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La visite d’adieu de Merkel à Kiev

La chancelière allemande Angela Merkel se rendra en Ukraine, sa fort probable dernière visite dans ce pays avant la fin de son mandat. Plusieurs sujets seront vraisemblablement à la table des discussions: de la situation dans le Donbass jusqu’au gazoduc Nord Stream 2.

Que pouvoir espérer de cette visite d’adieu d’Angela Merkel sur le sol kiévien? Sachant d’autant plus qu’elle aura lieu juste après le voyage à Moscou et la rencontre avec le président russe Vladimir Poutine. Probablement pas grand-chose. Pour l’Allemagne, il s’agira surtout de montrer son poids dans les affaires en lien avec l’Ukraine, et pour le régime de Kiev – certainement de tenter au maximum à faire joindre Berlin plus activement aux diverses actions contre la Russie.

Le tout à l’heure où l’Allemagne – bien que participant activement aux campagnes russophobes pro-atlantistes, ne souhaite malgré tout pas, de manière assez pragmatique, perdre ses intérêts économiques et énergétiques dans son interaction avec Moscou. Au grand désarroi des représentants du régime kiévien.

Autre point méritant l’attention le lancement par l’Ukraine et ses soutiens anglo-saxons de la soi-disant «plateforme de Crimée», destinée selon ses initiateurs à créer les mécanismes en vue de «désoccuper» la péninsule criméenne. Une initiative considérée déjà comme perdante pour de nombreux experts – n’ayant pu réunir que des représentants occidentaux ou affiliés aux intérêts atlantistes. En bref – très, très, loin de pouvoir donner ne serait-ce qu’un semblant de communauté internationale.

D’autre part, si certains leaders d’Europe de l’Est comptent assister personnellement à cette première rencontre de la plateforme citée, de nombreux pays occidentaux n’y enverront que des ministres ou représentants spéciaux. Dont l’Allemagne, qui devrait être officiellement représentée par le chef de sa diplomatie Heiko Maas. La participation de Merkel, sous quelque forme que ce soit, n’a pour le moment reçu aucune confirmation.

L’autre sujet au menu de la rencontre entre Merkel et Zelensky à Kiev va très certainement concerner la situation dans le Donbass. En ce sens, la chancelière allemande sortante souhaite vraisemblablement insister sur ses apports personnels dans les différentes discussions liées à ce territoire n’ayant pas reconnu les résultats du coup d’Etat ukrainien de 2014 et ayant poussé la population du Donbass (comme de la Crimée) à quitter la juridiction kiévienne.

Des apports que Merkel souhaite probablement laisser comme un «acquis» pour son futur successeur et maintenir le cap choisi pour la future administration allemande. Pour rappel en juillet dernier, lors de sa rencontre avec Zelensky, Merkel avait rappelé à son homologue kiévien la nécessité de mettre en œuvre «la formule Steinmeier» dans la législation ukrainienne.

Enfin, le sujet lié au lancement du gazoduc Nord Stream 2 – un projet stratégique pour Berlin dont il défend la réalisation, et qui a provoqué la vive colère de Kiev, d’autant plus que Washington au vu de la détermination allemande à finaliser ledit projet a dû atténuer ses pressions sur les acteurs, notamment européens, impliqués dans la réalisation de Nord Stream 2, sera certainement abordé.

Et bien que Berlin ait insisté de concert avec Washington sur la «nécessité» de poursuivre parallèlement le transit via le territoire ukrainien du gaz russe exporté vers l’UE, Kiev comprend parfaitement qu’il n’est plus en mesure de pouvoir dicter quoi que ce soit dans ce dossier, ni à faire du chantage comme cela était souvent le cas dans le passé lorsqu’il s’agissait de négocier les questions gazières. Et par la même occasion – de ne plus pouvoir avoir la garantie d’obtenir des milliards de dollars annuels dans le budget ukrainien via «l’agresseur» russe, avec lequel Kiev, tout en déclarant vouloir couper tous les ponts, comptait maintenir son économie à flot.

Dans tout ce package donc, le régime ukrainien doit se rendre à l’évidence qu’il ne représente effectivement pas le centre d’intérêt majeur de la politique internationale – et qu’il restera avant tout une sorte de pierre d’achoppement supplémentaire dans les relations entre l’establishment occidental et la Russie. Avec en prime un rôle de plus en plus réduit – étant forcé de prendre note des décisions occidentales sans en pouvoir faire quoi que ce soit pour en modifier le fond. Si ce n’est qu’émettre des déclarations demandant de penser un peu plus aux intérêts de cette pauvre Ukraine faisant face à «l’agression de l’ours russe».

Quant à Merkel, bien que se préparant à quitter son poste de chancelière, il demeure important de maintenir pour elle au sein de l’opinion publique allemande et européenne – l’image de celle qui voulait porter sur ses épaules la politique européiste. Se positionnant clairement en faveur des intérêts atlantistes à tous les niveaux, mais devant admettre face à la réalité multipolaire mondiale, la nécessité de maintenir un minimum de pragmatisme allemand.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Nord Stream 2: la patience russe n’est pas éternelle

L’Allemagne encourt non seulement d’importantes pertes financières, mais également énergétiques et politiques, si le gazoduc Nord Stream 2 ne sera pas finalisé et mis en exploitation. C’est l’avis de nombre d’analystes, y compris européens.

Les pays de l’Union européenne, et surtout sa première économie en la qualité de l’Allemagne, se retrouvent de nouveau devant un choix stratégique: soit avoir accès à un approvisionnement énergétique fiable et à moindre coût, soit de nouveau céder aux pressions washingtoniennes qui cherchent à asseoir définitivement sur l’Europe bruxelloise leur mainmise non seulement géopolitique et militaire, mais également géoéconomique. La question actuelle à se poser est la suivante: est-ce que Washington prendra de nouveau le dessus sur la prétendue souveraineté européenne?

Pour le journaliste croate D. Marjanović, si Berlin allait à renoncer au gazoduc Nord Stream 2, la Russie le prendra comme un signal clair pour une réponse ferme. Toujours selon l’auteur, l’Allemagne est désormais confrontée à un choix difficile, et même impossible, à savoir comment faire en sorte de faire terminer les travaux et mettre en service Nord Stream 2 et parallèlement être en mesure de rétablir les relations avec les Etats-Unis, endommagées sous l’administration Trump.

Le journaliste croate dans son éditorial se pose également la question de savoir si l’Allemagne «n’essaie pas de s’asseoir sur deux chaises en même temps». En ajoutant que si Berlin pouvait choisir, il sera « le plus ardent des alliés des USA en public, tout en restant un partenaire loyal des Russes dans les coulisses ». Toujours selon lui, la Russie peut accepter une telle équation.

D. Marjanović ajoute également que sur l’exemple de la Turquie, l’Allemagne a compris que les Etats-Unis restaient implacables sur leurs positions, et que s’il fallait comparer le lien avec la Russie via le nouveau gazoduc dans le cas allemand avec l’acquisition de systèmes russes anti-missiles dans le cas turc, le premier étant un «péché» plus important.  

Evidemment et à ce sujet, il serait juste de rajouter ce que l’auteur croate n’a pas mentionné dans son article, à savoir que la politique de la Turquie reste incomparablement plus indépendante et souveraine, aussi bien dans ses relations avec la Russie que le reste du monde, que celle des élites européistes. Et cela se traduit aussi bien dans le dossier des S-400, que sur le plan énergétique également. Après tout, le gazoduc TurkStream, reliant la Russie à la Turquie par la mer Noire est lui bel et bien opérationnel, et ce depuis l’année dernière déjà.

D’autre part, et cela a été rappelé par le leadership russe, c’est que Washington et ses principaux alliés atlantistes veulent maintenir leur projet géopolitique réalisé en Ukraine grâce au budget russe. A savoir maintenir à tout prix le transit du gaz russe à destination de l’UE par le territoire ukrainien. En d’autres termes – maintenir la politique russophobe de Kiev depuis le coup d’Etat de 2014, en maintenant à flot l’économie ukrainienne non pas avec les fonds occidentaux, mais bel et bien avec les finances de Moscou.

Néanmoins, ce dont l’éditorialiste croate voit juste, c’est qu’en cas de non finalisation du gazoduc Nord Stream 2, la Russie ripostera, cela ne fait pas l’ombre d’un doute. Et si cette option devra être activée, cette riposte sera multiple. Sur le plan financier, l’Allemagne devra compenser les importants investissements du projet. Mais ce ne sera pas tout – Moscou pourra également revoir ses approvisionnements énergétiques à destination de l’Europe bruxelloise, tout en sachant que si l’UE pouvait effectivement se passer des livraisons gazières russes – elle l’aurait fait depuis un bon moment. Mais elle ne le peut pas. Ainsi est la puissance énergétique de l’Etat russe.

L’auteur D. Marjanović se pose à juste titre la question: «Et si les Russes se fâchent et ferment les vannes? Qui fournira de l’énergie à l’Allemagne? Les Etats-Unis? Oui, certainement les USA «s’occuperont» de l’Europe de la même manière qu’ils l’ont fait par la mise à disposition du vaccin contre le coronavirus (il y a des données qui indiquent que l’UE n’a pas reçu les doses commandées, car les Etats-Unis ont payé les groupes pharmaceutiques une somme plus importante, et ce malgré le fait que des accords avec l’Union européenne pour ces livraisons étaient déjà signés».

En résumé, si l’auteur croate mentionne plusieurs faits à très juste titre, il n’empêche que la décision que l’Allemagne devra prendre quant à l’avenir du gazoduc Nord Stream 2 – n’est pas si compliquée que cela. Reste à savoir si le pragmatisme économique traditionnel des Allemands aura une chance à s’en sortir face à l’absence d’une souveraineté digne de ce nom. Mais si à la différence de la Turquie, la première économie de l’UE optera pour le renoncement audit projet, elle devra effectivement faire face aux conséquences financières, énergétiques, voire même économico-commerciales, sachant que le business allemand et européiste de façon générale reste toujours fortement implanté sur le marché russe. Et rien n’empêchera Moscou en cas de nécessité d’élargir ses contre-sanctions visant les intérêts occidentaux.

Mais il y a un point tout aussi important. Si les Européens céderont de nouveaux aux prérogatives washingtoniennes, alors l’UE n’aura qu’un rôle d’extrême nain sur l’arène internationale, dans le cadre du monde multipolaire. Après tout, peut-être que les élites européistes ne soient pas opposées à un tel avenir. Quant aux peuples concernés, ils pourront alors en juger de l’efficacité de leurs prétendus représentants.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Les dissensions au sein de l’Otan devenues évidentes

L’histoire est finalement un processus dans lequel on retrouve bien souvent des phénomènes qui paraissaient être propres au passé, mais qui ne font que réapparaitre, y compris même si certains le croyaient impossible.

A la chute de l’URSS et du Pacte de Varsovie, nombreux des experts – principalement occidentaux, présageaient un bien long règne du monde occidental et ce sur tous les plans: politique, économique, militaire, culturel, idéologique. S’il est vrai que depuis la fin officielle de la guerre froide et l’apparition du monde unipolaire, l’Occident politique avec les Etats-Unis à sa tête pouvait se vanter d’un tel pouvoir, depuis que le concept multipolaire du monde s’est imposé, l’Occident n’a probablement jamais été aussi divisé. Y compris son bras armé de l’Otan.

Les événements en cours le confirment pleinement. Les dissensions récentes et actuelles entre la Turquie – deuxième force otanesque en termes d’effectifs armés et plusieurs membres d’Europe occidentale, dont la France, sont loin de représenter le seul dossier conflictuel. Les raisons peuvent être variées – de l’acquisition du système des S-400, le flux migratoire ou plus récemment des désaccords évidents dans la guerre libyenne, le fait est que rien pour le moment ne laisse présager un quelconque assouplissement des positions, même si le leadership de l’Otan se veut toujours rassurant. Ce qui est logique – ce même establishment ne veut surtout pas donner l’impression de sérieux conflits entre alliés. Bien que les sujets de dissension sont aujourd’hui loin de se limiter aux désaccords franco-turcs, et concernent également ceux entre Washington avec Berlin, ou encore avec Ottawa.

Le récent épisode conflictuel opposant Paris à Ankara en Libye a poussé le président français Emmanuel Macron à reparler d’une «mort cérébrale» de l’Otan. Un son de cloche assez semblable côté allemand, où la chancelière Angela Merkel demande à se préparer à vivre dans un monde sans le leadership étasunien. Pour autant, Frau Merkel est loin dans cette rhétorique à adopter une position hostile à l’Otan, bien loin de là, surtout connaissant son positionnement pro-atlantiste. Mais la réalité est telle qu’elle est. Au point où il est devenu impossible, indéfiniment, de la renier.

Rajoutons à cela la lutte intérieure aux Etats-Unis, avec la participation de l’Etat profond US – ce dernier ne souhaitant surtout pas renoncer au diktat mondial, et on arrive vite à comprendre les difficultés et les dissensions en cours dans le camp occidentalo-atlantiste. Evidemment, nombreux sont ceux qui oublient le principal – l’avènement de la multipolarité n’est pas le fruit de l’affaiblissement de l’Occident, mais bel et bien celui d’un renforcement économique, défensif, politico-diplomatique des puissances non-occidentales souveraines et des blocs qui se sont formés et affirmés au cours de l’histoire contemporaine, notamment dans le grand espace eurasien.

D’autres blocs de résistance se sont entre temps formés sur d’autres espaces géographiques et civilisationnels, notamment en Amérique latine ou dans une partie de l’Afrique. Et c’est justement ce rapprochement, voire l’alliance pure et simple des blocs régionaux et continentaux souverains pro-multipolaires qui font tellement peur aujourd’hui aux élites atlantistes. Car au-delà du poids politique, économique, historico-civilisationnel, militaire des blocs opposés à l’unilatéralisme occidental, il ne faut pas oublier un autre motif de taille : la démographie. L’Occident politique, qui s’était tellement habitué à parler au nom de la communauté internationale aujourd’hui se voit obligé de se rendre à l’évidence – il n’en a aucune légitimité. Car quoiqu’on en dise, un bloc, mêmes aux larges habitudes de domination mais ne représentant pas beaucoup plus que 10% de la planète, ne peut se proclamer gestionnaire des affaires internationales. D’autant plus lorsqu’on sait qu’une part fort notable de ses propres populations approuve le concept de la multipolarité.

Et que donc la raison principale des dissensions à l’intérieur même de l’Otan, qui voulait à tout prix se positionner en alliance inébranlable, n’est autre que due au fait que le monde multipolaire s’est bel et bien imposé. Et lorsque cette compréhension de la réalité arrive, bien qu’avec quelques années de retard, à destination de ceux qui ne l’imaginaient simplement pas, il est tout à fait normal que les désaccords concernant l’avenir, ou plus exactement comment le vivre cet avenir, se forment et s’intensifient.

Dans cette optique, il serait assez primitif que de croire que les partisans de la multipolarité avaient cherché à créer les dites dissensions, y compris au sein de l’Otan. La meilleure conclusion plutôt à faire c’est tout simplement de comprendre qu’il était normal que des nations au large bagage historique et civilisationnel, ne pouvaient accepter le diktat d’une extrême minorité, bien souvent ne représentant réellement pas sa propre population. Pour atteindre l’objectif de l’avènement de l’ère multipolaire, ses partisans ont travaillé dur. Et c’est cela qu’il faut retenir en premier lieu.

Il faut tout de même reconnaitre une chose. Dans ce paradigme contemporain, le plus difficile sera pour ceux ayant volontairement choisi le rôle de sous-traitants des intérêts atlantistes, pensant que le pouvoir unipolaire serait éternel. La chute sera dure.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Et l’alternance politique, Frau Merkel?

Et l’alternance politique, Frau Merkel?

L’Union européenne, et plus généralement l’Occident politique, adore donner des leçons de «démocratie» et «d’alternance politique» aux quatre coins de la planète. En oubliant bien souvent de balayer devant sa porte. Les législatives allemandes en sont un exemple.

Angela Merkel est au pouvoir en Allemagne, la principale économie de l’UE, depuis maintenant douze ans. Et elle ne devrait pas s’arrêter là. En effet, après la victoire de la CDU aux législatives, la chancelière est désormais candidate pour un quatrième mandat.

Nous n’allons pas spéculer ici, comme certains «bien-pensants» aiment à le faire, pour savoir si les Allemands mériteraient mieux que Mme Merkel au vu des nombreux défis qu’affronte l’Allemagne nous n’allons pas non plus nous demander si le temps serait venu pour elle de laisser la place à d’autres politiciens allemands. Après tout, n’est-ce pas «d’alternance» que les élites occidentales aiment parler à longueur de journée à propos de nombreux pays, principalement non-occidentaux? Surtout lorsqu’on se rappelle que Berlin se considère à beaucoup de titres comme le moteur de l’Europe bruxelloise.

Pourquoi? Car cela n’est pas de notre ressort, mais de celui des citoyens allemands d’en décider.

Mais le souci qui nous occupe ici, c’est qu’une fois de plus on fait face à une hypocrisie occidentale évidente. Pratiquement aucun média central, pas plus qu’aucun politicien de poids en Occident, n’a remis en cause la longueur du mandat de Frau Merkel. Alors, la question qui se pose est relativement simple: «De quel droit les « bien-pensants » occidentaux ne cessent de mettre leur nez (ou tentent de le mettre) dans les processus politiques en Russie, Chine, Syrie, pays d’Afrique, d’Amérique latine, Iran, Turquie, et ainsi de suite…?»

Soyons honnêtes. Pour beaucoup de Russes, comme de Chinois, d’Africains ou de Latino-Américains, le choix politique des Allemands importe peu, voire pas du tout. Pour certains, respect de la souveraineté oblige, pour d’autres tout simplement par manque d’intérêt. Alors quand est-ce que les Occidentaux, et surtout les élites occidentales, se débarrasseront une bonne fois pour toutes de la mentalité coloniale qui les caractérise? Il est certain que si nous avions posé cette question il y a 25 ans, à la chute de l’URSS, voire il y a 15 ans, beaucoup nous auraient ri au nez. L’Occident était omnipuissant et se considérait être en droit de décider de l’avenir de tous.

Sauf que les temps ont irrémédiablement changé, mes chers amis. Le monde multipolaire n’acceptera plus jamais le diktat d’un bloc limité de pays, et plus particulièrement d’une caste d’hommes politiques vampirisant l’humanité. Tout cela c’est fini.

En ce sens, quelle alternative proposent des pays comme la Russie ou la Chine, fers de lance de la nouvelle réalité? La réponse est la suivante: respecter la souveraineté de tous les États, sans exception. Et tenir compte des spécificités culturelles et religieuses de chaque nation, qui font d’ailleurs la beauté de notre planète, le tout dans le strict respect du droit international.
C’est si difficile que cela?

Le concept des «valeurs universelles» dont use tellement la propagande de l’Occident politique ne fait plus recette. Surtout depuis que les citoyens aux quatre coins de la planète, y compris de bien nombreux citoyens de pays occidentaux, ce qui se cachait derrière ces belles paroles… la justification de crimes contre l’humanité, l’exploitation des ressources des peuples non-occidentaux, la violation de la souveraineté des populations, ainsi que leur dignité purement et simplement bafouée..

Il n’y a pas de modèle unique pour le monde et il n’y en aura jamais. C’est en cela que le concept multipolaire est probablement le plus juste et le mieux adapté qui puisse être, bien plus que l’ancien système bipolaire. Il ne se compare même pas au diktat unipolaire qui existe depuis la fin de l’URSS, jusqu’à ce qu’un certain nombre de pays décident d’y mettre un terme.

Les élites occidentales finiront-elles par accepter une réalité qu’il est aujourd’hui simplement idiot de vouloir remettre en cause? À court et moyen terme, très probablement non. Car la mentalité coloniale, comme une maladie chronique, ne se soigne pas du jour au lendemain. Il faut encore du temps.

En attendant, la multipolarité continuera son chemin, quel que soit le défi. Le diktat n’a plus lieu d’être.

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Mikhail Gamandiy-Egorov