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Les alliés étasuniens se bousculent en Russie

Premier ministre japonais Shinzo Abe et le président russe Vladimir Poutine

J’ose espérer que personne ne remettra en doute le fait que des pays comme le Qatar et le Japon soient des alliés confirmés des USA ?

Plus que cela, il s’agit de pays coordonnant activement leurs actions avec Washington, voire appliquant souvent les désirs de ce dernier. Mais le temps actuel les pousse vraisemblablement à commencer à chercher ailleurs.

Il y a quelques jours le ministre qatari des Affaires étrangères Mohammed bin Jassim al-Thani et le premier ministre japonais Shinzo Abe ont tous deux débarqué le même jour en Russie pour rencontrer le président Vladimir Poutine. Dans le cas qatari il était surtout question de Syrie et notamment du processus de paix (certains experts ont également supposé que les discussions ont touché le thème du marché pétrolier mais ce ne fut pas confirmé). Le développement des relations bilatérales était également à l’ordre du jour. En outre, le chef de la diplomatie qatarie a proposé d’organiser en 2018 l’année de la Russie au Qatar et du Qatar en Russie. 

Il est connu que le Qatar est responsable de soutien de plusieurs groupes armés terroristes en Syrie, notamment d’obédience takfiriste. Mais depuis les revers de ces derniers et les succès enregistrés par l’armée arabe syrienne sur différents axes du pays avec le soutien de ses alliés, le Qatar commence-t-il à réaliser que ses énormes investissements dans le but d’en finir avec le président syrien ne mèneront au final à rien et que donc il faut chercher le meilleur moyen de sortie du bourbier auquel il a grandement contribué? Pas certain mais affaire à suivre.

Dans le cas du premier ministre du Japon, les discussions ont porté sur les questions territoriales, thème traditionnel dans les pourparlers russo-japonais. Mais Abe est également arrivé avec toute une liste de mesures que le Japon compte proposer pour relancer le partenariat économique russo-nippon. Ce qui d’ailleurs n’a pas manqué de lui faire subir de grandes critiques de la part des autres membres du G7, USA bien évidemment en tête. A en croire d’ailleurs l’agence de presse japonaise Kyodo, le président US sortant Barack Obama aurait « déconseillé » à Abe de se rendre en Russie estimant qu’il ne s’agissait pas « du bon moment ». Mais Abe a pris la décision souveraine d’y aller quand même. 

Il ne faudra d’ailleurs pas s’étonner que les grands médias du mainstream, anglophones comme francophones, s’attaques ardemment sous peu à la personnalité d’Abe, ayant osé saper « l’unité » atlantiste. Pour rappel, le Japon s’est lui aussi joint aux sanctions occidentales contre la Russie après le ralliement de la Crimée à la mère patrie, mais cherche depuis tous les moyens d’en sortir connaissant les énormes intérêts économiques du Japon en Russie et voyant notamment comment en profite son voisin sud-coréen qui a refusé de se joindre aux sanctions anti-russes et ce malgré la grande pression exercée une fois encore depuis Washington. Mais Séoul n’ayant pas cédé.

Il est certain que ni le Qatar, ni le Japon ne sont pas des alliés de la Russie. Pas même des partenaires stratégiques, plutôt le contraire, connaissant le rôle fortement néfaste du Qatar en Syrie, à l’instar de l’Arabie saoudite, de la Turquie, des pays occidentaux et de l’Etat sioniste. Le Japon bien qu’étant un important partenaire économique, reste lui aussi encore dans le camp opposé. Pour longtemps? Cela est une autre question.

En tout cas et depuis que la Russie a prouvé une fois de plus au monde que personne ne pourra jamais la subordonner et depuis la favorisation fortement positive de ses relations extérieures avec pas moins des ¾ de l’humanité (Eurasie, pays BRICS, Asie, Afrique, Amérique latine), les adversaires commencent un à un à faire marche arrière. Et n’hésitent plus à saper leur propre « unité » imposée depuis les USA. Après évidemment cela fait bien sourire lorsque des Clinton ou Obama parlent d’une « Russie isolée » et qu’au même moment les principaux alliés des USA (bien que représentant une minorité dans le cadre de l’humanité toute entière) se bousculent pour venir dans cette même Russie. Ah, que le monde a changé en une quinzaine d’années!
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Rapprochement Cuba-USA illusoire

drapeau cubain sur leur nouvelle ambassade à Washington

Les médias occidentaux ont consacré depuis plusieurs mois une grande attention au soi-disant rapprochement entre Cuba et les Etats-Unis. L’accent était bien évidemment mis sur la « bonne volonté » du leadership étasunien à passer le cap de relations difficiles, datant de plus d’un demi-siècle.

C’est aussi le message que tentait de faire passer les représentants de la Maison-Blanche depuis Washington.

L’ambassade US a même rouvert ses portes dans la capitale cubaine, La Havane. Et l’ambassade cubaine en terre étasunienne. Même si, des deux côtés, la rhétorique du désaccord sur plusieurs points des relations bilatérales n’a jamais disparu, néanmoins les médias mainstrimois ont tout fait pour présenter ladite situation comme une nouvelle page révolutionnaire dans l’histoire des relations entre les deux pays.

De notre côté, dès le départ on comprenait que le coup « amical » des USA était surtout stratégique. D’un côté, il fallait reprendre pied dans un petit pays courageux, qui résiste à des sanctions arbitraires depuis plus de cinquante ans et qui n’a toujours pas fléchi. D’un autre, à l’heure de la guerre des sanctions visant la Russie, il fallait réduire le nombre de « fronts » (la question du nucléaire iranien peut-être vue également dans cette optique). Last but not least, les USA (qui adorent utiliser la rhétorique de l’isolation vis-à-vis des nations n’étant pas sous leur diktat), avaient (enfin) compris que dans l’espace américain (dans le grand sens du terme), c’est eux qui se retrouvaient ouvertement isolés. Le dernier sommet des Amériques à Panama en avril dernier en était la preuve nette. Obama était attaqué de tous les côtés par les critiques des dirigeants latino-américains, en arrivant même à être obligé de se justifier et de faire son mea culpa, pour lui et son pays: un comble pour un président US devant les dirigeants de pays que Washington aimerait tellement continuer à considérer comme son pré-carré.

En effet, du leader vénézuélien à la présidente brésilienne, des présidents bolivien et équatorien à la chef de l’Etat argentin, Obama a passé un moment fort difficile et son petit sourire ne pouvait aucunement cacher le stress et la pression subie. Les USA ont donc essayé de jouer la carte cubaine. Cuba a répondu favorablement pour la simple et bonne raison que l’île de la liberté n’a jamais été opposée au dialogue. Après tout, ce n’est pas Cuba qui avait tenté à maintes reprises de faire tomber le gouvernement étasunien, mais bien le contraire. Mais ce que les médias US et consorts avaient fortement « oublié » de mentionner, et qui était confirmé à notre niveau par les journalistes et experts cubains, c’est que Cuba ne se faisait aucune illusion quant à la bienveillance étasunienne. Pour les Cubains, ce n’était rien d’autre qu’une nouvelle bataille remportée. Car malgré tous les « pronostics » qui annonçaient la fin de pouvoir socialiste à Cuba après la chute de l’URSS, celui-ci ne s’est non seulement pas affaibli mais est devenu au contraire l’allié par excellence et l’inspiration pour la grande partie des Etats d’Amérique latine.

Maintenant pour revenir à l’actualité. Hier, l’Assemblée générale de l’ONU a une fois encore réclamé, à une écrasante majorité de membres, la fin de l’embargo étasunien contre Cuba. Sur 193 votants, 191 ont soutenu la résolution, dont l’allié russe de Cuba avec une belle allocution de Vitali Tchourkine, représentant permanent de la Fédération de Russie auprès de l’ONU, qui n’a pas manqué de rappeler toute l’illégitimité des actions étasuniennes à l’encontre de Cuba.

Seuls deux pays se sont (sans surprise) opposés à ladite résolution: les USA et Israël. L’ambassadeur adjoint des Etats-Unis à l’ONU, se sentant clairement isolé et voyant la délégation cubaine aux grands sourires, n’a pas manqué de se justifier en affirmant que « le texte de la résolution est loin de refléter les mesures importantes qui ont été prises et l’esprit d’engagement que le président Obama a défendu »… En d’autres termes, « nous sommes gentils (comme toujours) et vous nous attaquez ». Si seulement c’était vrai.

En tout cas, cela n’a fait que confirmer une fois encore que Cuba ne compte nullement reculer et renoncer à ses principes. Et que d’autre part, le rapprochement annoncé en grande pompe par les relais de l’impérialisme est encore loin. Comment d’ailleurs un tel rapprochement serait possible entre une nation défendant ses valeurs anticolonialistes et une autre se croyant toujours « exceptionnelle et unique » pouvant dicter sa volonté néocoloniale à tous. Illusions, illusions…

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20151029/1019172208/cuba-etats-unis-relations.html

Mikhail Gamandiy-Egorov

La Russie, véritable prix Nobel de la paix 2013 ?

La Russie, véritable prix Nobel de la paix 2013 ?

On a appris récemment que le prix Nobel de la paix de l’année 2013 a été décerné à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC). D’un côté cela nous rassure. Au moins cette fois-ci, ce ne sera pas les « faiseurs de paix » Barack Obama ou l’Union européenne, respectivement nominés en 2009 et 2012, mais bien un organisme qui on espère aura un rôle positif dans la mission que s’est fixée la Russie, ainsi que d’autres pays dont la Chine, afin d’empêcher une escalade du conflit syrien. Néanmoins, on peut se demander pourquoi la Russie n’a pas été nominée à ce prestigieux prix…

 En effet la question de la nomination du prix Nobel de la paix de cette année a été vivement discutée durant les dernières semaines. Beaucoup plus en tout cas que pour les autres catégories de nominés. Peut-être pour la simple raison que le monde était très récemment au bord d’une nouvelle et grande guerre. Tout présageait même à un certain moment l’inévitabilité d’un tel scénario. Pourtant, le scénario catastrophe a été évité de justesse. Et heureusement pour nous – pour toute l’humanité.

 Les vives discussions concernaient donc les acteurs principaux en faveur de la paix cette année. Beaucoup ont parlé du président russe Vladimir Poutine. Il est indéniable que le président de la Fédération de Russie a joué un rôle clé dans la solution pacifique face à « l’inévitabilité » de la guerre qui se profilait. D’autres avaient mentionné Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères. Une candidature tout à fait pertinente compte tenu du travail de très longue haleine qu’il a du faire pour essayer ne serait-ce que pour un peu raisonner les « partenaires » occidentaux. Un travail réalisé avec brio, non sans mentionner Vitali Tchourkine, l’ambassadeur permanent de la Russie auprès de l’ONU, ainsi que tous les autres diplomates qui ont contribué à ce que la guerre soit évitée.

 Néanmoins, aucune personnalité mentionnée ci-dessus n’aura été nominée. Trop difficile ? On doit imaginer que oui. Vraisemblablement beaucoup plus difficile en tout cas que de nominer Barack Obama, président d’un pays responsable des pires crimes contre l’humanité et qui a préféré oublier toutes ses promesses de « paix » faites au monde. Si le comité du Prix Nobel avait tellement de difficulté à nominer un haut responsable russe, pourquoi ne pas avoir nominé tout simplement un pays ? En l’occurrence la Russie. Trop compliqué aussi ? Probablement que oui. Toujours préférable de nominer une organisation comme l’Union européenne qui doit être certainement fière de sa participation dans la tragédie libyenne qui se faufile de « mieux en mieux » chaque jour qui passe, depuis la chute du colonel Kadhafi. Et qui doit certainement se « réjouir » pour le drame humain qui se déroule aux larges de ses frontières du Sud, surtout autour de la petite île italienne de Lampedusa… Tous de vrais « pacifiques » quand tu nous tiens.

 Le plus intéressant, c’est que le choix de nominer Poutine en tant que leader politique ou la Russie en tant que pays a été largement soutenu par une bonne partie de l’opinion publique occidentale. Une campagne a même été menée dans plusieurs capitales et grandes villes européennes et ailleurs, où l’on pouvait voir des graffitis à l’effigie du président russe et en gage de remerciement pour sa contribution à l’arrêt du chaos total tant espéré par certains va-t-en-guerre. En ce qui concerne l’opinion publique russe, on pouvait lire l’effet de surprise pour le manque de reconnaissance du rôle de la Russie, pour que justement, une organisation comme l’OIAC puisse mener à bien sa mission en Syrie. Un rôle décisif, il faut tout de même l’avouer.

 Le ministère russe des Affaires étrangères a tout de même salué l’attribution du Prix Nobel à l’OIAC à travers un communiqué publié sur son site. On peut effectivement se réjouir de ne pas voir de nouveau Obama, voire encore Fabius, Hollande et compagnie être nominés pour leurs rôles de grands « pacifistes ». Néanmoins, il y a tout de même de quoi être triste. Lorsqu’on sait qu’Obama porte le même prix qu’une aussi grande personnalité que Nelson Mandela…

http://french.ruvr.ru/2013_10_17/La-Russie-veritable-prix-Nobel-de-la-paix-2013-9076/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Tournée africaine d’Obama : un fiasco évident

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La tournée du président étasunien Barack Obama en Afrique s’est achevée il y a quelques jours à peine. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la première grande tournée sur le continent africain du premier président afro-américain a été tout sauf une réussite.

             

 La première étape de sa tournée a amené Obama au Sénégal. Après un accueil plutôt chaleureux et la visite symbolique de l’île de Gorée, triste plaque tournante de la traite esclavagiste d’antan, Obama a vite rappelé son rôle de donneur de leçons, notamment sur la question de la dépénalisation de l’homosexualité au Sénégal et en Afrique en général. La réponse du président sénégalais ne s’est pas faite attendre et en pleine conférence de presse commune, M. Macky Sall a clairement rappelé au président étasunien la position sénégalaise sur la question. Il a notamment déclaré que lui-même, en qualité de président de la République du Sénégal, n’est nullement homophobe, et que les homosexuels ne subissaient aucune discrimination, notamment au niveau de l’emploi. Et d’ajouter : « Tout en respectant les droits des homosexuels, nous ne sommes pas disposés à lever cette disposition de la loi. Ce qui ne veut pas dire que nous sommes homophobes mais c’est à la société sénégalaise de traiter cette question sans subir aucune pression ».

 Il a également souligné qu’il fallait respecter le choix de chaque pays sur des questions aussi complexes et contradictoires. M. Macky Sall a également rappelé que chaque pays a le droit de tenir compte de sa culture, de ses traditions et de ses valeurs, sans oublier que même dans les pays ayant autorisé le fameux « mariage pour tous », c’était bien loin de faire l’unanimité au sein de la population. Une allusion presque non voilée à la France, où l’adoption de ladite loi a vivement divisé la société française et où la voix de la majorité de la population a été tout simplement ignorée au nom d’intérêts de lobbies ultra-puissants. Une réponse claire et digne aux donneurs traditionnels de leçons qui ne se soucient guère des problèmes internes de leurs propres pays et qui font la sourde oreille aux revendications légitimes de leurs peuples.

 Après le Sénégal, Obama a fait escale en Afrique du Sud, où il aura passé la plus grande partie du temps de sa tournée. Pas surprenant compte tenu du poids politique et économique de la République Sud-africaine sur le continent et qui est par ailleurs membre depuis 2011 du club des grandes puissances émergentes, les BRICS, avec la Russie, la Chine, l’Inde et le Brésil. Pour souhaiter la « bienvenue » à M. Obama, des centaines de manifestants dans plusieurs grandes villes Sud-africaines ont manifesté contre sa venue. Sur les pancartes des manifestants, on pouvait lire plusieurs accusations en lien direct avec les violations et les crimes commis par les USA au cours de leur histoire récente : guerres en Irak, en Afghanistan et en Libye, soutien des USA à Israël dans sa violation des droits du peuple palestinien, pillage de l’Afrique … y compris à travers des accusations qui visaient personnellement l’intéressé : « Obama, l’Oncle Sam sioniste », « Représentant de l’administration satanique », « Bush, Blair, Netanyahou et Obama : criminels de guerre »pouvait-on lire entre autres.

 Pas assez pour Barack Obama, qui avait ferme intention de rendre visite à l’hôpital au père de la nation Sud-africaine et au principal héros national, Nelson Mandela. Certainement pour se faire encore plus de publicité aux yeux du monde, mais également de ses propres concitoyens américains, à l’heure où le pays de Madiba, l’Afrique et le monde entier prient pour la guérison du héros de la lutte contre le régime raciste d’Apartheid. Fort heureusement, cette visite n’aura pas lieu. Néanmoins, Obama rencontrera la famille de Nelson Mandela et visitera symboliquement l’île de Robben Island, où Mandela a été détenu durant 18 de ses 27 années d’emprisonnement, notamment « grâce » à la participation très active de la CIA…

 Après l’Afrique du Sud, Obama effectuera une brève visite en Tanzanie, évitant ainsi une visite au Kenya voisin, pays dont est originaire le père d’Obama, probablement en raison des poursuites de la Cour pénale internationale (CPI) à l’encontre de Uhuru Kenyatta et de William Ruto, respectivement président et vice-président actuels du Kenya.

 Cette tournée africaine d’Obama aura été tout sauf une visite de courtoisie mais bien le signe de la volonté étasunienne de contrer le poids et l’influence chinoise en Afrique. Une mission dont le bilan est visiblement un échec, car de moins en moins de gens ne se font d’illusions sur les « changements »promis par Obama au monde, ainsi que sur sa personnalité. La réponse du président du Sénégal aux leçons d’Obama et surtout les manifestations massives en Afrique du Sud ont clairement montré que l’Afrique préfère de loin avoir affaire à des partenaires respectant sa souveraineté et sa dignité.

http://french.ruvr.ru/2013_07_08/Tournee-africaine-d-Obama-un-fiasco-evident-4526/

Mikhail Gamandiy-Egorov