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L’échec de la politique US au Moyen-Orient

22.07.2022

Comme prévu, les nombreux partenaires traditionnels de Washington dans la région stratégique du Moyen-Orient se détournent de plus en plus ouvertement de leur allié. Ce qui paraissait encore récemment presque inimaginable devient réalité.

Plusieurs des principaux médias occidentaux ont clairement affirmé que le président étasunien Joe Biden repart les mains vides de sa tournée au Moyen-Orient, n’ayant rien obtenu lors du sommet arabe organisé en Arabie saoudite. Pas de résultat digne de ce nom notamment dans la sphère énergétique qui représentait l’orientation principale pour les USA dans le cadre de cette visite.

Comme l’indique l’analyse publiée par l’agence de presse gouvernementale turque Anadolu – le président américain Joe Biden a quitté l’Arabie saoudite sans avoir atteint le minimum en termes de prévisions des marchés internationaux de l’énergie qui avaient pourtant estimé avant son déplacement dans la région l’acceptation par les pays du Golfe de la hausse de la production du brut dans le but d’apaiser les marchés.

Ledit article rappelle également que des médias étasuniens, ainsi que des stratèges de banques d’investissement ont commencé à parler de l’échec de Biden à obtenir des engagements pétroliers auprès des dirigeants du Golfe au cours du sommet de Djeddah. Et que les marchés énergétiques américains sont conscients du fait que le principal objectif de la visite du président US dans la région du Moyen-Orient était de demander à ses dirigeants de continuer à alimenter le marché par de plus grandes quantités de brut, pour pouvoir amener à une baisse des prix de l’énergie aux Etats-Unis.

En effet et du côté saoudien, il a été déclaré à travers le prince héritier Mohammed ben Salmane, que le royaume sera dans l’incapacité à l’avenir d’augmenter sa production quotidienne au-delà de 13 millions de barils, sachant que la production actuelle est de 11 millions de barils quotidiens.

Si cet échec de l’administration Biden a été vu comme quelque chose d’inattendu pour de nombreux observateurs occidentaux, la réalité est que ce fut un développement parfaitement prévisible. Et qui confirme l’orientation de plus en plus en faveur de l’ordre multipolaire au sein de cette région stratégique qu’est le Moyen-Orient, comme Observateur Continental l’avait déjà souligné dans un passé récent.

Cela alors même que l’establishment occidental, atlantiste et nostalgique de l’unipolarité, observe avec vive inquiétude la montée en puissance des BRICS et d’un intérêt de plus en plus vif vis-à-vis de cette organisation ou encore de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) de la part de pays longtemps considérés comme des partenaires stratégiques de l’Occident.

Aussi et comme Observateur Continental l’avait déjà annoncé – tous les événements en cours confirment une fois de plus que la spirale des pressions, intimidations et sanctions en tout genre se retourne contre ses instigateurs. Et que l’establishment occidental a beau vouloir faire passer l’idée de son extrême puissance dans les affaires planétaires, tout en continuant à espérer un retour radical à l’ordre unipolaire – la réalité actuelle démontre que d’une part l’effet boomerang se fera ressentir de plein fouet sur la partie occidentale du monde, et de l’autre que nombre de pays de la planète, longtemps considérés comme ses alliés, s’éloignent progressivement de l’Occident.

Comme également annoncé précédemment, l’autre grand avantage des événements en cours est d’avoir démontré que la peur à sa libérer du joug occidental disparait de manière de plus en plus visible. Les masques de l’extrême arrogance et d’hypocrisie au summum sont définitivement tombés, permettant aux nombreuses nations du monde de comprendre que le monde d’aujourd’hui et à venir ne pourra être que post-occidental.

Prochain pronostic? Il est à croire que le régime étasunien va maintenant raviver la fameuse question de «respect» des droits de l’homme et les pressions multiformes vis-à-vis de tous les alliés qui ne vont dans la voie de l’obéissance la plus totale. Car s’il y a bien une chose dont ont besoin aujourd’hui les responsables atlantistes, c’est bien une application totale de leurs ordres face aux nations pro-multipolaires qui continuent de s’imposer.

En effet, l’Occident collectif n’a pas besoin d’alliés, ni de partenaires, mais bel et bien d’esclaves et de purs sous-traitants. En oubliant qu’au-delà de vivre dans un monde où l’ère multipolaire s’est imposée, peu souhaiteront faire partie d’un bateau qui coule. A moins d’être, comme c’est encore le cas pour certains régimes, d’évidents partisans du sadomasochisme.

Mikhail Gamandiy-Egorov

L’Inde remet les USA à leur place

19.07.2022

Bien que l’Occident collectif, et plus particulièrement Washington, avait vivement souhaité faire basculer l’Inde dans le camp occidental, New Delhi démontre que son agenda n’est pas celui de l’Occident. Une démarche indienne souveraine qui ne fait que renforcer l’axe de la multipolarité.

L’Inde a reproché aux Etats-Unis d’avoir «suggéré» directement aux autorités portuaires de la ville de Mumbai une interdiction d’entrée de navires russes. Les autorités indiennes ont rappelé avoir le droit souverain de traiter avec tous les partenaires mondiaux. L’indécence étasunienne a été vivement critiquée aussi bien au niveau du ministère indien des Affaires étrangères, qu’au niveau de l’opinion publique du pays.

Evidemment, cette nouvelle tentative d’intimidation de la part de Washington à l’encontre de New Delhi n’est pas le fruit du hasard. Après l’échec de faire éloigner la Chine de la Russie et de créer un large front international anti-russe, de même que la perte de plus en plus évidente quant à l’influence sur les alliés d’hier, l’Occident n’a plus peur du ridicule pour tenter à donner l’impression de ne pas couler. Y compris si cela ne fait que ridiculiser un peu plus sa posture.

Mais la retenue et un minimum de honte ne sont pas des caractéristiques de l’establishment occidental. Ces notions sont totalement absentes de sa manière à penser. Et si l’Inde est aujourd’hui dans le viseur atlantiste, ce n’est pas seulement en raison du fait que le pays achète beaucoup de pétrole russe, avec pour la seule demi-année en cours déjà plus de 60 millions de barils achetés à la Russie (contre 12 millions pour toute l’année 2021).

Les autres raisons étant que depuis toutes ces dernières années, l’Occident collectif avait fait des pieds et des mains pour tenter à faire intégrer l’Inde dans son camp, et de l’éloigner au maximum de la Russie comme de la Chine. Pour au final devoir faire face à un énième échec cuisant. Ce n’est pas tout. L’establishment politico-médiatique occidental tente par tous les moyens de présenter l’affrontement final actuel entre les partisans de la multipolarité et les nostalgiques de l’unipolarité comme celui de l’axe «autoritaire» face aux démocraties occidentales.

Des pseudo-démocraties occidentales qui avaient tellement besoin de la véritable et la plus grande démocratie du monde – en l’occurrence la République de l’Inde – ne serait-ce qu’au moins symboliquement à faire partie de leur bloc. Dans l’objectif à redorer le blason des fausses démocraties de l’Occident. Echec également.

Enfin, et là nous parlons de géopolitique et de géoéconomie, l’Inde faisant partie des BRICS comme de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), l’objectif occidental a toujours été de tenter d’affaiblir ces deux grandes organisations – représentant la véritable notion de communauté internationale. Non pas celle à la sauce G7. Et qui aujourd’hui inquiètent vivement les Occidentaux, ou du moins ceux résolument nostalgiques de l’ère unipolaire.

Mais les arrogants extrêmes de l’Ouest semblent oublier une fois de plus à qui ils ont affaire. Cela est d’autant plus choquant dans le cas lorsque le consulat d’un Etat de-facto sans histoire, culture, ni civilisation dignes de ce nom – s’adresse ouvertement à une administration intérieure d’un pays souverain à la civilisation millénaire, et 3ème puissance économique mondiale en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat par la même occasion, sous prétexte que les décisions prises aux USA et en Occident sont censées avoir une portée prétendument universelle.

Si les échecs de Washington et de ses suiveurs européistes, australien ou encore canadien – sont une fois de plus fort démonstratifs de la phase très importante et intéressante de l’histoire contemporaine mondiale que nous vivons en ce moment – il n’en est pas moins que l’Inde devra fermement renforcer sa sécurité vis-à-vis des interférences occidentales – pas tellement politiques dans le cas indien, mais beaucoup plus précisément sécuritaires.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=4074

L’Egypte, l’Arabie saoudite et la Turquie s’intéressent aux BRICS

15.07.2022

Les prévisions quant au fait que de nombreux pays, y compris longtemps liés à l’Occident, regardent de plus en plus en direction des grandes puissances non-occidentales et des organisations d’intégration correspondantes, avancent dans la voie de la concrétisation. Le concept des BRICS+ semble inévitablement prendre son envol.

Les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) s’attendent à ce que l’Egypte, l’Arabie saoudite et la Turquie puissent rejoindre le groupe dans un avenir proche, écrit Middle East Monitor. Cette information est rapportée via Purnima Anand, présidente du Forum international des BRICS.

Cela alors même que tout récemment l’Iran et l’Argentine avaient déjà exprimé le désir d’intégrer la grande organisation internationale, représentant pratiquement la moitié de la population mondiale, plus d’un quart du PIB du monde, et 4 des 10 principales économies mondiales en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat. Le tout également au moment où l’Occident ne cache désormais plus son inquiétude quant à la montée en puissance de ladite alliance et son orientation de plus en plus anti-occidentale.

Purnima Anand a par ailleurs déclaré que la Chine, la Russie et l’Inde avaient déjà abordé la question de l’élargissement des BRICS en lien avec les pays mentionnés lors du 14ème Sommet de l’organisation, qui s’est tenu le mois dernier. «Tous ces pays ont manifesté leur intérêt à adhérer et se préparent à postuler pour l’adhésion. Je pense que c’est une bonne étape, car l’élargissement est toujours perçu positivement. Cela augmentera clairement l’influence des BRICS dans le monde».

Elle a également ajouté que l’adhésion de l’Egypte, de l’Arabie saoudite et de la Turquie pourrait ne pas avoir lieu au même temps pour les trois concernés. De son côté Li Kexin, directeur général du Département des affaires économiques internationales du ministère chinois des Affaires étrangères, avait précédemment indiqué que plusieurs pays «frappaient aux portes» de l’organisation, dont l’Indonésie, la Turquie, l’Arabie saoudite, l’Egypte et l’Argentine, notamment.

En parlant maintenant des perspectives de l’élargissement des BRICS et du concept BRICS+, il est à noter qu’Observateur Continental avait déjà abordé récemment cette question. En ce qui concerne plus précisément les cas de l’Egypte, de la Turquie et de l’Arabie saoudite – il serait correct de les analyser brièvement au cas par cas.

L’Egypte est actuellement la 22ème économie mondiale (juste derrière l’Iran) et la première en Afrique en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat. Sur le plan du PIB nominal, le pays des pharaons est classé 35ème à l’échelle mondiale et deuxième sur le continent africain (derrière le Nigéria). Le pays est par la même occasion la 12ème puissance militaire du monde en 2022 – première d’Afrique et du monde arabe. Le Caire peut également se vanter d’avoir des relations développées avec la Chine et la Russie, notamment, confirmant le fait d’être un membre potentiel intéressant pour les BRICS.

En ce qui concerne l’Arabie saoudite et la Turquie – ce sont des cas effectivement particuliers et également intéressants. La première étant la 17ème économie mondiale en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat (18ème en termes de PIB nominal). Longtemps considérée comme l’un des deux principaux alliés de Washington au Moyen-Orient (avec Israël), Riyad a engagé néanmoins récemment une orientation stratégique intéressante et axée sur la multipolarité. A l’instar des Emirats arabes unis, autre pays de la région longtemps considéré comme un allié de l’Occident, l’Arabie saoudite a souhaité préserver la coopération avec Moscou sur les questions énergétiques et géopolitiques, malgré les pressions washingtoniennes.

Quant à ses relations avec la Chine, l’Etat saoudien, au-delà d’être l’un des deux principaux (avec la Russie) fournisseurs de pétrole à Pékin, étudiait par la même occasion la possibilité de recevoir les paiements chinois pour le brut saoudien – en yuans. Une réalité fort déplaisante pour Washington. La suite dépendra bien évidemment de la capacité de Riyad à poursuivre l’éloignement de l’axe anglo-saxon en privilégiant celui de la multipolarité. Quant aux relations avec l’Iran, ayant déjà débuté la procédure d’adhésion en qualité de membre de plein droit au sein de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) et souhaitant rejoindre également les BRICS, la plateforme internationale pro-multipolaire pourrait être d’ailleurs l’occasion de normaliser les relations. A suivre donc.

Pour ce qui est de la Turquie, 11ème puissance économique mondiale en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat et 13ème puissance militaire du monde, seul l’avenir pourra dire si l’orientation en faveur de l’axe de la multipolarité sera privilégiée par le leadership turc. Etant membre de l’Otan, et le deuxième effectif armé du bloc atlantiste, Ankara a néanmoins explicitement refusé à se joindre aux sanctions contre la Russie, partenaire économico-commercial stratégique du pays, malgré les innombrables pressions de l’establishment washingtonien et occidental.

Et plus que cela a clairement choisi la voie d’accroitre encore plus les échanges avec Moscou. Dans l’état actuel des choses, il est encore trop tôt de dire si la Turquie pourra intégrer pleinement les BRICS. Néanmoins et dans un avenir multipolaire post-occidental – rien ne sera impossible.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=4068

L’Occident inquiet de la montée en puissance des BRICS

04.07.2022

Longtemps stigmatisée par les prétendus experts occidentaux, l’organisation des BRICS inquiète vivement désormais les divers analystes issus de l’espace occidental qui la voient comme un bloc plus que jamais ouvertement opposé à l’Occident collectif.

«Un bloc anti-occidental émerge, plus puissant que jamais», titre Die Welt, l’un des principaux quotidiens allemands. L’auteur dudit article, Stefan Aust, affirme que si beaucoup en Allemagne pensent que la plupart des pays du monde soutiennent l’Ukraine, la vérité est pourtant toute autre: l’alliance anti-occidentale devient de plus en plus puissante, politiquement et économiquement – et continue de s’étendre à travers le monde.

Pour lui, le bloc anti-occidental est en train d’émerger, plus puissant qu’à n’importe quel moment de l’histoire. A ce titre, il serait fort juste effectivement de reprendre la piqure de rappel de Lijian Zhao – porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères qui dans sa publication récente indique justement à très juste titre que si la population totale des pays composant le G7 est d’un peu plus que 770 millions de personnes, celle des BRICS représente plus de 3 milliards d’habitants de la planète.

Le haut représentant chinois ne manque d’ailleurs pas d’ajouter que «la prochaine fois qu’ils parleront de communauté internationale – vous saurez ce que cela signifie». En effet, les événements en cours, y compris la propagande occidentale largement russophobe autour de l’Ukraine, ont le mérite d’avoir remis amplement les points sur les «i». A savoir que l’Occident collectif, bien que faisant bloc commun (en qualité des nostalgiques de l’unipolarité) représente dans les faits une infime partie de l’humanité, avec tout ce que cela implique.

Les Occidentaux remarquent aussi avec stupéfaction que malgré les sanctions occidentales visant la Russie, y compris à travers les systèmes de paiement comme Visa ou MasterCard – les Russes peuvent désormais utiliser le système chinois UnionPay (accepté dans 180 pays du monde), que le nombre de voitures et d’autres produits fabriqués en Chine augmente largement sur le marché russe, et que même l’Inde – que les Occidentaux voulaient à tout prix voir dans leur bloc – non seulement n’a pas condamné l’opération militaire spéciale de la Russie, mais au contraire augmente fort considérablement ses échanges avec Moscou. Y compris dans la sphère énergétique, comme Observateur Continental l’avait déjà abordé

Aussi, les analystes occidentaux sont aujourd’hui forcés de reconnaitre, avec amertume bien évidemment, que leur suzerain en la qualité des USA – perd progressivement son influence sur les autres continents également. Y compris dans ce que Washington considérait  comme son arrière-cour, à savoir l’Amérique latine, fait qu’Observateur Continental avait également abordé.

Les Occidentaux reconnaissent également qu’aucun pays d’Amérique latine et d’Afrique n’a soutenu les sanctions occidentales contre la Russie. Tandis qu’en Asie, ils peuvent se comptent sur les doigts d’une seule main: Japon, Corée du Sud, régime séparatiste de Taïwan.

Les analystes occidentaux commencent également à reconnaitre, alors que cela était prédit depuis de longues années, que les grandes organisations internationales non-occidentales telles que les BRICS ou encore l’Organisation de coopération de Shanghai, malgré leurs diversités culturelles et politiques – sont unis dans le rejet face la prétendue supériorité occidentale et des pseudo-valeurs que tente d’exporter l’establishment de l’Occident.

Il faudrait certainement également rappeler que l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) et les BRICS – abritent ensemble 4 des 10 principales économies mondiales en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat (Chine – 1ère, Inde – 3ème, Russie – 6ème, Brésil – 9ème) et quatre puissances nucléaires par la même occasion (Russie, Chine, Inde, Pakistan). Tout en représentant à eux seuls de-facto la moitié de la population terrestre et plus d’un quart du PIB mondial.

Cela alors que la seule et véritable communauté internationale garde les portes ouvertes pour d’autres nations. A ce titre l’Iran et l’Argentine ont annoncé leurs ambitions de rejoindre les BRICS. Dans le cas de l’Iran, il faudrait rappeler que son adhésion a été déjà validée à l’OCS en qualité de membre de plein droit. Et cela en tenant compte aussi que les présidents Vladimir Poutine et Xi Jinping souhaitent augmenter l’interaction entre les BRICS, l’OCS ou encore l’Union économique eurasiatique. Sans oublier les grands ensembles régionaux et continentaux, notamment africains et latino-américains.

Pour conclure, résumons. L’Occident comprend de plus en plus que l’ère de son extrême arrogance est bel et bien terminée. Et si avant il y avait encore une porte ouverte à devenir pour cet Occident collectif un membre responsable de la véritable communauté internationale, désormais c’est vraisemblablement trop tard. Le monde ne sera plus seulement multipolaire – il l’est déjà – mais bel et bien multipolaire post-occidental.

Car au-delà d’être effectivement une évidente minorité planétaire sur le plan démographique, sur le plan économique l’Occident ne cesse également de perdre sa position de dominant (dans le Top 10 mondial, désormais moins de la moitié sont des économies occidentales et dans un avenir assez proche elles seront encore moins représentées). Les technologies occidentales deviennent de plus en plus remplaçables, et mêmes perdent de l’importance face aux alternatives chinoises et indiennes pour ne citer qu’elles. Quant aux ressources naturelles – l’Occident n’en possède comme au Moyen-Age tout simplement pas, mis à part celles qu’il pille encore à nombre d’endroits de la planète.

Et dans cette réalité résumée – oui, l’Occident devra effectivement apprendre à faire profil bas face à l’écrasante majorité de la planète et de l’humanité.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Pétrole: les marchés asiatiques comme priorité

23.06.2022

Le secteur pétrolier traduit une configuration mondiale qui suit parfaitement les changements majeurs observés sur la scène internationale, dans le cadre de l’ordre multipolaire. Et en ce sens, l’Occident est loin de représenter une quelconque priorité.

«Grâce à la Chine et l’Inde, le pétrole rapporte encore gros à la Russie» – annonce la chaine Euronews – l’un des principaux porte-voix des européistes bruxellois. En effet, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), cité par ledit reportage – la Russie a tiré des exportations de pétrole un revenu estimé à 20 milliards de dollars pour le seul mois de mai.

Par ailleurs, les importations chinoises de pétrole en provenance de Russie ont augmenté de 28% le mois dernier, et comme résultat l’Etat russe est devenu le premier fournisseur pétrolier de la Chine, en dépassant l’Arabie saoudite. Du côté de l’Inde, autre grande puissance non-occidentale et tout comme la Chine et la Russie – membre des BRICS et de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) – pour la seule demi-année en cours elle a acheté 60 millions de barils de pétrole russe, tandis pour toute l’année 2021 le volume de pétrole acheté à la Russie était de 12 millions de barils.

Les observateurs occidentaux aiment rappeler que Moscou vend son pétrole à Pékin et New Delhi avec un discount intéressant, ce qui est d’ailleurs vrai, mais en oubliant parfois d’indiquer que l’augmentation nette des prix pour cette matière stratégique à l’échelle internationale compense largement aujourd’hui tous les possibles discounts. D’autant plus des discounts faits à des partenaires dignes de ce nom. A l’énorme différence des régimes occidentaux. Après tout, vous avez bien droit de vendre le produit demandé au prix qui varie selon le niveau de fiabilité du client, et des relations qui vous lient à lui.

Tout cela traduit plusieurs aspects. Tout d’abord qu’il est effectivement grand temps pour la Russie de prioriser au maximum les marchés asiatiques et d’autres espaces non-occidentaux. Pas seulement pour le pétrole d’ailleurs. Dans le cas plus particulier du pétrole, les responsables et experts russes l’ont maintes fois indiqué: le pétrole russe trouvera preneur partout dans le monde, même si l’establishment atlantiste interdirait complètement son importation pour les compagnies occidentales.

De l’autre, que de manière générale et connaissant ce que représentent les marchés asiatiques, à savoir de loin les principaux consommateurs, il est également parfaitement naturel de se focaliser sur ces orientations. Et pas seulement du point de vue démographique, même si là aussi tout est dans les faits : la Chine et l’Inde à elles seules représentent près de 2,8 milliards de personnes. Cela sans même comptabiliser de nombreuses autres nations d’Eurasie, d’Afrique et d’Amérique latine. Quant aux USA et leurs fidèles sous-traitants de l’UE: pas plus que 800 millions…

Mais au-delà de l’aspect démographique qui a bien évidemment toute son importance, et peut-être aujourd’hui plus que jamais, pour rappeler aux nostalgiques de l’unipolarité où se trouve la véritable communauté internationale, la réalité économique n’est pas en reste. Faut-il justement rappeler qu’à ce titre, la Chine est la première puissance économique mondiale en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat et l’Inde – troisième?

Un sujet qu’Observateur Continental avait déjà abordé nombre de fois. Avec en prime le rappel que la Russie dans un avenir proche dépassera l’Allemagne (première économie de l’UE) pour devenir la 5ème puissance économique du monde, et que des pays comme le Royaume-Uni et la France quitteront, et ce également dans un avenir assez proche, le Top 10 des principales économies mondiales pour laisser place à des nations comme la Turquie ou encore le Mexique.

Bien sûr, nous savons tous que cela fait mal, et peut-être très mal, aujourd’hui pour l’Occident de devoir reconnaitre le fait d’être non seulement une extrême minorité planétaire sur le plan démographique, mais également de regarder avec énorme jalousie les portefeuilles de ses principaux adversaires géopolitiques et géoéconomiques. Qui ne sont autres que les grandes puissances non-occidentales, et partisanes de l’ordre multipolaire international par la même occasion.

Et lorsqu’on prend en compte tous ces aspects, et quelques autres, on comprend mieux pourquoi l’Occident a tellement de mal à maintenir une domination mondiale. Une domination qui non seulement s’est essoufflée, mais qui de facto est morte. Encore une fois il faut bien rappeler et préciser qu’au départ il n’était pas question d’exclure l’Occident de la communauté internationale au vrai sens du terme. Mais les élites occidentales ont de par leur extrême arrogance et une pure mentalité néocoloniale préféré s’autoexclure elles-mêmes. Et ainsi nous permettre non seulement de poursuivre le développement de l’ordre multipolaire international, mais également d’ouvrir la page de l’ère multipolaire post-occidentale. Une ère dans laquelle les ressources réelles joueront un rôle clé dans le développement des peuples, et non pas la spéculation sans aucun support derrière.

Quelles en seront les conséquences pour l’Occident? Difficile de le dire de manière exacte pour le moment. Il faudrait juste peut-être rappeler que les diverses croisades occidentales du Moyen-Age avaient peut-être des objectifs spirituels que pour certains de ses participants. Mais pour les instigateurs, n’hésitant pas à attaquer musulmans comme chrétiens orthodoxes (voir pillage de la ville de Constantinople de 1204), l’objectif était uniquement économique. A une période où cette fameuse Europe aujourd’hui si arrogante mourrait de la faim et de la peste, et n’avait pratiquement aucune notion digne de ce nom de la médecine. A la grande différence notamment du monde arabe.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Le format des BRICS+ en tant qu’une des priorités des Etats membres

19.06.2022

L’organisation des BRICS semble promouvoir de plus en plus une approche multilatérale permettant une intégration maximale dans le cadre du concept BRICS+, donnant la priorité à la diversité géographique aux pays concernés par cette interaction, et renforçant la thèse d’un ordre multipolaire post-occidental.

L’un des points principaux de la présidence chinoise des BRICS (composée du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique du Sud) a été le lancement d’une réunion BRICS+ élargie au niveau des ministres des Affaires étrangères, dans laquelle au-delà des pays membres de l’organisation internationale, ont été conviés les représentants de l’Egypte, du Nigéria, du Sénégal, de l’Argentine, du Kazakhstan, d’Indonésie, d’Arabie saoudite, des Emirats arabes unis et de Thaïlande. Une perspective déjà abordée par Observateur Continental.

Mis à part cette initiative du leadership chinois, Pékin a également présenté un format de dialogue inclusif couvrant toutes les grandes parties du Sud global, réunissant des plateformes d’intégration régionale en Eurasie, en Afrique et en Amérique latine.

Anil Sooklal, ambassadeur spécial d’Afrique du Sud pour les BRICS et les pays d’Asie, en marge du Forum économique international de Saint-Pétersbourg auquel il participe, a déclaré «que le format actuel des BRICS permet aux Etats membres de répondre aux défis géopolitiques et financiers actuels».

Toujours selon lui, l’ignorance par les pays occidentaux de l’architecture multilatérale des affaires internationales en matière de sécurité, ainsi que l’imposition des sanctions contre la Russie – entraînent des problèmes dans les domaines de l’alimentation et de l’énergie. Tout en ajoutant «que nous avons été très souvent privés d’accès aux vaccins. Nous avons également vu l’impact dévastateur des changements climatiques et nous constatons que de nombreux pays dits développés ne partagent par les technologies avec les autres pour surmonter les problèmes existants. Notre président (le président sud-africain Cyril Ramaphosa, ndlr) avait expliqué que nous étions déjà confrontés à des problèmes de sécurité alimentaire et nous nous sommes tournés vers la Russie pour résoudre ce problème».

En termes de perspectives et au-delà d’un élargissement en cours du format de partenariat avec le BRICS+, un point très important concerne effectivement non seulement le maintien des relations stratégiques entre les Etats membres, mais également un renforcement encore plus notable de ces relations.

Ainsi, malgré les multiples tentatives occidentales de saper le développement des relations sino-russes, cela non seulement n’a pas abouti, mais au contraire suit le cours absolument inverse de celui souhaité par les nostalgiques de l’ère unipolaire. La toute récente discussion téléphonique entre les présidents russe et chinois n’a fait d’ailleurs que le confirmer. 

Une discussion durant laquelle le leader chinois a réitéré que la Chine est prête à travailler avec la Russie pour continuer à se soutenir mutuellement sur leurs intérêts fondamentaux respectifs concernant la souveraineté et la sécurité, ainsi que sur leurs préoccupations majeures, en approfondissant leur coordination stratégique et en renforçant la communication et la coordination dans des organisations internationales et régionales importantes telles que l’ONU, les BRICS et l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS).

Autre point très important: la Chine est également disposée à travailler avec la Russie pour promouvoir la solidarité et la coopération entre les marchés émergents et les pays en développement, et pour faire avancer l’ordre international et la gouvernance mondiale vers une direction plus juste et plus raisonnable.

La réalité est devenue parfaitement évidente. Même nombre d’experts intervenant sur les plateaux des chaines occidentales le reconnaissent: la Chine et la Russie se trouvent sur la même longueur d’onde. Une réalité qui a au moins le mérite d’être honnête et comme résultat largement plus appréciée par les téléspectateurs.

De manière générale, il devient évident que les BRICS tout en représentant une large partie de l’humanité, aussi bien du point de vue démographique, économique qu’industriel – misent désormais sur une intégration encore plus large pour définitivement tourner la page d’une fausse communauté internationale, et mettre pleinement en pratique la seule et véritable.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Amérique latine: les USA face aux difficultés

20.05.2022

Malgré le maintien de la politique washingtonienne d’arrière-cour à l’encontre des nations latino-américaines, les processus régionaux et internationaux ne font chaque jour que réduire un peu plus l’influence étasunienne sur les pays en question.

L’heure n’est vraisemblablement pas rose pour Washington en Amérique latine. The New York Times affirme d’ailleurs que le prochain Sommet des Amériques prévu à Los Angeles le mois prochain pourra être sérieusement affecté par plusieurs boycotts de leaders latino-américains.

Parmi les grands noms de ce boycott figurent ceux de Andres Manuel Lopez Obrador – président mexicain ou encore de Jair Bolsonaro, président du Brésil. En ce qui concerne le leader du Mexique – il avait en effet déclaré qu’il ne participerait pas au prochain Sommet des Amériques si les USA excluaient d’autres pays, parmi lesquels Cuba, le Nicaragua et le Venezuela.

Le président mexicain est même allé plus loin en affirmant dans un entretien à l’agence de presse Prensa Latina que les actions des Etats-Unis à l’encontre de Cuba constituent un génocide. A noter que le Mexique au-delà d’être un des voisins immédiats des USA – est également l’actuelle 13ème puissance économique mondiale en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat. Avec en perspectives la possibilité d’intégrer le Top 10, tandis que des pays occidentaux comme la France et le Royaume-Uni vont vraisemblablement quitter ce même Top 10 sur le court-moyen terme.

En ce qui concerne le Brésil – principal puissance latino-américaine et l’actuelle 9ème puissance économique mondiale en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat, si le président Bolsonaro était longtemps considéré comme un sympathisant à Washington, ses relations avec Joe Biden sont aujourd’hui loin d’être au beau fixe. Y compris sur la question du refus du Brésil à se joindre aux sanctions occidentales contre la Russie.

Mais au-delà de l’aspect qui concerne purement le sommet en question, de manière générale les processus pro-multipolaires semblent effectivement prendre la voie d’un éloignement de plus en plus évident de l’Amérique latine vis-à-vis de Washington, comme Observateur Continental l’avait prédit précédemment.

Effectivement, si l’axe bolivarien souverainiste et progressiste est non seulement toujours vivant avec Cuba, le Nicaragua, le Venezuela et la Bolivie, la gauche progressiste continue d’attirer d’autres pays. L’élection au Pérou de Pedro Castillo avait déjà marqué les esprits, en Colombie – l’un des principaux alliés de Washington en Amérique latine de plus en plus de doutes persistent quant aux choix stratégiques d’avenir, mais surtout la présidentielle brésilienne d’octobre prochain inquiète vivement l’establishment étasunien.

En effet, le retour fort possible au pouvoir de Luiz Inacio Lula da Silva, représentera un énorme défi pour la politique US dans toute l’Amérique latine. Rappelons à cet effet que Lula n’a jamais eu de relations cordiales avec Washington, récemment avait dénoncé la responsabilité des Etats-Unis et de l’UE dans la crise ukrainienne, le tout sans oublier d’être un ferme partisan du bloc des BRICS, dont le Brésil fait partie avec la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud.

Fait important: Lula fait pour le moment figure de favori du scrutin présidentiel brésilien. Son élection éventuelle à la tête du Brésil créera de nouveaux problèmes pour Washington, sachant d’autant plus qu’il partage une amitié forte et ancienne avec tous les principaux leaders progressistes latino-américaines – largement hostiles aux USA par la même occasion. Et si la principale puissance latino-américaine adoptera une position ferme dans cet axe souverainiste, progressiste et résolument pro-multipolaire – il est évident que l’influence washingtonienne et occidentale en prendra un sérieux coup supplémentaire. Oui, réalité multipolaire post-occidentale oblige.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Les perspectives des BRICS en tant que base de la nouvelle réalité internationale

21.04.2022

Dans le cadre du monde multipolaire post-occidental, les discussions s’activent sur les modèles qui joueront un rôle clé dans la nouvelle architecture internationale. Le groupe des BRICS fait partie des options qui méritent un grand intérêt.

Dans le contexte des bouleversements en cours et à venir sur la scène internationale, avec comme résultat la marginalisation de plus en plus visible de l’establishment occidental, il est désormais très important de mettre en place les mécanismes de cette nouvelle réalité mondiale qui s’impose, et s’imposera.

Les nostalgies du système unipolaire vivent les dernières heures et laisseront la place à une nouvelle configuration des relations internationales et de blocs régionaux/continentaux. On sait également que les forces motrices de cette architecture seront les grandes puissances mondiales non-occidentales, ainsi que les communément appelés pays du Sud. A cet effet, de nouvelles institutions verront certainement le jour, de même que de nouveaux mécanismes d’intégration régionale, voire inter-régionale, sans oublier les systèmes financiers correspondants.

Evidemment, les BRICS constituent l’un de ces exemples d’inspiration pour la suite des événements à venir. Parmi les orientations que pourra offrir l’organisation, on peut faire mention du redémarrage des échanges mondiaux sur de nouvelles règles et bases, la création d’un nouveau système institutionnel qui permettra la modernisation des pays alliés et partenaires, la mise en place de nouvelles plateformes régionales, et bien évidemment la création d’un système financier nouveau, qui privilégiera les échanges en monnaies nationales/régionales, sans oublier la ferme nécessité de s’éloigner vis-à-vis des réserves en monnaies occidentales.

Ces schémas, ainsi que certainement beaucoup d’autres, pourront être coordonnés et mis en œuvre dans le cadre du format BRICS+, un format qui ouvre l’interaction entre les pays membres des BRICS avec les autres nations, et plus généralement le reste de l’économie mondiale. En ce qui concerne plus précisément les organisations avec lesquelles les BRICS peuvent déjà interagir, on peut mentionner l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) – cette grande organisation eurasiatique internationale, ainsi que l’Union économique eurasiatique (UEEA).

Aussi, les interactions et coordinations de divers mécanismes supplémentaires, peuvent et doivent être étendues aux autres parties du monde, notamment l’Afrique et l’Amérique latine. Il est également évident que lors de la création de telles nouvelles plateformes d’interaction, l’esprit du multilatéralisme, ainsi que de la construction d’une nouvelle architecture internationale – dans l’intérêt de l’ensemble de ses participants – seront des orientations de première importance.

Si l’esprit des groupes des BRICS et de l’OCS est devenu aujourd’hui inspirant pour de nombreuses régions terrestres, il est évident qu’il faudra faire preuve d’adaptation à leurs besoins, le tout dans l’objectif de reformater l’économie mondiale dans un cadre réellement inclusif, juste et durable. En cela les BRICS comme l’OCS peuvent devenir les initiateurs de processus d’interaction avec à terme une grande plateforme de coopération regroupant tous les pays du Sud. La présidence chinoise des BRICS de cette année peut d’ailleurs donner une impulsion à toutes ces initiatives.

En ce qui concerne les grandes puissances non-occidentales, il est évident qu’il faut dès maintenant construire ces mécanismes qui à terme tourneront définitivement la page du système libéral occidental. Dans cette optique, l’Occident pourra choisir de rester isolé en poursuivant ses fameuses références à un système international qu’il contrôlait – révolu, ou d’ici là s’adapter aux nouvelles règles. Bien que cette question ne soit pas prioritaire. La priorité est représentée par la majorité de la population du globe terrestre.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Chine-Russie: la force dans la complémentarité

A la veille d’une nouvelle rencontre entre les présidents russe et chinois, il devient définitivement évident que tous les adversaires du rapprochement sans précédent entre la Chine et la Russie, le plus souvent ni Russes, ni Chinois, doivent se rendre à l’évidence d’un énième échec.

Alors que le président russe sera en déplacement en Chine, accompagné d’une grande délégation, pour y rencontrer son homologue chinois Xi Jinping et assister à l’ouverture des Jeux olympiques d’hiver de Pékin, Vladimir Poutine a signé une tribune intitulée La Russie et la Chine: un partenariat stratégique tourné vers l’avenir, et publié par l’agence de presse chinoise Xinhua.

Si le leader russe rappelle à très juste titre que les deux pays, étant des voisins proches, sont liés par des traditions séculaires d’amitié et de confiance, il revient également sur les principales orientations de la coopération stratégique entre la Russie et la Chine. En indiquant que «nous apprécions hautement le fait que le partenariat de coordination stratégique globale Russie-Chine, qui est entré dans une nouvelle ère, a atteint un niveau sans précédent et est devenu un modèle d’efficacité, de responsabilité et d’aspiration pour l’avenir».

En parlant des échanges économico-commerciaux, le président russe a fait valoir qu’à l’issue de l’année 2021, le volume des échanges mutuels a augmenté de plus d’un tiers, pour dépasser le niveau record de 140 milliards d’équivalents de dollars. Tout en rappelant que l’objectif fixé par les leaderships des deux pays est de porter le volume commercial à 200 milliards par an.

Un point important soulevé par le leader russe concerne l’extension des règlements en devises nationales et la poursuite de la création des mécanismes qui compensent l’impact négatif des sanctions unilatérales. Tout en rappelant qu’à cet égard un accord a été signé entre la Russie et la Chine en 2019.

On devrait également rappeler qu’un véritable coup de pouce supplémentaire pour les échanges sino-russes pourra être donné par le renforcement des axes logistiques bilatéraux, et ce à l’heure du grand projet international promu par la Chine La Ceinture et la Route.

Vladimir Poutine n’a pas manqué évidemment d’aborder la coordination de la politique étrangère entre la Russie et la Chine, qui repose sur des approches étroites et concordantes pour résoudre les problèmes mondiaux et régionaux. «Nos pays jouent un rôle stabilisateur important dans l’environnement international difficile d’aujourd’hui, en promouvant une plus grande démocratie au sein du système des relations internationales afin de le rendre plus équitable et inclusif». Tout en rappelant par la même occasion qu’au-delà de l’interaction bilatérale d’un niveau sans précédent, les deux nations travaillent également dans un cadre actif multilatéral, que ce soit au sein de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) ou des BRICS, entre autres.

La culture et les relations entre les deux peuples ne sont également pas restées de côté. Le président russe a à ce titre rappelé que la Russie et la Chine sont des pays comptant des milliers d’années de traditions uniques et un patrimoine culturel renommé. Par ailleurs, de nouveaux programmes de sensibilisation et d’éducation seront lancés afin de faire découvrir encore plus aux citoyens russes et chinois l’histoire et la vie quotidienne des deux pays. Renforçant une fois de plus le fait que la proximité stratégique ne concerne pas seulement les leaderships politiques, militaires et les opérateurs économiques des deux civilisations, mais aussi et très fortement les deux peuples.

Enfin et alors que les Jeux olympiques d’hiver vont maintenant débuter dans la capitale chinoise, le président russe n’a pas manqué de rappeler l’intensification des tentatives d’un certain nombre de pays qui visent à politiser le sport pour leurs intérêts égoïstes, ce qui est fondamentalement erronée et contraire à l’esprit et aux principes mêmes de la Charte olympique. En ajoutant que «nos amis chinois ont fait un travail énorme pour bien préparer les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver». Et en exprimant sa conviction que la vaste expérience de la Chine dans l’excellente organisation de compétitions internationales représentatives permettra d’organiser cette fête mondiale du sport au plus haut niveau.

Evidemment et en termes de perspectives, l’essentiel à retenir, une fois de plus, c’est que la relation sino-russe au-delà d’être solide, est orientée sur le temps. Sur du long-terme. Les experts autoproclamés occidentaux ont beau continuer à tenter de chercher la moindre petite faille dans cette relation (qui par essence d’ailleurs ne les regarde pas) – ils n’arrivent pas à faire stopper cette puissante locomotive conjointe.

Une locomotive construite effectivement sur une base solidaire et celle de la complémentarité. Le tout en tenant compte des intérêts respectifs, en coordonnant les positions dans les très nombreux dossiers internationaux courants, en renforçant la coopération dans la sphère militaro-sécuritaire (aussi bien au niveau bilatéral que multilatéral), et en promouvant des échanges économico-commerciaux à succès et mutuellement bénéfiques. C’est ce qui facilite d’ailleurs justement cette complémentarité sino-russe, et ce aussi bien sur le plan bilatéral qu’à d’autres endroits du monde.

Pour finir, il serait certainement juste de répondre aux mauvaises langues occidentales, en d’autres termes – aux adversaires de la Russie comme de la Chine – qui sans même s’intéresser aux chiffres et statistiques, prétendent maîtriser les particularités économiques, en gesticulant que l’économie chinoise ne fera « qu’avaler » celle de la Russie.

Ces prétendus spécialistes pourront donc consulter les statistiques des échanges commerciaux entre les deux pays pour le troisième trimestre 2021. Les exportations russes à destination de la Chine pour cette période ont représenté plus de 17,6 milliards d’équivalents de dollars (une hausse de 57,19% sur la même période de 2020), celles de la Chine à destination de la Russie: un peu plus que 19 milliards (hausse de 30,14% sur la même période de 2020). Conclusion: des échanges donc tout à fait équilibrés entre respectivement la première et la sixième économie mondiale en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat. Des échanges qui ne feront que s’accroitre encore plus, au détriment des adversaires occidentaux.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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BRICS: finalisation du plan d’action conjoint contre le terrorisme

Les pays BRICS se préparent à porter à un niveau supérieur l’interaction conjointe en matière de lutte contre le terrorisme. Il devient évident que les grandes puissances non-occidentales auront à jouer un rôle désormais déterminant dans le volet sécuritaire, et ce au niveau régional comme international.

Le plan d’action antiterroriste des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) destiné à renforcer la coopération dans la lutte contre le terrorisme entre les Etats membres de l’organisation, a été finalisé, comme l’annonce le quotidien indien de langue anglaise The Hindu. Cela a été discuté lors de la sixième réunion du Groupe de travail contre le terrorisme des BRICS, les 28 et 29 juillet.

Le ministère indien des Affaires étrangères a pour sa part annoncé que ce plan d’action contribuera à établir «une coopération axée sur les résultats» entre les Etats membres des BRICS. Tout en précisant «qu’au cours de la réunion du groupe de travail, en condamnant le terrorisme sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations à tout moment, où et par qui que ce soit, les pays des BRICS ont également échangé leurs points de vue sur l’évaluation de la menace terroriste aux niveaux national, régional et mondial, et ont décidé de renforcer davantage la coopération antiterroriste conformément audit plan d’action».

Ce plan d’action d’interaction conjointe dans la lutte contre le terrorisme représente l’un des principaux résultats de la présidence indienne actuelle de l’organisation et qui devrait être adopté lors de la réunion des conseillers à la sécurité nationale des BRICS prévue en août. Parmi les principales orientations dudit plan d’action, on retrouve non seulement la prévention et la lutte contre le fléau du terrorisme, mais également le traitement des problèmes liés à la radicalisation, le financement des groupes terroristes, l’utilisation abusive d’internet par les éléments extrémistes, la restriction des mouvements de terroristes, le contrôle des frontières, la protection des cibles vulnérables, le partage d’informations, ainsi que la coopération régionale et internationale.

Cette initiative, au-delà d’être liée à une structure internationale représentant plus de 3 milliards d’habitants, est d’autant plus importante que les initiatives dans le cadre de la lutte antiterroriste qui émanent de la communauté occidentale ont pratiquement tous connu de vifs échecs – le tout allié à une approche irrespectueuse du droit international, de la souveraineté des Etats, et pensant pouvoir manipuler à leur guise des éléments terroristes dans l’objectif d’atteindre des gains géopolitiques et géoéconomiques.

De la Libye jusqu’au Mali, de la Syrie à l’Afghanistan, la liste n’étant pas exhaustive – l’establishment occidental ne peut se vanter de quelconques résultats dans le volet de la lutte contre le terrorisme. Et ce au moment même où ce même establishment continue de faire référence à une communauté internationale dont il est tout sauf le représentant, sans oublier l’approche révisionniste lorsqu’il continue de mentionner l’ordre international unipolaire – terminé et révolu.

En ce qui concerne les pays BRICS, notamment la Chine et la Russie – les Etats en question auront déjà démontré non seulement des résultats efficaces dans la lutte contre le terrorisme et la prévention contre l’extrémisme, mais plus que cela – une capacité à mettre hors d’état de nuire de très larges groupements terroristes recevant des aides variées et multiples de la part des élites occidentales. La Syrie en représente un exemple fort révélateur.

Si l’on prend par contre l’exemple de la Libye, du Mali et plus généralement la région du Sahel – l’Occident a également fait preuve d’une incapacité à assumer son rôle objectif de pompier pyromane. Car au-delà d’avoir largement contribué à la large propagation du terrorisme dans le Sahel suite à la destruction, en toute illégalité internationale, de la Jamahiriya libyenne de Mouammar Kadhafi – un Etat jadis prospère et stable, les mêmes acteurs n’ont rien pu (ou voulu) faire pour stopper l’hémorragie terroriste au sein des Etats appartenant à cette région.

Le fait donc que les BRICS, à l’instar d’une autre grande structure internationale comme l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), attache une importance de plus en plus accrue au volet antiterroriste ne peut être que rassurant pour l’avenir mondial, à l’heure où des défis évidents et sérieux persistent. Et parmi ces défis figurent bel et bien les groupements terroristes – comme d’ailleurs ceux, qui tout en refusant de reconnaitre l’ère multipolaire, ne ressentent aucun remord à tenter d’instrumentaliser les extrémistes en question, pensant à tort pouvoir en garder le contrôle. Mettant ainsi en danger non seulement la sécurité internationale dans son ensemble, mais également celle de leurs propres citoyens.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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