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Crise migratoire: la Pologne a-t-elle la légitimité de se positionner en victime?

Au moment des tensions montantes entre l’Union européenne et la Biélorussie, Varsovie tente de se positionner en victime des prétendues actions de Minsk et de Moscou. Pour autant, les responsables polonais semblent faire mine d’oublier leur responsabilité directe dans les diverses interventions occidentales otanesques. Des interventions en très large partie responsables des crises migratoires observées.

Alors que les responsables polonais, tout comme nombre de leurs collègues européistes, ne cessent d’accuser la Biélorussie, la Russie, mais également la Turquie, de la crise observée actuellement à la frontière polono-biélorusse, ces personnages devraient peut-être surtout se regarder objectivement dans le miroir et cesser de gesticuler de manière totalement hypocrite et mensongère.

Et dans le cas précis mentionné – la Pologne devrait faire profil bas – au même titre que ses collègues de nombre de pays occidentaux. Faut-il le rappeler – Varsovie a activement participé aux actions sous-traitantes pour le compte de Washington et de l’Otan en Irak, comme en Afghanistan? D’ailleurs le site du gouvernement polonais le rappelle ouvertement: 20 années de présence militaire en Afghanistan. Une présence achevée évidemment récemment suite à la déroute de la coalition occidentale en terre afghane, USA en tête.

En supplément de l’Afghanistan, la Pologne fut effectivement engagée en Irak, en soutien à l’invasion étasunienne. Petite question de rappel: d’où provient la grande partie des migrants aujourd’hui? Réponse: pour un large nombre d’entre eux – d’Irak et d’Afghanistan justement. Et ce n’est certainement pas à la Biélorussie – subissant des attaques, intimidations et tentatives de déstabilisation de la part de Washington, Bruxelles et de leurs supplétifs d’Europe de l’Est – de porter une quelconque responsabilité quant à l’accueil des personnes fuyant des pays détruits par l’interventionnisme occidental et l’action de ses sous-traitants.

De façon générale et au-delà de la Pologne qui assume pleinement son rôle d’un des principaux sous-traitants de la politique étasunienne et otanesque en Europe, la question de la responsabilité quant au chaos propagé devrait être certainement étendue à tous les pays dont les gouvernements ont choisi une politique de sous-traitance vis-à-vis de l’establishment occidental. Et plus particulièrement encore lorsque cette sous-traitance ne se limite pas seulement à des campagnes de lobbying et autres «bienveillances» à l’égard des maitres, mais surtout lorsqu’il s’agit de contribuer au chaos et aux souffrances que doivent endurer nombre de peuples non-occidentaux, à divers endroits de la planète.

Et puisque l’Occident politique, dans son arrogance extrême et son refus de reconnaitre officiellement l’avènement de l’ère multipolaire, continue de s’autoproclamer comme étant soi-disant la communauté internationale – qu’il ne représente pourtant guère – et d’être le centre du monde «libre et démocratique», il devrait certainement donner l’exemple à toutes ces personnes en provenance de pays ayant tellement souffert du néocolonialisme occidental et de ses supplétifs.

Pour revenir maintenant à la Pologne – non, elle ne possède aucune légitimité de se plaindre de quoi que ce soit dans la situation actuelle. Car au-delà d’avoir activement participé aux souffrances infligées aux populations irakiennes et afghanes durant de longues années – Varsovie a joué, et continue de jouer, un rôle de premier plan dans les tentatives de déstabilisation de ses voisins, parmi lesquels – la Biélorussie.

Et peut-être qu’effectivement la situation qui prévaut actuellement à sa frontière orientale devrait servir de bonne leçon pour une Pologne ayant des ambitions démesurées, mais une capacité de réaliser quoi que ce soit de viable – nulle. Absence de souveraineté oblige. Et en parlant d’ailleurs d’immigration – n’est-ce pas les citoyens polonais qu’on retrouve parmi les migrants les plus représentés en nombre – dans nombre de pays étrangers, notamment au Royaume-Uni? Une situation pas très à l’honneur pour un Etat qui tente de créer le mythe d’être une puissance régionale. Pour le reste: l’arroseur arrosé dirait-on.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Crise des migrants : les élites occidentales doivent assumer leurs responsabilités

Chaque jour qui passe, on voit sur les médias du mainstream ces images de migrants : hommes, femmes, enfants, qui arrivent massivement en Europe. Certains en perdant la vie avant de débarquer sur les côtes européennes, ce qui nous rappellent les images choquantes, notamment des derniers jours. Beaucoup admettent que c’est une tragédie humaine, d’autres appellent ouvertement à fermer les frontières et chasser les immigrés. La réalité est que c’est effectivement une véritable tragédie et les élites occidentales, médias comme politiciens, oublient incontestablement certaines choses qu’il faudrait absolument leur rappeler.

Les Occidentaux parlent d’un « déferlement », voire d’un « tsunami » de migrants. Avant de commenter, il serait bon de rappeler ce qu’avait dit le leader de la Jamahiriya libyenne, feu Mouammar Kadhafi, à savoir que le chaos orchestré par l’Occident dans différents pays, y compris le sien, finira par détruire ce même Occident, en premier lieu l’Europe. Passons à la suite.

Les élites de l’Occident sont soit véritablement aveugles, soit font une fois de plus semblant de l’être. Après la guerre orchestrée par la junte kiévienne contre son propre peuple, en premier lieu contre la population du Donbass, plus de deux millions de citoyens ukrainiens ont fui en Russie. Remarquez : pas en Europe qui porte pourtant une responsabilité évidente dans ce qui est arrivé dans ce pays entre novembre 2013 et février 2014, pas même dans les autres régions de l’Ukraine, dont ces personnes sont pourtant citoyens, mais bien en Russie.

Les représentants de l’ONU ont déjà admis le fait qu’un très grand nombre de réfugiés en provenance de l’Ukraine se trouvent à ce jour sur le territoire russe (les mêmes réfugiés que la sulfureuse étasunienne Jen Psaki, actuellement directrice des Communications de la Maison-Blanche, appelaient des « visiteurs temporaires » allant visiter leurs babouchkas en Russie)… Les médias occidentaux en parlent-ils ?

Passons à la Syrie. Le pays qui à ce jour a accueilli un très grand nombre de réfugiés syrien sur son sol n’est autre que la Turquie. Là aussi et selon les sources officielles, le chiffre de ces réfugiés approche deux millions de personnes. D’autant plus que les deux pays sont voisins et partagent une frontière commune. Le Liban est lui aussi très peu mentionné, pourtant accueillant lui aussi un nombre énorme de réfugiés : 1,2 million de réfugiés dans un pays dont la population totale est à peine de quatre millions. Pourtant, ils sont loin de faire le buzz comme l’Europe bruxelloise, ce qui fait croire à l’opinion publique internationale (merci encore au mainstream) que c’est l’Europe qui est devenue le principal « centre d’accueil » de tous ces gens, fuyant la guerre.

Passons maintenant aux responsabilités de chacun. Le leadership de la Turquie a effectivement joué un rôle négatif dans la crise syrienne, notamment par ses appels radicaux contre le président syrien Bachar al-Assad, surtout au début de cette crise (bien qu’aujourd’hui cette approche semble progressivement s’atténuer, le leadership turc ayant commencé à comprendre le danger extrémiste qui peut à l’instar de la Syrie, frapper également la Turquie). Néanmoins, la Turquie est-elle plus responsable de ce qui arrive en Syrie, que les élites occidentales avec leurs alliés du Golfe ? Très loin de là. Donc que ces derniers prennent eux aussi et pleinement leurs responsabilités.

Dans le cas européen, le problème qui se pose effectivement, c’est que tout ce chaos a été initié principalement par les USA. Donc logiquement, c’est ce pays qui doit accueillir la grande majorité des réfugiés, en provenance de tous ces pays où la main étasunienne a été fortement active. Pourtant, les USA ont d’ores et déjà annoncé qu’ils n’accueilleront que 1500-2000 réfugiés syriens. Intéressant comme approche mais très loin d’être nouveau et qui ne fait que confirmer une fois de plus la situation de sous-traitance dans laquelle se trouve l’Union européenne face aux Etats-Unis, chefs indiscutables. Un peu comme la guerre des sanctions Occident/Russie, dans laquelle c’est l’Europe qui sort la grande perdante (2 millions d’emplois perdus, 100 milliards d’euros en termes de perte financière, et ce n’est pas encore la limite). Parallèlement, les USA sortent évidement bien moins touchés, dû simplement au fait que les relations économico-commerciales entre ce pays et la Fédération de Russie étaient bien moins intenses qu’entre l’UE et la Russie. Par ailleurs et pour anecdote, alors que l’Europe a perdu et continue de perdre d’énormes parts de marché sur le territoire russe, principalement dans le secteur agricole et alimentaire, le business américain en Russie progresse…

Revenons à la question des migrants et répondons à deux questions simples. La Libye de Mouammar Kadhafi était-elle un pays émetteur de migrants ? Non, les Libyens immigraient peu et le pays se permettait même d’accueillir un nombre important de migrants en provenance d’autres pays africains et même d’Europe (principalement de l’Est : Bulgarie, Roumanie, Ukraine,…). Et aujourd’hui ? En plus d’être l’un des hauts-lieux du terrorisme international, la « nouvelle Libye » bhlienne, est devenu l’un des principaux points émetteurs de migrants, aussi bien de Libyens que de représentants d’autres pays, africains ou du Moyen-Orient. Et la Syrie d’avant la crise émettait-elle beaucoup de migrants à l’étranger ? Là encore la réponse est non, si ce n’est les hommes d’affaires et entrepreneurs syriens qui opéraient hors des frontières syriennes, l’immigration elle était minime. En tout cas très loin de ce que l’on observe aujourd’hui, lorsque des familles entières fuient pour ne pas se retrouver décapitées par des extrémistes barbares…

Conclusion : l’Occident, ou plutôt une fois encore ses élites doivent assumer le chaos qu’ils ont eux-mêmes créé. Après que cette responsabilité soit partagée à part égale entre USA et UE, ce serait la moindre des choses, le seul problème est que le premier ne le voit pas de cette façon et l’Europe bruxelloise sera une fois de plus obligée de subir. D’autre part, ces mêmes élites, politiques comme médiatiques, doivent cesser de pleurnicher en répétant sans cesser et chaque jour qui passe le fait qu’ils accueillent quelques dizaines de milliers de migrants, venant de pays qu’ils ont eux-mêmes mis à feu et à sang, alors qu’en parallèle des pays comme la Russie et la Turquie accueillent des millions de réfugiés en provenance de la Syrie, du Yémen et de l’Ukraine. Sans oublier d’autres comme le Liban mentionné plus haut, ou encore la Serbie, pays non-membre de l’UE, n’ayant aucune responsabilité à porter dans le chaos orchestré par ses voisins occidentaux dans les pays aujourd’hui émetteurs de tous ces pauvres gens, et qui pourtant adoptent une approche beaucoup plus humaine.

http://fr.sputniknews.com/opinion/20150909/1018078093.html

Mikhail Gamandiy-Egorov