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Burkina Faso: adieu la Françafrique, bonjour l’Afrique!

24.01.2023

Après plusieurs échecs du régime français en terre africaine, l’effet domino se poursuit de manière attendue. Désormais et suite aux revendications populaires, c’est au tour des autorités du Burkina Faso d’officialiser la demande de départ des troupes françaises du sol national. Le système néocolonial de la Françafrique semble définitivement en chute finale.

Suite à l’annonce par les autorités burkinabè de l’exigence pour les troupes françaises se trouvant au Burkina Faso de quitter le pays dans un délai d’un mois – le président hexagonal Macron avait demandé des «clarifications». Des clarifications désormais obtenues: le gouvernement du Burkina Faso confirme avoir demandé le retrait des troupes françaises.

La confirmation est venue du porte-parole du gouvernement – Jean-Emmanuel Ouedraogo, dans une interview à la Radio-Télévision du Burkina (RTB). Si pour le moment, il ne s’agit pas d’une rupture diplomatique entre Ouagadougou et Paris, la page du partenariat militaire se termine bel et bien. Et ce de manière parfaitement logique et attendue, aussi bien par la société civile burkinabè, que par de nombreux autres citoyens africains.

En effet, et comme nous l’avions déjà plusieurs fois abordé – les mobilisations populaires souverainistes, le panafricanisme et la réalité multipolaire internationale ont complètement mis à mal la présence des nostalgiques de l’unipolarité sur le sol africain, ainsi que l’interférence fortement néfaste de ces derniers dans les affaires des Etats de l’Afrique. Et après la Centrafrique, le Mali, ou encore l’Ethiopie – il est devenu évident que les schémas néocolonialistes mis en place par les régimes occidentaux sur le continent africain – n’avaient plus du tout leur place.

Comme nous l’avions également souligné précédemment, les dits régimes atlantistes se retrouvent de-facto impuissants face aux millions de citoyens de pays africains mobilisés et qui comprennent parfaitement les événements en cours à l’échelle régionale, continentale et internationale. Et l’effet domino que nous avions également plusieurs fois abordé – est toujours et plus que jamais d’actualité. Et fort certainement ne fera que se poursuivre.

Pendant ce temps, il est évident qu’au lieu de changer de mentalité et devenir des acteurs constructifs du monde multipolaire et du destin commun de l’humanité – pour reprendre la notion du leadership chinois – l’establishment occidental maintient une approche arrogante, méprisante et condescendante vis-à-vis des Etats et peuples africains. Et plus généralement – vis-à-vis de tous les peuples non-occidentaux, et surtout ceux qui ne partagent pas leurs fameuses pseudo-valeurs, certainement occidentales, mais aucunement universelles.

Bien qu’il soit vrai aussi que tout en maintenant une approche arrogante propre à l’Occident depuis des siècles déjà – les derniers événements à l’échelle internationale – démontrent que le petit monde occidental se rend tout de même compte qu’il est loin, très loin, de pouvoir compter sur un large soutien à l’échelle de l’écrasante majorité de l’humanité.

Dans cette perspective, le pays de Thomas Sankara fait clairement le choix d’une rupture avec le régime hexagonal et les réseaux françafricains. Des réseaux qui tout en continuant à accuser la Russie, la Chine, la Turquie et d’autres puissances non-occidentales de leurs propres échecs abordés tellement de fois, refusent surtout à se regarder de manière un minimum objective dans le miroir.

Dans tous les cas – le Burkina Faso semble désormais définitivement faire le choix de l’orientation panafricaniste et pro-multipolaire. Tout en disant adieu à un système qui n’a plus du tout sa place dans le monde contemporain. Et ce – ni en Afrique, ni ailleurs.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=4583

Le soutien au régime kiévien s’étouffe à l’ONU

16.11.2022

Malgré la pression occidentale sur de nombreux pays, le soutien affiché à Kiev au niveau onusien diminue drastiquement, et ce de l’aveu même des médias de l’Occident. Le tout récent vote de l’Assemblée générale de l’ONU promu par l’establishment atlantiste en vue de faire profiter le régime kiévien de réparations russes le confirme amplement.

La toute récente résolution occidentalo-kiévienne votée à l’Assemblée générale de l’ONU constitue un revers de poids pour Kiev et ses principaux parrains. Au-delà d’être non-contraignante, elle affiche surtout la perte du soutien international à la coalition pro-occidentale, et cela alors que les élites atlantistes maintiennent une pression hors norme sur la communauté internationale.

Avec 94 votes en faveur de ladite résolution, 13 votes contre, 74 abstentions et 11 non-participations au vote, malgré son adoption – la coalition pro-occidentale a recueilli moins de la moitié des voix des Etats membres de l’ONU. The Washington Post confirme cette réalité en indiquant qu’il s’agit d’un des plus bas soutiens en faveur de Kiev lors des cinq résolutions relatives à l’Ukraine votées par l’Assemblée générale onusienne, depuis le début de l’opération militaire spéciale de la Russie, le 24 février dernier.

La consternation occidentale est certainement d’autant plus grande que parmi les 13 pays ayant voté ouvertement contre l’initiative occidentalo-kiévienne on retrouve la République populaire de Chine – membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, première puissance économique mondiale en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat et tout simplement l’une des principales puissances internationales. Le vote de la Chine d’opposition ouverte à la résolution occidentale s’est fait aux côtés de la Biélorussie, de la Centrafrique, de Cuba, de la Corée du Nord, de l’Erythrée, de l’Ethiopie, de l’Iran, du Mali, du Nicaragua, de la Syrie, du Zimbabwe et évidemment de la Russie.

A noter que les élites occidentales avaient plusieurs fois répété dans le passé qu’ils doivent recueillir pas moins de 100 votes en faveur des résolutions concernant l’Ukraine, à défaut de quoi ce serait considéré comme un échec. En oubliant très souvent de rappeler que même lors des votes où ladite coalition réussissait à obtenir un nombre bien plus conséquent que lors de la toute récente Assemblée générale, le poids démographique des nations représentées n’était jamais à l’avantage des régimes occidentaux. Et désormais cette réalité devient nettement plus visible.

Une chose est sûre. Ce vote aura largement démontré une fois de plus que l’Occident n’a aucune valeur à pouvoir prétendre parler au nom de la communauté internationale. Cela d’autant plus qu’à la différence des régimes atlantistes, Moscou et Pékin n’ont point besoin d’intimider, menacer ou faire du chantage vis-à-vis des Etats membres onusiens pour obtenir les votes nécessaires. A l’énorme différence de l’establishment occidental.

Les espoirs donc de l’Occident collectif quant au fait que l’isolation de la Russie pourrait à terme se réaliser – non seulement ne se concrétisent pas, mais subissent de-facto la ridiculisation, compte tenu de tous les efforts des nostalgiques de l’unipolarité. Et cela sans même aborder de nouveau les problèmes économiques qui touchent de plus en plus fermement les instigateurs et promoteurs des sanctions unilatérales. L’effet boomerang dans toute sa splendeur.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Burkina Faso: les Occidentaux s’agitent déjà

11.10.2022

Alors qu’il est toujours trop tôt à pouvoir déterminer l’orientation que privilégieront les nouvelles autorités burkinabés, l’inquiétude grandit au sein des cercles occidentaux. Après les échecs subis dans de nombreux pays africains, le Burkina Faso risque de devenir la goutte de trop pour un establishment occidental largement rejeté en Afrique.

Des inquiétudes et diverses interprétations de Paris jusqu’aux pressions et mises en garde de Washington, décriées par les experts africains, la tendance semble aller assez clairement en direction de nouveaux défis pour l’establishment occidental.

Après les échecs au Burundi, en Centrafrique, en Ethiopie ou plus récemment au Mali – le processus de la chute d’influence non plus seulement du système françafricain, mais plus globalement occidental, ne semble pas pouvoir être stoppé en Afrique. Et si bien même que Washington a tenté de surfer sur la vague panafricaine, en utilisant des éléments qui reprenaient le discours anti-français tout en promouvant la ligne pro-étasunienne, en d’autres termes en poignardant son propre allié, aujourd’hui lui aussi doit se rendre à l’évidence d’être largement rejeté, au même titre que Paris.

D’où les nouvelles menaces et mises en gardes, notamment à destination des nouvelles autorités burkinabés. Le seul souci pour les élites atlantistes, c’est qu’elles oublient une fois de plus que dans la réalité contemporaine, elles n’ont plus seulement en face des leaders de plus en plus à l’écoute de leurs populations, mais justement ces mêmes populations – déterminées à en découdre une bonne fois pour toute avec le système néocolonial occidental sur leur sol.

Les élites occidentales, dans l’extrême arrogance et sentiments de prétendue supériorité qui les caractérisent, pensent fortement à tort que leurs assassinats des grands leaders panafricains, dont Patrice Lumumba, Thomas Sankara, plus récemment Mouammar Kadhafi, et bien d’autres encore – ont été oubliés dans la mémoire collective africaine. Il n’en est rien.

Au contraire et plus que jamais des millions et des millions d’Africains reprennent le flambeau des leaders tombés. L’Occident avait beau tenté à détruire, humilier leur mémoire – rien n’y fait, c’est le retour des flammes à l’envoyeur. Et rien ne semble être en mesure non seulement à éteindre les dites flammes, mais même ne serait-ce qu’à faire baisser leur intensité.

Dans cette perspective, les nouvelles agitations, menaces, intimidations occidentales ont vraisemblablement le mérite d’augmenter la puissance du feu dans lequel brûlent leurs projets malsains pour le continent africain. Faibles en analyse des peuples non-occidentaux, peut-être par manque de capacité intellectuelles, mais surtout car étant incapables de se défaire de la posture néocoloniale ancrée en eux depuis des siècles, Washington, Londres comme Paris continueront à cueillir les «fruits» de leur politique.

Encore une fois et quels que soient les futurs choix stratégiques de Ouagadougou, les autorités nationales ne pourront rester sourds aux appels de la population du pays. Les mobilisations populaires ne sont pas prêtes à s’arrêter et la vague panafricaniste continuera à balayer l’arrogance occidentale. Et si aujourd’hui en Ukraine se déroule le combat contre les derniers vestiges de l’unipolarité atlantiste, c’est notamment en Afrique que se jouera très certainement l’avenir du monde multipolaire post-occidental.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Burkina Faso: le rejet de la Françafrique au summum

04.10.2022

S’il est encore difficile de déterminer la voie que choisiront les nouvelles autorités burkinabés après le récent coup d’Etat militaire, une chose demeure évidente: le rejet quasi-total de l’orientation françafricaine par les populations concernées. Un rejet qui, s’il n’est pas écouté correctement, ne fera que relancer d’autres révolutions populaires.

Une fois de plus, Paris voit très mal les événements en cours dans ce qu’il considère comme son prétendu pré-carré, une notion qu’il devra fort probablement oublier au plus vite. Et ce qui fait le plus mal aujourd’hui au système néocolonial de la Françafrique, et plus généralement à l’establishment occidental, ce ne sont pas tant les coups d’Etat militaires communément appelés comme tels dans le mainstream médiatique de l’Ouest, mais bien les mobilisations sans précédent des populations africaines.

Après tout et si l’on prend les principaux échecs jusqu’à présent pour l’establishment hexagonal en Afrique francophone, à savoir la Centrafrique et le Mali, les deux cas restent différents et ressemblants au même moment. Différents dans le sens de l’organisation des pouvoirs concernés, ressemblants car jouissant d’un très large soutien populaire à l’intérieur des pays cités.

Plus que cela, et comme nous avons souvent répétés dans le passé – les cas de la RCA et du Mali – d’exemples longtemps cités comme étant parmi les plus négatifs à l’échelle continentale en raison de l’insécurité quasi-chronique – sont désormais devenus d’énormes sources d’inspiration pour beaucoup d’autres nations du continent africain.

Pour revenir au Burkina Faso, les experts africains s’accordent à dire que quelle que soit la suite des orientations choisies par le nouveau pouvoir, suite au coup d’Etat conduit par le capitaine Ibrahim Traoré, le principal étant de ne pas faire le jeu de Paris. Car c’est précisément ce que reprochent les citoyens burkinabés à Paul-Henri Damiba, déchu à la suite de ce nouvel coup d’Etat militaire.

Quant aux drapeaux russes que portaient de nombreux manifestants au Burkina Faso, comme d’ailleurs à l’instar d’autres pays africains, si en Occident beaucoup sont ceux qui souhaitent y voir une «main de Moscou», la réalité démontre plutôt qu’ils sont, une fois de plus, si loin du compte.

La réalité étant surtout que les Africains rejettent, sans plus le moindre doute, massivement la politique hexagonale et occidentale – aussi bien vis-à-vis de leurs pays respectifs, de leur continent, et plus généralement à l’échelle internationale. Quant à la Russie, beaucoup de citoyens africains la voient si ce n’est pas comme la force libératrice, alors au moins stabilisatrice, qui contribue à apporter la sécurité, notamment face aux divers groupes terroristes, tout en remettant de l’ordre face à l’arrogance néocoloniale occidentale. Une arrogance que les Africains, dans leur très large majorité, ne toléreront plus jamais.

Et ce qui fait effectivement si peur aux élites occidentales, c’est que si bien même quand elles arrivent à corrompre certains nouveaux pouvoirs africains en place, ou du moins à les forcer à faire marche arrière sur certaines de leurs promesses, évidemment ce schéma ne marche vis-à-vis des millions et des millions de citoyens africains, qui se revendiquent du panafricanisme et de la multipolarité.

Au Mali comme en Centrafrique, où le pouvoir militaire dans le premier cas, civil dans le deuxième, marchent main dans la main avec les aspirations populaires, représentent le plus grand et principal défi aux néocolonialistes résolus, des néocolonialistes nostalgiques du diktat unipolaire par la même occasion.

Dans le cas du Burkina Faso, s’il est encore trop tôt à connaitre les choix stratégiques qui se feront par le nouveau pouvoir en place, l’essentiel étant qu’il ne pourra se permettre de ne pas prendre en compte les attentes de la population burkinabé. Et si en Afrique très nombreux sont ceux qui associent déjà le leader malien Assimi Goïta au légendaire Thomas Sankara, les autorités du Burkina Faso devront encore attendre et démontrer si une telle comparaison avec leur grand compatriote pourra elle aussi se faire à leur encontre.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Les contingents onusiens pour la paix: forces sincères ou agents du néocolonialisme?

29.09.2022

La Force de maintien de la paix de l’ONU, couramment appelée les Casques bleus, se trouve sous l’emprise d’innombrables critiques dans le cadre de son action, plus particulièrement sur le continent africain. Manque d’actions efficaces, divers abus et vol des ressources naturelles des pays concernés par les dites missions – représentent les quelques des multiples accusations visant les contingents. Nombreux sont ceux qui appellent au départ pur et simple de ces forces.

Les manifestations à divers endroits de l’Afrique contre la présence des forces onusiennes de maintien de la paix ne datent pas d’hier: Centrafrique, Mali, République démocratique du Congo, entre autres. En RCA, la Minusca (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique) était souvent accusée d’inaction face aux groupes rebelles, surtout durant la période où ces groupes contrôlaient près de 2/3 du territoire centrafricain.

Aujourd’hui et alors que l’autorité nationale a été restaurée sur l’écrasante majorité de la République centrafricaine suite aux nombreuses réformes efficaces des Forces armées nationales (FACA) et des autres structures sécuritaires avec l’implication d’instructeurs russes, nombreux des citoyens centrafricains considèrent qu’après les longues années de présence sans résultat notable sur le terrain, mis à part pour certaines forces africaines composant la Minusca, le temps serait venu de mettre fin à cette présence.

Le Mali est un autre exemple. Et à l’instar de la RCA, nombreux sont les citoyens maliens qui souhaitent le départ pur et simple de la Minusma (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali), comme le rappelle la télévision panafricaine Afrique Média.

Dans le cas de la République démocratique du Congo – les récentes manifestations de fin juillet à l’encontre cette fois-ci de la Monusco (Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo), dans les villes de Goma et de Butembo, avaient été endeuillées par des tirs visant les manifestants congolais, ayant fait de nombreuses victimes (mort et blessés) de la part des forces onusiennes. Il y aurait eu pas moins de 30 morts parmi les habitants et plus de 70 blessés.

Beaucoup d’observateurs auraient évidemment plutôt souhaité voir la rage des contingents onusiens à stabiliser sincèrement les pays concernés, en mettant en déroute les nombreux groupes armés présents ne serait-ce qu’en RDC, qui ne cessent d’y maintenir l’instabilité et la violence, que de tuer des civils venus exprimer leur colère en qualité de citoyens du pays où ces éléments onusiens se trouvent. Cela sans oublier les nombreuses accusations d’abus sexuels commis par le personnel de l’ONU en RDC, comme à d’autres endroits des missions en Afrique.

Mais pourquoi un tel manque d’efficacité ou manque de volonté à jouer réellement un rôle stabilisateur des dites missions onusiennes en terres africaines? Pour répondre à cette question, il faut certainement comprendre deux aspects primordiaux. Le premier étant lié à des intérêts économiques, sachant que les pays africains regorgent de matières premières stratégiques. Le cas encore une fois de la RDC ne fait que le confirmer. Il est donc évident qu’une stabilisation rapide de la situation sur le terrain ne rentre pas dans les intérêts de certains représentants onusiens, ayant directement ou indirectement des intérêts économiques dans les pays concernés. Cela évidemment sans remettre en cause l’engagement de tous les éléments onusiens prenant part dans ces missions dites de stabilisation et de paix. Il n’empêche que la morale annoncée est loin de faire l’unanimité au sein des preneurs de décisions des diverses structures de l’ONU et de leurs principaux représentants sur place.

L’autre problème, que nous avons déjà soulevé dans le passé, est que les divers secrétariats onusiens restent fermement liés aux intérêts d’une extrême minorité planétaire, à savoir l’establishment occidental. Mais une extrême minorité qui s’obstine à refuser de perdre son hégémonie internationale.

Ce qu’il en ressort? Le fait que lorsque cet establishment occidental n’est aucunement intéressé par la résolution des défis sécuritaires dans tel ou tel pays, notamment d’Afrique, il en va de son intérêt à faire prolonger les conflits autant que possible. Et ce aussi bien dans un but géoéconomique que géopolitique. Et compte tenu de cela, il est évident que lorsqu’un citoyen d’un pays occidental, ou simplement affilié à l’Occident collectif, est nommé responsable de missions de stabilisation et de maintien de la paix – il ne fera qu’appliquer ce pourquoi il a été adoubé par l’élite pour laquelle il est au service.

D’où encore une fois l’énorme importance d’une réforme profonde des différents instituts de la machine onusienne, à défaut de quoi les grandes organisations régionales, continentales et internationales non-occidentales, devront prendre leurs responsabilités et ne plus donner le feu vert aux activités macabres d’éléments n’ayant rien à avoir avec de véritables missions de paix et de stabilisation.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Tchad: la population se mobilise contre la Françafrique

16.05.2022

Comme prévu, les processus de rejet de la politique occidentale se renforcent dans les pays du continent africain. Y compris dans les Etats sur lesquels l’establishment occidental continue de miser.

L’Elysée et le Quai d’Orsay se rendent à l’évidence que la dynamique engagée à de nombreux endroits de l’Afrique, qu’ils avaient espéré ralentir, ne fait au contraire que monter en intensité. La récente mobilisation au Tchad ne fait que le confirmer avec des appels de la population ouvertement hostiles contre Paris et ses intérêts.

En effet, toutes les campagnes que le système néocolonial françafricain a tenté de mener, et continue d’ailleurs, en cherchant à déstabiliser les Etats qui inspirent aujourd’hui nombre d’autres, notamment la Centrafrique et le Mali – ne semblent pas apporter les résultats escomptés.

Les tentatives de séduire une partie de la jeunesse africaine ou les informations récentes faisant part d’actions visant à soudoyer des blogueurs africains ne font au contraire qu’exacerber la volonté de résistance à ces pratiques néocoloniales occidentales de la part d’une large partie de la société civile panafricaine.

Mais ce n’est pas tout. On peut remarquer aujourd’hui de plus en plus de tentatives visant à essayer de surfer sur la vague panafricaniste, y compris sur les sentiments hostiles à la Françafrique, de la part du principal allié (ou suzerain) de Paris, à savoir Washington. Ainsi, certains influenceurs africains sont mis à contribution pour tenter à se joindre au discours souverainiste dans un cadre panafricain, en reprenant une partie des discours hostiles au régime hexagonal, mais par la même occasion en essayant de dénigrer le partenariat avec la Russie ou la Chine, tout en promouvant les intérêts étasuniens.

Fait marquant et au-delà de l’aspect propre aux anglo-saxons qui n’hésitent pas à poignarder dans le dos leurs propres prétendus alliés, le fait est que cette stratégie n’apporte pas elle aussi, à l’instar de celle de Paris, de résultats rassurants pour ses instigateurs. Washington a beau vouloir se distancer dans ce schéma des échecs hexagonaux – peu de gens en Afrique lui font confiance.

Tout cela confirme que le rejet actuel du système de la Françafrique dépasse largement le cadre des sentiments hostiles au régime hexagonal, mais s’étend beaucoup plus largement à tout l’Occident, du moins plus particulièrement à l’establishment occidental, aussi bien politique que médiatique. Et cela malgré encore de grands moyens à sa disposition – allant de médias propagandistes, francophones comme anglophones, jusqu’aux financements via les réseaux à la sauce Soros & Co.

Pour revenir au Tchad, le défi particulier pour Paris et plus généralement l’establishment atlantiste, est que ce pays fait justement partie des Etats africains sur lesquels le régime hexagonal comptait le plus, avec également la Côte d’Ivoire et le Niger, pour tenter à minimiser les pertes suite aux revers subis en RCA et au Mali.

Il faut également se rendre à l’évidence qu’en ce qui concerne le cas tchadien, l’élite occidentale fera de son maximum pour empêcher la réalisation des aspirations de la société civile du pays. Y compris avec des moyens de répression, largement disponibles de part une présence militaire hexagonale sur place.

Cependant, le processus de résistance panafricaniste et pro-multipolaire est déjà largement enclenché. Et se basant sur cela – il sera extrêmement difficile désormais pour les forces néocoloniales occidentales et leurs supplétifs locaux de pouvoir faire taire la voix de millions d’Africains qui souhaitent prendre complètement leur destin en main. Et par la même occasion rappeler, une fois de plus, que ce qui a permis la prospérité, pendant longtemps, de l’espace occidental – ce sont les ressources du monde non-occidental, et non pas le prétendu contraire.

Oui, la chute sera très dure pour l’Occident. Son extrême arrogance, ainsi que l’incapacité la plus totale à s’adapter aux règles récentes issues de la multipolarité, sans oublier les innombrables crimes et pillages commis – en sont parmi les principales raisons. Aujourd’hui, il faudra assumer.

Mikhail Gamandiy-Egorov

L’élection présidentielle française vue d’Afrique

15.04.2022

Si les divers scrutins présidentiels hexagonaux ont longtemps suscité un vif intérêt auprès des populations africaines francophones, notamment en raison de l’emprise du système françafricain sur les affaires intérieures des pays concernés, désormais en dehors de la diaspora africaine qui souvent malgré elle se retrouve à devoir suivre les développements électoraux en France, en Afrique nombreux sont ceux qui n’y voient aucun intérêt.

L’époque où les élections françaises étaient largement suivies dans les anciennes colonies de Paris semble s’éloigner. A l’heure d’une montée en puissance sans précédent des idées souverainistes, panafricanistes, ainsi que dans le cadre du processus de diversification des partenariats extérieurs.

Afrique Média, la télévision panafricaine, avait d’ailleurs consacré une émission d’intérêt sur l’impact de la présidentielle en France dans les relations entre Paris et le continent africain. Les principales positions retenues par les panélistes étant qu’aucun des candidats au poste présidentiel hexagonal n’apportera un changement positif aux relations avec l’Afrique, notamment pour mettre fin au système néocolonial françafricain, notant également l’emprise des intérêts étasuniens sur la vie politique en France.

Ce dernier point est d’ailleurs particulièrement intéressant – à l’heure où une grande partie de la société civile africaine mise sur la pleine souveraineté dans un cadre panafricain. Des appels de plus en plus écoutés par le leadership politique ou militaire de nombre de pays du continent – les cas de la Centrafrique, de l’Ethiopie et du Mali ne font d’ailleurs que le confirmer. Et en ce sens, au-delà du rejet complètement naturel de toute base néocolonialiste occidentale de la part des populations africaines, ce désir souverainiste s’étend également à vouloir traiter avec des nations qui respectent la souveraineté du partenaire, mais également sa propre souveraineté intérieure.

Et en ce sens la France dans son état actuel des choses, bien que cela ait commencé plus particulièrement depuis la présidence de Nicolas Sarkozy, ne peut pas se vanter d’être, à l’instar de beaucoup d’autres pays de l’UE, un Etat souverain digne de ce nom. Et cela non seulement en raison de l’emprise bruxelloise sur les affaires françaises, mais bel et bien – de l’emprise washingtonienne, atlantiste, et de tous les réseaux correspondants.

D’ailleurs dans un article d’octobre dernier, Observateur Continental avait soulevé cet aspect. A savoir qu’un pays comme la République centrafricaine, malgré des années de crise dont elle a commencé à sortir depuis un certain temps – est un Etat souverain. Quant à la République française dans sa version actuelle – rien n’est moins sûr.

Une France d’ailleurs qui n’hésite pas à interférer d’une manière totalement malsaine dans les affaires intérieures d’Etats africains, en faisant mine de prétendre à être encore une grande puissance internationale. Une prétendue puissance assujettie aux intérêts outre-Atlantique. Il est donc assez évident que dans cette réalité, les nations africaines ayant pleinement assumé leur souveraineté, ou qui sont en voie de le faire, rejettent et rejetteront sans la moindre hésitation toute manière paternaliste ou condescendante de la part de l’ex-puissance coloniale, mais d’autant plus venant d’un pays qui ne peut soi-même assumer sa souveraineté.

Effectivement, la posture extrêmement arrogante et irrespectueuse de l’administration élyséenne actuelle, les problèmes sécuritaires non seulement irrésolus par la présence militaire française – mais au contraire qui n’ont fait que largement s’empirer, l’incapacité des autres candidats du scrutin en question à prendre une position ferme – notamment contre le système françafricain, et le rejet devenu évident de la politique hexagonale et plus généralement occidentale par des millions d’Africains – fait que la présidentielle française, n’a probablement jamais été aussi peu suivie par les habitants de l’Afrique.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=3787

Les valeurs panafricaines continueront d’inspirer

A l’heure où la donne multipolaire a pris le dessus dans les affaires internationales, l’Afrique observe les événements en cours avec la plus grande des attentions. En ce sens, le panafricanisme semble sur le plan continental prendre un réel envol face aux schémas qui étaient en vigueur depuis un bon moment.

Les processus propres au monde multipolaire n’échappent pas à l’Afrique, bien au contraire. Un continent riche mais qui jusqu’à maintenant ne pouvait pas jouir pleinement de tous les atouts existants. Une chose est sûre: les valeurs souverainistes et panafricaines ne cessent de monter en puissance. Et les «mauvais» exemples d’hier deviennent aujourd’hui de véritables sources d’inspiration.

Les cas de la Centrafrique et du Mali, longtemps considérés comme des pays qui ne peuvent pas sortir du chaos dans lequel ils ont été plongés, sont devenus aujourd’hui pour de nombreux citoyens de pays africains comme des exemples inspirants. Y compris en termes de mobilisation populaire. Cette capacité à mobiliser massivement la population civile face aux interférences occidentales était d’ailleurs parfaitement illustrée non seulement en RCA et en terre malienne, mais également dans un pays comme l’Ethiopie.

Les accusations proférées par nombre «d’experts» occidentaux, ainsi que par certains de leurs supplétifs locaux à l’endroit des Africains qui se revendiquent justement du panafricanisme et de la multipolarité – quant à leur prétendue «incapacité» à comprendre les enjeux géopolitiques ne font que renforcer le rejet des populations africaines de la vision occidentale des choses.

Le monde post-occidental est effectivement une réalité. Et ce n’est pas parce que l’Occident devait à la base être écarté des processus propres à la multipolarité, mais uniquement en raison des extrêmes arrogance et hypocrisie de ceux qui continuent encore aujourd’hui à faire référence à un ordre international révolu. Voulant par la même occasion forcer l’écrasante majorité de la population terrestre à y retourner. D’où la montée des sentiments anti-occidentaux – bien qu’il soit tout de même important de préciser – non pas vis-à-vis des peuples des pays concernés, mais bel et bien à l’encontre de l’establishment politico-médiatique occidental.

Par ailleurs, les menaces, intimidations, sanctions en tout genre – ne représentent elles aussi plus des instruments capables de faire chavirer les processus en cours à l’échelle mondiale. Car si effectivement le monde multipolaire s’est définitivement imposé géopolitiquement parlant, sa mise en application continue encore de monter en puissance d’un point de vue avant tout humain, et avec les éveils de conscience qui en ressortent.

L’Afrique, qui possède de riches cultures et civilisations ancestrales, cela sans oublier les ressources naturelles censées pleinement lui appartenir – devra indéniablement devenir un bloc puissant de l’architecture internationale actuelle, avec tout ce que cela implique. L’Occident, qui ne veut pas voir des nations africaines fortes, stables et prospères, ne fait en réalité que répéter ce qu’il ne souhaite guère pour d’autres pays du monde, qu’ils soient puissants ou moins puissants.

Les principales raisons des échecs de la France et de l’Occident en Afrique

Si Paris continue de chercher désespérément des raisons pour les échecs subis et en cours sur le continent africain, notamment en poursuivant les vaines tentatives de trouver des boucs-émissaires et en refusant obstinément de reconnaitre la capacité souveraine des peuples de l’Afrique à pouvoir choisir d’eux-mêmes leur destinée – cela ne fera qu’accroitre sa chute d’influence sans précédent.

Les médis hexagonaux ne manquent pas de poursuivre la tendance en prétendant que les échecs retentissants subis par la France dans ce qu’elle continue de considérer comme son pré-carré sont dus à la montée d’influence des puissances non-occidentales, notamment la Russie. Pour autant cette ligne sélectionnée en priorité par l’establishment politico-médiatique occidental pour justifier les sentiments hostiles grandissants auprès d’une large partie de l’opinion publique africaine, francophone comme non-francophone, ne contribue aucunement à sauver la face pour la partie occidentale, bien au contraire.

D’autres réseaux médiatiques français ne se contentent pas d’accuser les adversaires géopolitiques, mais dans le pur esprit d’arrogance qui les caractérise vont même à déclarer l’incapacité des Africains à pouvoir faire leurs propres analyses des processus géopolitiques en cours, ne faisant que confirmer, une fois de plus, effectivement l’arrogance extrême qui caractérise les personnages en question. L’autre orientation favorisée par le réseau néocoloniale françafricain et pro-atlantiste est de mettre à contribution les régimes affiliés à l’establishment occidental – en les poussant à faire front commun, de manière affichée ou semi-voilée, avec l’Occident pour tenter de ternir la voie souverainiste et panafricaine choisie par nombre de pays africains, parmi lesquels la Centrafrique ou encore le Mali.

En oubliant évidemment que cela ne fait qu’exposer un peu plus lesdits régimes aux problèmes à venir, car étant tout simplement, à l’énorme différence des autorités centrafricaines ou maliennes actuelles, en grand mal d’appréciation par les populations concernées. Peu surprenant d’ailleurs d’apprendre de plusieurs sources bien informées que les représentants des dits régimes, communément appelés «préfets», voire «sous-préfets» au sein de l’opinion publique panafricaine, évitent ces derniers temps de passer les nuits dans leurs palais présidentiels, par peur de la vague révolutionnaire populaire qui ne baisse pas d’intensité.

En parlant d’ailleurs de palais présidentiels, si l’Elysée et le réseau françafricain ne peuvent se permettre, comme dans un passé pas si lointain, de bombarder justement les résidences de dirigeants d’Etats souverains africains, cela n’est aucunement dû au manque de volonté ou au désir de mettre fin à ces pratiques révoltantes propres au néocolonialisme occidental. Mais bel et bien et uniquement par peur de devoir faire justement face au tsunami des rues africaines qui tout en étant désarmées, balaieront désormais en un temps record toute tentative qui pourrait aller dans cette direction.

En ce qui concerne l’interaction montante des nations africaines réellement souveraines, ou en passe de le devenir, avec des pays comme la Chine ou la Russie, et malgré tout le matraquage politico-médiatique hostile de la part de l’Occident et de ses sous-traitants régionaux, le fait est que les deux pays ont démontré leur fiabilité vis-à-vis des partenaires africains ayant sollicité la participation sino-russe.

Comme l’avait d’ailleurs rappelé en son temps l’ex-président sud-africain Jacob Zuma en répondant aux attaques occidentales contre la Chine dans son interaction avec l’Afrique. Quant à la Russie, il suffit d’aller très simplement sonder aujourd’hui les populations centrafricaine ou malienne, pour ne citer qu’elles, pour comprendre de quels côtés se trouvent l’écrasante majorité des sympathies.

Des sympathies et appréciations qui ne sont aucunement le fruit d’une haine viscérale de la France ou de l’Occident, mais bel et bien de résultats concrets obtenus par ceux que cet Occident ne cesse à tenter de stigmatiser. Dans le cas de la RCA – où il n’y a de cela pas encore longtemps les bandits de grand chemin pouvaient se permettre de contrôler les 2/3 du territoire national et qui en l’espace de quelques mois ont dû battre en retraite, forçant par la même occasion les principaux éléments de ces bandits – et amis des salons occidentaux – à s’exiler à l’étranger, sous la coordination de l’establishment élyséen et de ses supplétifs africains.

Permettant aux autorités centrafricaines d’asseoir de nouveau le contrôle sur pratiquement toute l’étendue du territoire national, retrouver la stabilité ayant cruellement manqué durant de longues années, et créer des opportunités pour un développement stable, souverain, sécurisé. Et si la population malienne dans sa large majorité, à l’instar d’autres populations africaines faisant face à des défis sécuritaires prennent leur inspiration dans l’exemple centrafricain – personne ne peut les en accuser, ni interdire à faire valoir leur choix souverain, et encore moins dans un air purement arrogant et hypocrite les insulter quant au fait de « mal analyser la conjoncture géopolitique ». Il est vrai que la conjoncture géopolitique des nostalgiques de l’unipolarité est bien mal au point, mais ce n’est ni aux Centrafricains, ni aux Maliens, ni à d’autres peuples africains de devoir faire des sacrifices supplémentaires pour aider à maintenir à flot les rêves nostalgiques d’une époque révolue. Une époque d’injustice et d’impunité par la même occasion.

Evidemment, des solutions existaient. Tourner définitivement la page – dans les faits et non dans les paroles – de la Françafrique et du système néocolonial occidental, annoncer sans ambiguïté l’acceptation des nouvelles règles internationales et se déclarer être prêts à offrir ses services sur la base du respect de la souveraineté des pays concernés et de leur libre choix en tant que preneurs de décisions. Mais cela – l’Occident n’en est pas capable. Matraquer jour et nuit quant à la légitimité du régime ukrainien – héritier d’un pouvoir obtenu par les actions violentes d’une minorité bien entrainée aux méthodes de révolutions colorées – de pouvoir s’aligner sur la vision atlantiste – l’establishment occidental en est le champion. Mais lorsqu’il s’agit de commencer à respecter la volonté populaire de millions de citoyens africains – non, le droit souverain en est absent. Et c’est justement la raison pour laquelle l’Occident politico-médiatique ne fera que poursuivre à perdre ses positions à l’échelle internationale, en s’approchant de la notion logique qui le caractérise – celle d’une évidente minorité mondiale.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Paris incapable de se défaire de sa politique néocoloniale en Afrique

A l’heure de l’accélération de la chute d’influence sans précédent de l’Elysée sur le continent africain, l’establishment hexagonal continue de chercher des boucs-émissaires pour ses échecs. Le tout en s’obstinant à refuser de regarder la réalité en face : celle que le rejet en masse de la politique néocoloniale de Paris concerne de très loin et en premier lieu les Africains. Et non pas de prétendus acteurs externes.

Tout semble en effet s’accélérer dans les problèmes auxquels fait face le système de la Françafrique. Bien que les principaux acteurs de cette dernière continuent de prétendre que cela n’est que l’œuvre de puissances «hostiles», parmi lesquelles la Russie, la Chine, l’Iran ou encore la Turquie.

Les différents formats que Paris cherche à faire adopter dans son prétendu renouveau relationnel avec les pays africains ne changent absolument rien pour une opinion publique africaine lassée de regarder les faux beaux sourires après des années d’interventions néocoloniales dans les affaires intérieures et les manipulations à grande échelle qui s’en suivaient. Faire semblant à prétendre ne pas voir cette réalité pour les responsables élyséens équivaut à devoir accepter une suite des événements qui ne fera qu’exacerber l’hostilité de très nombreux Africains à l’encontre de la politique française et plus généralement occidentale.

Après l’échec déjà subi en Centrafrique et celui en cours au Mali, les récentes manifestations de masse contre la présence militaire française au Burkina Faso, puis au Niger, ont remis au grand jour une réalité que nous avons déjà abordé nombre de fois. A savoir que les échecs de l’establishment hexagonal en Afrique ne sont l’œuvre que de son extrême arrogance, une mentalité purement néocoloniale, et des objectifs ouvertement prédateurs à l’encontre des Etats africains.

Evidemment, l’Elysée comme le Quai d’Orsay pourront continuer à faire leurs «beaux» communiqués et donner des interviews aux médias francophones, comme anglophones – eux aussi en extrême perte d’influence dans l’espace médiatique africain, où ils poursuivront leurs accusations à l’encontre des acteurs internationaux – qui jouissent d’un large soutien auprès de nombreux habitants d’Afrique.

Il est évident que notre objectif n’est pas de donner de quelconques conseils à des personnages qui s’estiment toujours exceptionnels et qui pensent avoir (encore) la légitimité de détenir le pouvoir mondial – car se considérant être les pseudo-vainqueurs de la guerre froide. Et pensant avoir encore les moyens de nous forcer tous, ou du moins l’écrasante majorité de l’humanité, à retourner vivre à l’ère unipolaire. Bien sûr que non. Mais face à chaque mensonge propagé – les points sur les «i» continueront d’être remis.

Dans tous les cas, les meilleures juges seront les populations concernées. Et en ce qui concerne l’Afrique, il faut être aujourd’hui complètement aveugle et mentalement malade pour ne pas voir de quel côté penchent résolument la balance et les sympathies. Aussi, personne n’accordera plus de confiance à un autre partenaire pour les beaux yeux. Mais peut-être que tout simplement, les peuples africains ont parfaitement compris dans leurs observations et analyses personnelles – qui sont les prédateurs et les hypocrites, et qui sont les partenaires qui méritent leur confiance.

Tout le reste – n’étant que gesticulations de personnages vivant de leur entier dans une ère révolue et qui ne reviendra pas. Cette ère est bel et bien partie. Et avec elle bientôt ses nostalgiques néocolonialistes.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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