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Situation dans le Missouri, USA : une révolte légitime

Situation dans le Missouri, USA : une révolte légitime

Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour mettre à l’épreuve « l’exceptionnalisme étasunien » dans le domaine de la « démocratie et des droits de l’homme ». Le pays, ou plutôt son élite, qui insiste jusqu’à aujourd’hui sur le fait d’avoir une « mission spéciale » pour l’humanité toute entière, en donnant des leçons de « morale » aux quatre coins du monde et en détruisant ceux n’ayant pas les capacités de lui résister, se voit aujourd’hui, une fois de plus, confrontée à une situation qui montre clairement son vrai visage.

Rappel des faits. Le samedi 9 août dernier, Mike Brown, un jeune adolescent noir, âgé d’à peine 18 ans, est abattu par un policier de la ville de Ferguson, dans l’Etat du Missouri. Selon plusieurs témoins sur place, le jeune homme marchait dans la rue lorsqu’un agent de police lui tire dessus. Au moment des faits, la victime est non armée et a les mains en l’air. A noter également que selon le rapport d’autopsie, ledit policier a tiré six fois sur sa victime, dont deux à la tête. De fortes chances de croire que le crime était raciste.

La révolte commence et la colère grandit très vite au sein des habitants locaux, d’autant plus que ni le gouverneur, ni le chef de la police locale ne veulent dans un premier temps annoncer le nom du policier ayant commis ce crime. Ce qui ne fait bien évidemment qu’ajouter de l’huile sur le feu dans une ville et un Etat déjà en crise de nerfs. Pendant ce temps, les forces de l’ordre réagissent avec extrême violence face aux manifestants, ainsi… qu’aux journalistes. Ils n’hésitent d’ailleurs pas à lancer des bombes lacrymogènes et des bombes de fumée aussi bien envers les habitants que sur les reporters des différents médias venus couvrir cette situation explosive. Par ailleurs, plusieurs journalistes, locaux comme étrangers, affirment avoir été menacés par les représentants des forces de l’ordre, notamment s’ils n’éteignaient pas leurs caméras et ne quittaient pas les lieux. C’est sûr que les autorités du principal pays donneur de leçons au monde entier ne désirent pas que le monde justement voit ce que représente en chair et en os cette « démocratie » étasunienne.

Pendant ce temps et face à la violence des policiers, ainsi que le refus de condamner le tueur de Mike Brown, les manifestations se radicalisent et la situation commence véritablement à dégénérer. Pour le moment rien ne semble annoncer que les manifestations baisseront d’intensité. Au contraire, il y a de sérieuses chances de croire qu’elles peuvent s’étendre à tout l’Etat du Missouri, voire bien au-delà. D’autant plus qu’en février dernier, un autre jeune afro-américain, Trayvon Martin (âgé de 17 ans) a été abattu à Sanford, en Floride, par un certain George Zimmerman (qui sera acquitté). La victime, à l’instar de Mike Brown, ne portait également aucune arme…

Le racisme aux USA est une réalité. Certains tentent de nous faire oublier que des lois ségrégationnistes, sur le même modèle que celles qui seront mises officiellement en place en Afrique du Sud dès 1948, y étaient établies entre 1875 et jusqu’en 1960 ! C’est-à-dire qu’après même le milieu du XXème siècle, des lois de discrimination raciale étaient d’actualité dans ce pays de « démocratie par excellence ». Quant à Barack Obama, de plus en plus de ses concitoyens, y compris afro-américains, se rendent compte qu’il n’est rien d’autre qu’une simple marionnette aux mains des plus puissants qui dirigent et contrôlent entièrement ce pays, depuis bien longtemps.

Mis à part l’aspect évident du racisme qui prévaut dans la société étasunienne, un autre point ressort clairement de ces situations. Celui, une fois encore, de l’hypocrisie maximale des élites occidentales. En février dernier, alors que le chaos gagnait pleinement la capitale ukrainienne Kiev, les pays occidentaux, USA en tête, criaient à corps et âme que le président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, n’avait aucunement le droit d’utiliser la force face aux « revendications légitimes » des « manifestants ». Y compris lorsque ces soi-disant manifestants (armés !), attaquaient violemment les forces de l’ordre, les prenaient en otages, les brûlaient et leur tiraient dessus. De vrais « manifestants pacifiques », dont un très grand nombre membres d’organisations néonazis et ultra-nationalistes. De toute façon, l’élite US a vraisemblablement une préférence réelle pour les mouvements extrémistes.

Dans le Missouri, ce n’est pas ce que l’on voit. Ce qu’on voit ce sont des habitants locaux, dont un grand nombre de familles sortis avec leurs enfants, et qui se font lancer dessus des gaz lacrymogènes par des policiers très violents. Evidemment la violence engendre la violence, et les jeunes de la ville de Ferguson se radicalisent eux aussi. Peut-on vraiment leur en vouloir ? Je ne crois pas. Car leurs revendications sont tout à fait légitimes.

Comme le disait hier devant les caméras l’un des représentants du Mouvement des Black Panthers (Panthères noires) : « Obama a le culot de donner des leçons de démocratie à la Russie, à la Chine, au Moyen-Orient, à l’Afrique et au reste du monde. Pourtant, il devrait déjà ouvrir sa propre fenêtre pour voir que dans son propre pays des jeunes se font tuer par pur racisme ! ».

Difficile d’y ajouter quelque chose. Reste uniquement à souhaiter que les parents et les proches de Mike Brown obtiennent justice. Quant à l’élite des USA, elle devrait effectivement et rapidement commencer à s’occuper de ses propres et grands problèmes internes, au lieu d’aller prêcher la mauvaise parole sur la planète toute entière. Mais les connaissant, il y a très peu de chance que cela arrive dans un avenir proche.

http://french.ruvr.ru/2014_08_18/Situation-dans-le-Missouri-USA-une-revolte-legitime-6828/

Mikhail Gamandiy-Egorov

 

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La fin de l’Etat ukrainien ?

La fin de l’Etat ukrainien ?

Au moment où les leaders occidentaux continuent avec la mauvaise foi qui leur est propre de soutenir les extrémistes putschistes à Kiev, que la Crimée est redevenue partie intégrante de la Russie après le référendum du 16 mars dernier qui a validé le retour de la péninsule au sein de la mère patrie, désormais c’est au tour des régions du Sud-Est de faire la une de l’actualité.

Lorsque des autorités n’ayant aucune légitimité proclament des lois ouvertement discriminatoires envers une très grande partie de la population d’un pays, le tout avec l’aval de forces extérieures, il ne faut pas s’étonner des conséquences. Aujourd’hui, quelqu’un est-il encore surpris par la tournure des événements en Ukraine ? Probablement pas tant que cela.

L’Ukraine, véritablement, n’existe plus. Même si sur le papier, il y a encore un Etat qui porte ce nom, dans la vie réelle, il n’en est pratiquement rien. Et ce n’est pas lié à l’actualité récente autour de la Crimée, dont l’écrasante majorité de la population ne s’est jamais considérée comme faisant partie d’un Etat ukrainien. Aucunement. Par contre, tout est lié au chaos organisé par l’élite politique étasunienne avec « l’assistance » de leurs acolytes de l’Union européenne et leurs amis extrémistes néo-nazis sur place. Qui faut-il donc remercier ? Eh bien c’est simple : « merci » aux USA, à l’UE et aux révisionnistes ukrainiens (que peu de gens voudraient voir en France ou dans tout autre pays européen)…

La réaction actuelle des régions du Sud-Est « ukrainien » est tout à fait légitime. Lorsqu’on vous menace pour votre appartenance ethnique, pour votre langue, pour vos pensées politiques et votre vision de l’histoire (dans laquelle Hitler n’est pas un « héros » mais bien la peste historique), il faut bien s’attendre à une réaction digne de ce nom. Lorsqu’on menace de se « débarrasser » de vous, de votre famille et de vos proches, voire « être fusillés avec des armes nucléaires » comme l’a proposé la chouchou et la favorite des élites et médias occidentaux Ioulia Timochenko (candidate aux élections présidentielles qu’elle espère vivement remporter), attendez-vous à une réponse adéquate.

Aujourd’hui, c’est chose faite. Les régions industrielles de l’Est et du Sud ont bien fait entendre leur voix. La République populaire de Donetsk est déclarée. L’Occident lui, parle de « dangereux séparatistes pro-russes ». Quelle mauvaise foi et hypocrisie, une fois de plus ! Les extrémistes ultra-nationalistes, néo-nazis et xénophobes ukrainiens haïssant aussi bien les Russes que les Juifs, Polonais, Africains et Arabes, ayant réalisé un putsch organisé et financé de l’extérieur, cela s’appelle selon le mainstream et les instigateurs de ce putsch « des révolutionnaires démocratiques ». Mais une réponse à ces racistes et xénophobes, et à la très grande différence du putsch à Kiev sans massacres et tueries, cela s’appelle de « l’extrémisme attisé par Moscou ». Le monde à l’envers tout simplement.

Comme quoi et selon les Occidentaux, il y a ceux qui ont droit à la parole, y compris s’ils sont des néo-nazis de la pire espèce, et d’autres qui doivent se soumettre car étant opposés au néonazisme et mettant ainsi en danger les plans franchement malsains de la mafia néocoloniale. Assez, c’est assez ! Et ceux qui ne l’ont pas encore « compris », il faudrait qu’ils se mettent à l’heure de la nouvelle donne : un monde multipolaire où l’Occident politique ne fait aucunement plus figure de « référence » et encore moins de « pôle principal ». Et ce aussi bien en Russie, dans les pays voisins, au sein des pays des BRICS, ou dans la grande majorité des pays d’Amérique latine. Pas plus en Syrie, en Iran ou ailleurs. Quant à l’Afrique, continent représentant l’avenir, bien qu’étant encore partiellement occupée et dominée, elle ne tardera pas à hausser la voix dans un avenir proche pour mettre fin aux injustices une bonne fois pour toute.

En ce qui concerne l’Ukraine, il est à rappeler une fois de plus que le chaos qu’elle subit et la fin de cet Etat n’est aucunement le résultat de la politique russe. La Russie, au contraire, a prévenu tellement de fois que « jouer » aux alliances avec des extrémistes racistes, cela finit toujours mal. Mais l’Occident avec son sourire hypocrite continuait à semer le chaos en espérant donner une grande gifle à la Russie et arriver à ses fins maléfiques. Au final ? C’est l’Occident politique qui est giflé une fois de plus. L’Ukraine, elle, n’existe plus.

http://french.ruvr.ru/2014_04_08/La-fin-de-l-Etat-ukrainien-1009/

Mikhail Gamandiy-Egorov