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«Chine-Russie, l’axe autour duquel s’opère le basculement du monde»

«Chine-Russie, l’axe autour duquel s’opère le basculement du monde»

L’année 2017 s’achève. Une année riche en bouleversements, marquée par une opposition toujours plus nette entre pays partisans de la multipolarité et fervents opposants à cette nouvelle réalité. Retour sur les principaux événements de l’année et projections pour 2018 avec Bruno Guigue, spécialiste en relations internationales.

Ex-haut fonctionnaire, Bruno Guigue est un analyste politique français, enseignant en relations internationales à l’Université de La Réunion et chroniqueur en politique internationale. Il dresse pour Sputnik un bilan géopolitique de l’année 2017 et trace des perspectives pour 2018.

Sputnik: Commençons par la Syrie, qui a été à la Une de l’actualité depuis plusieurs années. Fait certainement majeur dans la guerre qui a été imposée à ce pays: l’anéantissement de Daech par les forces gouvernementales soutenues par ses alliés, en premier lieu la Russie. Quelle leçon en tirer? À travers ces événements, quel avenir pour la République arabe syrienne, mais aussi pour cette région, peut-on entrevoir, selon vous?

Bruno Guigue: L’impérialisme voulait détruire la Syrie, et il a échoué. Il voulait dépecer le territoire national, mais ce territoire est repris, village après village. L’armée est restée fidèle au gouvernement légal, elle s’est battue avec ténacité pour restaurer la souveraineté nationale. Il faut le dire: comme le Hezbollah face à Israël, l’armée syrienne a sauvé l’honneur du monde arabe face à la coalition impérialiste. Elle a payé le prix fort, mais elle a tenu bon. La solidité de son armée est un signe rassurant pour l’avenir du pays.

Les tentatives de subversion ont été balayées, il faut maintenant couper court aux tentatives de démembrement du pays. Washington a joué à la fois la carte terroriste et la carte kurde. Avec la liquidation de Daech, les «néocons» ont perdu leur principal atout. Mais les Kurdes ne sont pas des ennemis de la Syrie, et ils trouveront un compromis avec Damas. Quant aux dernières poches «rebelles», elles finiront par céder. La Syrie va renaître sur des bases nouvelles, et elle restera un État souverain et unitaire. Le coût de la reconstruction du pays est estimé à 250 milliards de dollars, et les Chinois ont déjà annoncé leur participation à cette vaste entreprise.

Sputnik: Au vu de ces changements majeurs dont nous avons été tous témoins, quel sera le nouveau rôle de la Russie au Moyen-Orient?

Bruno Guigue: Sans la Russie, jamais les Syriens n’auraient pu entrevoir le bout du tunnel. Avec 5.000 soldats et 70 avions, Moscou a fait basculer le rapport de forces militaires. Rares sont les victoires qui conjuguent rapidité d’exécution, économie de moyens et coopération optimale avec les alliés. La Russie a accompli ce tour de force. En septembre 2015, les médias occidentaux évoquaient avec gourmandise le spectre du «bourbier afghan». Ces oiseaux de mauvais augure en sont pour leurs frais. Deux ans plus tard, l’affaire est pliée. La guerre n’est pas terminée, mais Daech a rendu l’âme et la Syrie est sauvée du désastre.

Les Russes, en outre, ont accumulé les succès sur le plan politique. Les pourparlers sur l’avenir de la Syrie ont commencé à Astana, capitale d’un pays allié de la Russie, le Kazakhstan. Ils se prolongent à Sotchi, sur le littoral russe de la mer Noire. Avec une habileté consommée, Moscou a déplacé l’axe des négociations internationales. En endossant la responsabilité de la résolution de la crise syrienne, la Russie a pris des risques. Aujourd’hui, elle s’en sort avec les honneurs. Les USA, eux, sont condamnés à faire tapisserie, et leur influence se réduit plus que jamais à leur capacité de nuisance.

Sputnik: En tenant compte de ce nouveau rôle confié de plus en plus à la Russie, au Moyen-Orient comme ailleurs, que vont entreprendre les USA? On pense notamment à la récente décision de l’administration Trump de confirmer le transfert de l’ambassade étasunienne de Tel-Aviv à Jérusalem —une décision largement condamnée par plusieurs capitales régionales, dont Damas, Téhéran ou encore Ankara.

Bruno Guigue: La Russie se bat pour un monde multipolaire, tandis que les USA ont la nostalgie d’une hégémonie perdue. Les rodomontades de Donald Trump traduisent le déclin d’une puissance condamnée à passer la main. C’est le chant du cygne d’une domination qui s’effondre comme un château de cartes. Alliée fidèle depuis un demi-siècle, la Turquie se rebiffe. Washington n’a pu empêcher la discorde entre Riyad et Doha. Les diatribes contre l’Iran font du bruit, mais elles sont sans effet. La Corée du Nord défie les États-Unis, et Washington menace dans le vide. En fait, Donald Trump aboie, mais il ne mord pas. Il confond l’emphase verbale et le rapport de forces.

La reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël est symptomatique. Cette décision est sans intérêt pour les USA. Elle mécontente ses alliés arabes et musulmans. Elle montre que Washington, au Proche-Orient, ne fait pas partie de la solution, mais du problème. Mais peu importe. Trump en a fait la promesse à Netanyahou en septembre 2016 pour compenser son désavantage face à Hillary Clinton. En un sens, c’est plus clair. Cette allégeance à l’État-colon rappelle à ceux qui l’auraient oublié que le lobby pro-israélien détermine la politique étrangère des États-Unis.

Sputnik: L’année 2017 a été aussi celle de la poursuite de la montée en puissance de la Chine, à tous les niveaux. Puissance économique, politique, diplomatique et militaire mondiale de premier rang, Pékin a désormais son mot à dire sur pratiquement toutes les questions internationales. L’année 2018 confirmera-t-elle cette dynamique? Et en quoi les rapports privilégiés et des positions souvent similaires, ou du moins proches, entre Pékin et Moscou pourront-ils continuer à renforcer la réalité multipolaire du monde?

Bruno Guigue: Si les médias occidentaux ne s’intéressent pas à la Chine, c’est pour une raison très simple. S’ils le faisaient, il leur faudrait expliquer comment un État souverain se réclamant du marxisme, en 30 ans, a multiplié son PIB/hab. par 17 et extrait 700 millions de personnes de la pauvreté. La Chine change à un rythme déconcertant. Un pays qui assure 30% de la croissance mondiale et dont on juge que sa croissance «fléchit» lorsqu’elle est à 6,5% mérite le détour. On peut ironiser sur un communisme qui fait la part belle au capitalisme, mais les Chinois se moquent des catégories dans lesquelles l’Occident désigne leur réalité.

Les Russes, eux, ont compris depuis longtemps l’intérêt stratégique du rapprochement entre les deux pays. L’alliance russo-chinoise n’est pas seulement une affaire de gaz et de pétrole. C’est l’axe autour duquel s’opère le basculement du monde. L’hinterland stratégique prend sa revanche sur les puissances maritimes. C’est comme un déplacement de plaques tectoniques, les phénomènes s’enchaînent insensiblement. Le projet chinois de «Route de la soie» transasiatique donnera corps au projet eurasien de la Russie. Dans ce vaste mouvement vers l’Est, Moscou et Pékin ont une vision commune, et ils peuvent entraîner avec eux une grande partie de l’Asie.

Sputnik: En ce XXIe siècle, on continue d’observer des rapports entre certains États que l’on peut caractériser par une relation de vassal à suzerain. Plusieurs pays africains, par exemple, n’ont toujours pas de politiques nationale et internationale indépendantes, se trouvant sous le contrôle de certaines puissances occidentales, dont européennes.

Bruno Guigue: Ce qui est frappant, en Afrique, c’est le maintien de structures héritées de la colonisation dans les pays francophones. Les pays du Sahel sont à la fois les pays les plus pauvres de la planète et ceux où la présence militaire française n’a jamais été aussi forte depuis les indépendances. On va finir par se demander s’il n’y a pas une relation de cause à effet! Quelle est la crédibilité d’un État africain qui compte sur l’ancienne puissance coloniale pour assurer sa sécurité? Que signifie cette lutte contre le terrorisme menée par la France au Sahel, alors qu’elle a offert un arsenal aux terroristes en détruisant l’État libyen en 2011?

Le système monétaire du franc CFA est tout aussi aberrant. En arrimant la monnaie des pays-membres à l’euro, il leur impose une parité qui entrave le développement. Lorsqu’il fustigeait la dette, Thomas Sankara posait la question de la souveraineté économique de l’Afrique. Il faisait le procès d’un néocolonialisme qui continue de sévir aujourd’hui. Nous venons de commémorer le 40e anniversaire de son assassinat, et son message demeure d’une brûlante actualité.

Sputnik: Aujourd’hui, la notion de souveraineté est de plus en plus présente dans les discours aux quatre coins du monde. Selon vous l’année 2018 sera-t-elle l’année où la souveraineté continuera à remporter des victoires face au néocolonialisme?

Bruno Guigue: Le combat de la souveraineté contre l’impérialisme est un combat multiséculaire. C’est le combat des peuples contre ceux qui veulent les dominer, les exploiter, voire les anéantir. Il a connu trois périodes. La première est marquée par les conquêtes coloniales. Elles ont suscité des résistances farouches, comme celle de l’émir Abd-El-Kader en Algérie. La seconde période est celle de la décolonisation de l’Asie et de l’Afrique, dont la conférence de Bandoeng (1955) est le symbole. Enfin, nous sommes entrés dans la troisième période depuis les indépendances. Il s’agit d’une lutte sur plusieurs fronts.

Pour les pays du sud, c’est le contrôle de l’accès aux ressources naturelles et aux technologies modernes qui est prioritaire. Mais pour y parvenir, il leur faudra desserrer la double étreinte des marchés mondiaux et des institutions financières internationales. Pour maîtriser leur développement, ces États devront d’abord restaurer leur souveraineté, préalable de toute politique progressiste. Contre un économisme dogmatique, il faut réaffirmer la primauté du politique. L’abandon aux mécanismes aveugles de la mondialisation libérale a fait son temps. La poigne d’un État souverain vaudra toujours mieux, pour le développement, que la main invisible du marché.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201712201034413515-chine-russie-annee-2017-bilan/

Mikhail Gamandiy-Egorov

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De quel droit les élites occidentales s’autoproclament «communauté internationale»?

De quel droit les élites occidentales s’autoproclament «communauté internationale»?

Fait assez incroyable et pourtant si l’on suit les nombreuses sorties en rapport avec l’actualité internationale, y compris syrienne, aussi bien des élites politiques comme médiatiques de l’Occident, on les entend constamment parler d’eux-mêmes à titre de « communauté internationale »… On se demande sur quelle base ?

En effet à chaque fois qu’il est question de tenter de réaffirmer le diktat occidental s’approchant de sa fin irrémédiable, les dirigeants à Washington, Londres ou Paris ressortent la, ou plutôt leur, notion de communauté dite internationale. Vraisemblablement les habitudes coloniales ont vraiment du mal à disparaitre.

On se pose donc à juste titre la question afin de savoir et de comprendre sur quelle base les élites politiques et médiatiques de l’Occident parlent d’eux-mêmes à ce titre ? Qui les a autoproclamé (si ce n’est eux-mêmes) à se prendre pour la communauté internationale ? Le fait qu’ils représentent d’une certaine manière la communauté occidentale, certes. Tout en sachant quand même que de plus en plus de citoyens des pays occidentaux sont loin d’approuver la politique de leurs « représentants ». La France en est d’ailleurs un cas très représentatif. Mais même à titre de communauté occidental et dans le cadre de l’humanité toute entière, cela ne représente qu’une infime partie de la véritable communauté internationale, de la véritable communauté mondiale.

De quel droit une assemblée très réduite de personnes se prend pour l’unique pouvoir décisionnel au niveau planétaire ? Comme si la Russie, la Chine, l’Inde, l’Iran, les pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine n’existaient pas. Il serait bon de rappeler que le monde occidental dans sa définition la plus juste (Europe de l’Ouest, Amérique du Nord, Australie et Nouvelle-Zélande) représente environ 950 millions d’habitants, donc moins d’un milliard. Au moment où la population mondiale tourne aujourd’hui à 7,43 milliards d’habitants (chiffres au premier juillet 2016, selon l’ONU). Donc un peu plus de 10 % de la population terrestre, tout en sachant encore une fois que les populations occidentales sont aujourd’hui bien loin de suivre les actions de leurs gouvernements respectifs, serait la « communauté internationale » ? Incroyable…

Il faudrait quand même aussi rappeler que c’est justement la communauté non-occidentale qui représente aujourd’hui plus des ¾ de l’humanité et qui pèse de plus en plus sur le plan économique, politique, diplomatique, militaire et même culturel. Au moment où au contraire l’influence unipolaire occidentale diminue à grands pas. Il suffit d’ailleurs de prendre l’exemple d’organisations telles que l’OCS ou les BRICS pour comprendre une évidence simple : l’Occident politique ne peut plus dominer. Plus que cela, les actions du bloc non-occidental sont aujourd’hui de plus en plus soudées. Il suffit pour cela d’observer la coordination de la Russie et de la Chine sur plusieurs niveaux, allant des manœuvres militaires conjointes jusqu’à la coordination diplomatique sur nombreuses questions de l’actualité, de la Syrie jusqu’au Burundi. Tout en rappelant aussi qu’ils sont deux des cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU.

En parlant d’ailleurs de ce Conseil de sécurité onusien, la Russie et la Chine sont justement ouverts à l’élargissement pour d’autres pays de ce conseil jusqu’ici très fermé. Pourquoi ? Car ni la Russie, ni la Chine, n’ont peur de voir leur influence se réduire dans le cadre du monde multipolaire, tout au contraire des dirigeants occidentaux.

Les élites occidentales sont-elles donc si aveugles ? Aucunement. Mais l’héritage colonial de ces élites est tellement ancrée, qu’il leur est jusqu’à maintenant toujours impossible de se débarrasser une bonne pour toute de cette maladie. Car il s’agit bien de maladie. Et comme toute maladie, elle se soigne. Donc de la même manière que l’on soigne les personnes souffrantes, nous (la vraie communauté internationale), soignerons ensemble les prétendues élites de l’Occident. Le monde multipolaire, dans lequel d’ailleurs l’Occident aura toujours sa place, gagne du terrain chaque jour qui passe. L’unipolarité s’éloigne comme un mauvais rêve ayant duré un peu longtemps. Près de vingt ans pour être exact. Et l’hystérie collective des élites de l’Occident n’y changera rien.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201610141028197609-elites-occidentales-communaute-internationale-droit/

https://fr.sputniknews.com/authors/mikhail_gamandiy_egorov/

Bientôt une légion étrangère russe ?

Bientôt une légion étrangère russe ?

Une proposition forte intéressante est venue au gouvernement russe de la part de la Fédération des migrants de Russie : celle de permettre aux migrants de différentes nationalités, vivant et travaillant en Russie, de pouvoir servir dans les rangs des forces armées russes. Cette initiative lancée par l’une des principales ONG russe qui assiste les migrants en Russie et qui regroupe des représentants de diasporas de plus de 40 pays, permet d’entrevoir effectivement des perspectives très intéressantes.

Selon le communiqué officiel transmis via son président, Muhammad Amin Madjoumder (originaire du Bangladesh), « Les migrants vivant et travaillant en Russie, dont les ressortissants des ex-républiques soviétiques, ne désirent pas rester les bras croisés au moment où les pays occidentaux font injustement pression sur la Russie et toute la communauté internationale. A cet effet, la Fédération des migrants de Russie demande officiellement aux autorités russes de permettre aux migrants de différentes nationalités se trouvant sur le territoire de la Russie, de servir dans les forces armées de la Fédération de Russie, ainsi que de pouvoir défendre les intérêts russes. Notre unité avec les citoyens de la Russie se renforce chaque jour qui passe. La Russie a toujours été un pays multiethnique et multiconfessionnel. Les personnes ayant servi dans l’armée russe tout au long de son histoire étaient eux aussi d’origines très variées ».

Les migrants se disent également inquiets des tentatives de l’Occident visant à poursuivre ses actions de domination du monde. La proposition n’est pas vraiment nouvelle. Il y avait eu précédemment des propositions en ce sens, notamment la possibilité de créer une légion étrangère slave. Cette dernière initiative, elle, élargit beaucoup plus la composition éventuelle d’une telle légion.

Il est à rappeler que la Russie est classée deuxième pays au monde (derrière les USA) pour le nombre de migrants étrangers (11 millions de personnes au total), la principale ville d’accueil étant Moscou. La majorité de ces migrants sont originaires des pays issus de l’ex-Union soviétique, notamment des pays d’Asie centrale (Tadjikistan, Kirghizistan, Ouzbékistan), d’Europe orientale (Ukraine et Moldavie principalement) et de Transcaucasie (Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie). Depuis 2000, d’autres diasporas ont vu leur nombre considérablement augmenter, notamment de ce qui est appelé en Russie « l’étranger lointain ». Plusieurs raisons à cela, dont principalement et bien évidemment la croissance économique et les opportunités sur le marché du travail russe.

Parmi ces diasporas, on retrouve aussi bien les représentants du continent asiatique (Chinois et Vietnamiens principalement), et de plus en plus de ressortissants d’Afrique, d’Europe occidentale, d’Amérique latine et nordique. L’idée donc d’avoir une légion étrangère russe, composée de personnes souhaitant professionnellement servir dans les forces armées de la Russie est tout à fait légitime et d’actualité. Pas seulement au vu des derniers événements de l’actualité internationale, ni en raison du fait de compter un nombre si important de citoyens étrangers sur le sol russe, mais également pour la simple et bonne raison que si cela rejoint la volonté de représentants des différentes communautés étrangères vivant en Russie, il serait probablement erroné de ne pas y réagir positivement.

Nous suivrons cette initiative. D’autant plus qu’elle provient d’une organisation importante, dirigée par une personnalité engagée sur bon nombre de questions d’ordre social importantes. En effet, Muhammad Amin Madjoumder est une personnalité reconnue dans le domaine de la lutte contre toute forme de racisme et de xénophobie. Il a également lutté avec succès contre les différents groupes extrémistes ayant opéré en Russie. Il est par ailleurs souvent l’invité de différentes discussions et débats télévisés russes où il s’exprime sur différentes questions nationales. Enfin, c’est quelqu’un qui aime sincèrement et véritablement la Russie, son pays d’accueil et où il a parfaitement réussi. Tout cela fait que cette proposition est à considérer avec la plus grande attention.

http://french.ruvr.ru/2014_04_14/Bientot-une-legion-etrangere-russe-0747/

Mikhail Gamandiy-Egorov