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Attaques aériennes: quand Israël se casse les dents sur l’os syrien

Un soldat israélien

Israël vient de voir sa supériorité aérienne au Proche-Orient sérieusement écorné. Damas, après avoir éliminé la menace terroriste, ne laisse plus sans réponse les agressions israéliennes et vient d’enregistrer un premier succès en la matière. La fin de l’impunité aérienne de Tel-Aviv est lourde de conséquences pour la région.

L’interception par la chasse syrienne de plusieurs missiles sol-sol israéliens est révélatrice des changements radicaux de rapports de force au Proche et au Moyen-Orient. Cette évolution militaire est en effet sous-tendue par des glissements des lignes de force géostratégiques, ce dont ne se plaindront pas les partisans de la multipolarité.

Pour aborder ce dernier point, relevons tout d’abord une hystérie de plus en plus évidente des dirigeants israéliens. Netanyahou, constatant l’échec de son scénario idéal, à savoir le pourrissement indéfini du conflit syrien, lance des menaces quasi-quotidiennes à Damas et à ses alliés, dont Téhéran. Des menaces parfois suivies de moments de silence, tant la nouvelle réalité semble frapper les responsables de l’État hébreu.

En effet, depuis quelques jours, Israël hausse le ton en affirmant «qu’il ne tolérera pas une quelconque présence iranienne en Syrie». Il oublie par là que la Syrie n’est pas une colonie israélienne, à l’instar de celles dont il dispose pour le moment encore en territoire palestinien. Il néglige aussi le fait que la République syrienne, en qualité d’État souverain, n’a aucunement à valider avec des tiers, qu’ils soient israéliens, américains ou européens, la présence sur son sol de forces alliées russes, iraniennes, ou du Hezbollah libanais.

Tel-Aviv semble de plus surpris que non seulement la Syrie a vaincu les dizaines de milliers de terroristes qui opéraient sur son sol depuis plusieurs années, grâce à l’aide décisive de la Russie et qu’elle ait déjà lancé de vastes chantiers de reconstruction à l’échelle nationale, mais aussi que Damas impose une nouvelle donne en matière de défense de son espace aérien.

Faut-il le rappeler que tout au long de la guerre menée par la Syrie et ses alliés contre le terrorisme international, l’aviation de l’Etat sioniste a mené plusieurs raids contre les positions de l’armée syrienne, sans jamais toucher un quelconque groupe terroriste, y compris Daech ou Al-Qaida? Damas n’a d’ailleurs pas manqué de pointer du doigt la complicité entre Tel-Aviv et lesdits groupes terroristes.

Mais au delà de ces condamnations, force est de constater que la Syrie ne fut en général pas en mesure de défendre convenablement son territoire des frappes israéliennes. De fait, l’armée syrienne était avant tout mobilisée par la lutte antiterroriste et, de l’aveu même du président Assad, plusieurs systèmes de défense aérienne avaient été détruits par les terroristes au début du conflit.

Certaines mauvaises langues n’hésitaient d’ailleurs pas à mettre en doute la capacité de la Russie, alliée de Damas, à faire face à ces attaques aériennes d’Israël, qui passent le plus souvent par l’espace aérien libanais. Seule action visible de Moscou, avoir convoqué l’ambassadeur israélien pour lui exprimer des protestations officielles. Personnellement, je suis assez convaincu que si le Kremlin à tenté —en vain- de convaincre Israël de stopper ses actions hostiles contre la Syrie, la principale raison de la «patience» russe était de rester concentré sur l’élimination des terroristes en Syrie. Mission accomplie, puisque les terroristes ont été éliminés à plus de 95%.

Concernant les raids aériens contre Damas, la Russie avait annoncé son intention de renforcer considérablement la DCA syrienne. Certains ont peut-être cru que ce ne serait que des paroles en l’air et Moscou Russie n’a rien fait pour les détromper. Mais les résultats sont là: avec plusieurs missiles israéliens interceptés, la Syrie a démontré qu’elle était en mesure de contrer les attaques israéliennes. CQFD.

La Russie, en bon allié, ne criera certainement pas sur les toits les raisons d’un tel changement dans les capacités antiaériennes de la République arabe. Cela ne rentre pas dans ses habitudes. Un peu comme au moment des victoires décisives à Alep, Palmyre, Homs ou Deir-ez-Zor, où la Russie avait toujours laissé la palme de la victoire au peuple, à l’armée et au gouvernement syrien.

Néanmoins, une chose est sûre: l’État sioniste ne domine plus l’espace aérien de la région. La pilule sera dure à avaler, mais il faudra s’y faire. Et au lieu de s’y casser les dents, Israël ferait mieux de repenser sa politique en direction de la Syrie, de la Palestine et plus généralement de toute la région. Dans le cas contraire, il risque de faire face à des conséquences qui lui seront très certainement préjudiciables.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201712051034191573-israel-syrie-attaques/

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Al-Qaida est-il devenu « fréquentable » pour l’Occident?

Les médias occidentaux (francophones comme anglophones d’ailleurs) sont tout de même étonnants (dans le sens négatif). Leur façon de traiter l’information, ou plutôt de mener la guerre de l’information, atteint des niveaux où la morale et la déontologie n’ont plus aucune signification.

Quoi qu’il en soit, depuis que la Russie est entrée dans une nouvelle phase de lutte contre le terrorisme en Syrie, le mainstream est passé, lui, à un autre niveau de guerre informationnelle. Accuser la Russie de ne pas limiter ses frappes au groupe terroriste Daech, mais de les étendre à « d’autres groupes soutenus par les Etats du Golfe », qu’ils avouent eux-mêmes « être liés à Al-Qaida et à d’autres groupes salafistes » http://news.yahoo.com/russia-says-increase-air-strikes-against-terrorists-syria-143729897.html, voilà le comble du comble.

Cela signifie-t-il que, depuis septembre 2001, tout le matraquage médiatique voulant que l’ennemi N°1 de l’humanité soit le groupe terroriste Al-Qaida, c’était donc du pipeau? Al-Qaida et ses affiliés sont-ils devenus désormais « fréquentables » et même des « alliés » pour certains membres de la communauté internationale? Devrait-on alors réinterpréter complètement les attaques terroristes du 11 septembre 2001, leur revoir leur « signification » ainsi que toute la notion du terrorisme international qui s’est élaborée depuis?

La Russie de son côté a toujours été fidèle à ses principes, y compris ceux liés à la lutte anti-terroriste. Du terrorisme, c’est du terrorisme, peu importe contre qui il est visé. On ne peut pas en dire autant des élites occidentales, aussi bien au niveau politique que médiatique. A une époque, les Talibans étaient des « freedom fighters » (lorsqu’ils combattaient les troupes soviétiques) pour devenir par la suite « des extrémistes du Moyen-Age » à éliminer à tout prix.

Al-Qaida était devenu, depuis l’épisode du 11 septembre, le « principal défi pour toute l’humanité », à en croire là encore les politiciens et journalistes d’une partie de l’humanité. Mais aujourd’hui, ces terroristes sont soudainement devenus plutôt « fréquentables », du moment qu’ils aident à nous débarrasser d’un leader arabe laïc qui n’arrange aucunement les intérêts néocolonialistes de certains.

Cette hypocrisie atteint donc une telle altitude qu’il ne faut nullement s’étonner que la chute soit proportionnelle. En différents endroits du globe, y compris même au sein des pays occidentaux, un grand nombre de voix s’élèvent pour dire que ce genre d’approche ne peut plus être tolérée. On peut partager des valeurs différentes, basées notamment sur nos histoires et traditions respectives (n’est-ce pas d’ailleurs ce qu’avait rappelé le président russe lors de son allocution à la 70ème Assemblée générale de l’ONU?). Mais il est tout simplement inacceptable et en fonction des intérêts géopolitiques du moment de portraiturer un terroriste pur et simple en « rebelle modéré », pour ensuite, lorsque les intérêts immédiats auront été satisfaits et qu’une nouvelle donne sera à l’ordre du jour, le remaquiller en le terroriste égorgeur qu’il a toujours été.

Pendant ce temps, les frappes russes contre les positions des terroristes en territoire syrien ont donné, en quelques jours, plus de résultat que les « frappes » de la coalition occidentalo-golfiste depuis plus d’un an… On peut du reste se demander ce que faisait ladite « coalition » pendant tout ce temps, et quels étaient ses objectifs véritables.

Depuis les tout débuts de l’intervention russe répondant à la demande officielle du gouvernement syrien, et selon les dernières informations, un grand nombre de terroristes sont désormais pris de panique, ceux possédant des passeports de pays occidentaux, dont européens, cherchant par tous les moyens à rentrer chez eux. Reste à savoir, après, si les autorités des pays en question sauront les accueillir comme il se doit, ou pas…

« Nos bombardements sur les positions des terroristes apportent leurs fruits. Les terroristes paniquent, nombreux quittent leurs positions et fuient. Selon les informations dont nous disposons, plus de 600 terroristes tentent de quitter la Syrie pour rejoindre l’Europe (ce qui laisse supposer qu’ils sont citoyens de l’Union européenne). Dans cette situation, non seulement nous n’allons pas réduire le nombre de nos frappes, mais nous allons au contraire les intensifier ».

Andrey Kartapolov, chef de la direction opérationnelle de l’état-major des Forces armées de la Fédération de Russie

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20151005/1018608269/al-qaida-syrie-russie.html

Mikhail Gamandiy-Egorov