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Coopération Russie-Afrique dans le domaine de la défense: le point sur la situation

Alger, capitale de l'Algéire

Dans le récent classement publié par l’entreprise britannique dans le domaine de la défense Jane’s, la Russie conserve la deuxième place des exportations d’armement au niveau mondial. Dans le top 3 des principaux clients de la Russie, on retrouve un pays africain.

Il s’agit évidemment de l’Algérie, partenaire traditionnel de la Russie dans le domaine depuis des dizaines d’années. Ainsi à l’issue de l’année 2016, l’Algérie a occupé la troisième place (achats d’armements russes pour 924 millions de dollars), derrière des poids-lourds tels que l’Inde (achats pour 1,2 milliard de dollars à la Russie, 19% du volume total des livraisons russes) et la Chine (achats pour 959 millions de dollars), qui sont également des partenaires traditionnels de la Russie dans le domaine de la défense. Et devant le Vietnam (788 M USD) et l’Irak (460 M USD).

Le montant total des ventes d’armes russes s’est élevé, à l’issue de l’année 2016, à 6,34 milliards de dollars. En 2017, ce chiffre devrait augmenter: les experts prédisent un montant de 7,23 milliards. Par ailleurs et comme le note les analystes de Jane’s, «la Russie dispose d’un solide portefeuille de commandes jusqu’en 2020». Un portefeuille qui devrait s’élargir au cours des prochaines années, notamment après la démonstration évidente d’efficacité de l’armement russe dans l’opération antiterroriste en Syrie.

Concernant l’Algérie et mis à part d’être un allié privilégié de la Russie dans la sphère militaro-technique depuis de longues années, l’Algérie est aussi tout simplement la 2e plus puissante armée africaine, juste derrière l’Égypte (selon le site américain spécialisé sur les questions de la défense Global Firepower) et 26e au classement mondial. Le partenariat militaro-technique russo-algérien est fort varié: allant des avions et hélicoptères de combat modernes aux systèmes anti-missiles et aux sous-marins. Si concernant l’Algérie, dont l’amitié avec la Russie date de plusieurs dizaines d’années et se renforce aujourd’hui grâce au partenariat stratégique qui lie les deux nations, tout paraît clair, qu’en est-il des autres pays africains dans leur coopération avec la Russie dans le domaine de la défense?

Si l’Algérie est le leader absolu de cette coopération au niveau africain, il faut bien sûr mentionner l’Angola qui partage également un partenariat stratégique dans cette sphère avec la Russie. Ce qui est d’ailleurs assez logique, compte tenu de l’historique des relations et notamment du soutien important accordé en son temps par l’URSS à la lutte du peuple angolais d’abord pour son indépendance, puis contre l’interférence de la CIA alliée au régime d’apartheid sud-africain de l’époque dans les affaires intérieures du pays. L’Angola avait à ce titre commandé récemment 18 avions de combat multirôle Soukhoi Su-30, sans oublier l’entretien de nombreux équipements militaires datant de l’époque soviétique et la formation des cadres.
Un autre pays africain qui renforce le partenariat dans ce domaine avec la Russie est l’Ouganda, ayant commandé plusieurs dizaines de chars T-90 et huit chasseurs Soukhoi Su-30 (plus précisément la version Su-30MKK). En outre, le renforcement des liens militaires est mené avec le Zimbabwe et l’Afrique du Sud. Plus récemment, le Burundi qui renforce ses liens avec la Russie et la Chine, au moment de tensions évidentes avec l’Occident.

En ce qui concerne les pays francophones, notamment de l’ouest et du centre du continent, la situation avec les pays précédemment cités est clairement différente: manque de souveraineté et pression de l’ancienne métropole coloniale. D’où des relations avec la Russie pour le moment relativement peu notables. Mais connaissant les sentiments régnant de plus en plus au sein des populations concernées, de même qu’au sein de l’intelligentsia de ces pays, et la volonté de la Russie d’accroître ses relations avec cette partie de l’Afrique, il est à croire que des choses intéressantes auront lieu à l’avenir. Et surtout des changements.

Une chose est néanmoins certaine: dans l’industrie de l’armement, la Russie représente incontestablement le meilleur rapport qualité/prix. Que ce soit au niveau du prix unitaire qu’en termes d’entretien. Sans oublier la fiabilité du partenaire et de son respect pour la souveraineté des États, ce qui est probablement tout aussi important. Le reste ne sera qu’une question de travail… et de résultats.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201708211032733379-coopration-russie-afrique-defense/

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Inde: le contrat pour les Rafale français en danger d’annulation

Un avion Rafale

« Suspens maximal sur le contrat indien », titrait il y a tout peu le quotidien français d’information économique et financière Les Echos.

En effet, les discussions sur le contrat de livraison de chasseurs français à la République indienne se poursuivent depuis déjà trois ans pour en arriver à la situation où il y a plus de chances que l’Inde annule la transaction que la France obtienne les 20 milliards de dollars initialement prévus…

Les raisons avancées par la partie indienne sont relativement simples: coût trop important pour le rapport qualité/prix, refus de la France de se conformer aux exigences de l’Inde en matière de transferts de technologie et d’offset, et puis surtout des alternatives existantes certainement plus intéressantes. Ces alternatives ont d’ores et déjà étaient nommés: les chasseurs russes Sukhoi Su-30MKI. Dans les couloirs de la récente visite de Vladimir Poutine chez l’allié indien, les bruits couraient déjà sur cette éventualité. Une « preuve » supplémentaire d’ailleurs que « l’isolation de la Russie sur l’arène internationale » est plus « qu’évidente »…

« La Russie est prête à signer un contrat avec l’Inde sur la livraison d’un lot supplémentaire de chasseurs Sukhoi Su-30MKI qui remplaceraient les Rafale français », c’est ce qu’a déclaré le directeur général adjoint de l’Agence russe d’exportation d’armements (Rosoboronexport), Sergueï Goreslavski, à RIA Novosti. Pour rappel, la Russie est traditionnellement le plus important partenaire de la République indienne dans le domaine de la Défense et cette dernière est tout simplement le plus important acheteur d’armements russes au niveau mondial (devant la Chine).Mais ce risque d’annulation avancé par le gouvernement indien est-il uniquement lié aux raisons citées plus haut? Probablement pas. Nous avons déjà mentionné dans nos articles précédents à ce sujet que dans tout domaine et surtout dans un secteur aussi crucial que celui de la Défense, l’aspect réputationnel joue un rôle prépondérant. Et la France d’aujourd’hui, ou plutôt son élite politique, ont déjà prouvé aux yeux de tous que sa réputation est gravement remise en cause, le tout au profit des intérêts outre-Atlantique mais aucunement français, ni européens.

L’affaire avec les Mistral en est la preuve nette. Ne pas honorer un contrat pour lequel le paiement est déjà dans les mains n’est pas digne d’un partenaire, quel qu’il soit. Jusqu’ici, la Russie a fait preuve de très grande patience dans cette affaire et n’a pas encore engagé de poursuites judiciaires contre la France. Des poursuites qui non seulement rendront à la Fédération de Russie la somme engagée mais également feront payer au gouvernement « français » de bien lourdes pénalités: au total environ trois milliards d’euros. Après tout, la patience a des limites.

L’Inde est à l’instar de la Russie, ainsi que des autres pays BRICS, une nation qui a toujours placé le respect de sa souveraineté et la défense de ses intérêts nationaux au plus haut. Son élite sait aussi parfaitement observer et analyser les événements qui se déroulent dans notre nouveau monde multipolaire, dont l’Inde est elle aussi l’un des principaux architectes. Il était donc trop simpliste de croire que l’Inde allait s’engager définitivement dans une transaction à onze chiffres sans être certaine de le faire avec le bon partenaire. Il est tout à fait normal de chercher la diversification dans ses partenariats extérieurs, c’est aussi à cela que sert la concurrence, et l’Inde ne fait pas exception sur ce point, néanmoins cette diversification ne peut se faire que lorsque le client est assuré que son cahier des charges et les conditions du contrat seront en intégralité respectés par l’autre partie.

Il est certain qu’au vu de la situation, la diplomation hexagonale et les professionnels de la Défense française vont engager de gros moyens pour tenter de convaincre l’Inde de finaliser ladite transaction. Néanmoins et vu l’état de sous-traitance dans laquelle se trouve la douce France à l’heure d’aujourd’hui, elle aura bien de mal à obtenir des résultats qui satisferont ses intérêts nationaux et à rendre la fierté méritée aux citoyens français.

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20150218/1014777994.html#ixzz3S6eu2wIt

Mikhail Gamandiy-Egorov