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Les efforts sino-russo-iraniens dans le dossier afghan

Le retrait occidental d’Afghanistan, au-delà d’être un aveu d’un échec cuisant, représente sans le moindre doute un défi sécuritaire de premier plan pour les pays régionaux. A ce niveau, il est important de se focaliser sur les actions entreprises par la Russie, la Chine et l’Iran dans ce dossier.

Le 31 août prochain devra s’achever le retrait étasunien et des forces affiliées d’Afghanistan. Le tout après vingt années de présence. Cette réalité, au-delà de représenter un échec évident pour les USA et sa coalition occidentale, touche directement à plusieurs autres aspects. Premièrement, qu’adviendra-t-il désormais de l’Afghanistan ? Sachant que le mouvement des talibans, contrôlant déjà une large partie du pays durant la présence occidentale, est désormais tout simplement à l’offensive dans le but de prendre sous contrôle tout le pays. A ce titre, les talibans déclarent déjà contrôler 85% du territoire.

Sur ce point, l’heure est tout simplement à la déroute pour les forces de Kaboul, qui se rendent ou fuient les combats face à l’avancée des talibans. Grand nombre d’entre eux, se sont déjà réfugiés au Tadjikistan, pays ex-soviétique d’Asie centrale, qui a accepté d’accueillir sur son sol les militaires afghans sur une base humanitaire. D’autres supplient leurs alliés étasuniens de les faire évacuer d’Afghanistan avec leurs familles. En ce sens et de façon réaliste, très peu d’entre eux obtiendront cette «faveur» occidentale. Tout laisse à supposer que les talibans prendront, à un moment ou un autre, le pouvoir, et domineront de nouveau la vie politique du pays.

Deuxièmement, et compte tenu de cette probable éventualité, quel impact cela aura sur la sécurité des pays voisins de l’Afghanistan, notamment d’Asie centrale – pour la plupart alliés de la Russie, et faisant partie de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), ainsi que de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). A ce titre, le Tadjikistan a déjà mobilisé près de 20 000 militaires dans le but de protéger sa frontière avec l’Afghanistan. Et a également sollicité l’aide de son allié russe, ainsi que de l’OTSC, dans le cas d’une détérioration de la situation. Un soutien confirmé du côté de Moscou.

Il est évident qu’avoir à ses frontières un régime d’obédience obscurantiste représente un défi de poids pour l’Asie centrale, mais aussi pour la Russie, la Chine et l’Iran. D’autant plus qu’au-delà des talibans, qui pour le moment jurent de n’être intéressés que par les affaires intérieures de leur pays, l’Afghanistan est devenu un terrain propice pour les éléments de Daech – sans que là aussi la coalition washingtonienne ne puisse faire quoi que ce soit. Ou peut-être faudrait-il dire ne souhaitant faire quoi que ce soit. Il est donc primordial pour les puissances eurasiennes et leurs alliés de prendre tout le dispositif sécuritaire nécessaire. Ce processus suit actuellement son cours.

Troisièmement, et pour parler plus précisément des actions entreprises par la Chine, la Russie et l’Iran, il faut noter que les trois pays travaillent activement sur les mécanismes permettant de maintenir la situation sous contrôle au niveau régional. Et jusqu’à maintenant avec efficacité.

Le 7 juillet dernier, l’Iran, à travers l’implication du chef de sa diplomatie Mohammad Javad Zarif, avait accueilli une rencontre inter-afghane entre des représentants du gouvernement de Kaboul et les talibans. Du côté chinois, le ministre des Affaires étrangères, Wang Yi, visitera cette semaine trois pays d’Asie centrale: le Turkménistan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan – tous des voisins proches de l’Afghanistan.

Selon des analystes chinois, cette visite fournira une plateforme à la Chine et aux trois pays concernés dans le but de coopérer en matière de sécurité régionale. Pékin se dit également prêt à accorder un soutien financier et technique aux pays confrontés à des défis sécuritaires dans leurs zones frontalières.

En ce qui concerne la Russie, qui partage faut-il le rappeler encore, des relations fortes et d’alliance avec les nations d’Asie centrale, elle reste très attentive à la situation sur le terrain. Une délégation des talibans était tout récemment en visite à Moscou. Ladite délégation, reçue au ministère russe des Affaires étrangères, a fait mention de plusieurs points importants: ne pas concevoir à menacer la sécurité des Etats voisins, lutter contre les éléments de Daech sur le sol afghan et à combattre le narcotrafic. Un narcotrafic ayant explosé durant la présence étasunienne en Afghanistan, avec tout ce que cela implique.

Reste à savoir si les talibans tiendront leurs promesses. D’un certain côté – cela va dans le sens de leurs propres intérêts car du côté russe il y a une ligne rouge à ne pas franchir – celle qui concerne la sécurité de ses alliés d’Asie centrale. Et en cas de nécessité, la Russie n’hésitera pas à utiliser la force si la sécurité de ses alliés se trouvera menacée. Les talibans le comprennent parfaitement.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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OCS: le leader chinois mise sur la diplomatie populaire

Le président chinois Xi Jinping souhaite promouvoir la diplomatie non-gouvernementale au sein de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), mettant un accent particulier sur les échanges entre les personnes appartenant aux nations composant la grande structure internationale eurasienne.

Le Forum de l’amitié non-gouvernementale de l’OCS a débuté il y a quelques jours, à Wuhan, sur le thème de la promotion de l’amitié entre les peuples et de la poursuite de l’esprit de Shanghai. A ce titre, le président chinois Xi Jinping avait transmis une lettre de félicitations aux participants dudit événement, comme le rapporte l’agence de presse Xinhua.

«J’ai proposé l’initiative d’organiser un forum de l’amitié non-gouvernementale de l’OCS en novembre dernier, laquelle a reçu une réponse enthousiaste et le soutien de tous les Etats membres de l’Organisation de coopération de Shanghai», a déclaré Xi Jinping. Il s’est dit confiant sur le fait que le forum deviendrait une plate-forme importante permettant à toutes les parties d’améliorer la compréhension mutuelle, d’approfondir l’amitié et de renforcer la coopération.

Le leader chinois a également insisté sur la nécessité de profiter des avantages de la diplomatie non-gouvernementale et d’élargir les canaux d’échanges entre les personnes afin de contribuer au développement de l’OCS.

En termes de perspectives, l’initiative du président chinois est très certainement à saluer car dans le cadre de la grande intégration eurasienne, devenue par ailleurs l’un des principaux centres du concept multipolaire mondial, l’interaction encore plus active des peuples concernés représente sans le moindre doute la condition nécessaire pour un plus grand renforcement de la multipolarité, ainsi qu’une réponse de poids aux défis existants.

En effet et en dehors du cadre purement politique, les peuples d’Eurasie restent liés par une grande similitude d’intérêts. C’est d’ailleurs ce qui traduit la facilité avec laquelle se déroule cette intégration, qui au-delà des décisions politico-économiques, reste à l’écoute des aspirations humaines du grand espace eurasien. Cette réalité est d’ailleurs propre aussi bien à l’Organisation de coopération de Shanghai qu’à l’Union économique eurasiatique (UEEA).

Les exemples ne manquent pas. Observateur Continental avait à ce titre relayé le sondage réalisé l’année dernière en Ouzbékistan, où les ¾ des citoyens ouzbèks déclaraient soutenir l’intégration de leur pays au sein de l’Union économique eurasiatique. Parmi les partisans à cette intégration – aussi bien les jeunes n’ayant pas connu la période soviétique, que les moins jeunes.

Et c’est justement là que l’on arrive à la justesse de l’initiative du leader chinois. Les grands processus en Eurasie se doivent de renforcer les liens entre les peuples appartenant audit espace, mais également rester à l’écoute de leurs aspirations. Le tout au moment où l’interaction eurasienne dans les volets politique, économique, sécuritaire et culturel, entre autres, a atteint un niveau probablement le plus élevé dans l’histoire contemporaine. Et peut-être même dans toute l’histoire de l’Eurasie.

En ce sens, la diplomatie populaire eurasienne répond effectivement à de nombreuses problématiques. Mais plus que cela encore – elle contribue à ne pas répéter les erreurs du passé, à compléter les décisions inter-gouvernementales par une solidarité humaine – et vice-versa, et barrer la route aux tentatives de déstabilisation extérieure.

A titre d’exemple, au début des années 1990, la grande majorité des citoyens de l’URSS refusaient l’idée de la dislocation. Leur voix n’a pour autant pas été entendue – avec toutes les conséquences que l’on connait. Aussi bien sur le plan intérieur pour les peuples concernés, que sur le volet extérieur avec l’apparition de l’ordre unipolaire ayant apporté d’innombrables souffrances et injustices à la planète toute entière.

Depuis les dernières années – cette page est fort heureusement tournée. D’où l’importance de l’initiative chinoise d’accompagner fermement les alliances géopolitiques par l’interaction humaine des peuples.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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