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« Les habitants de Novorossia attendent notre victoire ! ». Entretien avec Alan Mamiev, volontaire-résistant du bataillon « Vostok »

« Les habitants de Novorossia attendent notre victoire ! ». Entretien avec Alan Mamiev, volontaire-résistant du bataillon « Vostok »

Novorossia résiste. Elle ne tombe pas. Depuis que la junte de Kiev ait décidé d’éliminer la population du Sud-Est d’un Etat qui jadis s’appelait l’Ukraine, la résistance y a joué un rôle clé et ce malgré le fait que les troupes fascistes envoyés par Kiev ont tout de même « réussi » à commettre un très grand nombre de crimes contre les civils du Donbass. Entretien aujourd’hui avec l’un de ces résistants, Alan Mamiev, volontaire au sein du bataillon « Vostok » (l’Est), originaire d’Ossétie.

Mikhail Gamandiy-Egorov, La Voix de la Russie : Alan, bonjour ! Pourriez-vous si possible brièvement vous présenter à nos lecteurs francophones ?

Alan Mamiev : Je m’appelle Alan (surnom « Koba »), je fais partie des volontaires du bataillon « Vostok ». Je suis originaire d’Ossétie et je suis arrivé ici en tant que volontaire pour combattre le néofascisme. Car je considère que les banderovtsy (partisans du collabo nazi Stepan Bandera et membres d’organisations néonazies et ultra-nationalistes, ndlr) qui ont pris le pouvoir à Kiev doivent être combattus. J’insisterai sur un fait, je ne parle aucunement du peuple ukrainien car la junte qui a pris le pouvoir à Kiev ne représente pas tout le peuple ukrainien. Il s’agit d’un groupe de personnages minoritaire. Lorsqu’on parle par exemple du nazisme en Allemagne, fait-on allusion à tout le peuple allemand ? Jamais. Donc ceux qui représentent nos ennemis sont ces groupes de néofascistes contre lesquels moi et mes camarades sommes venus lutter. Mais j’insiste : aucunement contre le peuple ukrainien. Nous luttons contre cette peste néonazie des partisans de Bandera.

LVdlR : Cela fait combien de temps que vous êtes à Novorossia ?

Alan Mamiev : En ce qui me concerne, cela fait deux mois. Depuis que les combats d’envergure aient commencé.

LVdlR : Comment décririez-vous la situation actuelle ?

Alan Mamiev : Il y a une guerre de positions. Sur certains endroits du front, nous avons dû reculer, sur d’autres nous avons avancé. Mais j’aimerai porter votre attention sur un point très important. Nous représentons à la base des unités d’auto-défense, l’armée insurrectionnelle, et nous devons faire face aussi bien à l’armée régulière ukrainienne qu’aux différents groupes d’extrémistes. En face de nous, nous avons affaire à une armée importante et avec tous les moyens qui en découlent. Donc évidemment nous nous trouvons dans des conditions totalement inégales. Que ce soit sur le plan quantitatif des effectifs armés, qu’en termes de matériel militaire, ainsi que dans les autres domaines. Mais nous résistons malgré tout.

LVdlR : A ma connaissance le bataillon « Vostok » est très international. Quelles nationalités sont représentées parmi les volontaires ?

Alan Mamiev : En effet. Une vraie brigade internationale. Au sein de « Vostok », nous avons des représentants de pratiquement tous les peuples de l’ex-URSS. Du Caucase notamment car nous avons des combattants nord et sud-ossètes, arméniens, géorgiens, ainsi que d’autres régions comme par exemple de Bouriatie. En ce qui concerne les volontaires venus en dehors de l’ex-URSS, nous avons des citoyens français, britanniques, un citoyen allemand, des volontaires antifascistes espagnols… Un vrai groupe international.

LVdlR : Si je comprends bien, toutes ces personnes sont unies par l’antifascisme ?

Alan Mamiev : Oui, exactement. Nous luttons tous contre le néofascisme. J’imagine que certaines personnes en Occident et notamment en Europe, ne connaissent pas ou ne comprennent pas ce qui se passe vraiment ici. Car ce qui se passe ici c’est justement la renaissance du fascisme, dans les pires formes qui soient. D’une certaine manière, cela ressemble à ce qui s’est passé en Espagne avant la Seconde guerre mondiale (Guerre civile espagnole qui opposa de 1936 à 1939 les profascistes aux républicains, ndlr).

LVdlR : Savez-vous que les médias occidentaux décrivent le tout d’une manière trop souvent différente ?

Alan Mamiev : Oui et cela n’est guère surprenant. Lors de la montée au pouvoir d’Hitler, les médias occidentaux avaient longtemps donné une image de lui fort positive.

LVdlR : Il y a par ailleurs un mythe souvent propagé par ces mêmes médias du mainstream, qui affirme qu’au Donbass ce ne sont majoritairement pas des habitants locaux qui combattent contre la junte kiévienne, mais des citoyens russes et autres. Qu’en est-il vraiment ?

Alan Mamiev : Si on parle en termes de pourcentage, au sein des forces de résistance les habitants locaux constituent 95-96% du nombre total des combattants. Le reste étant des volontaires comme moi et mes camarades.

LVdlR : Comme vous l’avez noté précédemment, mis à part le fait que devez faire face aux différents groupes néonazis et ultra-nationalistes issus majoritairement d’Ukraine de l’ouest, vous devez également résister à l’armée régulière. Quelles sont les perspectives de la résistance ? Etes-vous optimiste quant à la victoire ?

Alan Mamiev : Vous savez le temps travaille en notre faveur. Mis à part les problèmes militaires, le fait que la junte de Kiev ne réussit pas à écraser la résistance de Novorossia, d’ici très peu de temps, la junte aura d’autres très grands problèmes. En premier lieu économiques. Chute de la production industrielle qui se trouve très majoritairement au Donbass. Chute de la production agricole. Et vraisemblablement de très sérieux problèmes avec la réception du gaz. Donc tous ces problèmes économiques feront exploser la junte de l’intérieur. D’ici probablement l’automne, la junte sera confrontée à énormément de problèmes internes, au sein même des territoires occupés ukrainiens qu’elle contrôle pour le moment. La très grave crise économique qui est déjà en cours sera encore plus aggravée d’ici l’automne. Nous, notre objectif est de tenir jusque-là.

LVdlR : Pensez-vous qu’alors la junte sera forcée de reconnaitre le fait que Novorossia est une réalité qui ne peut être remise en question ?

Alan Mamiev : Après tous les crimes qui ont été commis par la junte néofasciste contre la population de Novorossia, leur « reconnaissance » ne vaudrait pratiquement rien. Ce n’est aucunement suffisant. Ils vont devoir répondre pour tous les crimes et massacres commis. On se souvient tous de la tragédie d’Odessa. Chaque jour je vois des civils qui se font tuer par les troupes de la junte kiévienne. Ils bombardent la population civile avec des systèmes de lance-roquettes Grad, Smerch, Ouragan. Des utilisations complètement inadmissibles lorsqu’elles sont utilisées dans des conditions urbaines et contre la population civile. Eux, ils l’utilisent. Fort heureusement encore que l’Ukraine durant les années 1990 s’était débarrassée de l’arme nucléaire. Sinon, je n’ai pratiquement aucun doute qu’ils auraient utilisé contre les habitants du Donbass. D’autant plus qu’on se souvient tous des déclarations de Ioulia Timochenko qui avait exprimé un vif désir d’éradiquer toute la population du Donbass avec des armes nucléaires. Très fort heureusement ils ne les ont pas. Mais cela ne les empêche nullement de perpétrer des massacres massifs contre la population civile. Leurs cibles préférées étant les hôpitaux, les écoles, les bâtiments résidentiels. Devant nos yeux, des bâtiments de neufs étages ont été entièrement détruits après des bombardements par l’artillerie lourde.

LVdlR : La situation humanitaire est donc très difficile pour les habitants du Donbass ?

Alan Mamiev : Extrêmement difficile. Ici, à Iassinovataïa où je me trouve, la ville est coupée en eau et en électricité. Le gaz est resté présent seulement dans quelques foyers. Il n’y a plus de produits alimentaires de base, tel que le pain. Les résistants font en sorte de préparer avec les moyens du bord le pain afin de le distribuer gratuitement aux habitants. La ville de Donetsk se trouve également dans une situation humanitaire très difficile. Personnellement, j’ai vraiment l’impression que la junte de Kiev combat ouvertement la population civile du Donbass. Pas autant la résistance que la population civile. A chaque fois qu’ils ont des affrontements directs avec nous, ils subissent de bien grosses pertes. Evidemment, il est donc beaucoup plus facile de viser les civils de loin comme cibles avec de l’armement lourd.

LVdlR : Abordons un autre thème que le mainstream occidental préfère éviter. Selon vous, en cas d’absence d’une résistance féroce à Donbass contre la junte kiévienne, l’option du génocide contre la population de Novorossia serait d’actualité ?

Alan Mamiev : Je pense que oui. Car l’idéologie de ceux qui ont pris le pouvoir à Kiev est justement celle qui se base sur l’idée de création d’un Etat mononational. Une seule langue, une seule version admise de l’histoire, un seul peuple ethnique. Tous ceux qui refusent cette idéologie dans ce que la junte appelle « l’espace culturel ukrainien », devront soit quitter leur territoire, soit être exterminés. C’était l’objectif de Stepan Bandera. C’est l’objectif des nouveaux banderovsty aujourd’hui. « L’Ukraine pour les Ukrainiens ethniques ! », voici leur slogan. Les autres doivent être selon eux écrasés et supprimés.

LVdlR : Y compris les habitants ethniquement ukrainiens qui refusent cette idéologie ?

Alan Mamiev : Exactement ! Les mêmes idées de base et objectifs que ceux de l’Allemagne nazie. Dans un pays multiethnique et de plusieurs langues courantes, ce genre d’idéologie amène inévitablement la guerre civile. C’est le cas aujourd’hui. Comme c’était d’ailleurs le cas lorsque les nazis ukrainiens de Stepan Bandera avaient durant la Seconde guerre mondiale massivement massacré les Russes, Polonais, Juifs, ainsi que d’autres Ukrainiens qui ne partageaient pas leur vision. L’histoire se répète. Et dans cette situation, soit il faut se soumettre, soit résister et combattre. Novorossia a fait le choix de la seconde option.

LVdlR : Autre question pour le futur plus ou moins proche. Comment Novorossia pourra coexister avec un Etat ukrainien dirigé par la junte actuelle et avec l’idéologie qui en ressort ?

Alan Mamiev : Selon moi, cette coexistence est impossible. Mais je pense que la junte ne pourra pas rester bien longtemps au pouvoir. Surtout avec les énormes problèmes économiques qui sont déjà d’actualité et qui le sauront encore beaucoup plus d’ici peu de temps. Les mêmes personnes qui avaient soutenu ce qu’il appelle la « révolution du Maïdan » se retourneront contre ceux qu’ils ont portés au pouvoir. La junte le comprend parfaitement et se prépare déjà à cela. Les représentants de la junte qui travaillent pour des intérêts extra-ukrainiens et dont les familles majoritairement vivent déjà en Occident, leurs comptes bancaires et intérêts y sont également, partiront le moment venu aussi. Ils laisseront leur pays dans le chaos qu’ils ont eux-mêmes créé. Les USA qui sont les principaux instigateurs de ce chaos comprennent aujourd’hui parfaitement qu’ils n’ont pas les moyens d’établir durablement leur nouvel ordre mondial, y compris les moyens économiques. Leur objectif est donc désormais de créer le nouvel désordre mondial, ou en d’autres termes la stratégie du chaos contrôlé. Qu’est-ce que cela signifie ? Lorsque tout le monde fait la guerre à tout le monde, sauf les instigateurs de ce chaos qui gardent le contrôle. Ainsi, les ressources financières continueront à venir massivement aux USA, puisque de nouveau ils représenteront le signe de la « paix et la prospérité ». C’est l’objectif de ladite stratégie. Ils ont créé ce chaos au Moyen-Orient. Ils veulent maintenant le créer ici, aux frontières russes. Ils veulent certainement faire de même en Asie centrale.

LVdlR : Et lorsque le chaos cesse d’être contrôlé, il devient incontrôlable ?

Alan Mamiev : Les USA ne s’en soucient guère. Ils se trouvent de l’autre côté de l’Atlantique. Ils savent parfaitement que les hordes de criminels de guerre très mal éduqués auront de toute façon beaucoup de mal à traverser l’Atlantique pour débarquer chez eux, et que ces groupes extrémistes continueront de semer le chaos ailleurs. En Europe, ces hordes peuvent débarquer à tout moment. D’ailleurs elle n’est aucunement à l’abri d’un tel scénario. Les USA, eux, se trouvent pour le moment bien épargnés. Je ne sais pas si les Européens ont besoin d’un tel scénario de guerre et de chaos total chez eux, j’espère qu’il y a suffisamment de gens qui comprennent ce qui se passe vraiment dans le monde aujourd’hui. Le seul intérêt de l’Europe est en coordonnant les mesures avec la Russie, tenter de mettre fin à ce chaos.

LVdlR : De plus en plus de citoyens européens comprennent la réalité des choses. Mais les élites politiques, financières et médiatiques participent activement au jeu des USA.

Alan Mamiev : Les élites d’Europe occidentale sont autant américanisés que celle de l’Ukraine actuelle. Il faut être aveugle pour ne pas voir et comprendre que toutes les décisions sont prises à Washington. Mis à part le Moyen-Orient, les USA continueront de semer le chaos partout ailleurs. L’un de leurs objectifs étant évidemment de stopper la Russie et la Chine. D’ailleurs les provocations à l’encontre de la Chine se poursuivront également, comme contre la Russie. Les USA n’oseront pas affronter directement la Chine et la Russie. Alors ils continueront de les attaquer différemment, par diverses tentatives de déstabilisation.

LVdlR : Cela signifie que tous les pays des BRICS sont visés ?

Alan Mamiev : Bien sûr ! L’objectif des USA est d’éliminer tout pôle de résistance et de tenter de nous faire revenir à l’ère unipolaire. Sinon, cela viendrait à dire qu’ils ont perdu et cela ils ne peuvent pas l’accepter. En tout cas, ils ne sont pas prêts pour le moment.

LVdlR : Novorossia constitue donc aujourd’hui l’un des principaux pôles de résistance ?

Alan Mamiev : Oui ! Il faut savoir que l’objectif étasunien est de créer une multitude d’autres zones chaudes de conflit, aux quatre coins du monde. Mais si nous réussissons à les stopper ici à Novorossia, alors nous pouvons espérer stopper l’hémorragie pour le reste du monde.

LVdlR : La population de Novorossia est-elle globalement optimiste quant à l’avenir ? Sentez-vous le soutien de cette population ?

Alan Mamiev : Bien sûr que nous la sentons ! Les habitants nous soutiennent et nous aident beaucoup, autant qu’ils peuvent. Ils comprennent également parfaitement les répercussions pour eux et leurs familles si la résistance n’aurait pas stoppé les forces néofascistes. On sait ce qui s’est passé à Slaviansk après sa prise par les forces de la junte, où des civils étaient massivement fusillés pour leur soutien à la résistance. Les mères des combattants étaient humiliées d’une façon totalement inhumaine et immorale, y compris conduits en laisse. Vous imaginez ne serait-ce qu’un moment ? Et ça pourrait être pareil ici.

LVdlR : On a noté une approche dans le traitement des prisonniers totalement différente de votre côté et celle de vos ennemis.

Alan Mamiev : Lorsque des résistants étaient aux mains des troupes de la junte néofasciste, ils subissaient des tortures inhumaines. On leur arrachait les doigts, les ongles. Les tortures étaient d’ailleurs souvent filmées. Nous, on ne peut pas tolérer ce genre d’approche. Lors de la Seconde guerre mondiale, les pertes de l’URSS étaient énormes aussi bien en termes de pertes militaires mais également énormes en termes de civils. Car les troupes nazis, parmi lesquels il n’y avait pas que des Allemands d’ailleurs mais bon nombre d’autres nationalités, massacraient la population civile de l’URSS. Lors de la libération de l’Europe de la peste brune nazie par les troupes de l’Armée rouge, il n’en n’était rien. Aucun massacre perpétré par notre armée à l’encontre de la population civile d’Europe. Aujourd’hui pareil. Car si on commençait à appliquer les mêmes méthodes que nos ennemis néofascistes, qu’est ce qui nous rendrait différents d’eux, de ces néofascistes contre lesquels on lutte ?

LVdlR : Ces derniers jours, les forces armées de Novorossia sont passés à la contre-offensive et ont repoussé massivement les forces de la junte. Des combats sont maintenant menés pour la sortie vers la Mer d’Azov. Qu’en est-il ? La coordination des résistants est-elle totale ?

Alan Mamiev : Oui. Au départ, la résistance n’était représentée que par des groupes de partisans. Cela signifiait que nous ne pouvions que nous défendre. Aujourd’hui, les groupes de résistants de Novorossia prennent la forme et la structure de véritables forces armées. Tout est coordonné. Beaucoup de nos combattants n’avaient absolument aucune expérience armée au départ mais avec un peu de temps ont appris les compétences nécessaires. Et ces acquis on les voit aujourd’hui. C’est ce qui permet de passer du stade de la défense pure et simple à l’offensive.

LVdlR : Un dernier mot pour résumer les attentes de la population de Novorossia ?

Alan Mamiev : Que dire d’autre que les habitants attendent notre victoire.

LVdlR : Merci Alan d’avoir répondu aux questions. Succès à vous !

Alan Mamiev : Merci !

http://french.ruvr.ru/2014_08_30/Les-habitants-de-Novorossia-attendent-notre-victoire-Entretien-avec-Alan-Mamiev-volontaire-resistant-du-bataillon-Vostok-9175/

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Indépendances des Républiques de Donetsk et de Lougansk : des choix légitimes

Indépendances des Républiques de Donetsk et de Lougansk : des choix légitimes

Les habitants des régions de Donetsk et de Lougansk ont fait leur choix quant à leur avenir. Celui de l’indépendance et du refus de se soumettre au diktat néofasciste imposé par des putschistes, adoubés par l’Occident politique. Les Républiques populaires de Donetsk et de Lougansk sont désormais des réalités que certains devront accepter, qu’ils le veuillent ou non.

Les référendums sur l’autodétermination des régions concernées ont bien eu lieu, comme prévu, le 11 mai. Et ce malgré les attaques massives contre les villes insoumises aux autorités putschistes pro-occidentales, notamment via les extrémistes néonazis du Praviy Sektor (Secteur droit), « fer de lance » armé du nouveau « gouvernement » ukrainien. Sans oublier les énormes pressions faites par les gouvernements occidentaux, notamment sur la Russie, afin que ces référendums ne puissent avoir lieu.

Mais rien n’y fait, la résistance antifasciste est allé jusqu’au bout et célèbre déjà sa première victoire importante. D’une part grâce à la résistance ardue des forces d’auto-défense qui ont résisté, et qui résistent encore, face aux attaques terroristes et actes de sabotage de la part des extrémistes soutenus par les élites occidentales. Et d’autre part grâce au courage des habitants de ces régions qui ont massivement répondu à l’appel de s’exprimer quant à leur avenir, et ce malgré les menaces venant de Kiev et de l’Ouest ukrainien envers les civils qui « oseraient » prendre part aux référendums et soutenir l’indépendance de leurs régions respectives.

Passons maintenant aux résultats. Dans l’ex-région ukrainienne de Donetsk où la question du référendum était la suivante : « Soutenez-vous l’Acte d’indépendance de la République populaire de Donetsk ? », plus de 90% des habitants ont opté pour l’indépendance (avec un taux de participation de près de 75%). En ce qui concerne l’ex-région ukrainienne de Lougansk, plus de 96% des habitants ont choisi la voie de l’indépendance avec un taux de participation également record avoisinant lui aussi le chiffre de 96%.

Faut-il encore s’en étonner ? Probablement que non. Les régions les plus travailleuses au sein de l’ex-Etat ukrainien et de loin les plus importantes du point de vue économique, entretenant des liens plus que privilégiés avec la Russie, ne pouvaient accepter le diktat de ceux qui ont créé le chaos dans un Etat qui autrefois s’appelait l’Ukraine. Le fameux Donbass, centre industriel et minier de premier plan, a donc choisi la seule voie légitime : celle de se séparer d’un Etat qui menace et tue sa propre population, en utilisant à cet effet des extrémistes racistes et xénophobes, et qui sert des intérêts géopolitiques étrangers.

Une bonne partie des médias du mainstream parlent eux de régions « séparatistes » ou « sécessionnistes » pro-russes. Deux questions que l’on devrait peut-être se poser là-dessus. La première est celle que l’on a déjà abordé : qui sont les séparatistes ? Ne seraient-ce pas ceux qui via un putsch armé extrêmement violent, ont pris le pouvoir à Kiev après avoir occupé les régions de l’Ouest, et qui ont tenté imposer leur « vision » ouvertement fasciste à ceux qu’ils considéraient comme des « citoyens de seconde zone », à savoir de la Crimée et des régions du Sud-Est ? Ne seraient-ce pas ceux qui ont ouvertement déclaré que ceux qui ne se soumettraient pas seraient écrasés ? Ne seraient-ce pas ceux qui affirmaient que les populations russophones et russophiles d’Ukraine sont des traitres à éliminer à tout prix, comme l’a d’ailleurs montré la tragédie d’Odessa ? Il est à penser que ce sont des questions légitimes.

Au final, un autre point qu’il serait important de noter. Puisque certains parlent de l’aspect ethnique de la crise. Eh bien, parlons-en. Si d’un côté, il y avait effectivement ceux qui s’étaient autoproclamés comme les « représentants de l’ukrainité » et comme étant des « Ukrainiens purs », principalement issus des régions de l’Ouest, en l’occurrence les amis de l’Occident politique, de l’autre il y a ceux qui bien qu’étant russophiles, ont toujours revendiqué une appartenance mixte et multiethnique. Pour autant, cela n’a jamais empêché des villes et régions à majorité ethnique ukrainienne, prendre fièrement position contre les putschistes et leurs bras droits néonazis.

Il suffit d’ailleurs de prendre l’exemple de la courageuse ville de Slaviansk, devenues l’un des principaux bastions de la résistance antifasciste, où les habitants ethniquement Ukrainiens représentent plus de 73% (les Russes étant un plus que 23%) de la population totale… A l’instar des autres villes voisines. Ou la Crimée, qui après avoir choisie le retour au sein de la Russie, a immédiatement adopté trois langues officielles : le Russe, l’Ukrainien et le Tatar de Crimée à l’image des principaux représentants ethniques de la presqu’île (ce que l’Etat ukrainien refusait toujours de faire).

Donc au final, même si l’Occident politique et médiatique refuse toujours (et refusera encore certainement) de l’avouer, ne serait-ce pas effectivement et mis à part les enjeux géopolitiques, une confrontation entre deux manières de voir son histoire et son avenir ? Entre ceux pour qui des sinistres personnages comme Bandera et Choukhevitch, collabos nazis responsables de pires crimes contre l’humanité avec leurs maîtres, seraient des « héros » et ceux pour qui les héros sont ceux qui ont sacrifié leur vie pour abattre la peste brune nazie. Et de la même manière si certains regardent à l’Ouest en espérant pouvoir occuper le marché du travail d’une Europe en pleine crise et qui ne leur ouvrira jamais ce marché, on ne peut que dire que c’est leur droit légitime. Mais de la même manière, lorsque d’autres qui comptent rester chez eux, être auto-suffisants et avoir des relations fraternelles avec la Russie, eux n’auraient pas droit au choix ? Très « démocratique » comme approche.

Les putschistes à Kiev sont dos au mur. Leurs chefs aussi. Les premiers ont détruit politiquement et économiquement « leur » pays. Les seconds, instigateurs habituels du chaos global, ont voulu occuper les régions stratégiques du pays (économiquement et géopolitiquement parlant), se retrouver aux frontières russes, et prendre une revanche sur les plus ou moins récentes victoires diplomatiques de la Russie sur la scène internationale par la même occasion. Au final ? Echec. Personne ne pourra stopper les mouvements populaires et démocratiques qui aspirent à défendre leur liberté et leur manière de penser jusqu’au bout.

Félicitations donc aux habitants des dignes Républiques de Donetsk et de Lougansk. Quant aux « élites » occidentales, apprenez à respecter vous-mêmes les « valeurs » que vous aimez tant exporter aux autres, notamment « la liberté et la démocratie ». Et surtout à ne plus s’allier avec des extrémistes de tout bord, qu’ils soient des intégristes salafistes ou des néonazis racistes. Peut-être qu’alors votre hypocrisie serait un peu moins visible.

http://french.ruvr.ru/2014_05_15/Independances-des-Republiques-de-Donetsk-et-de-Lougansk-des-choix-legitimes-6135/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Les autorités putschistes de Kiev et les instigateurs du chaos global, des criminels de guerre

Les autorités putschistes de Kiev et les instigateurs du chaos global, des criminels de guerre

Le 2 mai dernier, l’histoire d’un Etat qui jadis s’appelait l’Ukraine a connu un tournant. Un tournant qui désormais restera dans son histoire récente comme l’événement le plus tragique. Ceux qui jusqu’à encore tout récemment poursuivaient leur propagande en nous faisant croire que les menaces fascistes étaient « imaginaires » font face aujourd’hui à la terrible réalité, qu’ils ne pourront plus jamais cacher, ni nier.

On connaissait dès le départ la composante des pseudo-autorités de la « nouvelle » Ukraine. Néanmoins et cette fois-ci, la ligne rouge a été dépassée irrémédiablement. Le 2 mai, les néonazis de Praviy Sektor (« secteur droit ») ont attaqué les partisans de la fédéralisation dans la ville portuaire d’Odessa (Sud du pays). Les personnes attaquées se sont réfugiées dans le bâtiment de la Maison des syndicats. Les néonazis se trouvant à Odessa, dont la plupart étaient venus des régions de l’Ouest ukrainien, ont alors massivement jeté des cocktails Molotov sur le bâtiment qui a rapidement pris feu. Les personnes se trouvant à l’intérieur, en l’occurrence les opposants au pouvoir putschiste et partisans de la fédéralisation, ont en grande majorité péri dans cet incendie criminel.

Aux derniers chiffres : 46 personnes décédées (d’autres sources annoncent beaucoup plus, dont de nombreux disparus) et plus de 200 blessés, hommes et femmes, tous résistants antifascistes refusant la dictature néonazie adoubée par l’Occident politique. Par ailleurs, plusieurs victimes ont été asphyxiées par un gaz toxique d’origine inconnue, également jeté par les extrémistes. Tous morts dans des souffrances atroces. D’autres personnes sont mortes en sautant des étages supérieurs, tentant d’échapper aux flammes. D’autres encore, qui avaient réussi à sortir du bâtiment, ont été fusillés par les extrémistes néonazis qui les attendaient à la sortie. Les autres ont été abattus avec des machettes. Ceux qui ont réussi à survivre à ces crimes, blessés et après toutes les souffrances endurées, ont été forcés de passer par des humiliations : les ultra-nationalistes les ont trainés dans ce qu’ils ont appelé « le corridor de la honte » destiné aux « traîtres de la nation ukrainienne », le tout devant les caméras. Vraisemblablement un retour aux pires heures du nazisme, à l’instar de l’Allemagne des années 1930 et qui ont duré jusqu’au 9 mai 1945, jusqu’à la destruction et la défaite totale de la peste brune.

Réaction à Kiev suite à la tragédie d’Odessa ? Les putschistes rendent hommage aux « héros » ayant défendu Odessa et l’Ukraine des « séparatistes et terroristes pro-russes ». Réaction en Occident ? Pas mieux. Aucune condamnation officielle de ceux qui ont réalisé cet acte de barbarie. Les médias du mainstream, eux, parlent de « nombreux morts suite aux affrontements entre les partisans de l’unité de l’Ukraine et les activistes pro-russes »… Sans préciser qui sont les victimes et qui sont les bourreaux. De « l’objectivité » dont on est tant habitué. Seul Euronews, en tant que média occidental qui fait un peu plus attention à sa réputation, a confirmé que les personnes brûlées vives à Odessa étaient bien les partisans de la fédéralisation et que leurs bourreaux n’étaient autres que les membres de groupes extrémistes ultra-nationalistes et néonazis.

Encore plus choquantes étaient les réactions au sein des mouvements ultra-nationalistes et des pro-Maïdan en général. « Barbecue du mois de mai », « Traitres ayant mérité une mort lente et douloureuse. La même qui arrivera aux autres traitres », « grande victoire sur les séparatistes qui ont eu ce qu’ils méritaient »… Voici seulement quelques exemples de ces « réactions ». Et qu’en est-il de la « nouvelle » élite politique ukrainienne, notamment de certains « députés » siégeant au parlement ukrainien ? Reprenons leurs citations pour y voir plus clair…

Lesya Orobets, députée du parti Batkivchtchina (parti de la chouchoute occidentale Ioulia Timochenko) à la Rada :
« Cette journée est entrée dans l’histoire. Les Odessites, malgré la trahison de la police locale, ont défendu Odessa et montré à tous qu’Odessa, c’est l’Ukraine. La victoire a été acquise au prix de la vie des patriotes. Les attroupements de doryphores sont anéantis(surnom péjoratif que les néonazis ukrainiens utilisent pour désigner les citoyens russophones et les antifascistes, qui portent le ruban de Saint Georges, à rayures orange et noire, symbole de la Victoire sur les nazis durant la Seconde Guerre mondiale).

Iryna Farion, députée du parti Svoboda (néo-nazi) : 
« Bravo, Odessa, perle de l’Esprit ukrainien. Patrie des grands nationalistes Ivan et Iouri Lip. Que les diables brûlent en enfer. Les meilleurs insurgés, ce sont les supporters de football
(parmi les extrémistes néonazis présents à Odessa, nombreux étaient par ailleurs des « fans » ultras footballistiques). Bravo. 
Tenons bon. Nous surmonterons tout. C’est un défi de l’histoire : se libérer de tous les nids de guêpes de l’anti-ukraïnité. Nous n’avons pas su le faire par la voie de l’évolution, il faut chasser nos esclaves intérieurs par la guerre. Les Ukrainiens sont invincibles. La katsaperie
(katsap est un terme péjoratif désignant les Russes) s’étouffe dans sa propre arrogance. Bravo à nos guerriers. Écrasez-les vite ».

Je rappelle quand même que ces déclarations n’ont pas été prononcées par des skinheads xénophobes marginaux mais bien par des « députés » siégeant au Parlement de « leur » pays. Et côté Union européenne ? Voici la réaction de Piatras Aushtriavichius, vice-président du parlement lituanien, publiée sur sa page Facebook :
« Aujourd’hui, c’est le destin de l’Ukraine qui se décide. Les positions sont reprises, la propagation des doryphores est stoppée. Non sans victimes, mais c’est enfin l’éclaircie. Quel sera le matin à venir, nous verrons, il pourrait être radieux »…

Que dire de ces « commentaires » ? Si ce n’est : sans commentaires…

Autre point qu’il serait important de noter. On se souvient tous de certains « bien-pensants » occidentaux et russes aussi, qui affirmaient à haute voix que lorsque la Crimée a pris ses responsabilités pour se rallier à la Russie, que les populations locales n’étaient « aucunement » menacées par les putschistes de Kiev. Ils avaient le culot, au moment où les néonazis menaçaient ouvertement la Crimée et les régions du Sud-Est, de dire que personne n’était menacé par un génocide, ni par aucun massacre que ce soit. Aujourd’hui, on voit à quel point ils mentaient comme ils ont si bien l’habitude de faire. Un génocide a déjà commencé. Et pas uniquement contre la population russe et russophone d’Ukraine, mais bien contre tous les résistants antifascistes, contre tous ceux qui refusent de se soumettre au diktat fasciste imposé par le pouvoir putschiste et surtout les champions de la déstabilisation internationale : les Etats-Unis d’Amérique.

Pendant ce temps, la résistance ne faiblit pas. Au contraire, elle est plus forte et déterminée que jamais d’en finir avec la nouvelle peste brune ou en d’autres termes : la vermine nazie. La lutte se poursuit activement.

Dernières questions légitimes que l’on devrait se poser. Quand est-ce que les criminels de guerre et les vrais responsables des crimes contre l’humanité répondront devant la justice ? Quand est-ce que les instigateurs du chaos qui règne dans l’ex-Etat ukrainien et partout ailleurs : les Nuland, Ashton, McCain, BHL et autres que l’on voit sourire aux côtés des chefs néonazis ukrainiens, notamment Oleh Tyahnybok (chef du parti néonazi Svoboda), répondront devant la justice internationale ? A quand les mandats d’arrêts de la Cour pénale internationale (CPI) à leur encontre ?

En ce qui concerne la tragédie d’Odessa, considérée comme la nouvelle Khatyn (village biélorusse rasé entièrement par les occupants nazis durant la Seconde Guerre mondiale), nous ne pouvons que transmettre nos sincères condoléances à toutes les familles des victimes, ainsi qu’à tous leurs proches. Que les âmes de tous les martyrs, morts pour la cause juste, en combattant la haine et la vermine nazie, reposent en paix.

Les crimes ne resteront certainement pas impunis. Même les putschistes à Kiev l’avouent de plus en plus. Dernier exemple en date : Tourtchinov, « président » ukrainien (ou plutôt l’un des chefs putschistes pro-occidental), a avoué que la soi-disant « opération anti-terroriste » se déroulant dans les régions insoumises est très compliquée en raison du soutien des populations locales aux « séparatistes et terroristes pro-russes » (noms donnés aux résistants antifascistes). Effectivement et vraisemblablement la nouvelle défaite du fascisme est proche !

http://french.ruvr.ru/2014_05_06/Les-autorites-putschistes-de-Kiev-et-les-instigateurs-du-chaos-global-des-criminels-de-guerre-2609/

Mikhail Gamandiy-Egorov

 

Ukraine/Accord de Genève : mensonges et hypocrisie occidentale

Ukraine/Accord de Genève : mensonges et hypocrisie occidentale

L’histoire se répète une fois de plus. Laquelle ? Celle qui confirme qu’on ne peut aucunement faire confiance aux élites politiques occidentales, surtout lorsque cela concerne l’élite étasunienne.

On a beaucoup parlé de l’Accord de Genève qui faisait la une depuis la semaine dernière et ces derniers jours. Cet accord prévoyait entre autres le désarmement de tous les groupes paramilitaires illégaux et l’évacuation des bâtiments occupés par ces groupes, et ce dans toutes les villes ukrainiennes.

Dès la signature dudit accord, l’Occident politique et leurs acolytes putschistes à Kiev ont immédiatement réclamé le désarmement des unités d’autodéfense des régions du Sud-Est, en oubliant par la même occasion la nécessité (d’abord) de désarmer leurs groupes extrémistes (à Kiev et dans l’Ouest du pays), par qui tous les problèmes sont arrivés.

En effet et mis à part le fait d’être une création pure et simple des élites étasuniennes, le chaos qui prédomine aujourd’hui sur le territoire ukrainien est dû à la présence de ces groupes extrémistes armés, ouvertement néo-nazis et ultra-nationalistes, formés et contrôlés par la CIA & Co. Aussi bien à Kiev que dans l’Ouest du pays. A la demande légitime de les désarmer, en conformité totale avec l’Accord signé à Genève, les pseudo-autorités kiéviennes ont répliqué que le désarmement ne les concernait pas et que le Maïdan continuerait à être contrôlé par ces groupes.

Très originale comme approche, comme toute la politique occidentale d’ailleurs. Ces groupes armés qui menacent ouvertement (comme ils l’ont fait pour la Crimée) les régions du Sud-Est, qui constituent le noyau dur « sécuritaire » du pouvoir putschiste en place et qui ne cachent guère leur haine pour leurs « compatriotes » à l’Est et au Sud du pays, garderont donc les armes. Et les unités d’autodéfense des régions insoumises ouvertement menacées doivent-elles les déposer ? Au moment où les menaces envers les civils de ces régions affluent quotidiennement ?

On sait que la politique étasunienne et plus généralement occidentale est souvent sans logique véritable (surtout lorsque leurs plans malsains ne se sont pas déroulés comme prévu). On connait également leur « professionnalisme » consistant à semer le chaos partout où ils peuvent, y compris en s’alliant avec des extrémistes et des terroristes. Mais n’ont-ils pas compris encore que la Russie ne se laissera pas faire ? Si tel est le cas, leur chute ne fera que s’accélérer.

Pour revenir à ces groupes extrémistes, on peut comprendre aussi pourquoi leur désarmement pose autant problème, aussi bien à Kiev qu’en Occident. Constituant le noyau dur du putsch de Maïdan et occupant les postes clés dans le domaine sécuritaire actuel, à l’heure où de plus en plus de représentants ukrainiens des forces armées et services spéciaux refusent d’appliquer les ordres criminels du nouveau pouvoir, voire passent ouvertement du côté des manifestants du Sud-Est, les groupes néo-nazis ukrainiens assurent, eux, la mainmise sur le pouvoir, ne serait-ce que pour le moment…

Pour revenir aux USA, les politiciens étasuniens ne savent vraiment plus comment stopper leur maladresse évidente, notamment en reprenant le refrain menaçant. « La Russie paiera le prix fort si elle poursuit sa politique actuelle à l’égard de l’Ukraine »,a déclaré jeudi soir à Washington le secrétaire d’Etat John Kerry. Ne serait-il pas plus juste de dire que les USA paieront eux le prix fort s’ils poursuivent leur sale politique à l’égard de l’Ukraine, de la Syrie, du Venezuela et du monde entier ?

La porte-parole du Département d’Etat étasunien, Jen Psaki, tourne elle une fois de plus complètement au ridicule. A la question d’un journaliste américain si elle et surtout ses chefs disposaient de preuves et d’éléments concrets qui confirmeraient qu’il y a bel et bien l’intervention de la Russie dans les événements en Ukraine ou si tout n’était basé que sur ce que disent leurs « amis » à Kiev, elle a répondu : « Nous sommes entièrement sûrs de notre version des faits »…C’est vrai qu’en connaissant « l’exceptionnalisme » étasunien et de leur droit à « disposer de la vie des autres peuples » en leur apportant « la démocratie version US » (ou en d’autres termes le chaos, la destruction et la mort), ce genre de déclaration n’est nullement surprenante.

Le ministre russe des Affaire étrangères, Sergueï Lavrov, a de son côté déclaré que la Russie fait tout son possible pour obtenir une désescalade du conflit en Ukraine, tout en réitérant la nécessité urgente de respecter en intégralité l’accord qui a été signé la semaine dernière à Genève. Il a également rappelé la responsabilité des pays occidentaux à faire respecter les clauses de l’accord et non pas, comme c’est le cas actuellement, à attiser la tension en donnant le feu vert aux putschistes de Kiev d’utiliser la force armée contre leur propre peuple. Il a rappelé une fois encore que l’accord signé en Suisse prévoit le désarmement de tous les groupuscules clandestins sans exception, y compris ceux de l’extrême-droite ukrainienne.

Aujourd’hui et on le voit bien, tout n’était qu’une ruse supplémentaire de la part de nos pseudo-« partenaires » occidentaux. Pensant qu’ils sont les plus intelligents, ils espéraient voir le désarmement des unités d’autodéfense des régions du Sud-Est, pour permettre à leurs marionnettes extrémistes de massacrer les civils désarmés qui refusent de reconnaitre la junte putschiste de Kiev. Réalisant une fois de plus que leur « plan » n’a pas marché, ils reprennent la rhétorique des menaces à laquelle nous sommes déjà habitués.

Pendant ce temps, la résistance antifasciste des régions du Sud-Est ne faiblit aucunement mais au contraire ne fait que se renforcer. Et cela est très visible lorsqu’on voit le soutien populaire des habitants de ces régions, qui ont montré ouvertement de quel côté ils se trouvaient. Même certains principaux médias occidentaux finissent par l’avouer. Comme l’a bien dit Lavrov aujourd’hui durant la conférence de presse qui a suivi le Forum des jeunes diplomates de la CEI, « Il est grand temps pour l’Occident de comprendre qu’il n’a pas le monopole de la vérité. A l’heure d’aujourd’hui, il n’est plus possible de cacher la vérité ».

Au vu des dernières déclarations, les putschistes de Kiev via leurs soutiens externes, eux, comptent reprendre leurs actions pour le contrôle des régions insoumises par la force armée et la violence. La Russie, elle, observe pour l’instant tout en espérant que les fous de la guerre se garderont de dépasser la ligne rouge une fois de plus. A notre niveau, il est aujourd’hui plus clair que jamais qu’il est tout simplement impossible d’avoir ne serait-ce qu’un minimum de confiance envers l’élite politique occidentale. Toutes les mesures nécessaires seront prises en conséquence. Enough is enough !

http://french.ruvr.ru/news/2014_04_27/Ukraine-Accord-de-Geneve-mensonges-et-hypocrisie-occidentale-0029/

Mikhail Gamandiy-Egorov