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Lutte contre le terrorisme et le respect de la souveraineté des Etats

La campagne anti-terroriste russe en Syrie bat son plein et les résultats sont plus qu’encourageants, surtout en tenant compte du début tout récent de cette campagne.

Beaucoup de voix s’élèvent pour dire que la Russie en à peine deux semaines de frappes contre les positions terroristes en Syrie a obtenu des résultats concrets et efficaces, à la grande différence de la coalition menée par les Etats-Unis, avec leurs alliés européens et de certains pays du Golfe, qui prétendent « lutter » aussi contre Daech, depuis plus d’un an. En effet, l’Etat islamique, le Front al-Nosra (filiale d’Al-Qaïda) et les autres groupes salafistes ne se sont probablement jamais portés aussi mal qu’actuellement. La panique atteint grand nombre de terroristes, beaucoup d’entre eux fuient vers la frontière turque pour s’y réfugier, d’autres se préparent carrément à quitter le théâtre des opérations pour rejoindre leurs pays d’origine, notamment européens. Cela est confirmé par les services de renseignement syrien. Et tout cela, après le début de la participation russe aux combats contre les terroristes.

Revenons à la « coalition » étasunienne. Etonnant tout de même qu’après plus d’une année « d’action », les terroristes non seulement n’ont pas été affaibli, mais au contraire n’ont fait que se renforcer, étendre leur contrôle sur nombre de territoires, et activement développer leurs activités commerciales. Comment expliquer d’une façon censée cette différence de résultats, d’autant plus lorsque ceux n’ayant rien obtenu de concret, avait l’avantage évident du timing?

La première raison est la motivation. Les Occidentaux, USA en tête, leurs alliés européens (Grande-Bretagne, France) et du Golfe (Qatar, Arabie saoudite) n’avaient jamais caché que leur but principal en Syrie était de se débarrasser du président Bachar al-Assad, leader arabe laïc et patriotique. Les discussions côté occidental sur la nécessité de combattre Daech n’ont commencé que lorsque le niveau des atrocités commises par cette secte a atteint des proportions énormes et que leurs exactions barbares ont été découvertes au grand jour par l’humanité (tout en fermant les yeux sur les crimes et exactions des autres groupes takfiristes). La Russie de son côté est restée fidèle à ses principes. Dès le début de la crise syrienne, elle n’a pas caché son soutien au gouvernement légitime de Syrie. Ce soutien se caractérisait par un soutien diplomatique, humanitaire et par la livraison d’armement. Et n’a pas changé sa position en réaffirmant la priorité de combattre le terrorisme.

L’autre raison concerne la coordination des frappes aériennes contre les terroristes avec les troupes au sol. Et sur ce plan-là également, la Russie a un avantage de taille. L’aviation russe coordonne directement ses frappes avec l’Armée arabe syrienne. Et n’est intervenue qu’après réception d’une demande officielle émanant du gouvernement syrien. Rien de tel côté occidental & golfiste. Plus encore, ces derniers ne possèdent aucun mandat de l’ONU pour mener des frappes en Syrie. Mais après tout, est-ce si nouveau? En 2003, lorsque les USA avaient accusé l’Irak de Saddam Hussein de posséder des armes de destruction massive, l’ONU n’avait accordé aucun mandat aux USA pour envahir ce pays. Peu importe, les USA & satellites le feront malgré tout. Les prétendus armes de destruction massive ne seront jamais trouvés. Le pays sera néanmoins déjà envahi et en très grande partie détruit.

Cette différence d’approche pousse aujourd’hui justement le voisin de la Syrie, l’Irak, à réfléchir sur une éventuelle demande à la Russie de bombarder les positions des terroristes en territoire irakien. La volonté a déjà été exprimée par le premier ministre irakien, Haider al-Abadi, lors d’un échange avec France 24. Le ministre irakien de la Défense, Khaled al-Obaidi, partage aussi cette opinion. La Russie de son côté avait déclaré via le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, que si l’Irak transmettait, à l’instar de la Syrie, une demande officielle en ce sens, la Russie l’étudierait avec le plus grand soin.

Comme quoi la lutte anti-terroriste russe séduit et pour deux raisons principales: son efficacité et le respect de la souveraineté des pays concernés. La Russie ne se permet pas d’intervenir à droite ou à gauche sans avoir été invitée. Le terrorisme est un défi pour toute l’humanité, mais là aussi il faut avoir d’une part une approche franche et non pas hypocrite comme certains. Et coordonner le tout avec les gouvernements des pays en question. Voilà la différence.

Certains hystériques tenteront de faire reparler de l’Ukraine, certes un peu oubliée ces temps-ci, en accusant une fois encore la Russie d’être soi-disant intervenue dans le Donbass. Le problème pour ces propagandistes, c’est que jusqu’à maintenant personne n’a pu présenter ne serait-ce qu’un semblant de preuve valable sur la prétendue « présence » russe dans le Donbass, pas même l’OTAN.

Pour revenir à l’approche russe dans le combat contre le terrorisme en Syrie et conclure, il faut dire que cette approche séduit également en dehors de la région du Moyen-Orient. Notamment en Afrique. Le Cameroun par exemple dont les forces armées mènent une lutte sans relâche contre la secte islamiste de Boko Haram ont déjà pu apprécier le soutien militaire russe, après n’avoir obtenu aucun soutien véritable de la part des « partenaires traditionnels ». Des partenaires traditionnels qui risquent d’être revus par nombre d’Etats africains dans un avenir plus ou moins proche.

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20151013/1018807556/terrorisme-lutte-russie-syrie.html

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Le Cameroun est un pays souverain

Mahamat Paba Salé, ambassadeur du Cameroun en Russie

Entretien avec Mahamat Paba Salé, ambassadeur du Cameroun en Russie

La Russie et le Cameroun entretiennent des relations anciennes. A titre de rappel, les deux pays ont établi leurs relations diplomatiques le 22 février 1964. Aujourd’hui, la Russie et le Cameroun renforcent leur partenariat bilatéral, et ce d’une façon dynamique. A ce titre, nous recevons Mahamat Paba Salé, ambassadeur de la République du Cameroun en Fédération de Russie.

Sputnik: Quelle évaluation donneriez-vous globalement des relations entre la Russie et le Cameroun?

Mahamat Paba Salé: Ces relations sont globalement satisfaisantes si l’on prend en compte les nombreux échanges entre les deux pays dans divers secteurs. Mais, du fait de la globalisation conjuguée à la volonté commune des Présidents Paul Biya d’une part, et de Vladimir Poutine d’autre part de dynamiser cette coopération, ces relations sont appelées à se diversifier et à se consolider davantage.

Sputnik: On sait que le Cameroun mène une lutte sans relâche contre la secte Boko Haram. Selon vous, son éradication se fera dans un avenir plus ou moins proche ou cela risque de prendre un certain temps?

M.P.S: Le Cameroun partage une frontière de plus de 1700 km avec son grand voisin le Nigeria. Suite à diverses incursions armées de cette secte terroriste basée dans ce pays voisin, par souci de protéger ses citoyens des exactions et atrocités des gens sans foi ni loi, mais aussi pour préserver l’intégrité de son territoire, le Cameroun a dû déclarer la guerre à cette nébuleuse terroriste, aux côtés d’autres pays voisins du Nigeria dont le Niger et le Tchad notamment, qui sont au front dans cette lutte. Ce combat qui fait partie de l’un des défis sécuritaires du monde d’aujourd’hui, nul ne sait quand il prendra fin. La conviction de mon pays est que, grâce à une synergie des actions des pays directement touchés par les exactions de cette nébuleuse, et à la coopération internationale, Boko Haram finira par être vaincu.

Sputnik: On observe en ce moment un renforcement important des relations entre le Cameroun et la Russie. Notamment dans le domaine du partenariat militaro-technique. Cela contribuera-t-il à l’éradication du terrorisme au Cameroun et plus globalement dans la région?

M.P.S: Le renforcement des relations avec la Russie n’est pas simplement dans le domaine militaro-technique qui est certes dans une perspective dynamique, mais il rentre dans la stratégie globale de diversification des partenariats que le Cameroun a entrepris dans un monde de plus en plus concurrentiel. En ce qui concerne le terrorisme qui de notre point de vue est une menace globale, un seul Etat ne peut venir à bout de cette lutte. Mon pays remercie la Russie pour son soutien dans le cadre de la lutte qu’il mène contre le terrorisme de Boko Haram.

Sputnik : Selon vos observations, ce rapprochement russo-camerounais, comment est-il vu par d’autres partenaires de votre pays, notamment les pays occidentaux?

M.P.S: Le Cameroun est un pays souverain qui a entrepris de diversifier ses partenaires pour aspirer à l’émergence à l’horizon 2035. Or vous le savez tout autant que moi, qu’il ne saurait y avoir de développement si la sécurité aussi bien d’un pays que de ses citoyens n’est pas garantie. Les partenaires occidentaux du Cameroun en sont pleinement conscients car de par sa position stratégique dans le Golfe de Guinée et des nombreuses ressources dont il regorge, le Cameroun doit se prémunir de toutes sortes de menaces qui peuvent hypothéquer cet objectif prioritaire pour le Gouvernement qu’est la lutte pour la préservation de la dignité humaine.

Sputnik: Les pays membres des BRICS ont désormais officialisé la création de la Banque de développement des BRICS. Parmi les priorités de ladite banque figurent les projets sur le continent africain. Doit-il y avoir une interaction plus importante entre l’Afrique et l’alliance BRICS?

M.P.S: Le problème prioritaire pour une réelle émergence de l’Afrique, c’est le financement de son développement. C’est donc à juste titre qu’en tant qu’Africains, nous pouvons nous réjouir de la création d’une alternative dont la particularité est qu’elle est portée par d’autres pays émergents à même de susciter des mécanismes novateurs pour financer le développement des pays africains notamment, aux côtés des acteurs traditionnels du monde de la finance internationale. En attendant de juger sur pièces l’apport de ce nouveau mécanisme de financement du développement, notre humble point de vue est que la nouvelle banque de développement soit proactive dans un partenariat novateur à établir avec l’Afrique.

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20150729/1017279226.html

Mikhail Gamandiy-Egorov

Le Cameroun résiste jusqu’ici parce qu’il a regardé à temps du bon côté

Thierry Mbepgue

Thierry Mbepgue est un activiste patriote et souverainiste camerounais. Il est président fondateur du Mouvement Africain pour la Libération du Continent (MALCON) et par ailleurs Secrétaire général adjoint du Réseau Mondial des Défenseurs de la Cause Africaine (RMDCA.

Notre entretien portera sur les actualités brûlantes de son pays, à l’heure où le Cameroun fait face à la menace de la secte islamiste de « Boko Haram », ainsi que sur les questions d’actualité du continent africain.

Mikhail Gamandiy-Egorov, Sputnik France: Bonjour Thierry. Nous avons eu l’occasion de nous entretenir en juin de l’année dernière. Depuis, bon nombre de choses se sont passés, aussi bien au niveau du Cameroun, de l’Afrique et plus globalement du monde. La République du Cameroun mène aujourd’hui une lutte sans relâche contre la secte islamiste de « Boko Haram ». Quelles sont les nouvelles actualisées du front?

Thierry Mbepgue: Merci de m’avoir ouvert à nouveau vos colonnes pour cet entretien dans lequel vous me donnez l’occasion de parler du Cameroun, de l’Afrique et même du monde. C’est la preuve que, tout ce que nous faisons intéresse bien plus de personnes dans le monde qu’on ne pouvait l’imaginer. Comme vous l’avez si bien annoncé dans votre introduction, beaucoup de choses se sont passées, tant au niveau national qu’international. Le fait marquant de l’actualité reste la secte islamiste Boko Haram qui, telle une pieuvre a décidé de tendre ses tentacules dans toute la sous-région en perpétrant des actes terroristes au Cameroun, au Nigeria, au Niger et au Tchad. N’étant pas un soldat ou un fonctionnaire du ministère de la Défense du Cameroun, je ne peux que vous dire que les forces armées qui sont engagées sur le front contre la vermine font avec le soutien de la Russie et de plusieurs pays africains du bon travail. 

Sputnik France: A l’heure où les forces armées du Cameroun avancent et mènent des opérations à succès contre les terroristes, nous voyons au même moment une pression sans précédent des pays occidentaux sur le gouvernement camerounais qui insistent sur la « nécessité » d’une intervention occidentale. Une « offre » à laquelle s’oppose le leadership du Cameroun. Ton avis là-dessus et quelles sont selon toi les véritables motivations des élites occidentales?

Thierry Mbepgue : Les élites occidentales dont la France rêvent de prendre le contrôle des ressources naturelles de non seulement tous les pays de l’Afrique centrale, mais également celles de tous les pays du Golf de Guinée. Pour cela il faut s’attaquer au poumon économique de l’Afrique centrale qui est le Cameroun. Bien avant le déclenchement de la crise centrafricaine, j’annonçais déjà au monde entier qu’après toutes mes analyses faites, j’étais sûr et certain que le Cameroun est la cible d’un vaste complot international qui se profilait à l’horizon. En conséquence, nous avons lancé un appel pour dire aux Camerounais de toute obédience politique, religieuse, régionale et ethnique que c’est l’action nationale fondée sur le patriotisme et l’unité de ses populations qui pouvait les sauver.Pour nous, l’armée française avait planifié son affaire: profiter de la crise en Centrafrique pour diviser le Cameroun en deux. En effet, le déploiement des forces françaises de l’opération SANGARIS, en son temps, par le port de Douala et l’installation d’une base militaire provisoire à Ngaoundéré n’était pas un fait du hasard. La France voulait ainsi mettre en marche son même schéma qu’en Côte d’Ivoire ou en Libye. Ceux que vous appelez Boko Haram, aujourd’hui allaient à cette époque profiter de la présence de la France dans cette ville stratégique du Cameroun pour lancer une manifestation au cours de laquelle les manifestants allaient provoquer les forces de l’ordre qui à leur tour devaient réagir. Ainsi les médias hexagonaux allaient être actionnés par l’élite française pour accuser l’armée camerounaise d’avoir tiré sur les populations aux mains nues. Ce schéma s’apparentait déjà à celui de la Côte d’Ivoire dans lequel la France a armé des rebelles du nord pendant dix ans et qui ont finalement eu raison du pouvoir de Laurent Gbagbo.

Comme la force Licorne en Côte d’Ivoire, les forces françaises stationnées à Ngaoundéré, devaient profiter de leur présence pour demander un mandat d’intervention à l’ONU sous le prétexte de protéger les populations civiles menacées de tueries massives perpétrées par « une armée au service du dictateur Paul Biya ».Il faut noter aussi que la même France avait demandé à installer une base militaire dans l’est du pays pour, selon les autorités de l’Elysée « combattre les rebelles de la Seleka qui faisaient des incursions du côté du Cameroun ». Pour nous c’était un autre complot car en réalité, il s’agissait d’une stratégie planifiée pour prendre le contrôle du plus grand gisement de diamant au monde qu’on venait de découvrir dans cette région. Elle voulait ainsi s’installer pour transformer avec la complicité des rebelles de la Seleka cette région en « zone de guerre ». La France aurait eu la possibilité de piller les ressources minières, en toute tranquillité, comme ce fut le cas dans le nord de la Côte d’Ivoire, comme dans le nord du Mali. Vous comprenez donc que le désir ardent d’intervenir au Cameroun fait partie d’un complot savamment conçu par l’Occident pour s’installer au Cameroun où il n’existe aucune base militaire étrangère, chose rare en Afrique francophone. Nous sommes avertis, c’est pourquoi nous ne voulons pas de leur présence sur notre territoire. Donc laissez-moi vous dire que c’est désespérément qu’ils veulent par tous les moyens intervenir au Cameroun, sous le prétexte de lutter contre Boko Haram. Le président Biya sait que le même peuple qui a fait bloc derrière lui dans cette lutte peut se retourner contre lui s’il accepte que la France, qui a des comptes à rendre au peuple camerounais pour le génocide bamiléké et bassa, intervienne sur le territoire camerounais. Certains médias français ont lancé une véritable campagne de dénigrement de notre armée faisant écho d’elle comme étant « une armée désorganisée, faible et pas équipée » malgré leurs victoires reconnues sur le front, tout ceci pour pousser certains Camerounais faibles d’esprit à mettre la pression sur leur président afin qu’il accepte une intervention française. Des Camerounais ont été recrutés pour salir l’image du pays mais c’est peine perdue car le complot a déjà été déjoué. Souvenez-vous que dans notre entretien passé, j’avais dit qu’une Afrique nouvelle pointait à l’horizon. Il s’agit d’une Afrique déterminée à se prendre en charge, il s’agit d’une Afrique qui ne désire plus être traitée comme un enfant ou élève à qui on doit donner des leçons. Le Cameroun est devenu une « Nation » depuis que la secte islamiste Boko Haram a attaqué l’intégrité de son territoire.

Sputnik France: On parle de plus en plus ces temps-ci des liens supposés entre la secte « Boko Haram » et les services secrets occidentaux. Plus encore, il n’y a pas si longtemps des combattants européens qui se battaient aux côtés des terroristes, ont été capturés par l’armée camerounaise. Sans oublier les armes de pointe et les moyens de transport de dernière génération que possèdent les extrémistes et dont on a « un peu » de mal à comprendre la provenance.

Thierry Mbepgue: Je ne suis pas le seul à accuser les Occidentaux d’être derrière ce groupe. Tout récemment le président de la République du Soudan, Omar el-Béchir, dans un entretien avec la presse l’a confirmé. Oui plusieurs terroristes de race blanche ont été capturés selon certains médias, plus d’un millier de combattants de Boko Haram capturés se trouvent dans les prisons du nord. Plusieurs blindés, des chars de combat ont été saisis par notre armée. Officiellement, ils diront que les terroristes ont acheté ou volé ces armes en Libye, peut être que c’est aussi l’une des raisons pour laquelle ils ont attaqué la Libye et tué le guide Kadhafi en son temps. Ils disent aussi que ce sont des armes récupérées dans des casernes militaires nigérianes après la fuite de leurs soldats, mais la question est la suivante: qui forment ces fous furieux au maniement de ces armes?Sputnik France: Quelles seraient les forces dont l’assistance selon toi aurait un impact positif dans la lutte contre le terrorisme, aussi bien pour le Cameroun que toute la région, voire tout le continent?

Thierry Mbepgue: Le Cameroun résiste jusqu’ici parce qu’il a regardé à temps du bon côté. Être du côté de la Russie, de la Chine aujourd’hui est un parapluie qui vous couvre de la pluie d’hypocrisie et de mauvaise foi de certains pays occidentaux. Le bilan de la jeune coopération militaire avec la Russie et la Chine est très positif comparativement avec la France et certains pays occidentaux depuis les années cinquante. Donc sachez que si la Russie et la Chine assistent la coalition militaire qui a été mise en place par les pays d’Afrique centrale et l’Union africaine, la secte Boko Haram ne sera plus qu’un triste souvenir dans un délai très bref.

Sputnik France: Comment entrevois-tu, surtout au vu des événements récents, l’avenir du Cameroun et plus globalement de l’Afrique centrale? Et en tant que panafricaniste, partages-tu l’avis d’un autre panafricaniste avec lequel on s’est entretenu récemment, en l’occurrence Luc Michel, qui considère que le néocolonialisme US se prépare à remplacer celui des anciennes métropoles coloniales, dont bien évidemment la France? Quel impact cela aurait-il pour les pays africains?

Thierry Mbepgue: Certes, le réveil du Cameroun a mis du temps mais il n’est jamais trop tard pour se ressaisir. Les Camerounais ont très vite compris que s’était à eux de décider de leur destin et non pas à l’élite occidentale. La diversification de partenariat économique a mis le Cameroun à l’abri d’une certaine hégémonie historique dont il faisait face. Luc Michel, que je salue en passant est un homme avisé et averti que je respecte beaucoup pour ses analyses approfondies de la situation politique dans le monde. Ce qu’il dit des USA est juste. Mais aussi nous devons savoir que nous ne sommes plus à l’époque où une puissance fut elle la première du monde, pourrait soumettre aussi facilement des peuples à son diktat. Dans le cas du Cameroun et à l’heure où nous avons lancé sérieusement la diversification de nos relations extérieures, j’ai la foi que les USA ne pourront pas atteindre leurs objectifs néocolonialistes aussi facilement qu’ils le souhaiteraient. Surtout au moment où le Cameroun a le soutien de plusieurs grandes puissances, dont la Chine et la Russie.

Sputnik France: Tu as lancé récemment un projet de rassemblement des mouvements panafricanistes avec pour base la mise sur pied d’un état-major destiné à lutter en coordination pour la libération du continent africain: le projet UNIRTA. Raconte-nous ses objectifs et les résultats escomptés.

Thierry Mbepgue: Le « Projet UNIRTA » est un projet de rassemblement des mouvements panafricains, des partis politiques aux idéaux panafricanistes et des activistes panafricanistes. Plusieurs objectifs sont visés, parmi lesquels la mise sur pied d’une organisation de la résistance africaine dirigée par un bureau élu pour un mandat dont la durée sera définie par les textes fondateurs qui seront rédigés. La mise sur pied d’un mécanisme d’alerte générale, rendre facile et rapide l’échange d’informations entre les différents membres de la plate forme qui sera créée, rassembler les Africains au sein d’une organisation capable d’engager de façon instantanée des mouvements de soutien ou de protestation à travers tout le continent et même le monde. Puis créer une force populaire capable d’influencer les décisions non réglementaires prises par certains dirigeants africains, combattre ensemble et en masse les dictateurs et leurs parrains et alliés en Afrique, soutenir les dirigeants panafricanistes persécutés par les impérialistes, proposer des solutions en cas de crise sur le continent africain, œuvrer pour la paix en Afrique. Nous avons commencé à mobiliser les Africains pour sa mise en œuvre. Un tel projet nécessite un potentiel énorme en ressources humaines, moyens financiers et matériels, le soutien des dirigeants africains, de l’Union africaine, des organisations sous régionales ou même de toute personne désireuse de le voir être réalisé est souhaité. Je profite donc de cet entretien pour lancer un appel à tous ces Africains qui rêvent de voir l’Afrique sortir la tête de l’eau, aux amis de l’Afrique et je suis disposé à répondre à l’invitation de tous ceux qui désireraient avoir plus d’informations sur ce projet.

Sputnik France: Que peuvent faire les dirigeants africains, l’Union africaine, ainsi que les pays des BRICS pour soutenir votre projet?

Thierry Mbepgue: Les dirigeants de l’Afrique digne doivent soutenir ce projet en facilitant les déplacements dans leurs pays respectifs, en mettant à notre disposition les informations susceptibles de nous aider à atteindre nos objectifs et en nous aidant financièrement. Etant conscient qu’un tel projet soulèvera l’indignation des ennemis de l’Afrique, il revient à nos dirigeants d’assurer la sécurité de tous ces Africains qui s’engageront dans la lutte pour la libération de leur continent. L’Union africaine doit savoir dorénavant à travers ce projet quels sont les aspirations réelles de la majorité des peuples africains. Nous attendons d’elle de mettre à notre disposition les moyens financiers, matériels et morals nécessaires pour sa réalisation. L’Union africaine doit nous ouvrir sa tribune et ses médias pour expliquer aux Africains le bien fondé d’un tel projet. La Russie et la Chine sont rentrées en Afrique par la grande porte, il faut qu’elles acceptent d’y rester en œuvrant pour son développement comme elles le font déjà si bien. Ce sont des pays amis.

http://fr.sputniknews.com/interviews/20150225/1014896578.html#ixzz3SnvcwkQf

Mikhail Gamandiy-Egorov

« L’Afrique se doit d’être respectée ». Entretien avec Thierry Mbepgue

« L’Afrique se doit d’être respectée ». Entretien avec Thierry Mbepgue

Dans le cadre de nos articles consacrés au continent africain et au panafricanisme, nous avons le plaisir aujourd’hui de nous entretenir avec Thierry Mbepgue, président fondateur du Mouvement Africain pour la Libération du Continent (MALCON).

Mikhail Gamandiy-Egorov, La Voix de la Russie : M. Mbepgue, bonjour ! Pourriez-vous vous présenter brièvement ?

Thierry Mbepgue : Bonjour M. Gamandiy-Egorov ! Je suis un patriote et souverainiste camerounais. Etant président fondateur du Mouvement Africain pour la Libération du Continent (MALCON), je milite également au sein du Réseau Mondial des Défenseurs de la Cause Africaine (RMDCA), où j’occupe le poste de Secrétaire général adjoint. Par ailleurs, je suis également auteur de l’ouvrage « Le chemin de la liberté » dans lequel je dénonce l’impérialisme occidental en Afrique.

LVdlR : Vous dirigez un mouvement politique, en l’occurrence le Mouvement Africain pour la Libération du Continent. Quelles sont les idées et les principes fondateurs de votre mouvement ?

T.M. : Unité, liberté, démocratie. Nous sommes pour une Afrique libre et souveraine. Le MALCON lutte pour non seulement redonner le pouvoir au peuple en tant qu’expression de la souveraineté populaire, en proposant des solutions concrètes, mais également afin de résoudre les défis auxquels les populations et nations sont ou seront confrontées. De même que faire comprendre aux populations africaines la nécessité de mettre sur pied une nouvelle forme de coopération qui va impliquer le respect de la personne humaine et la souveraineté des pays du continent africain. La nature des relations internationales en l’état actuel est la cause de tout le désordre que nous vivons en Afrique.

LVdlR : L’Afrique fait l’objet d’incessantes interventions occidentales. La Côte d’Ivoire, la Libye, le Mali, la République centrafricaine et d’autres pays en sont les exemples les plus récents. En ce qui concerne votre pays, le Cameroun, quelle est la situation actuelle au niveau de son indépendance et de sa souveraineté ?

T.M. : Avant de répondre à cette question, je vais attirer votre attention sur le fait que les pays que vous avez cité ont un point en commun et ce point est « la France ». L’armée française est intervenue en toute illégalité dans un pays indépendant et souverain comme la Côte d’Ivoire, au point de bombarder pendant des jours et des nuits la présidence de la république avant de capturer ensuite son président, Laurent Gbagbo, qui est injustement détenu à La Haye aujourd’hui. Je me demande toujours pourquoi et en tant que qui la France doit avoir le droit de vie ou de mort sur les différents peuples africains ? La France sous Nicolas Sarkozy avait pris la tête d’un groupe de pays qui se fait appeler dorénavant « communauté internationale » pour envahir la Libye et assassiner ensuite son leader, le colonel Kadhafi. La même France encore jouera les pompiers pyromanes au Mali et en République Centrafricaine. Voila pourquoi je vous disais tout à l’heure qu’il était très important pour nous Africains de mettre sur pied une nouvelle forme de coopération qui va impliquer le respect de la personne humaine et la souveraineté des Etats africains.

En ce qui concerne mon pays le Cameroun, sachez que son indépendance et sa souveraineté sont menacés par la même hyène qui avait mis le feu en Côte d’Ivoire, en Libye, au Mali et en RCA depuis que le président a décidé de regarder vers la Russie et la Chine. Les stratégies sont les mêmes : semer le chaos à l’intérieur pour intervenir. Brûler pour venir en pompier nécessite malheureusement la coopération des personnes au Cameroun capables d’accepter de jouer ce rôle, ce que l’impérialiste a du mal à trouver. L’impérialiste a essayé hier d’instrumentaliser les rebelles centrafricains pour attaquer le Cameroun, d’où de nombreuses incursions de la Seleka dans nos frontières de l’Est. Aujourd’hui encore, il essaie d’utiliser désespérément Boko Haram pour cette misérable tâche qui selon leur plan va entrainer une intervention occidentale dans le nord du Cameroun, sous le fallacieux prétexte de lutte contre le terrorisme international. Tout le peuple camerounais est conscient de ce qui se passe et est prêt à faire face à tout ce qui adviendra.

LVdlR : Quelle vision avez-vous des perspectives des relations extérieures du Cameroun et de l’Afrique en général ?

T.M. : Les relations extérieures en l’état actuel sont contreproductives pour le continent africain. Et tant que celles-ci ne seront pas revues dès maintenant, ne comptez pas non plus qu’elles s’améliorent dans le futur. Il faut dans l’urgence faire comprendre aux colonisateurs qu’ils doivent oublier leur passé de colons, qu’ils doivent prendre la posture des pays amis qui n’ont pas le droit de s’immiscer dans les affaires internes des autres pays.

LVdlR : L’actualité récente est notamment dominée par ce qui se passe au Nigéria voisin, notamment à travers les actes de l’organisation terroriste Boko Haram, que vous avez mentionné. On entend effectivement et déjà parler des répercussions sur le Cameroun, notamment au niveau des régions frontalières. Qu’en est-il ? Que représente Boko Haram selon vous ?

T.M. : Boko Haram est-il seulement un groupe terroriste ? Pas selon moi. Observez le comportement des autres groupes terroristes dans le monde, faites la comparaison avec Boko Haram et vous comprendrez qu’il y a une différence entre un terroriste et une personne mandatée pour perpétrer des actes terroristes afin de faire plier une autre personne dans la prise d’une décision capitale. Donc pour moi, cette secte est un groupuscule de bandits de grand chemin qui de part ses agissements a démontré qu’il opère pour le compte d’une ou plusieurs puissances. Mais laquelle ? Certainement celle à qui profitent ces nombreuses incursions dans la partie nord du Cameroun. Tout ces incursions dans le nord de mon pays ne vise qu’a rendre cette zone infréquentable, à traumatiser le peuple et le pousser à mettre la pression sur le gouvernement qui face à cela se trouvera dans l’obligation d’accepter la proposition d’aide pour une intervention militaire que la France lui fait. Que ces puissances qui ont demandé et obtenu un dialogue entre le gouvernement nigérian et cette secte vous disent pourquoi ils ont déclenché la campagne de médiatisation de Boko Haram après la capture des 200 filles au Nigeria, alors que tout pouvait se faire en toute discrétion comme les Occidentaux ont l’habitude de le faire ailleurs ? Que l’ONU vous dise pourquoi ce n’est que maintenant qu’elle reconnait Boko Haram comme une organisation terroriste alors que celle-ci opère dans le nord du Nigeria depuis 2002 ?

LVdlR : Quel espoir avez-vous pour le futur de votre pays et de votre continent ?

T.M. : La diversification constatée au niveau de la coopération entre le Cameroun et l’extérieur représente un espoir pour le développement de mon pays, car aucune puissance ne peut se targuer dorénavant d’avoir le monopole des richesses du Cameroun. La non présence militaire française au Cameroun constitue véritablement une source d’espoir pour le peuple que nous sommes car c’est cette présence qui a toujours été la cause des coups d’Etat à répétition et des rebellions dans les pays d’Afrique. Et vous savez comme moi qu’un pays en crise est un pays sans repère, sans futur. Je voudrais cependant profiter de cette occasion pour rappeler à mes frères camerounais que c’est dans ces conditions de paix et de non ingérence extérieure qu’un peuple peut régler ses comptes avec ses dirigeants, peut lutter contre la corruption ou même exiger le départ d’un dirigeant véreux. Le réveil de l’Afrique fait trembler des puissants de ce monde et c’est un signe annonciateur d’une Afrique nouvelle qui se pointe à l’horizon. Jetez votre regard vers l’horizon et vous verrez un continent africain libre et indépendant, un continent où tous les enfants d’Afrique parlent d’une même voix. Un continent en paix, sans guerre, ni rébellion armée. Un continent où tous les enfants d’Afrique se sont levés car ayant compris enfin qu’ils sont faits pour vivre ensemble, un continent où tous les hommes respecteront la dignité de la personne humaine.

LVdlR : Mis à part les relations très importantes entre l’Afrique et la Chine, que pensez-vous des perspectives de développement accéléré des relations entre l’Afrique et les autres pays des BRICS, dont la Russie ?

T.M. : Les Africains veulent être respectés, ils veulent traiter avec des pays qui respectent la personne humaine et non des pays voyous qui n’ont pour seule raison de traiter avec vous que le pillage de vos ressources. Les Africains veulent traiter avec des pays qui se soucient de leur développement et non des pays qui constituent un frein à leurs développements. Et je crois que la Russie et la Chine font partir des pays qui peuvent aider l’Afrique à se développer tant sur le plan militaire que sur le plan économique. La Russie est devenue le pays sur lequel les Africains doivent s’accrocher pour éviter cette maladie qui les ronge depuis plus de 60 années maintenant. Tous les pays africains ne rêvent aujourd’hui que d’atteindre l’émergence afin d’intégrer les BRICS parce que certainement c’est par là que se trouve leur salut. L’avenir nous situera.

LVdlR : M. Mbepgue, je vous remercie d’avoir répondu à nos questions !

T.M. : C’est moi qui vous remercie pour cette marque de considération et souhaite beaucoup de réussites à votre média. Je souhaite que vous continuiez d’être le grand média qui rétablisse la vérité sur les nombreux mensonges sur l’Afrique.

http://french.ruvr.ru/2014_06_04/L-Afrique-se-doit-d-etre-respectee-Entretien-avec-Thierry-Mbepgue-8624/

Mikhail Gamandiy-Egorov