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Après l’alliance russo-chinoise, Poutine confirme l’alliance avec l’Amérique latine

Difficile à dire si ceux qui avaient parlé encore tout récemment d’isoler la Russie sur la scène internationale se sentent ridicules ou non (après tout ils sont bien habitués à l’être ces derniers temps), mais vraisemblablement ils le devraient…

La tournée de Vladimir Poutine en Amérique latine est un succès. Un grand succès. Et une nouvelle grande victoire géopolitique. De la même manière que celle qui a suivi la visite du président russe en Chine, en mai dernier. Cette dernière avait alors définitivement confirmé l’alliance entre la Russie et la Chine, en dépit des « efforts » occidentaux à saper cette alliance. Cette visite a pour rappel permis non seulement d’obtenir une nouvelle grande victoire géopolitique à la Russie mais également et sur le plan économique, a confirmé la diversification majeure de ses relations dans le domaine économique, notamment en ce qui concerne les livraisons de gaz, et qui a résulté en la signature d’un contrat gazier historique, prévoyant l’approvisionnement en gaz russe de l’Empire du Milieu pour les 30 prochaines années.

La meilleure réponse qui soit à l’Union européenne qui d’une manière infatigable (et comme toujours sous pression étasunienne) parlait de la nécessité d’une plus grande « indépendance énergétique » de l’UE vis-à-vis de la Russie (sans avoir véritablement de plan B). La Russie, elle, a préféré prendre les devants et l’initiative, et en signant ledit accord historique avec la Chine, a diversifié, et de quelle manière, son portefeuille clientèle. Après tout, les affaires sont les affaires. Mais en général, et étant quelqu’un pour qui l’entreprenariat n’est pas étranger, je peux dire qu’il est toujours préférable de faire des affaires avec quelqu’un dont on partage une vision commune et des valeurs proches. Justement, la Russie et la Chine (sans oublier les autres pays des BRICS) partagent largement une vision commune sur l’avenir du monde et les relations internationales.

Pour revenir à l’Amérique latine, cette visite du leader russe fait déjà grand bruit dans le monde entier, l’Occident ne faisant pas exception. Avant d’arriver à Cuba, première étape de cette tournée latino-américaine, Vladimir Poutine a signé le décret annulant 90% de la dette de Cuba (datant de l’époque soviétique) d’un montant total de 35 milliards de dollars. Les 10% restant vont être remboursés par Cuba sur une période de dix ans, pour ensuite être réinvestis par la Russie à Cuba, dans bon nombre de projets communs. L’un de ces projets concerne la coopération dans le domaine pétrolier, en l’occurrence la recherche et l’exploitation pétrolière dans le golfe du Mexique. L’autre aspect de la coopération bilatérale concernera la création d’une base de ravitaillement à Cuba pour les navires russes. Comme l’a souligné le président russe à l’agence de presse internationale cubaine Prensa Latina,la coopération entre la Russie et Cuba revêt un caractère stratégique et est orientée sur le long terme. Vladimir Poutine a par ailleurs rencontré le Comandante et leader charismatique de la révolution cubaine, Fidel Castro, avec lequel il a eu un long entretien privé, qui a porté sur les questions internationales et l’état de l’économie mondiale.

La prochaine escale devait être l’Argentine, autre partenaire stratégique de la Russie dans la région, mais le président russe a décidé de modifier légèrement le plan de sa tournée, afin de passer d’abord par le Nicaragua, pays ami et allié de longue date de la Russie. Le président nicaraguayen Daniel Ortega a personnellement rencontré Vladimir Poutine à l’aéroport. Les discussions ont porté sur grand nombre de projets communs, dont la livraison de matériels agricoles russes, le déploiement des stations au sol du système russe de positionnement par satellites GLONASS sur le territoire du Nicaragua, la coopération dans le domaine de la pharmacologie, ainsi que la création d’une base d’approvisionnement de navires russes.

Après donc le Nicaragua, le président russe se rendra comme prévu en Argentine où il rencontrera la présidente du pays Cristina Fernandez de Kirchner. Les relations russo-argentines actuelles sur le plan politique, économique, commercial et culturel battent leur plein et ne cessent d’aller de l’avant. Après l’Argentine, Poutine se rendra au Brésil, leader de la région, également partenaire stratégique de la Russie et membre des BRICS. Au Brésil, plusieurs rencontres sont prévues, les deux pays ayant d’importants projets économiques communs et une vision très proche sur l’actualité internationale. Par ailleurs, le président russe assistera à la finale de la Coupe du monde de football au Stade Maracana, à Rio de Janeiro. Le Brésil passera alors le relais à la Russie, qui accueillera la prochaine Coupe du monde de 2018.

Pour finir, revenons à ce que nous avons dit au début. Certains n’ont toujours pas froid aux yeux de se ridiculiser constamment. C’est leur droit. Mais franchement et après cette tournée latino-américaine du leader russe, on a vraiment de quoi à se poser des questions sur l’état mental de certains leaders occidentaux et plus globalement de l’élite politique occidentale, ainsi que de leurs marionnettes.

Quant aux amis de la Russie, ils ne manquent pas : Cuba, le Nicaragua, l’Argentine, le Brésil, sans oublier bien sûr les autres alliés de la Russie que sont le Venezuela, la Bolivie, l’Equateur ou encore l’Uruguay, et le tout uniquement dans le cadre d’une région, en l’occurrence l’Amérique latine. Cela sans parler des alliés et partenaires stratégiques de la Russie au niveau de l’Union eurasienne avec les pays issus de l’Empire russe et l’ex-URSS. Sans parler des poids lourds que sont la Chine et l’Inde, ainsi que les autres pays des BRICS. Sans parler des amis de la Russie en Afrique et dans le monde arabe. Et quelqu’un parle encore « d’isoler » la Russie ? A ce rythme, ceux qui parlent constamment et d’une manière hystérique, d’isoler tout le monde (tout en restant une minorité) finiront très rapidement eux-mêmes isolés. Et c’est leur choix. La dure réalité, pour cette même minorité, du nouveau monde. Un nouveau monde qu’ils finiront par accepter, qu’ils le veuillent ou non…

http://french.ruvr.ru/2014_07_13/Apres-l-alliance-russo-chinoise-Poutine-confirme-l-alliance-avec-l-Amerique-latine-3445/

Mikhail Gamandiy-Egorov

 

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Rafael Correa en Russie : une visite symbolique

Rafael Correa en Russie : une visite symbolique

La très récente visite officielle du président équatorien Rafael Correa en Russie a été non seulement très productive, mais a confirmé une nouvelle fois les relations stratégiques qu’entretiennent désormais la Russie et la grande majorité des Etats d’Amérique latine.

A la mort du leader vénézuélien et chef de file de la révolution bolivarienne Hugo Chavez, certains analystes se sont pressés d’annoncer que le Venezuela et toute l’Amérique latine allaient subir de grands bouleversements, notamment ce qui concerne la politique extérieure. Hugo Chavez était effectivement un grand ami de la Russie et c’est sous sa présidence que la Russie et le Venezuela sont devenus des alliés indéniables. Ce partenariat stratégique s’est rapidement répandu à toute l’Amérique latine pour laquelle la Russie est devenue un partenaire clé.

Le successeur d’Hugo Chavez à la présidence vénézuélienne Nicolas Maduro a rapidement déchanté tous ceux qui promettaient des « changements radicaux »à la région et s’est au contraire fortement engagé sur la même ligne politique que son illustre prédécesseur, y compris en ce qui concerne la politique étrangère. Le partenariat stratégique entre la Russie et la République bolivarienne n’a donc pas bougé d’un poil.

Mis à part le Venezuela, la Russie est vue comme un pays ami par bon nombre des pays de la région : que ce soit la Bolivie d’Evo Morales, l’Equateur de Rafael Correa, l’Argentine de Cristina Fernandez de Kirchner, le Brésil de Dilma Rousseff ou encore le Nicaragua de Daniel Ortega, sans oublier bien évidemment Cuba de Raul Castro, un allié de longue date.

La visite de Rafael Correa, président de l’Equateur, n’avait donc rien d’anodin mais était bien le signe supplémentaire des relations très privilégiées entre désormais la Russie et les pays latino-américains. D’ailleurs, en parlant du leader équatorien, il s’agit d’une personnalité très intéressante. Economiste de formation, il a suivi une partie de son cursus en Occident, à l’Université catholique de Louvain (Belgique) puis à l’Université de l’Illinois (Etats-Unis). Patriote engagé, fervent partisan de la souveraineté de son pays et de toute l’Amérique latine, il se qualifie lui-même comme étant un homme politique de gauche, un humaniste et un chrétien catholique.

Au cours de sa visite en Russie, Rafael Correa s’est bien évidemment entretenu avec le président russe Vladimir Poutine. Au programme figurait également la signature d’accords sur le partenariat bilatéral des deux pays sur le plan économique, commercial, culturel et humanitaire. La lutte commune contre le terrorisme et son financement était elle aussi au menu.

Avant de se rendre dans la capitale russe, le président de l’Equateur a visité Saint-Pétersbourg où il a notamment rencontré le gouverneur de la ville Gueorgui Poltavtchenko. A l’issue de son passage par la capitale des tsars, Rafael Correa a formulé un grand désir d’échanges entre les deux pays dans le domaine de l’enseignement et de la recherche. Quant à Moscou, le président Correa y a visité le centre de recherche et de développement Skolkovo, considéré comme la « Silicon Valley russe », ainsi que l’Université russe de l’Amitié des Peuples où le titre honorifique de docteur honoris causa lui a été attribué.

 Pour revenir à la partie diplomatique, les deux pays partagent des points de vus communs sur bon nombre de questions liées aux relations internationales, à la défense de la souveraineté et au respect du droit international. Les deux parties, aussi bien russe qu’équatorienne, ont jugé cette visite comme étant très fructueuse. « Nous avons eu une importante réunion à Moscou avec le président russe. Le président de la Russie est un homme politique très efficace,a déclaré Rafael Correa. Avant d’ajouter que les rencontres furent très productives et qu’elles se sont déroulées dans une atmosphère très positive ».

De notre côté, nous ne pouvons que souhaiter que cette alliance stratégique entre la Russie et l’Equateur, ainsi que l’Amérique latine en général puisse résister à toutes les tentatives des forces ennemies qui veulent y mettre fin, ou du moins tenter de la déstabiliser. Du moment que les Etats Sud-américains seront dirigés par des chefs d’Etats dignes et responsables comme Rafael Correa, nous avons toutes les raisons d’être optimistes. Souhaitons également que ce partenariat puisse devenir un exemple et une importante source d’inspiration pour d’autres, notamment pour les relations entre l’Afrique et la Russie.

http://french.ruvr.ru/2013_10_31/Rafael-Correa-en-Russie-une-visite-symbolique-9149/

Mikhail Gamandiy-Egorov