Archives du mot-clé Economie

Economie britannique: pas glorieuses les prévisions

07.03.2023

L’économie du Royaume-Uni devrait être la seule grande économie à se contracter en 2023. Mais au-delà de cet aspect, ce qui choque les observateurs britanniques c’est le fait que les prévisions pour le principal adversaire reconnu de Londres – la Russie – soient largement plus optimistes, et ce malgré les innombrables sanctions occidentales la visant.

Vraisemblablement, l’heure n’est pas à l’optimisme du côté occidental, économiquement parlant. Dans le cas plus particulier du Royaume-Uni, en passant l’une des principales forces de soutien aux vestiges de l’unipolarité aux côtés de Washington, il est à noter que son économie va se contracter et se comporter moins bien que d’autres économies dites avancées, y compris celle de la Russie, et ce alors que le coût de la vie continue de frapper les ménages – écrit la BBC, citant le Fonds monétaire international (FMI).

Ainsi et selon effectivement le FMI – l’économie britannique se contracterait de 0,6% en cette année 2023, plutôt que de croître légèrement comme prévu précédemment. Toujours selon lui, la revue à la baisse de ses prévisions pour le Royaume-Uni est due à ses prix élevés de l’énergie, la hausse des coûts hypothécaires, l’augmentation des impôts, ainsi que la pénurie persistante de travailleurs. La BBC rappelle amèrement également que le Royaume-Uni sera effectivement le seul pays à subir la contraction cette année, parmi toutes les économies dites avancées et émergentes. Et que même la Russie frappée par des sanctions devrait connaître une croissance cette année. Des sanctions qui se comptent par milliers de positions, il faut bien le préciser.

Toujours dans le même article, il est rappelé que si l’économie d’un pays se contracte – cela signifie généralement que les entreprises gagnent moins d’argent et que le nombre de chômeurs augmente. Un autre rappel concerne quant à lui l’inflation, à savoir le rythme auquel les prix augmentent, et dans le cas britannique cela reste proche de son plus haut niveau depuis les 40 dernières années. Rien que cela. Les prévisions du FMI pour cette année vis-à-vis de la perfide Albion reflétaient sa forte dépendance au gaz naturel liquide coûteux, ce qui fait grimper le coût de la vie.

Globalement parlant, ce sont les thèses générales de l’article, bien que la BBC tente d’être rassurante, en rappelant que les prévisions du FMI, bien qu’étant celles de l’institution de référence en la matière, restent des prévisions. Après tout – l’espoir fait vivre.

Evidemment, le porte-voix de la propagande britannique à l’international, n’insiste pas trop dans son article sur le fait que le principal adversaire pour Londres sur la scène internationale, en l’occurrence la Russie, le pays aujourd’hui le plus sanctionné à l’échelle mondiale et qui devait économiquement parlant être à genoux selon les instigateurs de l’Occident – aura en 2024 (toujours selon les prévisions du FMI) une croissance supérieure non seulement face au Royaume-Uni, mais également par rapport à toutes les principales économies occidentales, comme le montre le tableau de l’article  de la BBC.

Selon donc le Fonds monétaire international, loin pourtant d’être un ami de la Russie et plus généralement des pays BRICS, en 2024 l’Etat russe devrait connaître une croissance supérieure à celle du Royaume-Uni, de l’Allemagne, la France, l’Italie, le Canada, rajoutons-y également le Japon qui se trouve sous la coupe occidentale, et même des Etats-Unis. Parmi les pays mentionnés, seule la Chine sera devant la Russie en termes de croissance. Pour rappel, la première puissance économique mondiale en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat, alliée de la Russie et également avec elle l’une des principales promotrices de l’ordre multipolaire international.

De manière générale, la dure constatation de la réalité par les éléments occidentaux ne fait que confirmer l’analyse récente d’Observateur Continental qui citait Xu Poling, expert chinois, directeur-adjoint du Centre de recherche sur l’économie et la politique des pays en transition de l’Université de Liaoning, pour qui les succès économiques de la Russie ont dépassé toutes les attentes.

Mais au-delà de la sagesse chinoise et de l’amère réalité pour l’Occident, la principale question à se poser reste la suivante: comment des régimes prétendant au leadership mondial et adorateurs résolus de sanctions à l’encontre de leurs adversaires géopolitiques et de tout Etat réellement souverain et indépendant – se retrouvent à être dans une situation aussi embarrassante face à ceux qu’ils comptaient punir et mettre à genoux. A ce sujet, il y a presque un siècle, Robert Minor, célèbre dessinateur de presse, journaliste politique et membre important du Parti communiste américain avait réalisé un dessin qui retrouve toute son actualité à l’heure actuelle.

Robert Minor avait-il tout prévu en 1925? Quoi qu’il en soit – l’establishment atlantiste occidental devra effectivement apprendre à connaître sa véritable place dans le monde contemporain. Un monde multipolaire et qui sera inévitablement post-occidental.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Et l’alternance politique, Frau Merkel?

Et l’alternance politique, Frau Merkel?

L’Union européenne, et plus généralement l’Occident politique, adore donner des leçons de «démocratie» et «d’alternance politique» aux quatre coins de la planète. En oubliant bien souvent de balayer devant sa porte. Les législatives allemandes en sont un exemple.

Angela Merkel est au pouvoir en Allemagne, la principale économie de l’UE, depuis maintenant douze ans. Et elle ne devrait pas s’arrêter là. En effet, après la victoire de la CDU aux législatives, la chancelière est désormais candidate pour un quatrième mandat.

Nous n’allons pas spéculer ici, comme certains «bien-pensants» aiment à le faire, pour savoir si les Allemands mériteraient mieux que Mme Merkel au vu des nombreux défis qu’affronte l’Allemagne nous n’allons pas non plus nous demander si le temps serait venu pour elle de laisser la place à d’autres politiciens allemands. Après tout, n’est-ce pas «d’alternance» que les élites occidentales aiment parler à longueur de journée à propos de nombreux pays, principalement non-occidentaux? Surtout lorsqu’on se rappelle que Berlin se considère à beaucoup de titres comme le moteur de l’Europe bruxelloise.

Pourquoi? Car cela n’est pas de notre ressort, mais de celui des citoyens allemands d’en décider.

Mais le souci qui nous occupe ici, c’est qu’une fois de plus on fait face à une hypocrisie occidentale évidente. Pratiquement aucun média central, pas plus qu’aucun politicien de poids en Occident, n’a remis en cause la longueur du mandat de Frau Merkel. Alors, la question qui se pose est relativement simple: «De quel droit les « bien-pensants » occidentaux ne cessent de mettre leur nez (ou tentent de le mettre) dans les processus politiques en Russie, Chine, Syrie, pays d’Afrique, d’Amérique latine, Iran, Turquie, et ainsi de suite…?»

Soyons honnêtes. Pour beaucoup de Russes, comme de Chinois, d’Africains ou de Latino-Américains, le choix politique des Allemands importe peu, voire pas du tout. Pour certains, respect de la souveraineté oblige, pour d’autres tout simplement par manque d’intérêt. Alors quand est-ce que les Occidentaux, et surtout les élites occidentales, se débarrasseront une bonne fois pour toutes de la mentalité coloniale qui les caractérise? Il est certain que si nous avions posé cette question il y a 25 ans, à la chute de l’URSS, voire il y a 15 ans, beaucoup nous auraient ri au nez. L’Occident était omnipuissant et se considérait être en droit de décider de l’avenir de tous.

Sauf que les temps ont irrémédiablement changé, mes chers amis. Le monde multipolaire n’acceptera plus jamais le diktat d’un bloc limité de pays, et plus particulièrement d’une caste d’hommes politiques vampirisant l’humanité. Tout cela c’est fini.

En ce sens, quelle alternative proposent des pays comme la Russie ou la Chine, fers de lance de la nouvelle réalité? La réponse est la suivante: respecter la souveraineté de tous les États, sans exception. Et tenir compte des spécificités culturelles et religieuses de chaque nation, qui font d’ailleurs la beauté de notre planète, le tout dans le strict respect du droit international.
C’est si difficile que cela?

Le concept des «valeurs universelles» dont use tellement la propagande de l’Occident politique ne fait plus recette. Surtout depuis que les citoyens aux quatre coins de la planète, y compris de bien nombreux citoyens de pays occidentaux, ce qui se cachait derrière ces belles paroles… la justification de crimes contre l’humanité, l’exploitation des ressources des peuples non-occidentaux, la violation de la souveraineté des populations, ainsi que leur dignité purement et simplement bafouée..

Il n’y a pas de modèle unique pour le monde et il n’y en aura jamais. C’est en cela que le concept multipolaire est probablement le plus juste et le mieux adapté qui puisse être, bien plus que l’ancien système bipolaire. Il ne se compare même pas au diktat unipolaire qui existe depuis la fin de l’URSS, jusqu’à ce qu’un certain nombre de pays décident d’y mettre un terme.

Les élites occidentales finiront-elles par accepter une réalité qu’il est aujourd’hui simplement idiot de vouloir remettre en cause? À court et moyen terme, très probablement non. Car la mentalité coloniale, comme une maladie chronique, ne se soigne pas du jour au lendemain. Il faut encore du temps.

En attendant, la multipolarité continuera son chemin, quel que soit le défi. Le diktat n’a plus lieu d’être.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201709251033201336-allemagne-merkel/

Mikhail Gamandiy-Egorov

La multipolarité, c’est aussi en économie!

La multipolarité, c’est aussi en économie!

L’Occident, par ses sanctions, a finalement accéléré un processus qui a bénéficié à Moscou: l’économie russe a gagné en attractivité, en diversité et en dynamisme. Raison pour laquelle de nombreux pays se tournent désormais vers la Russie, sonnant le glas de certaines positions hégémoniques des USA.

Nous vivons dans un monde de concurrence. Et plus la multipolarité du système régissant les relations internationales continuera de se renforcer, plus la concurrence augmentera entre les différents acteurs du monde. Dans ce contexte, ceux qui s’étaient habitués à avoir des positions quasi-hégémoniques dans certains secteurs et certaines zones géographiques vont devoir assez rapidement revoir leur enthousiasme à la baisse.

Une chose est néanmoins assez sûre: les relations entre la Russie et l’Occident ne seront probablement plus jamais les mêmes. Cela est d’ailleurs de plus en plus admis par le gouvernement russe, même de la part de ceux qui ont toujours cherché à développer ces relations. Au-delà d’avoir boosté (malgré eux) l’économie russe dans plusieurs secteurs d’activités, il y a d’autres points importants qu’il faut noter en ce qui concerne l’avenir des relations avec nos «partenaires» de l’Occident.

Tout d’abord, même ceux qui aujourd’hui en Russie ont longtemps regardé en direction de l’Ouest, regardent désormais, ne serait-ce que par pragmatisme, vers l’Est et vers le Sud. Quant aux parts de marché perdues par un certain nombre de sociétés occidentales en Russie du fait des contre-sanctions russes, elles ne seront probablement jamais retrouvées.

Mais c’est loin d’être tout. Les pays occidentaux ont poussé la Russie à l’autosuffisance dans plusieurs domaines avec le régime de sanctions adoptées à son encontre. C’est, notamment le cas dans le secteur agricole, qui a connu un développement sans précédent, de l’aveu même des médias mainstream. Ensuite, l’Occident a aussi permis, à son corps défendant, à des pays non-occidentaux d’occuper rapidement la niche fermée aux produits en provenance des pays ayant lancé les sanctions antirusses et d’élargir en conséquence leur présence sur ce grand marché.

Enfin, ces pays vont avoir la Russie comme sérieux concurrent dans des domaines et des zones géographiques où les élites occidentales pensaient s’être imposées à jamais, surtout depuis l’éclatement de l’URSS.

À tort, car le plus intéressant ne fait que commencer.

En effet, la Russie ne se limitera pas à continuer sur la voie de l’autosuffisance et de la diminution de sa dépendance aux technologies occidentales pour sa production intérieure. Elle compte bien devenir un concurrent de premier plan pour les intérêts occidentaux dans des domaines où l’Occident avait l’habitude de dominer. Une démarche qui ne concerne pas que l’industrie de l’armement, qui depuis sa modernisation sous l’ère Poutine et la démonstration de ses capacités en Syrie a le vent en poupe aux quatre coins du monde.

Le président russe a récemment déclaré deux choses importantes. La première est qu’il faut mettre l’accent sur le développement des nouvelles technologies en utilisant au maximum le potentiel des cerveaux russes, qui ne manquent heureusement pas. Et que d’autre part, le temps était venu de diminuer largement la part des technologies produites à l’étranger pour les remplacer par celles créées justement par ces cerveaux, de plus en plus jeunes d’ailleurs.

Cela signifie qu’il ne faudrait pas s’étonner de voir, dans un avenir proche, la Russie exceller non seulement dans les exportations d’armements sophistiqués, mais aussi par exemple de produits IT, comme d’ailleurs le fait déjà avec grand succès une entreprise de portée mondiale comme Kaspersky Lab.

La Russie s’éloigne donc résolument de son précédent modèle économique, basé sur l’exportation de pétrole et de gaz et l’importation de pratiquement tout le reste, pour adopter une diversification de sa production et de ses exportations. Une diversification qui est aussi géographique. Si dans les premières années de la Russie post-soviétique et jusqu’au début des années 2000, les relations extérieures «prioritaires» étaient très principalement axées sur l’étranger dit «proche», à savoir les voisins de l’ex-URSS et le développement des relations avec l’Occident, on assiste depuis à une véritable révolution en ce sens.

Certains d’ailleurs y voient le retour aux meilleures années de la Guerre froide. Mais la question n’est même pas là. La réalité est simplement qu’un grand nombre de pays asiatiques, latino-américains ou africains souhaitent renforcer largement leurs relations avec Moscou. C’est un fait aujourd’hui qu’il serait absurde de nier. Un souhait partagé par Moscou et qui ne se limite plus à une zone particulière, bien que l’espace eurasiatique représente évidemment un axe prioritaire.

La Russie adopte une approche véritablement globale sur les affaires du monde, qu’ils soient d’ordre politique ou économique.

En ce sens, certains pays vont devoir rapidement oublier qu’il existe des «pré-carrés». Car les nations du monde, surtout celles longtemps exploitées et non-respectées par les Occidentaux, iront indéniablement dans le sens de la prise en main de leur destin, vers le renforcement de leur souveraineté et le soutien au monde multipolaire. Et pour cela, ils sauront choisir les partenaires qu’ils leur conviendront le mieux. Nous avons déjà notre petite idée.

Après tout, cela est d’ailleurs logique et juste: un espace représentant moins de 10% de la population mondiale ne pourra tout simplement plus dicter au reste de l’humanité la façon dont celui-ci doit vivre et penser, surtout compte tenu des nouvelles réalités. Une page de plusieurs siècles sera alors définitivement tournée. Le processus, lui, a déjà été lancé et suit son cours naturel.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201709211033151621-economie-multipolarite/

Mikhail Gamandiy-Egorov

La nouvelle Route de la soie, la multipolarité économique en marche

Caravane sur la Route de la soie

Plus le temps passe et plus la multipolarité gagne du terrain. Au-delà des changements de grande envergure qui s’opèrent au niveau de la politique internationale, le volet économique n’est pas en reste, comme le démontre le projet de nouvelle Route de la soie.

L’OCS, les BRICS, l’Union économique eurasiatique, tous ces projets ont déjà confirmé leur solvabilité. Les puissances que les Occidentaux avaient tendance à appeler émergentes, pèsent de plus en plus sur l’économie internationale. Selon plusieurs cabinets et centres d’analyse occidentaux importants, à l’horizon 2040-2050, 6 des 10 principales économies mondiales seront celles de pays non-occidentaux (Chine, Inde, Russie, Brésil, Indonésie, Mexique), à condition que l’on mette le Japon dans le « camp occidental », car membre du G7.

Mais plusieurs projets en cours ont pour objectif d’accélérer encore plus les choses. Il s’agit évidemment de la nouvelle Route de la soie, nommée aussi « Ceinture », « La Route » ou encore « Le pont terrestre eurasiatique ». Il s’agit d’un plan de très grande envergure voulu par la Chine et à portée ouvertement eurasienne, puisque c’est bel et bien l’Eurasie qui y jouera un rôle clé, comme dans un passé lointain.

Son principal axe? Une liaison de fret ferroviaire qui part de la Chine, passe par le Kazakhstan, la Russie et la Biélorussie (les trois pays membres-fondateurs de l’Union économique eurasiatique) pour arriver en Europe centrale et occidentale (les consommateurs finaux). Les trois pays cités jouent ainsi un rôle de hub commercial majeur. La route s’inscrit aussi dans l’objectif de sécuriser les approvisionnements de gaz russe en direction de la Chine, dont la consommation ne cesse de croître.

D’autres voies additionnelles devraient s’y ajouter, notamment le réseau routier, qui devrait permettre à d’autres pays de l’espace eurasien de contribuer au projet, à savoir le Kirghizistan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan, le Turkménistan, ainsi que l’Iran et la Turquie. Sans surprise, les pays cités y voient de grandes opportunités économico-commerciales.

Qu’en est-il des autres, notamment des pays occidentaux?

Washington y voit une façon pour Pékin d’augmenter considérablement un poids sur l’économie mondiale déjà très important, ce qui évidemment ne peut la ravir. D’autre part via ce projet, la Chine diminuera non seulement ses coûts de transport, mais en plus réduira considérablement les risques liés à d’éventuelles tensions en mer avec les USA, qui pourraient évidemment affecter ses approvisionnements.

Quant à Bruxelles, elle n’est pas ravie d’être réduite au rôle d’observateur ou de consommateur final. Et selon la dernière information relayée par RFI, les six pays de l’UE qui participent en ce moment même au Sommet international sur les nouvelles routes de la soie à Pékin (Allemagne, France, Grèce, Portugal, Royaume-Uni et Estonie) n’ont pas souhaité signer le communiqué commun sur le commerce. Elles prétendent que Pékin « ne prend pas en compte ce que l’Union européenne réclame depuis longtemps, à savoir que la Chine accorde un accès plus libre à son propre marché ».

Il est pour autant peu probable que l’Europe bruxelloise puisse faire quoi que ce soit contre le grand projet eurasiatique face à une Chine, deuxième puissance économique mondiale, extrêmement déterminée et ouvertement soutenue par des pays partisans de l’ordre multipolaire. Et ce d’autant moins que les pays de l’UE ont eux aussi clairement besoin du marché chinois pour écouler de leurs produits et services. Pour rappel, le coût total du projet s’élèverait à plusieurs trillions de dollars et, selon CNN, englobera à terme 68 pays, représentant 4,4 milliards d’habitants et 62 % du PIB mondial, justifiant une fois de plus la détermination chinoise et eurasienne.

Le cas intéressant est celui de l’Ukraine, qui se retrouve de plus en plus isolée. En effet, de l’aveu même des élites ukrainiennes issues du coup d’État de février 2014, le gazoduc Turkish Stream fermera la page qui avait fait de ce pays un important hub gazier entre la Russie et l’Union européenne. Mais Kiev semble aussi être hors-jeu dans le projet de nouvelle Route de la soie, puisqu’après le Kazakhstan et la Russie, c’est la Biélorussie qui sera vraisemblablement privilégiée.

Tout cela pour dire que les énormes problèmes économiques actuels de la « new Ukraine » ne sont pas prêts d’être résolus. Restera alors pour Kiev à compter sur une aide économique que l’Occident est de plus en plus réticent à fournir, ainsi que tenter de profiter du régime sans-visa qui a été validé le 11 mai dernier par l’UE, régime qui ne donne pour autant pas droit de résider, ni de travailler dans l’Europe de Bruxelles. Mais cela est une autre histoire et il sera difficile aux élites de Bruxelles d’expliquer aux millions de citoyens ukrainiens du Centre et de l’Ouest du pays, ayant soutenu le Maidan, que ce qu’ils avaient espéré n’est pas exactement ce qu’ils auront obtenu, avec les conséquences migratoires qui en découlent.

Après tout, la meilleure analyse se fait après expérience personnelle. Un peu comme dans la Moldavie voisine, où après sept années de pouvoir pro-occidental, un président résolument prorusse a pris le pouvoir via des élections démocratiques, sans coup d’État. Chaque chose en son temps.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201705161031400522-route-de-la-soie/

Mikhail Gamandiy-Egorov

De BRICS à BRICS+ ?

BRICS

L’alliance des BRICS ne se contente pas de tenir, en dépit des oiseaux de mauvais augure, elle se renforce. En plus de la coopération économique, les cinq pays émergents collaborent en effet de plus en plus sur le plan politique. De plus, un élargissement de l’alliance se dessine, au profit des partisans de la multipolarité.

Malgré toutes les « réserves » émises par nombre d’experts, principalement occidentaux, sur la capacité de l’alliance des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) à subsister sur le long terme, ladite union continue à se renforcer et même peut-être bientôt à s’élargir. En effet, il suffit de lire ou de relire différentes analyses écrites au cours des dernières années pour se rendre compte à quel point leurs auteurs s’étaient trompés. Beaucoup d’entre eux considéraient l’alliance des BRICS comme une union de quelques années, qui allait se dissoudre d’elle-même tant « les pays membres sont différents sur le plan culturel et des réalités politiques ». Pourtant et justement, les pays membres ont fait de cette différence l’un de leurs principaux atouts, en donnant au passage une valorisation supplémentaire à l’idée même de la multipolarité.

Aujourd’hui et vu que les BRICS n’ont toujours pas pu être brisés par leurs adversaires, l’alliance est désormais accusée par certains économistes occidentaux d’être devenue une organisation non seulement économique de puissances émergentes, mais aussi une structure politique qui conteste activement la domination de l’Occident. Question: pourquoi ces prétendus experts ont-ils pensé que les pays des BRICS se limiteraient au volet économique de leur relation, au moment où le monde multipolaire a plus que jamais besoin d’en finir avec les vestiges de l’unipolarité?
Il suffit d’ailleurs de relire nos analyses passées en ce sens pour se rendre compte que les BRICS étaient justement destinés à devenir plus qu’une union économique, à l’instar d’autres structures comme l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS).

Le lancement de la banque des BRICS, la Nouvelle banque de développement (NDB BRICS), avec son siège principal à Shanghai et son siège régional à Johannesburg, a confirmé l’ambition, déjà annoncée de devenir une véritable alternative au G7, au FMI et à la Banque mondiale. Son objectif, entre autres, sera de financer des projets dans les pays en voie de développement. Une réalité qui est loin de plaire à nombre de partisans de l’unipolarité, mais qu’il sera aujourd’hui difficile de stopper.

L’autre fait qui déplaît beaucoup aux élites occidentales (et qui confirment nos prévisions), c’est que justement au-delà de la collaboration économique, on observe la solidarité politique et géopolitique de l’alliance. En effet, et sur plusieurs dossiers, les cinq pays de l’alliance ont montré leur solidarité et leur approche commune. Ce fut le cas lors du soutien affiché à la Russie par les quatre autres pays BRICS sur le dossier syrien. Un soutien qui s’est également traduit dans l’opposition aux sanctions occidentales contre la Russie. De son côté, la Chine, a également pu bénéficier du soutien déclaré de ses partenaires, en premier lieu de la Russie, sur des dossiers comme la situation en mer de Chine méridionale, zone dans laquelle elle fait face aux tensions avec les E.U.

Parlons maintenant de l’élargissement. Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, dont le pays présidera l’alliance des BRICS à partir du mois de septembre, a déclaré « plaider pour que d’autres pays rejoignent cette union, et que celle-ci satisfasse les besoins de tous les pays-membres ». À ce titre, on parle déjà de l’acronyme BRICS+, avec la possibilité de participation d’une dizaine d’autres pays aux travaux des cinq pays fondateurs. L’Iran, la Turquie, le Mexique, l’Indonésie, le Vietnam, les Philippines, le Pakistan, le Nigeria, le Bangladesh ou encore la Corée sont mentionnés. Si la possibilité de rejoindre l’union pour certains de ces pays prendrait encore du temps, dans le cas de l’Iran, de la Turquie ou de l’Indonésie, les perspectives sont tout à fait réelles.

Les BRICS, dans l’état actuel de l’alliance, représentent déjà à eux seuls près de la moitié de la population mondiale, 26 % de la surface terrestre et environ 35 % du PIB mondial, un pourcentage qui ne cesse en passant de monter. L’alliance pèse déjà de son poids au sein du G20, de l’aveu même des observateurs occidentaux. Qu’ils s’y habituent, car les BRICS représentent en effet l’une des principales voix du monde multipolaire. Une chose est également certaine: plus les BRICS, tout comme l’OCS, continueront de s’affirmer, plus certains comprendront une bonne fois pour toutes ce que représente véritablement la notion de communauté internationale.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201703151030477670-brics-cooperation-economique-politique/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Le chef de la diplomatie allemande, Franck-Walter Steinmeir, appelle au retour de la Russie dans le G8…

Sérieux ? Vous nous invitez à revenir ? Non, merci. A titre personnelle, je suis contre. Et je vais vous dire pourquoi.

A la base, on avait le « club » des élites néocoloniales, le fameux G7. Puis à une époque, ces « gentils » personnages ont eu la « bienveillance » d’inviter la Russie à les rejoindre dans le cadre du G7+1. En gros cela signifiait la chose suivante : « Allez, la pauvre Russie, l’ex-superpuissance devenue si pauvre et à genoux maintenant, viens à nous, qu’on se foute un peu de toi ». C’était d’ailleurs à peu près cela qu’on nous apprenait au lycée français dans lequel j’étudiais au Maroc.

Aujourd’hui, les temps ont tellement changé. Et lorsque la confrontation actuelle a commencé entre l’Occident politique et la Russie (Syrie, les événements du Maïdan à Kiev, le retour de la Crimée à la Mère-Patrie, les événements du Donbass), les élites occidentales pensaient encore que mettre la Russie hors du « G8 » serait un acte punitif qui nous ferait tant de mal.

Moi, je pense, que c’était une bénédiction, tout comme les sanctions occidentales actuelles visant la Russie le sont, offrant d’énormes opportunités aussi bien à nous Russes, qu’à nos véritables amis. Et compte tenu, de l’agenda très chargé de nôtre Russie dans le monde multipolaire actuel : intégration eurasiatique, l’OTSC, l’alliance BRICS et dans le cadre de l’Organisation de coopération de Shanghaï. Sans oublier le renforcement de l’alliance avec les pays du continent asiatique, l’Amérique latine et j’espère de tout coeur l’Afrique, nous avons d’autres chats à fouetter que d’être membre ou pas de ce fameux G8.

Vous avez compris que la Russie se passe complètement de vous ? Vous avez compris que l’on ne discute pas avec la Russie actuelle sur la base d’ultimatums, de menaces et de pressions ? C’est déjà pas mal. Mais gardez votre G7+1 pour vous. Cette réalité est aujourd’hui complètement dépassée, alors n’essayez pas de nous faire revenir. Bienvenue dans la nouvelle réalité, mes amis !

http://fr.sputniknews.com/international/20150604/1016403574.html

Transit du gaz russe vers l’UE via l’Ukraine ? Fini. Tout passera par la Turquie.

Maroš Šefčovič

Les politiciens bruxellois ont tendance à faire les comédiens. Malheureusement, bien souvent la comédie tourne à la tragédie mais ainsi en est-il. Quant à la « surprise » des dirigeants de Bruxelles sur le fait que désormais le gaz russe destiné à l’UE passera par la Turquie et non pas par l’Ukraine, cela fait bien sourire…

En effet, la nouvelle était assez récente mais ne datait tout de même pas d’hier. La visite du président russe Vladimir Poutine en Turquie en décembre de l’année qui vient de s’écouler avait pourtant mis tous les points sur les « i ». A savoir que la Turquie a confirmé une fois encore qu’elle ne se joindra pas aux « sanctions » occidentales contre la Russie, au contraire la Turquie y voyant une énorme opportunité d’accroitre le partenariat bilatéral avec son voisin du nord, un partenariat déjà fort important, compte tenu notamment du niveau des relations économiques et commerciales (la Russie est tout simplement le deuxième partenaire commercial de la Turquie).

L’autre point clé de cette visite chez un partenaire stratégique concernait bien évidemment l’aspect gazier. Gazprom ayant décidé d’abandonner à juste titre la construction du projet « South Stream » et se focaliser sur la construction commune avec la société turque de transport des hydrocarbures Botas d’un second gazoduc russo-turque qui passera sous la mer Noire. L’UE ne s’y attendait alors pas, pas plus que la junte néofasciste de Kiev. Et pourtant ni en Russie, ni en Turquie, on ne s’amuse à jeter des paroles en l’air. Accord signé, il faut se mettre au travail.

Cependant, le vice-président pour l’énergie de la Commission européenne, Maroš Šefčovič, en visite à Moscou hier, a exprimé toute sa « surprise » quant au fait que désormais le gaz russe allant vers l’UE transitera de moins en moins par la « new Ukraine », jusqu’au moment où notre gaz ne transitera tout simplement plus par cette zone. Tout passera alors via notre voisin du sud, la Turquie en l’occurrence. Les technocrates de Bruxelles sont quand même incroyables. En arrivant à Moscou, M. Šefčovič s’attendait certainement qu’on lui annonce que l’accord signé entre la Russie et la Turquie en décembre dernier n’était qu’un poisson d’avril hivernal, et qu’en général il n’allait jamais se réaliser. Pourtant, c’est tout autre chose qu’il a entendu de la part du PDG de Gazprom, Alexeï Miller : « A l’ avenir, Gazprom cessera tout transit de gaz destiné à l’Union européenne via l’Ukraine, pour se focaliser sur la Turquie ».Point.

Et devant le « grand étonnement » de son homologue de l’UE, M. Miller a ajouté : « qu’en cas de refus de l’UE de travailler selon les nouvelles réalités, les volumes de gaz russe destinés à l’Union européenne, iront vers d’autres marchés ».Vraiment difficile d’y ajouter quelque chose si ce n’est trois points importants :

1) Cette manœuvre de la Russie et un véritable triple coup contre Washington et Bruxelles. La junte de Kiev, pour laquelle les USA & UE sont désormais censés porter entière responsabilité, a du fil à retordre. L’Ukraine, ou plutôt ce qu’il en reste, se trouvant déjà dans une situation chaotique, devra désormais oublier les sommes fort importantes que la Russie lui versait pour le transit de notre gaz allant aux consommateurs de l’Union européenne. Un transit d’ailleurs trop souvent source de chantage de Kiev envers Moscou. Fini. Aux nouveaux « parrains » d’en prendre donc soin. Ce n’est plus le problème de la Russie de garder à flot l’économie ukrainienne. Une réalité donc à laquelle il leur faudra là-encore bien s’adapter.

2) La Turquie en sort également gagnante. Et possèdera désormais des leviers supplémentaires de pression sur l’UE.

3) Quant à la Russie, elle a montré une fois encore que c’est bien elle qui choisit avec qui elle fera affaire et avec qui elle ne fera pas. La Turquie étant un partenaire beaucoup plus fiable que l’Ukraine « nouvelle version ». Et malgré des désaccords évidents sur des questions de politique internationale, surtout en ce qui concerne la Syrie, où Moscou et Ankara partagent des positions pratiquement diamétralement opposées, et dans une moindre mesure sur la Crimée, les deux pays ont montré qu’ils ont aussi et surtout un bon nombre de positions communes. Et en premier lieu, celui de la défense de leurs intérêts nationaux réciproques. La Turquie a beau être membre de l’OTAN, et ne pas partager un certain nombre de positions avec la Russie, elle a au moins le mérite d’être capable de mener une politique indépendante et souveraine, surtout lorsque cela touche à ses intérêts les plus stratégiques.

Le tout à la très grande différence des nombreuses colonies étasuniennes sur le continent européen.

http://french.ruvr.ru/2015_01_15/Transit-du-gaz-russe-vers-l-UE-via-l-Ukraine-Fini-Tout-passera-par-la-Turquie-2029/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Le grand festival du Maroc à Moscou, une opération séduction efficace

Le grand festival du Maroc à Moscou, une opération séduction efficace

Le grand festival du Maroc à Moscou s’est ouvert le 6 novembre dernier et va se clôturer le 20 novembre. Un événement haut en couleurs au centre de Moscou durant lequel les habitants de la capitale russe ont eu l’occasion de découvrir toute la richesse de la gastronomie marocaine.

Ledit festival a été organisé par le Centre marocain de promotion des exportations (Maroc Export). Le but principal de cette manifestation est de faire découvrir plus largement les produits du Maroc aux consommateurs russes. 26 entreprises marocaines y ont pris part, l’objectif étant de séduire encore plus la clientèle russe, qui commence déjà à se familiariser avec les produits « Made in Morocco ».

En effet et pour rappel, le Maroc est déjà de loin le premier fournisseur d’agrumes sur le marché russe, tandis que la Russie est le principal acheteur du Royaume chérifien (plus de 60% de sa production exportée va en Russie). Les tomates marocaines sont également de plus en plus visibles dans les supermarchés russes, de même que les jus et les huiles, notamment l’huile d’argan dont les titres de noblesse ne sont plus à présenter et dont la demande ne cesse de croître sur le marché russe, aussi bien au niveau des consommateurs individuels que des entreprises cosmétiques. A ce titre, le grand festival du Maroc à Moscou a ciblé trois segments principaux : le très haut de gamme, le haut de gamme et l’industrie « halal premium », compte tenu de la très importante communauté musulmane de Russie.

Le ministre délégué chargé du Commerce extérieur du Royaume du Maroc, M. Mohamed Abbou, a participé à la cérémonie d’ouverture de l’événement et nous a confié ses principales observations. Selon le ministre, « les relations entre la Russie et le Maroc sont excellentes et les perspectives dans le domaine du commerce des deux pays sont fort prometteuses ». Il n’a d’ailleurs pas caché son fort optimisme. A notre question de savoir si cette toute récente opération séduction du Maroc en Russie est liée aux sanctions russes qui visent les produits occidentaux et notamment européens, désormais interdits d’accès sur le territoire de la  Fédération de Russie, M. Abbou a déclaré « qu’il n’y a pas de rapport direct entre la situation géopolitique et les liens commerciaux entre nos deux pays. » Il a notamment souligné que les produits marocains étaient déjà connus et appréciés des consommateurs russes, bien avant la situation géopolitique actuelle, et que le festival du Maroc à Moscou n’était qu’un moyen supplémentaire de faire découvrir encore plus la diversité des produits gastronomiques marocains à la clientèle russe.

Il est bien vrai et étant quelqu’un qui connait bien la production marocaine puisque ce pays ne m’est nullement étranger, que le Maroc possède un grand nombre d’atouts, notamment en ce qui concerne la qualité de ses produits agricoles ou halieutiques. Les agrumes marocains sont très appréciés des Russes et plus globalement les produits du Maroc ont toute leur place sur notre marché. Par ailleurs, ledit festival est effectivement une très bonne initiative afin de renforcer les positions des produits marocains en Russie, à l’heure où grand nombre de fournisseurs étrangers cherchent à séduire la clientèle russe, qu’ils soient issus d’Amérique latine, d’Asie ou d’Afrique.

Quant aux produits européens sanctionnés en réponse aux sanctions occidentales contre notre pays, ils auront en effet beaucoup de mal à récupérer leurs positions d’antan, comme l’a d’ailleurs récemment bien rappelé le Premier ministre russe Dmitri Medvedev. Pour bon nombre de fournisseurs européens, vraisemblablement il n’y aura pas de véritable retour sur le marché russe, pour certains autres ce sera peut-être différent, à condition encore d’être en mesure de concurrencer les nouveaux principaux fournisseurs du pays, locaux comme étrangers. D’autre part, plus longtemps l’Occident politique continuera à penser qu’il peut mettre à genoux la Russie, à travers ses sanctions stupides qui ne font que largement cimenter la nation multiethnique russe, plus difficile sera un éventuel retour pour les producteurs de l’Europe. Ce qui est bien évidemment fort dommage pour eux mais la Russie se doit et continuera de se défendre lorsque des forces externes essaient par tous les moyens de nous faire revenir à l’ère unipolaire…Que ce soit bien clair, ils n’y arriveront pas ! Quant aux citoyens et aux entrepreneurs occidentaux, en premier lieu européens, à eux de faire entendre plus largement leurs voix dans leurs propres pays.

http://french.ruvr.ru/2014_11_20/Le-grand-festival-du-Maroc-a-Moscou-une-operation-seduction-efficace-3816/

Mikhail Gamandiy-Egorov

 

La Russie revient en Afrique, ou la visite historique de Lavrov au Zimbabwe

Russian Foreign Minister Sergei Lavrov (L) and Zimbabwean President Robert Mugabe shake hands in Zvimba on September 16, 2014.

Un pas significatif de plus confirmant le retour de la Russie sur le continent africain que beaucoup attendent depuis bien longtemps. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, est arrivé à Harare, la capitale du Zimbabwe, accompagné d’une importante délégation d’hommes politiques et d’affaires russes. Il s’est entretenu avec l’emblématique président et leader du pays, Robert Mugabe.

La diplomatie russe poursuit ses avancées notables sur tous les fronts. L’Occident politique qui parlait « d’isolation » se retrouve au final bien ridiculisé. La Russie ne s’est non seulement pas retrouvée dans une quelconque isolation, mais au contraire n’a fait que confirmer ses nombreuses alliances (on se rappellera des récentes tournées de Vladimir Poutine en Chine et en Amérique latine), ainsi que renouer les alliances du passé.

Le Zimbabwe est en effet un ami de longue date de la Russie. L’URSS avait activement soutenu la lutte du peuple zimbabwéen contre le régime raciste et ségrégationniste, très semblable à celui de l’apartheid en Afrique du Sud, contre lequel l’Union soviétique soutenait aussi activement la lutte. Sergueï Lavrov n’a d’ailleurs pas manqué de souligner que Robert Mugabe est une légende et une très grande figure historique. En effet, Mugabe représente à ce jour aux yeux de ses concitoyens et de très nombreux Africains le symbole de la lutte contre un régime de ségrégation raciale, semblable à celui qui a perduré près d’un demi-siècle dans l’Afrique du Sud voisine, ainsi que contre le colonialisme et le néocolonialisme britannique.

Pour parler maintenant de l’aspect économique, la Russie et le Zimbabwe ont signé donc ce mardi un accord pour un montant total de trois milliards de dollars d’investissements. La coentreprise russo-zimbabwéenne Rushchrome Mining assurera ces investissements pour la construction d’une mine de platine à Darwendale, à 70 km à l’ouest de Harare. Ce gisement représente l’un des plus importants au monde en termes de platine et d’autres gisements métalliques (des réserves prouvés de 19 tonnes de platine et de 755 tonnes d’autres métaux du groupe platine). A savoir également que dans ce domaine, le Zimbabwe abrite tout simplement la seconde plus grande réserve mondiale (devant la Russie et derrière l’Afrique du Sud).

Ce grand projet commun qui sera financé par la Russie compte sur une production de 600 000 onces de platine par an et avec pour résultat notable la création d’au moins 8000 emplois. Selon les estimations russes, le retour sur les investissements du projet sera de cinq ans. A ce sujet, le message du président zimbabwéen était lui aussi très clair : « Ce projet va nous permettre d’émerger en tant que nation. Nous ne pouvions faire cela avec des ennemis. Non, c’était impossible. Nous ne pouvions le faire qu’avec des amis ».Les amis désignés étant clairement la Russie et les autres pays des BRICS (la Chine et l’Inde étant également très présents économiquement au Zimbabwe, sans oublier bien évidemment l’Afrique du Sud qui entretient des relations très étroites avec son voisin). Les ennemis, eux, se reconnaitront sans aucune difficulté.

Robert Mugabe n’a pas non plus manqué d’apporter une fois encore son soutien politique et diplomatique à la Russie face aux sanctions occidentales, qu’il a qualifié d’illégales. « Ce sont des sanctions illégales. Une petite partie de notre communauté internationale, qui méprise la loi, cherche à dominer le reste du monde. Nous répondons : non ! ».

De son côté, Sergueï Lavrov a souligné que « l’Afrique était l’un des piliers du système mondial en évolution », rappelant par la même occasion que le système du monde unipolaire représente désormais le passé. « Il n’y a plus de retour possible vers un monde unipolaire, ni bipolaire d’ailleurs. L’avenir du monde ne peut être que multiple, sinon le système ne pourrait être durable »,a-t-il ajouté.

Mis à part les accords commerciaux, dont le principal est bien évidemment celui lié à la mine de platine de Darwendale, Lavrov et Mugabe ont scellé le partenariat dans le domaine militaire et technique. Le Zimbabwe qui a longtemps et jusqu’à aujourd’hui dû vaillamment résister aux interventions néocoloniales occidentales, en premier lieu britanniques et étasuniennes, se doit de défendre son indépendance et sa souveraineté jusqu’au bout. Une indépendance et une souveraineté que beaucoup d’autres nations africaines aspirent à arracher dans un avenir proche.

Pour finir, il faut dire que la Russie commence donc à confirmer par les faits et gestes son véritable retour en terre africaine. Et à l’instar des autres membres des BRICS, elle compte offrir à ce riche et brillant continent, trop longtemps martyrisé par des forces obscures, un vrai partenariat gagnant-gagnant. D’autre part, la Russie renouvelle donc ses alliances qui ont été gelées à la chute de l’URSS. Toutes ces raisons font que la Russie est véritablement attendue en Afrique. C’est ce que n’a pas manqué de rappeler Robert Mugabe et les autres représentants gouvernementaux zimbabwéens, ainsi que les principales figures des secteurs économique, de la défense et des médias. La Russie continuera donc d’agir activement dans ce monde multipolaire, dans lequel nous vivons aujourd’hui. De leur côté, les nations africaines nous attendent et comptent sur nous. Nous ne pouvons pas les décevoir.

http://french.ruvr.ru/2014_09_17/La-Russie-revient-en-Afrique-ou-la-visite-historique-de-Lavrov-au-Zimbabwe-5153/

Mikhail Gamandiy-Egorov

 

UE/livraisons de gaz russe : les problèmes commencent déjà

UE/livraisons de gaz russe : les problèmes commencent déjà

Il fallait s’y attendre. Plusieurs pays membres de l’Union européenne se plaignent déjà de ne pas recevoir la quantité escomptée de gaz russe, notamment la Pologne et la Slovaquie. Pourtant le fournisseur gazier russe Gazprom poursuit les fournitures selon les quantités stipulées contractuellement. Que se passe-t-il donc ?

Eh bien c’est assez simple. Le gaz fourni par la Russie aux clients de l’UE est tout simplement volé. Par qui ? Par la « nouvelle » Ukraine. Cette dernière ayant une colossale dette envers Gazprom pour le gaz déjà fourni, qu’elle ne se presse nullement de régler, et sachant parfaitement ce qui l’attend dans les prochains mois, elle commence donc à tout simplement voler le gaz russe destiné aux pays de l’UE et transitant par son territoire.

Que faire donc dans cette situation puisque cela touchera irrémédiablement les consommateurs de l’Europe bruxelloise ? La société Gazprom a d’ores et déjà déclaré qu’elle n’avait pas réduit ses livraisons de gaz mais qu’elle ne comptait pas répondre aux exigences des clients au-delà des volumes contractuels. Cette déclaration a été faite après que la compagnie gazière polonaise PGNiG ait affirmé que les fournitures de gaz russe à la Pologne via l’Ukraine et la Biélorussie ont diminué de 45%.

En d’autres termes, la Russie ne compte pas fournir plus que ce que prévoient les volumes contractuels entre Gazprom et les compagnies gazières de l’UE. Loi du marché oblige. En effet, la Russie n’a absolument aucune raison d’accorder des « bonus » gratuits aux Etats de l’Union européenne dans ce secteur très sensible que représentent les livraisons de gaz et surtout vu l’état actuel des relations entre les pays occidentaux et la Russie. Pourquoi le devrait-elle ? La Russie réalise-t-elle pleinement ses obligations en termes de livraisons de gaz à l’Union européenne ? Oui. La Russie aurait-elle ne serait-ce qu’une bonne raison d’offrir des cadeaux (destinés à la base aux pays amis et alliés) aux élites de l’UE, surtout compte tenu de la réalité géopolitique actuelle et du jeu des sanctions lancé par les élites occidentales à l’égard de la Fédération de Russie ? Non, aucune. Le troisième concerné, l’Etat ukrainien (ou plutôt ce qu’il en reste), sachant parfaitement qu’il aura à passer un hiver fort rigoureux, pratique ouvertement le vol du gaz transitant par son territoire et destiné aux clients de l’UE. Ce pays est-il aujourd’hui un allié ou ne serait-ce qu’un partenaire honnête de la Russie ? Non. Au contraire, la junte de Kiev crie chaque jour qui passe qu’elle est l’alliée des USA et de l’UE et déclare à n’importe quelle occasion sa haine pour la Russie. Parfait.

Des questions donc plutôt simples avec des réponses tout aussi simples. Qui donc dans cette situation doit faire pression sur Kiev pour qu’il cesse de voler le gaz destiné aux autres ? Moscou ou Bruxelles ? Logiquement le second. Bien que, et on le sait tous, avant que Bruxelles ne « prenne » une décision, il faut qu’elle soit validée par Washington. Mais cela est une autre histoire.

Pour Kiev, ce sont bien sûr les dures lois de l’économie de marché. Pour ceux qui ont oublié comment cela fonctionne, on rappellera les lois basiques. Vous payez pour un service et vous obtenez ledit service. Vous ne payez pas pour le service, vous ne l’obtenez pas. Et vous ne pouvez aucunement prétendre à un énième service lorsque le précédent n’est pas réglé. Ce précédent service représente 4,5 milliards de dollars. C’est exactement la situation qui prévaut.

Seulement la junte de Kiev essaie de se convaincre, ainsi que ses citoyens, que vu « l’énorme solidarité » des USA et de l’UE envers l’Ukraine actuelle, tout devrait être réglé de la meilleure des manières possibles. Sauf qu’il est très peu probable que les consommateurs européens soient prêts à sacrifier le chauffage de leurs foyers au profit des citoyens ukrainiens. Et les leaders bruxellois le savent pourtant parfaitement. Mais au lieu de faire pression sur leur « allié », il est bien évidemment toujours plus facile d’accuser la Russie de tous les maux. La Russie, elle, respecte entièrement ses engagements. Les volumes de gaz prévus à la livraison pour les pays de l’UE se font et se feront en intégralité, en conformité avec les obligations contractuelles. Mais lorsqu’en cours de livraison, ce gaz se perd sur le territoire d’un pays officiellement allié de l’Occident politique, ce n’est aucunement à la Russie de chercher à régler le problème mais bien aux responsables des pays-clients, en l’occurrence à l’Union européenne.

Dans ce cas concret, il ne s’agit aucunement d’une quelconque pression russe en direction de Bruxelles. La Russie est effectivement prête à prendre de nouvelles mesures de rétorsion efficaces dans le cas où de nouvelles sanctions seront établies par l’UE à son encontre. Mais dans la situation présente et pour résumer court, nous avons affaire au problème suivant : l’UE souhaite recevoir en intégralité les volumes de gaz achetés à la Russie. La Russie fournit ces volumes en intégralité et en conformité des contrats. L’Ukraine, elle, se trouvant au bord du gouffre, commence à comprendre que ce ne sont pas les biscuits distribués par les représentants du Département d’Etat étasunien et de l’Ambassade des USA en Ukraine sur le Maïdan à Kiev, qui les aideront à se chauffer durant la rude période hivernale qui s’annonce. Ni les promesses occidentales sans suite et ce malgré la situation économique catastrophique qui prévaut dans l’Ukraine actuelle. L’Union européenne de son côté vraisemblablement ne prévoit pas de partager ses importations de gaz avec son nouvel allié. La Russie, elle, ne prévoit des conditions spéciales qu’en faveur de ses alliés, qu’ils soient issus de l’étranger proche ou lointain. Pour les autres, une formule simple et bien connue s’impose : « Rien de personnel, juste le business ».

http://french.ruvr.ru/2014_09_12/UE-livraisons-de-gaz-russe-les-problemes-commencent-deja-9416/

Mikhail Gamandiy-Egorov