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USA/Al-Qaida: alliés semi-officiels?

La République arabe syrienne après des années de guerre sur son sol contre divers groupes terroristes retrouve bel et bien le souffle et pense déjà à un futur meilleur, notamment dans le cadre de la reconstruction des infrastructures et nombre de projets économiques. Les tentatives de maintenir la pression sur Damas par Washington au final ne mèneront à rien.

Après la mission ratée de nuire fortement aux relations turco-russes, l’establishment étasunien continue néanmoins de gesticuler. Ainsi, James Jeffrey, l’émissaire US pour la Syrie, a fait plusieurs déclarations révélatrices.

En commentant la présence de terroristes dans leur dernier fief (ou plutôt après les nouveaux succès récents de l’Armée arabe syrienne, le semi-fief) d’Idlib, et notamment la position US sur la question, la déclaration du haut responsable étasunien a été sans vergogne. A savoir que les Etats-Unis ne coopèrent pas avec les «militants» de Hayat Tahrir al-Cham (ex Front al-Nosra, filiale d’Al-Qaida en Syrie) dans la région syrienne d’Idlib, mais ne les attaquent pas non plus, car ils se concentrent sur la lutte contre le gouvernement du président Bachar al-Assad.

«Nous ne travaillons pas avec eux. Comme vous l’avez dit ils sont une émanation d’Al-Qaida. D’un autre côté, comme nous pouvons le voir dans nos diverses actions antiterroristes, nous n’en avons pas infligées à eux, car nous ne pensons pas qu’ils soient axés sur les activités terroristes internationales. Ils sont beaucoup plus concentrés sur la lutte contre le régime d’Assad. Encore une fois, ce ne sont pas nos amis, nous n’avons pas d’affaires avec eux, mais ils ne sont certainement pas une priorité pour nous en termes de lutte contre le terrorisme». Ces déclarations ont été faites lors de la toute récente interview à la chaine CBS.

Au-delà du fait que cette déclaration rappelle curieusement celle de l’ex-ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius qui disait alors «qu’al-Nosra fait du bon boulot», il est tout de même incroyable d’observer le cynisme des élites étasuniennes, et occidentales en général. Donc après les attentats du 11 septembre 2001, ces mêmes élites politiques et leurs relais médiatiques nous avaient bombardés de messages en criant à droite et à gauche que le mal par excellence c’est Al-Qaida. Mais aujourd’hui, ces mêmes terroristes sont devenus pour l’Occident tout à fait fréquentables. L’hypocrisie et le cynisme au plus haut niveau possible et impossible, quand tu nous tiens.

Il devient donc maintenant tout à fait clair pourquoi Washington et ses acolytes occidentaux soient tellement intéressés par le maintien de ces éléments extrémistes en terre syrienne, notamment dans leur dernier semi-fief d’Idlib. Mais rien n’y fait – la Syrie poursuivra la pleine libération de son territoire national, avec le soutien de ses alliés. Le fait est que le principal intéressé donc au maintien des terroristes en Syrie n’est autre que les USA. Et cela est désormais pratiquement officiel.

D’autre part, le même Jeffrey avait en outre déclaré vouloir poursuivre la pression sur le gouvernement syrien, en vue d’isoler Damas et de forcer ses principaux soutiens russe et iranien à accepter un consensus.

A ce titre, il faudrait que le gendarme autoproclamé comprenne une bonne fois pour toutes plusieurs choses. La première, c’est qu’il n’y aura aucun consensus avec les terroristes. Des dizaines de milliers d’entre eux ont déjà été anéantis dans les opérations militaires des forces gouvernementales syriennes et de leurs alliés. Le même sort attend les quelques restes d’Idlib. A moins bien sûr que Washington et ses alliés européens décident d’accorder aux terroristes devenus subitement «fréquentables» l’asile sur leurs territoires respectifs. Damas n’y sera pas opposée. De deux, la Syrie n’abandonnera jamais son projet de libérer le reste de son territoire. Et les récentes victoires enregistrées par l’armée syrienne à Idlib, y compris malgré l’opposition turque, le confirment.

Enfin, et en parlant du prétendu isolement de Damas. Parfois, il y a vraiment l’impression que les élites occidentales vivent dans une réalité parallèle. Car au-delà du soutien politique, diplomatique, militaire et économique de ses principaux alliés en la qualité des puissances eurasiennes que sont la Russie, l’Iran et la Chine, et des relations étroites avec nombre de pays d’Amérique latine, d’Asie et d’Afrique, c’est désormais nombre de capitales arabes qui s’activent pour relancer les relations avec la République syrienne. Y compris certains pays du Golfe, comme les Emirats arabes unis – ayant rouvert leur ambassade à Damas en décembre dernier, après sept ans de rupture des relations diplomatiques. Moscou ne serait d’ailleurs pas étrangère à ce rapprochement Damas-Abu-Dhabi. Et plus récemment encore, le gouvernement de l’est de la Libye, contrôlant près de 80% du territoire libyen, a ouvert une ambassade il y a quelques jours dans la capitale syrienne. Le monde arabe donc, se réactive dans ses relations avec le gouvernement syrien. Cela sans oublier les bonnes relations qu’entretient le leadership de la Syrie avec des puissances arabes et africaines comme l’Egypte et l’Algérie.

Isolement vous avez dit? A ce rythme il sera intéressant d’observer qui finira isolé. Quant à la complicité avec les terroristes déclarés, Washington aura vraisemblablement de plus en plus de mal à la voiler.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=1444

L’Occident aboie, la Syrie passe

Carte du Proche-Orient

Plus l’Occident sent la situation au Moyen-Orient lui échapper, plus il se montre menaçant et vindicatif. Alors que Damas nettoie les dernières poches de djihadistes les unes après les autres, les États-Unis menacent la Syrie de nouvelles frappes. Elles ne pourront néanmoins inverser l’issue de la guerre et la défaite des affidés de l’Occident.

Alors que l’Occident, USA en tête, menace la Syrie de nouvelles frappes, son comportement ne fait que confirmer qu’il a perdu sa mise dans ce pays proche-oriental. Et dans cette défaite qui se confirme de jour en jour, ce ne sont pas uniquement les États-Unis qui sortent perdants, mais tous ceux qui les ont suivis dans cette aventure criminelle et guerrière visant à déstabiliser un pays souverain.

La Turquie fait figure d’exception, après avoir retrouvé ses esprits et s’être largement rapprochée de la Russie et de l’Iran, aussi bien dans le cadre de ses relations bilatérales avec ces pays que dans le cadre d’initiatives conjointes, comme celles d’Astana. Cette même Astana dans laquelle les décisions coordonnées par la Syrie et le trio Russie-Turquie-Iran ont apporté plus de choses positives et concrètes à la population syrienne que les multiples «sommets» organisés par les Washington, Londres, Paris ou Riyad.

Parmi les indéniables perdants, on retrouve également la Grande-Bretagne, la France, l’Arabie saoudite ou encore Israël —tous ceux qui ont misé sur la chute de Bachar al-Assad et qui pour y parvenir, se sont appuyés sur des groupes terroristes. Un scénario qui rappelle étrangement celui de la Libye, à une différence près. En Syrie, les forces atlantistes et affiliées n’ont pas pu, malgré leur volonté manifeste, intervenir de façon directe pour faire tomber les autorités légitimes syriennes. La Russie leur barrait la route.

Parlons justement du rôle de la Russie dans la résolution du conflit syrien et dans la victoire contre les groupes terroristes. À ce sujet, un petit rappel s’impose. En 2015 (avant l’intervention de la Russie), Raymond T. Odierno, alors chef d’état-major des forces armées américaines, avait déclaré dans une interview à la chaîne CBS que «la coalition sous commandement étasunien pourrait avoir besoin de 10 ans pour pouvoir vaincre Daech». Pour rappel, à cette période, ladite «coalition» de quelques dizaines de pays affiliés aux États-Unis prétendait déjà lutter contre la secte extrémiste depuis un an.

Puis intervint la Russie, fin septembre 2015, à la demande du gouvernement légitime de Syrie. Et grâce à cette intervention antiterroriste russe, avec le soutien de l’Iran et du Hezbollah libanais, la Syrie a réussi à anéantir Daech à plus de 95%, le tout en deux ans. Des barbares qui se comptaient par ailleurs en dizaines de milliers. Tout cela pour dire que les menaces verbales proférées par l’establishment occidental, du Pentagone à la CIA, de la Maison-Blanche à l’Élysée ou dans l’enceinte de l’Onu, ne signifient au final qu’une seule chose: ils ont perdu et cela fait mal. Très mal.

À croire que pour les élites occidentales, qu’elles soient politiques, financières ou médiatiques, il est difficile de se débarrasser d’une maladie chronique et génétique: l’esprit colonial. Le massacre de millions de personnes aux quatre coins du monde, la colonisation, la traite esclavagiste —tout cela, qu’on le veuille ou non, découle de la politique occidentale au cours des siècles à l’encontre des peuples eurasiens, africains, latino-américains.

Et malgré les tentatives de certains faux bien-pensants de présenter certains pays comme faisant partie du fameux «Axe du mal» pour les opposer à celui du «bien», en clair, l’Occident, le fait est, statistiques à l’appui, que les «champions» absolus en crimes de masse partout dans le monde sont bel et bien les Occidentaux, du moins leurs décideurs. Et ce aussi bien avant le XXe siècle, qu’au cours de celui-ci et jusqu’à ce jour.

Et pour cette minorité, trop habituée à dominer les affaires planétaires, il est évidemment fort difficile de devoir se faire, ou plutôt se refaire, à la nouvelle réalité multipolaire du monde. Se refaire, car il y avait déjà eu un contrepoids à leur hégémonie: l’URSS. Avec sa chute, les élites occidentales ont pensé qu’elles jouiraient pour toujours d’une certaine impunité. Mais il n’en fut rien. La Russie s’est relevée. Largement relevée. Et avec elle se lèvent toutes les autres nations non-occidentales, qui refusent et refuseront fermement le diktat unipolaire en ce XXIe siècle.

La Ghouta orientale est la nouvelle grande victoire de la Syrie et de ses alliés, au même titre qu’Alep, Palmyre, Homs ou Deir ez-Zor. Car elle représentait le dernier fief terroriste soutenu par l’amicale occidentalo-wahhabito-sioniste aux portes de Damas, ville sainte et millénaire. Une amicale qui a beau pester et menacer, les faits sont têtus: elle a perdu son leadership. La Syrie sera victorieuse. La Russie aussi.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201804101035885389-syrie-occident/

Mikhail Gamandiy-Egorov