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Activités US de militarisation biologique: la Chine exige des explications

Les activités de militarisation biologique des Etats-Unis inquiètent nombre de pays, notamment la Chine. A cet effet, Pékin exige des clarifications de la part de Washington.

La Chine a exhorté les USA à apporter une clarification sur leurs activités de militarisation biologique à l’étranger. C’est ce qu’a déclaré Zhao Lijian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, cité par l’agence de presse Xinhua.

Ces remarques ont été faites par le haut responsable chinois en réponse à une question au sujet d’un rapport selon lequel Dmitri Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité russe, a déclaré que les activités de recherche des Etats-Unis dans les laboratoires biologiques de certains pays membres de la Communauté des Etats indépendants ont suscité de vives inquiétudes.

Partageant les inquiétudes de M. Medvedev, qui considère que les recherches menées par les USA dont il est question manquent de transparence et vont à l’encontre des règles de la communauté internationale et des organisations internationales, M. Zhao a également indiqué que «ce n’est pas la première fois que la communauté internationale exprime son inquiétude quant aux activités de militarisation biologique des Etats-Unis dans d’autres pays». Ajoutant que la Chine a souligné à maintes reprises que de telles activités n’étaient pas transparentes, sûres ou justifiées.

Il a également indiqué que, selon les reportages des médias, les Etats-Unis ont mis en place de nombreux laboratoires biologiques dans 25 pays et régions à travers le Moyen-Orient, l’Afrique, l’Asie du Sud-Est et l’ex-Union soviétique, dont 16 rien qu’en Ukraine. Certains des endroits abritant ces laboratoires ont connu des flambées à grande échelle de rougeole et d’autres maladies infectieuses dangereuses. USA Today rapporte que depuis 2003, des centaines d’incidents impliquant des contacts accidentels avec des agents pathogènes mortels se sont produits dans les laboratoires biologiques américains, à l’intérieur et à l’extérieur des Etats-Unis. Cela peut entraîner l’infection des contacts directs, qui peuvent ensuite propager le virus dans les communautés et déclencher une épidémie.

Le porte-parole de la diplomatie chinoise a également soulevé des questions sur l’objectif de la construction de tant de laboratoires biologiques à travers le monde, ainsi que sur leurs normes de sécurité.

«Pourquoi construire ces laboratoires dirigés par l’armée? Combien de ressources biologiques sensibles et combien d’informations ont-ils glanées dans les pays concernés?», s’est interrogé M. Zhao, avant d’exiger de savoir s’il existe un danger potentiel de fuite.

«Pourquoi les Etats-Unis, depuis plus d’une décennie, entravent les négociations en faveur d’un protocole de la Convention sur l’interdiction des armes biologiques (CABT) qui comprend un régime de vérification?», a poursuivi le haut diplomate.

Les Etats-Unis doivent faire preuve d’ouverture, de transparence et de responsabilité, répondre aux préoccupations internationales, mettre en œuvre fidèlement leurs obligations envers la CABT, clarifier leurs activités de militarisation biologique à l’étranger et cesser de bloquer les négociations en faveur d’un protocole comprenant un régime de vérification, a déclaré M. Zhao.

En termes de perspectives, et au-delà de l’inquiétude que suscitent, aussi bien auprès de Pékin que de ses alliés, les dits travaux, il serait également juste de dire qu’une fois de plus Washington fait preuve d’une véritable politique de doubles standards. Pour un pays qui ne rate jamais la moindre occasion d’accuser ses adversaires géopolitiques, ainsi que nombre d’autres Etats souverains, quant au fait de mener des activités non-transparentes – que ce soit dans le cadre d’armements chimiques ou nucléaires, reste par la même occasion à ce jour le champion du manque de transparence sur des sujets aussi sensibles que la militarisation biologique. Surtout, et cela est connu, que ces recherches ne se limitent pas aux laboratoires étasuniens, mais sont présents dans nombre de pays appliquant les prérogatives washingtoniennes, notamment l’Ukraine, mentionnée déjà à plusieurs reprises.

Il faudrait également probablement rappeler que si un pays manque de transparence vis-à-vis de la communauté internationale sur des sujets aussi sensibles, et refuse d’engager un régime de vérification dont la nécessité a été rappelée par le porte-parole de la diplomatie chinoise, l’approche vis-à-vis de tels comportements devrait aller dans le sens des sanctions. S’il est vrai que les USA et nombre d’autres Etats occidentaux continuent de penser qu’ils sont les seuls ayant un tel droit, tout en étant une minorité évidente au sein de la communauté internationale, il est toujours important d’émettre quelques rappels de bon sens à ce sujet, à l’instar du leadership chinois.

Au-delà des sanctions, d’autres mesures de protection seront fort probablement nécessaires face au risque d’une propagation incontrôlée d’agents pathogènes fortement dangereux pour les habitants de la planète. Peut-être que d’ailleurs c’est l’une des raisons de l’importance accordée par des pays comme la Chine, la Russie ou encore l’Iran à la protection biologique. Et du moment que certains Etats s’obstinent encore à ne pas reconnaitre la réalité multipolaire mondiale, des provocations ou agressions visant les partisans de la multipolarité ne sont certainement pas à écarter.

Mikhail Gamandiy-Egorov

https://t.me/observateur_continental/493

En quoi la coopération russo-algérienne est-elle stratégique?

La visite officielle du Premier ministre russe Dmitri Medvedev en Algérie. Photo d'archive

Coopération datant de plusieurs dizaines d’années, les deux pays convergent aujourd’hui dans nombre de domaines. Défense, commerce, géopolitique, lutte-antiterroriste… les intérêts communs de la Russie et de l’Algérie sont loin de manquer.

Au-delà d’une alliance qui dure, il y a aussi des faits qui confirment une certaine ressemblance entre les deux nations. Une chose est certaine: le plus grand pays du monde et le plus grand d’Afrique en termes de superficie n’ont jamais lésiné sur les moyens lorsqu’il s’agissait de défendre la souveraineté et la sécurité nationale. Grande Guerre patriotique pour la Russie face aux nazis: avec les plus lourds sacrifices au niveau mondial, civils comme militaires. L’Algérie, elle, aura sa longue guerre d’indépendance, acquise au prix d’innombrables victimes.

Puis les fameuses années 1990, chaotiques pour les deux pays. Éclatement de l’URSS, appauvrissement d’une large partie de la population, extrémisme et terrorisme, une grande partie du peuple russe se souvient de cette période avec joie de l’avoir surmontée. Guerre contre le terrorisme salafiste à la même période pour l’Algérie, qui a une fois de plus dû compter les martyrs et faire de son mieux pour surmonter cette page terrible de son histoire contemporaine.

Mais les deux nations se sont relevées. Loin de dire que les défis ne manquent pas, le fait est qu’il est aujourd’hui admis que les deux pays sont en position de force: l’Algérie sur la scène régionale et continentale, la Russie sur la scène mondiale. Les soutiens à la souveraineté nationale des États et au concept multipolaire de la gestion du monde sont également des aspects qui rapprochent considérablement Alger et Moscou.

S’il fallait décrire en un mot la politique internationale algérienne, elle se résumerait certainement par le suivant: indépendance. En effet, la République algérienne se démarque très clairement de plusieurs pays arabes de par son indépendance de l’influence politique occidentale. Et cela se traduit sur plusieurs dossiers. Faut-il d’ailleurs le rappeler, l’Algérie a été l’un des rares pays arabes à avoir adopté une position responsable face à la guerre qui a été orchestrée par l’Otan alliée des salafistes locaux contre la Jamahiriya de Kadhafi. En allant même jusqu’à accorder l’asile à plusieurs membres de la famille Kadhafi et en refusant catégoriquement leur extradition aux nouvelles «autorités» libyennes.

Autre exemple: le refus d’Alger de classer, à la demande insistante de l’Arabie saoudite, le mouvement libanais Hezbollah comme terroriste, en appelant à respecter les affaires intérieures libanaises. Tout comme le refus de se positionner contre l’Iran, toujours sous pression de Riyad. Enfin, sur la Syrie, les autorités algériennes se sont également positionnées dès le départ de la guerre en faveur du respect de la souveraineté syrienne. Et, selon plusieurs sources, ont même tenté de réconcilier Damas et Ankara.

Aussi, et cela n’est pas des moindres: l’Algérie représente-t-elle l’un des principaux partenaires militaires de la Russie au niveau mondial. Plus précisément dans le top 3 actuel des plus grands acheteurs d’armement russe à l’international, avec l’Inde et la Chine. En effet, les hélicoptères de combat, avions de chasse, bombardiers, avions de transport et de ravitaillement, défense anti-aérienne, chars, sous-marins, navires, armements légers… de la 2e plus puissante armée d’Afrique (derrière l’Égypte), et 26e au niveau mondial (selon Global Firepower http://www.huffpostmaghreb.com/2017/01/11/algerie_n_14100866.html), proviennent très majoritairement de Russie. Et qui constitue d’ailleurs un domaine clé de la coopération algéro-russe.

Ces technologies, de même que le savoir-faire qui va avec (sachant qu’une bonne partie de l’élite militaire algérienne a été formée en terre russe), permettent aujourd’hui au pays non seulement de parer aux menaces terroristes qui existent dans la région nord-africaine, mais aussi d’être une force capable de résister efficacement à toute visée néocoloniale de certains. Une chose est aujourd’hui pratiquement évidente: le scénario libyen n’aura pas lieu en terre algérienne. Et même si certains personnages s’aviseraient à tenter de le réaliser, ils feront face à une Algérie qui peut amplement compter sur ses propres moyens en vue de défendre sa souveraineté. Surtout que l’expérience de la résistance ne lui manque pas. D’autre part, l’Algérie sait qu’elle peut compter sur des partenaires de longue date.

Les secteurs énergétique, minier, du nucléaire civil ou encore celui de l’agriculture: telles sont les autres domaines d’interaction des deux pays. Concernant d’ailleurs ce dernier, il est loin d’avoir atteint son apogée. Pourtant, si l’Algérie décidait de booster ledit domaine pour une plus grande part destinée à l’export, il n’y a pas de doute que le vaste marché russe lui sera grand ouvert. Ce qui est sûr c’est que le partenariat stratégique russo-algérien a de beaux jours devant lui. Et c’est tant mieux.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201801201034818440-russie-algerie-cooperation/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Quand la Russie dame le pion à l’Occident dans le Maghreb

Quand la Russie dame le pion à l’Occident dans le Maghreb

Personne n’est irremplaçable. Y compris ceux qui pensaient l’être des décennies et même des siècles durant. Le train avance, et beaucoup le voient filer.

Coopération renforcée avec Alger, multiplication des conventions avec Rabat, dont un spectaculaire accord de libre-échange entre la Russie et le Maroc, la tournée de Medvedev en Afrique du Nord se solde par un succès. Une fois encore, Moscou et les tenants de la multipolarité bousculent les positions de l’Occident.

Dmitri Medvedev revient di Maghreb les mains pleines. Le Premier ministre russe a en effet marqué des points importants au Maroc, qui était vu jusqu’à présent comme un allié occidental solide. En Algérie, moins de surprises, puisque l’alliance stratégique entre Moscou et Alger date de plusieurs dizaines d’années. Elle sort néanmoins renforcée de la visite de Medvedev, avec des promesses de diversification des secteurs d’interaction.

Le monde change, la réalité géoéconomique et géopolitique aussi. Alger comme Rabat font partie des principaux partenaires de la Russie en Afrique et dans le monde arabe. Si avec la première, cette relation s’est forgée durant la lutte d’indépendance et dans les premières années de son obtention, dans le cas du Maroc le partenariat stratégique a commencé son chemin à partir du début des années 2000.

L’Algérie fait partie du Top 3 des principaux partenaires de la Russie dans le secteur de la Défense, derrière l’Inde et la Chine. Pour la seule année 2016, Alger a commandé à Moscou pour 924 millions de dollars d’armements contre 1,2 milliard pour New Delhi et 959 millions de la part de Pékin. Mais l’interaction ne s’arrête pas là. Les deux pays partagent grand nombre de visions communes ou similaires au niveau politique et de l’actualité internationale.

Leurs intérêts communs concernent également le secteur énergétique, les deux pays étant de grands producteurs de pétrole et de gaz. Plusieurs projets dans l’industrie agroalimentaire sont en cours de négociation, l’Algérie s’ouvrant potentiellement le marché russe. Une chose est certaine: l’Algérie était, reste et restera un partenaire privilégié de la Russie, et ce à plusieurs niveaux.

Dans le cas du Maroc, les échanges avec la Russie sont également à un niveau stratégique. Rabat est un important fournisseur de produits agroalimentaires sur le marché russe. Ainsi, la Russie est-elle le principal débouché des agrumes marocains avec 45% de la production destinée à l’export, contre 30% pour l’UE et 20% pour l’Amérique du Nord. Une part de marché qui pourrait encore croître, la Russie s’étant dernièrement déclarée prête à augmenter ses achats d’agrumes en provenance du Maroc. «La part actuelle du Maroc sur le marché russe au niveau des agrumes est de 26%, nous sommes prêts à ce qu’elle atteigne 50%», a fait savoir le ministre russe de l’Agriculture Alexandre Tkatchev.

Dans le domaine de l’énergie, la Russie est prête à participer à la construction au Maroc de centrales électriques à gaz. En outre, la pêche, l’industrie et le tourisme représentent quant à eux des secteurs appelés à connaître également une hausse conséquente.

Toutes ces annonces sont toutefois éclipsées par celle de la création d’une zone de libre-échange entre la Russie et le Maroc d’ici un an au maximum.

En passant, les producteurs européens peuvent «remercier» une fois de plus leurs dirigeants: au moment où la Russie est arrivée à une autosuffisance complète sur plusieurs secteurs de l’industrie agroalimentaire, en augmentant au passage ses exportations, ne serait-ce qu’au niveau du blé, des pays non occidentaux renforcent sans complexe leurs positions sur ce grand marché qu’est la Russie.

Cela confirme une fois de plus ce que nous avons déjà annoncé à plusieurs reprises: les produits agroalimentaires de l’UE, actuellement bannis de Russie en raison des contre-sanctions, auront les plus grandes difficultés à revenir sur ce marché, si jamais ils y parviennent un jour.

N’est-ce pas l’Occident politique et médiatique qui annonçait en grande pompe de grands problèmes à venir pour l’économie russe après l’adoption de sanctions occidentales? Et qui est perdant au final? Les producteurs de l’UE n’ont jamais réussi à compenser leurs pertes se chiffrant en dizaines de milliards d’euros et en dizaines de milliers d’emplois perdus, ni même à trouver des marchés de remplacement.

La Russie, de son côté, a réussi non seulement à donner une chance unique à ses producteurs, mais aussi à diversifier très largement ses relations extérieures. Moscou aurait certainement dû lancer ce processus bien avant, comme l’a fait la Chine, et ne pas attendre les tensions avec l’Occident, mais mieux vaut tard que jamais.

Le processus suit son cours et il n’y aura certainement pas de retour en arrière. Aux élites européennes de réfléchir un minimum pour ne pas perdre leurs positions économiques encore existantes en Russie, leur rapportant des sommes plus que considérables, au risque de voir les pertes se multiplier de plusieurs fois. En ce qui concerne les pays africains, les exemples de pays comme l’Algérie, le Maroc, l’Afrique du Sud, l’Angola et certains autres encore démontrent qu’assumer sa souveraineté est tout à fait possible: non, il n’y a pas de peuples «élus» et «moins élus». Tous égaux. C’est cela la multipolarité.

Aux pays sous emprise encore des partisans de l’unipolarité d’en tirer les conclusions qui s’imposent.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201710131033444094-russie-occident-maghreb/

Mikhail Gamandiy-Egorov