Moscou. Poussant Macron une fois de plus à faire démonstration d’une arrogance d’un autre âge.

Alors que Sergueï Lavrov, chef de la diplomatie russe, se trouvait encore en tournée africaine – durant laquelle il a visité l’Egypte, le Congo, l’Ouganda et l’Ethiopie – le président français Macron a tenté à tout prix à l’instar d’autres représentants de régimes occidentaux de réduire l’influence russe sur le continent africain, que Paris continue d’ailleurs de considérer aveuglement comme son pré-carré.

Devant faire face à un énième échec de ces tentatives russophobes, le chef d’Etat hexagonal était à la limite de l’insulte à l’encontre des pays africains, parlant «d’hypocrisie» africaine à l’encontre du conflit en Ukraine. En d’autres termes, une prétendue hypocrisie qui n’est que le fait que l’Afrique dans sa large partie a refusé de condamner l’opération militaire spéciale de la Russie, ainsi que de se joindre aux sanctions contre Moscou promues par l’establishment occidental.

Du côté de Sergueï Lavrov, la réponse ne s’est pas fait attendre: «En ce qui concerne le président Macron et ses déclarations, on aurait pu s’attendre à des propos plus éthiques de la part des Français», des propos par ailleurs jugés offensants et insultants par le chef de la diplomatie russe. Dans tous les cas, le ministre russe des Affaires étrangères a été accueilli fort cordialement dans tous les pays où il a fait escale, ne se limitant d’ailleurs pas à rencontrer ses homologues chefs de diplomatie des pays respectifs, mais également les chefs d’Etat des nations visitées.

Quant à l’attitude d’extrême arrogance propre à une mentalité d’une période coloniale, si propre à sieur Macron et à ses autres semblables atlantistes, désormais cela ne traduit plus un quelconque sentiment de supériorité ou de puissance. Bien au contraire, cela que fait qu’exposer une fois encore et au grand jour le désarroi total des élites occidentales, dans un monde où chaque région planétaire leur demande (poliment) d’apprendre à connaitre leur seule et véritable place: celle d’une extrême minorité à l’échelle mondiale.

Pour l’anecdote, après l’échec macronien en Afrique, Antony Blinken, le secrétaire d’Etat américain, sera lui aussi de la partie sur le sol africain. Et même le chef de la diplomatie ukrainienne, Dmytro Kouleba, avait récemment annoncé son intention de se rendre en Afrique. En d’autres termes: grosse mobilisation à tenter une dernière fois de convaincre les capitales africaines à faire preuve de «solidarité» à l’encontre du pauvre régime de Kiev et de ses parrains occidentaux, se sentant désormais si seuls à l’échelle internationale.

Permettons-nous de faire un petit pronostic : autres échecs et humiliations à venir pour l’Occident collectif. En ce qui concerne l’Afrique, ce riche continent victime si longtemps des clichés, interventions et pillages néocolonialistes occidentaux, aujourd’hui et plus que jamais son importance pour l’avenir international n’est plus à prouver. Disposant d’énormes ressources naturelles, sans lesquelles l’Occident retournera pratiquement au Moyen-Age comme le démontre d’ailleurs l’actuelle crise après les effets boomerangs (encore limités) des sanctions contre la Russie, d’une population jeune et dynamique, et de plus en plus déterminée à suivre la voie panafricaniste et refuser le diktat extérieur occidental.

Cette orientation conforte fortement l’avenir du monde multipolaire, dans lequel l’Afrique aura certainement un rôle de première importance à jouer. Et pour rappel une fois de plus, le monde de demain ne sera pas seulement multipolaire – il l’est déjà – mais bel et bien multipolaire et post-occidental. Dans cette perspective, les agitations d’entités à l’agonie – n’y changeront rien.

Mikhail Gamandiy-Egorov

La résistance du Mali se maintient et inspire

05.07.2022

La levée des sanctions économiques de la Cédéao à l’encontre du Mali ne doit certainement pas être vue comme la victoire d’un consensus ou comme le signe de bonne volonté de l’organisation régionale à l’encontre de Bamako. La réalité étant surtout que la résistance des autorités et de la population du pays a montré toute son efficacité, et étend son influence bien au-delà des frontières nationales.

Les dirigeants de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), réunis lors du 61ème sommet ordinaire à Accra, au Ghana, ont décidé de lever les sanctions économiques et financières adoptées contre le Mali depuis le mois de janvier de cette année.

Selon Maliweb, les dirigeants de l’organisation régionale étaient encore tout récemment divisés sur la question de levée des sanctions. Sans surprise, les principaux partisans quant au maintien des sanctions contre Bamako n’étaient que les présidents nigérien et ivoirien – Mohamed Bazoum et Alassane Ouattara. Sans surprise car étant aujourd’hui parmi les principaux représentants et défenseurs des intérêts françafricains, allant largement en sens inverse des aspirations de leurs propres populations, et plus généralement des peuples d’Afrique.

De son côté le Sénégal, dont le président Macky Sall est actuellement également à la tête de l’Union africaine (UA), semble avoir été l’un des principaux intéressés à mettre fin aux dites sanctions, y compris en raison de l’impact que cela avait sur les intérêts économiques et commerciaux sénégalais, mais également à l’heure où Dakar s’engage progressivement sur la voie de la multipolarité, n’hésitant pas à aller même jusqu’à critiquer sur la question de levée des sanctions, comme ce fut le cas lors de la récente visite du chef d’Etat du Sénégal à Sotchi.

Evidemment, durant ladite période des sanctions de la Cédéo, qui d’ailleurs selon nombreuses sources étaient au départ largement influencées par Paris et certaines autres capitales occidentales, le Mali a pu compter sur le soutien et la solidarité de plusieurs pays africains, sans oublier la Russie et la Chine – qui, n’avaient pas hésité à utiliser leur droit de véto au Conseil de sécurité de l’ONU pour bloquer le texte français qui cherchait à apporter un soutien international aux dites sanctions.

Mais très certainement le grand mérite à ce succès pour Bamako revient une fois de plus à la très large mobilisation populaire nationale, qui non seulement n’a pas hésité à apporter un soutien ferme aux autorités du pays, mais également a fait preuve d’une capacité de résistance aux pressions extérieures de manière digne et patriotique.

Aussi, il ne faut certainement pas oublier que le Mali après des années de chaos est devenu sous le leadership du colonel Assimi Goïta et de son équipe – une grande source d’inspiration pour nombreuses autres nations africaines et un exemple d’une résistance efficace au néocolonialisme occidental nostalgique de l’unipolarité.

De manière générale, les événements en cours démontrent parfaitement que les sanctions – l’un des instruments favoris de l’establishment occidental et de ses supplétifs – non seulement n’apporte pas le résultat escompté pour ses instigateurs, mais au contraire pousse les nations dignes à accroitre les efforts en vue de contrebalancer les difficultés que lesdits instigateurs cherchaient à créer pour les pays sanctionnés.

Quant aux autres leaders africains, qui ne peuvent pas, pour nombreux d’entre eux se vanter d’une popularité comparable à Assimi Goïta sur les scènes nationale et continentale, plusieurs néanmoins comprennent que face aux événements en cours, il est plus que jamais temps de se mettre à jour des nouvelles réalités planétaires.

En ce qui concerne ceux ayant fait le ferme choix de rester aux côtés de l’establishment occidental jusqu’au bout, au-delà de poursuivre leur propre marginalisation et isolation dans une Afrique qui choisit de plus en plus ouvertement la voie du panafricanisme et d’un libre choix de ses partenaires extérieurs – leur avenir n’a rien de prometteur. Et le fait de se réfugier dans la bulle pro-occidentale en espérant que cela leur évitera d’être balayé par les mobilisations populaires de masse semble être une erreur stratégique de personnages faisant mine, à l’instar de leurs parrains, de ne pas comprendre l’ordre international multipolaire. Et ce qu’il deviendra.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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L’Occident inquiet de la montée en puissance des BRICS

04.07.2022

Longtemps stigmatisée par les prétendus experts occidentaux, l’organisation des BRICS inquiète vivement désormais les divers analystes issus de l’espace occidental qui la voient comme un bloc plus que jamais ouvertement opposé à l’Occident collectif.

«Un bloc anti-occidental émerge, plus puissant que jamais», titre Die Welt, l’un des principaux quotidiens allemands. L’auteur dudit article, Stefan Aust, affirme que si beaucoup en Allemagne pensent que la plupart des pays du monde soutiennent l’Ukraine, la vérité est pourtant toute autre: l’alliance anti-occidentale devient de plus en plus puissante, politiquement et économiquement – et continue de s’étendre à travers le monde.

Pour lui, le bloc anti-occidental est en train d’émerger, plus puissant qu’à n’importe quel moment de l’histoire. A ce titre, il serait fort juste effectivement de reprendre la piqure de rappel de Lijian Zhao – porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères qui dans sa publication récente indique justement à très juste titre que si la population totale des pays composant le G7 est d’un peu plus que 770 millions de personnes, celle des BRICS représente plus de 3 milliards d’habitants de la planète.

Le haut représentant chinois ne manque d’ailleurs pas d’ajouter que «la prochaine fois qu’ils parleront de communauté internationale – vous saurez ce que cela signifie». En effet, les événements en cours, y compris la propagande occidentale largement russophobe autour de l’Ukraine, ont le mérite d’avoir remis amplement les points sur les «i». A savoir que l’Occident collectif, bien que faisant bloc commun (en qualité des nostalgiques de l’unipolarité) représente dans les faits une infime partie de l’humanité, avec tout ce que cela implique.

Les Occidentaux remarquent aussi avec stupéfaction que malgré les sanctions occidentales visant la Russie, y compris à travers les systèmes de paiement comme Visa ou MasterCard – les Russes peuvent désormais utiliser le système chinois UnionPay (accepté dans 180 pays du monde), que le nombre de voitures et d’autres produits fabriqués en Chine augmente largement sur le marché russe, et que même l’Inde – que les Occidentaux voulaient à tout prix voir dans leur bloc – non seulement n’a pas condamné l’opération militaire spéciale de la Russie, mais au contraire augmente fort considérablement ses échanges avec Moscou. Y compris dans la sphère énergétique, comme Observateur Continental l’avait déjà abordé

Aussi, les analystes occidentaux sont aujourd’hui forcés de reconnaitre, avec amertume bien évidemment, que leur suzerain en la qualité des USA – perd progressivement son influence sur les autres continents également. Y compris dans ce que Washington considérait  comme son arrière-cour, à savoir l’Amérique latine, fait qu’Observateur Continental avait également abordé.

Les Occidentaux reconnaissent également qu’aucun pays d’Amérique latine et d’Afrique n’a soutenu les sanctions occidentales contre la Russie. Tandis qu’en Asie, ils peuvent se comptent sur les doigts d’une seule main: Japon, Corée du Sud, régime séparatiste de Taïwan.

Les analystes occidentaux commencent également à reconnaitre, alors que cela était prédit depuis de longues années, que les grandes organisations internationales non-occidentales telles que les BRICS ou encore l’Organisation de coopération de Shanghai, malgré leurs diversités culturelles et politiques – sont unis dans le rejet face la prétendue supériorité occidentale et des pseudo-valeurs que tente d’exporter l’establishment de l’Occident.

Il faudrait certainement également rappeler que l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) et les BRICS – abritent ensemble 4 des 10 principales économies mondiales en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat (Chine – 1ère, Inde – 3ème, Russie – 6ème, Brésil – 9ème) et quatre puissances nucléaires par la même occasion (Russie, Chine, Inde, Pakistan). Tout en représentant à eux seuls de-facto la moitié de la population terrestre et plus d’un quart du PIB mondial.

Cela alors que la seule et véritable communauté internationale garde les portes ouvertes pour d’autres nations. A ce titre l’Iran et l’Argentine ont annoncé leurs ambitions de rejoindre les BRICS. Dans le cas de l’Iran, il faudrait rappeler que son adhésion a été déjà validée à l’OCS en qualité de membre de plein droit. Et cela en tenant compte aussi que les présidents Vladimir Poutine et Xi Jinping souhaitent augmenter l’interaction entre les BRICS, l’OCS ou encore l’Union économique eurasiatique. Sans oublier les grands ensembles régionaux et continentaux, notamment africains et latino-américains.

Pour conclure, résumons. L’Occident comprend de plus en plus que l’ère de son extrême arrogance est bel et bien terminée. Et si avant il y avait encore une porte ouverte à devenir pour cet Occident collectif un membre responsable de la véritable communauté internationale, désormais c’est vraisemblablement trop tard. Le monde ne sera plus seulement multipolaire – il l’est déjà – mais bel et bien multipolaire post-occidental.

Car au-delà d’être effectivement une évidente minorité planétaire sur le plan démographique, sur le plan économique l’Occident ne cesse également de perdre sa position de dominant (dans le Top 10 mondial, désormais moins de la moitié sont des économies occidentales et dans un avenir assez proche elles seront encore moins représentées). Les technologies occidentales deviennent de plus en plus remplaçables, et mêmes perdent de l’importance face aux alternatives chinoises et indiennes pour ne citer qu’elles. Quant aux ressources naturelles – l’Occident n’en possède comme au Moyen-Age tout simplement pas, mis à part celles qu’il pille encore à nombre d’endroits de la planète.

Et dans cette réalité résumée – oui, l’Occident devra effectivement apprendre à faire profil bas face à l’écrasante majorité de la planète et de l’humanité.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Comment l’axe anglo-saxon arnaque Paris en Afrique

28.06.2022

Pendant que Paris continue d’accuser régulièrement Moscou et Pékin de frapper ses intérêts sur le continent africain, les anglo-saxons n’hésitent pas à commettre de nouveaux croche-pieds à leur allié hexagonal en Afrique. Une réalité qui met parfaitement en exergue la relation vicieuse qu’entretiennent Washington et Londres à l’encontre de la France et des autres prétendus alliés européens.

Comme déjà annoncé précédemment par Observateur Continental, le système françafricain de l’Elysée est désormais non seulement confronté à la résistance panafricaniste, et à l’alliance de celle-ci avec les principales puissances mondiales non-occidentales, mais également à ses propres alliés anglo-saxons, qui n’hésitent plus à frapper ouvertement les intérêts hexagonaux. Le tout sans remords et avec le sourire. Paris devra apprécier.

L’erreur monumentale des élites hexagonales, aussi bien dans le cadre de leur politique en Afrique qu’à l’échelle globalement internationale, est:

1) de ne pas avoir su adapter leur politique en tenant compte des attentes des Africains. Ni d’avoir été en mesure de se conformer aux nouvelles réalités mondiales multipolaires, en maintenant une mentalité, un discours et des actions caractérisés par une extrême arrogance, si habituelle.

2) d’avoir maintenu pour soi-même un rôle de sous-traitant vis-à-vis de l’establishment anglo-saxon, en continuant à fermer les yeux sur tous les sales coups entrepris contre les intérêts français par les alliés washingtonien et londonien à divers endroits du monde.

Et pendant que l’Elysée et le Quai d’Orsay, réfutant les aspirations populaires africaines de masse, et en lançant des accusations incessantes contre Moscou, Pékin, Téhéran ou encore Ankara – dans l’objectif de justifier les échecs subis – Washington et Londres passent désormais presque ouvertement à l’action pour frapper le pauvre et si obéissant «allié» français.

Observateur Continental l’avait déjà soulevé dans des articles analytiques précédents – le principal allié (ou plutôt suzerain) de Paris, en la qualité de l’axe anglo-saxon, a été observé à tenter de surfer sur la vague souverainiste et panafricaniste, y compris s’il fallait à cet effet reprendre les discours critiques à l’encontre de la Françafrique.  

Désormais, les anglo-saxons sont allés encore plus loin: en faisant adhérer le Togo et le Gabon au Commonwealth – de-facto l’équivalent (néo)colonial britannique de la Françafrique. « Alors qu’ils n’ont pas de liens historiques avec le Royaume-Uni, le Togo et le Gabon ont rejoint samedi le Commonwealth, composé majoritairement d’anciennes colonies britanniques » – rapporte  France 24, l’une des principales voix de propagande hexagonale pour l’international.

Cela est d’ailleurs rapporté par les propagandistes hexagonaux avec une amertume à peine voilée, mais qui traduit si bien la relation de dominant à dominer entre l’axe Washington/Londres et Paris. Quel sera notre pronostic pour la suite? A dire vrai et très vraisemblablement l’Elysée et le Quai d’Orsay feront en sorte d’avaler de nouveau ces énièmes amertume et déception. Après tout, si cela sert les intérêts des chefs du bloc des nostalgiques de l’unipolarité – c’est tout de même pour «la bonne cause».

Maintenant et en quittant la discussion sur les relations familiales sadomasochistes occidentales, comment entrevoir ces tout récents développements pour les Africains et leurs principaux alliés non-occidentaux qui défendent et promeuvent l’ordre multipolaire international? Probablement, il faut le prendre de manière positive.

Tout d’abord et le fait que les croche-pieds se multiplient dans l’axe occidental confirme que l’Occident collectif est loin d’être uni, si ce n’est de faire front commun sur le théâtre clownesque de soutien au régime kiévien et dans l’opposition à reconnaitre l’ordre multipolaire, promu par la Russie et la Chine, notamment.

D’autre part, le fait que l’axe anglo-saxon tente de reprendre la main en marchant sur les intérêts hexagonaux en Afrique confirme que l’establishment occidental comprend parfaitement les difficultés auxquels il fait face sur le continent, et plus généralement à l’échelle internationale. Y compris dans le refus, malgré d’énormes pressions, des pays africains à suivre l’Occident dans la haine et l’hystérie russophobe.

Enfin, et cela est particulièrement rassurant: si certains représentants africains pro-occidentaux changent de cap, passant de Paris à Washington-Londres, cela est fort loin de concerner la société civile africaine qui pour une large partie d’entre elle voit tout l’Occident collectif comme une menace, voire la principale menace, pour l’émancipation totale et le développement de leurs pays respectifs et de l’Afrique dans son ensemble.

Et de la même manière que la Françafrique a subi de plein fouet la colère de millions d’Africains, le Commonwealth, ou autre arnaque occidentale – subira fort vraisemblablement le même sort. Personne ne sera désormais dupe pour ne pas s’apercevoir que l’establishment occidental, aussi rusé soit-il dans le cas anglo-saxon en particulier, est bel et bien la cible à éliminer.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Pétrole: les marchés asiatiques comme priorité

23.06.2022

Le secteur pétrolier traduit une configuration mondiale qui suit parfaitement les changements majeurs observés sur la scène internationale, dans le cadre de l’ordre multipolaire. Et en ce sens, l’Occident est loin de représenter une quelconque priorité.

«Grâce à la Chine et l’Inde, le pétrole rapporte encore gros à la Russie» – annonce la chaine Euronews – l’un des principaux porte-voix des européistes bruxellois. En effet, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), cité par ledit reportage – la Russie a tiré des exportations de pétrole un revenu estimé à 20 milliards de dollars pour le seul mois de mai.

Par ailleurs, les importations chinoises de pétrole en provenance de Russie ont augmenté de 28% le mois dernier, et comme résultat l’Etat russe est devenu le premier fournisseur pétrolier de la Chine, en dépassant l’Arabie saoudite. Du côté de l’Inde, autre grande puissance non-occidentale et tout comme la Chine et la Russie – membre des BRICS et de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) – pour la seule demi-année en cours elle a acheté 60 millions de barils de pétrole russe, tandis pour toute l’année 2021 le volume de pétrole acheté à la Russie était de 12 millions de barils.

Les observateurs occidentaux aiment rappeler que Moscou vend son pétrole à Pékin et New Delhi avec un discount intéressant, ce qui est d’ailleurs vrai, mais en oubliant parfois d’indiquer que l’augmentation nette des prix pour cette matière stratégique à l’échelle internationale compense largement aujourd’hui tous les possibles discounts. D’autant plus des discounts faits à des partenaires dignes de ce nom. A l’énorme différence des régimes occidentaux. Après tout, vous avez bien droit de vendre le produit demandé au prix qui varie selon le niveau de fiabilité du client, et des relations qui vous lient à lui.

Tout cela traduit plusieurs aspects. Tout d’abord qu’il est effectivement grand temps pour la Russie de prioriser au maximum les marchés asiatiques et d’autres espaces non-occidentaux. Pas seulement pour le pétrole d’ailleurs. Dans le cas plus particulier du pétrole, les responsables et experts russes l’ont maintes fois indiqué: le pétrole russe trouvera preneur partout dans le monde, même si l’establishment atlantiste interdirait complètement son importation pour les compagnies occidentales.

De l’autre, que de manière générale et connaissant ce que représentent les marchés asiatiques, à savoir de loin les principaux consommateurs, il est également parfaitement naturel de se focaliser sur ces orientations. Et pas seulement du point de vue démographique, même si là aussi tout est dans les faits : la Chine et l’Inde à elles seules représentent près de 2,8 milliards de personnes. Cela sans même comptabiliser de nombreuses autres nations d’Eurasie, d’Afrique et d’Amérique latine. Quant aux USA et leurs fidèles sous-traitants de l’UE: pas plus que 800 millions…

Mais au-delà de l’aspect démographique qui a bien évidemment toute son importance, et peut-être aujourd’hui plus que jamais, pour rappeler aux nostalgiques de l’unipolarité où se trouve la véritable communauté internationale, la réalité économique n’est pas en reste. Faut-il justement rappeler qu’à ce titre, la Chine est la première puissance économique mondiale en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat et l’Inde – troisième?

Un sujet qu’Observateur Continental avait déjà abordé nombre de fois. Avec en prime le rappel que la Russie dans un avenir proche dépassera l’Allemagne (première économie de l’UE) pour devenir la 5ème puissance économique du monde, et que des pays comme le Royaume-Uni et la France quitteront, et ce également dans un avenir assez proche, le Top 10 des principales économies mondiales pour laisser place à des nations comme la Turquie ou encore le Mexique.

Bien sûr, nous savons tous que cela fait mal, et peut-être très mal, aujourd’hui pour l’Occident de devoir reconnaitre le fait d’être non seulement une extrême minorité planétaire sur le plan démographique, mais également de regarder avec énorme jalousie les portefeuilles de ses principaux adversaires géopolitiques et géoéconomiques. Qui ne sont autres que les grandes puissances non-occidentales, et partisanes de l’ordre multipolaire international par la même occasion.

Et lorsqu’on prend en compte tous ces aspects, et quelques autres, on comprend mieux pourquoi l’Occident a tellement de mal à maintenir une domination mondiale. Une domination qui non seulement s’est essoufflée, mais qui de facto est morte. Encore une fois il faut bien rappeler et préciser qu’au départ il n’était pas question d’exclure l’Occident de la communauté internationale au vrai sens du terme. Mais les élites occidentales ont de par leur extrême arrogance et une pure mentalité néocoloniale préféré s’autoexclure elles-mêmes. Et ainsi nous permettre non seulement de poursuivre le développement de l’ordre multipolaire international, mais également d’ouvrir la page de l’ère multipolaire post-occidentale. Une ère dans laquelle les ressources réelles joueront un rôle clé dans le développement des peuples, et non pas la spéculation sans aucun support derrière.

Quelles en seront les conséquences pour l’Occident? Difficile de le dire de manière exacte pour le moment. Il faudrait juste peut-être rappeler que les diverses croisades occidentales du Moyen-Age avaient peut-être des objectifs spirituels que pour certains de ses participants. Mais pour les instigateurs, n’hésitant pas à attaquer musulmans comme chrétiens orthodoxes (voir pillage de la ville de Constantinople de 1204), l’objectif était uniquement économique. A une période où cette fameuse Europe aujourd’hui si arrogante mourrait de la faim et de la peste, et n’avait pratiquement aucune notion digne de ce nom de la médecine. A la grande différence notamment du monde arabe.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Sommet des Amériques et l’échec confirmé des USA

14.06.2022

Malgré les beaux discours, Washington doit se rendre à l’évidence que le 9ème Sommet des Amériques s’est conclu sur un échec retentissant, et ce même de l’aveu de plusieurs observateurs occidentaux. Avec l’impossibilité de soumettre les pays latino-américains progressistes, l’influence toujours grandissante de la Chine et de nouveaux partenariats avec la Russie.

Comme annoncé précédemment, ledit sommet n’a pas pu échapper aux boycotts de plusieurs nations latino-américaines. Après avoir exclu Cuba, le Nicaragua et le Venezuela, Washington n’a pas pu empêcher l’absence de nombreux autres chefs d’Etat, notamment de Bolivie, du Guatemala, du Honduras et du Mexique, dont le président Andres Manuel Lopez Obrador avait précédemment ouvertement condamné l’exclusion de La Havane, Managua et de Caracas. Et avait même accusé les USA de commettre un génocide contre Cuba.

Voulant réduire considérablement l’interaction des nations latino-américaines, que l’establishment étasunien continue de considérer comme son arrière-cour, avec la Chine et la Russie – l’arrogance des personnages washingtoniens semble fortement répéter les erreurs des élites hexagonales qui subissent l’humiliation de plus en plus vive en Afrique, avec le système néocolonial françafricain qui fait face à des revers après revers.

Incapable de proposer des partenariats de type gagnant-gagnant aux pays d’Amérique latine, y compris dans le domaine des investissements et de la construction des infrastructures, Washington s’obstine à vouloir y défendre une prétendue démocratie que ce dernier n’a en réalité jamais défendu et respecté. L’exemple ne serait-ce que de l’ancien président chilien Salvador Allende ne fait que largement le confirmer. Après tout – l’histoire ne ment pas.

Mis à part les boycotts retentissants du sommet et la ridiculisation de l’establishment étasunien – souhaitant ardemment défaire la Chine – tout en offrant aux participants du sommet des cadeaux dont certains étaient fabriqués… en Chine, Washington doit désormais faire face à de nouveaux défis. Y compris une présence militaire russe que les Etats-Unis ne prenaient pas au sérieux, mais qui semble désormais se concrétiser avec déjà le Nicaragua.

En effet, le leadership sandiniste a signé tout récemment un accord avec Moscou en vue de permettre le déploiement de troupes et d’équipements militaires russes dans le pays, y compris d’avions et de navires de guerre. Cette présence sera destinée entre autres à développer la formation des militaires nicaraguayens, assurer la sécurité, apporter des réponses aux besoins humanitaires et aux situations d’urgence, ainsi que de lutter contre le crime organisé et le trafic de drogue.

Mais au-delà de ces aspects très importants, il est évident que cela apportera une sécurité supplémentaire au Nicaragua qui se trouve dans le viseur washingtonien depuis un long moment, avec la possibilité de l’étendre à d’autres nations progressistes latino-américaines. Cela sans oublier que les USA découvriront peut-être enfin le ressentiment qu’ils n’ont cessé d’exporter aux quatre coins de la planète : ressentir près de ses frontières la présence armée de son adversaire.

Une fois de plus – l’esprit des descendants d’esclavagistes ne peut et ne va pas changer. Dans la mentalité de l’establishment occidental – l’écrasante majorité de l’humanité doit accepter la domination d’une extrême minorité. Car c’est ainsi que ce système criminel avait fonctionné depuis des siècles. Le seul souci pour les nostalgiques de l’unipolarité, c’est que non seulement le monde non-occidental continue de monter en puissance sur les plans démographique, économique et militaire, avec comme base l’ère multipolaire internationale devenue réalité, mais chose tout aussi importante: c’est le déclic d’un énorme nombre de personnes habitant la planète commune – à n’avoir plus aucun complexe vis-à-vis de l’Occident. Le tout allié à la ferme volonté de remettre cet Occident collectif à sa véritable place.

Pour le reste – les processus en cours se poursuivront. Et l’échec de l’organisation washingtonienne du 9ème Sommet des Amériques ne fait que confirmer la chute de l’establishment occidental, bien que ce dernier tente de continuer à prétendre le contraire.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=3951

La déformation occidentale des faits face à la possible crise alimentaire

07.06.2022

L’establishment politico-médiatique occidental tente par tous les moyens d’annoncer l’éventuelle crise alimentaire internationale comme étant la responsabilité de la Russie, en oubliant par la même occasion de présenter les statistiques et faits réels. Et surtout ses propres responsabilités.

Tout d’abord, il serait correct de rappeler quelques statistiques fondamentales que nombre de politiciens et de médias occidentaux avaient préféré occulter. Dans l’imaginaire occidental, il est même tenté de créer une image d’une Ukraine comme d’un grenier mondial, et dont l’opération militaire spéciale de la Russie serait en train de «détruire». A ce titre, les faits parlent d’eux-mêmes et s’il y a bien un grenier mondial – c’est bien l’Etat russe.

En effet, la Russie est le premier exportateur mondial de blé, tandis que l’Ukraine n’est que cinquième. Et ce depuis déjà plusieurs années. Donc les tentatives de coller l’Ukraine à la Russie en qualité de grenier mondial par la partie occidentale est déjà incohérente ne serait-ce que du point de vue qu’on ajoute à cet effet le cinquième exportateur mondial au premier, pour tenter par la même occasion de créer une image d’une Ukraine «irremplaçable» sur le marché alimentaire international.

En se basant sur cette logique et suivant le même schéma, il est parfaitement possible aussi de coller le 8ème, 9ème ou 10ème exportateur mondial au premier, et le volume représenté sera conséquent. Tout cela pour dire que s’il y a bien un pays dont dépend énormément la sécurité alimentaire à l’échelle internationale – il s’agit bien de la Russie, et non pas tellement de l’Ukraine.

Idem pour ce qui est des engrais – autre orientation essentielle pour la production agricole à divers endroits de la planète. Les statistiques pour l’année 2021 parlent d’elles-mêmes: la Russie était et reste le principal exportateur mondial d’engrais. Tandis qu’un pays comme l’Ukraine n’était classé que 25ème.

S’il y a bien en revanche un domaine dans lequel l’Ukraine partage effectivement les deux premières places mondiales avec la Russie en volume de production – il s’agit de l’huile de tournesol. Bien qu’il soit important de rappeler que les pays dits comme particulièrement concernés par la possible crise alimentaire mondiale ont beaucoup plus besoin des céréales russes que de l’huile de tournesol ukrainienne. Sachant que nombreux de ces pays consomment principalement l’huile de palme et non de tournesol.

Aussi, l’establishment occidental qui accuse la Russie d’être responsable de la situation oublie deux points essentiels: le premier étant les sanctions occidentales qui visent la Russie et qui ont eu un impact sur les chaines logistiques d’approvisionnement. En ce qui concerne plus particulièrement les exportations ukrainiennes – les représentants russes ont maintes fois rappelé que le blocage ne se fait pas au niveau de la Russie, mais au fait que le régime kiévien a installé des mines marines au niveau des principaux ports maritimes concernés – empêchant les navires de pouvoir circuler en sécurité avec les marchandises.

Macky Sall, le chef d’Etat sénégalais et président en exercice de l’Union africaine (UA) lors de sa récente rencontre à Sotchi avec Vladimir Poutine, avait justement de son côté critiqué les sanctions occidentales et rappelé que l’accès aux céréales et engrais russes avait une importance primordiale pour les pays africains. Un échange dont Macky Sall est sorti largement rassuré et satisfait, au moment où la Russie travaille activement pour pouvoir assurer ses livraisons des dits produits à destination des pays amis, dont bien évidemment ceux d’Afrique.

Il est donc évident que ceux qui créent des obstacles aux exportations alimentaires et affiliées en provenance de Russie – ne peuvent certainement pas jouer aux bonnes âmes qui se soucient de la sécurité alimentaire mondiale. Mais peut-être que prétendant s’intéresser à ce problème des «autres», l’Occident cherche avant tout à pouvoir assurer sa propre sécurité alimentaire? Notamment dans le domaine des engrais. Car au-delà de la dépendance énergétique de l’UE totalement évidente, la Russie fournit par la même occasion 25% de l’approvisionnement européen en azote, potasse et phosphate.

Pour l’anecdote, faudrait-il rappeler qu’il y a encore de cela plusieurs années – les engrais russes étaient revendus pour les clients africains à travers des intermédiaires occidentaux? Cette page, fort heureusement, semble définitivement être tournée. Les pays non-occidentaux, y compris africains, ont pour grand nombre d’entre eux parfaitement compris la nécessité de maintenir les relations mutuellement bénéfiques avec la Russie. Quant à la sécurité alimentaire des pays occidentaux – il est évidemment peu probable que l’arrogance de leur establishment pourra d’une quelconque manière apporter des solutions dignes de ce nom. Y compris pour les citoyens européens.

Mikhail Gamandiy-Egorov